COMMUNIQUE DE PRESSE

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Port-au-Prince, le 6 septembre 1993. La Mission civile internationale dénonce la persistance de la répression contre les partisans du Président Jean-Bertrand Aristide. Dans plusieurs localités du pays, des membres des Forces armées d'Haïti et leurs auxiliaires civils ont attaqué des personnes qui ont essayé de manisfester leur soutien au président constitutionnel en opposant des affiches portant son effigie.

Les membres de la Mission ont été témoins de cette violence aveugle contre la population civile au Cap-Haïtien, le 1er septembre, où des habitants du quartier Cité Lescot ont été indistinctement frappés à coups de bâton. Au moins deux personnes, dont un enfant de neuf ans, ont été blessés.

Des incidents similaires se sont produits récemment à l'Estére, aux Gonaïves, à St-Marc et aux Cayes. Dans cette derniére localité, le 1er septembre, un militant de l'Organisation politique lavalas (OPL) a été arrêté et sévèrement battu à la suite l'affichage des photos du président. Il a comparu le vendredi 3 septembre devant le juge de paix qui l'a inculpé entre autres d'avoir troublé l'ordre public. A la suite des sévices qui lui ont été infligés, il souffre de plusieurs lésions qui ont nécessité son hospitalisation sous surveillance militaire. Le 22 août, à Saint-Marc, dans les mêmes circonstances, les militaires ont fait usage d'armes à feu dans le quartier de Ti Bwa faisant au moins un blessé par balles.

A Port-au-Prince, le 2 septembre, peu après l'investiture du nouveau gouvernement, une manifestation en faveur du Président Aristide, aux abords du Palais National, a été dispersée à coups de bâtons par des civils armés. Par ailleurs, la Mission a appris que des civils armés circulant à bord d'un véhicule ont tiré, dans la nuit de 1er au 2 septembre, sur M. Evans Picot, un député FNCD, le blessant au bras.

Au Cap-Haïtien, conduits par un lieutenant, des militaires et des attachés, munis de fusils et de bâtons, ont encerclé et tapé sur un véhicule de la Mission à bord duquel se trouvaient des observateurs qui s'étaient rendus sur les lieux où étaient signalées des scènes de violence.

La Mission civile internationale OEA/ONU condamme énergiquement à la fois les agressions contre les partisans du président et les atteintes répétées au droit d'expression et à la liberté d'opinion ainsi que les actes d'intimidation contre son personnel en violation des termes de référence définissant son mandat.