Sixième Commission: l’ONU doit jouer un rôle essentiel pour combattre le terrorisme international de manière durable et efficace

AG/J/3542
3 octobre 2017
Soixante-douzième session, 3e séance - après-midi

Sixième Commission: l’ONU doit jouer un rôle essentiel pour combattre le terrorisme international de manière durable et efficace

La Sixième Commission, chargée des affaires juridiques, a poursuivi aujourd’hui son débat sur l’examen des mesures visant à éliminer le terrorisme international. 

Comme la veille, l’ensemble des délégations ont condamné de façon unanime le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations.  Elles ont appuyé le rôle de l’ONU et placé leurs espoirs dans son nouveau Bureau de lutte contre le terrorisme, pour une mise en œuvre cohérente de la Stratégie antiterroriste mondiale et du Plan d’action du Secrétaire général sur la prévention de l’extrémisme violent.   

Ainsi, le Honduras a-t-il déclaré que le terrorisme international s’est transformé en « monstre féroce » qui s’efforce de troubler la « paix et le bien-être de l’humanité ».  Le terrorisme étant en effet « une attaque contre l’humanité », l’Afghanistan a jugé impérative une riposte mondiale.

Pour de nombreuses délégations, dont l’Éthiopie, en dépit des progrès importants accomplis dans ce domaine, la coopération internationale reste peu efficace et les terroristes continuent de faire peser sur le monde des menaces inacceptables.

Une des questions « en souffrance » dans la lutte contre le terrorisme est celle de la négociation d’une convention générale sur le terrorisme international, qui butte sur la question de la définition du terrorisme.

À cet égard, de nombreuses délégations, dont l’Arabie saoudite, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont exprimé leur volonté de faire avancer les choses.  La Tunisie a notamment invité les États à reprendre les discussions portant sur l’adoption d’une définition juridique du terrorisme dans le cadre d’une conférence de haut niveau, sous l’égide des Nations Unies.

De son côté, l’Iraq a appelé à la conclusion par consensus de la convention pour harmoniser la lutte contre le terrorisme.  Une série de mesures ont été prises en Iraq, « au nom du monde entier », pour éradiquer Daech, a rappelé la représentante de ce pays.

Les États-Unis, quant à eux, ont estimé que jamais ils ne reculeront et useront de tous les moyens à disposition pour mettre fin au terrorisme, y compris dans le cadre de la Coalition pour défaire Daech, et il n’y a aucun doute qu’un effort uni de la communauté internationale est nécessaire.

Conscientes que le terrorisme ne peut être éliminé par un seul pays, les Philippines ont expliqué avoir renforcé leur coopération régionale avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), et plus largement avec l’Australie et les États-Unis, afin de bénéficier d’un système de défense plus efficace pour « écraser » le terrorisme lorsqu’il ne peut être prévenu.

À son tour, la Turquie a déclaré qu’elle continuait de lutter contre les nombreux groupes terroristes qui opèrent sur son sol, « y compris Fethullah Gülen, Daech, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Al-Qaida et d’autres ». 

Déplorant les « attaques violentes et coordonnées » perpétrées en 2016 et en août dernier, toutes revendiquées par l’« organisation terroriste » Armée du salut des Rohingya de lArakan (ARSA), le Myanmar a assuré œuvrer à ce que ces actes « ne nous détournent pas de la stratégie de long terme nécessaire pour relever les défis complexes qui se posent dans l’État de Rakhine aujourd’hui ».

Regrettant les « contre-offensives disproportionnées et aveugles » des forces de sécurité du Myanmar, qui ont provoqué un exode « sans précédent » de civils dans son pays, la représentante du Bangladesh a exhorté la communauté internationale à aider le Myanmar à trouver une solution durable à cette crise humanitaire prolongée, dans l’intérêt aussi de la paix et de la stabilité régionales.  

Pour l’Indonésie, la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, doit privilégier plusieurs approches: une « dure », afin de renforcer les cadres juridiques internationaux, et une « plus douce », en impliquant les communautés et organisations religieuses.  Comme d’autres pays qui ont rappelé que le terrorisme ne saurait être lié à une religion en particulier, les Maldives ont répété qu’il n’avait pas sa place dans l’Islam. 

