Le Comité des ONG recommande le statut consultatif spécial pour 18 organisations et maintient le suspense sur des ONG des droits de l’homme

ECOSOC/6883-ONG/864
1 février 2018
Session de 2018, 7e et 8e séances - matin & après-midi

Le Comité des ONG recommande le statut consultatif spécial pour 18 organisations et maintient le suspense sur des ONG des droits de l’homme

Le Comité chargé des ONG a recommandé aujourd’hui au Conseil économique et social (ECOSOC) d’octroyer le statut consultatif spécial à 18 organisations mais 52 autres devront patienter dont plusieurs ONG des droits de l’homme.

Deux organisations, qui demandaient le statut consultatif général, figurent parmi celles qui ont été appelées à la patience: l’indienne « The Sant Nirankari Mandal, Delhi » et la bengladaise « Global Economist Forum ».  Établie en septembre 1948 et voulant passer du statut consultatif spécial, reçu en 2012, au statut consultatif général, la première ONG a été sommée par la représentante de l’Inde d’expliquer pourquoi elle ne prévoit aucun plan pour ses projets.  Créée en 2007 et également titulaire d’un statut consultatif spécial depuis 2012, la deuxième organisation a été priée par la même représentante de donner la liste complète de ses activités.

Le statut consultatif général est réservé aux grandes ONG internationales, dont les domaines d’action et de travail couvrent la majorité des points contenus dans l’agenda de l’ECOSOC et de ses organes subsidiaires.

Des ONG de défense des droits de l’homme devront aussi apporter des explications à certains membres du Comité.  L’américaine « Tom Lantos Foundation for Human Rights and Justice », née en 2008 pour renforcer le rôle des droits de l’homme et de la justice dans la diplomatie américaine, a été montrée du doigt par le représentant de la Fédération de Russie pour avoir traité son pays et la Chine de « régimes brutaux ».  En déposant une demande de statut consultatif spécial, les ONG doivent savoir qu’il y a des règles à suivre dans les relations internationales, a martelé le délégué russe.

Établie en 1990, la britannique « Medical Foundation for the Care of Victims of Turture » a également été priée par le représentant de la Mauritanie d’expliquer comment et où elle a accueilli les victimes de torture qu’elle affirme prendre en charge, malgré son déficit. 

Une autre britannique « Lawyers for Justice in Libya » doit préciser au représentant du Pakistan si elle est « physiquement » présente en Libye.  L’ONG, qui a vu le jour en août 2011, devra en outre apaiser les doutes sur son indépendance « étant donné qu’elle reçoit des financements de l’Union européenne et de la Suisse ». 

Notant que 52% du budget de la sud-coréenne « Citizens'Alliance for North Korean Human Rights » vient du secteur privé, le représentant de Cuba a exigé la liste détaillée des donateurs privés en 2017.  Quelles sont les activités que l’ONG réalise pour « atteindre La réunification des deux Corée? », un de ses objectifs depuis sa création en mai 2000.

Outre le statut consultatif général, le Comité chargé des ONG peut recommander ou retirer deux autres statuts et d’abord le statut consultatif spécial qui est octroyé aux ONG travaillant dans un domaine spécifique et qui ne sont concernées que par certaines activités de l’ECOSOC.  La Liste quant à elle regroupe les ONG qui ne rentrent dans aucune de ces deux catégories et qui ont plutôt tendance à travailler d’une manière plus technique et/ou restreinte.

Le Comité chargé des ONG poursuivra ses travaux demain, vendredi 2 février, à partir de 10 heures.

Octroi du statut consultatif spécial

  1. American Society of Criminology (États-Unis)
  2. PathFinders Justice Initiative, Inc. (États-Unis)
  3. Union Internationale des Transports Publics (Belgique)
  4. AIM Education & Research Society (Inde)
  5. Aleradah & Altageer National Society (Bahreïn)
  6. Eaglesworth Human Empowerment Foundation (Nigéria)
  7. Emperor Gaza International Foundation (Ghana)
  8. Ertegha Keyfiat Zendegi Iranian Charitable Institute (Iran)
  9. Global Campaign for Education (Afrique du Sud)
  10. International Charitable Foundation « Alliance for Public Health » (Ukraine)
  11. Migrant Forum in Asia (MFA) Inc. (Philippines)
  12. Ohaha Family Foundation (Nigéria)
  13. Okuolu International Limited (Nigéria)
  14. Uganda Youth Development Link (Ouganda)
  15. Wockhardt Foundation (Inde)
  16. Center of Political Analysis and Information Security (Fédération de Russie)
  17. Commonwealth Medical Trust (Royaume-Uni)
  18. UNESCO Center for Peace (États-Unis

Examen des demandes de statut consultatif et de reclassement

Le représentant de Cuba a demandé à « Alianza Americas » (États-Unis) de ventiler les donations philanthropiques qu’elle reçoit car ces donations représentent plus de 90% de ses fonds.  Son homologue de l’Iran a voulu que l’« Association canadienne pour le droit et la vérité » (Canada) s’explique sur la tension entre son budget et ses projets.  Comment la canadienne « Canadian Human Rights International Organization – CHRIO » compte faire pour combler son déficit budgétaire »? a souhaité savoir la déléguée du Venezuela.  

