Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 9 novembre 2017

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9 novembre 2017

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 9 novembre 2017

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Yémen

Aujourd’hui marque le cinquième jour du blocus total imposé au Yémen par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.  Depuis dimanche, la coalition n’a rendu possible aucun mouvement humanitaire entrant ou sortant du Yémen ni pour les fournitures de secours, ni pour le personnel humanitaire.

Il y aurait des centres médicaux qui ferment parce qu’ils ne peuvent plus payer les prix élevés de l’essence, selon le personnel humanitaire qui signale aussi que des stations d’épuration d’eau sont affectées.

Hier après-midi, le Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, a fait le point de la situation humanitaire au Yémen, dans le cadre de consultations officieuses du Conseil de sécurité.  S’adressant à la presse à la suite de cette réunion, il a condamné l’attaque de missile qui a visé Riyad le weekend dernier, la qualifiant de scandaleuse.

M. Lowcock a prévenu de la possibilité d’une famine au Yémen qui serait la plus grande des dernières décennies et qui causerait des millions de victimes.  Pour éviter un tel scénario, il a affirmé qu’il fallait lever les mesures prises dernièrement par la coalition -en particulier la fermeture des accès par voies maritime, aérienne et terrestre au Yémen- et respecter les cinq étapes suivantes:

  1. La reprise immédiate des services aériens réguliers de l’ONU et d’autres partenaires humanitaires vers Sanaa et Aden;
  2. Des garanties claires et immédiates qu’il n’y aura pas d’autres interruptions de ces services aériens à l’avenir;
  3. Un accord immédiat pour le pré-positionnement d’un navire du Programme alimentaire mondial au large d’Aden, et des garanties qu’il n’y aura pas d’autre interruption des fonctions qu’il soutient;
  4. Une réouverture immédiate des accès humanitaires et commerciaux dans tous les ports du Yémen -surtout pour les livraisons alimentaires, de médicaments, d’essence et d’autres fournitures essentielles;
  5. Une désescalade des interférences - notamment des retards ou des blocus de navires ayant passé l’inspection par le Mécanisme de vérification et d’inspection des Nations Unies pour qu’ils puissent se rendre à port le plus rapidement possible.

Dans une déclaration conjointe publiée hier, la communauté humanitaire au Yémen a également exprimé sa grande préoccupation suite à la décision de la Coalition de fermer tous les aéroports et ports du Yémen ainsi que les points de passage terrestres.  Elle a réitéré que l’aide humanitaire n’était pas la solution à la catastrophe humanitaire au Yémen, et que seul un processus de paix pouvait mettre un terme aux terribles souffrances de millions de civils innocents.

Syrie

Le Conseiller spécial de l’Envoyé spécial pour la Syrie, M. Jan Egeland, s’est adressé à la presse à Genève, après la dernière réunion du Groupe de travail sur l’accès humanitaire.  Il a déclaré avoir l’impression d’un retour vers les jours les plus sombres du conflit, faisant état d’attaques contre des civils à Edleb et Alep, dans le nord-ouest du pays, à Raqqa et Deir ez-Zor, villes du nord et de l’est de la Syrie, ainsi que dans certaines parties de Damas et de Hama.

M. Egelman a estimé que la situation était la pire à l’est de Goutha, à proximité de Damas, où souffrent 400 000 civils se trouvant dans une douzaine de villes et villages assiégés.  Il a précisé que les convois des Nations Unies étaient leur seule bouée de secours, mais que ces convois avaient été à nouveau bloqués la semaine dernière en dépit des meilleurs efforts de la communauté humanitaire pour y acheminer de l’aide.

Myanmar

Selon des informations fournies par le personnel humanitaire, l’accès à l’aide humanitaire reste extrêmement difficile dans l’État Rakhine, dans le nord du Myanmar, le Gouvernement n’ayant autorisé quasiment aucun accès à l’ONU.

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge continue d’apporter de l’aide dans la région, où il a déjà pu faire parvenir de l’eau et des aliments pour les besoins de dizaines de milliers de personnes.

Les besoins restant cependant importants, la Croix Rouge voudrait subvenir à ceux de plus de 180 000 personnes d’ici la fin de l’année.

