L’ECOSOC adopte le cadre mondial d’indicateurs pour mesurer la mise en œuvre des objectifs de développement durable

ECOSOC/6846
7 juin 2017
31e & 32e séances, Matin & après-midi

L’ECOSOC adopte le cadre mondial d’indicateurs pour mesurer la mise en œuvre des objectifs de développement durable

Il exhorte le système de l’ONU à accélérer la transversalisation de la problématique hommes-femmes dans ses politiques et programmes


Le Conseil économique et social a adopté, aujourd’hui, le premier cadre mondial d’indicateurs relatifs aux objectifs et aux cibles du Programme 2030 pour en assurer l’examen et le suivi au niveau international.

L’ECOSOC, qui entamait aujourd’hui sa deuxième réunion de coordination et d’organisation de l’année, a également examiné des rapports de ses organes subsidiaires et adopté quatre autres textes concernant, notamment la lutte contre les maladies non transmissibles, la transversalisation de la problématique hommes-femmes dans les politiques et programmes de l’ONU, et, enfin, les droits économiques et sociaux des femmes palestiniennes. 

Avant l’adoption du texte* sur le cadre mondial d’indicateurs relatifs aux objectifs et aux cibles du Programme 2030, la Présidente de la Commission de statistique des Nations Unies, Mme Wasmalia Barata Bivar, a indiqué qu’une quantité « sans précédent » de données statistiques sera nécessaire pour mesurer la mise en œuvre des 17 objectifs de développement durable, précisant que l’établissement dudit cadre représente le plus grand défi qu’ait eu à relever la Commission.  Mis au point par le Groupe d’experts des Nations Unies chargé des indicateurs relatifs aux objectifs de développement durable, et approuvé par la Commission de statistique en mars 2017, le cadre mondial sera ajusté chaque année et fera l’objet d’un examen complet en 2020 et en 2025.

Mme Bivar a également indiqué que ces indicateurs ne convenant pas nécessairement à la situation de chaque pays, des indicateurs parallèles ou complémentaires permettant d’assurer un suivi aux niveaux régional, national et sous-national seront définis par les régions et les pays, en fonction des priorités, des réalités, des capacités et de la situation de chaque État.

En adoptant la résolution** intitulée « Équipe spéciale interorganisations pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles », l’ECOSOC exhorte notamment les gouvernements, le secteur privé et les donateurs bilatéraux et multilatéraux, à explorer les possibilités de financement de la prévention et du contrôle des maladies non transmissibles.

Il exhorte aussi à renforcer la coopération internationale et l’aide au développement visant à aider les pays en développement à se doter des capacités juridiques, fiscales et de réglementation pour formuler et mettre en œuvre des solutions multisectorielles de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles

À cette occasion, l’ECOSOC était saisi d’un rapport*** de l’Organisation mondiale de la Santé qui rappelle que 27% des décès de personnes âgées de 30 à 70 ans survenus en 2015 seraient imputables à des maladies non transmissibles qui pourraient être largement évitées.  Le rapport cite aussi la cible 3.4 des objectifs de développement durable, qui vise à réduire d’un tiers, d’ici à 2030, par la prévention et le traitement, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles.

En adoptant la résolution**** sur la « Transversalisation de la problématique hommes-femmes dans l’ensemble des politiques et programmes du système des Nations Unies », l’ECOSOC demande instamment au système des Nations Unies d’accélérer la transversalisation de la problématique hommes-femmes dans les politiques et programmes aux plans mondial, régional et national, y compris à l’appui de la mise en œuvre respectueuse de l’égalité des sexes du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Par ce texte, l’ECOSOC prie notamment le système des Nations Unies d’accroître l’aide accordée aux États Membres, avec leur assentiment, pour ce qui est de mettre en œuvre la Déclaration et le Programme d’action de Beijing et les politiques nationales en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de toutes les femmes et filles. 

