Myanmar: le Secrétaire général demande « une action rapide » pour mettre fin au « cauchemar » des Rohingya dans l’État de Rakhine

CS/13012
28 septembre 2017
8060e séance – après-midi

Myanmar: le Secrétaire général demande « une action rapide » pour mettre fin au « cauchemar » des Rohingya dans l’État de Rakhine

« La situation d’aujourd’hui est liée au terrorisme, non pas à une religion », assure le représentant du Myanmar

Pour la première fois depuis juillet 2009, le Conseil de sécurité a examiné, cet après-midi, la situation au Myanmar lors d’une séance publique, en raison de la situation qui prévaut dans l’État de Rakhine.  Devant le Conseil, le Secrétaire général, M. António Guterres, a souligné la nécessité d’une « action rapide » pour mettre fin au « cauchemar » des populations rohingya.  Appuyé par la totalité des membres du Conseil, il a exhorté les autorités de ce pays à mettre fin aux opérations militaires, à garantir un accès humanitaire sans entrave et à permettre un retour des personnes déplacées. 

S’il a bien reconnu qu’il existe dans son pays « un sérieux problème qui doit être réglé », le Conseiller à la sécurité nationale du Myanmar, M. U Thaung Tun, a en revanche affirmé que « la situation d’aujourd’hui est liée au terrorisme, non pas à une religion » et a insisté sur l’engagement de son pays en faveur d’une solution durable. 

« Il semble qu’il y ait une tendance très préoccupante à la violence et à des déplacements massifs forcés d’un groupe ethnique dans l’État de Rakhine », a déclaré le Secrétaire général, qui avait le 2 septembre dernier, écrit aux membres du Conseil pour attirer leur attention sur la situation au Myanmar.  Faisant fi des interprétations divergentes faites des événements, M. Guterres s’est attaché à citer des éléments indiscutables: « Au moins 500 000 civils ont cherché refuge au Bangladesh et 94% des personnes déplacées sont des Rohingya. » 

Nous avons reçu des témoignages glaçants de personnes déplacées faisant état de violences excessives et de sérieuses violations des droits de l’homme, a-t-il déploré.  « Cela est inacceptable et doit cesser ».  Quant à l’accès humanitaire, le Secrétaire général a jugé « profondément regrettable », au regard « des besoins considérables », la position des autorités du Myanmar, selon laquelle « ce n’est pas le moment » d’une reprise d’un accès humanitaire sans entrave. 

Le représentant du Bangladesh, État non membre du Conseil mais hautement concerné par la situation, a précisé que son pays accueillait à présent plus de 900 000 Rohingya déplacés de force, avant de qualifier la situation de « pour le moins intenable ».  Il a en outre contesté que la violence ait cessé et que l’exode des Rohingya se soit tari, affirmant que 20 000 réfugiés étaient arrivés au Bangladesh rien que la nuit dernière.

D’accord pour demander la fin des hostilités et un accès humanitaire sans entrave, les membres du Conseil se sont divisés sur la qualification à apporter à la situation prévalant dans l’État de Rakhine.  Si les représentants de la France et du Bangladesh ont parlé d’un « véritable nettoyage ethnique », leur homologue de la Fédération de Russie a appelé à « la prudence », estimant, tout comme son homologue de l’Éthiopie, que la crise actuelle avait été provoquée par les agissements de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA).  Quant à la Chine, elle a rappelé la complexité de la situation et l’ancienneté des tensions communautaires. 

« Il n’y a pas de nettoyage ethnique ni de génocide au Myanmar », a, pour sa part, assuré M. U Thaung Tun, faisant valoir que les dirigeants actuels du pays, qui ont lutté si longtemps pour la liberté et les droits de l’homme, ne toléreraient jamais la commission de tels crimes.

Au-delà des mesures immédiates déjà citées, M. Guterres a plaidé pour régler la cause profonde de la situation qui est l’apatridie des Rohingya et les discriminations qui les visent.  Comme de nombreux membres du Conseil après lui, tels le Royaume-Uni, la Suède ou l’Italie, il a indiqué que les recommandations contenues dans le rapport de la Commission consultative présidée par l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan dessinaient une voie à suivre.  Les musulmans de l’État de Rakhine devraient ainsi recevoir la nationalité. 

Les recommandations du rapport Annan constituent « une feuille de route viable pour aller de l’avant », a estimé, lui aussi, le représentant du Myanmar, qui a assuré que son gouvernement avait apporté une assistance aux personnes déplacées, et ce, sans discrimination.  Il a d’ailleurs affirmé que son pays était prêt à entamer le processus d’enregistrement des réfugiés avec le Bangladesh voisin, qui accueille la grande majorité des réfugiés rohingya et avec lequel le Myanmar souhaite renforcer sa coopération. 

