COMMUNIQUE DE PRESSE

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Port-au-Prince , le 21 septembre. La direction de la Mission civile internationale OEA\ONU a tenu, lundi 20 septembre à l'Hôtel Montana, une réunion avec les coordonnateurs des équipes départementales sur la situation des droits de l'homme en Haïti à la lumière du nouveau contexte politique crée depuis l'investiture de gouvernement constitutionel.

A cette occasion, les participants ont procédé à un échange de vues et d'informations sur la montée de la tension dans tout le pays.

Dans la zone métropolitaine (Port-au-Prince), les exécutions extrajudiciaires, les morts suspects. Les enlèvements et les disparitions forcées ont atteint an niveau alarmant ces derniers mois. Dans plusieurs cas, les cibles de ces graves violations des droits de l'homme sont des membres d'organisations politiques, syndicales ou communautaires ainsi que leurs proches. La Mission enquête actuellement sur, au moins, 50 cas d'exécutions extrajudiciaires ou de morts suspectes qui lui ont été signalés depuis le 1er septembre.

Dans le reste du pays, la situation varie d'un département à l'autre , mais dans l'ensemble, la pression demeure forte notamment sur les secteurs favorables au retour du Président Jean Bertrand Aristide. Des restrictions au droit d'expression (en particulier à l'égard de ceux qui opposent des affiches à l'effigie du président Aristide), à la liberté d'association et de réunion sont signalé dans toutes les régions. Elles sont suivies d'arrestations arbitraires, de détentions illegales, de violations du droit à l'intégrité physique et d'atteintes à la sécurité de la personne sous la forme de tortures, de traitements cruels, inhumains ou dégradants et d'intimidations ou de menaces à l'encontre de personnes qui tentent d'exercer leurs droits fondamentaux.

Dans certaines régions, des informations font état de la constitution de groupes armés qui se préparent à commettre des actes de violence. Des listes comportant les noms de personnes à

supprimer physiquement avant et après le 30 octobre sont dressés. A Port-au-Prince, des groupes d'hommes armés continuent de terroriser, les nuits, les habitants des quartiers populaires.

A travers tout le pays, les nombreus déplacés internes ("marrons") ne se sentent toujours pas en sécurité pour retourner dans leurs foyers . De nouvelles personnes continuent de prendre le chemin de la clandestinité à cause des menaces pesant sur elles.

La Mission civile internationale OEA/ONU exprime sa vive préoccupation devant l'état général des droits de l'homme dans le pays. Elle invite les autorités civiles et militaires haïtiennes à prendre les mesures appropriées pour mettre fin à l'escalade de la violence et aux violations des droits de l'homme qui sont contraires à l'esprit et à la lettre de l'Accord de Governors Island.