Le Conseil a dû recourir à un vote pour adopter la résolution sur « La situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter ».  Par ce texte, adopté avec 23 voix pour, 17 abstentions et l’opposition de l’Australie et des États-Unis, l’ECOSOC déplore que l’occupation israélienne demeure le principal obstacle à l’amélioration de la condition des Palestiniennes et demande à la communauté internationale de continuer à fournir l’assistance et les services dont les Palestiniennes ont un besoin urgent.

Il demande aussi à Israël de faciliter le retour chez eux de toutes les femmes et de tous les enfants palestiniens réfugiés et déplacés et le recouvrement de leurs biens.  Ce texte était contenu dans le rapport***** de la Commission de la condition de la femme qui porte, par ailleurs, à l’attention du Conseil l’adoption, par la Commission, d’une résolution intitulée « Prévenir et éliminer le harcèlement sexuel au travail ».

Par ailleurs, l’ECOSOC, qui était présidé aujourd’hui par Mme Marie Chatardová, de la République tchèque, a décidé que la quarante-neuvième session de la Commission de statistique se tiendra du 6 au 9 mars 2018 à New York.  Il a également approuvé l’ordre du jour de la prochaine session de la Commission de la condition de la femme. 

La première réunion de coordination et d’organisation, qui s’est tenue du 19 au 21 avril, avait été l’occasion, pour l’ECOSOC, d’examiner les rapports des instituts de recherche et de formation des Nations Unies, d’adopter une résolution intitulée « Code de conduite des Nations Unies pour la coopération en matière de lutte contre la fraude fiscale internationale » et d’accorder un statut consultatif à 270 organisations non gouvernementales (ONG).

La session, qui prend fin le 9 juin, se poursuit demain, jeudi 8 juin, à partir de 10 heures.

* E/2017/24
** E/2017/L.21
*** E/2017/54
**** E/2017/L.22
***** E/2017/27

REUNION DE COORDINATION ET DE GESTION

Questions relatives à l’économie et à l’environnement: statistiques (E/2017/24)

Présentation du rapport et débat général

Présentant le Rapport sur les travaux de la quarante-huitième session de la Commission de statistique des Nations Unies, sa Présidente, Mme WASMALIA BARATA BIVAR, qui intervenait par vidéoconférence depuis le Brésil, a d’abord rappelé le riche passé de cette commission créé il y a 70 ans, en mars 1947.  Elle a indiqué que cet organe œuvre depuis sans relâche pour que les données statistiques soient comparables dans le monde entier et n’a cessé de développer un langage et des normes statistiques pouvant servir les connaissances mondiales.  De nombreuses normes et classification visant à améliorer la disponibilité des données dans le domaine du recensement et des comptes nationaux ont été approuvées et la Commission a également adopté, en 1994, les principes fondamentaux des statistiques officielles.

Mme Bivar a ensuite indiqué qu’au vu de l’étendue des 17 objectifs de développement durable, une quantité « sans précédent » de données statistiques sera nécessaire pour en mesurer la mise en œuvre. 

C’est pourquoi, a-t-elle expliqué, la Commission  a adopté, en mars 2017, un Cadre mondial d’indicateurs relatifs aux objectifs et aux cibles du Programme de développement durable à l’horizon 2030, ajoutant que l’établissement dudit cadre représente le plus grand défi qu’ait eu à relever la Commission.  Elle a précisé que le cadre mondial d’indicateurs était destiné à assurer le suivi et l’examen du Programme 2030 au niveau international, ces indicateurs ne convenant pas nécessairement à la situation de chaque pays. Des indicateurs parallèles ou complémentaires permettant d’assurer un suivi aux niveaux régional, national et sous-national seront définis par les régions et les pays, en fonction des priorités, des réalités, des capacités et de la situation de chaque État.