Pour prévenir le terrorisme, il faut aussi élaborer des stratégies antiterroristes globales intégrant des mesures pour combattre la pauvreté et l’inclusion, a souligné le Kenya.

Pour sa part, la Fédération de Russie a espéré que le Bureau de lutte contre le terrorisme coopérera de façon efficace avec le Conseil de sécurité.

Afin de prévenir la propagande et le lavage de cerveau, elle a conseillé de surveiller les sites Internet suspects, y compris les contenus religieux et les médias.

La Commission achèvera son débat sur les mesures visant à éliminer le terrorisme international demain, à partir de 10 heures.  Elle entamera ensuite l’examen de la question de l’état de droit aux niveaux national et international.

MESURES VISANT ÉLIMINER LE TERRORISME INTERNATIONAL (A/72/111 ET A/72/111/ADD.1)

Déclarations

M. NAWAF ALTHARI (Arabie saoudite), s’exprimant au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a vu dans le terrorisme une violation grave du droit international humanitaire. Il ne devrait pas être assimilé à un groupe ethnique ni à une religion, et il est important de le différencier de toute référence à l’Islam, a-t-il estimé.  Il a réaffirmé la nécessité de rétablir le dialogue pour la paix et l’harmonie.

Selon l’OCI, il est essentiel d’adopter une approche globale concernant le terrorisme, de combattre toutes les organisations terroristes, quelles qu’elles soient et où qu’elles soient.  Il faut condamner tous ceux qui financent ces groupes.  Pour ce faire, il est important de renforcer la coopération. Le représentant a déclaré qu’il faut aussi différencier le terrorisme du droit légitime des peuples à disposer d’eux-mêmes.

L’Assemblée générale a devant elle un projet de convention sur le terrorisme en souffrance, a rappelé M. X.  Il a souhaité que soient réglées les questions concernant la définition du terrorisme, surtout en ce qui concerne la différenciation entre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et les actes terroristes.

Mme YOLANNIE CERRATO (Honduras) a déclaré que le terrorisme international s’est transformé en « monstre féroce » qui s’efforce de troubler la « paix et le bien-être de l’humanité ».  Ce fléau ne peut être défait que par la solidarité et le travail conjoint entre les États et les organisations régionales et internationales, a-t-il estimé.  Le Honduras, qui condamne le terrorisme sous toutes ses formes, appuie tous les efforts et les accords visant à renforcer les obligations et la coopération entre les nations afin de créer un espace propice à la paix. 

En tant que pays signataire de la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme et de la Convention interaméricaine contre le terrorisme, a ajouté le représentant, le Honduras est déterminé à poursuivre la lutte contre le terrorisme, dans le respect du droit international et national, des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  

Le terrorisme étant « une attaque contre l’humanité », M. MAHMOUD SAIKAL (Afghanistan) a jugé impérative une riposte mondiale à l’heure où le monde devrait tendre vers le bien-être pour tous.  Le terrorisme est un mal contre lequel nous luttons en tant que pays attaché aux valeurs de la liberté, a-t-il témoigné. « Pendant que je vous parle, l’armée afghane lutte contre les terroristes étrangers qui veulent saper les fondements de notre pays. »  Des progrès ont été réalisés dans ce combat, mais beaucoup reste à faire, a-t-il reconnu.

Il faut éviter de fournir une aide aux terroristes, qu’elle soit morale  ou financière, a poursuivi le représentant.  Pour cela, il faut renforcer la coopération internationale, a-t-il déclaré. Il a émis l’espoir que le nouveau Bureau de lutte contre le terrorisme mis en place cette année sera un des nouveaux piliers de l’avancée du combat contre le terrorisme.

M. BARLYBAY SADYKOV (Kazakhstan) a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, tout en précisant qu’il ne devrait être associé à aucune religion, nationalité ou culture spécifique.  L’objectif de prévenir et de combattre le terrorisme demeure une priorité des États Membres des Nations Unies, a-t-il rappelé, alors qu’aucun pays n’est immunisé contre ce fléau.  Il a regretté qu’après 20 ans de débats, il n’a toujours pas été possible de parvenir à une entente sur la convention générale sur le terrorisme international, même s’il s’est dit encouragé par l’adoption, au fil des années, de trois protocoles sur le terrorisme.

