Sixième Commission: saluant la création du Bureau de lutte contre le terrorisme, les délégations appellent à une coopération renforcée

AG/J/3541
2 octobre 2017
Soixante-douzième session, 1re et 2e séances - Matin et après-midi

Sixième Commission: saluant la création du Bureau de lutte contre le terrorisme, les délégations appellent à une coopération renforcée

La Sixième Commission, chargée des affaires juridiques a ouvert, aujourd’hui, ses travaux dans le cadre de la soixante-douzième session de l’Assemblée générale par l’examen des mesures visant à éliminer le terrorisme international. 

À l’ouverture, son Président M. Burhan Gafoor, de Singapour, a souligné le rôle important joué par la Commission dans les efforts de la communauté internationale pour promouvoir le droit international, qui représente « le fondement de notre organisation ».

Appelant à une révision de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et à la poursuite des travaux en vue de l’adoption d’une convention générale sur le terrorisme international, le Président de l’Assemblée générale, M. Miroslav Lajčák, a invité les délégations à s’attaquer à ces questions avec une « énergie renouvelée ».

Dans le contexte des attentats récents en Espagne, au Royaume-Uni, en Turquie, et ailleurs, et de la poursuite des combats contre Daech en Syrie et en Iraq, plusieurs délégations ont souligné la nécessité d’intensifier la lutte contre le terrorisme.  De nombreux États ont salué à cet égard la création, par le Secrétaire général de l’ONU en juin dernier, du Bureau de lutte contre le terrorisme, tout en souhaitant que son action tienne compte du principe de souveraineté et de l’équilibre entre les États Membres.

Pour le Groupe des États d’Afrique, il faut prendre des mesures pour assurer une coopération accrue et une application plus efficace des conventions contre le terrorisme et des résolutions de l’ONU.  Plusieurs États, dont les pays de l’Union européenne et de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), ont également insisté sur la nécessité de resserrer leur cadre juridique afin d’être en mesure de faire face à une menace terroriste en constante évolution. 

La nécessité de s’attaquer aux causes profondes du terrorisme, au-delà des opérations militaires et sécuritaires, a été soulevée par nombre de délégations, pour lesquelles les inégalités, la discrimination et l’exclusion doivent faire partie intégrante de l’arsenal des mesures visant à éliminer le terrorisme international.

D’entrée de jeu, les délégations qui ont pris la parole aujourd’hui ont condamné, à l’unanimité, le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations.  Le terrorisme représente une menace à l’intégrité territoriale, déstabilise l’ordre constitutionnel et les fondements même des sociétés, a dénoncé la Colombie.  Certaines délégations ont souligné toutefois qu’il ne devrait pas être confondu avec la lutte pour l’autodétermination et la résistance à l’occupation étrangère.

S’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés, l’Iran, rejoint entre autres par le Liban, le Qatar et la Libye, a insisté sur l’importance d’établir cette distinction, qui est au cœur du débat sur l’adoption d’une convention sur le terrorisme international. 

Aucun « acte de libération » ne peut justifier le terrorisme, a lancé pour sa part le représentant d’Israël, ajoutant que seule une politique de tolérance zéro peut permettre de lutter efficacement contre le terrorisme.  De nombreuses délégations se sont par ailleurs à nouveau prononcées en faveur de l’adoption d’une convention générale sur le terrorisme international, tout en reconnaissant que des désaccords persistent sur la définition même du terrorisme.

Par ailleurs, une minute de silence a été observée, en début de séance, à la mémoire du Professeur Cherif Bassiouni, dont le travail à titre de Président du comité de rédaction de la Conférence de Rome a mené à la création de la Cour pénale internationale (CPI), « un projet important de la Sixième Commission », a rappelé le Président Gafoor.

La Sixième Commission a approuvé, ce matin, son programme de travail qui prévoit l’examen, d’ici au 10 novembre, des 24 points inscrits à l’ordre du jour de la présente session*.

La Commission poursuivra son débat sur les mesures visant à éliminer le terrorisme international demain, à partir de 15 heures.

*A/C.6/72/1

MESURES VISANT À ÉLIMINER LE TERRORISME INTERNATIONAL (A/72/111 ET A/72/111/ADD.1)

Déclarations

M. GHOLAMALI KHOSHROO (République islamique d’Iran), s’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés, a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations.  « Ces actes sont injustifiables », a-t-il déclaré. Il a réaffirmé son appui à la résolution 51/2010 de l’Assemblée générale du 9 décembre 1991. Le représentant a estimé que les actes de terrorisme sont une violation flagrante du droit humanitaire et des droits de l’homme.  Ces actes mettent en péril les gouvernements légitimes et la stabilité des nations.

Le représentant a réitéré le respect que porte le Mouvement des pays non alignés à la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de tous les États.  À cet égard, a-t-il estimé, le terrorisme ne devrait pas être assimilé à la lutte légitime des peuples contre l’occupation étrangère et coloniale.  De plus, le terrorisme ne devrait pas être associé à une religion ou un groupe ethnique.  Le représentant a exhorté tous les États à remplir leurs obligations en engageant des poursuites ou en extradant les auteurs d’actes terroristes, que ce soient des actes planifiés par des pays ou depuis des pays à l’extérieur du territoire du pays concerné.

Selon lui, il faut aussi empêcher la constitution de sanctuaires terroristes dans des pays pouvant servir de base arrière du terrorisme.  Il a rejeté toute action ou emploi de la force par un État contre un autre État sous prétexte de lutter contre le terrorisme. « Cela constitue une forme de terrorisme psychologique contre les États. »

En outre, M. Khoshroo a exprimé de vives préoccupations concernant les combattants terroristes étrangers.  Il s’est déclaré préoccupé par l’interprétation que font des religions les groupes terroristes.  « Leur objectif est d’insuffler la haine et de glorifier la violence; il est impératif d’aller à l’encontre des discours », a-t-il déclaré.  Enfin, il a réitéré l’importance de conclure une convention internationale sur la question sous les auspices des Nations Unies. 

M. HECTOR ENRIQUE JAIME CALDERÓN (El Salvador), s’exprimant au nom de la Communauté des États d'Amérique latine (CELAC), a réaffirmé sa condamnation « totale » de toute action terroriste en tant qu’acte « criminel et injustifiable », ainsi que son engagement à combattre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, dans le respect du droit international et des droits de l’homme.  Selon lui, le terrorisme représente une menace aux structures sociales des États, à la stabilité nationale et à la sécurité internationale qui doit être combattue par le biais d’une plus grande coopération. 

Pour le représentant, la prévention du terrorisme est cruciale et la communauté internationale doit d’abord se pencher sur ses causes profondes, telles que les conflits non résolus, la discrimination, la déshumanisation des victimes et l’affaiblissement de l’état de droit et des droits de l’homme.  S’appuyant sur la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, il a plaidé pour le respect du droit international dans la lutte contre le terrorisme, mettant en garde contre les risques d’abus de pouvoir qui en découlent.  Le représentant a rejeté le recours, par certains pays, à des « listes noires » accusant des États de soutenir le terrorisme, estimant que de telles pratiques sont incompatibles avec le droit international.  Par ailleurs, il a salué la création d’un poste d’ombudsman au Comité des sanctions, et appelé à étendre son action à tous les régimes de sanctions imposés par le Conseil de sécurité, afin d’assurer un processus équitable. 

