Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 20 novembre 2017

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20 novembre 2017

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 20 novembre 2017

(La version française du Point de presse quotidien  n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Farhan Haq, Porte-parole adjoint de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Libye

Le Secrétaire général s’est dit « horrifié » par les informations diffusées dans les médias et les séquences vidéo montrant des migrants africains qui seraient en train d’être vendus comme esclaves en Libye.

Il a expliqué abhorrer ces actes odieux et a appelé les autorités compétentes à enquêter sur ces activités dans les plus brefs délais et à traduire les auteurs de ces actes en justice.

L’esclavage n’a pas de place dans notre monde et ces actes figurent parmi les abus les plus flagrants des droits de l’homme et pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

Il a exhorté chaque nation à adopter et à mettre en œuvre la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, ainsi que son protocole sur la traite des personnes, et a demandé à la communauté internationale à s’unir pour combattre ce fléau.

Cela nous rappelle également la nécessité d’aborder la question des flux migratoires de manière globale et humaine: par une coopération au service du développement visant à s’attaquer à ses causes profondes, par une augmentation significative de toutes les opportunités de migration légale et par une coopération internationale renforcée pour réprimer les passeurs et les trafiquants et pour protéger les droits de leurs victimes.

Par ailleurs, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le centre médical de Sebha aurait rapporté l’enlèvement de l’un de ses docteurs.  L’OMS condamne fermement toute attaque contre le personnel et les infrastructures médicales et a appellé les responsables de cet enlèvement à garantir la sécurité et la libération immédiate du médecin.

Moyen-Orient

Le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Nickolay Mladenov, a expliqué aujourd’hui, devant le Conseil de sécurité, que la cession des points de passage de Gaza, si elle se traduisait par une pleine prise de contrôle civile et sécuritaire par l’Autorité palestinienne de Gaza, pourrait constituer un grand pas en avant vers la normalisation des entrées et sorties de la bande de Gaza.

Il a encouragé toutes les parties à profiter de la réunion du Caire de demain pour renforcer leur engagement en faveur d’une mise en œuvre progressive de l’Accord du Caire et à veiller au maintien de cet élan positif, en honorant les engagements et en assurant le suivi.

Il a indiqué que plusieurs tentatives pour combler la fracture palestinienne avaient échoué par le passé et qu’on ne pouvait pas tolérer que l’effort actuel devienne une autre occasion manquée.

Regrettablement, il y a également des nouvelles moins bonnes, a indiqué le Coordonnateur spécial.  En dépit des progrès dans la mise en œuvre de l’Accord du Caire, les habitant de Gaza n’ont vu aucune amélioration de leurs conditions de vie.

Burundi

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Burundi, M. Michel Kafando, a informé, ce matin, le Conseil de sécurité, que ses récentes visites à Bujumbura ont occasionné des rencontres aussi bien avec des représentants de l’opposition et de la société civile qu’avec d’autres dirigeants africains et partenaires du Burundi.

Il a souligné que les Nations Unies ont l’obligation de continuer à appuyer les efforts de la région pour aider le Burundi à sortir de la crise actuelle.  Le processus politique demeure la seule méthode pour aller de l’avant et résoudre cette crise, a-t-il ajouté.

Yémen

Les agences humanitaires indiquent que le blocus imposé par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, et qui entre, aujourd’hui, dans sa quinzième journée, continue d’exacerber la crise humanitaire, alors que les stocks de vivres, de carburant et de fournitures médicales diminuent, tandis que le prix de la nourriture et du carburant augmente.

L’interruption de l’importation de ressources clefs rapproche toujours un peu plus de sept millions d’habitants de la famine, soit au moins un tiers de la population du pays.

L’essence devient de plus en plus rare chaque jour, ce qui perturbe non seulement le transport de marchandises telles que l’eau ou la nourriture, mais aussi le fonctionnement des générateurs permettant de pomper l’eau et d’alimenter les hôpitaux et les stations d’assainissement.