L’Asie centrale a été la première région à adopter la Stratégie antiterroriste mondiale, en coopération avec le Centre régional pour la diplomatie préventive et l’appui financier de l’Union européenne, a noté le représentant.  Il faut éradiquer les causes profondes du terrorisme, telles que la pauvreté et le chômage, et favoriser le dialogue interethnique et interreligieux, a-t-il plaidé.  Il s’est également prononcé pour un renforcement des instruments multilatéraux et de la coopération internationale afin de tarir le financement du terrorisme.    

Mme MAHLET H. GUADEY (Éthiopie) a estimé que la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies fournit un cadre légal pour améliorer les efforts de lutte contre le terrorisme aux niveaux national, régional et international.  Elle a salué la création récente du Bureau de lutte contre le terrorisme qui devrait rendre ce combat plus cohérent.  En dépit des progrès important accomplis dans ce domaine, a-t-elle regretté, la coopération internationale reste peu efficace et les terroristes continuent de faire peser sur le monde des menaces inacceptables. Le terrorisme est un phénomène complexe, dans le choix des cibles et dans les moyens employés.

« Nous espérons que nous serons à la hauteur des défis », a ajouté la représentante, en mentionnant le rôle du centre national de lutte contre le terrorisme. Pour sa part, l’Éthiopie a ratifié neuf des instruments de l’antiterrorisme mondial.  « Nous sommes prêts à travailler avec les Nations Unies et les autres parties prenantes dans cette lutte sous l’égide des Nations Unies », a-t-elle déclaré.  Elle a appelé à la conclusion d’une convention internationale sur cette question et enjoint les Etats Membres à faire preuve de flexibilité pour résoudre cette question essentielle.

La lutte antiterroriste est une priorité de son pays, a assuré Mme LAURA ELENA FLORES HERRERA (Panama), citant en exemple la ratification de la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme et de 19 mécanismes internationaux et régionaux.  Le Panama a réformé son cadre juridique afin de prendre en compte les dispositions des traités portant sur la lutte antiterroriste et les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU. 

En tant que pays en transition, le Panama a un rôle important à jouer dans la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent, a ajouté la représentante.  À cette fin, le Panama a renforcé ses institutions financières et modifié son cadre législatif afin d’être en mesure de respecter ses obligations internationales, s’est-elle félicitée.  Il a accueilli la première conférence sur le financement du terrorisme et de la sécurité cybernétique.  Par ailleurs, le Panama est le seul pays d’Amérique latine impliqué dans la coalition contre Daech.

M. GIORGI MIKELADZE (Géorgie) a estimé qu’en dépit des efforts accomplis dans la lutte contre le terrorisme, ce fléau reste une menace grave pour la paix mondiale.  Le terrorisme change de forme à cause de l’utilisation de plus en plus massive de l’Internet qui permet la diffusion de messages de haine.

Au niveau national, le représentant a souligné que son pays avait accepté des demandeurs d’asile en provenance de Syrie et d’Iraq, qui ont été victimes de l’État islamique.  Nous contribuons financièrement à la mise en place des instruments de lutte contre le terrorisme, a-t-il déclaré. 

M. MOHAMED KHALED KHIARI (Tunisie) a déclaré que le terrorisme est une violation flagrante de l’état de droit, du droit international humanitaire et des droits de l’homme.  Selon lui, la réforme des Nations Unies portant sur les dispositifs de lutte contre le terrorisme représente une avancée majeure.  Il a en outre réaffirmé le soutien de son pays à la création du Bureau de lutte contre le terrorisme. 

La coopération régionale et internationale, en faisant jouer la solidarité entre les États, est un outil important pour défaire le terrorisme international, a poursuivi le représentant, avant de rappeler que la Tunisie a adhéré à 14 conventions internationales de lutte contre le terrorisme ainsi qu’aux accords régionaux pertinents.  De plus, la Tunisie a adopté une loi visant à combattre le terrorisme, en conformité avec les accords internationaux et les quatre piliers de lutte antiterroristes de la Stratégie antiterroriste mondiale, a-t-il précisé, en plus de s’attaquer aux facteurs sous-jacents qui favorisent le terrorisme.  Il a enfin invité les États à reprendre les discussions portant sur l’adoption d’une définition juridique du terrorisme dans le cadre d’une conférence de haut niveau, sous l’égide des Nations Unies. 