Dénonçant par ailleurs le danger que représentent les combattants terroristes étrangers pour les États, il a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour combattre le financement du terrorisme.  En conclusion, il a appelé à l’organisation d’une conférence de haut niveau afin de débattre d’une convention contre le terrorisme international, sous les auspices des Nations Unies.

Mme LIZANNE ACHING (Trinité-et-Tobago), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a jugé que le terrorisme était « un affront inacceptable à toute l’humanité ».  Elle a réitéré son inquiétude face à l’augmentation de ces actes, ainsi qu’à l’émergence de groupes extrémistes radicaux.  Des mesures doivent être prises afin d’éviter le financement du terrorisme, a-t-elle déclaré.  En outre, compte tenu de l’utilisation croissante des médias sociaux pour promouvoir les activités terroristes, mais aussi pour générer des fonds, il est important de développer des technologies de contrôle des comportements illicites sur Internet et d’empêcher les terroristes d’intercepter les réseaux en ligne.

La représentante a ajouté qu’une convention mondiale sur le terrorisme international serait l’instrument approprié pour poursuivre les terroristes et renforcer la capacité des États, en particulier des petits États, à lutter efficacement contre ce phénomène.  Il faut aussi s’attaquer aux causes profondes du terrorisme et de la radicalisation, comme la marginalisation, le chômage ou les inégalités, et d'autres facteurs sociaux et politiques.  Plus encore, les mesures antiterroristes devraient être conformes au droit international, à savoir les droits de l’homme, le droit international humanitaire et le droit des réfugiés, a-t-elle ajouté.

Mme EGLANTINE CUJO, représentante de l’Union européenne, a déclaré que le terrorisme international continuait à faire peser une menace sur la paix et la sécurité internationales.  L’Europe a été récemment la cible de ces attaques haineuses, qui ont aussi frappé partout dans le monde.  Il est de notre responsabilité d’y répondre ensemble, non seulement en condamnant, mais aussi en travaillant à la prévention et à la répression du terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, a-t-elle déclaré.  « Nous connaissons à présent un nouvel élan à l’Assemblée générale avec la création du Bureau de lutte contre le terrorisme », dirigé par le Secrétaire général adjoint M. Vladimir Voronkof, s’est-elle félicitée.

L’Union européenne a réitéré ses engagements pour lutter contre le terrorisme international, à savoir: répondre à la menace engendrée par le retour des combattants terroristes étrangers; prévenir la radicalisation ; sanctionner les terroristes et ceux qui les soutiennent; améliorer l’échange d’informations; renforcer le Centre européen de lutte contre le terrorisme; protéger les citoyens et les infrastructures.

L’Union européenne a aussi renforcé son cadre juridique avec l’adoption, en septembre 2016, du régime des sanctions autonomes de l’Union européenne contre l’État islamique et Al-Qaida, a expliqué la représentante.  Le Plan d’action de la Commission européenne pour renforcer la lutte contre le financement du terrorisme, adopté en février 2016, a aussi identifié un certain nombre de domaines dans lesquels la lutte contre le financement du terrorisme peut être améliorée.  Le résultat a été l’adoption d’une nouvelle directive au niveau européen.

Par ailleurs, Mme Cujo a rappelé que l’Union européenne avait récemment mis en place un groupe d’experts de haut niveau sur la radicalisation.  Nous souhaitons des Nations Unies efficaces qui pilotent un agenda global pour lutter contre le terrorisme, a-t-elle lancé.  En ce qui concerne le régime de sanctions, elle a réitéré son plein soutien au Bureau du Médiateur du Comité 1267 et souhaité la nomination immédiate du successeur de Mme Catherine Marchi-Ubel.

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. SOVANN KE (Cambodge) a déclaré que l’ASEAN demeurait fortement préoccupée par la menace terroriste et soutenait pleinement la Stratégie antiterroriste mondiale de l'Organisation des Nations Unies.  « Nous sommes impatients de contribuer activement aux discussions du sixième examen semestriel de la Stratégie, qui aura lieu en 2018 », a ajouté le représentant, avant de saluer la création du nouveau Bureau de l’Organisation des Nations Unies de lutte contre le terrorisme, le 15 juin dernier, avec à sa tête un Secrétaire général adjoint.  Tout en plébiscitant également les travaux réalisés par la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme et le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme, M. Sovann Ke a appelé à faire en sorte « d’éviter les doublons » dans la lutte contre ce fléau, notamment en mettant en place une « approche intégrée et exhaustive ».

En signe de l’engagement de l’ASEAN dans la lutte contre la menace terroriste, le représentant a souligné que les 10 États composant l’organisation régionale avaient tous ratifié la Convention de l'ASEAN sur la lutte contre le terrorisme.  Lors du dernier sommet de l’ASEAN, a-t-il poursuivi, ces États se sont également engagés à redoubler d’efforts pour renforcer la coopération régionale afin de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, y compris la traite des personnes.  M. Sovann Ke a toutefois rappelé que cette lutte devait se faire dans le respect du droit international humanitaire et que le terrorisme ne devait pas être amalgamé avec « une race, religion, nationalité ou ethnicité » particulière.

Au nom des délégations du groupe CANZ (Canada, Australie et la Nouvelle-Zélande), Mme CARRIE McDOUGALL (Australie) a déploré que Daech ait étendu son influence en Asie du Sud-Est, notamment dans le cadre du siège orchestré par le groupe terroriste dans la ville de Marawi, aux Philippines.  « Dans le reste du monde, nous avons constaté l’augmentation du nombre d’individus décidés à entreprendre des attaques d’un faible degré de sophistication sur leur sol national, et nous demeurons préoccupés par les déplacements des combattants terroristes étrangers », a-t-elle ajouté.

Tout en renouvelant son soutien envers la finalisation d’une convention générale sur le terrorisme international, Mme McDougall a estimé qu’en l’absence d’un accord sur un document provisoire, la priorité devait être accordée à la mise en œuvre les conventions existantes de lutte contre le terrorisme et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  « Nous exhortons les États Membres à devenir parties à ces conventions et à intégrer leurs obligations au sein de leur loi nationale », a-t-elle appelé.  Elle a également demandé aux États de faire en sorte d’harmoniser leurs lois nationales avec les résolutions 1373, 2178 et 2322 du Conseil.

Mme McDougall a par ailleurs renouvelé le soutien des délégations du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande au Plan d'action du Secrétaire général des Nations unies pour la prévention de l'extrémisme violent.  Elle s’est dite impatiente de travailler avec le Secrétaire général adjoint du nouveau Bureau de l’ONU de lutte contre le terrorisme, M. Vladimir Voronkov.