Le représentant du Sénégal, qui a salué les démarches discrètes prises très tôt par le Secrétaire général pour désamorcer la crise qui se nouait, a souligné la nécessité pour le Conseil de donner suite à la séance de ce jour.  Pour le Bangladesh, le Conseil devrait examiner si la situation dans le nord de l’État de Rakhine constitue une menace contre la paix et quels moyens devraient être déployés pour rétablir celle-ci, et a demandé que soient établies des zones protégées administrées par l’ONU pour assurer la sécurité des Rohingya dans le nord de l’État de Rakhine.  Le représentant de l’Égypte a exhorté le Conseil à assumer ses responsabilités et celui de la France, qui s’apprête à assumer la présidence du Conseil au mois d’octobre, a affirmé que celle-ci serait « pleinement mobilisée », annonçant la tenue d’un débat informel du Conseil, ouvert à tous, dans le cadre de la « formule Arria ». 

Alors que le représentant du Myanmar demandait à la communauté internationale du temps, la Chine lui a apporté son soutien en plaidant la patience vis-à-vis des autorités du pays et en promettant son assistance.  La représentante des États-Unis a annoncé la mise à la disposition du Bangladesh de 95 millions de dollars. 

Enfin, les délégations ont été nombreuses à souligner, à la suite du Secrétaire général, le potentiel déstabilisateur de la crise pour la région et ses conséquences de long terme.  « Nous ne devons pas nous étonner si des décennies de discriminations et d’une approche de type "deux poids, deux mesures" dans le traitement des Rohingya constituent un terreau favorable à la radicalisation », a averti le Secrétaire général. 

LA SITUATION AU MYANMAR

Déclarations

M. ANTÓNIO GUTERRES, Secrétaire général de l’ONU, a indiqué que la situation dans le nord de l’État de Rakhine au Myanmar nécessitait une « action rapide » pour protéger la population, apaiser les souffrances, prévenir une instabilité plus grande encore, remédier aux causes profondes de la crise et forger une solution durable de long terme.  La situation s’est nettement détériorée le 25 août dernier à la suite des attaques de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA), contre les forces du Myanmar, a-t-il dit.  La situation s’est transformée en une crise de réfugiés au développement le plus rapide au monde, en un cauchemar humanitaire et en un cauchemar pour les droits de l’homme, a poursuivi M. Guterres. 

M. Guterres a de nouveau exhorté les autorités du Myanmar à mettre fin aux opérations militaires, à garantir un accès humanitaire sans entrave et à permettre un retour sûr, volontaire et digne des personnes déplacées.  M. Guterres a cité, parmi les interprétations divergentes des événements en cours, les éléments indiscutables suivants: au moins 500 000 civils ont cherché refuge au Bangladesh et 94% des personnes déplacées sont des Rohingya.  Nous avons reçu des témoignages glaçants de personnes déplacées faisant état de violences excessives et de sérieuses violations des droits de l’homme, a-t-il déploré.  « Cela est inacceptable et doit cesser. » 

M. Guterres a rappelé que tout usage de la force devait être proportionné aux menaces à l’ordre public et veiller à minimiser les pertes en vies humaines.  Depuis le 5 septembre, date à laquelle les opérations militaires auraient cessé selon les autorités, les déplacements ont continué, a-t-il affirmé, ajoutant que des villages musulmans auraient été brûlés.  « Les autorités du Myanmar, elles-mêmes, ont indiqué qu’au moins 176 des 451 villages musulmans dans le nord de l’État de Rakhine ont été totalement abandonnés. »

Le Secrétaire général a relevé « une tendance très préoccupante » à la violence et à des déplacements massifs forcés d’un groupe ethnique.  Il a mis en garde contre une contagion au centre de l’État de Rakhine, où 250 000 musulmans pourraient faire face à des déplacements forcés.  La violence à Rakhine, que cela soit du fait des militaires ou des éléments radicaux au sein de chaque communauté, doit cesser, a déclaré M. Guterres, en appelant les autorités à s’acquitter de leurs obligations. 

S’agissant de l’accès humanitaire, il s’est dit préoccupé par les tensions entre l’ONU et les organisations non gouvernementales.  Il a jugé « profondément regrettable », au regard « des besoins considérables », la position des autorités du Myanmar, selon laquelle « ce n’est pas le moment » d’une reprise d’un accès humanitaire sans entrave.  Le Secrétaire général a exhorté les membres du Conseil à garantir un retour volontaire et sûr des personnes déplacées.  Si le cadre établi en 1993 avec le Bangladesh est un point de départ, ce n’est pas suffisant, car ce cadre ne remédie pas aux causes profondes de la situation, a-t-il dit.  Ce cadre requiert en effet des documents de résidence et de nationalité que les Rohingya ne sont pas nécessairement en mesure de fournir, a-t-il expliqué.  M. Guterres a indiqué que la première étape d’un tel retour était l’enregistrement des réfugiés au Bangladesh, avant de promettre le concours de l’ONU: « Dans un environnement aussi complexe, les autorités doivent apaiser les tensions et protéger les droits de toutes les communautés. »

