Jeunesse et réalisation des objectifs du développement social au menu des discussions de la Troisième Commission

AG/SHC/4196
3 octobre 2017
Soixante-douzième session, 3e & 4e séances – matin et après-midi

Jeunesse et réalisation des objectifs du développement social au menu des discussions de la Troisième Commission

La Troisième Commission a poursuivi et achevé aujourd’hui la partie de son débat général consacrée au développement social.  Tout comme hier à l’ouverture de ses travaux, les interventions sont restées largement consensuelles, consacrées principalement, d’une part, à la jeunesse et ses atouts, d’autre part aux progrès réalisés et aux défis rencontrés dans la réalisation des objectifs du développement durable et du développement social.

Contrairement à ce que l’on dit, les jeunes ne sont pas les dirigeants de demain, mais ceux d’aujourd’hui, a résumé la représentante des États-Unis, reprenant en une phrase l’esprit des positions exprimées par nombre de délégués au nom de la jeunesse de leur pays.  Si tel est le cas, non seulement les Nations Unies, mais aussi les gouvernements doivent s’assurer de leur pleine participation à tous les processus de prise de décisions, comme le dit aussi la résolution 70/127 de l’Assemblée générale, a souligné le délégué des jeunes de la République tchèque, appelant les États à leur ouvrir plus d’espace à cette fin.

Cette pleine participation des jeunes est d’autant plus nécessaire que, s’ils sont bien l’avenir, le monde d’aujourd’hui leur fait peur, comme l’a expliqué la représentante de la jeunesse d’Allemagne.  La guerre, le populisme qui s’installe en Europe, les grandes quantités d’armes en circulation, dont des armes nucléaires, inquiètent cette jeunesse, qui souhaiterait, par le biais de la diplomatie ou de l’engagement, participer à la gestion des affaires mondiales.  À ce titre, une grande majorité d’intervenants ont demandé la mise en œuvre de la résolution 2250 (2015) du Conseil de sécurité sur les jeunes, la paix et la sécurité.

Outre cette thématique des jeunes, les autres interventions ont essentiellement tourné autour de ce que les gouvernements ont pu réaliser dans le cadre des objectifs de développement.  Les délégations ont présenté ces mesures, mais aussi les défis qui empêchent ces objectifs d’être atteints.

Parmi ces obstacles figurent la faible croissance économique des pays développés qui a limité leur aide au développement, les mesures coercitives unilatérales imposées aux États qu’ont regrettées notamment le Venezuela et le Burundi.

Un des autres obstacles réside dans la capacité de l’économie mondiale à répondre aux attentes en matière d’emploi décent.  Le représentant de l’Organisation internationale du Travail a ainsi fait observer que le monde professionnel connaissait un bouleversement majeur dû à des changements structurels, à l’altération de la production et de l’emploi, aux avancées technologiques, aux effets des changements climatiques et aux grandes tendances sociales, politiques et démographiques.  Cette « grande transformation » de l’économie mondiale aura des conséquences sur la nature, la quantité et la qualité des emplois, a-t-il averti, exhortant tous les pays à se préparer à un nouvel « avenir du travail ».

La Troisième Commission poursuivra son débat général demain, mercredi 4 octobre, à partir de 10 heures, en s’attachant à la question du Contrôle international des drogues.

DÉVELOPPEMENT SOCIAL (A/72/169)

Mise en œuvre des conclusions du Sommet mondial pour le développement social et de la vingt-quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale (A/72/158 et A/72/211)

Développement social, y compris les questions relatives à la situation sociale dans le monde et aux jeunes, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille (A/72/159, A/72/161, A/72/166, A/72/189 et A/72/190)

Suite et fin du débat général

M. COSMOS RICHARDSON (Sainte-Lucie), qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a expliqué que cette dernière entendait lutter contre la pauvreté et contribuer à l’édification de sociétés inclusives dans le cadre des efforts menés par l’ONU, à commencer par le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  La CARICOM a, d’ores et déjà, mis en œuvre ses propres programmes, a rappelé le représentant.  En mars 2017, la Communauté a ainsi approuvé sa Stratégie 2030 du développement des ressources humaines.  Cela permettra aux personnes de progresser et de parvenir à un plein potentiel dans leur vie personnelle et professionnelle, a assuré M Richardson.  Le Plan de développement 2015-2030 de la CARICOM vise en outre à réduire la pauvreté et à faire progresser la santé et le bien-être.

Plus que jamais, a insisté le délégué, la résilience sociale est une composante clef pour ces pays confrontés à des catastrophes naturelles, comme l’ont rappelé les effets dévastateurs de la saison des ouragans.  Il faut pouvoir résister aux menaces, prévisibles ou non, auxquelles sont confrontés des pays comme les nôtres, a souligné M Richardson.  Réaffirmant l’engagement de la CARICOM dans la lutte contre les inégalités sociales et de revenus, le représentant a plaidé pour une hausse substantielle des investissements dans les ressources humaines et dans le renforcement du développement social, dans un cadre structurel approprié.  Enfin, il a indiqué que la CARICOM continuerait à œuvrer avec diligence pour permettre un meilleur partage des ressources de la région tout en faisant régner la solidarité sociale. 

Mme MIRGUL MOLDOISAEVA (Kirghizstan) a déclaré que les défis actuels que connaît la communauté internationale exigeaient des efforts concertés.  Au plan national, le Kirghizstan s’est doté de plans et stratégies qui visent par exemple à améliorer la bonne gouvernance par le biais de la lutte contre la corruption.  L’éducation est également une des priorités du Gouvernement.  Grâce à la stratégie qui lui est dédiée jusqu’à 2020, pas moins de 98% des enfants kirghizes étaient scolarisés fin 2016.  Sur le plan de la santé, la réduction de la mortalité infantile a également connu des succès, passant de 66 pour mille en 1997 à seulement 22 pour mille en 2014.

Une stratégie de promotion de la parité a aussi été adoptée, qui implique notamment que toutes les lois adoptées sont analysées sous cet angle, a expliqué la représentante.  Un quota de représentation de 30% de femmes a pu être imposé au Parlement, en même temps que les peines étaient alourdies pour les mariages forcés, l’enlèvement des jeunes filles ou la polygamie.

Mme NORA IMANE BELLOUT (Algérie) assuré que son gouvernement accordait la priorité au développement social et que cette priorité avait été incluse dans les politiques de développement.  Celles-ci portent par exemple sur des plans de lutte contre la pauvreté, par le biais de programmes d’aide et d’assistance aux personnes défavorisées.  L’Algérie est ainsi parvenue à éradiquer la pauvreté et réduire le chômage par la diversification de son économie, a assuré la représentante.

M. WU HAI TAO (Chine) a indiqué que son pays considérait l’élimination de la pauvreté, l’emploi et l’intégration sociale comme des priorités en matière de développement social et des éléments centraux du Programme 2030.  Les États Membres doivent donner au développement social l’attention qu’il mérite et mettre en place des mécanismes permettant de mettre en œuvre la Déclaration de Copenhague et d’acter les objectifs de développement durable dans les domaines sociaux que sont la lutte contre la pauvreté, l’éducation, la santé et l’emploi, a plaidé le représentant.

Pour la Chine, il convient de se concentrer sur la protection des personnes, de les placer dans une perspective de développement, de créer un système universel et durable de protection sociale et de promouvoir l’intégration sociale et le développement inclusif.  La réforme, l’innovation et la connectivité doivent également être appuyées afin de parvenir à un développement social, robuste et durable.  Enfin, il est nécessaire de se concentrer sur les déséquilibres en matière de développement entre le Nord et le Sud.  À cet égard, honorer ses engagements en matière d’aide publique au développement devrait être, pour les États développés, le meilleur moyen de venir en aide aux pays en développement, a fait observer le représentant. 

