Plus d’engagement et de focus peuvent inverser la tendance de la violence sexuelle liée au conflit en République démocratique du Congo

(New York, 11 Novembre 2013)

 

Je me réjouis de l’annonce faite par Son Excellence le Président Joseph Kabila de mesures sans précédent pour lutter contre la violence sexuelle en République démocratique du Congo (RDC). Je suis particulièrement heureux de la décision du président, annoncée le 23 Octobre dans son discours à un congrès des deux chambres du Parlement, de nommer un représentant présidentiel sur la violence sexuelle et le recrutement d’enfants. J’exhorte le président Kabila de nommer ce haut fonctionnaire le plus tôt possible, et promets une pleine coopération des Nations Unies à l’appui de ce rôle crucial.

La poursuite des auteurs des violences sexuelles est essentielle pour la dissuasion et, finalement, la prévention de ces crimes.  Je salue ainsi l’appel du Président Kabila pour la création de chambres spécialisées pour juger les crimes internationaux, ce qui permettra d’améliorer les efforts en cours pour lutter contre l’impunité des violences sexuelles. Il est essentiel que les législateurs de la RDC accélèrent l’examen de cette question afin d’ouvrir la voie à la création de ces Chambres. Je m’attends à ce qu’il y aura une augmentation des condamnations des violeurs, comme conséquence à l’appel personnel du président au le procureur militaire à intensifier les poursuites contre des officiers et soldats soupçonnés d’avoir commis des crimes contre l’humanité et crimes de guerre, y compris les crimes de violence sexuelle. Je salue également l’exclusion des auteurs de crimes de violence sexuelle dans l’Ordonnance présidentiel portant mesure collective de grâce du 23 Octobre 2013 au bénéfice des condamnés.

Ces mesures prises par le Président et le Gouvernement de la RDC représentent clairement un plus grand engagement et focus pour éradiquer le fléau de la violence sexuelle liée aux conflits, et honorent le Communiqué Conjoint signé entre le Gouvernement et les Nations Unies en mars 2013. Mais les engagements doivent être traduits en actions concrètes – actions qui peuvent et doivent changer le cours de ce crime inacceptable.

Je saisis également cette occasion pour féliciter la RDC pour l’évolution récente de la situation de sécurité dans l’est du pays, suite à la fin du conflit avec  le mouvement rebelle M23. Ceci non seulement est un signal fort pour les différents groupes armés, mais aussi donne une impulsion aux efforts en cours dans la lutte contre les violences sexuelles.  J’exhorte le président Kabila pour s’assurer qu’un vetting et une vérification appropriés soient faits afin que les auteurs de violences sexuelles et d’autres violations graves des droits de l’homme ne sont pas intégrés dans les forces de sécurité nationales.

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