M. Guterres a indiqué que l’ONU intensifiait son action humanitaire au Bangladesh, avant de souligner la nécessité d’une coopération renforcée entre ce dernier pays et le Myanmar.  La crise est lourde de dangers pour la région, en particulier le danger de tensions intercommunautaires, a-t-il prévenu: « Nous ne devons pas nous étonner si des décennies de discriminations et d’une approche de type "deux poids, deux mesures" dans le traitement des Rohingya constituent un terreau favorable à la radicalisation ».  M. Guterres a insisté sur l’importance d’un partenariat efficace avec les autorités du Myanmar pour aller de l’avant, en particulier les militaires.  Il a dit attendre avec impatience les actions de ces autorités en vue d’assurer le suivi des engagements pris par ces dernières en faveur d’un meilleur accès humanitaire. 

M. Guterres a indiqué que la cause profonde de la situation était l’apatridie prolongée des Rohingya et les discriminations qui l’accompagnent.  Les musulmans de l’État de Rakhine devraient recevoir la nationalité, a-t-il affirmé, ajoutant que cela n’était que partiellement le cas selon la loi en vigueur au Myanmar.  Il a encouragé les autorités à se conformer à la pratique internationale et préconisé que ceux qui ne peuvent pas prétendre à la nationalité puissent bénéficier d’un statut juridique leur permettant de mener une vie normale. 

M. Guterres a demandé que les auteurs des violations des droits de l’homme soient appelés à rendre des comptes.  Il a souligné la nécessité de mettre fin à la violence et de prévenir de futures violations, avant de promettre l’aide de l’ONU.  « Nous n’avons pas d’autre objectif que d’aider le Myanmar à promouvoir le bien-être de tous les habitants du pays, nous n’avons pas d’autre intérêt que de voir toutes les communautés vivre dans la paix, la sécurité, la prospérité et un respect mutuel », a insisté le Secrétaire général.  En conclusion, M. Guterres a exhorté le Conseil à présenter un front uni et à appuyer les efforts urgents visant à mettre fin à cette tragédie. 

M. JONATHAN GUY ALLEN (Royaume-Uni) s’est déclaré horrifié par ce qui se passe en « Birmanie » et par le sort réservé à la communauté rohingya.  Il s’est toutefois félicité du fait que la communauté internationale soit en train de présenter un front commun sur cette question. 

Pour sa délégation, la réponse des forces militaires aux attaques par l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA) a été disproportionnée.  Formant le souhait que le Gouvernement accepte de coopérer avec le Bangladesh, le représentant a affirmé que les réfugiés au Bangladesh doivent revenir dans leur pays en toute sécurité. 

Il a salué la création d’un comité de mise en œuvre ministérielle, estimant que les recommandations de la Commission consultative présidée par l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan devaient être appliquées. 

Le délégué britannique a estimé en conclusion que la crise actuelle ternit la réputation de la « Birmanie », qui peut choisir de mettre fin à la discrimination en travaillant sur la base des recommandations de la Commission Annan. 

Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis) s’est dite émue des images épouvantables en provenance du Myanmar.  Au cours des semaines écoulées, nous avons tenté, a-t-elle dit, de dialoguer au plus haut niveau avec les forces militaires du Myanmar.  Mais l’exode de personnes terrorisées se poursuit et aujourd’hui, des centaines de milliers de réfugiés se trouvent au Bangladesh, chassés par une campagne brutale de répression. 

« Si le Gouvernement lutte vraiment contre le terrorisme, que les militaires nous expliquent comment ils pensent résoudre ce problème en s’en prenant à des femmes et à des enfants », a-t-elle lancé.  La réponse actuelle à cette crise ne fait qu’isoler davantage la « Birmanie », a tranché la représentante.  « C’est la raison pour laquelle nous devons prendre des mesures à l’encontre des autorités militaires qui se livrent à des violences.  Les autorités doivent respecter les droits de l’homme fondamentaux, et tout pays fournissant des armes au régime, suspendre unilatéralement ses livraisons. »  

Ayant pris note de la volonté du Gouvernement de travailler aux côtés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mme Haley a souligné que cette organisation devait être autorisée à se rendre dans l’État de Rakhine.  Le Gouvernement doit en outre pouvoir permettre aux personnes déplacées et aux réfugiés de réintégrer leurs foyers, a-t-elle ajouté. 

Pour leur part, les États-Unis ont mis à disposition du Bangladesh 95 millions de dollars pour accueillir les réfugiés, mais à l’approche de la saison des pluies, la région pourrait s’embraser sous l’effet de la crise humanitaire, a prévenu la représentante.

S’adressant enfin aux responsables du pays, elle a estimé que la poursuite d’un Myanmar démocratique était encore possible. 