Peut-on avoir la liste détaillée des activités en 2017 de « Cercle Martin Buber » (Suisse) et la liste exhaustive des activités pour 2018? a exigé le délégué de Cuba.  Le même représentant a voulu connaître de « Cooperación Internacional » (Espagne) la nature de ses activités en Amérique latine.  L’ONG envisage-t-elle de s’implanter dans d’autres régions?  Quels sont les projets réalisés par « EGAM - European Grassroots Antiracist Movement » (France) et leurs résultats concrets? a demandé la représentante de l’Afrique du Sud.

« Federal Bar Association » (États-Unis) a-t-elle des contacts avec les universités étrangères avant de rédiger ses articles?  Quels sont les critères utilisés pour participer aux séminaires que l’ONG organise? a voulu savoir le représentant de Cuba.  Qu’a l’intention de faire « Friends of Angola » (États-Unis) dans des pays africains autres que l’Angola?  Pourquoi ce nom? a demandé la représentante de l’Afrique du Sud.  « Hamkkehaneun Sarangbat Corporation » (République de Corée) a été priée par la représentante de la Chine d’utiliser le nom officiel de Hong Kong.

« Lawyers for Justice in Libya » (Royaume-Uni) est-elle présente physiquement en Libye?  Comment préserve-t-elle son indépendance alors qu’elle reçoit des financements de l’Union européenne et de la Suisse? a demandé le représentant du Pakistan.  Celle de la Turquie a voulu en savoir plus sur les partenaires internationaux de « Le Collectif de la Paix au Sri Lanka » (France).  Si elle en a, est-ce qu’ils partagent les mêmes objectifs?  Le représentant de la Mauritanie a demandé à « Medical Foundation for the Care of Victims of Torture » (Royaume-Uni) où elle accueille les victimes de la torture?  Au Royaume-Uni?  Comment fait-elle face à son déficit budgétaire? 

L’« Organisation Suisse d'aide aux réfugiés » (Suisse) et « Stichting Global Partnership for the Prevention of Armed Conflict » (Pays-Bas) ont été priées par le représentant de la Chine de réparer le problème technique sur leur site Internet.  Le représentant de Cuba a demandé à la deuxième ONG de lister ses activités à Cuba.  Est-ce que cette ONG a établi un partenariat avec la Mission des Nations Unies en Colombie?  La représentante de l’Afrique du Sud a voulu des informations sur les recherches effectuées par l’ONG.  A-t-elle des bureaux sur le terrain?  Son homologue du Soudan a demandé: comment l’ONG défend son indépendance alors que 50% de son budget est assuré par le Gouvernement.  Où ont été réalisés ses travaux?  Comment « Recreation Vehicle Industry Association, Inc. » (États-Unis) fera pour combler son déficit budgétaire? a demandé la représentante du Venezuela.

Quels sont les projets de « The Bianca Jagger Human Rights Foundation » (Royaume-Uni) en Amérique latine? a voulu savoir la représentante du Venezuela.  Combien d’argent a-t-elle a reçu après les manifestations caritatives en 2017? a questionné le délégué de Cuba.  Le représentant de la Fédération de Russie a constaté que sur son site Internet, « Tom Lantos Foundation for Human Rights and Justice » (États-Unis) traite les Gouvernements russe et chinois de « régimes brutaux ».  En déposant une demande de statut consultatif spécial au Comité des ONG, cette ONG doit savoir qu’il y a des règles à respecter dans les relations internationales, a tonné le délégué russe.

Demandant un statut consultatif général, « The Sant Nirankari Mandal, Delhi » (Inde) a été sommée, par la représentante de l’Inde, d’expliquer pourquoi elle ne prévoit aucun projet pour ses projets.  « Global Economist Forum » (Bangladesh), qui demande le même statut, doit encore satisfaire à la curiosité de la même déléguée qui a exigé une liste complète de ses activités.

