Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 17 janvier 2018

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17 janvier 2018

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 17 janvier 2018

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Iran

Le Secrétaire général se félicite du deuxième anniversaire de la réalisation de la Date d’application prévue dans le Plan d’action global commun, le 16 janvier 2018.  Il s’agit d’une nouvelle étape importante dans l’accord historique conclu entre les pays E3/UE+3 et l’Iran et entériné par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2231 (2015).

Le Plan d’action global commun constitue une réalisation majeure de la non-prolifération nucléaire et de la diplomatie et a contribué à la paix et à la sécurité régionales et internationales.  Le Secrétaire général reste convaincu que le Plan est le meilleur moyen d’assurer la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien et de réaliser des avantages économiques tangibles promis au peuple iranien.  Il note que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé à plusieurs reprises que l’Iran remplissait ses engagements relatifs au nucléaire dans le cadre du Plan.

Le Secrétaire général appelle à ce que les préoccupations concernant sa mise en œuvre soient traitées par les mécanismes établis par l’Accord.  Il estime que les questions qui ne sont pas directement liées au Plan d’action global commun devraient être traitées sans préjudice de la présentation de l’Accord et de ses réalisations. 

Syrie

L’Envoyé spécial pour la Syrie, M. Staffan de Mistura, a adressé aujourd’hui des invitations séparées au Gouvernement syrien et à la Commission de négociation syrienne à participer à une réunion spéciale avec les Nations Unies dans le cadre du processus politique de Genève facilité par l’ONU, qui aura lieu les 25 et 26 janvier 2018.  Pour des raisons logistiques, cette réunion spéciale aura lieu au Centre international de Vienne, en Autriche.

L’Envoyé spécial attend avec intérêt la participation des deux délégations à cette réunion spéciale.  Il espère que les délégations se rendront à Vienne pour préparer un engagement de fond avec lui et son équipe en mettant l’accent sur le volet constitutionnel de l’application intégrale de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité et en gardant à l’esprit les paramètres et observations qu’il a présentés dans son exposé au Conseil de sécurité le 19 décembre dernier. 

Alors qu’il se prépare pour la session de Vienne, l’Envoyé spécial réitère l’opinion des Nations Unies selon laquelle toute initiative politique des acteurs internationaux devrait être évaluée par sa capacité à contribuer et à soutenir le processus politique de Genève facilité par l’ONU et la pleine mise en œuvre de la résolution 2254 (2015).

La mission des Nations Unies en Syrie a publié aujourd’hui une déclaration exhortant toutes les parties, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, à empêcher toute nouvelle violence et à permettre aux organisations humanitaires d’avoir accès aux personnes qui ont besoin d’assistance.

L’escalade de la violence à Alep, Damas, Daraa, Deir ez-Zor, dans la Ghouta orientale, à Hama, Hassakeh, Edleb et Raqqah a fait des centaines de morts et de blessés civils, dont de nombreuses femmes et enfants.

Pendant ce temps, l’ONU et ses partenaires renforcent leur réponse humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie suite à l’afflux de dizaines de milliers de personnes nouvellement déplacées, en raison des combats et des bombardements aériens dans le sud d’Edleb, au nord de Hama et au sud d’Alep.

Depuis le 15 décembre, 212 140 hommes, femmes et enfants ont été déplacés à Edleb.  Un grand nombre de ces personnes ont désormais été déplacées plus d’une fois et dispersées dans des zones ouvertes du centre, de l’ouest et du nord de la province, notamment autour de sites informels surpeuplés.

Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient

Le Commissionnaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), M. Pierre Krähenbühl, a confirmé que le Gouvernement américain avait annoncé hier une contribution de 60 millions de dollars pour soutenir ses travaux.  Bien qu’important, ce financement est considérablement inférieur aux niveaux antérieurs.  La contribution américaine en 2017 était supérieure à 350 millions de dollars.

M. Krähenbühl a noté que les États-Unis ont toujours été le plus grand donateur de l’UNRWA.  Il a sincèrement remercié le peuple américain pour son geste.  Mais il a évoqué son inquiétude au sujet de cette contribution réduite qui menace l’un des efforts de développement humain les plus réussis et innovateurs au Moyen-Orient.

