Port-au-Prince, le 26 octobre 1999
COMMUNIQUE DE PRESSE
La Mission Civile Internationale en Haïti OEA/ONU (MICIVIH)
condamne la perturbation du lancement de la campagne d'éducation civique
du CEP dimanche dernier par des manifestants se réclamant de l'ancien
président et déplore la tentative d'agression contre la personne
d'Evans Paul. Ces incidents, les plus récents d'une série d'actes
d'intolérance incarnant un esprit partisan qui semble aller en s'amplifiant,
augurent mal du bon déroulement de la future campagne électorale
si rien n'est fait pour couper court immédiatement à ce genre
d'agissements. C'est un abus flagrant et répréhensible des libertés
fondamentales que de piétiner ainsi le droit des autres à exprimer
et faire valoir leurs opinions sans être systématiquement victimes
d'agressions verbales ou physiques.
Cet outrage devrait interpeller tous les acteurs politiques, en particulier
le parti dont se réclamaient les manifestants, et aiguillonner leur sens
des responsabilités. La Mission civile réitère son message
en faveur de l'établissement d'un climat de sérénité,
de tolérance, et de respect de l'autre. Les partis politiques peuvent
apporter leur contribution à l'émergence d'un tel climat en favorisant
l'exercice des droits et des devoirs civiques et en donnant l'exemple à
la fois par leur propre conduite et par celle de leurs partisans. Il y va de
la bonne santé du processus démocratique qui ne pourra s'épanouir
pleinement si un climat de violence et d'intolérance prend le pas sur
l'apaisement des esprits.
Tout en restant une force neutre, impartiale et indépendante, prête
à intervenir avec diligence et professionnalisme, la police doit, elle
aussi, assumer ses responsabilités en ce qui concerne le maintien de
la paix et de l'ordre public en garantissant aux citoyens l'exercice pacifique
de leurs droits et de leurs devoirs.
Les incidents de dimanche soulignent le besoin réel et urgent d'une
campagne d'éducation civique. Il est affligeant de constater que l'occasion
de faire une démonstration de civisme et de savoir-vivre en bonne entente
devant les citoyens de demain ait été gâchée par
l'intolérance d'une poignée de manifestants irrespectueux et peu
sensibles à l'importance du moment.
(Ref. CP22/99)