Le délégué a par ailleurs rappelé que, dans le domaine de la protection sociale, la Chine s’était dotée d’un système d’assurance et de retraite unifié pour les habitants, qu’ils vivent en milieu urbain ou en milieu rural.  La Chine entend par ailleurs encourager l’entrepreneuriat et l’innovation, tout en poursuivant ses efforts en direction des pays développés, notamment en Afrique.  Il s’agit d’aider ce continent à mettre en œuvre l’Agenda 2063 de l’Union africaine et le Programme 2030 de l’ONU, a-t-il conclu.

Mme LAURIE SHESTACK PHIPPS (États-Unis) a déclaré que, si l’on dit toujours que les jeunes sont les dirigeants de demain, la réalité est qu’ils sont les dirigeants d’aujourd’hui.  Il est donc vital que les Nations Unies et les États prennent des mesures adéquates à leur endroit.  Or, aujourd’hui, cette population est confrontée à des défis tels que l’oppression dans certains pays, la pauvreté, la faim ou encore l’absence d’emploi.  Il faut donc protéger les jeunes et leur donner des opportunités, a estimé la représentante, qui a invité les États à s’inspirer des bonnes pratiques des uns et des autres.  Parmi celles-ci, la représentante a cité l’utilisation des réseaux sociaux, dans lesquels elle a dit voir un formidable outil pour les jeunes qui peuvent se connecter les uns aux autres et faire entendre leurs voix. 

Mme FLANAGAN et M. DOCKERY (Irlande), tous deux délégués de la jeunesse de leur pays, ont rappelé le poids démographique des jeunes dans la population mondiale, dont la moitié est âgée de moins de 18 ans.  Or, ces jeunes sont le plus souvent exclus des systèmes sociaux et des processus de prise de décisions, quand ils ne sont pas refoulés, ont-ils fait observer.  Les gouvernements doivent tenir compte des traités des droits de l’homme qu’ils ont signés et reconnaître le potentiel que représentent les jeunes, mais aussi les personnes âgées, les femmes et les minorités ethniques, ont-ils plaidé avec force.  Les jeunes doivent recevoir une éducation et parvenir formés au marché du travail.  S’agissant de la protection des droits de la personne, il faut aussi une politique de tolérance zéro face à certaines pratiques discriminatoires, ce qui nécessite des moyens et une forte mobilisation.  « Nous devons être courageux ensemble car, ensemble, nous sommes plus forts », a lancé la déléguée.

Son homologue masculin a, lui, jugé essentiel que le Programme 2030 puisse être partout mené à son terme en intégrant les jeunes dans les travaux visant la réalisation des objectifs de développement durable.  « Ils ont leur mot à dire dans tous les domaines », de la politique à l’environnement en passant par la protection sociale, a-t-il affirmé.  Il a aussi souhaité qu’une place plus grande soit réservée aux femmes, y compris à l’ONU.  Elles doivent avoir les mêmes droits et le même accès à l’éducation que les hommes, a-t-il dit.  « Nous devons aller de l’avant, nous sommes innovateurs, nous voulons vivre dans un monde meilleur.  Laissez-nous vous aider à construire ce monde! », a-t-il conclu. 

M. FRANCISCO ANTONIO CORTORREAL (République dominicaine) a déclaré que le développement social ne pouvait se faire sans investissement des États.  C’est ce que fait la République dominicaine, où les investissements dans l’éducation et la santé contribuent à lutter contre la pauvreté.  Ces efforts se concentrent également vers les populations vivant en milieu rural où, là aussi, des succès sont enregistrés.  Il existe également des institutions dédiées à la jeunesse, notamment un ministère de la jeunesse.  Des mesures destinées à renforcer la famille ont aussi été prises, ainsi que pour aider les personnes âgées, y compris pour les protéger de la violence, a assuré le représentant. 

Mme BERGMAN (Suède), Représentante de la jeunesse de son pays, a demandé comment les différents États faisaient pour inclure les jeunes dans les processus de prise de décisions, dans le contexte de la résolution 2250 (2015) du Conseil de sécurité relative aux jeunes, la paix et la sécurité.  En ce qui les concerne, les jeunes veulent et sont disposés à apporter leur aide si un mandat leur est donné, a-t-elle affirmé, ajoutant qu’ils pouvaient intervenir dans divers domaines, tels le maintien de la paix, les violences basées sur le genre ou encore les changements climatiques.  Au nom des 22 millions de jeunes suédois, la représentante a donc demandé aux États de permettre aux jeunes de participer.

M. RUSLAN BULTRIKOV (Kazakhstan) a rappelé que le Programme 2030 avait été adopté en 2015 et qu’il appartenait désormais aux États Membres d’œuvrer à la réalisation des objectifs de développement durable.  Dans ce vaste cadre, a-t-il dit, l’objectif de cette soixante-douzième session de l’Assemblée générale est de lutter contre la pauvreté et les inégalités entre les différents groupes sociaux, qu’il s’agisse des jeunes, des personnes âgées, des handicapés ou des minorités ethniques.  Les conséquences des crises humanitaires doivent également être atténuées pour parvenir au bien-être et au développement humain.  Rappelant que son pays verse 1% de ses dépenses de défense pour contribuer au financement du Programme 2030, le représentant a estimé que l’accent devait être mis sur la lutte contre les discriminations et les disparités sociales.

À cet égard, le Kazakhstan a augmenté son budget annuel pour apporter une meilleure protection aux jeunes, aux personnes âgées et aux handicapés, a expliqué M. Bultrikov.  Cette stratégie, a précisé le représentant, comprend une feuille de route pour l’emploi, qui permet aux jeunes d’avoir une éducation et une formation professionnelle gratuite.  Plus de 10 000 étudiants kazakhs ont ainsi pu terminer des études supérieures dans des établissements de qualité à l’étranger.

Le représentant a enfin jugé que le handicap devait être reconnu dans le monde entier comme une question relevant des droits de l’homme.  Le Kazakhstan, qui a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées, met en œuvre un plan d’action national pour la protection des handicapés, lequel prévoit notamment un accès facilité à l’emploi, a expliqué le représentant. 

Mme GEISSEL (Allemagne), déléguée de la jeunesse de son pays, a expliqué qu’au cours des six derniers mois, elle avait rencontré de nombreux jeunes pour leur demander leur avis sur diverses questions de société.  Il est apparu que les jeunes d’Allemagne ont peur, a-t-elle affirmé.  Ils ont peur de la guerre, peur du populisme qui s’installe en Europe, peur de la quantité d’armes dans le monde. 

Pour répondre à tous les problèmes posés par cette réalité, les jeunes croient en la diplomatie internationale, comme le Conseil de sécurité l’a reconnu dans sa résolution 2025 sur les jeunes, la paix et la sécurité.  Ils peuvent donc contribuer à la paix et à la sécurité internationales.  Pour cela, ils pensent que s’orienter vers un désarmement est primordial, a poursuivi Mme Geissel, ajoutant qu’aux yeux des jeunes, la priorité était le désarmement nucléaire, compte tenu du pouvoir dévastateur de ces armes. 

Un autre membre de la délégation allemande, M.  KUSCHICK, jeune délégué, lui aussi a, pour sa part, déclaré que s’adapter aux nouvelles réalités n’était pas chose aisée.  Pourtant, les sociétés peuvent s’enrichir de la diversité offerte par les mouvements migratoires et les migrants eux-mêmes, a-t-il ajouté.

M. KELVIN KONIKI (Suriname) a estimé que l’accès à une éducation de qualité était une condition nécessaire à la réalisation du développement social.  À cette fin, il a appelé les gouvernements à diversifier les opportunités en matière de formation et à rendre l’éducation obligatoire le plus longtemps possible.  Pour sa part, le Suriname compte faire passer l’âge maximum de l’éducation obligatoire pour les enfants de 12 à 16 ans, a expliqué le représentant. 

Notant une augmentation de la violence sexuelle contre les enfants dans son pays, M. Koniki a estimé qu’il fallait améliorer la socialisation des jeunes et la qualité des messages véhiculés sur cette question.  Il faut en outre améliorer l’éducation sexuelle des garçons, notamment par le biais de programmes sur la santé reproductive, afin de favoriser une évolution des mentalités et prévenir les abus sexuels, a-t-il estimé.  Enfin, pour le représentant, les parents et les éducateurs doivent eux aussi être sensibilisés à ce problème.