Il a déclaré qu’il était confronté à la crise financière la plus dramatique de l’histoire de l’UNRWA et a appelé les partenaires de l’UNRWA à se rallier à l’UNRWA pour créer de nouvelles alliances de financement afin que les réfugiés palestiniens continuent d’avoir accès à l’éducation dans ses écoles et que la dignité des enfants réfugiés de Palestine et de leurs familles soit préservée par tous ses services.

M. Krähenbühl lancera dans les prochains jours une campagne mondiale de collecte de fonds pour concrétiser l’engagement à grande échelle de maintenir les écoles et les cliniques de l’UNRWA ouvertes en 2018 et au-delà.

Libye

Ce matin, le Conseil de sécurité s’est réuni pour aborder la situation en Libye.  Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Libye, M. Ghassan Salamé, a fait son exposé au Conseil par visioconférence.   Après avoir averti les membres du Conseil que le spectre de la violence restait présent dans le pays et que les forces militaires fléchissent leurs muscles, il a appelé à rester vigilants.

Pour M. Salamé le statu quo fragile et instable n’est pas viable et la Libye a besoin d’un gouvernement compétent et efficace capable de fournir les services publics aux personnes qui en ont désespérément besoin.  La modification de l’Accord politique libyen est le moyen le plus approprié pour réaliser cet objectif, a-t-il ajouté.  (Voir communiqué de presse CS/13165)

République démocratique du Congo (RDC)

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Pierre Lacroix, a nommé le général de corps d’armée Chikadibia Isaac Obiakor, du Nigéria, pour mener une enquête spéciale à la suite de l’incident du 15 septembre 2017 qui a eu lieu à Kamanyola, au Sud-Kivu.

Cette enquête spéciale examinera les défis auxquels est confrontée la Mission des Nations Unies en RDC dans la réalisation de son mandat de protection des civils.  Elle formulera aussi des recommandations sur l’amélioration des performances de ses troupes.

Toujours en RDC, l’Organisation internationale des Nations Unies pour les migrations (OIM) a averti aujourd’hui que la situation humanitaire dans le pays s’était considérablement détériorée au cours de l’année écoulée en raison de l’escalade massive des conflits et de l’insécurité généralisée.  Son appel humanitaire pour la RDC reste toutefois largement sous-financé.  Ainsi, l’OIM lance un appel de 75 millions de dollars pour répondre de toute urgence aux besoins croissants des Congolais déplacés et des communautés qui les accueillent au Nord et au Sud-Kivu, au Tanganyika et au Kasaï.

Somalie

Aujourd’hui, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a lancé le plan d’intervention humanitaire pour la Somalie de 2018, qui demande 1,6 milliard de dollars pour protéger 5,4 millions de personnes.  Ce plan de réponse s’inscrit dans le prolongement des efforts de prévention de la famine de l’année dernière et donne la priorité aux opérations de secours immédiates pour aider les personnes les plus vulnérables, telles que les personnes déplacées, les femmes et les enfants.

Le coordonnateur humanitaire spécial sur place, M. Peter de Clercq, a déclaré que, bien que la famine ait été évitée l’année dernière, les besoins en termes de sécurité alimentaire sont presque deux fois plus élevés que la moyenne quinquennale, avec près de 2,4 millions de personnes qui dépendent toujours de l’aide et une estimation de 1,2 million d’enfants mal nourris pour cette année.  Il a appelé à un soutien continu pour les besoins immédiats et à long terme dans le pays.

Myanmar

Les Nations Unies au Myanmar suivent avec préoccupation les informations faisant état d’affrontements violents entre la police et les manifestants à Mrauk U, dans l’État de Rakhine.

Le Bureau des Nations Unies déplore les pertes en vies humaines et les blessures qui ont été signalées.  Il appelle au respect des droits de réunion pacifique et à la liberté d’expression et appelle les forces de sécurité et les manifestants à faire preuve de retenue et à éviter tous nouveaux affrontements. L’ONU sur place exhorte les autorités à enquêter sur tout recours disproportionné à la force et/ou sur toute autre action illégale qui auraient pu avoir lieu en relation avec cet incident.

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