Poursuivant, la Présidente de la Commission a expliqué que ces indicateurs devront être affinés avec le temps et que des examens périodiques sont prévus en 2020 et 2025. Elle a prévenu qu’il sera nécessaire de renforcer les capacités des pays à produire les données nécessaires.  Elle a ensuite dit l’importance du Plan d'action mondial du Cap concernant les données du développement durable, qui a été lancé au premier Forum mondial des Nations Unies sur les données, organisé en Afrique du Sud, du 15 au 18 janvier 2017 et approuvé par la Commission de statistique à sa quarante-huitième session.  Ce plan, a-t-elle indiqué, encadre l’étude, la planification, l’exécution e et l’évaluation du renforcement des capacités statistiques lié au Programme 2030.  Mme Bivar a par ailleurs signalé que le rapport de la Commission appelle à prendre des décisions sur des questions transversales comme la qualité des données, les mégadonnées et l’intégration des données statistiques et géospatiales.

Mme REGUEIRA (Cuba) a vu dans l’élaboration du cadre d’indicateurs un bon point de départ pour assurer la mise en œuvre et le suivi du Programme 2030.  Elle toutefois jugé nécessaire de continuer de peaufiner les indicateurs en fonction de la situation et des priorités de chaque pays tout en préservant le rôle de chef de file des instituts nationaux de statistiques.

La représentante a par ailleurs relevé que certains indicateurs ne couvraient pas encore toutes les cibles de développement durable, notamment en ce qui concerne la consommation abusive d’alcool.  Elle a appelé à ajuster les indicateurs sur la consommation d’alcool en tenant compte de la position de l’Organisation mondiale de la Santé sur la consommation d’alcool.

Mme SYLVIA PAOLA MENDOZA ELGUEA (Mexique) a estimé que le nouveau cadre d’indicateurs permettra de renforcer la pertinence du travail en matière de statistiques et d’améliorer les capacités des pays dans ce domaine.  Elle a ensuite indiqué que son pays continuera de partager son expérience en matière d’élaboration d’indicateurs avec les pays en développement, les pays les moins avancés, les petits États insulaires en développement et les pays à revenu intermédiaire.

Décisions sur les recommandations figurant dans le rapport.

L’ECOSOC a ensuite adopté le rapport de la Commission de statistique par lequel lui était soumis le projet de résolution intitulé « Travaux de la Commission de statistique sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 » que le Conseil a adopté par consensus.

Par ce texte, l’ECOSOC adopte le cadre mondial d’indicateurs relatifs aux objectifs et aux cibles du Programme 2030 mis au point par le Groupe d’experts des Nations Unies et de l’extérieur chargé des indicateurs relatifs aux objectifs de développement durable, tel qu’approuvé par la Commission de statistique à sa quarante-huitième session, en mars 2017.

Il prie la Commission de statistique de perfectionner le cadre mondial d’indicateurs pour en améliorer la portée et la concordance avec les cibles, pour définir les termes et développer les métadonnées et pour faciliter l’exploitation de cet outil, notamment par un examen périodique des nouvelles méthodes et données à mesure qu’elles sont disponibles.

L’ECOSOC souligne que les statistiques et les données officielles issues des systèmes statistiques nationaux doivent constituer la base du cadre mondial d’indicateurs et recommande d’étudier des moyens d’incorporer de nouvelles sources de données à ces systèmes afin qu’ils puissent fournir les nouvelles données requises dans le cadre du Programme 2030, selon que de besoin.

Le Conseil prie également les organisations internationales de fonder leurs activités d’examen sur les données fournies par les systèmes statistiques nationaux et, faute de données nationales permettant une estimation fiable, de consulter le pays concerné de façon à produire des estimations basées sur des modèles et à les valider avant publication.

L’ECOSOC exhorte enfin les pays, les fonds et programmes et les institutions spécialisées des Nations Unies, le Secrétariat, y compris les commissions régionales, les institutions de Bretton Woods, les organisations internationales et les organismes de financement bilatéraux et régionaux, à contribuer plus activement au renforcement des capacités dans les domaines de la statistique et de la collecte des données.