Mme MATAR (Émirats arabes unis), déléguée de la jeunesse de son pays, a déclaré avoir pris note avec satisfaction du rapport du Secrétaire général sur l’épanouissement des jeunes et son lien avec le développement social.  Les jeunes des Émirats arabes unis se félicitent des mesures permettant de faire confiance aux jeunes et d’exploiter leur potentiel, a-t-elle affirmé, avant de faire observer que le problème tient au fait qu’ils ne sont pas souvent écoutés sur les questions qui les concernent.  Il faut les inclure dans les processus de prise de décisions sans pour autant attendre des solutions toutes faites, a-t-elle souligné.  

Assurant que les jeunes émiriens souhaitaient participer aux efforts en vue d’un développement durable dans leur pays, elle a fait remarquer qu’une jeune femme avait été nommée ministre chargée des affaires sociales, y voyant le signe d’une volonté d’ouverture du Gouvernement.  De plus, a-t-elle ajouté, les Émirats arabes unis ont créé des instances de développement social ainsi que des conseils de jeunesse auxquels participent des jeunes filles et des personnes handicapées.  Des séminaires ont aussi été mis en place pour échanger les idées et tenir compte de l’avis des jeunes dans tous les aspects de la vie, notamment politique.  Par ailleurs, a poursuivi la jeune déléguée, un centre de jeunesse arabe a été créé et des bourses octroyées.  Enfin, a-t-elle conclu, les Émirats arabes unis ont fait le choix d’inclure des jeunes dans leur délégations auprès de l’ONU, estimant que ce fait contribuait à offrir un environnement favorable à la promotion de la jeunesse.

Mme PAVKOVIC (Serbie) a fait observer que son pays était l’un des rares à disposer d’un ministère de la jeunesse.  La Serbie a de plus adopté des stratégies réalistes et réalisables.  Les jeunes serbes sont en outre hospitaliers, a affirmé la représentante, qui a illustré son propos en rappelant l’accueil offert à des milliers de migrants passant par la Serbie pour rejoindre les pays de l’Union européenne.

M. JUAN CARLOS MENDOZA-GARCIA (Costa-Rica) a souligné que son pays s’était efforcé de définir des lois, politiques publiques et programmes conformes aux objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Pour réaliser ces objectifs, le représentant s’est dit conscient de la nécessité de faire bénéficier du développement les groupes historiquement les plus marginalisés, dont les populations autochtones, les personnes d’ascendance africaine, les femmes et les filles, les personnes handicapées, les personnes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) et les migrants.

Pour réduire les inégalités, le représentant a expliqué que les autorités costariciennes utilisaient, depuis octobre 2015, un indice de pauvreté multidimensionnel capable de donner un aperçu plus complet de la pauvreté dans le pays, en prenant en compte des facteurs autres que le simple revenu, y compris l’éducation, la santé, le logement, le travail et la protection sociale.

M. MURAT UĞURLUOĞLU (Turquie) a déclaré qu’il était impératif d’éradiquer la pauvreté et les inégalités, d’atteindre une croissance économique rapide, de renforcer les capacités des femmes et des jeunes, de créer des emplois décents et de protéger l’environnement.  Réaffirmant l’engagement de la Turquie envers le Programme de développement durable à l’horizon 2030, le représentant a insisté sur le fait que le développement ne saurait être possible sans l’intégration de tous les potentiels humains, hommes, femmes, personnes handicapées et personnes âgées dans l’effort global de développement.

Notre monde continue de faire face aux défis que représente la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale, a affirmé le représentant, qui a ajouté que le flux sans précédent de migrants et de réfugiés avait un impact direct sur le programme de développement social de son pays.  Il a ainsi expliqué que la Turquie accueillait 3,3 millions de personne qui avaient fui la dévastation de leur pays, un chiffre qui inclut 3,1 millions de Syriens, dont 835 000 enfants en âge d’aller à l’école.  M. Uğurluoğlu a enfin indiqué que la Turquie continuerait à répondre aux besoins humanitaires, de santé et d’éducation de ceux qui se sont placés sous la protection temporaire du pays, insistant cependant sur le fait qu’une plus grande coopération internationale était nécessaire pour porter assistance aux déplacés dans le besoin. 

Mme JUANA SANDOVAL (Nicaragua) a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à lutter contre la pauvreté et à assurer le plein emploi et l’intégration sociale, des objectifs arrêtés il y a plus de 20 ans, a-t-elle fait remarquer.  Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 représente « une des réalisations les plus importantes de l’histoire de l’Organisation comme cadre de lutte pour un ordre mondial juste, pour qu’ensemble nous avancions vers l’éradication de la pauvreté », a ensuite affirmé la représentante.

Le Gouvernement de réconciliation et d’union nationale continue de travailler à la restitution des droits politiques, économiques, sociaux et culturels des Nicaraguayens, a assuré la représentante, qui a cité des résultats « historiques » en termes d’égalité de genre, d’investissement, de développement et de sécurité.

Pour faire de ces droits économiques, sociaux, politiques et culturels une réalité, le Nicaragua a mis en place une série de mesures, a expliqué la représentante, qui a cité en exemple la mise en place, depuis août, de réduction dans les transports pour les personnes handicapées, ou encore l’institution d’un système de retraite pour les personnes âgées.  « Dans notre pays nous abordons la question des personnes âgées comme une question de solidarité et de soutien à la famille », a encore expliqué la représentante, qui a rappelé que, pour le Gouvernement, la famille était le noyau de la société et que toute restauration des droits et participation directe devait tourner autour de la famille.

Mme COVEI (Roumanie) a déclaré que, pour être véritablement des acteurs de changement, les jeunes avaient avant tout besoin d’être rendus autonomes.  D’après les enquêtes réalisées par son pays, les jeunes roumains souhaitent être pris davantage au sérieux par leurs dirigeants, a-t-elle expliqué.  « Si nous ne leur donnons pas satisfaction, nous risquons d’être confrontés à un manque d’engagement civil », a mis en garde la représentante, ajoutant que, lorsque les citoyens ne se sentent pas entendus, ils décident souvent de rester silencieux.

Pour M. MACELARU, éduquer les jeunes de façon à ce qu’ils prennent l’habitude de s’exprimer demeure le moyen le plus efficace de les autonomiser.  « De fait, la principale source de préoccupation des Roumains est l’éducation; ils veulent une éducation centrée sur la création de compétences, plutôt que sur la rétention d’information », a-t-il affirmé.  À ses yeux, forcer les jeunes à apprendre des choses dont ils ne voient pas l’utilité risque de les inciter à développer de mauvaises habitudes, telles que tricher, voire à quitter l’école.

Les inégalités d’accès à l’éducation sont également un problème de taille, a estimé le délégué roumain, soulignant que les enfants issus de familles à faible revenu avaient 33% de chance en moins que leurs camarades d’acquérir des connaissances de base en mathématiques.  « Il est vrai que des individus exceptionnels parviennent à surmonter ses difficultés économiques », a-t-il reconnu, « mais l’existence de quelques personnes exceptionnelles ne devrait pas être utilisée comme un argument pour laisser les choses telles qu’elles sont ».

Mme DARYNA HORBACHOVA (Ukraine) a déclaré que son pays s’attachait à tirer le meilleur parti des accords de libre échange et de libre circulation des individus conclus avec l’Union européenne dans le but de reconstruire son économie et ses infrastructures, conformément aux principes et cibles du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  « En dépit de l’agression russe en cours, l’Ukraine a non seulement démontré sa capacité à mettre en œuvre des réformes au cours des trois dernières années, mais elle a également obtenu des premiers résultats », s’est félicitée la représentante, citant notamment l’essor économique du pays, la moralisation de son système bancaire et la rationalisation de ses dépenses publiques.  De plus, a-t-elle affirmé, les principales agences de notation financière ont amélioré leur évaluation de l’Ukraine.  Le pays, a-t-elle poursuivi, a également réalisé des progrès sur le plan de la lutte contre la corruption, de l’amélioration de la couverture santé des Ukrainiens et de la promotion de l’égalité des sexes.