Passant aux demandes de reclassement, le représentant du Pakistan a demandé à l’« Association Concerning Sexual Violence against Women » (Chine) de donner des détails sur les manifestations qu’elle vient d’organiser.  « Coordination Waï (Eveil) relative à l’unité nationale et la lutte contre l'esclavage » (Mauritanie) a-t-elle des membres en dehors de la Mauritanie?  A-t-elle des membres de nationalité américaine?  Ses membres paient-il la même cotisation annuelle? a voulu savoir le délégué de la Mauritanie.  La représentante de l’Inde a voulu que « Dalit Welfare Organization » (Népal) lui donne la liste des ONG qui la financent. 

Combien de personnes vont bénéficier du programme de bourses de « Danjuma Atta Eye Foundation » (Nigéria)?  Qui finance ce programme? a demandé le représentant de l’Azerbaïdjan.  Quelle est la stratégie de gestion de « Engineering Association for Development and Environment » (Iraq) et combien consacre-t-elle à ses projets? a questionné la représentante de la Turquie.  Peut-on avoir des détails sur le projet mené avec le Département de la santé?  C’est à cette question du représentant du Pakistan que « Formation Awareness and Community Empowerment Society- FACES » (Pakistan) devra répondre. 

Le même délégué a demandé à « Gulshan-e-John » (Pakistan) de donner les résultats de ses recherches sur la discrimination.  Serait-il possible à « International Human Right Organization » (Pakistan) de donner des détails sur les protocoles d’entente qu’elle a signés avec ses partenaires? a demandé le représentant du Pakistan.  Le délégué de la Chine a prié « Iraqi Al-Amal Association » (Iraq) de lui donner des précisions sur ses projets. 

Son homologue du Burundi a exigé de « Legal Advice Centre » (Kenya) une actualisation de son budget.  Le même délégué a demandé à « Mkokoteni Aid Development Organization » (Kenya) la liste de ses activités pour 2018.  À la demande du représentant du Pakistan, « Pak Special Persons Welfare Society » (Pakistan) devra donner des détails sur la gestion d’un centre d’accueil construit avec un budget de 10 000 dollars.  Quelles sont les sources de financement de « Pakistan International Human Rights Organization (Pakistan), y compris le financement étranger? a voulu savoir le même délégué.

Quelle est la part du Gouvernement dans le budget de « Public Aid Organization » (Iraq)? a demandé la représentante de la TurquieSon homologue de Cuba a demandé à « The New Woman Foundation » (Égypte) dans quels pays elle travaille.  Quels sont ses projets?  « The Voice Society » (Pakistan) devra donner davantage d’informations sur ses projets, son financement et ses rapports d’activité, après une question du Pakistan.

Qui sont les partenaires de « VDay Karama » (Égypte)?  Peut-on avoir une liste? a réclamé le délégué de la Fédération de Russie.  « West Papua Interest Association » (Indonésie) n’a que 167 dollars de budget dont 111 dollars de dépenses administratives, a noté la représentante de l’Inde.  Comment compte-t-elle, dans ces conditions, contribuer aux travaux de l’ECOSOC?  « American Human Rights Council » (États-Unis) devra donner au délégué de la Chine la liste de ses donateurs privés.

Que veut dire « Arab Center for the Promotion of Human Rights » (États-Unis) l’ONU par « lutte régionale et lutte nationale »?  Quelles organisations arabes soutient-elle?  Telles sont les questions du représentant de la Fédération de Russie.  Qui sont les partenaires de l’« Arab-European Center of Human Rights and International Law- AECHRIL » (Norvège)?  Dans quels domaines travaille-t-elle? a demandé le délégué du Pakistan.  Dans quels autres pays que l’Iraq « Assyrian Aid Society of America Inc. » (États-Unis) travaille-t-elle?  Quelles sont les activités de sensibilisation qu’elle mène? a demandé la représentante de la Turquie.

Quels sont les projets que « Bahrain Center for Human Rights » (Danemark) met en œuvre avec ses partenaires? a demandé le représentant du Pakistan.  Celle de la Turquie a voulu en savoir plus sur le budget alloué à chaque projet par « Centre universitaire de droit international humanitaire » (Suisse).  Cinquante-deux pour cent du budget de « Citizens’Alliance for North Korean Human Rights » (République de Corée) vient du secteur privé, a observé le représentant du Cuba qui a exigé la liste détaillée des donateurs privés en 2017.  Quelles activités l’ONG réalise-t-elle pour « atteindre la réunification des deux Corée? » 

Au « Congrès mondial Amazigh – CMA » (France), le représentant du Burundi a demandé la liste des activités en 2018.  Son homologue de l’Afrique du Sud a voulu savoir ce qu’elle compte faire pour redresser son déficit budgétaire.  « Coptic Solidarity » (États-Unis) a été invitée à apporter au délégué du Pakistan les détails de sa conférence annuelle de juin: titre, participants, coût.  « Database Center for North Korean Human Rights- NKDB » (République de Corée) devra donner au délégué de la Chine le détail des financements qu’elle a reçus du Gouvernement en 2015, 2016 et 2017.  « Diakonia » (Suède) a été priée par la représentante de l’Afrique du Sud de donner une liste de ses activités depuis 2015.

