Désarmement: devant la Première Commission, l’Iran défend sa mise en œuvre du Plan d’action global commun

AG/DSI/3577
10 octobre 2017
Soixante-douzième session, 8e et 9e séances – matin & après-midi

Désarmement: devant la Première Commission, l’Iran défend sa mise en œuvre du Plan d’action global commun

Les appels se multiplient en faveur du renforcement de la lutte contre les armes légères

Les délégations de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale) ont entendu, aujourd’hui, le représentant de la République islamique d’Iran assurer la communauté internationale de la bonne foi de son pays dans le domaine nucléaire.  Au cours de cette dernière journée consacrée à son débat général, la Commission s’est également penchée sur le risque que des organisations terroristes ne s’emparent d’armes de destruction massive.  Les délégations ont par ailleurs plaidé pour la négociation d’un traité interdisant la production de matières fissiles au sein d’une Conférence du désarmement revitalisée, ainsi que pour le renforcement de la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC), « véritables freins au développement ».

« Huit rapports consécutifs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont confirmé que l’Iran mettait pleinement en œuvre les dispositions du Plan d’action global commun [ou accord sur le nucléaire iranien] », a assuré, dans un premier temps, le délégué de l’Iran, avant que le représentant de l’AIEA ne qualifie lui-même le Plan d’action global commun de « succès évident en termes de vérification nucléaire ».  

Le représentant iranien a toutefois souligné que son gouvernement continuerait d’honorer ses engagements, « tant qu’ils lui apporteront les bénéfices escomptés », ce qui nécessite, a-t-il insisté, « la pleine mise en œuvre, par toutes les autres Parties, du Plan d’action global commun ».  L’Iran a notamment averti que chaque manquement significatif de la part d’un des participants sera suivi d’une réaction proportionnelle de sa part. 

« C’est toute la diplomatie multilatérale qui serait perdante si l’une des Parties venait à se retirer du cadre établi par l’accord », a prévenu le délégué, ajoutant qu’une « partie agissant de la sorte devra en assumer la responsabilité et être consciente des conséquences de ses actions ».

De son côté, le représentant de l’Afghanistan a averti que la persistance d’un abondant trafic d’ALPC en territoire pachtoune alimente les activités « des terroristes et des extrémistes violents», déplorant les innombrables souffrances causées par ces armes au sein des populations civiles afghanes depuis des décennies.  S’il a appelé les États Membres à renforcer leurs législations en matière de prévention, de lutte et d’éradication du commerce illicite d’ALPC, il s’est aussi alarmé du coût humain lié à l’emploi d’engins explosifs improvisés, précisant que 1 500 civils afghans ont été victimes de ces « armes de destruction massive » au cours des seuls six premiers mois de 2017.  

Lui emboitant le pas, la représentante du Burkina Faso a indiqué que les ALPC menacent également la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique, particulièrement en Afrique de l’Ouest, signalant que si ces armes ne sont pas la cause directe des crises et des conflits, elles les alimentent ou les favorisent. 

Dans un contexte de terrorisme et de criminalité transnationale organisée, ces armes sont « le souffle de la violence armée qui plombe le développement socioéconomique des États », a notamment averti la représentante.  

La déléguée burkinabaise a ainsi appelé à l’universalisation et à la pleine mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes, et souligné que ce traité, comme le Programme d’action de l’ONU sur les ALPC, étaient d’indispensables outils pour rendre plus efficace l’application de la Convention de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les ALPC, leurs munitions et autres matériels connexes. 

Également préoccupé par le fléau du terrorisme, le représentant de l’Arménie a, de son côté, appelé à améliorer la détection de matières dangereuses faisant l’objet de trafic et de contrebande transfrontaliers.  « Mon pays attache une importance capitale à la lutte contre le trafic illicite, l’importation et l’exportation de matières chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires pouvant être utilisées par des entités terroristes », a-t-il encore expliqué, précisant que l’Arménie coopérait activement aux instruments relatifs au contrôle des armes établis dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

À l’instar de plusieurs délégations, le Myanmar a par ailleurs plaidé en faveur du démarrage de négociations de fond sur un traité interdisant les matières fissiles à des fins militaires dans le cadre d’une Conférence du désarmement revitalisée.  Évoquant les importants différends qui entourent cette question, le représentant du Pakistan a souligné, devant la Commission, qu’un tel instrument devra répondre de manière explicite à la question des asymétries dans les stocks de matières fissiles.

Pour rappel, la France tente, depuis 2015, de rallier les États Membres à un projet de traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes nucléaires.  Les États-Unis, la Fédération de Russie, la France et le Royaume-Uni ont suspendu la fabrication de matières fissiles destinées à ces armes et sont favorables au gel définitif de cette activité assorti d’un mécanisme de vérification. 

La Première Commission poursuivra ses travaux demain, mercredi 11 octobre, à 15 heures.  Elle entamera son débat thématique et entendra les délégations présenter les projets de résolution sur tous les points à l’ordre du jour de sa soixante-douzième session.

