| L e P a r c o u r s | |
| 50 ans de lutte en
Haïti Historique de la Déclaration Universelle HAITI Plus d'un demi-siècle de combat pour les droits de la personne et les libertés démocratiques LES QUATRE LIBERTÉS 1946 : au nom des principes de la Charte des Nations Unies, la population haïtienne réclame létablissement dun État Démocratique. "Vive les 4 Libertés" lancent les étudiants par la voix de Jacques Stephen Alexis qui réclame aux autorités haïtiennes lapplication de la Charte de San-Francisco, l'organisation d'élections libres et surtout les 4 libertés. La liberté dassociation, la liberté de la presse, la liberté dopinion et la liberté syndicale. "1946" ouvre la voie à une effervescence démocratique avec la création de partis politiques, l'émergence de syndicats, la revendication des droits des femmes, la liberté de la presse et la naissance d'un mouvement culturel qui milite contre la discrimination sociale et raciale. Haïti semble être engagée sur la voie de la modernisation politique. Cependant, ces aspirations démocratiques se heurteront à des régimes autoritaires : 1957 - 1986 : Le régime Duvalier aura duré près de 30 ans. Cest une période de violence généralisée, darbitraire, de corruption et de confiscation de la parole. "Il est venu le temps de se parler par signes" disait Anthony Phelps. 1991 - 1994 :Le coup dÉtat du 30 septembre 1991, organisé par Raoul Cédras, Philippe Biamby et Michel François, et soutenu par tous ceux qui veulent maintenir lancien système plonge le pays dans la terreur pour trois longues années. Les 4 Panneaux qui suivent ont préparé par le CIDIHCA, les opinions exprimées sont celles de leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de la MICIVIH
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| Le combat pour les droits de la personne est aussi vieux quHaïti.
Cest au nom des principes de la Déclaration des droits de lhomme et du citoyen du 26 août 1789 et de son article premier : "Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits" que les esclaves et les hommes de couleur libres de St-Domingue se sont battus pour créer un nouveau pays : Haïti. Tout au long de lhistoire tragique du pays, des hommes et des femmes sorganisent et se battent pour le respect de leurs droits les plus fondamentaux. Dès 1957, face au régime sanglant de Duvalier des hommes et des femmes résistent, luttent, et meurent parce qu'ils refusent l'inacceptable. Parmi les plus connus, on trouve le romancier Jacques Stephen Alexis, le dirigeant du PUCH (parti communiste haïtien) Gérald Brisson, les 13 militants de "jeune Haïti" qui forment une guérilla dans la Grande Anse, le journaliste Gasner Raymond, la militante politique Yanique Rigaud. Les dernières années de la décennie 1970 sont celles de la recherche d'une parole libre, avec lémergence dune presse qui résiste et tente d'être indépendante. Elles sont aussi celles des appels et des manifestes d'intellectuels et d'artistes. En Haïti et à travers la diaspora haïtienne des voix s'élèvent pour le respect des droits de la personne humaine. Les années 80 voient lapparition sur l'avant-scène dun acteur jusque là obstinément proscrit, muselé et traditionnellement maintenu hors-jeu et hors circuit : le peuple. De 1982 à 1986 dans un contexte de bâillonnement de la presse indépendante, la mobilisation populaire est rendue possible grâce au rôle essentiel joué par l'Église Catholique et surtout les TKL (Ti Komite Legliz). Depuis le "Il faut que quelque chose change en Haïti" lancé par le Pape lors de sa visite en Haïti, un consensus culturel et idéologique, de la société contre lEtat Duvaliériste, émerge. A lextérieur du pays les organisations de la diaspora soutiennent ce mouvement dans ses revendications pour l'accès à la citoyenneté et le respect des droits de l'homme. Cette mobilisation conduit à la chute de la dictature le 7 février1986. Alors que tout le monde sattend à un changement, larmée tente de maintenir le système en place mais, plus rien ne sera comme avant. |