M. NEVILLE GERTZE (Namibie), condamnant le terrorisme sous toutes ses formes, s’est félicité de la création du Bureau de lutte contre le terrorisme. Il a estimé qu’il était temps de parvenir à une convention internationale sur le terrorisme.  Selon lui, tous les États Membres devraient coopérer pour résoudre cette question d’importance.

Le terrorisme ne saurait être lié de façon systématique à une religion quelle qu’elle soit, a poursuivi le représentant, le combat de certains peuples qui luttent pour leur indépendance ne devrait pas non plus être lié au terrorisme.  Il s’est en outre dit préoccupé par « le risque réel que des terroristes demandent un statut de réfugiés alors qu’ils ont été impliqués dans des crimes très graves ».  Par ailleurs, il a appelé tous les États Membres à ratifier et mettre en œuvre la Convention des Nations Unies sur la suppression du financement des activités terroristes.

Mme EMILY PIERCE (États-Unis) a déclaré que tous les actes de terrorisme, quels qu’en soient les auteurs et les motivations, sont criminels, inhumains et injustifiables.  « Jamais les États-Unis ne reculeront pour user de tous les moyens à notre disposition pour mettre fin au terrorisme, y compris dans le cadre de la Coalition pour défaire Daech, mais il n’y a aucun doute quant au fait qu’un effort uni de la communauté internationale est nécessaire si nous voulons remporter le succès dans la prévention des attaques et tenir les responsables pour comptables de leurs actes », a ajouté la représentante.

Après s’être félicitée des résolutions pertinentes adoptées par le Conseil de sécurité en matière de lutte antiterroriste, elle a estimé que les résultats des efforts multilatéraux sont tangibles, soulignant par exemple que le nombre de combattants terroristes étrangers avait considérablement décliné.  Par ailleurs, au niveau national, le Gouvernement américain, a-t-elle dit, continue de sensibiliser ses communautés aux dangers de l’extrémisme violent, de la radicalisation et du recrutement, notamment en mettant à leur disposition les outils et ressources de prévention nécessaires.   Un des nouveaux champs d’action, ce sont les services d’intervention locaux et étatiques auprès des individus radicalisés mais qui ne sont pas encore passés à l’acte, a précisé la déléguée.

M. LAZAROUS KAPAMBWE (Zambie) a affirmé que son pays avait continué d’œuvrer à la mise en œuvre des instruments internationaux juridiquement contraignants auxquels il est partie et des résolutions pertinentes de l’ONU.  Depuis l’amendement en date de 2015 de la loi antiterroriste, le Gouvernement a mis en place des règlementations très strictes pour donner effet aux dispositions des résolutions 1267 et 1373 du Conseil de sécurité, lesquelles exigent de geler les fonds et ressources économiques des individus et des entités liés à des organisations terroristes. 

En outre, dans le septième Plan national de développement 2017-2021, le Gouvernement zambien a intégré une approche multisectorielle destinée à donner à toutes les institutions les moyens de travailler dans le cadre d’une approche coordonnée et harmonisée, a poursuivi le représentant.  Le 22 septembre dernier, le centre de renseignement financier, qui dépend du Gouvernement, a lancé son premier rapport consacré au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, à la suite duquel a été développé un plan d’action pour permettre à la fois aux autorités et au secteur privé de prioriser leurs efforts conjoints en vue d’atténuer ces deux fléaux.

M. JAMES NDIRANGU WAWERU (Kenya) a rappelé que son pays continuait de souffrir des effets du terrorisme.  Il a exprimé son appui à la révision de l’architecture antiterroriste des Nations Unies ainsi qu’à la création du Bureau de lutte contre le terrorisme, qui aura pour effet d’accroître la coopération entre les États.  Le Kenya, a-t-il dit, a ratifié les conventions internationales contre le terrorisme et lA criminalité transnationalE organiséE, en plus d’assurer la conformité de son cadre législatif et juridique. 

