Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 22 août 2017

dbf170822
22 août 2017

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 22 août 2017

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Syrie

Les agences humanitaires de l’ONU sont profondément troublées par des informations non confirmées faisant état d’un grand nombre de civils tués par des raids aériens, dans la ville de Raqqa, au cours des dernières 24 heures.

Hier, selon des informations non confirmées, plus de 30 personnes auraient été tuées dans le quartier Al-Sakhani, alors que huit personnes déplacées appartenant à la même famille ont été tuées par une autre attaque dans une autre partie de la ville.

Ces attaques, si elles étaient confirmées, sont le rappel choquant que les civils continuent de payer le plus lourd tribut du conflit dans de nombreuses régions de la Syrie.

Au cours des derniers jours et semaines, des dizaines de civils auraient été tués et blessés dans la ville de Raqqa en raison de frappes aériennes et de bombardements, tandis que jusqu’à 25 000 personnes restent piégées dans la ville.

L’ONU condamne toute attaque dirigée contre les civils et les infrastructures civiles.

Elle exhorte toutes les parties belligérantes à Raqqa, et dans l’ensemble de la Syrie, à prendre toutes les mesures possibles pour épargner et protéger les civils et les infrastructures civiles conformément aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire.

Iraq

Des milliers de personnes fuient Tal Afar, en Iraq, alors que se poursuivent les opérations militaires destinées à reprendre la ville, où quelque 30 000 civils sont piégés par les combats.

Une aide humanitaire est fournie à des points de rassemblement au sud et à l’est de la ville.  Plus de 300 personnes ont traversé ces points, hier, et reçu de l’aide. 

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a accueilli environ 1 500 familles dans un centre de transit au sud-est de Mossoul et achève les préparatifs afin d’accueillir jusqu’à 6 000 personnes dans un autre camp.

Le HCR gère également un camp à Nimrud qui pourra recevoir jusqu’à 22 000 personnes fuyant Tal Afar.

Le HCR dit craindre que les civils iraquiens ne soient, selon toute probabilité, utilisés comme boucliers humains et que les tentatives de fuite puissent se solder par des exécutions et des fusillades.  Le HCR invite toutes les parties à permettre aux civils de quitter la zone de conflit et retrouver la sécurité.

Pour sa part, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires collaborent avec les autorités sanitaires iraquiennes pour mettre en place des cliniques médicales mobiles afin de fournir des services et des soins de santé urgents aux personnes qui fuient Tal Afar.

En outre, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU et la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Iraq (MANUI) ont demandé conjointement au Gouvernement iraquien de veiller à ce que les milliers de femmes et de filles ayant survécu au viol et à d’autres formes de violence sexuelle perpétrés par les combattants de Daech reçoivent des soins, une protection et un accès à la justice.

Ils ont également souligné que les enfants nés à la suite de telles violences ne doivent pas se voir confrontés à une vie de discrimination et d’abus.

Le nouveau rapport conjoint indique que le Gouvernement iraquien est obligé, en vertu du droit interne et du droit international des droits de l’homme, de veiller à ce que toutes les victimes aient accès à la justice et à des dédommagements.

Moyen-Orient

Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, M. Miroslav Jenča, a présenté, ce matin, devant le Conseil de sécurité, les derniers développements de la situation au Moyen-Orient. 

Il a noté que la récente crise de Jérusalem avait, une nouvelle fois, démontré le caractère intenable du conflit israélo-palestinien, ainsi que l’urgente nécessité d’un horizon politique et d’un clair réengagement des parties et de la communauté internationale en vue de mettre un terme à l’occupation et de réaliser la solution des deux États.

M. Jenča a également dit que, dans quelques jours, la communauté internationale marquerait le troisième anniversaire du cessez-le-feu ayant mis un terme à la dernière série d’hostilités entre le Hamas et Israël à Gaza, en 2014.

Le Sous-Secrétaire général a indiqué que la situation humanitaire s’y était détériorée, les mesures punitives prises par l’Autorité palestinienne contre Gaza depuis avril ne faisant qu’aggraver l’effet dévastateur du bouclage imposé par Israël.

M. Jenča a appelé les dirigeants palestiniens à remédier aux conséquences destructrices de leurs divisions.  (Voir communiqué de presse CS/12963)

Nigéria

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) s’est dit extrêmement préoccupé, aujourd’hui, par l’augmentation effroyable du nombre d’enfants, notamment des filles, à être utilisés comme « bombes humaines », dans le nord-est du Nigéria.

L’UNICEF a déclaré que les enfants utilisés comme bombes humaines demeurent avant tout des victimes et non, bien entendu, des coupables.

Boko Haram a parfois, mais pas toujours, revendiqué la responsabilité de ces attaques.  Selon l’UNICEF, l’utilisation d’enfants pour perpétrer de telles attaques a pour effet supplémentaire de créer de la suspicion et la peur des enfants libérés, secourus, ou qui se sont échappés des griffes de Boko Haram.

Éthiopie

Les agences humanitaires indiquent que la situation en Éthiopie demeure préoccupante, notamment dans la région somalie, où des pluies insuffisantes successives ont exacerbé la situation alimentaire déjà critique.  Des mesures extraordinaires sont nécessaires pour faire face à la crise en cours.

À ce jour, le cinquième cycle de distribution de vivres a permis d’atteindre 330 000 des 3,3 millions de personnes ciblées dans la région somalie.  La distribution en cours devrait prendre fin à la mi-septembre.

Par ailleurs, le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF) a débloqué 10 millions de dollars afin de soutenir ces efforts.  Les collectes de fonds se poursuivent afin de récolter les 6 millions de dollars supplémentaires nécessaires pour ce programme.

Ouzbékistan

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) a salué, aujourd’hui, l’information selon laquelle un ancien employé de l’ONU, M. Erkin Musaev, a été libéré par les autorités ouzbèkes, 11 ans après son arrestation à l’aéroport de Tachkent alors qu’il se rendait à un séminaire régional.

M. Musaev, qui était le Directeur national d’un programme conjoint entre le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Union européenne, a été jugé pour trois chefs d’accusation distincts en 2006 et 2007, et condamné à des peines de 15, 6 et 4 ans respectivement.

Le Haut-Commissaire actuel , M. Zeid Ra’ad Al Hussein, avait soulevé le cas de M. Musaev, en mai de cette année, lors d’une réunion avec le Président de l’Ouzbékistan, dans le cadre de la première visite dans le pays d’un Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Esclavage

La Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition sera observée demain.  Cette Journée est une invitation à la réflexion sur l’histoire afin de mettre en lumière la lutte contre toutes les formes d’oppression et de racisme qui ont cours aujourd’hui.

Dans son message à cette occasion, la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Mme Irina Bokova, a déclaré que l’ignorance est notre ennemie.  Tous doivent connaître l’ampleur du crime de la traite des esclaves, les millions de vies qui ont été brisées et l’impact sur le destin des continents jusqu’à nos jours.  Tous doivent être pleinement informés de la lutte qui a mené à son abolition, pour qu’ensemble nous construisions des sociétés plus justes, et donc plus libres, a déclaré la Directrice générale.

Cette Journée est observée à l’occasion de l’anniversaire de l’insurrection, en 1791, des hommes et des femmes asservis dans la partie occidentale de l’île de Saint-Domingue, qui a conduit à la création et à l’indépendance de ce qui est aujourd’hui Haïti.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.