POINTS DE L’ORDRE DU JOUR RELATIFS AU DÉSARMEMENT ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE

Suite du débat général

M. GHOLAMALI KHOSHROO (République islamique d’Iran) a salué l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, une réaction collective forte, selon lui, à « la violation par des États dotés d’armes nucléaires de leurs obligations en matière de désarmement nucléaire ».  Il a annoncé que son pays continuerait d’appuyer les objectifs fondamentaux du Traité, qui marque, a-t-il souligné, une avancée majeure vers le désarmement nucléaire.  Le Traité doit être complété par une convention, comme le demande l’Assemblée générale depuis des années, a-t-il ajouté.  Le représentant a déploré les freins persistant à la réalisation d’un monde sans armes nucléaires, au premier rang desquels l’impossibilité de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires.  À cet égard, il a accusé le « régime israélien » de s’entêter à ne pas vouloir adhérer au Traité sur la non-prolifération (TNP) et à ne pas placer ses installations nucléaires sous la vérification de l’AIEA.  Les armes nucléaires d’Israël continuent de menacer la paix et la sécurité dans la région et au-delà, a-t-il fustigé, et, dans ce contexte, la création d’une zone exempte au Moyen-Orient, que l’Iran a proposée pour la première fois en 1974, devient une urgence.   Par ailleurs, le représentant iranien a condamné l’importation massive, « par certains pays du golfe Persique », d’armes classiques, la plupart étant utilisées pour semer mort et désolation au Yémen. 

Poursuivant son intervention, le représentant de l’Iran a indiqué que cette année avait été l’occasion de constater la poursuite de la mise en œuvre du Plan d’action global commun et « de mettre un terme à une crise montée de toutes pièces » dont la conclusion, a-t-il ajouté, a su démontrer l’importance du rôle que peut jouer la démocratie au sein des relations internationales.  Il a rappelé que huit rapports consécutifs de l’AIEA ont confirmé que l’Iran mettait pleinement en œuvre les dispositions de l’accord, et a assuré que les autorités de son pays continueraient de mettre en œuvre ses engagements, « tant qu’ils lui apporteront tous les bénéfices escomptés », ce qui nécessite, a-t-il souligné, sa pleine mise en œuvre par toutes les autres Parties au Plan d’action global commun. Soyons clair, a-t-il insisté, chaque manquement significatif de la part d’un des participants sera suivi d’une réaction proportionnelle de la part de l’Iran. Le représentant a souligné que la conclusion de l’accord avait été un succès « gagnant-gagnant » pour l’ensemble des participants.  Pour maintenir cet état de fait, a-t-il insisté, sa mise en œuvre pleine et continue par l’ensemble des participants est essentielle.  Pour le représentant, c’est toute la diplomatie multilatérale qui serait perdante si l’une des Parties venait à se retirer du cadre établi par l’accord.  Une partie agissant de la sorte devra en assumer la responsabilité et être consciente des conséquences de ses actions, a-t-il ajouté.

M. JEAN DIDIER CLOVIS NGOULOU (République du Congo) a déclaré que la lutte contre la prolifération des armes nucléaires reste l’enjeu majeur du désarmement, soulignant « l’exigence et l’urgence de mesures efficaces » face au danger de voir ces armes échouer dans les mains d’entités non étatiques.  Pour M. Ngoulou, c’est là tout le sens à donner à la résolution 1540 du Conseil de sécurité.  La République du Congo, en signant, le 20 septembre, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, vient de conforter son engagement au renforcement du Traité sur la non-prolifération, qui est une des pierres angulaires du régime de non-prolifération et du désarmement nucléaires.  Il a ensuite invité les pays figurant dans l’annexe 2 du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), qui ne l’ont pas encore fait, à le signer ou à le ratifier, afin qu’il entre rapidement en vigueur.  Il a salué les efforts fournis par le Groupe de travail des Nations Unies à composition non limitée sur le désarmement nucléaire, en vue de sortir la Conférence du désarmement de l’impasse dans laquelle elle s’est enlisée voici déjà plusieurs années.

Après avoir rappelé que l’année 2016 a été marquée par la tenue de la sixième Réunion biennale des États pour l’examen de la mise en œuvre du Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects, il a dit attendre avec optimisme la troisième Conférence d’examen du Programme d’action prévue en 2018.  Il a précisé que son pays dispose d’un Comité national de suivi des activités du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale, qui fait office de Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre.

M. OSMOND GOUROU (République centrafricaine) a exhorté tous les États détenteurs à s’accorder sur le principe de la non-utilisation de ces armes aux conséquences néfastes. La République centrafricaine se situe non loin du théâtre des opérations de Boko Haram, qui commet des attentats meurtriers dans le bassin du lac Tchad, et est entourée de multiples foyers de tensions dans la région du Pool en République du Congo, à l’est de la République démocratique du Congo et au Soudan du Sud, une situation « néfaste pour son pays qui sort difficilement d’une longue crise » et qui favorise la circulation des armes légères sur le territoire centrafricain.  À cet égard, M. Gourou s’est réjoui de l’entrée en vigueur, le 8 mars 2017, de la Convention de l’Afrique centrale pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, leurs munitions et de toutes les pièces et composantes pouvant servir à leur fabrication, réparation et assemblage, dite « Convention de Kinshasa ».   La République centrafricaine est un des premiers pays à l’avoir ratifié, et appelle les autres pays de la sous-région à en faire autant.  Pour M. Gourou, cette entrée en vigueur est une « avancée significative », car elle implique notamment la convocation d’une première Conférence des États parties, qui devra en principe se tenir en mars 2018, suivie d’une deuxième en 2020, et d’une Conférence d’examen en 2022.  Par ailleurs, M. Gourou a tenu à féliciter le Centre régional des Nations unies pour la paix et le désarmement en Afrique pour ses activités, et l’a encouragé à accompagner la mise en œuvre de la Convention de Kinshasa.

