COMMUNIQUE DE PRESSE
REF: CP/93/43
Port-au-Prince , le 7 Novembre 1993. La Mision civile internationale OEA/ONU en Haïti a
suivi toute la journée du 7 Octobre l'évolution de la situation dans la capitale et les villes de
province à la suite de la grève appelée par le Front pour l'avancement et le progrès haïtien
(FRAPH).
A Port-au-Prince, la Mission a constaté que tôt dans la matinée, des civils, à bord de véhicules
privés, ont quadrillé les principales rues de la ville et de la périphèrie, interceptant des
automobilistes et dispersant toute activité autour des marchés populaires.
A plusieurs reprises, les civils armés ont frappé des commerçants et des passants, et tiré des coups
de feu, semant la panique parmi la population.
A Martissant #1 (Carrefour), des individus en civil ont braqué leurs armes automatiques sur des
observateurs de la Mission, témoins de scènes de bastonnades.
Tout au long de la journée, des patrouilles de policiers ont été aperçues dans la ville, escortant des
civils armés, et agissant depuis les mêmes véhicules de concert avec eux.
A l'intéieur du pays la situation était normale, á l'exception de Jacmel où dès l'aube, des civils
arnés et des militaires ont empêché les transports collectifs de circuler. Des barricades ont été
élévées dans la nuit à proriximité des stations de tap-tap. Les personnes qui se rendaient aux
marchés ont été chassées par les civils armés opérant conjointement avec des militaires.
La Mission civile internationale OEA/ONU déplore l'incapacité des autorités militaires à protéger
la population contre les exactions des civils armés. Elle dénonce la participation de militaires et
de policiers aux actes d'intimidation et de terreur contre les citoyens, les empêchant de vaquer à
leurs occupations habituelles.
La Mission rappelle que la responsabilité des autorités militaires est d'assurer la protection et la
sécurité de la population. Elle estime que les libertés d'expression et de réunion pacifique doivent
être garanties à tous les secteurs de la société, de façon impartiale, la loi devant s'appliquer à ceux
qui commettent des actes de violence ou d'intimidation.