5.1.2 Des unités mobiles de la Mission se déplaceront régulièrement à travers le département de manière à entrer en contact avec le plus grand nombre possible de personnes.
5.1.3 A propos du transport de personnes non membres de la Mission:
Nul n'est autorisé à transporter dans les véhicules de la Mission des personnes qui ne font pas partie de son personnel, ni à s'engager à faire transporter, une personne non membre aux frais de la Mission (p.ex. par une personne ou une compagnie privée).
Cette règle doit être strictement observée. Pour plusieurs raisons:
Même lorsque vous étes confronté à un cas grave et urgent (transport d'un blessé par exemple), votre première réaction doit être de recourir au service d'une personne ou d'une entité haïtienne (Eglise, ONG, etc.)
Si aucune autre solution n'est envisageable, la décision de transporter le malade ou le blessé grave doit être prise en accord avec la DDH. Dans les cas d'assistance à personne en danger et si la communication avec la DDH n'est pas possible, les observateurs devront prendre leur responsabilité, utiliser leur jugement propre, prendre une décision et être capables de la défendre auprès des responsables de la Mission.
5.1.4 Les personnes ayant des problèmes qui apparemment ne relèvent pas du mandat de la Mission, devront tout de même être entendues et ne pas être ignorées. Dans la mesure du possible, ces personnes seront orientées vers une institution, publique ou privée, pouvant leur venir en aide (ex.: Eglise, association locale, ONG, etc.).
Il est utile de répéter ici un principe déjà énoncé plus haut: vous n'avez pas à vous substituer aux services, aux personnes, aux institutions et aux réseaux existant en Haïti. La Mission a au contraire pour rôle d'aider à ce qu'ils fonctionnent. La Mission doit éviter de prendre la place des autorités compétentes ou responsables.
5.2 RELATIONS AVEC LES AUTORITÉS
5.2.2. Attitude à adopter vis-à-vis des autorités, notamment militaires: ferme et courtoise, ou...courtoise et ferme. Effectuer des visites auprès de ces autorités (outre les visites directement motivées par un cas de violation des droits de l'homme). Mais éviter de donner à ces visites une préséance, un traitement de faveur par rapport aux visites aux représentants de la société civile.
a) Se rappeler que les autorités de facto ne sont pas des autorités légitimes, qu'elles ne sont pas reconnues par la communauté internationale.
b) Eviter toute attitude arrogante, toute attitude de défi vis-à-vis de l'autorité. Employer les formules de politesse en usage: Monsieur le commandant, etc.
c) Eviter les familiarités. Garder une distance respectueuse. Ne jamais se départir de son sang froid.
d) Eviter d'établir des relations de connivence. Tout rapport de complicité ne saurait être que factice et déplacé. IL faut aussi éviter les comportements (et le mot) de "collaboration".
5.2.3 Faire connaître le mandat de la Mission aux autorités: Vérifier que les autorités départementales et locales ont déjà reçu les "termes de référence", dans la version (seule officielle) du 9 février 1993 et dans la traduction en créole produite par la Mission (et distribuée le 29 juin 1993: RC8). Si ce n'est pas le cas, leur remettre une copie de ce texte.
5.2.4 La correspondance avec les autorités, notamment militaires, sur des sujets de violations des droits de l'homme, doit être soumise à approbation préalable par la DDH. Les mêmes règles énoncées concernant l'attitude à adopter vis-à-vis des autorités s'appliquent ici.
Il faut veiller tout particulièrement:
5.2.5 Important: lors des visites aux autorités et notamment aux autorités militaires et policières, les observateurs doivent être au moins deux.
5.3 RELATIONS AVEC LES ONG
Les ONG oeuvrant, principalement ou partiellement, dans le domaine des droits de l'homme sont appelées à être des partenaires privilégiés.
5.3.2 Dépendant directement du Directeur de la DDH, une personne est chargée des relations avec les ONG pour ce qui est des droits de l'homme. Elle définit, oriente et veille à l'application d'une politique cohérente de la Mission en ce domaine. Elle travaille en relation étroite avec les divers départements, et notamment avec le département juridique, le département d'éducation en matière de droits de l'homme et l'unité médicale. A travers le département de la recherche, elle est en contact avec les équipes départementales, et en particulier avec le chargé des relations avec les ONG dans chacune de ces équipes.
5.3.3 Les chargés des relations avec les ONG dans les équipes départementales devront établir et tenir à jour une liste des ONG locales, nationales et internationales présentes dans leur zone. Ils devront informer sur les activités, l'importance et les capacités de chacune d'entre elles. Une attention particulière devra être portée aux ONG qui interviennent, principalement ou partiellement, dans les domaines des droits de l'homme, de l'aide légale, de l'éducation en matière de droits de l'homme, de l'aide médicale et de toute autre aide humanitaire.
5.3.4 Des relations de travail devront être établies entre les équipes départementales et les ONG présentes dans la zone, dans les domaines suivants:
c) éducation en matière des droits de l'homme (en consultation et en accord avec la DDH).
5.4 RELATIONS AVEC LES MÉDIAS
a) Servir de relais de diffusion de l'information écrite publiée par la Mission (communiqués de presse...). Il leur revient aussi d'informer sur le mandat (termes de référence) de la Mission, ainsi que de faire connaître les rapports officiels relatifs à la Mission publiés par 1'ONU ou 1'OEA et de distribuer aux médias locaux les spots radio et TV produits par la Mission.
b) Informer des activités de la Mission dans le département: nombre d'observateurs, visites des différentes sections rurales, des prisons, démarches effectuées auprès des autorités au sujet des victimes de violations de droits de l'homme, difficultés rencontrées, etc.
5.4.2 Tant les coordonnateurs que les autres observateurs doivent éviter absolument de communiquer aux médias:
5.4 3 Recommandations additionnelles:
5.4.3.2 Garder une prudente réserve au sujet des enquêtes. Dire par exemple: " Nous avons visité ce matin la prison du Cap Haïtien. Nous sommes préoccupés par les conditions de détention qui feront l'objet d'un rapport. Ce rapport sera sérieusement étudié et communiqué au moment opportun".
5.4.3.3 Eviter les improvisations.
5.4.3.4 Vérifier les sources et consulter régulièrement les responsables du Département de la recherche de la DDH.
5.4.3.5 Informer si possible le siège avant toute déclaration à la presse, et, dans tous les cas après (joindre copie des articles publiés par la presse locale postérieurement aux interventions publiques).
5.5 VISITES DE DÉLÉGATIONS ÉTRANGÈRES.
5.5.2 Lors des entretiens avec ces délégations, les membres de la Mission s'expriment comme ses représentants officiels et peuvent être cités comme tels. Il est donc essentiel de maintenir une attitude de stricte objectivité, quels que soient les points de vue exprimés par la délégation étrangère, et d'éviter les confidences et les points de vue personnels.
Les observateurs doivent éviter d'exprimer des opinions personnelles qui, si elles étaient citées, pourraient mettre la Mission dans l'embarras.
5.5.3 Les observateurs peuvent organiser pour la délégation étrangère des rencontres avec des personnalités ou des organisations locales dont ils connaissent par expérience la qualité du travail et des connaissances dans le domaine des droits de l'homme.
5.5.4 Le coordonnateur départemental informera la DDH des visites de délégations étrangères et de leur déroulement.