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Misyon Sivil Entènasyonal an Ayiti, OEA/ONU

International Civilian Mission in Haiti, OAS/UN - Mission Civile Internationale en Haïti, OEA/ONU

Port-au-Prince, le 16 mars 1994



COMMUNIQUE DE PRESSE




Depuis la reprise de ses activités le 31 janvier dernier, la Mission civile internationale OEA\ONU a constaté une recrudescence de la violence à Port-au-Prince et ses environs. En particulier, le nombre d'assassinats s'est maintenu à un rythme alarmant.

La Mission enquête actuellement sur 21 cas d'exécutions extra-judiciaires et de morts suspectes survenues entre le ler et le 15 mars, dont 16 cas pour le seul quartier populaire de Cité Soleil. Les victimes sont des citoyens ordinaires ou des militants politiques et syndicaux. L'identité de certaines personnes n'est parfois jamais établie.

Les cas documentés les plus récents concernent Mlle. Macilia Mesadieux, une étudiante assassinée le 5 mars à Delmas 39, et M. Daddy Pierre, partisan du président Aristide âgé de 33 ans, assassiné le 10 mars à Cité Soleil. Selon des témoignages, ce dernier a été frappé à coups de bâton et achevé à l'arme blanche. Parmi les agresseurs, qui étaient au nombre d'une dizaine, les témoins oculaires auraient reconnu deux membres identifiés du FRAPH, deux "attachés", ainsi qu'un militaire de l'avant-poste du Wharf (Cité Soleil). Les membres de la Mission qui se sont rendus sur les lieux ont vu un corps sans visage. Le crâne de la victime avait été fendu à l'aide d'une machette.

Entre le 31 janvier et le 28 février, 50 cas d'assassinats ont été signalés à la Mission. Parmi les victimes, 12 étaient des membres d'organisations populaires et une autre était un officier des Forces armées d'Haïti tué à Carrefour Feuilles le 20 février par des individus armés non identifiés. Les observateurs de la Mission ont constaté que plusieurs cadavres avaient été mutilés (visages défigurés, organes amputés).

La Mission civile internationale OEA/ONU condamne la multiplication des exécutions extra-judiciaires et des morts Suspectes. Elle demande aux Forces Armées d'Haïti de prendre des mesures pour mettre fin au cycle de la violence, ainsi qu'elles se sont récemment engagées à le faire (voir note de presse FADH' du 7 mars 1994). Elle déplore l'impuissance de l'institution judiciaire à enquêter, conformément à la loi, et à sanctionner les auteurs des violations des droits de l'homme.





(Ref. CP/94/6)