M. MUHAMMAD SHAHRUL IKRAM YAAKOB (Malaisie) a indiqué qu’il restait quelque 15 000 têtes nucléaires dans le monde, affirmant que ce chiffre ne se réduit pas en raison du fait que certains États négligent leurs engagements envers le Traité sur la non-prolifération (TNP).  Pour sa part, a expliqué le représentant, la Malaisie reste attachée à cette lutte pour le désarmement nucléaire et a signé à cet effet le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Saluant ensuite l’attribution récente du prix Nobel de la paix à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), il a insisté sur les contributions de la société civile dans ce combat, notamment sa détermination à mettre en lumière les conséquences humanitaires catastrophiques qu’aurait une détonation atomique.  À ce titre, le représentant a fermement condamné les essais nucléaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et appelé à un retour du dialogue et des négociations pour trouver une solution pérenne dans la péninsule.

Le représentant a par ailleurs déploré que, 20 ans après son ouverture à la signature, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) ne soit toujours pas entré en vigueur et a exhorté les États mentionnés à l’annexe 2 de l’instrument de le signer.  Estimant que les zones exemptes d’armes nucléaires réduisent les tensions et les conflits, il a jugé essentiel que les pays dotés de l’arme nucléaire donnent des garanties strictes qu’ils n’utiliseront pas leur arsenal contre les États appartenant à ces zones.  Sur le plan des armes classiques, la Malaisie continue d’appuyer le Traité sur le commerce des armes, « un traité important pour contrôler la prolifération des armes légères et de petits calibres ».

M. BAKHTIYOR IBRAGIMOV (Ouzbékistan) a fait l’historique du rôle de chef de file de l’Ouzbékistan dans le processus ayant conduit à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale, dont le Traité est entré en vigueur en 2009, puis le protocole s’y rapportant, en 2014.  Il y a vu une « énorme contribution » à la consolidation de la sécurité régionale et au renforcement du régime global de non-prolifération nucléaire et de désarmement.  À présent, a poursuivi le représentant, la politique de l’Ouzbékistan consiste à coopérer étroitement avec ses voisins pour faire face aux menaces que font peser sur la région l’instabilité en Afghanistan, le terrorisme et le radicalisme, le trafic des stupéfiants et la criminalité organisée.  Ainsi, en avril dernier, l’Ouzbékistan a accueilli la première Réunion des ministres des affaires étrangères de l’Asie centrale au cours de laquelle tous les participants ont appuyé la proposition de Tachkent visant à l’établissement d’un mécanisme régional de consultations au niveau ministériel.  Le représentant a expliqué que cette initiative permettra, à terme, la mise sur pied d’une institution de consultations régulières et de réunions au niveau des chefs d’État.  M. Ibragimov a également annoncé que son pays organisera, en novembre prochain, sous les auspices des Nations Unies, une autre conférence de haut niveau sur la sécurité et le développement durable en Asie centrale. 

M. MHER MARGARYAN (Arménie) a appelé à renforcer la lutte contre le terrorisme, en mettant l’accent sur la nécessité d’améliorer la détection de matières dangereuses faisant l’objet de trafic et de contrebande transfrontaliers.  Nous avons renforcé nos capacités nationales dans le domaine de la sécurité biologique pour, à ce niveau, mettre pleinement en œuvre la Convention sur les armes biologiques, a-t-il ajouté.   Le représentant a ensuite assuré que son pays attachait une importance capitale au renforcement de la lutte contre le trafic illicite, l’importation et l’exportation de matières  chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires pouvant être utilisées par des entités terroristes.  Il a également indiqué que l’Arménie coopérait activement aux instruments relatifs au contrôle des armes mis en œuvre dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.  Le représentant a conclu en rappelant que son pays était un important fournisseur de troupes des opérations de maintien de la paix de l’ONU déployées au Liban  et au Mali.

M. FULGENCIO CORBAFO (Timor-Leste) s’est félicité des initiatives lancées par des dirigeants mondiaux et des institutions chargées du désarmement pour trouver des solutions communes aux défis que représentent la réduction de l’arsenal d’armes nucléaires, et la prévention de leur utilisation, ainsi que pour guider le monde vers l’élimination totale de ce type d’armes.  Il a également salué les 50 États ayant signé, le 20 septembre dernier, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, et indiqué qu’un processus interne est en cours en vue de sa signature et ratification par le Timor-Leste.  Celui-ci a d’ailleurs ratifié le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques.

Partant du processus ayant conduit à la tenue d’un référendum sous l’égide des Nations Unies, qui a conduit à l’indépendance de Timor-Leste, M. Corbafo a affirmé que les Nations Unies et le droit international peuvent devenir des forces puissantes et déterminantes dans le règlement des conflits et l’instauration de la paix, si elles sont utilisées pour le bien commun.  Fort de cette expérience, il s’est dit convaincu que les Nations Unies et les efforts collectifs peuvent également aboutir à un désarmement nucléaire complet.