La mouture est aussi affectée, en conséquence de quoi les stocks de grains qui demeurent ne peuvent être moulus et les prix des denrées augmentent d’autant plus.  Selon les estimations, les stocks actuels de céréales seront épuisés d’ici à trois mois.

Les agences humanitaires sont également extrêmement préoccupées par l’incapacité des équipes humanitaires à se rendre à Sanaa -la porte d’entrée vers les populations qui se trouvent le plus dans le besoin– ou par l’impossibilité pour ceux qui se trouvent déjà dans le pays d’en sortir, même pour des évacuations médicales d’urgence.

Elles soulignent une fois de plus que pour éviter cette catastrophe humanitaire les ports de Al Hudaydah et As-Salif ainsi que l’aéroport de Sanaa doivent être rouverts immédiatement.

Iraq

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a indiqué que le Gouvernement d’Iraq et les agences humanitaires ont pu aider la plupart des personnes touchées par le séisme qui a frappé le pays au début du mois.

Les près de 300 familles déplacées par le tremblement de terre ont reçu des tentes et des travaux sont en cours pour réparer l’infrastructure hydraulique qui a été affectée par la catastrophe.

Pour ce qui est du Sinjar, l’OCHA indique que la région demeure difficile d’accès en raison des points de contrôle et des barrages routiers.  Cette situation a occasionné des retards dans la livraison d’aides.  Les partenaires humanitaires continuent de rappeler aux parties leurs responsabilités de permettre un accès humanitaire sans entraves aux populations dans le besoin.

Bangladesh

Les agences humanitaires indiquent que le nombre de réfugiés rohingyas qui ont fui, depuis le 25 août, le Myanmar pour le Bangladesh se chiffre désormais à 621 000 personnes.  Ils arrivent dans le pays traumatisé et plus de la moitié vivent dans un seul camp situé à Cox’s Bazar.

À ce jour, le Plan de réponse à la crise des réfugiés rohingyas a reçu 140 millions de dollars, soit 32% de ce qui est requis.  Les donateurs se sont engagés, le mois dernier, à verser 360 millions de dollars et l’ONU les exhorte à s’acquitter de leur engagement aussi vite que possible.

Consolidation de la paix

La Commission de consolidation de la paix s’est réunie aujourd’hui pour faire le point sur la situation au Sri Lanka.  Elle s’est focalisée sur les efforts réalisés par le pays pour arriver à une paix et une prospérité durables.  Elle a également examiné les initiatives prises jusqu’à présent par le Gouvernement en matière de développement socioéconomique, de réconciliation et de transition judiciaire.

La Commission a discuté des défis et des risques rencontrés pendant l’avancement de cet agenda et de la manière dont le système des Nations Unies peut continuer à appuyer le Gouvernement dans le futur.  La Commission s’est également penchée sur l’importance d’une réforme constitutionnelle pour parvenir à un règlement politique et s’assurer qu’aucun conflit violent ne se reproduira pas.  À cet égard, elle a pris note du récent débat de l’Assemblée constituante pour faire avancer ce processus.

Cet événement a aussi été l’occasion de souligner le besoin d’un processus inclusif mettant en valeur le rôle positif que les femmes, les jeunes et la société civile peuvent jouer dans le processus de consolidation de la paix au Sri Lanka.

Papouasie-Nouvelle-Guinée

Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, M. Miroslav Jenča, a achevé, ce week-end, une visite de trois jours en Papouasie-Nouvelle-Guinée.  À Port Moresby, la capitale, il a rencontré le Ministre des affaires de Bougainville, le Secrétaire aux affaires étrangères par intérim, et d’autres fonctionnaires du Gouvernement, ainsi que des membres du corps diplomatique et le personnel de l’ONU.

À Bougainville, M. Jenča a rencontré des responsables, notamment le Président du Gouvernement autonome de Bougainville et le Président de la Chambre des représentants de Bougainville.