« Parce qu’il ne saurait y avoir d’émotion sélective, le Sénégal appelle instamment la communauté internationale à mettre fin à la tragédie humaine au Myanmar », a affirmé M. FODÉ SECK (Sénégal), reprenant les mots prononcés par le Président sénégalais, M. Macky Sall, le 20 septembre dernier, à la tribune de l’Assemblée générale.  Il a salué les démarches discrètes prises par le Secrétaire général pour désamorcer la crise qui se nouait, rappelant qu’il avait attiré l’attention du Conseil de sécurité le 2 septembre. 

Le délégué a ensuite souligné la nécessité que le Conseil donne suite à la séance de ce jour.  « Sans préjudice de ce que nous pourrons décider de faire ou de ne pas faire, le Sénégal voudrait réitérer sa ferme condamnation de la violence qui s’est déchaînée dans l’État de Rakhine de quelque bord qu’elle provienne, y compris les attaques terroristes inacceptables perpétrées par le mouvement armé ASRA. » 

Le soutien du Sénégal aux Rohingya, « minorité religieuse la plus persécutée au monde » selon l’ONU, ne saurait constituer la caution d’un quelconque acte terroriste, a affirmé M. Seck. 

Le délégué sénégalais a souligné la clarté et l’unité des appels lancés par la communauté internationale en direction du Gouvernement du Myanmar. 

Enfin, M. Seck a mentionné les trois objectifs suivants qui devraient, selon lui, « aiguillonner la réflexion »: l’arrêt des opérations militaires, le respect scrupuleux du droit international humanitaire pour assurer un accès sans entrave de l’aide humanitaire et le règlement définitif du traitement discriminatoire réservé aux Rohingya. 

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte) a déclaré que la position de la communauté internationale devait se fonder sur un ensemble de principes vitaux, en tête desquels figure celui de l’aide humanitaire.  Plaidant pour la fin des violences et l’ouverture d’un accès humanitaire dans l’État de Rakhine, le représentant a encouragé les parties prenantes à ouvrir un dialogue. 

La solidarité avec les Rohingya ne signifie pas qu’il faut soutenir l’action de milices, mais quel autre choix ont ces « innocents », s’est-il demandé.  Aussi a-t-il estimé que le Conseil de sécurité devait assumer ses responsabilités face à cette crise dangereuse. 

En outre, par le biais de mécanismes des Nations Unies, une assistance doit être fournie aux réfugiés rohingya au Bangladesh.  Il a insisté pour que le Myanmar ménage un accès humanitaire aux organisations de secours et accorde aux réfugiés rohingya leur citoyenneté.

M. OLOF SKOOG (Suède) a affirmé que la crise complexe et multidimensionnelle dans l’État de Rakhine exigeait une réponse complète et durable, avec l’appui de la communauté internationale.  II a constaté que les déplacements n’avaient pas cessé, malgré la fin, selon les autorités du Myanmar, des opérations militaires le 5 septembre. 

Il a exhorté le Gouvernement à suspendre ses opérations et à garantir un accès humanitaire sans entrave, immédiat et sûr pour l’ONU et ses partenaires.  Les autorités doivent agir rapidement pour permettre un retour durable, volontaire et dans la sécurité des personnes déplacées, a poursuivi M. Skoog. 

Le délégué de la Suède a indiqué que les recommandations contenues dans le rapport de l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan constituaient une « feuille de route claire » pour répondre aux causes profondes de la crise, en particulier l’apatridie des Rohingya.  Ce rapport fournit la marche à suivre, a-t-il noté. 

Enfin, le représentant a exhorté le Gouvernement à coopérer pleinement avec les Nations Unies et à lutter contre la rhétorique visant à saper la capacité de l’ONU à faire son travail. 

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a cité le Président français Emmanuel Macron qui a déclaré, à la tribune de l’Assemblée générale, qu’« un nettoyage ethnique est en train de se produire aujourd’hui dans l’ouest de la Birmanie ».  Il a prédit que « l’incitation à la haine et à la violence contre les personnes rohingya qui prévaut en Birmanie sous forme de discours publics ou d’autres formes de stigmatisations » pouvait conduire à d’autres atrocités.  Appelant le Conseil de sécurité à s’unir et à agir, il a proposé trois directions.

La fin des violences est le premier objectif, a-t-il dit, en lançant un appel à toutes les parties et en particulier aux « autorités birmanes » qui doivent assurer la protection des civils sans discrimination et faire cesser les actions des groupes autoproclamés qui s’en prennent à la population rohingya.

Le rétablissement d’un accès humanitaire sûr et sans entrave est un autre objectif à poursuivre, selon le représentant de la France, qui a souligné ce qui est déjà fait en ce sens par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Croix-Rouge birmane.  À son avis, « l’intention du Gouvernement birman d’organiser un voyage pour les diplomates et les organisations humanitaires dans l’État de l’Arakan va dans la bonne direction ». 