Mme NATASCIA BARTOLINI (Saint-Marin) a déclaré que les activités nucléaires et les essais balistiques de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) sont une très grave menace à la sécurité internationale et a exhorté le pays concerné à renoncer à son programme.  Mme Bartolini a ajouté qu’il était « urgent et essentiel » de rechercher une solution politique afin d’apaiser les tensions dans une situation dont les conséquences sont à la fois imprévisibles et inimaginables.  Elle a appelé tous les États à s’engager pleinement, et d’une manière ouverte et constructive, dans le cycle d’examen dans la perspective de la tenue, en 2020, de la Conférence des Parties chargée de l’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Mme Bartolini a également condamné l’utilisation d’armes chimiques au Syrie, s’inquiétant également de l’utilisation croissante de mines antipersonnel improvisées en tant qu’arme de guerre.  Notant que les armes légères et de petit calibre tuent, chaque année, un demi-million de personnes, elle a signalé que le commerce illicite de telles armes alimente les conflits, la criminalité organisée et le terrorisme, tout en étant un facteur de déstabilisation et une entrave au développement.  La Conférence d’examen du Programme d’action des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères et de petit calibre, prévue en 2018, sera une bonne occasion pour œuvrer, ensemble, au renforcement de ce programme contre ce fléau, a-t-elle estimé.  

M. N’CHO VIRGILE AKIAPO (Côte d’Ivoire) a déclaré que les tensions politiques et militaires dont le monde est témoin dans la péninsule coréenne rappellent l’urgence, pour les États Membres, de se pencher sur la question du désarmement nucléaire « avec responsabilité ».  Il a souligné la nécessité, dans ce contexte, de tout mettre en œuvre pour trouver des solutions pacifiques à ces graves tensions, « car tout recours à l’arme nucléaire dans cette région marquerait la faillite morale de notre civilisation ».  Le représentant ivoirien, en se référant au discours prononcé par le Président Ouattara lors du débat général de l’Assemblée générale, a ensuite appelé au dialogue pour parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. 

Le représentant a en outre salué l’adoption, en juillet dernier, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ainsi que l’obtention, par la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, du prix Nobel de la paix.  « Ce geste souligne, aux yeux du monde, l’importance de la lutte pour l’élimination des armes nucléaires », a-t-il dit.  Le représentant a d’autre part assuré que son pays, membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2018-2019, s’engageait à porter une attention particulière à toutes les initiatives en faveur de la paix et la sécurité internationales.

M. MOEZZ LAOUANI (Tunisie) a réitéré son attachement au multilatéralisme en matière de désarmement et de prévention des conflits.  Il a décrit le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté en juillet dernier, comme « un pas dans la bonne direction » pour renforcer la non-prolifération nucléaire.  Il a cependant dit regretter « vivement l’échec de la dernière Conférence des Parties chargée de l’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.  Selon le représentant, le blocage de l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient est, pour partie, responsable de cet échec.  Il en a profité pour appeler à l’organisation d’une conférence pour négocier un traité visant à créer cette zone.  M. LAOUANI a dit son inquiétude face à l’absence d’actions qui « risque de remettre en cause la crédibilité du TNP » et qui pourrait, selon lui, pousser certains pays de la région à s’engager dans une course aux armements qu’il a qualifiée de « périlleuse » étant donné le risque terroriste.  Embrayant sur le problème des armes légères et de petit calibre, il a déploré leurs effets « dévastateurs, tant sur le plan humanitaire qu’économique et social », notamment en Afrique où ces armes alimentent les trafics et le terrorisme.  À ce titre, la Tunisie souligne la nécessité d’une mise en œuvre efficace du Programme d’action visant à prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères.

M. MAHMOUD SAIKAL (Afghanistan) a indiqué que le Programme de développement durable à l’horizon 2030, en particulier l’objectif 16, reconnaît le lien entre la régulation des armes et le développement, ainsi que celui entre le trafic illicite d’armes et le crime organisé.   Il a souligné que la persistance d’un tel trafic d’armes légères et de petit calibre le long de la ligne Durand, située en territoire pachtoune, donnait aux terroristes, aux extrémistes violents et aux autres organisations criminelles organisées les moyens de commettre leurs méfaits.  Ces armes ont causé d’innombrables souffrances au sein des populations civiles afghanes, et ce depuis des décennies, a-t-il déploré, pour ensuite appeler les États Membres à renforcer leurs législations en matière de prévention, de lutte et d’éradication du commerce illicite d’armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects.  Le représentant s’est aussi préoccupé du coût humain lié à  l’emploi d’engins explosifs improvisés,  précisant que 1 500 civils afghans ont été victimes de « ces véritables armes de destruction massive » au cours des seuls six premiers mois de 2017.  Par conséquent, a-t-il annoncé, nous présenterons de nouveau cette année un projet de résolution  sur les moyens à trouver pour contrer la menace à la paix et à la sécurité que font peser ces engins explosifs improvisés.

« La confiance se rompt entre les États », s’est inquiété M. FARUKH AMIL (Pakistan).  Constatant que la quantité d’armes augmente et qu’elles sont de plus en plus sophistiquées, il a dénoncé le « désir insatiable de domination militaire qui met en péril la stabilité régionale et mondiale ».  Rappelant que la conduite stratégique du Pakistan est « définie par la retenue », le représentant a insisté sur le fait que l’objectif de son pays était la paix et la stabilité.