« En raison de l’occupation temporaire de la Crimée ukrainienne par la Fédération de Russie et des agressions de cette dernière dans la région du Donbass, des milliers de personnes ont été tuées ou blessées », a toutefois déploré la représentante, précisant qu’au moins 1,7 million de personnes avaient été forcées de quitter leur domicile.  Pour faire face à cet afflux, les autorités du pays s’efforcent d’améliorer la protection sociale des déplacés, a assuré Mme Horbachova.  Cependant, a-t-elle ajouté, seule la fin de l’agression militaire dont est victime son pays permettrait de restaurer efficacement l’économie et les infrastructures sociales des régions affectées.

M. PWINT PHYU THINN (Myanmar) a souligné l’importance du développement social, ajoutant que son pays promeut aussi le développement physique, intellectuel et moral de sa jeunesse car « les jeunes sont l’avenir de notre économie ».  Des programmes de développement des jeunes sont mis en œuvre à travers le pays grâce au soutien et à la coopération des agences des Nations Unies, a expliqué le représentant. 

Pour permettre à toutes les personnes de participer au processus de paix du pays, il est nécessaire de savoir pour qui la paix est le plus important, a poursuivi le représentant.  Or, elle l’est avant tout pour les jeunes, qui sont l’avenir de notre pays, a-t-il déclaré.  Il a rappelé que la Conseillère spéciale d’État –Aung San Suu Kyi- avait participé par deux fois à des débats sur la paix avec des jeunes cette année.  Nous devrions encourager encore plus la participation des jeunes à des forums similaires, car les jeunes sont les agents du changement, a poursuivi le représentant. 

M. Pwint Phyu Thinn a par ailleurs rappelé la coutume traditionnelle du Myanmar d’assumer la responsabilité du bien-être des membres de la famille les plus âgés.  C’est aussi une obligation sociale et religieuse, a-t-il fait valoir.  En plus des services sanitaires et sociaux, le Gouvernement fourni de l’argent aux personnes de plus de 90 ans. 

En ce qui concerne les personnes handicapées, le représentant a rappelé que son pays avait ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  De plus, le Gouvernement du Myanmar mène des programmes concernant la lutte contre les discriminations, la négligence et la violence à l’encontre des personnes handicapées.

M. SAMSON SUNDAY ITEGBOJE (Nigéria) a déclaré que la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 devait prévoir l’inclusion des personnes défavorisées.  C’est, a-t-il affirmé, ce que fait le Nigéria, avec ses plans et stratégies de lutte contre la pauvreté ou l’exclusion.  Des subventions publiques, y compris pour le logement et la création d’entreprises, sont versées aux personnes vulnérables.  Des plans de formation pour les jeunes et pour les formateurs sont aussi prévus.  En tant que pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigéria entend en outre gérer cette transition démographique à travers son Schéma pour la prospérité des jeunes nigérians, également connu sous le nom de N-Power Programme, dont le but est d’enrôler 500 000 jeunes diplômés dans l’enseignement et 100 000 non diplômés dans l’artisanat, a expliqué le représentant.

M. ALI NASEER MOHAMED (Maldives) a expliqué que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 avait incité le Gouvernement des Maldives à renouveler ses efforts dans le domaine du développement social, en mettant l’accent sur l’inclusion.  À cette fin, les Maldives se sont engagées à améliorer le sort des populations les plus vulnérables, telles que les pauvres, les femmes, les enfants et les personnes âgées.  Rappelant que près de la moitié de la population du pays est âgée de moins de 25 ans, le représentant a affirmé que le Gouvernement comptait faire du développement des jeunes une priorité, notamment en élargissant l’accès à l’éducation et en favorisant la création d’emplois. 

En outre, le Gouvernement des Maldives a mis en place des programmes destinés à renforcer la participation des personnes handicapées au marché du travail, en collaboration avec le secteur privé, a ajouté le représentant.  M. Mohamed a également rappelé qu’en ce qui concerne l’inclusion des femmes, le Gouvernement a adopté, en 2016, une loi sur l’égalité des sexes et a rendu obligatoire l’attribution à des femmes d’au moins 30% des postes de haute direction au sein des entreprises publiques.

Mme ALZOUMAN (Koweït), prenant acte du rapport du Secrétaire général sur la jeunesse, y a vu un lien encourageant avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Pour le Koweït, le développement de la jeunesse revêt une importance considérable, surtout dans la perspective d’un développement durable, a souligné la jeune déléguée, qui s’est félicitée des efforts déployés par son pays pour renforcer les institutions assurant la promotion de la jeunesse.  Le Koweït, a-t-elle affirmé, reconnaît le travail des groupes de bénévoles et promeut des programmes de jeunes afin d’exploiter pleinement leur potentiel.  

Le Koweït accorde également une grande importance à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, a affirmé la représentante.  Nous voulons fournir un travail décent à ces personnes mais aussi une protection sociale et un accès à la culture et à l’emploi, a-t-elle assuré.  Le Gouvernement donne par ailleurs des garanties aux personne âgées, comme des versements mensuels pour leur assurer une vie décente.  Il leur fournit aussi des logements et une assistance juridique en cas de besoin.  Comme le souligne le Secrétaire général de l’ONU dans son rapport, il s’agit en particulier de lutter contre la pauvreté, ce qui figure dans la Constitution du Koweït, a relevé la déléguée.  Dans ce cadre, a-t-elle conclu, nous œuvrons pour assurer aux familles une vie décente, y compris pour les femmes seules ou divorcées.  À cet égard, des règles existent pour éviter la violence et maintenir la dignité des femmes.

M. ROBERT ALEXANDER POVEDA BRITO (Venezuela) a déclaré que, dans sa volonté de mettre en œuvre les conclusions du Sommet sur le développement social et le Programme de développement durable à l’horizon 2030, ce n’est pas moins de 60% du budget national qui est réservé à la lutte contre la pauvreté.  Grâce au Plan de la patrie, qui court jusqu’en 2019, l’extrême pauvreté a été réduite de 23 à 17% ces dernières années, tandis que près d’1,7 million de logements ont été construits, a-t-il cité, entre autres réalisations.

En dépit des difficultés que connaît le pays ces derniers mois, notamment les attaques contre la monnaie nationale, le bolivar, et les mesures coercitives unilatérales appliquées par « une grande puissance », le Venezuela poursuivra ses efforts pour parvenir aux objectifs du développement social, y compris par le biais de la coopération Sud-Sud, a assuré le représentant. 

M. AMIR HAMZA MOHD NASIR (Malaisie) a souligné les progrès réalisés depuis la tenue du Sommet mondial pour le développement social, estimant que les objectifs de développement durable offraient un cadre complémentaire utile pour assurer le développement social du plus grand nombre.  Il a expliqué que son gouvernement reconnaissait la contribution des jeunes aux progrès de la Malaisie et le rôle qu’ils sont appelés à jouer dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, notamment par le biais de la politique nationale de développement de la jeunesse.  

La Malaisie est déterminée à renforcer la coopération Sud-Sud et à partager son expérience en matière de développement social avec les autres pays en développement, a ajouté le représentant.  Pour ce faire, la Malaisie s’est engagée, à l’occasion d’une rencontre du Comité de haut niveau pour la coopération Sud-Sud, à collaborer avec les institutions multilatérales et le secteur privé afin de faciliter les échanges avec ses partenaires des pays en développement.