Il a également salué « le travail remarquable du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) », ainsi que l’effort considérable consenti par le Bangladesh qui accueille près de 700 000 Rohingya.

Le représentant a également plaidé pour que soient précisément définies les modalités d’un retour sûr, volontaire et durable des réfugiés une fois que les violences auront cessé. 

M. Delattre a jugé urgent qu’un processus politique soit engagé afin de traiter des causes profondes de ces violences, dénonçant à ce propos « les discriminations et violations systématiques des droits des personnes rohingya, qui sont privées de citoyenneté depuis des décennies en Birmanie ».  « L’engagement du Gouvernement à mettre en œuvre sans délai les recommandations de la Commission consultative pour l’État de l’Arakan est une première étape positive », a-t-il estimé.

À son avis, si le déni des droits des Rohingya a favorisé la radicalisation d’une partie d’entre eux, les civils ne doivent pas payer le prix des violences de ces personnes.  Il a donc appelé à régler la question des droits des personnes rohingya.  Il ne faut pas, a-t-il ajouté, passer sous silence les violations massives des droits de l’homme susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité comme l’a dit le Haut-Commissaire aux droits de l’homme. 

« Dans l’immédiat, il faut que les autorités birmanes autorisent l’accès plein et entier à toutes les instances de surveillance des droits de l’homme, en particulier la mission d’établissement des faits établie par le Conseil des droits de l’homme en mars dernier. »

La France, qui s’apprête à assumer la présidence du Conseil de sécurité au mois d’octobre, sera pleinement mobilisée sur cette situation, a assuré M. Delattre en annonçant déjà une réunion informelle selon la formule « Arria » autour de l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, organisée conjointement avec le Royaume-Uni.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a exhorté le Gouvernement du Myanmar à suspendre toutes ses opérations militaires, cesser les actes de persécution et les pratiques discriminatoires contre les Rohingya.  Il a lui aussi plaidé pour l’ouverture d’un accès humanitaire sans entrave aux populations touchées pour les fonds, agences et programmes des Nations Unies. 

Le représentant a également exhorté le Gouvernement du Myanmar à prendre des mesures urgentes pour permettre aux réfugiés de réintégrer leurs foyers dans l’État de Rakhine, « dans la dignité et la sécurité ». 

La délégation est d’avis que les recommandations émises par la Commission consultative sur l’État de Rakhine, dirigée par l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, doivent être mises en œuvre par les autorités du Myanmar. 

Il a enfin souhaité qu’une solution juste et durable soit trouvée à la question de la citoyenneté des Rohingya, en l’absence de laquelle il ne saurait y avoir de paix durable dans le pays. 

M. KORO BESSHO (Japon) a condamné l’attaque perpétrée le 25 août, dans le nord de l’État de Rakhine, contre les forces de sécurité du Myanmar et la population civile.  Il a aussi dit être gravement préoccupé par les conditions humanitaires qui prévalent sur le terrain, les allégations de meurtre contre les civils et le fait que plus de 400 000 personnes ont été déplacées vers le Bangladesh.  Il a appelé au rétablissement de la sécurité et au déploiement d’efforts continus pour assurer un accès humanitaire aux communautés touchées dès que possible.

Le représentant a ensuite souligné que le Vice-Ministre parlementaire aux affaires étrangères du Japon, M. Iwao Horii, s’était rendu au Myanmar la semaine dernière pour faire part des profondes préoccupations du Japon aux dirigeants du Gouvernement et de l’Armée du Myanmar, avant de se rendre au Bangladesh, hier, pour d’autres échanges de vues. 

M. Bessho a également affirmé que le Japon fournissait une aide humanitaire aux personnes déplacées dans l’État de Rakhine, ainsi qu’au Bangladesh, et que son gouvernement avait par ailleurs décidé, la semaine dernière, de fournir jusqu’à 4 millions de dollars en aide d’urgence aux personnes affectées par les derniers incidents. 

Le Japon est par ailleurs encouragé par l’engagement formé, le 19 septembre, par la Conseillère d’État, Daw Aung San Suu Kyi, au sujet d’une mise en œuvre précoce, par la Commission consultative, des recommandations finales concernant l’État de Rakhine.  Ce qui importe, c’est d’agir promptement, a souligné le délégué, et le Japon appuiera les efforts déployés par le Gouvernement du Myanmar pour répondre à la situation des droits de l’homme et humanitaire qui prévaut sur le terrain.

M. WU HAITAO (Chine) a condamné les attaques perpétrées dans l’État de Rakhine et demandé le rétablissement de la sécurité dans cet État du Myanmar.  Il a souligné la complexité de la situation, en rappelant que les tensions communautaires étaient anciennes. 