Sur la question du nucléaire, il a estimé que certains États avaient essayé de « détourner l’attention de leurs manquements à leurs obligations ».  S’il a jugé compréhensible les bonnes intentions humanitaires qui conduisent la politique de désarmement nucléaire, il a cependant noté que ce désarmement ne saurait progresser sans des garanties fortes de la part de toutes les parties.  « Nous avons besoin d’une démarche qui nous rassemble pour créer un monde exempt d’armes nucléaires », a-t-il souligné, indiquant que son gouvernement appuie la création, en Asie du Sud, d’un traité régional d’interdiction des essais nucléaires afin de renforcer la paix et la stabilité régionale.

S’agissant de l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence du désarmement, il a estimé que la proposition d’inscrire à son ordre du jour des points non liés au désarmement était guidée par « les intérêts égoïstes » de certains États.  Le représentant a ensuite reconnu que d’importants différends existent au sujet de l’élaboration d’un traité interdisant la production de matières fissiles.  Il a estimé qu’un tel instrument doit être élaboré dans le cadre de la Conférence du désarmement et répondre de manière explicite à la question des asymétries dans les stocks de matières fissiles.

M. PETER MATT (Liechtenstein) s’est inquiété du niveau élevé de tensions géopolitiques et a appelé à relancer d’urgence les efforts collectifs de désarmement, en trouvant des voies constructives pour raviver le dialogue et reconstruire la confiance.  Il a souligné que les accords multilatéraux sont le socle du désarmement, déplorant toutefois que les obligations de désarmement du Traité sur la non-prolifération nucléaire n’aient pas été remplies par les États dotés.  Il a ensuite salué l’adoption d’un Traité sur l’interdiction des armes nucléaires cet été. 

Le représentant a ensuite vu dans les six essais nucléaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), les limites du moratoire sur les essais nucléaires.  Il a accusé les États qui n’ont pas encore ratifié le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires d’être « responsables du fait que le Traité n’a pas tout son potentiel juridique et politique ».  Dans ce contexte, il a vu dans le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires un moyen de renforcer le régime du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).

Commentant ensuite la Convention sur les armes chimiques, et l’usage de telles armes en Syrie, il a insisté pour que la responsabilité de ceux qui les utilisent ou les ont utilisées soit engagée.  Il s’est aussi inquiété de l’utilisation disproportionnée et indiscriminée d’armes classiques à l’encontre des populations civiles ou leurs infrastructures, telles que des écoles, des hôpitaux ou des ports.  Il a appelé tous les États qui ne l’ont pas encore fait à signer et ratifier le Traité sur le commerce des armes. 

M. HTIN LYNN (Myanmar) a attiré l’attention sur la nécessité d’initier, sans préconditions et dans le cadre d’une Conférence du désarmement revitalisée, des négociations sur un traité interdisant la production de matières fissiles à des fins militaires.  De telles négociations de fond enverraient un message clair selon lequel le désarmement multilatéral est bien vivant et actif, a-t-il jugé, avant d’insister sur l’importance de renforcer la prévention de la militarisation de l’espace.  Le représentant a également indiqué que son pays s’attachait à mettre en œuvre la résolution 1540 du Conseil sur les armes de destruction massive, tout en indiquant que les pays en développement comme le sien ont, pour ce faire, besoin d’une assistance technique accrue et davantage de capacités adaptées.   Il a par ailleurs indiqué que pour mettre un terme au scandale de la faim dans le monde d’ici à 2030, il suffirait de réorienter chaque année, pendant 15 ans, l’équivalent de 16% des dépenses militaires annuelles mondiales au financement du développement durable.

M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay) a constaté que la possession d’armes nucléaires et le retard à désarmer mettent en péril la sécurité internationale.  Regrettant que les puissances nucléaires continuent d’améliorer leur arsenal plutôt que de le réduire, il a souligné que la seule garantie contre l’usage de ces armes, est leur interdiction complète.  Il s’est à cet égard dit fier et satisfait de l’élaboration d’un instrument juridiquement contraignant interdisant l’usage de l’arme nucléaire.  L’Uruguay condamne par ailleurs fermement les essais nucléaires de la République populaire démocratique de Corée et l’exhorte à abandonner son programme et à accepter les résolutions du Conseil de sécurité.

Après avoir noté l’importance décisive qu’aurait l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et demandé aux pays cités dans l’annexe 2 de le ratifier, le représentant a rappelé que son pays appartenait à la première zone exempte d’armes nucléaires à avoir été créée au monde et militait pour la création de davantage de zones de ce type.  À ce titre, il a vivement regretté les obstacles qui ont empêché la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et a demandé la tenue d’une conférence sur le sujet le plus vite possible.  Considérant que l’usage des armes chimiques et biologiques est un crime de guerre, il a par ailleurs exhorté tous les états dotés de ce type d’armes à éliminer leurs stocks.