Le Kenya a conclu des accords bilatéraux avec des États clefs ainsi que des partenariats avec la Communauté d'Afrique de l'Est et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), a ajouté le représentant, en plus de contribuer des troupes à la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM).  Poursuivant ses efforts, le Kenya s’efforce de mettre en œuvre la Stratégie antiterroriste mondiale et a récemment lancé la Stratégie nationale contre l’extrémisme violent.

Pour prévenir le terrorisme, il faut élaborer des stratégies antiterroristes globales intégrant des mesures pour combattre la pauvreté et l’inclusion, et renforcer les organisations de la société civile, les leaders religieux et les groupes de femmes, en plus de prêter attention à la situation des personnes les plus vulnérables, a recommandé M. Waweru.  En outre, le Kenya a alloué des ressources aux comtés afin qu’ils puissent combattre le radicalisme et l’extrémisme violent.

Le terrorisme sous toutes ses formes est une menace mondiale qui doit être éliminée, et cela ne se fera que par la coopération mondiale, a assené M. ALI NASEER MOHAMED (Maldives).  Il a notamment condamné le terrorisme lorsqu’il est revendiqué au nom de l’Islam.  « Le terrorisme n’a pas sa place dans l’Islam et il ne peut être lié à l’Islam », a-t-il déclaré.

Aux Maldives, nous avons adopté, en 2015, une loi qui permet aux procureurs de s’attaquer aux terroristes et aux extrémistes violents, et accueilli, en octobre 2016, un séminaire international sur cette question, a continué le représentant.  À cet égard, il a pensé que les centres communautaires peuvent être « une piste pour éviter la radicalisation ».  Les jeunes sont à la fois les plus sensibles à ces messages, mais aussi notre meilleur espoir de lutter contre ce fléau, a-t-il estimé.

M.  MAXIM MUSIKHIN (Fédération de Russie) s’est félicité de la création du Bureau de lutte contre le terrorisme, qui ouvrira un nouveau chapitre dans la lutte antiterroriste. Pour la Russie, il est primordial de mettre en œuvre les quatre piliers de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Parmi les priorités auxquelles la communauté internationale doit s’attaquer se trouvent les liens existant entre le terrorisme international et la criminalité transnationale organisée. Afin de prévenir la propagande et le lavage de cerveau, il faut renforcer la prévention et surveiller les sites Internet suspects, y compris les contenus religieux et les médias, a conseillé le représentant.  Il faut en outre assurer une surveillance adéquate des anciens combattants qui rentrent dans leur pays, en collaboration avec les services douaniers et les institutions financières.

Par ailleurs, M. Musikhin a espéré que le Bureau de lutte contre le terrorisme coopérera de façon efficace avec le Conseil de sécurité.  Il faut améliorer l’échange d’informations et veiller à fournir une assistance technique pertinente aux États qui en ont besoin, a-t-il relevé, ajoutant que le Bureau devrait porter une attention particulière à la situation en Asie centrale.  Les actes terroristes barbares perpétrés aux quatre coins de la planète montrent l’impossibilité de créer des îlots à l’abri du terrorisme.  Il faut donc renforcer la coopération, « sans deux poids, deux mesures », conformément à la Charte des Nations Unies et à la Stratégie antiterroriste mondiale, a-t-il conclu.

Répondant par ailleurs à l’intervention de l’Ukraine, faite hier, le représentant l’a appelée à s’en tenir aux questions inscrites à l’ordre du jour plutôt que de profiter des tribunes qui lui sont offertes pour diffuser sa propagande.  L’Ukraine, a-t-il ajouté, a procédé à une attaque contre les populations de son propre pays.  Il a accusé l’Ukraine d’avoir déformé la décision de la Cour internationale de Justice (CIJ), qui avait pourtant rejeté la requête formulée par Kiev de prendre des mesures urgentes pour stopper le financement du terrorisme.

Plus aucun pays, quels que soient son niveau de développement ou ses croyances, n’est dorénavant à l’abri du terrorisme, a souligné M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie).  Le terrorisme ne devrait être lié ni à une religion ni à un groupe ethnique, « cela devrait être dit dans les médias », a-t-il insisté.