Le délégué de la Chine a exhorté la communauté internationale à comprendre les défis que le Gouvernement du Myanmar doit relever et à faire preuve de patience.  Il a loué les efforts du Bangladesh et l’accueil par ce pays des personnes déplacées. 

La Chine continuera de fournir une assistance en faveur de ces personnes déplacées, a-t-il déclaré.  Le délégué a indiqué que la situation sur le terrain semblait se stabiliser. 

Enfin, il a promis l’appui de la Chine pour le rétablissement de la stabilité dans l’État de Rakhine. 

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a partagé l’inquiétude du Secrétaire général quant à la situation dans l’État de Rakhine, qui a été avant tout provoquée, selon lui, par les agissements de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA). 

Il s’est déclaré préoccupé par la nouvelle crise humanitaire provoquée par les flambées de violence dans l’État de Rakhine.  Le représentant russe a souligné que le Gouvernement du Myanmar s’était déclaré prêt à organiser le retour des réfugiés dans le pays et des pourparlers en ce sens avec leurs homologues du Bangladesh. 

Assurant que les restrictions imposées ne peuvent conduire qu’à aggraver la situation dans la sous-région, la délégation russe a appelé toutes les parties prenantes et tous les acteurs extérieurs à faire preuve de modération, en s’abstenant de prononcer des déclarations incendiaires, dont pourraient tirer parti des organisations terroristes déjà implantées dans la région. 

M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a indiqué que le Conseil de sécurité devait envoyer un message fort s’agissant de la situation dans l’État de Rakhine.  Il faut mettre fin à la violence, a-t-il dit, en exhortant les autorités à mettre fin à leurs opérations.  Le délégué a en outre plaidé pour un accès humanitaire sans entrave.  Il a précisé que son pays venait de débloquer 1 million d’euros pour répondre aux besoins humanitaires. 

Il a salué les mesures prises par le Bangladesh pour faire face à la crise des réfugiés et exhorté ce pays et le Myanmar à renforcer leur coopération.  Le représentant italien a souligné la nécessité de remédier aux causes profondes de la crise et plaidé, à cette fin, pour la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport de l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. 

Enfin, le délégué a jugé fondamental de renforcer la confiance entre les communautés et mis en garde contre toute rhétorique incendiaire qui ne fait que rendre cet objectif encore plus lointain. 

M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine) a attiré l’attention sur les preuves croissantes de violations des droits de l’homme commises dans l’État de Rakhine, tout en dénonçant les attaques perpétrées par l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA). 

Selon lui, il n’est pas exclu que les violences commises au Myanmar soient alimentées par des éléments extérieurs.  Soucieux que la crise n’embrase la sous-région, le représentant a donc jugé indispensable de faire cesser les violences, en rappelant au Gouvernement du pays qu’il porte la responsabilité principale de la protection de sa propre population.

M. LUIS BERMÚDEZ (Uruguay) s’est inquiété de la violence sectaire contre la minorité rohingya musulmane, de l’exode qui en découle, de la situation humanitaire et des conditions de sécurité, ainsi que de la situation des droits de l’homme de la population rohingya.  Pour le représentant, il faudra au Myanmar une réforme démocratique et un véritable changement pour garantir le respect des droits de l’homme et parvenir à la réconciliation nationale.

M. Bermúdez a appelé le Gouvernement du pays à redoubler d’efforts pour mettre fin aux violations et à rendre justice.  Il faut enquêter sur toute les allégations de violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, a-t-il exigé, ajoutant que la crise ne pourrait être résolue que par une approche basée sur les droits de l’homme.  Rappelant que la responsabilité de protéger la population repose sur les épaules de l’État, il a joint sa voix à celle du Secrétaire général pour demander aux autorités du Myanmar de mettre fin aux opérations militaires et de laisser l’aide humanitaire accéder sans entrave à ceux qui en ont besoin.

Les autorités doivent aussi répondre aux demandes des Rohingya, a ajouté M. Bermúdez en soulignant que ceux-ci attendent le règlement de leur statut depuis longtemps.  Le représentant a rappelé que la protection des civils devait être une priorité et lancé un appel au Gouvernement du Myanmar pour qu’il fasse cesser la violence, suspende ses opérations militaires et permette le retour des réfugiés.

M. ZAMBRANA (Bolivie) a condamné fermement la violence que subit la population de l’État de Rakhine, en particulier le groupe des Rohingya, ainsi que toute action qui aggrave les tensions entre les communautés et les abus sexuels.  Il a souhaité que des enquêtes soient menées sur ces faits et que justice soit rendue.  Ce n’est pas seulement la population rohingya qui est victime de discrimination et de violence, a-t-il précisé, en citant des groupes ethniques minoritaires comme les Daingnet, Mro, Thet, Mramagyu et les Hindous.