Se disant opposée au terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, Mme MARÍA EMMA MEJÍA VÉLEZ (Colombie) a appelé à la pleine mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  Selon elle, la lutte contre le terrorisme doit faire partie intégrante des responsabilités qui incombent aux États en vertu du droit international, des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  La propagation d’idéologies violentes et extrémistes représente l’un des problèmes actuels les plus graves, a estimé la représentante, pour qui seule une action concertée, telle que le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent peut permettre de faire face à ce fléau.

Il est nécessaire d’aller au-delà de la seule dimension militaire et favoriser le développement, la bonne gouvernance et les droits de l’homme, y compris les droits des victimes, a-t-elle ajouté.  Rappelant les succès récents de son pays pour mettre un terme aux conflits intérieurs contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et l’Armée de libération nationale (ELN), elle a souligné l’importance du dialogue et de la négociation, appuyés par le désarmement, afin de « réduire le niveau des menaces qui pèsent sur la société ».

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA VELÁSQUEZ (Pérou) a déclaré que son pays, qui a subi les violences terroristes durant des décennies, rejetait le terrorisme sous toutes ses formes et manifestions.  Insistant sur la nécessité de réduire les facteurs structurels propices à la radicalisation, il a souhaité une approche globale contre l’extrémisme violent.

Le représentant a souligné que la prolifération des groupes terroristes dépendait en partie de leur accès à des sources financières.  Nous devons les attaquer sur ces aspects, a-t-il déclaré, tout comme les activités de la délinquance internationale.  À cet égard, il est nécessaire de renforcer les cellules de lutte contre le blanchiment d’argent.  Nous devons prévenir l’utilisation abusive des réseaux sociaux et améliorer la formation à l’exercice de ces technologies, a-t-il ajouté en notant que les groupes terroristes utilisaient tous les espaces possibles pour diffuser leur idéologie de haine. 

M. Meza-Cuadra Velásquez a évoqué les lois que son pays a prises pour lutter contre le terrorisme.  « Nous avons érigé en infraction l’apologie du terrorisme », a-t-il déclaré.  Il a déploré l’impossibilité de trouver un accord international sur le terrorisme.  « Nous devrions pouvoir lancer un signal fort contre le terrorisme ».  En conséquence, il a réitéré son appel pour résoudre les divergences relatives à l’adoption d’une telle convention.

M. YEDLA UMASANKAR (Inde) a salué la création du nouveau Bureau de lutte contre le terrorisme, en espérant qu’il entretienne des relations étroites avec les États Membres et le Conseil de sécurité.  « Alors que le Conseil de sécurité doit gérer des questions liées au maintien de la paix et de la sécurité internationales, l’Assemblée générale doit également jouer un rôle important pour lutter contre le terrorisme international », a-t-il estimé.  Partant de ce principe, le représentant a rappelé l’importance des travaux du Comité ad hoc créé en 1996 par l’Assemblée pour la formulation d’instruments internationaux de lutte contre le terrorisme.  Selon lui, au cours des 20 dernières années, le Comité a permis l’adoption d’instruments importants, tels que la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à l’explosif, en 1997, la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme, en 1999, et la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, en 2005.

Tout en saluant ces évolutions positives, le délégué a regretté l’absence de progrès du Comité ad hoc concernant l’adoption d’une convention générale sur le terrorisme international, une proposition introduite par son pays en 1996, a-t-il rappelé.  « Nous croyons que la persistance d’intérêts politiques étroits continue de faire obstacle à des avancées significatives », a-t-il dit, tout en renouvelant l’appui de son pays en faveur de la version du document provisoire de la convention proposé par le Coordonnateur du Comité ad hoc en 2007.  Il a par ailleurs condamné l’aide directe ou indirecte accordée à des groupes terroristes par des États.  « L’utilisation du terrorisme comme un instrument de politique publique ne doit pas être tolérée », a-t-il conclu.

M. DAVID LIANG (Singapour) a considéré que le terrorisme demeure une menace à la paix et la sécurité internationales, comme en témoignent les nouvelles formes qu’il prend, avec le retour des combattants terroristes étrangers de zones de conflit et la hausse des actes isolés par des « loups solitaires » autoradicalisés.  Au niveau national, chaque pays, a-t-il préconisé, devrait recourir à des actions vigoureuses et coordonnées, à l’instar de celles prises par Singapour, qui s’est dotée d’une stratégie adéquate et dont les forces de sécurité sont formées et équipées à prévenir les actes terroristes.  

Le représentant a également reconnu l’importance de faire des communautés « une première ligne de défense », en les sensibilisant aux risques posés par la radicalisation et l’extrémisme.  Sur le plan international, une réponse coordonnée est nécessaire, a-t-il poursuivi, en rappelant que son propre pays est partie à 14 instruments universels de lutte antiterroriste, dont la Convention sur la lutte contre le terrorisme de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).  Enfin, a ajouté M. Liang, Singapour demeure mobilisée pour détecter et lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, notamment dans le cadre d’une coopération avec le Groupe d'action financière (GAFI).

M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a réitéré la primauté du principe d’égalité entre les États Membres.  Il est revenu sur l’expérience vécue par son pays au cours des sept dernières années, suite à une décision « irresponsable » prise par certains États Membres, notamment ceux du Conseil de sécurité.  Les progrès demeureront limités tant que les États ne se mettront pas d’accord sur la définition du terrorisme, a averti le représentant, avant de plaider pour l’adoption d’une convention de lutte antiterroriste universelle et contraignante.  Certains États qui possèdent un pouvoir, une influence et des richesses considérables cherchent à imposer leur hégémonie et à armer des terroristes dans les pays avec lesquels ils ne sont pas d’accord, a-t-il fustigé, les accusant d’utiliser les groupes terroristes pour déstabiliser et détruire d’autres États et provoquer le déplacement de personnes « envoyées en mer pour mourir ». 

Poursuivant son intervention, il a déploré l’envoi de combattants étrangers en Iraq, puis en Syrie, dans le cadre d’un processus planifié impliquant les services de renseignement de certains gouvernements.  Des centres étaient prêts à accueillir ces terroristes que nous devons appeler maintenant « opposition syrienne modérée ou armée », a ajouté le représentant.  La Syrie exige une volonté politique réelle de lutter contre le terrorisme et de traduire les responsables en justice, a-t-il conclu.

M. JONATHAN DOWDALL (Royaume-Uni), après s’être aligné sur la déclaration de l’Union européenne, a soulevé d’autres questions.  Il a ainsi attiré l’attention de la Commission sur le nouveau partenariat avec l’industrie de l’Internet dans la lutte contre le terrorisme et, en particulier, sur l’exploitation potentielle de leurs services par les terroristes.  Notant que les Nations Unies sont à la croisée des chemins en ce qui concerne la lutte contre l’extrémisme violent, il a remercié les États qui se sont joints à son pays pour encourager une approche centrée sur la prévention. 

Par ailleurs, la mission mondiale pour assurer la sécurité dans le domaine de l’aviation civile internationale doit se poursuivre, a estimé le représentant.  Une année s’est écoulée depuis que le Conseil de sécurité a pris une résolution à ce sujet.  Il a encouragé les États à mettre en œuvre de nouvelles mesures pour protéger cet aspect vital de l’économie mondiale.