À l’issue de l’adoption de la résolution, Mme LAWRENCE (États-Unis) a estimé que le cadre d’indicateurs est un travail en cours, relevant que de nombreux indicateurs, y compris quelques-uns qualifiés de « premier niveau », contiennent de graves faiblesses susceptibles de constituer des obstacles pour une acceptation  globale, ainsi que pour le processus d’évaluation.  Les États-Unis continueront donc de participer aux processus établis pour renforcer le cadre d’indicateurs et sont prêts à discuter de leurs préoccupations spécifiques avec les délégations intéressées à tout moment.  La représentante a aussi appelé les parties prenantes à participer de bonne foi à la révision du Groupe d’experts chargé des indicateurs relatifs aux objectifs de développement durable, le but étant de veiller à ce que le cadre d’indicateurs soit adapté aux objectifs et de mesurer plus précisément les efforts déployés par les États Membres pour réaliser les cibles et les objectifs de développement durable.  Les États-Unis se réservent par ailleurs le droit de formuler, à une date ultérieure, d’autres commentaires sur le cadre d’indicateurs et sur tous les autres processus de l’ONU relatifs au suivi et à l’examen du Programme 2030, nombre de leurs propres politiques étant en cours d’examen et de développement.

Selon les termes du projet de décision contenu au chapitre I section B du rapport, l’ECOSOC a par ailleurs pris note du rapport de la Commission de statistique sur les travaux de sa quarante-huitième session.  Il a également décidé que la quarante-neuvième session de la Commission se tiendra du 6 au 9 mars 2018 à New York et en a approuvé l’ordre du jour provisoire et la documentation.

Questions de coordination, questions relatives au programme et autres questions: prévention et maîtrise des maladies non transmissibles (E/2017/54 ET E/2017/L.21)

Présentation du rapport et débat général

Présentant le Rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les travaux de l’Équipe spéciale interorganisations pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, M. WERNER OBERMEYER, Directeur adjoint de l’OMS à New York, a d’abord regretté que seule une infime partie des 270 milliards de dollars collectés par le biais de la taxation des produits du tabac revenait au secteur de la santé.  

Après avoir précisé les contours de l’organisation des travaux de l’Équipe spéciale, M. Obermeyer est revenu sur la tenue, en 2011, de la première réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur les maladies non transmissibles et de la réunion de suivi de 2014.  Il a ensuite indiqué que pour bien préparer la réunion de suivi 2018, le Gouvernement de l’Uruguay accueillera, en octobre 2017, à Montevideo, une réunion ministérielle sur la question.  Il a précisé que cette Conférence mondiale sur les maladies non transmissibles aura pour thème « Favoriser la cohérence des politiques qui influencent la réalisation de la cible 3.4 des objectifs de développement durable d’ici à 2030 ».  Il a indiqué que les quatre principaux facteurs de risque de maladies non transmissibles sont responsables de 70% des décès annuels dans le monde, et que ces décès sont évitables. 

M. Obermeyer a rappelé que la cible 3.4 des objectifs de développement durable vise à réduire d’un tiers, d’ici à 2030, par la prévention et le traitement, le taux de mortalité prématuré due à des maladies non transmissibles.  Il a précisé que parmi les recommandations de ce rapport figure l’amélioration des capacités juridiques et fiscales pour financer la réponse aux risques de maladies non transmissibles.   

M. YAO SHAOJUN (Chine) a indiqué que dans le cadre de ses efforts de coopération internationale, son gouvernement déployait des équipes médicales dans les pays en développement et les pays membres du groupe « BRICS » pour y appuyer la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles.  La Chine collabore également avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour renforcer la prévention et la maîtrise de ces maladies au niveau mondial. 