Dialogue avec les ONG

« UNESCO Center for Peace » (États-Unis) a expliqué qu’elle fait la promotion des idéaux de l’UNESCO et des Nations Unies en Amérique.  L’utilisation du logo de l’UNESCO, « strictement réglementée », est autorisée par le Directeur général des Centres de l’UNESCO comme c’est le cas pour tous les Centres de l’UNESCO dans le monde.  L’ONG a dit qu’elle travaille depuis 10 ans avec l’UNESCO, avant que le Comité ne lui octroie le statut consultatif spécial.

« Palestinian Association for Human Rights » (Witness) (Liban), a indiqué qu’elle travaille avec le Gouvernement du Liban qui l’autorise à apporter une assistance juridique aux prisonniers palestiniens.  Quelles mesures avez-vous prises pour la défense des droits de l’homme au Liban? a demandé la représentante d’Israël.  Protégez-vous les droits des Palestiniennes au Liban?  Quel est le processus requis pour devenir membre de l’ONG? 

Nous sommes, a répondu l’ONG, la seule organisation qui s’occupe des droits des prisonniers palestiniens.  Tout le monde connaît la situation.  Nous ne faisons pas de distinction entre les femmes et les hommes palestiniens lorsqu’il s’agit de leurs droits: droit au travail, à la santé, etc.  Nous sommes, a insisté l’ONG, ouverts à tous et nous travaillons avec l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Nous coopérons aussi avec les étudiants palestiniens dont certains travaillent bénévolement pour nous.

« Chinese Culture Promotion Society » (Chine) a précisé que ses membres sont des volontaires du monde entier qui souhaitent promouvoir la culture chinoise et les échanges interculturels.  La déléguée des États-Unis a voulu en savoir plus sur la relation entre l’ONG et les Ministères chinois des affaires étrangères et de la culture et avec le « Conseil pour la promotion de la réunification nationale ». 

Nous n’avons aucune relation avec le Ministère des affaires étrangères mais nous travaillons avec celui de la culture, a répondu l’ONG, précisant que les fonctionnaires de ce Ministère ne travaillent pas pour elle et affirmant n’avoir jamais entendu parler du « Conseil de la promotion de la réunification nationale ».

« Iraqi Al-Amal Association » (Iraq) a déclaré qu’elle a pour objectif DE rendre l’espoir à ses compatriotes après tant d’années de souffrances.  La représentante de l’Inde a voulu en savoir plus sur les partenaires régionaux et internationaux de l’ONG et obtenir la liste des activités régionales auxquelles elle a participé.   

« Public Aid Organization » (Iraq) a précisé qu’elle s’occupe de la promotion des droits des enfants et des femmes déplacés notamment à Erbil.  Elle ne travaille pas avec le Gouvernement mais exclusivement avec les autres organisations de la société civile.  La représentante de la Turquie a demandé combien d’argent l’ONG a reçu du Gouvernement.  Nous avons donné un état financier très détaillé, a répondu l’ONG.  Pourquoi vous décrivez-vous comme un groupe de sensibilisation et de pression? a ajouté la représentante turque qui a exigé une réponse par écrit.

« Coptic Solidarity » (États-Unis) a d’emblée fait observer que la société civile agit parce que les gouvernements ne peuvent pas tout faire.  Il se peut aussi que nous ne sommes pas toujours d’accord avec tout ce que font les gouvernements mais il faut savoir travailler ensemble et chacun de son côté.  Nous travaillons, a expliqué l’ONG pour faire avancer les droits de l’homme et l'égalité totale des Coptes en Égypte.  Le représentant du Burundi a voulu savoir si l’ONG reçoit de l’argent des organisations religieuses.  Qui peut devenir membre de cette ONG? 

Nous ne recevons d’argent ni de gouvernements ni d’entités religieuses, a répondu l’ONG.  Nos fonds viennent des adhérents et des organisations exclusivement privées. Toutes les nationalités peuvent adhérer et nos membres viennent de nombreux pays et religions.  Qu’entendez-vous par « solidarité coptique »? s’est demandé le délégué du Burundi.

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