Le respect du droit international, en particulier les droits de l'homme et le droit international humanitaire, est primordial dans la lutte contre le terrorisme, a insisté Mme DAMARIS CARNAL (Suisse).  « Il est de notre responsabilité d’assurer que les mesures internationales et nationales adoptées dans la lutte contre le terrorisme ne fassent pas obstacle aux efforts déployés en faveur des victimes de conflits armés et aux autres activités entreprises conformément au droit international humanitaire », a-t-elle déclaré.  Pour cette raison, elle a appuyé l’établissement d’une convention globale sur le terrorisme international qui garantisse le respect du droit international humanitaire.

La représentante a soutenu le Secrétaire général adjoint à la tête du nouveau Bureau de lutte contre le terrorisme dans ses efforts pour une mise en œuvre harmonisée et équilibrée de la Stratégie antiterroriste mondiale et du Plan d’action du Secrétaire général sur la prévention de l’extrémisme violent.  De plus, en tant que Coprésidente du groupe de travail sur la justice pénale et l’état de droit avec le Nigéria au sein du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF), la Suisse mettra l’accent sur la collecte, le partage et l’utilisation de preuves, les mesures administratives, la justice des mineurs et le rôle des femmes.

Pas un jour ou presque ne passe sans que l’on dénombre une attaque terroriste quelque part dans le monde, s’est lamenté M. JUAN SANDOVAL MENDIOLEA (Mexique).  Rien qu’en 2017, quelque 700 attaques terroristes ayant coûté la vie à 4 450 personnes ont eu lieu.  « Cette réalité ne peut pas durer. »

Le représentant a jugé nécessaire « un ajustement juridique » pour s’adapter aux évolutions des groupes terroristes.  Grâce à l’accès aux plateformes électroniques, les idées de haine se propagent et touchent les plus jeunes.  Il faut par conséquent trouver des stratégies pour lutter contre ce phénomène, mais aucune solution ne fonctionnera si elle n’englobe pas une vision plus large de l’inclusion sociale et du développement durable.  Le représentant a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de continuer à travailler conjointement pour améliorer la coopération judiciaire internationale.

Par ailleurs, M. Sandoval Mendiolea s’est dit préoccupé par le fait que certains États invoquent de manière récurrente l’Article 51 de la Charte des Nations Unies sur le droit de légitime défense pour faire face par la voie militaire aux groupes terroristes, ce qui risque de multiplier les exceptions à l’interdiction générale de l’usage de la force contenue dans l’Article 2.4 de la Charte.

D’après M. OMER DAHAB FADL MOHAMED (Soudan), la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale n’est possible qu’à partir d’une approche responsable et équilibrée.  S’il s’est félicité des recommandations du Secrétaire général concernant le rôle que l’ONU doit jouer pour aider les États Membres à cet égard, il a également souhaité que le Bureau de lutte contre le terrorisme respecte leur souveraineté.  La guerre contre le terrorisme doit nous permettre de défendre nos valeurs humaines et mettre en application l’état de droit, a-t-il fait valoir.

Le représentant a plaidé pour une plus grande coopération entre les États et pour le renforcement de l’échange de renseignement entre l’ONU, les États et l’Organisation internationale de police criminelle, INTERPOL.  La Stratégie antiterroriste mondiale est l’un des outils les plus importants à la disposition des États, a-t-il reconnu, ajoutant que le cadre législatif national du Soudan a été adapté pour en assurer la conformité.  En outre, le Soudan a récemment adopté un plan en sept points visant à prévenir le terrorisme, qui met l’accent sur le dialogue et le développement. 

M. MOHAMMED BESSEDIK (Algérie), s’exprimant au nom du Groupe africain, a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, quelles qu’en soient les justifications.  D’après lui, la convention générale sur le terrorisme international ne devrait en aucun cas limiter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.  Quant à la proposition de convoquer une réunion de haut niveau, elle devrait faire l’objet d’un examen rigoureux et être sérieusement envisagée.

Le continent déploie des efforts colossaux pour lutter contre le terrorisme, a assuré le représentant.  À titre d’exemple, il a salué le travail de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  En outre, les pays africains et les groupes sous-régionaux ont pris des mesures louables pour combattre la criminalité, dont la piraterie.  Pour avoir un impact durable, nous savons qu’il faut lutter contre les racines et les facteurs du terrorisme et de l’extrémisme violent, a-t-il déclaré.

Les plans d’action contre la déradicalisation sont mis en place en prenant en compte les spécificités du continent africain, a expliqué le représentant.  Selon lui, il faut prendre des mesures pour assurer une application plus efficace des conventions contre le terrorisme et des résolutions de l’ONU, et pour renforcer les capacités des pays en développement.

M. VASSANA MOUNSAVENG (République démocratique populaire lao) a estimé que le terrorisme constitue l’une des plus graves menaces à la paix et à la sécurité internationales.  Les terroristes utilisent des outils qui sont présents dans notre vie quotidienne, des couteaux, des camionnettes ou des bus, a-t-il constaté, ce qui rend difficile la prévention de leurs actes.  Il a réitéré sa position consistant à condamner les actes terroristes sous toutes leurs formes et manifestations.  En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, il a déclaré qu’il faut s’attaquer à ses causes, ce qui implique la coopération de tous les pays pour mettre en œuvre des stratégies au niveau de la communauté internationale.

Au niveau régional, son pays joue un rôle actif, notamment pour la mise en œuvre de la Convention antiterroriste de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a expliqué M. Mounsaveng.  Au niveau international, le représentant a déclaré soutenir les efforts de la communauté internationale dans le combat contre le terrorisme.  Ainsi, le Laos fait-il partie de 13 autres pays ayant ratifié les conventions internationales pertinentes sur l’antiterrorisme, a-t-il rappelé.

M. AHMAD MOHAMED AL-THANI (Qatar), se félicitant de la création du Bureau de lutte contre le terrorisme, a souhaité le renforcement de la coopération entre les États Membres afin de lutter contre le terrorisme international.  Il a appelé à poursuivre le travail visant à élaborer une convention générale sur le terrorisme international comprenant une définition claire du terrorisme qui ne serait pas liée à une religion ou à une culture particulière.  Il faut opérer une distinction claire entre le terrorisme et le droit à l’autodétermination et à la résistance à l’occupation étrangère, a-t-il précisé.  Selon lui, les efforts « pour politiser le terrorisme dans le but d’opprimer des opposants politiques ou pour diffamer un État afin de l’isoler » sapent les efforts de la lutte antiterroriste et la mise en place de la Stratégie antiterroriste mondiale.

Le Qatar a renforcé ses partenariats internationaux et régionaux, notamment avec les Nations Unies, afin d’éradiquer le fléau du terrorisme, a rappelé le représentant, tout en remplissant ses obligations découlant des décisions du Conseil de sécurité relatives à la lutte contre le terrorisme et à son financement, y compris le gel des avoirs et les embargos sur les armes.  Après avoir souligné que le Qatar a participé au gel des avoirs et à la création de listes nationales pour les entités et individus impliqués dans le terrorisme, il a fustigé les efforts de certains pays visant à salir la réputation de son pays. 

