
Misyon Sivil Entènasyonal an Ayiti,
OEA/ONU
International Civilian Mission in Haiti, OAS/UN - Mission Civile
Internationale en Haïti, OEA/ONU
COMMUNIQUE DE PRESSE
REF: CP/93/18
Port-au-Prince, le 25 juin 1993
A l'occasion de la grève nationale convoquée le 24 juin 1993 par plusieurs centrales
syndicales, la Mission civile internationale OEA-ONU a observé de près l'évolution de
la situation à Port-au-Prince et dans les principales villes de province.
Dès le début de la matinée, dans la capitale, les observateurs de la Mission ont
constaté une présence militaire inhabituelle, surtout dans les quartiers de Cité Soleil
et de Carrefour où des jets de pierres ont eu lieu et des pneumatiques ont été brûlés
sur la voie publique. L' intervention des forces de l'ordre s'est accentuée après des
heurts avec la population .
A Cité Soleil, des policiers ont à plusieurs reprises tiré au hasard. C'est dans ces
circonstances qu'une personne de 24 ans a été atteinte par une balle à la jambe, alors
qu'elle se trouvait sur le seuil de son domicile. Des observateurs de la Mission,
eux-mêmes plusieurs fois pris à partie par des policiers, ont pu constater qu'au moins
cinq personnes de ce quartier de la capitale ont été arrêtées au cours de la journée.
Des civils armés ont tiré sur un groupe de personnes, rue Martissant à
Port-au-Prince. L'une d'entre elles a été atteinte par balle en plein visage. Le
médecin de la Mission s'est rendu à l'hôpital où la victime a été transportée et a
veillé à ce que celle-ci, qui est toujours dans un état très grave, recoive les soins
nécessaires. La Mission continue à enquêter sur les circonstances de cet incident.
Six crieurs du journal Libète ont été arrêtés dans la matinée du 24
juin, à proximité du Champ de Mars. Selon les informations reçues par la Mission, leurs
journaux ont été brûlés, leur argent volé, et cinq d'entre eux ont été bastonnés
dans les locaux du Service d'investigation et de recherche anti-gang de Port-au-Prince.
Ils ont été libérés quelques heures plus tard. La Mission avait déjà fait connaître
sa vive préoccupation concernant les harcèlements et menaces dont sont régulièrement
l'objet les vendeurs et le personnel de ce journal.
La Mission dénonce à nouveau ces atteintes au droit d'expression, ainsi que les atteintes à l'intégrité et à la sécurité personnelles que constituent les exactions mentionnées plus haut. Elle reste attentive à la situation à Port-au-Prince et dans les autres villes du pays.