COMMUNIQUE DE PRESSE

REF: /CP/93/30



Port-au-Prince, le 18 août 1993. La Mission civile internationale OEA/ONU en Haïti a appris la mort par balle de Monsieur Andrel Fortune, survenue le 16 août à Las Cahobas (Département du Centre).

Agé de 29 ans, marié et père d'un enfant, André Fortune surnommé "Tido" était membre de l'Alliance des organisations populaires de Las Cahobas (AOPLC).

Selon plusieurs témoins oculaires, il a été abattu par un caporal qui faisait partie d'un groupe de six membres des Forces armées d'Haïti (FAD'H) en uniforme kaki qui se sont présentés à son domicile à la mi-journée. L'incident s'est produit après qu'Andrel Fortune eût, quelques minutes auparavant, bousculé un sergent sur la voie publique.

Le juge de paix, qui s'est rendu sur les lieux pour constater le décès, a déclaré à la Mission que la victime avait eu une atlercation avec un militaire. Le 17 août, la Mission a rencontré le commandant du sous-district militaire de Las Cahobas qui a déclaré que le caporal a tiré sur Andre Fortune parce que celui-ci avait tenté de le désarmer. Cependant, des témoins oculaires attestent qu'il essayait de se sauver quand il fut mortellement atteint par une balle dans le dos.

Andre Fortune avait échappé, le 25, puis le 28 juin, à deux tentatives d'arrestation à la suite d'une manifestation favorable au retour du président Jean-Bertrand Aristide organisée dans la nuit du 24 au 25 juin 1993 à Las Cahobas. Depuis, il vivait caché dans le Plateau Central et, selon des renseignements receuillis par la Mission, son domicile familial faisait l'objet d'une surveillance policière.

La Mission civile internationale OEA/ONU en Haïti condamne, une nouvelle fois, cette atteinte au droit à la vie, demande instamment aux autorités compétentes d'ouvrir une enquête sur les circonstances de cette mort violente et de traduire en justice ceux dont la responsabilité aura été établie.