Par ailleurs, le Qatar a œuvré au renforcement des capacités et financé des projets visant à favoriser le développement et à éradiquer le terrorisme, notamment au sein de la coalition internationale qui lutte contre le Daech.  Le Qatar, a poursuivi le représentant, est l’un des plus importants donateurs au Fonds mondial pour l’engagement de la communauté et la résilience, qui se réunira à Doha en décembre prochain.

En dépit de l’adoption par l’Assemblée générale, en décembre 2016, d’une résolution concernant les mesures à prendre pour éliminer le terrorisme international, a déploré M. JUN HASEBE  (Japon), de nombreuses attaques terroristes ont continué de se produire à travers le monde.  « Cette menace rend nécessaires de toute urgence des efforts internationaux concertés, dans le cadre desquels les Nations Unies doivent jouer un rôle central », a estimé le représentant, tout en saluant la création du Bureau de l’ONU de lutte contre le terrorisme.  « Nous espérons que ce nouveau bureau permettra de coordonner efficacement les activités de lutte contre le terrorisme entre les agences de l’ONU », a-t-il ajouté. 

Le délégué du Japon a également salué l’adoption récente, à l’unanimité, de plusieurs résolutions par le Conseil de sécurité, y compris la résolution 2370 pour empêcher les terroristes d’acquérir des armes et la résolution 2368, qui met à jour les sanctions imposées à Daech et Al-Qaida.

Dans le cadre de ces efforts, le représentant a déclaré que son pays avait alloué, en septembre dernier, 45 milliards de yen pour soutenir la lutte contre le terrorisme en Asie et former 2 000 agents antiterroristes dans le courant des trois prochaines années.  En tant que pays d’accueil de la prochaine coupe du monde de rugby, en 2019, et des prochains Jeux olympiques, en 2020, a ajouté le représentant, le Japon renforce actuellement sa capacité de lutte contre le terrorisme, aussi bien au plan logistique que légal.

Le Bureau de lutte contre le terrorisme donnera de la visibilité aux travaux de l’ONU pour appliquer la Stratégie antiterroriste mondiale et ses quatre piliers, a estimé M. OMAR HILALE (Maroc).  Le représentant a regretté que malgré tous nos efforts, le terrorisme international continuait de faire des victimes, comme cela a encore été le cas la semaine passée, citant les différents lieux où celui-ci a frappé.  En outre, le terrorisme ne doit être assimilé à un groupe ethnique ou religion, a-t-il déclaré.

Le phénomène des combattants terroristes étrangers ne cessant de s’exacerber, le Maroc a accueilli de nombreuses réunions sur la sécurité des frontières, a poursuivi le représentant.  Il a dénoncé le fait que les terroristes s’organisent, sont habitués aux méthodes les plus macabres et peuvent s’adresser aux jeunes, notamment grâce aux réseaux sociaux.  Cela doit nous inciter à renforcer la coopération régionale et internationale, notamment sous l’égide de l’ONU, a-t-il insisté, car « aucun pays n’est à l’abri et aucun pays ne peut se targuer de pouvoir lutter seul contre le terrorisme ».

Au niveau national, le Maroc parie, entre autres moyens, sur le lancement d’un programme de déradicalisation.  Ainsi, l’expérience marocaine concernant les prédicateurs a-t-elle été partagée en Afrique et ailleurs grâce à des accords internationaux.

M. ESSA A. E. ESSA (Libye) a réaffirmé sa condamnation du terrorisme sous toutes ses formes, tout en soulignant que ce fléau mondial ne peut être associé à aucune religion ou culture en particulier.  Il nous faut adopter un plan global efficace dans le cadre d’un accord international basé sur les causes profondes du terrorisme, le renforcement des capacités, les droits de l’homme et la souveraineté des États Membres, a-t-il fait valoir.  Il a appuyé la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, étant entendu que les solutions militaires ne sont pas suffisantes.  Selon lui, la communauté internationale doit agir en vertu des résolutions du Conseil de sécurité et annihiler ces mouvements. 

La lutte contre le crime organisé, le blanchiment d’argent et le trafic d’êtres humains sont tous instrumentalisés par les groupes terroristes afin de financer leurs activités, a souligné le représentant.  Une base de données sur les individus impliqués dans ces activités, ainsi que dans le trafic d’armes, doit être créée et partagée entre les États, a-t-il recommandé.

En outre, la stabilité des États qui souffrent du terrorisme et leurs capacités doivent être renforcées afin d’empêcher que les terroristes puissent s’y réfugier.  Malgré les bouleversements qui secouent son pays, les institutions libyennes doivent avoir les moyens, en armes et argent, de lutter contre le terrorisme, a-t-il fait valoir.  Enfin, selon lui, les États Membres doivent parvenir à une mouture finale de la convention générale sur le terrorisme international, y compris une définition claire du terrorisme qui exclut le droit à l’autodétermination et la lutte contre l’occupation étrangère.

M. SHI XIAOBIN (Chine) a estimé qu’au cours de l’année passée, les efforts de lutte antiterroriste et la coopération internationale avaient produit des résultats positifs, bien que le nombre d’attaques ait augmenté.  Pour combattre le terrorisme, la communauté internationale doit parvenir à un consensus plus large et créer des synergies plus fortes, a déclaré le représentant, appelant toutes les parties à combattre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations et à rejeter tout lien avec une religion ou un groupe ethnique spécifique. 

En outre, a recommandé M. Xiaobin, nous devons adopter une approche globale afin de nous attaquer aux causes profondes du terrorisme, tout en poursuivant sans relâche la lutte contre le recrutement et le financement des mouvements terroristes, y compris en ligne.  À cette fin, les États doivent renforcer leurs efforts pour éradiquer la pauvreté, améliorer l’éducation et le développement, et promouvoir le dialogue et les échanges. 

Les Nations Unies et le Conseil de sécurité ont un rôle essentiel à jouer en matière de coordination et de consolidation des ressources, notamment au sein de ses organes dédiés à la lutte contre le terrorisme.  La Chine, a-t-il affirmé, est une « victime du terrorisme », qui poursuit son combat contre les terroristes du « Turkestan oriental ».  

M. DARJA BAVDAŽ KURET (Slovénie) a estimé que les programmes visant à prévenir la propagation d’idées radicales et de l’extrémisme violent étaient d’une importance capitale dans la lutte contre le terrorisme sur le long terme, s’agissant en particulier des populations jeunes.  La coopération régionale est également un élément clef de cette lutte, a-t-il poursuivi, avant d’ajouter que les Balkans occidentaux étaient actuellement dans la ligne de mire des terroristes.  « Daech a le regard tourné au-delà de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, pour établir de futures zones de recrutement et des bases logistiques », s’est inquiété M. Kuret, ajoutant que, en tant que zone de transit entre l’Europe et la Syrie ou l’Iraq, les Balkans occidentaux étaient particulièrement exposés à la radicalisation et l’extrémisme prônés par Daech.