M. DUMKLANG (Thaïlande), représentant les jeunes de son pays, a insisté sur le fait que trois groupes de personnes ne devaient pas être oubliés sur le chemin de la réalisation des objectifs de développement durable.  Les jeunes, dans un premier temps, qui sont un agent majeur de changement.  « En tant que Thaïlandais, nous sommes prêts à partager avec les jeunes d’autres pays la philosophie de l’économie suffisante mise en place dans notre pays », a-t-il expliqué.  Les personnes âgées ensuite: d’ici à 2050, un cinquième de la population mondiale fera partie de la catégorie personnes âgées.  « En tant que jeunes nous ne les considérons pas comme un fardeau sociétal et apprécions leur expertise et leur expérience », a assuré le représentant.  Enfin, les migrants, sachant qu’au cours des dernières décennies la Thaïlande est devenue une destination pour migrants et refugiés.  « En tant que jeunes, nous pensons que les migrants contribuent au développement économique et social de la Thaïlande ».  Le représentant est, en conclusion, revenu sur l’importance des nouvelles technologies en tant qu’outil au service d’une meilleure culture de la tolérance.

Mme MARIAME KEITA ET M. MATTHIAS ROMBOUTS (Belgique) ont déclaré s’exprimer en tant que délégués de la jeunesse et au nom des trois communautés de leur pays.  M. Rombouts a fait valoir qu’une éducation de qualité impliquait une bonne éducation scolaire mais aussi des activités extrascolaires auxquelles participent les jeunes dans les domaines de la culture et du sport.  Nous pensons, a-t-il dit, que la participation est un facteur déterminant de la qualité de l’éducation.  Associer les étudiants aux prises de décisions améliorerait le fonctionnement des institutions et aurait des effets positifs sur les professeurs et les écoles elles-mêmes, a-t-il argué.  Cette participation est importante car elle constitue une valeur ajoutée au processus de prise de décisions, a-t-il poursuivi, voyant dans la résolution 2250 (2015) du Conseil de sécurité, qui reconnaît ce potentiel dans les politiques de maintien de la paix, un excellent exemple.  

Mme Keita a pour sa part estimé qu’on ne peut parler d’une éducation de qualité sans parler d’inclusivité, aucun des objectifs de développement durable ne pouvant être réalisé s’il reste des laissés-pour-compte.  Évoquant son expérience personnelle d’étudiante, elle a rappelé qu’un Belge sur huit avait des origines non européennes.  Le système éducatif doit refléter cette société, a-t-elle plaidé.  Alors que l’exclusion et la pauvreté affectent directement la capacité d’acquérir une éducation de qualité et de devenir un citoyen engagé dans la société, les jeunes du monde entier continuent d’être considérés non pas pour ce qu’ils font mais en fonction de leurs origines, a-t-elle déploré, appelant les États Membres à œuvrer pour une éducation inclusive.

Mme MUKHTAR (Soudan) a déclaré que, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, le Gouvernement soudanais avait pris des mesures pour notamment accroître la sécurité alimentaire, la formation des jeunes, la santé et les programmes sociaux.  Le Gouvernement a également pu établir la paix dans diverses régions du pays, répondu aux besoins des personnes déplacées et financé les programmes de logements et de microcrédits, a assuré la représentante.  Cependant et compte tenu des difficultés rencontrées par les pays en développement comme le sien, Mme Mukhtar a estimé que la coopération internationale était nécessaire à la réalisation des objectifs de développement social. 

M. NAJEM (Bahreïn) a déclaré que son pays souhaitait se concentrer sur les jeunes, qui sont la force du Royaume.  La Stratégie 2015-2018, qui leur est consacrée, vise à être à la hauteur des défis d’aujourd’hui, comme l’a montré la tenue, en avril 2017, d’un forum des jeunes sur la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Plus de mille jeunes du monde entier ont participé à cette initiative, la première du genre, a expliqué le représentant. 

M. FREDERICK MUSIIWA MAKAMURE SHAVA (Zimbabwe) a affirmé que le développement durable est une composante intégrale de la vision du Zimbabwe en matière de développement.  Il est également au cœur des politiques nationales pertinentes, en particulier dans le plan dénommé ZIMASSET.  Ce dernier est basé sur les quatre priorités du pays, à savoir: la sécurité alimentaire et la nutrition; les services sociaux et l’éradication de la pauvreté; les infrastructures et les services publics; et la valeur ajoutée et l’enrichissement.  L’Autorité du plan national de sécurité, qui gère toutes les questions de sécurité sociale du pays, est un autre exemple des mesures prises par le Gouvernement.

Le Zimbabwe est en outre engagé dans l’éradication de la pauvreté et en a fait une de ses priorités, comme le montre le programme localement connu sous le nom Command Agriculture, qui vise à trouver des solutions pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle après les faibles récoltes agricoles en 2016 et 2017, a encore expliqué le représentant.

Mme MARIAME FOFANA (Burkina Faso) a mis l’accent sur les mesures prises par son pays en faveur des couches sociales les plus vulnérables, notamment les personnes handicapées, les orphelins et enfants vulnérables, les enfants des rues, les personnes âgées et les femmes, ainsi que sur l’amélioration des indicateurs de développement social du pays qui en a résulté.

Pour la représentante, la prise en charge de ces groupes sociaux découle non seulement de notre responsabilité de leur offrir de meilleures conditions de vie mais également de notre « devoir de recevabilité » envers les aînés et de notre engagement résolu à œuvrer pour la promotion et l’encrage de la solidarité intergénérationnelle au sein de la communauté internationale.

Présentant les objectifs du Burkina Faso pour la période 2016-2020, Mme Fofana a cité l’accroissement du nombre de personnes handicapées actives, le taux d’emploi devant passer de 2,2% en 2015 à 50% en 2020, ainsi que l’augmentation de la proportion des enfants vulnérables pris en charge, qui doit monter de 45% en 2015 à 70% en 2020.  Elle a également cité comme autres objectifs à atteindre, d’ici à 2020, l’éradication du phénomène des enfants des rues, la construction de deux centres gériatriques pour la promotion de la santé des personnes âgées et la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle.

M. DURGA PRASAD BHATTARAI (Népal) s’est félicité du rapport du Secrétaire général qui appelle à promouvoir l’intégration sociale par l’inclusion sociale, estimant que cette dernière constituait un préalable indispensable au développement social.  Il a toutefois reconnu que, si des progrès ont bien été accomplis, ils restent inégaux s’agissant notamment du chômage et de la lutte contre la pauvreté.

Les pays les moins avancés sont les plus vulnérables face à ces défis, a fait valoir le représentant.  Ils doivent donc être au centre du développement.  Au Népal, pays où sont parlées 125 langues, la Constitution de 2015, facteur d’unité, reconnaît le droit des personnes et la diversité multiethnique, multiculturelle et géographique du pays, a expliqué M. Bhattarai.

Le Népal œuvre également au développement économique des femmes et veille à garantir aux personnes handicapées un accès aux services sociaux.  Un plan national vise à la réduction de la pauvreté tout en assurant à chacun une place dans le processus de développement, a encore souligné le représentant, qui a noté que le système népalais de protection sociale favorisait l’inclusion en aidant les différents groupes sociaux.

Mme SAMAR SUKKAR (Jordanie) a fait observer qu’en plus des difficultés auxquelles sont traditionnellement confrontés les pays arabes en matière de développement, en tête desquelles figurent la pauvreté et le chômage des jeunes, le Moyen-Orient subit ces dernières années une instabilité « sans précédent » liée aux conflits et aux déplacements de masse.  « L’afflux de réfugiés syriens et la nature prolongée des crises régionales ont testé les limites de la capacité d’absorption de la Jordanie, au détriment de toutes les dimensions de la vie à l’intérieur du pays », a souligné la représentante.

En dépit de ces nombreux défis, la Jordanie s’efforce de promouvoir, au travers d’initiatives diverses, l’autonomisation des forces vives du pays, dont les jeunes et les femmes, a déclaré Mme Sukkar.  Pour faire en sorte que le développement bénéficie à l’ensemble de la population, le Parlement jordanien a également adopté, le 1er juin dernier, une nouvelle loi portant sur les droits des personnes handicapées, s’est félicitée la représentante, qui y a vu un signe de la volonté politique des dirigeants du pays de s’attaquer aux obstacles physiques et culturels qui empêchent les personnes handicapées d’exercer pleinement leurs droits.