Le représentant de l’Uruguay a par ailleurs qualifié le trafic d’armes légères et de petit calibre de « plus grande menace qui pèse sur  le monde ».  « Certaines données sont éloquentes », a-t-il ajouté, affirmant qu’en 2011-2015, 74% des volumes totaux d’exportation d’armes auraient, selon lui, pour origine les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Mme HUDA MOHAMED YUSUF (Éthiopie) a incité à la prudence et au recours à la diplomatie pour écarter le danger de l’emploi des armes nucléaires, notamment en ce qui concerne la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  Elle a souligné l’importance de créer des zones exemptes d’armes nucléaires pour atteindre un désarmement complet, et a appelé, à cet égard, toutes les parties concernées à amorcer le processus en vue de la tenue de la Conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et de toute arme de destruction massive.  Elle a souligné que le Traité de Pelindaba réaffirme le statut de l’Afrique en tant que zone non dotée d’armes nucléaires et sert de bouclier pour le territoire africain, notamment en empêchant le stationnement d’engins explosifs nucléaires sur le continent et l’interdiction de tester ces armes.  Elle a exprimé sa préoccupation face à l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence du désarmement, ce qui empêche celle-ci de s’acquitter de son mandat.

MME MARINA BINTI ABDULLAH SITAU (Brunéi Darussalam)  a mis l’accent sur l’importance du dialogue pacifique et des négociations, du renforcement des capacités, ainsi que sur l’échange de renseignements, d’expériences et de bonnes pratiques pour faire face aux menaces à la sécurité et à la préservation de la paix.  Dans cet esprit, elle a jugé impératif d’avoir davantage conscience des conséquences dangereuses des armes nucléaires et de destruction massive sur la paix, la sécurité, la stabilité et le développement.  Cette galvanisation doit aussi se traduire par des mesures concrètes, a opiné Mme Sitau, qui a assuré que son pays était disposé au respect de ses obligations en vertu du Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires de l’Asie du Sud-Est.  Elle a réitéré son appui à la résolution 2325 (2016) du Conseil de sécurité qui préconise la mise en place d’un cadre de travail pour éviter que les terroristes et d’autres acteurs non-étatiques acquièrent des armes de destruction massive.  Elle a enfin salué la création du Bureau des Nations Unies de lutte contre le terrorisme et la nomination de M. Vladimir Voronkov en tant que Secrétaire général adjoint. 

Mme MARIANNE FOFANA (Burkina Faso) a déclaré que la prolifération d’armes légères et de petit calibre (ALPC) constitue un véritable fléau au regard du nombre de victimes qu’elle provoque chaque année dans le monde.  « Elles représentent une source réelle de préoccupation pour le Burkina Faso, car ces armes sont une menace à la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique, particulièrement en Afrique de l’Ouest », a-t-elle ajouté.   Elle a expliqué que si les ALPC ne sont pas la cause directe des crises et des conflits, elles les alimentent ou les favorisent, ces armes étant, dans un contexte de terrorisme et de criminalité transnationale organisée, « le souffle de la violence armée qui plombe le développement socioéconomique des États ».  La représentante a salué la tenue, à Genève du 11 au 15 septembre dernier, de la troisième Conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes, appelant à la pleine mise en œuvre et à l’universalisation du Traité.  Elle a rappelé que le Traité sur le commerce des armes, tout comme le Programme d’action de l’ONU sur les ALPC, étaient d’indispensables outils pour renforcer et rendre plus efficaces les activités régionales entreprises dans le cadre de la Convention de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les ALPC, leurs munitions et autres matériels connexes.  Par ailleurs, elle s’est réjouie du progrès réalisé, cette année, par la Commission du désarmement, qui, après deux décennies d’impasse, est parvenue à adopter par consensus des recommandations sur des mesures de confiance concrètes dans le domaine des armes classiques.

M. ARBEN IDRIZI (Albanie) s’est inquiété de la situation en Asie du Sud-Est.  Qualifiant le régime de la République populaire démocratique de Corée de « paranoïaque », il a considéré qu’il fallait trouver un moyen pour obliger ce pays à suivre les résolutions des Nations Unies.  Il a estimé que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) reste d’une importance capitale et a demandé aux pays cités dans l’annexe 2 de le ratifier au plus vite. Il s’est aussi prononcé en faveur de l’élaboration d’un traité sur la production de matières fissiles.  Appuyant une démarche progressive pour arriver à un monde sans armes nucléaires, et jugeant que le Traité sur la non-prolifération (TNP) doit demeurer la base pour construire cet objectif, il a estimé que rien de tout cela ne pourra être possible si certains si certains États ne se soumettent pas à leurs obligations et aux organes de contrôle.  Le représentant a fait part de son appui à tous les efforts internationaux de lutte contre la fabrication des armes de destruction massive et s’est notamment réjoui de l’adoption de la résolution 1540 sur les armes chimiques et biologiques.  Rappelant que les civils du monde entier souffrent du commerce des armes légères et de petit calibre, l’Albanie a assuré qu’elle avait renforcé sa lutte contre ce fléau et s’est dite convaincue que la coopération régionale en la matière était essentielle.

M. GENE BAI (Fidji) a fait valoir tous les efforts déployés par la communauté internationale en vue de garantir la prospérité, la paix et l’édification de sociétés inclusives, efforts qui, a-t-il averti, risquent d’être réduits à néant en raison de la présence continue d’armes nucléaires qui menacent l’existence même. « Comme les Fidji sont à la merci de la communauté internationale pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, elles sont également à la merci des États dotés de l’arme nucléaire pour éliminer la menace de conflit nucléaire », a affirmé le représentant qui a souligné que le désarmement nucléaire est vital pour la survie de tous.  Cela est d’autant plus impératif que l’histoire du Pacifique montre bien la dévastation laissée par les essais nucléaires effectués au-dessus de 300 îles pacifiques, sans aucune compensation ni réparation pour les personnes ayant souffert.  « Le silence de certains de ces États est assourdissant », a-t-il dénoncé, ajoutant que ceux-ci n’assument aucune responsabilité pour le passé, ne conviennent d’aucune mesure juridique pour garantir un changement, ne fournissent aucun remède présentement, et ne prennent aucun engagement pour le futur.  Pour les Fidji, ce comportement est l’illustration d’un mépris total pour l’humanité.  