Mme TERJE RAADIK (Estonie) a déclaré qu’il était essentiel d’utiliser des données scientifiques pour réduire la consommation d’alcool et de tabac dans le monde.  Elle a souligné que l’éducation était essentielle pour inculquer une « culture de prévention » des maladies non transmissibles.  Elle a indiqué que l’Estonie consacrera à cette question sa présidence de l’Union européenne, qui débutera en juillet 2017.

Décision sur le projet de résolution E/2017/L.21

L’ECOSOC a ensuite adopté par consensus la résolution intitulée « Équipe spéciale interorganisations pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles » qui a été présentée par le représentant de la Fédération de Russie.  Ce dernier a notamment proposé la tenue d’une conférence mondiale sur le financement de la lutte contre les maladies non transmissibles.

Par ce texte, l’ECOSOC exhorte les gouvernements, le secteur privé et les donateurs bilatéraux et multilatéraux, y compris la Banque mondiale et les banques régionales de développement, à explorer les possibilités en matière de financement de la prévention et du contrôle des maladies non transmissibles et de mobilisation de ressources « suffisantes, prévisibles et constantes » aux fins des programmes de l’Équipe spéciale, « y compris les quatre programmes mondiaux conjoints ».

L’ECOSOC exhorte aussi les donateurs bilatéraux et multilatéraux à renforcer la coopération internationale et l’aide au développement visant à aider les pays en développement à se doter des capacités requises, en particulier de systèmes juridiques, fiscaux et de réglementation, afin de formuler et de mettre en œuvre des solutions multisectorielles de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles. 

En adoptant ce texte, l’ECOSOC demande en outre aux membres de l’Équipe spéciale de faire mieux connaître le fardeau que constituent les maladies non transmissibles et leurs liens avec la pauvreté et le développement durable, sur les plans économique, social et environnemental, ainsi que les possibilités d’accélérer les progrès pour ce qui est de réduire leur fardeau, y compris en resserrant la coopération avec les ambassadeurs de bonne volonté, les émissaires et les mandataires mondiaux et avec des personnalités et soutiens locaux.

Intervenant à l’issue de l’adoption, Mme LAURIE SHESTACK PHIPPS (États-Unis) a indiqué que le « modèle politique » dont il est fait référence dans le préambule de cette résolution ne devrait pas être interprété comme applicable à des industries autres que l’industrie du tabac, ou à des groupes d’entreprises et d’industries qui pourraient compter parmi leurs représentants des membres d’entreprises du tabac.  Elle a noté que ce modèle politique a été développé pour prendre en compte le contexte unique de l’industrie du tabac et du contrôle du tabac, estimant que cela ne devait pas constituer un précédent pour l’établissement de politiques similaires relatives à d’autres industries.  La représentante a, par ailleurs, exhorté les membres de l’Équipe spéciale interorganisations pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles à maintenir la transparence, l’inclusion et le dialogue avec le secteur privé. 

Questions de coordination, questions relatives au programme et autres questions: transversalisation de la problématique hommes-femmes dans l’ensemble des politiques et programmes du système des nations unies (E/2017/57 et E/2017/l.22)

Questions relatives à l’économie et à l’environnement: les femmes et le développement

Questions sociales et questions relatives aux droits de l’homme: promotion de la femme (E/2017/27)

Présentation des rapports et débat général

M. DAVID DONOGHUE, Président de la Commission de la condition de la femme, a présenté le Rapport des travaux de la soixante et unième session de la Commission (E/2017/27), précisant que celle-ci avait vu une.  Il a expliqué que la Commission a adopté des conclusions concertées sur le thème prioritaire, à savoir l’autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution, dans lesquelles elle réaffirme les engagements existants, définit les domaines et les questions qui doivent être traitées conjointement avec le thème prioritaire et énonce une série de mesures que doivent prendre les gouvernements et d’autres parties prenantes.