Soulignant par ailleurs le lien entre criminalité organisée et terrorisme, le représentant a rappelé que son pays avait récemment proposé une initiative de lutte contre le terrorisme dans les Balkans occidentaux.  La Slovénie a également soumis, en janvier 2016, un projet d’amélioration des échanges d’informations entre les services de renseignement de la région, ainsi que la mise en œuvre de standards internationaux unifiés pour la conduite d’enquêtes et la poursuite des terroristes.  En mai 2017, a-t-il ajouté, le Code pénal slovène a été amendé afin d’y introduire des dispositions plus sévères contre le terrorisme. 

M. YEMDAOGO ERIC TIARE (Burkina Faso) a déclaré qu’à l’instar de nombreux pays de la bande sahélo-saharienne, son pays fait face au terrorisme qui entrave les efforts de développement économique et porte atteinte aux droits humains.  Le Burkina Faso a été victime de nombreuses attaques depuis 2014, a-t-il rappelé.  Détaillant les réformes juridiques et institutionnelles entreprises pour lutter contre la recrudescence des actes terroristes, il a souligné l’adoption de la loi antiterroriste de 2015, ainsi que la création d’un pôle judiciaire spécialisé.

Convaincu qu’une des causes du terrorisme est la pauvreté, le représentant a souligné les efforts réalisés à travers le programme d’urgence pour le Sahel couvrant la période 2017-2020, dont le coût est estimé à 750 millions de dollars.  Ce programme vise à améliorer l’accès aux services sociaux, à renforcer la gouvernance administrative et la sécurité des populations.  Il a estimé que la lutte contre le terrorisme ne sera couronnée de succès que si elle s’inscrit dans une approche globale.  Il a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte son soutien financier au G5 Sahel et à la mise en place de la Force conjointe du G5 Sahel, avec pour objectif de combattre ce fléau dans l’ensemble des pays concernés, à savoir le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

M. NONTAWAT CHANDRTRI (Thaïlande) a déclaré que son pays avait entrepris de renforcer son cadre juridique national de lutte contre le terrorisme.  La Thaïlande, a-t-il poursuivi, a également pris des mesures pour mettre en œuvre la résolution 1373 du Conseil de sécurité, afin de lutter contre le blanchiment d’argent et couper les sources de financement des terroristes. 

Au niveau régional, M. Chandrtri a déclaré que son pays demeurait engagé dans la mise en œuvre de la Convention de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) sur la lutte contre le terrorisme.  Sur le plan international, a-t-il poursuivi, la Thaïlande est désormais partie à neuf instruments liés à la lutte contre le terrorisme et s’efforce actuellement de prendre les mesures nécessaires pour devenir partie à la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, la Convention sur la protection physique des matières nucléaires et la Convention sur la répression des actes illicites dirigés contre l’’aviation civile internationale.

S’agissant de la coopération de son pays avec les Nations Unies, M. Chandrtri a déclaré que la Thaïlande soutenait la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  À cette fin, il a apporté son soutien à la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, au Comité du Conseil contre le terrorisme et au nouveau Bureau de lutte contre le terrorisme.

Le représentant d’El Salvador a réaffirmé le rejet par son pays du terrorisme, peu importe les circonstances, et réaffirmé son entière disposition à mettre en place les mesures nécessaires afin d’assurer la prévention et la poursuite judiciaire des actes terroristes.  Il a rappelé que son pays avait ratifié la « grande majorité » des traités régionaux et internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme, y compris les mesures visant à empêcher son financement.  El Salvador a adopté, en 2006, une loi spéciale contre les actes terroristes, afin de prévenir et de sanctionner tout délit en lien avec le terrorisme, a rappelé le représentant.  En outre, El Salvador a renforcé la formation afin de prévenir le terrorisme, d’accroître l’aide aux victimes ainsi que la lutte contre le crime organisé, en plus de participer à des projets régionaux, sous les auspices de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). 

El Salvador considère que le terrorisme met en péril la paix et la sécurité internationales et menace le développement social et économique, a poursuivi le représentant, ajoutant que les mesures de lutte contre le terrorisme doivent être conformes à l’état de droit, au droit international humanitaire et à la Charte des Nations Unies. 

M. NAWAF SALAM (Liban) a rappelé que son pays avait montré son unité lors de l’épreuve endurée par huit soldats libanais pris en otage depuis 2014, alors qu’ils combattaient courageusement Daech et el-Nosra.  « Notre armée a éliminé la présence militaire de ces organisations terroristes », a-t-il déclaré. 

Il est important d’être vigilant avec les mots que l’on emploie lorsqu’on parle du terrorisme, a averti le représentant.  Ainsi, certains actes sont-ils labellisés « terroristes » pour le simple fait qu’ils ont été commis par les membres d’une religion.  Par ailleurs, il a été récemment observé que le droit légitime de résister à l’occupation étrangère et le droit à l’autodétermination, reconnus par le droit international, sont souvent qualifiés de terrorisme.  En contraste, des actes criminels commis par des colons dans les territoires illégalement occupés ne sont pas qualifiés de terroristes, mais d’actes violents, s’est étonné M. Salam.  D’où l’importance de définir clairement le terrorisme, dans le contexte du Groupe de travail sur le projet de convention générale sur le terrorisme international, a-t-il insisté.

Le représentant a vu dans la création du Bureau de lutte contre le terrorisme une étape positive, et, a-t-il ajouté, « nous sommes confiants dans le fait que le Bureau aidera à améliorer la coordination et la cohérence des activités antiterroristes ».  En ce qui concerne précisément la Stratégie antiterroriste mondiale, il a lancé un appel pour une mise en œuvre équilibrée de ses quatre piliers, même si la prévention doit avoir une place importante.

Le Togo a ratifié nombre d’instruments juridiques internationaux relatifs à la lutte antiterroriste, a fait remarquer M. FINTAKPA LAMEGA DEKALEGA (Togo).  Une cellule nationale de traitement des transactions financières a été créée dans la foulée de l’adoption du Protocole de Palerme, a-t-il ajouté. 

Après avoir énuméré les récents attentats terroristes commis dans le monde, le représentant a plaidé pour une action concertée de l’ensemble de la communauté internationale pour combattre le terrorisme.  Le Togo a récemment réaffirmé sa position de fermeté face à la menace terroriste lors de rencontres internationales de haut niveau.  En outre, il a appelé à une plus grande coopération régionale et à la mutualisation de la collecte et du partage des renseignements. 

Mme ALINA JULIA ARGÜELLO GONZÁLEZ  (Nicaragua) a condamné avec force les actes terroristes commis à Las Vegas et a présenté ses condoléances à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers.  Elle a réitéré sa ferme condamnation du terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, y compris le terrorisme d’État dont son peuple a été victime.

La représentante a lancé un appel pour lutter contre les fonds terroristes.  Le terrorisme ne saurait être assimilé à un groupe ethnique ou une religion, a-t-elle rappelé.  Elle s’est déclarée extrêmement préoccupée par le fait que des guerres sont menées au nom du terrorisme.  « Nous devons agir et condamner les auteurs d’actes terroristes. »  Appuyant la tenue d’une conférence sur le terrorisme, elle a encouragé tous les États Membres à aller dans ce sens.  Dans le monde actuel, les Nations Unies doivent encourager la solidarité entre êtres humains et la paix dans le monde, a-t-elle conclu.