La Bolivie estime que tout conflit interne à un pays doit être résolu en priorité au sein de ses frontières, en respectant le principe de souveraineté, indépendance et intégrité territoriale, et à défaut avec l’aide d’organisations régionales et sous-régionales, dans le respect de la Charte des Nations Unies, du droit international, notamment des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  Le représentant a insisté sur le respect du principe de non-ingérence dans les affaires internes des États.

M. Zambrana a apporté son soutien aux efforts du Myanmar pour trouver une solution pacifique à la situation humanitaire, avant de saluer l’accueil des réfugiés de l’État de Rakhine par le Bangladesh.  Il a appelé le Gouvernement et le peuple du Myanmar à lancer un dialogue fructueux à l’intérieur de ses frontières, espérant arriver à un plan concret de rapatriement et de retour sûr des réfugiés. 

Il a pris note à cet égard de la création d’un comité ministériel au Myanmar pour mettre en œuvre les recommandations de la Commission consultative présidée par M. Kofi Annan.  Il a aussi demandé au Myanmar de garantir un accès sans entrave à l’aide humanitaire.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) s’est déclaré impatient d’entendre les déclarations des représentants du Myanmar et du Bangladesh.  À la suite de la Suède et de l’Italie, il a reconnu la nature complexe des défis qui se posent dans l’État de Rakhine, lesquels ne peuvent être relevés, selon lui, que par une approche intégrée prenant en compte les aspects humanitaires et de développement.  Pour l’heure, a dit le représentant, il est indispensable de prendre des mesures visant à atténuer les tensions intercommunautaires au Myanmar.  Il a incriminé l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA) pour son « attaque initiale », ajoutant que le Secrétaire général avait eu raison de la condamner.  Il est urgent de mettre fin aux opérations militaires et de venir en aide aux populations déplacées, a-t-il affirmé, en plaidant pour le rétablissement d’un niveau de confiance mutuelle acceptable.

M. U THAUNG TUN, Conseiller à la sécurité nationale du Gouvernement d’union du Myanmar, a estimé que « l’élément commun des commentaires entendus aujourd’hui est le fait qu’il y aurait quelque chose de pourri dans l’État de Rakhine ».  Tout en affirmant que les allégations sur une campagne de terreur et de crimes innommables commis dans cet État étaient sans fondement, il a dit comprendre les préoccupations de la communauté internationale. 

« Nous reconnaissons qu’il y a un sérieux problème qui doit être réglé », a concédé M. U Thaung Tun, qui a toutefois demandé qu’on reconnaisse que la récente vague de violence avait été déclenchée par les attaques du « groupe terroriste » ASRA, les forces de sécurité n’ayant pas eu d’autre choix que de riposter.  « Nous sommes engagés en faveur d’une solution durable qui conduira à la paix, à la stabilité, au développement et au retour des personnes déplacées », a-t-il assuré.  Il s’est dit préoccupé par les souffrances de toutes les communautés touchées – « musulmane, daingnet, mro, thet, maramagyi, rakhine et hindoue ».  Ces communautés sont toutes victimes du terrorisme, a-t-il noté. 

« Il n’y a pas de nettoyage ethnique ni de génocide au Myanmar », a poursuivi M. U Thaung Tun, en mettant en garde contre toute « émotion » susceptible d’altérer une évaluation rigoureuse de la situation sur le terrain.  Il a déclaré que les leaders de son pays, qui ont lutté si longtemps pour la liberté et les droits humains, ne toléreraient jamais la commission d’un génocide ou d’un nettoyage ethnique.  « La situation d’aujourd’hui est liée au terrorisme, non pas à une religion », a-t-il insisté, en rappelant l’harmonie dans laquelle vivent de longue date les communautés du pays.  S’il a reconnu qu’il y avait eu un exode dans l’État de Rakhine, il a indiqué que « plus de 50% des villages musulmans dans le nord de cet État étaient intacts » et que « les habitants y vivaient en paix avec leurs voisins » adeptes d’autres religions.  Rappelant qu’était prévue, lundi prochain, une visite dans l’État de Rakhine du corps diplomatique présent dans la capitale du Myanmar, M. U Thaung Tun a appelé le Secrétaire général à se rendre lui aussi sur place. 

« Mon gouvernement est pleinement conscient de sa responsabilité principale dans les efforts visant à remédier à la situation humanitaire », a poursuivi M. U Thaung Tun, qui a assuré que les autorités de son pays avaient apporté une assistance aux personnes déplacées, et ce, sans discrimination. 

« Nous sommes préoccupés par les informations indiquant que des milliers de personnes ont traversé la frontière avec le Bangladesh », a ensuite déclaré M. U Thaung Tun, qui a fait savoir que son pays était prêt à entamer le processus d’enregistrement des réfugiés avec le Bangladesh, pays avec lequel le Myanmar souhaite renforcer sa coopération.  « Notre volonté publique de discuter de la question des rapatriements est un désaveu pour ceux qui pensent qu’un nettoyage ethnique est en cours », a-t-il ajouté.