Dans le cadre de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, il faut privilégier plusieurs approches, a préconisé le représentant: une « dure », afin de renforcer les cadres juridiques internationaux, et une « plus douce », en impliquant les communautés et organisations religieuses.  En outre, il a estimé qu’il fallait être créatif en renforçant notre système économique. Il faut à présent traduire tout cela en actes: la Stratégie antiterroriste mondiale doit être appliquée de manière équilibrée, a-t-il demandé. L’établissement du Bureau de lutte contre le terrorisme va selon lui permettre la mise en place d’activités coordonnées.

M. RAMIS SEN (Turquie) a déclaré que la Turquie continuait de lutter contre les nombreux groupes terroristes qui opèrent sur son sol, y compris Fethullah Gülen, Daech, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Al-Qaida et d’autres.  Selon lui, le mouvement Fethullah Gülen est un culte clandestin qui vise à renverser le Gouvernement, comme l’a démontré le complot du 15 juillet 2016, qui a prouvé à quel point cette organisation est dangereuse.  « Nous devons agir pour défendre notre sécurité nationale », a lancé le représentant, mentionnant la poursuite de la lutte contre Daech, alors que des milliers de personnes suspectées d’être des combattants terroristes étrangers ont été refoulées aux frontières. 

Concernant le PKK et les Unités de protection du peuple (YPG), le représentant a espéré que les alliés de la Turquie continueront de défendre avec fermeté ses intérêts et de respecter leurs obligations.  La communauté internationale doit lutter contre tous les groupes terroristes sans adopter une approche sélective, a-t-il insisté.  Selon lui, les membres des organisations terroristes doivent être traduits en justice et ne doivent pas bénéficier de mesures d’amnistie.

M. Sen a par ailleurs rappelé que la Turquie avait coprésidé, avec les États-Unis, le Forum mondial de lutte contre le terrorisme.  Le pays fait partie de la coalition contre Daech, en plus d’être signataire de nombreux accords internationaux visant à combattre le terrorisme.  Il a déclaré que l’ONU est la principale instance internationale de riposte contre le terrorisme et a réitéré l’attachement de son pays à la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale et de ses quatre piliers.

Mme NANG PHYU SIN THAN MYINT (Myanmar) a estimé que son pays n’était pas immun au terrorisme, comme en témoigneraient les « attaques violentes et coordonnées » perpétrées en octobre et novembre 2016 et plus récemment le 25 août dernier, toutes revendiquées par l’« organisation terroriste » Armée du salut des Rohingya de l'Arakan (ARSA).  « Ce groupe terroriste a pris pour cible non seulement des forces de sécurité, mais aussi des civils innocents », a déclaré la représentante, en affirmant qu’un charnier de 45 villageois hindous avait été découvert par les autorités le mois dernier à Rhakine, parmi lesquels des femmes et des enfants, « cruellement et brutalement tués par l’ARSA ». 

Ces attaques récentes ont provoqué, selon la déléguée, le déplacement de toutes les communautés, pas seulement les musulmans, mais aussi des minorités telles que les Daingnet, les Mro, les Thet, les Mramagyi et les Hindous.  « Le monde dans son ensemble ignore l’existence et la détresse de ces petits groupes », a-t-elle déclaré.  Aussi le Gouvernement est-il déterminé à faire tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir de futurs actes terroristes et faire traduire les responsables en justice.  « Le Gouvernement œuvre à ce que ces actes ne nous détournent pas de la stratégie de long terme nécessaire pour relever les défis complexes qui se posent dans l’État de Rakhine aujourd’hui. »

Après avoir salué l’adoption l’an dernier de la résolution 2322 (2016) du Conseil de sécurité, qui traite des liens entre terrorisme et criminalité transnationale organisée, M. MAHJABEEN KHALED (Bangladesh) a rappelé la politique tolérance zéro de son gouvernement en matière de terrorisme.  S’il a condamné sans équivoque les attaques commises le 25 août dernier contre les forces de sécurité du Myanmar à la frontière entre leurs deux pays, le représentant a cependant regretté les « contre-offensives disproportionnées et aveugles » de ces mêmes forces de sécurité, qui ont provoqué un « exode sans précédent » de civils au Bangladesh. 