La Commission préconise notamment de renforcer les cadres normatifs et juridiques, ainsi que l’éducation et la formation; de mettre en œuvre des politiques économiques et sociales propices à l’autonomisation économique des femmes.  Elle appelle également à lutter contre le renforcement du caractère informel du travail et de la mobilité de la main d’œuvre féminine; à assurer la gestion du changement technologique et numérique en vue de l’autonomisation économique des femmes; et à renforcer la capacité des femmes à se faire entendre, à exercer des fonctions de direction et à prendre des décisions.  Elle appelle également au renforcement du rôle du secteur privé dans l’autonomisation économique des femmes. 

M. Donoghue a indiqué que la Commission a adopté une résolution intitulée « Prévenir et éliminer le harcèlement sexuel au travail », et a dû recourir à un vote pour adopter une résolution sur « La situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter ». 

Il s’est félicité du fait que les travaux aient mis l’accent sur l’autonomisation des femmes et des filles rurales et celle des femmes autochtones.  Enfin, il a précisé que cette session de la Commission s’est conclue par l’adoption du « Rapport de la Commission de la condition de la femme sur les travaux de sa soixante et unième session et de l’ordre du jour provisoire de la soixante-deuxième session de la Commission », sur laquelle le Conseil est invité à se prononcer.

Présentant le rapport du Secrétaire général sur la « Transversalisation de la problématique hommes-femmes dans l’ensemble des politiques et programmes du système des Nations Unies », Mme LAKSHMI PURI, Directrice adjointe de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), a rappelé l’importance des conclusions concertées 1997/2 adoptées, il y a 20 ans, par le Conseil économique et social.  « Depuis plus de 20 ans, a-t-elle dit, la transversalisation de la problématique hommes-femmes reste la stratégie mondiale arrêtée au niveau intergouvernemental pour atteindre l’objectif de l’égalité entre les sexes ».  Elle a ajouté que l’égalité entre les sexes ne pourra être atteinte au sein de l’ONU sans un processus permanent de transversalisation de la problématique hommes-femmes dans l’ensemble des politiques et programmes du système des Nations Unies.  Nous avons beaucoup progressé depuis 1997 et la volonté politique en faveur de l’égalité est devenue une réalité au système des Nations Unies et ailleurs, s’est-elle toutefois félicitée. 

Mme Puri a ensuite signalé que le Programme 2030 s’inscrit dans le prolongement des engagements pris en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes dans la Déclaration et le Programme d’action de Beijing et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Elle s’est félicitée que ce programme comprenne un objectif entièrement consacré à l’égalité des sexes, à savoir l’objectif de développement durable 5.  Elle a toutefois souligné que la volonté politique est essentielle et l’engagement doit être présent à tous les niveaux, jugeant notamment urgent de régler le problème du sous-investissement dans l’égalité homme-femme.

« En 2016, 65 entités, soit plus de 90% des entités des Nations Unies, dont le Secrétariat et ses départements et bureaux, ont établi le rapport prévu par le Plan d’action, soit 10 de plus qu’en 2012 » s’est-elle félicitée.  Notant que le rythme des progrès diminuait depuis 2013, elle a appelé à ne pas relâcher nos efforts en matière de parité entre les sexes à l’ONU.   

Mme Puri a dit l’importance des  Groupes thématiques sur l’égalité des sexes en notant que 97 groupes de travail interinstitutions sur l’égalité des sexes ont apporté un appui important à l’élaboration de stratégies et au renforcement des capacités, ainsi qu’un appui technique aux équipes de pays des Nations Unies.  Elle a précisé qu’en Somalie, le Groupe thématique sur l’égalité des sexes a élaboré un cadre de responsabilisation en la matière pour aider la Mission d’assistance des Nations Unies à améliorer les synergies et la collaboration dans les domaines de la direction, de la sensibilisation, de la programmation et de l’établissement de rapports sur l’égalité des sexes.

