COMMUNIQUE DE PRESSE

RF: CP/93/31

Port-au-Prince, le 18 août 1993. La Mission civile internationale, dont le mandat est de veiller au respect des droits fondamentaux de l'homme, dénonce les atteintes répétées à la liberté d'opinion et d'expression commises par des membres des Forces armées d'Haïti et leurs auxiliaires civils.

A Pétion-Ville, dans la proche banlieue de Port-au-Prince, une manisfestation organisés le 17 août par Komite Mete Men pou Verite Blayi (KMEVEB), un mouvement appelant à la mibilisation pacifique pour le retour de la démocratie, a été dispersée par des policiers et leurs auxiliaires civils. Au moins trois personnes, parmi lesquelles le père Yvon Massac de la paroisse de Fermathe, ont été arrêtées. Présentées au juge de paix de Pétion-Ville le même jour, elles ont été accusées de "lancement de pierres, désordre sur la voie publique, vagabondage, voies de fait suivies de mauvais traitements sur la personne" d'un plaignant absent lors de l'audience. Les détenus ont comparu devant le Commissaire du gouvernement le 18 août et ont été placés en détention au pénitencier nationale.

Les membres de la Mission, qui ont observé la manisfestation, ont plutôt constaté que les participants avaient brandi des banderoles portant des inscriptions relatives au respect de l'article 28 de la Constitution d'Haïti (Liberté d'expression), à l'arrêt de la répression et au retour du président Jean-Bertrand Aristide dont des portraits ont été collés sur les murs. Les observateurs se sont vus refuser l'accès aux détenus tant à la caserne de Pétion-Ville, le 17 août, qu'au pénitencier national, le lendemain, en violation des Termes de références défisissant le mandat de la Mission en Haïti.

La Mission continue de recevoir des informations au sujet de l'arrestation, de la détention et des sévices corporels infligés à des personnes accusées de distribuer des tracts ou d'afficher des portraits du président dans de nombreuses localités du pays.

La Mission civile internationale OEA/ONU demande, une fois de plus, aux autorités militaires de garantir le plein exercice des libertés fondamentales inscrites dans la Constitution de la République d'Haïti.