Des attaques terroristes se sont produites récemment aux quatre coins du monde, et son pays n’a pas été épargné, a relevé M. AMIT HEUMANN (Israël).  Les organisations terroristes se sont rapidement adaptées à de nouveaux moyens, notamment technologiques, afin de mener des attentats, s’est inquiété le représentant, pour qui Internet est devenu une « plateforme dangereuse pour inspirer les martyres et promouvoir l’extrémisme violent ».  Il a rappelé à cet égard les efforts de son pays, de concert avec la communauté internationale, pour combattre cette « menace mondiale » à l’aide de moyens créatifs.  Israël demeure engagé à combattre le terrorisme par des moyens conformes au droit international et à ses obligations nationales et internationales, a-t-il assuré, rappelant l’adoption récente par Israël d’une loi antiterroriste globale reposant sur l’état de droit. 

Par ailleurs, a souligné le représentant, Israël soutient l’adoption d’une convention générale sur le terrorisme international qui souligne qu’aucune cause ne peut justifier le terrorisme.  « Nous ne pouvons pas continuer d’appliquer l’approche du deux poids, deux mesures, selon le groupe terroriste en cause », a lancé le représentant, ajoutant que seule une politique de tolérance zéro peut permettre de lutter contre le terrorisme.  Aucun « acte de libération » ne peut justifier le terrorisme, a-t-il martelé, ajoutant qu’Israël ne fera pas de « compromis par souci de consensus » sur cette question. 

Selon M. YEVGEN LISUCHENKO (Ukraine), la coopération est vitale pour lutter contre le terrorisme.  Les Nations Unies et le Conseil de sécurité doivent ainsi jouer un rôle en la matière.  « Nous sommes convaincus que les organes et agences des Nations Unies peuvent fournir une aide aux États pour lutter contre le phénomène des combattants étrangers et le blanchiment d’argent, tout en respectant les droits de l’homme », a-t-il indiqué.  Il a noté que plusieurs initiatives ont été prises par le Royaume-Uni, la France et l’Italie, notamment pour combattre la diffusion sur Internet des idéologies terroristes.

Notre objectif commun devrait être de faire rendre des comptes non seulement aux terroristes, mais aussi aux « mentors » des terroristes, surtout si ceux-ci sont un État, a avancé le représentant.  Par exemple, l’Ukraine a été victime, dans l’est du pays, d’un terrorisme soutenu par un autre pays, la Russie.  Il est par ailleurs important de ne pas livrer d’armes aux terroristes, mais la Fédération de Russie n’a pas respecté cette obligation, a-t-il déploré.  Il faut aussi empêcher le recrutement des combattants étrangers et, là encore, la Russie ne fait rien, au contraire, s’est-il plaint.  En outre, la Russie a lancé une campagne de masse pour laver l’image des terroristes qui continuent à tuer au Donbass.

Mme MIRTA GRANDA AVERHOFF (Cuba) a rappelé que son pays avait soutenu la proposition du Secrétaire général de créer un bureau de lutte contre le terrorisme.  « La nouvelle structure devrait se centrer sur les moyens les plus efficaces de mettre en œuvre la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies », a-t-elle appelé. 

Par ailleurs, la représentante a estimé que les pays ayant pour pratique de financer, d’appuyer et de promouvoir des « actes subversifs » à des fins de « changement de régime », ainsi que des « messages de haine et d’intolérance contre certaines personnes, cultures ou systèmes politiques », violaient les principes de la Charte de l’ONU.  La communauté internationale, a-t-elle ajouté, ne peut pas accepter que, « sous prétexte de lutter contre le terrorisme », certains États se livrent à des actes d’agression, « de manière directe ou indirecte », contre des États souverains, en violation flagrante du droit international. 

« Cuba, pour avoir défendu son indépendance, sa souveraineté et sa dignité, a depuis des décennies été la victime des conséquences d’actes terroristes, avec pour bilan 3 478 morts et 2 099 personnes handicapées », s’est indignée la représentante.  Plus de 40 ans après l’explosion en plein air d’un avion de la compagnie aérienne cubaine, qui a causé la mort de 73 personnes au large des côtes de la Barbade, justice n’a toujours pas été faite, a-t-elle notamment déploré.  « Son auteur théorique, le terroriste autoproclamé Luis Posada Carriles, court toujours les rues de Miami avec la complicité du Gouvernement américain », a-t-elle déploré.

« Nous réitérons que Cuba n’a jamais pris part à l’organisation, au financement ou à l’exécution d’actes terroristes contre aucun pays que ce soit », a enfin affirmé la représentante.

M. GEORG SPARBER (Liechtenstein) a préconisé que le mandat du Médiateur du Comité 1267 s’étende aux autres régimes de sanctions.  Il a demandé qu’il ait les ressources et le soutien nécessaires pour son travail.  Le respect des droits de l’homme et du droit international doit faire partie de la lutte contre le terrorisme, a-t-il poursuivi.  Les gouvernements impliqués dans cette lutte doivent éviter de contribuer aux résultats qui « trahissent les valeurs que nous cherchons à respecter et qui sont souvent attaquées par les terroristes eux-mêmes ».  Une définition interne trop large du terrorisme peut menacer le droit à la liberté d’expression et d’association, a averti M. Sparber qui a ajouté que la surveillance de masse à l’intérieur et à l’extérieur pourrait miner le droit à la vie privée.

« Nous continuons de constater le non-respect flagrant du droit international humanitaire par les différentes parties aux conflits armés y compris les acteurs non étatiques », a regretté le représentant.  Les gouvernements devraient montrer l’exemple et se conformer aux principes de la légalité, de la nécessité et de la proportionnalité dans leurs actions.  L’érosion du respect du droit international humanitaire peut encourager les perceptions d’injustice qui pourraient éventuellement faciliter la radicalisation et le recrutement de terroristes.

M. Sparber a souligné la nécessité de renforcer la réponse internationale au terrorisme « avec les Nations Unies au centre ».  Soucieux de rationaliser les travaux de la Sixième Commission, il a réitéré son appel à débattre d’une convention générale sur la lutte contre le terrorisme dans le cadre d’un forum unique, notamment la plénière, et à enlever ce point de l’ordre du jour de la Commission.

M. ALBERT SHINGIRO (Burundi) a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, « une violation odieuse du droit positif, une menace à la paix et à la sécurité internationales et au développement économique ».  Il est de l’intérêt de toutes les nations de lutter contre ce fléau, a-t-il continué.  La menace est de caractère transnational et se déplace au gré des conditions.  En outre, le terrorisme ne saurait être associé à une religion, une région, une culture, une nationalité ou une race.

Le représentant a mis l’accent sur différents piliers.  Selon lui, il faut ainsi renforcer la coopération internationale par le biais de l’échange d’informations; adopter une convention générale sur le terrorisme qui fournirait un cadre multilatéral, car « l’absence de définition laisse une marge de manœuvre aux groupes terroristes pour se consolider »; mettre en œuvre la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  Enfin, il a rappelé que son pays avait souscrit à la Convention de l’Union africaine de 1999 et mis à la disposition de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) plus de 500 hommes « pour aider nos frères somaliens à faire face au mouvement des Chabab et ses alliés ».