M. HAILESELASSIE SUBBA GEBRU (Éthiopie) a déclaré que son pays était tout engagé dans la pleine réalisation des objectifs définis à la Conférence de Copenhague sur le développement social et dans le Plan d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, approuvé par l’Assemblée générale en juillet 2015.  L’Éthiopie travaille dans cette optique à avancer vers l’inclusion rapide, l’intégration sociale, la création d’emplois et la fourniture de services de santé et d’éducation.  Elle a ainsi adopté son second plan de croissance et de transformation, qui met particulièrement l’accent sur l’éducation, la formation, le développement du secteur de la santé ou encore les sciences et la technologie et le renforcement du système démocratique national, a expliqué le représentant.

Le Gouvernement a aussi pris des mesures concrètes pour promouvoir la pleine participation des personnes handicapées et des personnes âgées, à égalité avec les autres groupes, dans toutes les sphères de la société, a poursuivi M. Gebru.  Ainsi, le Gouvernement a adopté un plan d’action national sur les personnes âgées, lié au Plan d’action international de Madrid sur les personnes âgées.  En outre, l’Éthiopie a atteint ses objectifs en termes de prévention et de traitement du VIH/sida, a en outre affirmé le représentant.

M. HABIB MIKAYILLI (Azerbaïdjan) a noté qu’en dépit des efforts visant à sortir un milliard d’êtres humains de la pauvreté, celle-ci continue d’affecter des millions d’autres personnes à travers le monde.  Il a notamment rappelé le chiffre de 11% de la population mondiale vivant encore dans la pauvreté extrême, cité dans le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre des résultats du Sommet mondial pour le développement social.  M. Mikayilli a en même temps rappelé le soutien de son pays au principe d’une croissance inclusive, qui doit permettre une distribution équitable des ressources et lutter efficacement contre le fléau de la pauvreté.

Bénéficiant d’une forte croissance économique depuis 2004, l’Azerbaïdjan a pu réduire à 5% le taux de pauvreté et de chômage, tout en construisant 3 000 écoles et 600 centres de soins au cours de la dernière décennie, s’est félicité M. Mikayilli.  Dans ce contexte d’amélioration des conditions socioéconomiques de la population, le pays entend poursuivre son action en faveur de la jeunesse.  Après avoir accueilli, cette année, la quarante et unième Conférence mondiale du mouvement scout, l’Azerbaïdjan recevra l’an prochain les ministres de la jeunesse des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).  Enfin, l’Azerbaïdjan s’emploie à assurer aux personnes âgées une vie décente et conforme aux normes internationales et cherche à offrir, dans le cadre de sa politique inclusive, de nouvelles opportunités aux personnes handicapées.

Mme LILIT GRIGORYAN (Arménie) a mis l’accent sur les risques et défis résultant de la question des réfugiés et personnes déplacées, rappelant qu’au cours des dernières années, plus de 22 000 personnes avaient cherché protection en Arménie.  Guidé par sa compréhension de ces phénomènes et les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, le Gouvernement arménien a pris des mesures pour intégrer ces personnes, a affirmé la représentante, ajoutant que son pays reconnaissait aussi la contribution des organisations internationales et de la diaspora arménienne.

L’Arménie est engagée pour les droits des personnes handicapées et a développé des politiques d’inclusivité et d’accessibilité pour les membres de cette population, en partenariat avec l’UNICEF et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a par ailleurs déclaré Mme Grigoryan.

La jeunesse arménienne bénéfice également de l’attention du Gouvernement, notamment avec des initiatives comme la Fondation Ayb pour l’éducation ou le Centre pour la créativité technologique TUMO, qui sont des exemples des progrès considérables enregistrés dans la qualité de l’éducation innovante en Arménie, a affirmé la représentante. 

M. YOUSSOUF ADEN MOUSSA (Djibouti) a déclaré que le taux de croissance de 7% prévu pour la période 2017-2019 ainsi que les engagements pris dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 permettraient d’assurer « une cohésion sociale et une bonne répartition des fruits de la croissance ».  Il a ajouté que, 35% de la population djiboutienne ayant moins de 15 ans, le pays œuvrait sans relâche à l’extension sur l’ensemble de son territoire des mesures existantes nécessaires pour assurer aux jeunes un accès à l’enseignement scolaire et à la formation professionnelle de qualité.

La protection sociale et l’extension de filets sociaux constituent des stratégies clefs pour la réduction de la pauvreté, a ensuite expliqué M. Moussa, qui a insisté sur le fait qu’au-delà des employés du secteur formel, la politique de protection sociale mise en œuvre depuis 2013 contenait des mesures visant à soutenir directement le pouvoir d’achat et le revenu des ménages les plus pauvres et relevant du secteur informel.  Il s’agit là, a-t-il ajouté, d’une politique complémentaire aux autres efforts entrepris dans le cadre d’autres programmes à vocation universelle, tels que la scolarisation et l’accès aux soinx de santé.  Le représentant a ajouté que le Gouvernement avait mis en place le cadre nécessaire à une politique de l’habitat axée sur l’inclusion spatiale, avec un programme prioritaire intitulé « Zéro Bidonville ».

M. Moussa a par ailleurs fait observer qu’à Djibouti, comme partout dans le monde, l’impact des changements climatiques était subi de plein fouet.  Cela, a-t-il expliqué, se traduit par des phénomènes tels que des sécheresses récurrentes ou encore des inondations, causant des pertes avoisinant 4% du PIB, soit des « pertes considérables pour un pays en développement ».  La question de la résilience demeure par conséquent au centre de nos politiques de développement social, a ajouté le représentant.

Mme KHALED (Bangladesh) s’est félicitée des progrès réalisés par la communauté internationale dans le secteur social depuis l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Copenhague.  Pourtant, a-t-elle constaté, d’importantes disparités subsistent.  Il est par conséquent impératif de dresser un bilan de la mise en œuvre des objectifs de développement durable adoptés dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, et particulièrement des objectifs 1, 3, 5 et 10.  Dans ce cadre, l’élimination de la pauvreté par le biais de l’autonomisation de la population constitue la priorité du Gouvernement du Bangladesh en matière de développement.  La croissance économique du pays s’est accompagnée d’une amélioration des différents indicateurs sociaux, ce qui a notamment permis de créer des systèmes de protection sociale et de faire reculer à 12,9% le pourcentage des habitants vivant sous le seuil de pauvreté, a déclaré la représentante.

Le Gouvernement bangladais a beaucoup investi dans le développement de ses ressources humaines, notamment sa jeunesse, pour tirer parti de sa force démographique et transformer dans la réalité sa vision d’un pays connecté, a poursuivi Mme Khaled.  Nous œuvrons à la réalisation d’une éducation de qualité pour lutter contre le chômage et garantir une vie durable aux jeunes, a-t-elle assuré.

Conscient du fait que, d’ici à 2050, 20% de la population sera vieillissante, le pays a aussi pris plusieurs mesures pour les personnes âgées, notamment en matière de programmes sociaux.  Il s’attache également à faire de la protection des droits des handicapés une priorité, comme il l’a fait en contribuant, en 2012, à l’adoption d’une résolution de l’Assemblée générale sur l’autisme, a encore déclaré la représentante. 

M. MOJDOUB et Mme MEHADJI (Maroc), deux jeunes délégués représentant la jeunesse de leur pays, se sont exprimés tour à tour.  M. Mojdoub dit représenter « une jeunesse qui souhaite participer au développement de son pays ».  Il a précisé que le Maroc avait demandé une implication active de la jeunesse à l’Assemblée générale par le biais d’une résolution, y voyant le signe que son gouvernement « reconnaît le rôle clef que joue la jeunesse sur le plan social et politique ».  Il est de notre responsabilité à tous d’œuvrer de concert pour garantir un développement propice à la jeunesse et de lui garantir une égalité des chances, un meilleur accès à une éducation de qualité et des normes de vie meilleures, a ajouté le jeune délégué.