« Alors que nous accueillons ces personnes en détresse, nous sommes préoccupés par la possibilité que des éléments terroristes et des extrémistes violents cherchent à exploiter leur vulnérabilité aigue », a déclaré M. Khaled.  Son gouvernement exhorte donc la communauté internationale à aider le Myanmar à trouver une solution durable à cette crise humanitaire prolongée, dans l’intérêt aussi de la paix et de la stabilité régionales.  

Mme INTISAR TALIL AL-JUBOORI (Iraq) a réaffirmé sa condamnation des actes de terrorisme.  Nous prenons des mesures visant à éradiquer ce terrible fléau, a-t-elle assuré. Elle a souligné que c’est un phénomène que l’on ne peut lier à une ethnie ou une religion.  Une série de mesures ont été prises en Iraq, « au nom du monde entier », pour éradiquer le groupe Daech, et le peuple iraquien a été à cet égard exemplaire, a-t-elle rappelé.

Nous avons adopté des lois, nous avons créé une commission de gel des avoirs des terroristes, a expliqué la représentante.  L’Iraq a été l’hôte de nombreuses conférences de lutte contre le terrorisme.  En dépit de notre volonté, le terrorisme reste actif notamment en Iraq, a-t-elle toutefois déploré.  Cela demande de s’attaquer à ses causes profondes.  Enfin, a-t-elle estimé, il faut réussir à trouver une définition commune sur le terrorisme, car la conclusion par consensus d’une convention générale permettra d’harmoniser la lutte contre le terrorisme.

D’après M. ZOHRAB MNATSAKANYAN (Arménie), le terrorisme continue de représenter une menace significative à la paix et à la sécurité internationales.  Il est de notre responsabilité à tous d’empêcher le terrorisme de prospérer, dans le respect du droit international et des droits de l’homme.  Il s’est félicité de la création du Bureau de lutte contre le terrorisme, qui va améliorer la cohérence et la coordination des États et des organisations internationales dans la lutte antiterroriste.

Le Conseil de sécurité n’a cessé de contribuer à la lutte contre le terrorisme, notamment avec l’adoption, cette année, des cinq résolutions afin de faire face à cette menace, y compris contre Daech, a noté M. Mnatsakanyan.  Si le terrorisme ne peut être associé à une religion ou à une nationalité particulière, nous devons comprendre que les terroristes ciblent parfois des communautés particulières, a-t-il relevé, comme l’ont fait Daech et Al-Qaida, qui ont commis des crimes basés sur l’identité contre les chrétiens et les Yézidis. 

M. ABBAS BAGHERPOUR ARDEKANI (République islamique d’Iran) a déploré l’application du « deux poids, deux mesures » dans l’arène internationale de la coopération pour la lutte contre le terrorisme, car cela fournit aux terroristes et à leurs affiliés « un havre de paix ».  Ils peuvent ainsi grandir, recruter et perpétrer d’innommables atrocités, a-t-il déclaré.

Endiguer les organisations terroristes sur le terrain est indispensable, a estimé le représentant.  Ce fléau a des racines profondes et ne pourra être vaincu qu’à travers un plan global et multidirectionnel.  Le 7 juin 2017, a-t-il rappelé, des terroristes lâches de l’État islamique se sont attaqués aveuglément à des personnes à Téhéran.  En dépit d’une prompte réponse des forces de sécurité, de nombreux innocents ont été tués et des dizaines blessés.

En plus des efforts nationaux pour renforcer l’arsenal judiciaire, l’Iran a conclu de nombreux accords bilatéraux de coopération pour lutter contre le terrorisme, a ajouté M. Ardekani.  Nous restons engagés à mettre en œuvre la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et nous sommes prêts à coopérer avec M. Voronkov et ses équipes pour poursuivre le but de se débarrasser du terrorisme, a-t-il assuré.

