Bosnie-Herzégovine

Information basée sur le rapport 2015 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (S/2015/203) publié 23 mars 2015.

Vingt ans après la fin de la guerre, les violences sexuelles liées aux conflits demeurent une question politique sensible car la mise en place d’un système global de soutien des victimes n’avance que lentement. Dernièrement, le Gouvernement a fait part de son intention de s’attaquer à ce problème mais il s’est surtout attaché aux poursuites, plutôt qu’aux besoins très divers à satisfaire, y compris ceux des enfants nés à la suite de viols en temps de guerre, qui sont particulièrement exposés à la stigmatisation, à l’abandon, au rejet et à la précarité socioéconomique et pour qui il n’existe pas de services. La réprobation sociale et la marginalisation économique des victimes de viol elles-mêmes restent préoccupantes. L’équipe de pays des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine a lancé un projet conjoint pour traiter les conséquences des violences sexuelles liées au conflit. Il s’agit d’améliorer les réparations accordées aux victimes en recensant les besoins et les capacités, en améliorant l’accès à la justice et aux services et en réduisant la stigmatisation. Le centre de formation aux opérations de soutien de la paix, continue avec l’appui d’ONU-Femmes, à assurer la formation préalable au déploiement des forces armées portant sur les violences sexuelles liées au conflit en Bosnie-Herzégovine et dans la région. L’inscription d’un objectif spécifique pour les violences de cette nature dans le deuxième plan national d’action pour la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité est une nouveauté à saluer qui jette les bases d’une amélioration des services dispensés aux victimes.

 

Recommandation

Je demande instamment aux autorités compétentes de Bosnie-Herzégovine d’harmoniser la législation et les orientations nationales afin que les droits à des réparations des victimes de violences sexuelles liées au conflit soient systématiquement reconnus et de prévoir un budget spécial à cette fin. J’engage aussi les autorités à protéger et à soutenir les victimes qui participent à des procédures judiciaires, notamment en les orientant vers une aide juridictionnelle et des services psychosociaux et médicaux gratuits, ainsi que des programmes d’autonomisation économique.