Un meilleur accès humanitaire et plus d’aide sont urgents.

Le Secrétaire général a demandé un accès complet et sans entrave pour le personnel humanitaire au Myanmar, y compris dans l’État Rakhine.  L’ONU encourage le Gouvernement à donner suite à cet appel pour garantir que les personnes dans le besoin puissent recevoir l’aide requise.

Les Nations Unies n’ont pas été en mesure de faire une évaluation globale indépendante des besoins dans l’État Rakhine à cause de cet accès limité.

Colombie

La Mission de vérification des Nations Unies en Colombie a publié un communiqué de presse conjoint avec la Conférence épiscopale de Colombie à l’occasion du premier mois de suivi du cessez-le-feu entre le Gouvernement colombien et l’Armée de libération nationale (ELN).

Aux niveaux régional et local, la Mission a mis en place 33 équipes de vérification qui sont déjà opérationnelles.

Dans plusieurs régions de la Colombie, la suspension de la confrontation armée a eu un impact positif sur la situation humanitaire dans laquelle se trouve la population.  Dans d’autres, de sérieux défis demeurent, comme la violence qui a eu lieu à Tumaco en octobre et qui a causé la mort de plusieurs paysans, ou encore le meurtre du Gouverneur et Chef autochtone Aulio Isarama Forastero.

La Mission et la Conférence épiscopale appellent les parties à faire tous les efforts possibles pour éviter les incidents qui mettent les communautés en danger, et à maintenir leur engagement à soutenir le travail du Mécanisme de suivi et de vérification.

Climat

À la Conférence des Nations Unies sur le climat qui se déroule à Bonn, les négociations se poursuivent entre délégations, les questions les plus sensibles devant être abordées lorsque les ministres se réuniront la semaine prochaine.

À partir de demain, la Conférence se penchera sur les progrès réalisés en matière d’action climatique par thème, en commençant par les questions relatives à l’énergie, l’eau et l’agriculture.

En marge de la Conférence, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a publié un rapport soulignant que davantage de progrès sont nécessaires pour évaluer les politiques d’adaptation aux changements climatiques dans le monde.

Le « rapport sur les écarts d’adaptation » examine les moyens par lesquels les pays mesurent leurs progrès en matière d’adaptation et de résilience et explore les options pour les traduire en données quantifiables et comparables à l’échelle mondiale, ce qui permettrait notamment de suivre les progrès relatifs à l’objectif sur l’adaptation contenu dans l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

Denrées alimentaires

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié aujourd’hui une étude selon laquelle, alors que les prix des denrées alimentaires sont généralement stables, le coût d’importation des aliments devrait augmenter de 6% en 2017 par rapport à l’année précédente.

On relève un tel coût d’importation, représentant le deuxième plus élevé jamais enregistré, alors que le monde compte de solides stocks alimentaires, de bonnes prévisions de récolte et des marchés des produits alimentaires bien approvisionnés.

Cette augmentation du coût des importations des aliments est particulièrement préoccupante pour les pays les moins avancés (PMA) et ceux classés par la FAO comme « pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) ».

Évènements à venir

Le Porte-parole du Président de l’Assemblée générale de l’ONU, M. Brenden Varma, sera face à la presse après le Point de presse quotidien.

Ensuite, la Représentante spéciale adjointe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et Coordinatrice humanitaire de la Mission, Mme Najat Rochdi, parlera de la situation humanitaire en République centrafricaine (RCA).

Dans l’après-midi, le Secrétaire général sera de retour du séminaire du Conseil des chefs de secrétariat et il s’exprimera à 14 heures, au cours d’une réunion informelle de l’Assemblée générale sur sa proposition de réforme du pilier paix et sécurité.  Le document relatif à cette réforme est disponible au Bureau du Porte-parole.

Demain matin à 8 heures 45, le Secrétaire général fera un point de presse devant la salle du Conseil de sécurité sur ses prochains voyages et sur d’autres questions.

Tableau d’honneur

Le Bélarus et le Maroc ont payé la totalité de leur contribution au budget ordinaire de l’ONU, ce qui porte à 142 le nombre d’États Membres à jour de leur cotisation.

 

 

 

 

 

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