Mme Mehadji a pour sa part insisté sur l’importance de l’inclusion des femmes, des personnes handicapées et de tous les groupes vulnérables dans le développement social.  « Nous, les jeunes, vivons aujourd’hui dans un monde où la pauvreté et les inégalités perdurent entre les pays et au sein d’un pays », a-t-elle rappelé, ajoutant que les jeunes « plus que jamais doivent se retrouver au cœur de tous les projets de développement ».  Au Maroc, la jeunesse représente 26% de la population, ce qui est un atout pour le progrès national, les jeunes étant un acteur essentiel de transformation sociale et de développement, a encore estimé Mme Mehadji, qui a conclu par un appel: « Ne nous laissez pas de côté, impliquez-nous dans le développement! »

Mme RIXHON et M. LOHR (Luxembourg) se sont présentés comme la première génération de délégués de la jeunesse de leur pays, indiquant vouloir mettre l’accent sur la participation des jeunes dans la prise de décisions politiques.  Face à la montée du populisme, a souligné la déléguée, ce sont les jeunes qui rejettent massivement l’avenir dépeint par les extrémistes car « quoique les adultes fassent, l’avenir appartient et appartiendra toujours à la jeunesse ».  Les jeunes de moins de 30 ans représentant la moitié de la population mondiale, ils ont une place légitime dans la sphère politique, a-t-elle ajouté, jugeant impératif de valoriser leur voix en établissant un dialogue intergénérationnel.

Son homologue masculin a lui aussi constaté qu’en dépit de leur poids démographique, les moins de 30 ans étaient trop souvent marginalisés dans le monde.  Il a appelé la communauté internationale à défier ces façons de penser, non seulement pour des raisons de contrat social mais aussi pour des considérations de développement, de paix et de prévention des conflits.  Ces questions, a-t-il dit, sont transnationales et ne sauront trouver de réponses sans l’implication de la jeunesse, comme le prévoit la résolution 2250 (2015) du Conseil de sécurité.   

M. ULUR (République tchèque) a dit s’exprimer à la fois au nom de la République tchèque et au nom des jeunes tchèques nés dans l’ère démocratique et libérale de ce pays.  Ces jeunes se sentent l’obligation de continuer le combat mené avant eux, par ceux qui se sont battus pour leurs libertés, a-t-il expliqué.  Ils entendent aussi continuer de renforcer les droits de l’homme qui ont été incorporés dans la société tchèque et ailleurs.  À cet égard, ils soulignent l’importance de la résolution sur la jeunesse qui sera négociée au cours de cette soixante-douzième session de l’Assemblée générale.  Ils lancent également un appel pour que soit élargi l’espace propice à l’expression de leurs opinions.  Cet espace devra permettre une plus grande et pleine participation des jeunes femmes dans les affaires politiques ou encore apportera une éducation de qualité basée sur la participation à l’apprentissage et non plus seulement sur les grandes théories, a ajouté M. Ulur.

Le représentant a aussi estimé que la participation des jeunes, telle que reconnue dans la résolution 70/127 de l’Assemblée générale, devait être renforcée par une éducation de qualité et le renforcement des capacités.   Elle devrait parallèlement être institutionnalisée dans les processus de prise de décisions, comme le rappelle par ailleurs la résolution 2250 (2015) du Conseil de sécurité sur les jeunes, la paix et la sécurité. 

M. ALBERT SHINGIRO (Burundi) a déclaré que la priorité du Gouvernement, en ce qui concerne le secteur social, était orientée vers la réduction de la pauvreté et la lutte contre l’exclusion sociale, notamment en faveur des personnes et des groupes vulnérables.  En dépit des ressources limitées, le Burundi a toujours démontré son attachement envers la protection et la promotion de ces groupes en souscrivant notamment aux différents instruments internationaux, régionaux et nationaux, a affirmé le représentant, qui a ensuite expliqué comment le Gouvernement avait mis en place une politique nationale de protection sociale qui prend en compte les différentes catégories de personnes en situation de vulnérabilité. 

Étant donné que les jeunes de moins de 25 ans constituent plus de la moitié de la population burundaise, l’investissement dans la jeunesse et ses contributions représente la condition sine qua non pour le développement durable du Burundi, a poursuivi le représentant.  À ce titre, le Burundi envisage entre autres de créer prochainement une banque d’investissement des jeunes afin de promouvoir l’esprit de créativité et d’entreprenariat de la jeunesse.  Après avoir décrit certaines avancées du pays dans les domaines éducatifs et de la santé, le représentant a reconnu que le chemin à parcourir restait encore long: l’abandon scolaire, la montée des violences à l’égard des femmes et des filles, la pauvreté des personnes vulnérables, le manque d’emploi des jeunes représentent de sérieux défis, a-t-il expliqué.

En conclusion, le représentant a réaffirmé la volonté de son pays de renforcer les acquis dans les domaines du développement social et de la lutte contre la pauvreté, et ce, malgré « les sanctions injustes et unilatérales imposées dans la précipitation » à son pays, qui ont des « conséquences néfastes sur la population en général et les personnes vulnérables en particulier ».

M. KAMBA DOUTI (Togo) a indiqué que son pays s’était doté d’un plan national de développement portant sur la période 2018-2022, conçu pour faire le trait d’union entre les objectifs de développement durable et les priorités nationales que sont la croissance et l’emploi.  Outre ce plan national, le pays a également adopté, en 2016, un programme d’urgence de développement communautaire, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), pour lutter contre la pauvreté et promouvoir la paix au Togo.

Par ailleurs, M. Douti a rappelé que l’entreprenariat et l’emploi des jeunes constituaient l’une des principales priorités de développement socioéconomique pour son pays, qui a lancé de multiples initiatives à cet effet, dont le programme d’appui au développement à la base, le fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes, le programme de volontariat national, le programme d’appui à l’insertion des jeunes dans les secteurs porteurs, la centrale d’achat des jeunes entrepreneurs et le fonds national de la finance inclusive.  « Tous ces efforts ont permis à des centaines de milliers de jeunes d’avoir accès à des opportunités de formation, d’emplois, de financement et d’accompagnement pour la création d’entreprise », s’est-il félicité.

Dans le domaine de la santé, a poursuivi M. Douti, le nouveau plan national de développement sanitaire vise à améliorer la gouvernance des unités de soins et la production pharmaceutique, cependant que, dans le secteur agricole, le programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire a généré des emplois décents au profit de la jeunesse.  Ce dernier plan, a ajouté le représentant, a également favorisé le développement des agropoles et contribué à la réduction d’un tiers de la sous-alimentation de 33% entre 2012 et 2015.

M. IBRAHIM K. M. ALMABRUK (Libye) a souligné l’importance du rapport du Secrétaire général sur les réalisations obtenues à la Conférence mondiale de développement social.  Toutefois, a-t-il fait observer, les taux de croissance des pays développés sont restés assez bas et les programmes de financement du développement sont aujourd’hui insuffisants.  Or, les pays en développement ont besoin d’aide pour la construction d’infrastructures dans le secteur productif, afin de favoriser la création d’emplois et de réduire les disparités entre les revenus.

En dépit de l’instabilité politique et économique que connaît le pays et qui a eu un impact très négatif sur son développement, la Libye s’emploie à appliquer ses lois dans le domaine de la protection sociale, a souligné le représentant.  La Libye s’efforce de combler les disparités en matière de revenus dans les institutions gouvernementales en favorisant une augmentation de salaire pour les jeunes, a-t-il expliqué.  En ce qui concerne les droits de l’enfant, elle œuvre à la scolarisation des enfants des personnes déplacées en fournissant du matériel scolaire.  Quant à la jeunesse, que le représentant a qualifiée de pilier du développement de son pays, tout est fait pour accroître sa participation dans les rouages de la société, mais le processus est freiné par les difficultés rencontrées par le pays.

