8 mars 2003
Chers amies,
Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée
internationale de la femme, nous célébrons tout ce
que les femmes apportent au monde et tout ce que les jeunes filles
représentent et je suis ravie de le faire avec vous, ici,
sur le Cyberbus scolaire. Depuis que mon mari est devenu Secrétaire
général de l’ONU, j’ai voyagé dans
le monde entier et j’ai rencontré les femmes les plus
extraordinaires, de tous les niveaux sociaux, des ministres, des
notables locales, des mères qui, se trouvant dans des situations
extrêmement difficiles, s’étaient regroupées
pour le bien-être de leurs enfants. L’esprit qui les
animait a été très joliment décrit par
une femme d’un bidonville de Lahore, au Pakistan, qui a dit
: « Les femmes croient ressembler à des boutons de
fleur, mais, en réalité, les femmes sont des montagnes.
Nous pouvons tout faire de notre vie ».
Cette femme et d’autres femmes qui lui ressemblent montrent
aux filles qui grandissent la voie à suivre, et sont pour
elles des sources d’inspiration, comme elles l’ont été
pour moi. Ces filles, je les ai aussi rencontrées, dans le
monde entier. En mai dernier, lors de la session extraordinaire
des Nations Unies consacrée aux enfants, deux jeunes se sont
adressés pour la première fois à l’Assemblée
générale et ont dit aux dirigeants du monde : «
Nous ne sommes pas la source des problèmes, nous sommes les
ressources nécessaires pour les résoudre. Nous ne
constituons pas une dépense, nous représentons un
investissement. Nous ne sommes pas seulement jeunes, nous sommes
des citoyens du monde ». Comme par hasard, ces jeunes étaient
des filles!
Et pourtant, dans une grande partie du monde, les femmes se heurtent
encore à la discrimination. Dans certains endroits, elles
ne peuvent ni voter, ni posséder des terres en propre, ni
prendre des décisions qui sont cruciales pour leur vie. Plus
de 115 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et
plus de la moitié d’entre eux sont des filles. Vous
trouverez ici, sur le Cyberbus scolaire certaines des raisons
expliquant pourquoi les filles ne vont pas à l’école.
En 2000, ceux qui gouvernent ce monde se sont réunis à
l’ONU pour définir des objectifs précis en matière
de progrès mondial. L’un de ces objectifs était
de faire en sorte que d’ici à 2015, tous les enfants,
garçons et filles, puissent finir l’école primaire.
Donner aux femmes la capacité d’agir en personne majeure
n’est pas à proprement parler l’un de ces objectifs;
c’est la clef de voûte sur laquelle reposent tous les
autres objectifs
du Millénaire, tels que la lutte contre la pauvreté
et contre le sida. Lorsque les femmes sont mises à contribution,
les résultats se voient immédiatement : les familles
se portent mieux et sont mieux nourries; le revenu et l’épargne
des ménages augmentent.
En ce moment où nous célébrons la Journée
internationale de la femme – et le Mois de l’histoire
de la femme, en mars – il importe au plus haut point de nous
rappeler que nous formons une famille humaine. Il ne s’agit
pas d’opposer les hommes aux femmes, ni les filles aux garçons,
il s’agit de savoir ce que nous pouvons réaliser ensemble.
Le monde a besoin que nous conjuguions nos efforts.
Faisons en sorte que ce rêve soit possible. Je vous encourage
à rêver et à travailler dur pour réaliser
votre rêve. Vous ne savez pas ce que la vie vous réserve,
mais vous portez en vous ce qui devrait déterminer votre
voie. Ouvrez grands les yeux et les oreilles, soyez curieux et préparez-vous.
Un jour, votre rêve sera là, devant vous, et il faudra
l’attraper au vol!
Je serais heureuse que vous me parliez des femmes ou des jeunes
filles qui ont été pour vous des sources d’inspiration.
Écrivez-moi pour me dire qui elles sont et
ce qu’elles vous ont apporté. Nous publierons certaines
de vos lettres sur le Cyberbus scolaire.
|