Mme COUMBA GAYE (Sénégal) a appelé à renforcer les synergies afin de mettre en œuvre toutes les dispositions et résolutions relatives à la prévention et à la lutte contre le terrorisme.  Elle a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, rappelant qu’aucune religion, y compris l’islam, ne peut y être associée.  Bien que des progrès aient été réalisés dans la lutte contre le financement du terrorisme, il faut renforcer les partenariats, notamment avec le secteur privé, afin de s’attaquer aux « sources de financement diversifiées du terrorisme ».  Elle a cité en exemple le paiement de rançons et les activités liées à la criminalité transnationale organisée ainsi que l’exportation de pétrole par des groupes comme Daech. 

Le Sénégal, a assuré la représentante, continue de renforcer son dispositif juridique pour lutter contre le terrorisme, notamment par le biais de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).  Elle s’est félicitée de la mise en place du Bureau de lutte contre le terrorisme, qui a pour objectif d’aider les États à mettre en œuvre la Stratégie antiterroriste mondiale.

Le terrorisme continue de trouver de nouvelles façons d’attaquer, de se financer et de diffuser sa propagande, a signalé M. TORE HATTREM (Norvège).  Cependant, le combat contre l’État islamique est en train de porter ses fruits.  Le groupe terroriste a perdu beaucoup de territoires en Iraq et en Syrie, a-t-il noté.  Pour sa part, la Norvège joue un rôle important dans les efforts contre l’État islamique d'Iraq et du Levant (EIIL).  Il a souligné qu’il y a un grand besoin d’aide humanitaire dans les pays qui ont été libérés de l’EIIL, et que la communauté internationale a une responsabilité importante à cet égard.

Le représentant a jugé essentiel d’engager la société civile pour lutter contre la radicalisation.  Des systèmes politiques inclusifs sont par ailleurs indispensables pour éviter la résurgence d’un nouvel État islamique, a-t-il déclaré.  Il a salué l’initiative du Secrétaire général qui a fait de la quête de la paix sa priorité absolue.  Nous avons besoin de Nations Unies cohérentes pour lutter contre le terrorisme, a-t-il déclaré.  Il faut aussi s’attaquer aux causes profondes de l’extrémisme violent tout en respectant les droits de l’homme.  Nous devons veiller à ce que personne ne se trouve piégé dans des situations de détresse économique favorables au développement du terrorisme.

M. SUHAIMI TAJUDDIN (Malaisie) a condamné tout acte de terrorisme, y compris ceux commis par Daech, qui causent des pertes civiles et endommagent les infrastructures.  Ces attentats sont contraires aux enseignements de l’islam et en ont terni l’image, a-t-il regretté.  Selon lui, il faut s’attaquer aux causes profondes du terrorisme afin de le combattre efficacement, y compris les conflits non résolus.  Soulignant l’importance de la coopération internationale, il a salué la résolution de l’Assemblée générale portant sur l’établissement d’un groupe de travail sur l’élaboration d’une convention générale sur le terrorisme international. 

La Malaisie a adopté des changements législatifs reposant sur la modération afin de mieux prévenir et combattre la menace terroriste et l’extrémisme, a continué le représentant.  Afin de contrer la menace terroriste en ligne, la Malaisie a également créé un centre régional antiterroriste pour l’Asie du Sud-Est et une division des communications digitales stratégiques.

Mme MAISOON AL-DAH (Émirats arabes unis) a indiqué que son pays avait participé à de nombreux forums de lutte contre le terrorisme.  Nous avons veillé à fonder un cadre de travail à cette fin et nous avons adhéré à plus de 15 conventions internationales et régionales pour combattre ce fléau, a-t-elle précisé.  Il faut lutter contre le financement du terrorisme et nous appelons les États Membres à tenir leurs engagements à cet égard, a-t-elle déclaré.

Nous croyons à la nécessité de suivre le principe de prévention et à la nécessité de travailler de concert contre le terrorisme électronique, a ajouté la représentante.  Il est en outre nécessaire d’œuvrer pour mettre en lumière les idées néfastes que les groupes terroristes tentent de faire passer.  Son pays, a-t-elle souligné, espère parvenir à la convention générale sur le terrorisme international par consensus.

La Sri Lanka, qui a subi le terrorisme durant 30 longues années, condamne sans équivoque ce fléau sous toutes ses formes et manifestations, a déclaré Mme SONALI SAMARASINGHE (Sri Lanka).  Elle s’est félicitée de la création du Bureau de lutte contre le terrorisme international.  Nous ferons notre possible pour aider le Bureau dans ses fonctions clefs, a-t-elle promis.

Certes, nous avons progressé dans la lutte contre le terrorisme, mais son évolution est continuelle, a reconnu la représentante.  Tous les États Membres doivent mettre en commun leurs sources d’informations pour lutter contre ce fléau.  Nous devons en outre, dans ce combat, respecter les principes de la Charte.  Cela fait plus de 10 ans que les Nations Unies essaient de trouver un accord sur un projet de convention, a-t-elle déploré.  Toutefois, il faut pouvoir combler des lacunes et il est regrettable de ne pas pouvoir dépasser nos différences.  Il est impératif d’envoyer un message clair et il est urgent d’agir, a-t-elle déclaré en conclusion. 

Déclaration du  Président de l’Assemblée générale

La promotion du droit international est au cœur du mandat des Nations Unies et de sa Charte, qui encourage la mise en place de conditions favorables au maintien et au respect du droit international, a déclaré M. MIROSLAV LAJČÁK, Président de l’Assemblée générale.  Les travaux de la Sixième Commission, qui portent sur des questions qui affectent les populations du monde entier, sont importants à cet égard.  Rappelant que la mission première de la Commission est aussi « d’encourager le développement progressif du droit international », le Président a salué le travail important réalisé par la Commission du droit international en adoptant des projets d’article sur les crimes contre l’humanité. 

De même, le Président a souligné le travail essentiel de la Sixième Commission en vue d’assurer la responsabilité pénale des fonctionnaires et experts des Nations Unies et d’éliminer l’exploitation et les abus sexuels commis dans le cadre de leurs fonctions.

Notant que le droit international n’est pas « figé dans le temps », M. Lajčák a estimé qu’il doit plutôt s’adapter aux circonstances dans lesquelles il opère afin d’être en mesure de répondre de façon adéquate aux nouveaux développements.  Il a cité en exemple la montée du terrorisme, « l’un des plus grands défis auxquels est confronté notre monde », qui nécessite une réponse appropriée.  La révision de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et la poursuite du travail en vue de l’adoption d’une convention générale sur le terrorisme international en sont des éléments cruciaux, a-t-il estimé, appelant les délégations à s’attaquer à ces questions avec une « énergie renouvelée ».  En outre, il a plaidé pour un état de droit fort au sein d’institutions et de systèmes de justice vigoureux, afin d’assurer la reddition de comptes, de lutter contre le financement du terrorisme et de prévenir les conflits.  

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