La Commission de la consolidation de la paix et la Banque mondiale décident de tenir un dialogue annuel axé sur le développement

CCP/124
30 juin 2017
Onzième session, 1ère séance – matin & après-midi

La Commission de la consolidation de la paix et la Banque mondiale décident de tenir un dialogue annuel axé sur le développement

La Commission de la consolidation de la paix (CCP) et la Banque mondiale ont adopté, aujourd’hui, une « déclaration commune », par laquelle elles ont décidé de tenir un dialogue annuel en vue d’examiner comment les approches de développement peuvent compléter les efforts de consolidation de la paix aux niveaux régional et national. 

L’adoption de cette déclaration, qui vise également à renforcer le partenariat entre les deux entités, s’est faite dans le cadre de la session annuelle de la Commission de la consolidation de la paix, consacrée aux « Partenariats pour le financement de la paix ».

À une époque où les crises augmentent plus rapidement que la réponse de l’architecture multilatérale, Mme Maria Luiza Ribeiro Viotti, Chef de Cabinet du  Secrétaire général, a jugé essentiel que les Nations Unies améliorent leur capacité à prévenir les conflits, soulignant qu’en la matière, la question du financement de la prévention et de la consolidation de la paix est critique.

Entre 2015 et 2016, a-t-elle indiqué, la communauté internationale a dépensé 71 milliards de dollars pour financer le maintien de la paix, l’aide humanitaire, l’aide publique au développement ou encore pour venir en aide aux réfugiés qui se trouvent dans les pays donateurs.

« Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de dépenser de telles sommes pour répondre aux crises et investir si peu dans les efforts de prévention », a-t-elle affirmé.

Mme Viotti a donc salué les récents efforts de la Banque mondiale où le dernier cycle de réapprovisionnement de l’Association internationale de développement (IDA) a permis de doubler les ressources financières destinées à appuyer la réponse à la fragilité, la violence et les conflits.

À ce sujet, la Directrice générale de la Banque mondiale, Mme Kristalina Georgieva, a indiqué que l’IDA, dorénavant dotée d’un fonds de 75 milliards de dollars, serait opérationnel à partir du 1er juillet, précisant que les ressources allouées aux situations fragiles seraient multipliées par 2.

« Notre objectif, a-t-elle affirmé, est de travailler de concert avec l’ONU pour investir dans un retour à la paix. »

La Directrice générale de la Banque mondiale a également expliqué que l’IDA comprend un volet spécial pour acheminer des fonds issus du secteur privé aux régions pâtissant d’un manque de financement.  Il est également prévu de lancer, toujours dans le cadre de l’IDA, une initiative à l’intention des femmes entrepreneurs pour laquelle 200 millions de dollars ont déjà été levés.

« Un dollar investi dans la prévention, c’est 16 dollars économisés dans un conflit », a martelé Mme Georgieva, faisant par ailleurs observer que la réussite de la lutte contre la pauvreté était toujours associée à une situation paix.

Elle a cependant fait observer que la nature des conflits a changé, des groupes comme Boko Haram, Al-Qaida ou Daech ne cherchant pas à devenir des gouvernements légitimes mais uniquement à propager la peur, ce qui, a-t-elle déploré rend d’autant plus difficile le travail de ceux qui cherchent à aider les personnes dans le besoin.

« La consolidation de la paix est avant tout une responsabilité nationale pour un investissement à long terme dans la paix », a souligné à son tour M. Cho Tae-Yul (République de Corée), Président de la Commission de la consolidation de la paix, qui a, lui aussi, convenu que l’augmentation des besoins et la complexité des options de financement mettent en exergue l’importance d’assurer un appui international durable et de disposer d’un ensemble plus large de partenaires. 

Dans sa remarque de clôture, le Président de la Commission a par ailleurs espéré que le dialogue annuel CCP-Banque mondiale permette de décloisonner les efforts de consolidation de la paix, et de mettre davantage l’accent sur la prévention de conflit.

De son côté, le Président de la soixante et onzième session de l’Assemblée générale, M. Peter Thomson, a souhaité que la prochaine session de l’Assemblée générale soit l’occasion d’examiner les options présentées par le Secrétaire général pour assurer le financement durable des initiatives de consolidation de la paix des Nations Unies.

 

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