M. AIBEK MOLDOGAZIEV (Kirghizistan) s’est inquiété du risque croissant que des organisations terroristes ne mettent la main sur des armes de destruction massive.  Toutes les mesures doivent être prises, s’est-il contenté d’ajouter.  Le représentant a ensuite recommandé que soient prises des mesures de transparence et de confiance pour réguler les activités militaires conduites dans l’espace extraatmosphérique, notamment pour empêcher le placement d’armes dans ce milieu et pour prévenir toute course aux armements dans l’espace.  Il a en outre considéré que l’établissement de zones exemptes d’armes nucléaires était un moyen efficace de faire avancer concrètement la cause du désarmement nucléaire et de la non-prolifération.  

Mme NATALIA LUTS (Estonie) a estimé que les conflits « hybrides » en Syrie, en Libye ou encore en Ukraine appellent à rester vigilant.  Elle a condamné fermement les essais nucléaires à répétition de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et exhorté ce régime à honorer ses obligations internationales. Elle a aussi condamné l’usage d’armes, en Syrie notamment.  Si ces armes sont utilisées par des acteurs étatiques ou non étatiques, il faut les identifier, a-t-elle estimé.  À ce titre, elle a demandé à ce que la mission d’établissement des faits du Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU soit prolongée pour continuer de faire la lumière sur les événements en Syrie.

La représentante a considéré le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) comme la pierre angulaire de la lutte pour le désarmement nucléaire, appelant par ailleurs à poursuivre les travaux de vérification du désarmement, ainsi que le processus vers des négociations sur un traité interdisant la production de matières fissiles qui, a-t-elle affirmé, est essentiel pour combattre la prolifération.  Elle a aussi appelé à universaliser le Traité sur le commerce des armes.  Par ailleurs, l’Estonie s’est inquiétée des difficultés financières  rencontrées par les conventions basées à Genève et a demandé aux États d’honorer leurs engagements financiers.  Abordant la question de la sécurité dans l’espace cybernétique, « qui a pris une importance fondamentale », elle a déploré que le Groupe d’experts ne soit pas parvenu à un rapport de consensus en 2017.  L’Estonie appuie l’établissement d’un cadre pour mettre en œuvre les précédentes recommandations de ces mêmes experts afin de mieux contrôler le cyberespace et prévenir les conflits.

M. NIKOLAI OVSYANKO (Bélarus), qui s’exprimait au nom de l’Organisation du Traité de sécurité collective, s’est inquiété de la persistance d’importants facteurs d’instabilité, citant notamment le déploiement de systèmes antimissiles et la conduite d’essais nucléaires.  Après avoir souligné l’attachement de son organisation à l’idée de stabilité universelle basée sur la coopération et le dialogue pour éviter toute course aux armements et préserver les intérêts des peuples en matière de développement, il a déclaré que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) restait la pierre angulaire du régime multilatéral pour parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires.  À cette fin, il faut renforcer l’efficacité du TNP dans le cadre strict des obligations pertinentes internationale de sécurité, a-t-il souligné.  Le représentant a invité les États dotés d’armes nucléaires à aller plus loin dans la réduction de leur stock et à éviter que l’espace ne se transforme en zone militarisée.  Sur ce dernier point, il a appuyé le projet d’un instrument juridiquement contraignant découlant de la proposition russo-chinoise, qui sera de nouveau présentée à l’occasion du débat thématique.

Mme BLOKAR-DROBIC (Slovénie) a constaté que les agissements de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) soulignaient la nécessité de parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires.  Considérant le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) comme la pierre angulaire du désarmement, elle a reconnu que des progrès ont été réalisés, lesquels démontrent que même des questions délicates peuvent être résolues par le multilatéralisme.  Elle a ensuite appelé l’ensemble des Parties au Plan d’action global commun à en honorer les termes, saluant par ailleurs le rôle essentiel joué par l’AIEA dans le dialogue sur le programme nucléaire iranien. Rappelant que la Slovénie condamne tout emploi d’armes chimiques, elle s’est dite satisfaite du travail de l’OIAC, du Mécanisme d’enquête et de la Mission d’établissement des faits en Syrie.

Sur le sujet des mines et armes à sous-munitions, la représentante a longuement insisté sur l’importance que la Slovénie accorde au soutien des victimes et de leurs proches, mais aussi à la lutte contre ce fléau.  Au travers du fonds international « Enhancing Human Security », qu’elle a créé en 1998, la Slovénie a répondu, avec d’autres donateurs, aux besoins d’enfants et d’adultes vivant dans différentes zones de guerre.  La représentante a notamment précisé que 1,3 million de munitions avaient été détruites, 91 tonnes de munitions non explosées éliminées, et que 17 000 victimes de mines avaient pu recevoir une assistance.