Il a salué les progrès dans la mise en œuvre de l’Accord de paix de Bougainville, assurant toutes les parties que l’ONU reste déterminées à soutenir le processus jusqu’à une conclusion pacifique et continuera de fournir l’aide actuelle à la demande des parties.

Environnement

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) annonce que le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone a franchi une étape importante, son Amendement de Kigali ayant atteint le seuil d’entrée en vigueur au cours du week-end.

Cet Amendement, qui vise à supprimer progressivement les hydrofluorocarbures ou HFC, a été ratifié par plus de 20 parties et devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2019.

Les pays seront désormais tenus d’éliminer graduellement les HFC de plus de 80% au cours des 30 prochaines années et de les remplacer par des alternatives plus respectueuses de l’environnement.

Journée de l’industrialisation de l’Afrique

La Journée de l’industrialisation de l’Afrique, qui est célébrée aujourd’hui, a pour thème cette année « Le développement industriel, indispensable à la mise en place d’une zone de libre-échange continentale efficace et durable en Afrique ».

Dans un message rédigé à cette occasion, le Secrétaire général a souligné l’importance des investissements dans les infrastructures transfrontalières, les technologies vertes et les solutions à faible émission de carbone afin d’accroître le commerce et l’industrialisation de l’Afrique. 

Il a aussi souligné la nécessité pour les gouvernements, le milieu des affaires et la société civile de créer des partenariats afin de donner de l’impulsion à l’innovation, créer des incitations pour une croissance durable et réaffirmer le soutien de l’ONU à l’Afrique pour la mise en œuvre d’un accord de libre-échange continental.

Tableau d’honneur

Le Costa Rica a payé la totalité de sa contribution au budget de l’Organisation et devient le cent quarante-troisième État Membre à jour de sa cotisation.

Journée mondiale de l’enfance

Pour marquer la Journée mondiale de l’enfance, célébrée aujourd’hui, des enfants du monde entier ont assumé des rôles clefs dans les médias, la politique, les affaires, le sport et le divertissement dans plus de 130 pays.

L’ONU participe également à cette « prise de contrôle par les enfants », l’occasion pour le porte-parole de céder la place à une jeune sud-africaine de 14 ans, Mlle Lathitha Beyile, qui milite pour combattre le travail d’enfants, la pauvreté, le manque d’éducation et l’inégalité entre les sexes.

Prenant la suite de la présentation du point de presse, Mlle Beyile a indiqué que la Journée mondiale de l’enfance est une journée ludique qui livre un message sérieux.  Malgré les progrès réalisés à l’échelle mondiale, un enfant sur 12 dans le monde vit dans un pays où ses perspectives d’avenir sont pires que celles qu’ont connues leurs parents.  Cent quatre-vingt millions d’enfants vivent dans 37 pays où ils risquent davantage de souffrir de la pauvreté extrême, d’être déscolarisés ou d’être victimes d’une mort violente que ne l’étaient les enfants vivant dans ces mêmes pays il y a 20 ans.

Selon une enquête publiée aujourd’hui par l’UNICEF, et réalisé dans 14 pays auprès de garçons et de filles âgés entre 9 et 18 ans, les enfants sont profondément préoccupés par les questions mondiales qui les concernent directement, notamment la violence, le terrorisme, les conflits, les changements climatiques, le traitement injuste des réfugiés et des migrants et la pauvreté.

Le message de la Journée mondiale de l’enfance est clair: le monde est en train d’échouer à satisfaire les besoins des enfants du monde, et nous nous exprimons en notre nom, mais également au nom de nos pairs pour souligner pourquoi il faut faire davantage.

Des commémorations ont été organisées dans le monde entier.  Ici à New York, le Secrétaire général est intervenu au cours de l’évènement « Les enfants prennent le contrôle du Siège des Nations Unies », et a affirmé que l’ONU travaille chaque jour, chaque heure et chaque minute dans l’intérêt des enfants.  Il a indiqué que dans un monde qui peut souvent sembler être un endroit sans espoir, les enfants sont importants pour apporter l’espoir, a rapporté Mlle Beyile.

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