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) a estimé que le terrorisme et l’extrémisme violent constituent des défis complexes qui sont la cause des destructions et d’instabilité.  Elle a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, y compris le terrorisme d’État.  Rappelant que 27 000 personnes sont mortes dans des attaques terroristes au Pakistan, elle a estimé que le terrorisme est un défi commun qui ne peut être combattu que par un effort collectif de la communauté internationale. 

Le Pakistan a lancé un plan d’action national prévoyant la création d’une force antiterroriste, adopté des lois visant à prévenir le financement du terrorisme et réformé son système juridique, a expliqué la représentante. Dans le même temps, des opérations militaires ont été lancées afin de détruire les infrastructures terroristes à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan.  Ces actions à deux volets ont permis de réduire le nombre d’attaques à leur plus bas niveau depuis 2006, s’est réjouie Mme Lodhi.  Elle a en outre salué la création du Bureau de lutte contre le terrorisme et la réforme de l’architecture antiterroriste des Nations Unies en cours, ajoutant que le contexte politique et économique de cette question ne devait pas être négligé.

Selon le representant du Ghana, la menace terroriste est tellement importante qu’elle oblige les États Membres à avoir recours à tout leur arsenal pour la combattre.  Au niveau régional, les actes barbares de Boko haram ont obligé des millions de personnes à quitter leur habitat.

Le représentant a dénoncé le blanchiment d’argent qui finance le terrorisme, notamment dans les pays où les systèmes financiers sont fragiles. Au Ghana, nous continuons d’améliorer les mécanismes qui nous permettent de lutter contre le terrorisme, a-t-il dit. 

M. TEODORO LOCSIN (Philippines) a débuté son intervention en affirmant que, le 23 mai dernier, la ville de Marawi, à Mindanao, avait été la cible de la pire attaque jamais perpétrée dans son pays, ce qui a provoqué une crise humanitaire et le déplacement d’environ 200 000 personnes.  Après près de quatre mois de combats, le conflit aurait fait 146 victimes parmi les forces gouvernementales et 47 parmi les civils, a-t-il assuré, en expliquant que les opérations militaires menées pour contrecarrer le groupe terroriste « Maute » étaient soigneusement calibrées pour respecter le droit international humanitaire. 

Conscientes que le terrorisme ne peut être éliminé par un seul pays, les Philippines ont donc renforcé leur coopération régionale avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), et plus largement avec l’Australie et les États-Unis, afin de bénéficier d’un système de défense plus efficace pour « écraser » le terrorisme lorsqu’il ne peut pas être prévenu, a expliqué M. Locsin.

Le representant du Koweït, s’associant au Mouvement des pays non alignés et à l’Organisation de la Conférence islamique (OIC), a estimé que la lutte contre le terrorisme devait se faire dans le respect de l’état de droit.  Il faut aussi s’attaquer à ses causes profondes, en éliminant par exemple la pauvreté, a-t-il dit. 

Le Koweït, a rappelé le représentant, a toujours cherché à combattre le terrorisme en ratifiant les instruments internationaux pertinents, accédant à 18 traités et accords bilatéraux.  Le pays a récemment accueilli le Groupe de travail sur les combattants terroristes étrangers, dans le cadre de la Coalition internationale, le but étant de créer un environnement propice à leur retour.  

Droit de réponse

Répondant à l’intervention de la Fédération de Russie, le représentant de l’Ukraine a déclaré que le conflit dans l’est de l’Ukraine est le fruit de l’agression directe, en 2014 de la Russie contre son pays, comme l’a reconnu l’Assemblée générale dans sa résolution 71/205.  La Russie est à la tête des organisations terroristes qui opèrent dans ces zones, et leurs combattants sont équipés d’armes russes, a-t-il fait valoir. 

Le représentant a noté que l’absence de mesures provisoires imposées par la Cour internationale de Justice (CIJ) ne présageait pas de ses décisions futures, et que l’Ukraine entendait fournir des informations supplémentaires lors de la prochaine phase de la procédure.  « La Russie agit en tant qu’agresseur et pense pouvoir le faire en toute impunité », a martelé le représentant, ajoutant que l’Ukraine continuera de se défendre avec les moyens dont elle dispose jusqu’à ce que la Russie se retire de la Crimée et « paie pour ses crimes ». 

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.