En conclusion, répétant une nouvelle fois que la crise actuelle était liée aux menées terroristes de l’ARSA, le Conseiller national à la sécurité du Myanmar a estimé que les recommandations contenues dans le « rapport Annan » constituaient une « feuille de route viable » pour aller de l’avant.  Un comité de mise en œuvre de ces recommandations a été créé et vient d’entamer son travail, a-t-il conclu. 

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a indiqué que, depuis le 25 août, presque un demi-million de personnes étaient arrivées au Bangladesh après avoir fui la violence dans le nord de l’État de Rakhine, et que, malgré de « sérieuses contraintes », son pays avait fourni un abri à ces « Rohingya en détresse », dont la majorité, a-t-il précisé, sont des femmes et des enfants.  Avec ce nouvel afflux, le Bangladesh accueille à présent plus de 900 000 Rohingya déplacés de force.  « C’est une situation pour le moins intenable », a dit M. Bin Momen.

Malgré les affirmations contraires, la violence n’a pas cessé dans le nord de l’État de Rakhine, ni l’exode des Rohingya vers le Bangladesh, a poursuivi le représentant.  M. Bin Momen a ainsi annoncé que 20 000 personnes étaient arrivées au Bangladesh rien que la nuit dernière.  Chacun, a-t-il dit, vous parlera de l’utilisation du viol comme arme pour apeurer les familles et les contraindre à partir.  Des rapports suggèrent que, dans l’État de Rakhine, les villages sont brûlés les uns après les autres et que les individus sont volés et maltraités.  Ces atrocités, a-t-il accusé, attestent que le Gouvernement du Myanmar utilise des incendies criminels pour dépeupler le nord de l’État de Rakhine et y reprendre possession des terres. 

Qualifiant les meurtres et les actes de torture indiscriminés auxquels s’adonnent, selon lui, les forces de sécurité du Myanmar de « cas d’étude de nettoyage ethnique », le représentant a appelé le Conseil de sécurité à examiner si les opérations militaires et l’évolution de la situation dans le nord de l’État de Rakhine constituaient une menace contre la paix et quels moyens devraient être déployés pour rétablir celle-ci.  Le représentant a également jugé crucial d’établir des zones protégées administrées par l’ONU au sein du Myanmar de manière à garantir une protection inconditionnelle aux Rohingya qui demeurent dans le nord de l’État de Rakhine.  Le Myanmar doit également assurer un accès humanitaire libre et sans entrave, a-t-il ajouté.

M. Bin Momen a rappelé que le Bangladesh avait condamné sans équivoque les attaques qui auraient été perpétrées par les « éléments extrémistes » contre les forces de sécurité du Myanmar et a proposé d’aider ce pays à combattre le terrorisme.  Regrettablement, malgré ces ouvertures, des dirigeants du Myanmar ont qualifié ces extrémistes de « terroristes bengalis », a déploré le représentant, qui a dénoncé une tentative d’identifier les Rohingya comme « des immigrants illégaux venus du Bangladesh », de nier leur identité ethnique, ainsi qu’un affront contre les Bengalis.  M. Bin Momen a aussi dénoncé le fait que le Myanmar prétend qu’un groupe terroriste aurait enrôlé la plupart des hommes de la communauté rohingya dans le nord de l’État de Rakhine et utiliserait des civils et des enfants comme combattants et boucliers humains.  Cette situation volatile est une menace pour la paix et la sécurité régionales, a averti le délégué avant d’engager le Conseil de sécurité à mandater une mission d’établissement des faits pour enquêter sur les différentes allégations d’atrocités qui auraient été commises.

Le représentant a ensuite signalé que deux divisions armées avaient été déployées par le Myanmar près de la frontière avec le Bangladesh depuis la première semaine d’août.  Des troupes ont été vues à 200 mètres de la « ligne zéro » et de la machinerie lourde a été positionnée tout près de notre frontière, s’est-il inquiété, ajoutant qu’il y aurait eu 19 violations de l’espace aérien du Bangladesh et que des mines avaient été posées le long d’une partie de la frontière pour empêcher les Rohingya de rentrer chez eux. 

Le Bangladesh continue de faire preuve de la plus haute retenue face à ces provocations répétées et injustifiées, a souligné M. Bin Momen, avant d’évoquer la proposition en cinq points, présentée, la semaine dernière, par le Premier Ministre de son pays, à l’occasion du débat général.  Il a également indiqué que le Bangladesh se félicite à la perspective de commencer à travailler avec le Myanmar à la mise en œuvre des recommandations de la Commission consultative et pour assurer le retour sûr, volontaire et durable des personnes déplacées du Myanmar.  En la matière, le Bangladesh, a-t-il précisé, préfère un système de vérification conjoint en la présence d’observateurs internationaux.

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