M. HALVORSEN (Danemark) a expliqué que le terme des objectifs de développement durable était dans 13 ans, ce qui fait de ceux-ci, de facto, un contrat intergénérationnel.  À travers le monde, 1,8 milliard de jeunes ont maintenant 17 objectifs, reflets de notre avenir à l’horizon 2030, a-t-il ajouté.  C’est pourquoi, « du fait de ce contrat, il est important non pas de discuter du développement de la jeunesse, mais du rôle de la jeunesse dans le développement. »

Le représentant a insisté sur le fait que les jeunes devaient jouer un rôle de participants actifs dans le développement et ne pas être considérés comme des observateurs passifs.  « Nous ne devons pas créer un développement pour les jeunes mais par et avec les jeunes », a-t-il insisté.  De même, nous ne devrions pas discuter de l’implication des jeunes dans le développement comme un sujet autonome mais plutôt de comment les incorporer dans les programmes déjà existants, à l’image des Conseil danois des jeunes, a plaidé M. Halvorsen.

Le représentant a fait observer que sa propre génération était perçue comme un défi: 1,8 milliard de jeunes qui veulent un emploi, de la nourriture, une famille et jouer un rôle actif dans la société.  « Le Programme 2030 nous donne le cadre pour démentir cette accusation, mais pour cela nous avons besoin d’être consultés et impliqués.  Ma génération est la solution, pas le problème » a-t-il conclu.

Mme HANTASAO FIDA CYRILLE (Madagascar) a déclaré que le développement social, dans le cadre des efforts nationaux de lutte contre la pauvreté, faisait partie des priorités de son gouvernement en vue de la mise en œuvre de son programme national du développement.  Dans ce but, a-t-elle précisé, le pays s’est doté, depuis 2015, d’un programme national de protection sociale qui vise à améliorer les conditions de vie de la population, avec un accent particulier pour les personnes vulnérables, y compris les personnes âgées, les handicapés, les jeunes, les enfants et les femmes. 

Madagascar est pleinement engagée dans la réalisation de la feuille de route de l’Union africaine pour l’année 2017 sur la question démographique, a poursuivi la représentante, qui s’est félicitée de la tenue, en septembre, d’une réunion de haut niveau portant sur ce thème, organisée par l’Union africaine et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), en marge de la soixante-douzième session de l’Assemblée générale.

Face au chômage des jeunes, Madagascar a mis en place une politique nationale de l’emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle et permis l’adoption par le groupement du patronat malgache d’une stratégie d’entrepreneuriat ciblant les jeunes.  Le Gouvernement accorde enfin une attention particulière aux personnes âgées et multiplie les mesures destinées à permettre l’épanouissement des personnes handicapées, via notamment des droits à l’éducation et aux services de santé.  

M. ZAMBRANA (Bolivie) a expliqué qu’en tant qu’État, la Bolivie s’était engagée à lutter contre les inégalités et à améliorer le niveau de vie de sa population grâce à de nouveaux programmes de développement qui ont permis de réduire la pauvreté et de rééquilibrer la société.  « L’État bolivien a pour objectif l’éradication de la pauvreté extrême, l’universalité des services de base et la souveraineté de ses ressources naturelles » a-t-il indiqué.  Rappelant que l’État jouait un rôle stratégique dans le secteur des hydrocarbures, il a expliqué que les ressources issues de la rente pétrolière permettaient au pays de construire des écoles, des hôpitaux, des stades de foot, entre autres. 

Dressant le bilan de son gouvernement, le représentant a affirmé que 1,5 million de Boliviens étaient sortis de la pauvreté extrême.  Les politiques de réduction de la pauvreté du pays mettent l’accent sur les groupes les plus vulnérables et notamment sur la protection des personnes handicapées, a-t-il ajouté.  « Il nous reste 13 ans pour réaliser le Programme 2030, les services de base doivent être reconnus comme des droits fondamentaux », a conclu M. Zambrana, en mentionnant également la protection de la Terre mère et la lutte contre le capitalisme.

M. KEVIN CASSIDY de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a déclaré que l’OIT adhérait aux conclusions des rapports du Secrétaire général établissant un lien entre la montée des inégalités, l’absence de protection sociale et les difficultés rencontrées pour éradiquer la pauvreté.  Tout comme l’ONU, a-t-il souligné, l’OIT considère qu’un travail décent constitue la voie la plus durable pour sortir de la pauvreté. 

Si le principe d’un partage de la prospérité, au travers d’une distribution équitable et inclusive des bénéfices de la croissance économique, est censé avoir un effet maximal sur la réduction de la pauvreté, des questions se posent quant à la capacité de l’économie mondiale de répondre aux attentes des uns et des autres.  Avec une approche à long terme, a-t-il observé, la communauté internationale pourra remédier au retard pris dans le développement socioéconomique, qui entraîne des inégalités, une stagnation des revenus et la marginalisation de personnes par le biais de l’exclusion sociale.

Selon le représentant de l’OIT, le monde professionnel connaît un bouleversement majeur dû à des changements structurels, à l’altération de la production et de l’emploi, aux avancées technologiques, aux effets des changements climatiques et aux grandes tendances sociales, politiques et démographiques qui affectent la capacité des pays à offrir un travail décent à tous.  Cette « grande transformation » de l’économie mondiale aura des conséquences sur la nature, la quantité et la qualité des emplois, a-t-il averti, exhortant tous les pays à se préparer à un nouvel « avenir du travail ».

Dans la perspective de ces défis, l’OIT multiplie les partenariats pour mettre en commun les expertises et les expériences.  Le mois dernier, a rappelé le représentant, l’OIT a établi une Commission mondiale de haut niveau sur l’avenir du travail chargée de procéder à un examen de la situation du travail susceptible de fournir les bases analytiques d’un projet de justice sociale du XXIe siècle.  L’OIT, a-t-il conclu, compte également travailler avec les délégations de la Troisième Commission pour refléter cette nouvelle façon de penser qui, selon lui, sera cruciale dans la réalisation des ambitions du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Droits de réponse

Le représentant de la Fédération de Russie a réagi aux déclarations des représentants de la Géorgie et de l’Ukraine.  Ces derniers jours, nous avons pu entendre les pratiques de différents pays en matière de développement, nous sommes désolés de voir que ces délégations ont utilisé cette occasion pour émettre des griefs envers la Fédération de Russie en déformant les faits, a déclaré le représentant, qui a également demandé à ce que ses collègues ne sortent pas des sujets à l’ordre du jour et à ce qu’on « évite toute politisation des débats ».

En réaction au droit de réponse de la Fédération de Russie, la représentante de la Géorgie a fait valoir que la Russie continuait de violer son intégrité territoriale en ne respectant pas les termes de l’accord de cessez-le-feu négocié, en 2008, par l’Union européenne.  Pour la représentante, la Fédération de Russie  s’est rendue coupable d’épuration ethnique en Géorgie et occupe encore 1% du territoire de ce pays.  De fait, a-t-elle conclu, la Russie doit respecter le droit international ainsi que ses obligations conformément à l’accord conclu en 2008.

La représentante de l’Ukraine a répondu à son tour, parlant de « l’ampleur des offenses commises par la Fédération de Russie », qui montre « son mépris souverain des conventions internationales concernant l’Ukraine et la Crimée ou elle est décrite comme une puissance occupante ».  La représentante s’est ensuite déclarée préoccupée de la situation relative à l’enseignement de la langue ukrainienne, qui est « problématique en Crimée ».  Elle a précisé que ces restrictions se produisaient en dépit des accords conclus en 2017, insistant sur le fait que « la Fédération de Russie devait garantir l’enseignement en langue ukrainienne ».  Elle a également mentionné que, depuis 2014, la mortalité n’avait cessé de croître en Crimée, alors qu’elle diminue dans le reste du pays.  Les Russes le savent mais continuent à transformer la Crimée « en base militaire conséquente », a-t-elle accusé.

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