Les soixante-trois observateurs de la Mission d'Observation Electorale de l'OEA (MOE/OEA) ont été déployés de façon à ce qu'ils puissent suivre le déroulement du processus de vote dans les centres urbains de même que dans les sections communales. C'est ainsi qu'ils ont pu visiter plus de 700 bureaux de vote à travers le pays, y compris une courte visite à l'Ile de la Gonave. Bon nombre de ces bureaux ont été visités au moins deux fois au cours de la joumée pour mieux évaluer le déroulement du processus. Par la suite, les équipes de la MOE/OEA ont observé le dépouillement dans un nombre restreint de bureaux de vote.
Les élections du 6 avril 1997 pour un tiers du Sénat, pour deux sièges de Député et pour les collectivités territoriales revêtaient une grande importance. Ces dernières devaient parfaire la structure constitutionnelle des postes électifs et, à travers l'établissement des assemblées territoriales, faciliter la décentralisation et la mise en place des mecanismes constitutionnels pour la désignation des juges de paix, des juges de première instance, des juges de la Cour d'Appel et les membres du Conseil Electoral Permanent.
Le scrutin s'est déroulé dans un climat calme et sans incidents majeurs jusqu'à la femmeture des bureaux de vote. Quelques rares incidents d'intimidation du personnel des bureaux de vote et des tentatives pour entraver le vote ont été signalés par les observateurs. La PNH, dont les agents ont été déployés pour assurer une plus grande couverture du terrain, a été très peu sollicitée. Toutefois, quelques personnes ont été arrétées pour avoir essayé de voter frauduleusement. La MOE déplore le meurtre d'un mandataire du PLB durant son retour à son domicile à Port-au-Prince, dans la soirée du 6 Avril.
Dans les bureaux visités par les observateurs de la MOE, la participation était trés variable. En règle générale il semblait y avoir plus de participation dans les sections communales que dans les grands centres urbains, particulièrement à Port-au-Prince. Cependant, dans l' ensemble la participation était faible.
Sur le plan organisationnel ces élections ont été marquées par une bonne organisation opérationnelle et logistique. Le matériel de vote a été dans l'ensemble distribué à temps et de façon compléte aux bureaux de vote. L'uniforrnité dans la disposition des lieux de vote et dans le suivi des procédures, témoignait de l'expérience et de la confiance acquises par la plupart du personnel des bureaux de vote dans la gestion des élections. Du point de vue technique, les registres d'électeurs ont constitué un point faible du processus. Dans certaines localités les listes des votants n'étaient pas à jour comme cela était le cas à Jérémie, Maïssade et Hinche. Dans d'autres localités, soit les noms d'électeurs munis de cartes ne figuraient pas sur les registres, soit les votants avaient des difficultés à trouver leur bureau de vote. Le non-affichage, pour l'édification des votants, des listes des cartels pour les ASECs et les délégués de ville qui correspondaient aux numéros sur les bulletins de vote, fût le problème le plus rencontré. Le changement d'heure nationale à partir de minuit le 6 avril, a perturbé l'ouverture des bureaux de vote à peu près partout, beaucoup de bureaux ayant omis d'avancer leur pendule de 60 minutes.
Le dépouillement des votes s'est fait rapidement et sans difficultés dans la plupart des bureaux où la MOE était représentée. Cependant, dans deux de ces bureaux de vote, à Mirebalais et à Coqchanter (Sud-Est), il a été noté que le nombre de votants et de votes exprimés divergeait. Cette constatation a entraîné des incidents d'intimidation, envers les observateurs à Mirebalais et envers les officiels du bureau de vote à Coqchanter.
Dimanche soir et pendant la journée de lundi 7 Avril, les observateurs de la MOE ont suivi le début du processus de collecte et de consolidation des résultats dans des BECs dans les neuf départements. Les procédures n'ont pas eté suivies avec la même rigueur dans tous les BECs visités. Il a été constaté que dans quelques BECs les officiels ont outrepassé leurs responsabilités en examinant les résultats. Cette phase de l'observation électorale se poursuivra jusqu'à ce que le matériel et les résultats soient transmis aux BEDs.
(Ref. CP/MOE/97/03)