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Misyon Sivil Entènasyonal an Ayiti, OEA/ONU
International Civilian Mission in Haiti, OAS/UN - Mission Civile Internationale en Haïti, OEA/ONU
Ref: CP/94/5
Port-au-Prince, le 25 février 1994
Suite aux informations faisant état d'une escarmouche suivie d'une vague de répression dans certaines localités
du département du Sud au début du mois de février, une équipe de la Mission civile internationale OEA/ONU en
Haïti s'est rendue sur place du 16 au 19 février pour s' informer de la situation.
Au cours de cette visite, les observateurs ont rencontré des responsables départementaux de l'administration
de l'armée et de la police ainsi que des représentants des milieux judiciaires. En outre, les observateurs ont recueilli
les témoignages des habitants des localités affectées.
Selon des sources militaires, une patrouille de reconnaissance de l'armée aurait eu un accrochage le 2 février
avec un groupe d'hommes armés cachés dans une grotte dans la zone du Prêtre. Le groupe se serait replié au bout
de quatre ou cinq heures laissant derrière des armes, des munitions et autres matériels. Il n'y aurait eu ni morts ni
blessés. La présence du groupe aurait été révélée par un adjoint du chef de la 7ième section de Chantal qui aurait
été fait prisonnier et qui se serait échappé.
Accusant les habitants de la zone de complicité avec les présumés rebelles, les militaires ont arrêté entre les
3 et 5 février de nombreuses personnes dans les localités du Prêtre et de Chantal.
Certaines ont eté frappées à coups de bâton au moment de leur arrestation. Les observateurs ont pu constater
que deux détenus portaient des cicatrices au cou, au dos, au front ou à l'épaule. D'autres personnes ont été arrêtées
les 7 et 14 février dans des villes plus éloignées telles que Les Cayes et Port-Salut.
Au moins neuf des personnes interpellées dans la zone de Chantal-Le Prêtre, dont le 2ème magistrat de
Chantal, M. Robert Antony Italis, ont été transférées à la prison de Gabion aux Cayes sous l'accusation de
collaboration et d'assistance au présumé groupe rebelle.
Les observateurs ont pu s'entretenir avec cinq des détenus à la prison. Depuis leur incarcération aucun d'eux n'a été victime de mauvais traitements. Cependant, aucun détenu n'avait comparu devant son juge naturel en violation des prescrits de la loi.