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| Après la chute de Duvalier de nombreux Haïtiens de la diaspora reviennent en Haïti, et les résistants de l'intérieur sortent de l'ombre avec l'espoir de pouvoir enfin installer un système démocratique et respectueux des droits de la personne. La Constitution de 1987, votée en masse malgré ses imperfections, consacre les droits de la majorité. Cette constitution rappelle dans son préambule "Le peuple haïtien proclame la présente Constitution : pour garantir ses droits inaliénables et imprescriptibles à la vie, à la liberté et la poursuite du bonheur ; conformément à son acte d'indépendance de 1804 et à la Déclaration Universelle des droits de l'homme de 1948". Le 16 décembre 1990, Haïti organise ses premières élections libres avec l'aide de lONU et de lOEA. Jean Bertrand Aristide est élu Président de la République ; il est le premier président à être élu démocratiquement. Le Coup d'Etat de 1991- 1994 met fin, pour un temps à cet élan démocratique. Des milliers de personnes, qui se sont battues pour une société plus juste et plus démocratique, sont assassinées, torturées et poussées à l'exil. Parmi les victimes les plus connues : l'homme d'affaires Antoine Izméry, le Ministre de la justice Guy Malary, le prêtre Jean-Marie Vincent. Durant cette sordide période, les organisations haïtiennes de défense des droits humains ne baissent pas les bras, comme par le passé, elles enquêtent sur les crimes, en dénoncent les auteurs, et soutiennent les victimes.
Enfin en 1994, avec l'aide de la communauté internationale, Haïti connaît un retour à lordre constitutionnel. Pour la première fois dans l'histoire du pays, une commission vérité et justice, chargée de faire la lumière sur les violations des droits de la personne commises pendant la période du coup d'Etat, est créée par décret présidentiel. Avec l'élection de René Préval, en 1995, Haïti connaît sa première transition politique pacifique : un président élu démocratiquement succède à un président élu démocratiquement.
Aujourd'hui, un demi-siècle après l'adoption de la Déclaration Universelle, la lutte des organisations de défense des droits humains se poursuit pour changer le système, mettre fin à la violence d'État tout autant qu'à la violence domestique, pour que soient garantis les droits économiques et sociaux de la population et pour en finir avec limpunité. Les organisations haïtiennes des droits de la personne ont été et sont encore aujourdhui des instruments essentiels dans la lutte pour la création dun Etat démocratique et respectueux des droits de la personne. |
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| Les droits des femmes sont les droits humains Depuis 1934, avec la création de la Ligue Féminine dAction Sociale, véritable fer de lance du mouvement démancipation des femmes, la question de légalité des droits est posée. Les droits de l'homme sont-ils aussi valables pour les femmes ? Sappuyant sur la Charte des Nations Unies et sur la Déclaration Universelle des droits de lhomme, les femmes revendiquent des droits civils et politiques. En effet, la Charte des Nations Unies est le premier instrument international à mentionner spécifiquement légalité de droits des hommes et des femmes et la Déclaration Universelle des droits de lhomme réaffirme les principes de la Charte en proclamant que les tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Cest au nom de ces principes que les femmes obtiennent, en 1950, un droit de vote limité à léchelle municipale.
À partir de 1957, les femmes se voient reconnaître leurs droits civils et politiques, par le droit de vote, la ratification de la Convention sur les droits politiques de la femme (31 juillet 1957) et de la Convention Interaméricaine sur la concession des droits politiques à la femme. La dictature des Duvalier ne leur laisse guère l'opportunité de les exercer. Il faut attendre 1987 pour que les femmes puissent s'exprimer. Cette période voit l'émergence de nombreuses associations de femmes qui luttent pour mettre fin à la discrimination et aux violences contre ces femmes. 1994 : création du Ministère de la Condition Féminine. Avec la signature par Haïti de la Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes et la ratification par Haïti, le 3 avril 1996, de la convention Belem do Parà - Convention interaméricaine pour prévenir, punir et éradiquer la violence contre les femmes - les femmes haïtiennes obtiennent de nouveaux instruments légaux indispensables à leur lutte pour une société plus juste et moins violente à leur égard. Ces conquêtes, encore fragiles, sont loeuvre de générations de femmes qui jusquà ce jour nont cessé de se battre. |
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