Elle a ensuite indiqué que la résolution présentée cette année appelle le système à poser des actions concrètes et à accélérer la transversalisation dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  

M. BRUNO RÍOS SÁNCHEZ (Mexique) a regretté que l’ensemble des organes du système des Nations Unies n’aient pas envoyé de rapports en vue de l’élaboration du Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. 

Adoption sans vote du projet de résolution intitulé « Transversalisation de la problématique hommes-femmes dans l’ensemble des politiques et programmes du système des Nations Unies » (E/2017/L.22)

Par ce texte, l’ECOSOC demande instamment au système des Nations Unies d’accélérer la transversalisation de la problématique hommes-femmes dans les politiques et programmes aux plans mondial, régional et national, y compris à l’appui de la mise en œuvre respectueuse de l’égalité des sexes du Programme de développement durable à l’horizon 2030. 

Il souligne également qu’il est nécessaire que le Réseau interinstitutions pour les femmes et l’égalité des sexes, ainsi que d’autres réseaux interinstitutions existants, continuent, selon qu’il conviendra, de prendre des mesures concrètes afin de continuer de promouvoir la transversalisation de la problématique hommes-femmes dans le système des Nations Unies et prennent davantage la responsabilité d’utiliser les indicateurs de succès du Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. 

En outre, l’ECOSOC demande au système des Nations Unies, y compris à ses organismes, fonds et programmes agissant dans le cadre de leurs mandats respectifs, de continuer à collaborer afin d’accélérer la transversalisation intégrale et effective de la problématique hommes-femmes dans le système des Nations Unies aux niveaux mondial, régional et national, notamment en augmentant les investissements pour régler les problèmes rencontrés dans des domaines essentiels du Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies, notamment en lançant et en appliquant complètement, à partir de 2018, la version mise à jour du Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

Adoption du projet de résolution intitulé « La situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter », contenu dans le rapport de la Commission de la condition de la femme (E/2017/27)

Sur recommandation de la Commission de la condition de la femme, l’ECOSOC a adopté par 23 voix, 2 contre (États-Unis et Australie) et 17 abstentions une résolution sur « La situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter ».

En adoptant ce texte, l’ECOSOC réaffirme que l’occupation israélienne demeure le principal obstacle à l’amélioration de la condition des Palestiniennes, à leur autonomisation et à leur participation au développement de leur société. 

Le Conseil demande à la communauté internationale de continuer à fournir les services dont les Palestiniennes ont un besoin urgent, en particulier l’aide d’urgence, en gardant notamment à l’esprit le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Il demande aussi aux donateurs internationaux de s’acquitter sans retard de tous les engagements pris le 12 octobre 2014 à la Conférence internationale du Caire sur la Palestine, intitulée « Reconstruire Gaza ».   

Il exhorte la communauté internationale à continuer d’accorder une attention particulière à la promotion et à la protection des droits fondamentaux des femmes et des filles palestiniennes et à intensifier les mesures prises pour remédier aux conditions difficiles que connaissent les Palestiniennes et leur famille vivant sous l’occupation israélienne.

Il demande à Israël de faciliter le retour chez eux de toutes les femmes et de tous les enfants palestiniens réfugiés et déplacés et le recouvrement de leurs biens, conformément aux résolutions de l’Organisation des Nations Unies sur la question. 

Mme SAHAR ABUSHAWESH, de la Palestine, a déclaré que l’adoption de cette résolution est une affirmation des droits des femmes et enfants palestiniens, y compris dans le territoire palestinien occupé.  Elle a estimé que ce texte réaffirme les vives préoccupations du Conseil face aux conditions de vie des femmes et enfants palestiniens qui ont considérablement détérioré depuis l’occupation en 1967.  « Il faut donner de l’espoir aux femmes et enfants palestiniens, l’espoir de jouir de leur droit à l’autodétermination, même si ils vivent sous occupation notamment », a-t-elle affirmé.

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