COMMUNIQUE DE PRESSE

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Port-au-Prince, le 13 septembre 1993. La Mission civile internationale OEA/ONU en Haïti exprime sa profonde inquiétude devant la vague de violence qui s'est abattue les 11 et 12 septembre sur Port-au-Prince et ses environs, où elle déplore la mort par balles d'au moins douze personnes. Elle présente ses sincères condoléances aux familles éplorées et condamne énergiquement l'exécution extra-judiciaire de plusieurs personnes, parmi lesquelles un éminent partisan du Président Jean-Bertrand Aristide, l'homme d'affaires Antoine Izméry, responsable du Komite Mete men pou Verite Blayi (KOMEVEB).

Cette organisation qui milite en faveur du retour du Président Jean-Bertrand Aristide avait rassemblé quelques dizaines de personnes en l'Eglise du Sacré Coeur, à Port-au-Prince, pour commémorer le cinquième anniversaire des incidents sanglants de Saint-Jean Bosco. Treize personnes avaient trouvé la mort au cours de ce massacre qui, le 11 septembre 1988, avait failli coûter la vie au Père Jean-Bertrand Aristide, à l'époque curé de cette église de Port-au-Prince .

Selon des témoins oculaires, dont des membres de la Mission, vers la fin de la cérémonie, plusieurs attachés (auxiliaires civils de l'armée) ont pénétré dans l'église, ont entraîné Antoine Izméry dehors, l'ont contraint à s'agenouiller, l'ont battu, avant de l'exécuter à bout portant de plusieurs balles dans la tête. Puis, à deux reprises, un individu s'est acharné à coups de pierres sur son corps sans vie. Des observateurs ont constaté qu'une autre personne, abattue par balle, gisait sur les lieux. Un véhicule de la police patrouillait à proximité peu avant, et après, les deux exécutions.

Environ vingt-cinq personnes, parmi lesquelles des journalistes et le père Yvon Massac , curé de Fermathe et dirigeant du KOMEVEB, se sont retranchées dans l'église, craignant de sortir en présence des attachés. Elles en ont été finalement évacuées en fin d'après-midi, en présence de représentants de la communauté internationale.

La Mission civile internationale est vivement préoccupée par le climat d'insécurité qui prévaut dans la zone métropolitaine. Elle condamne avec véhémence ces assassinats inadmissibles. Et, encore une fois, elle invite les Forces armées d'Haïti à remplir leur mission de protection des citoyens. Elle lance un appel à tous les Haïtiens, pour qu'ils assurent une transition pacifique vers l'ordre constitutionnel, conformément à l'esprit et à la lettre de l'Accord de Governors Island et du Pacte de New-York.