M. FAIYAZ MURSHID KAZI (Bangladesh) a indiqué que son pays avait signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires lors de la cérémonie extraordinaire organisée le 20 septembre dernier à New York.  Dialogue et diplomatie doivent rouvrir la voie vers la paix dans la péninsule coréenne, a-t-il ajouté,  plaidant ensuite pour  la création d’un instrument juridiquement contraignant donnant des garanties négatives de sécurité aux États non dotés d’armes nucléaires.  Il a par ailleurs rappelé l’attachement de son pays au droit de tous les peuples aux usages à des fins pacifiques de l’énergie nucléaire. 

Le représentant a ensuite salué les progrès réalisés par la Commission du désarmement, qui est parvenue à formuler par consensus des recommandations sur les armes classiques, mettant ainsi fin à une impasse de près de deux décennies.   Pour empêcher que des terroristes ne s’emparent d’armes de destruction massive, il a jugé prioritaire d’inclure les questions relatives à ce risque, comme la cybersécurité, à l’ordre du jour de la Première Commission.   Le représentant a en outre estimé essentiel que les auteurs d’attaques chimiques en Syrie soient traduits en justice, et que soit établi un groupe d’experts gouvernementaux chargés de réfléchir aux meilleurs moyens d’empêcher une course aux armements dans l’espace.  En tant que pays en transition, nous plaidons aussi pour une réorientation des ressources militaires à l’effort de réalisation du développement durable et de la paix, a conclu M. Kazi.

Mgr BERNARDITO CLEOPAS AUZA, Observateur permanent du Saint-Siège, a estimé que la prolifération des armes est de plus en plus préoccupante.  « Notre objectif ultime du désarmement général s’éloigne », s’est-il notamment inquiété, dénonçant le décalage de plus en plus grand entre les paroles et les actes.  Il a vu dans l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires un effort essentiel pour parvenir au désarmement complet, ainsi que la confirmation qu’une grande majorité d’États veulent progresser rapidement vers un monde exempt d’armes nucléaires.  Il a toutefois reconnu qu’il reste beaucoup à faire, notamment pour ce qui est de l’implication des États dotés de l’arme nucléaire, ajoutant qu’on ne peut pas non plus ignorer les impasses rencontrées par d’autres traités, à commencer par le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  À ses yeux, les tensions péninsule de Corée démontrent l’importance du TICE et du Traité sur la non-prolifération (TNP).

Se félicitant par ailleurs de la mise en œuvre par les États-Unis et la Fédération de Russie du nouveau traité START, il a espéré que d’autres mesures en vue du désarmement nucléaire seront proposées lors de Conférence des Parties chargée de l’examen du TNP en 2020. Revenant sur l’adoption, l’an dernier, d’un projet de résolution faisant le lien entre désarmement et développement, il a assuré que les dispositions de cette résolution étaient en ligne avec la position du Saint Siège, notamment les paragraphes qui recommandent d’affecter les économies sur les dépenses militaires mondiales à l’aide au développement.

M. MAHMADAMIN MAHMADAMINOV (Tadjikistan) a plaidé en faveur de la création de zones exemptes d’armes nucléaires partout dans le monde, précisant qu’au titre des traités portant création de ces zones, les États parties s’engagent à ne pas fabriquer ou acquérir d’armes nucléaires et du matériel nucléaire dangereux, ni de recevoir quelque assistance que soit dans ces domaines.  Le représentant a déclaré que l’entrée en vigueur, le 21 mars 2009, du traité ayant porté création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale marquait un jalon et une contribution majeure au renforcement de la sécurité régionale et globale.  À cet égard, il a noté que son pays attachait une importance particulière à la ratification « sans délai » du Protocole au Traité portant création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale, qui a été signé le 6 mai 2014 en marge d’une conférence sur le TNP.  Il a également souhaité que la prévention de la militarisation de l’espace aboutisse à faire de la planète toute entière un monde exempt d’armes nucléaires. 

M. LUIZ FILIPE DE MACEDO SOARES, Secrétaire général de l’Organisme pour l’interdiction des armes nucléaires en Amérique latine et dans les Caraïbes (OPANAL), a rappelé qu’on fêtait cette année le cinquantième anniversaire du Traité de Tlatelolco qui a abouti à la création de la première zone exempte d’armes nucléaires en Amérique du Sud.  Il a indiqué que depuis lors, ces zones sont désormais au nombre de cinq et regroupent 115 pays.  « Cela signifie qu’il est possible d’aller plus loin en créant des zones au Moyen-Orient et ailleurs », a déclaré le Secrétaire général de l’OPANAL.  Il est également revenu sur les « déclarations interprétatives » qui ont été faites, par des États parties dotés de l’arme nucléaire, des Protocoles additionnels du Traité.  Il s’agit, a-t-il rappelé, de cinq États non directement concernés par le Traité, mais possédant des territoires situés dans la zone exempte d’armes nucléaires d’Amérique du Sud.  Le problème épineux de ces déclarations interprétatives a fait l’objet de plusieurs résolutions de l’Assemblée générale et les organes délibérants de l’OPANAL se sont également penchés dessus, a-t-il indiqué.  Le Secrétaire général a ensuite fait savoir que maintenant que tous les points qui constituent des réserves ont été identifiés, ce différend pourra être réglé par la négociation.

M. MAJED BAMYA, de l’État de Palestine, a déclaré que la Palestine était fière d’avoir participé activement aux négociations ayant conduit à l’adoption récente du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, et qu’elle saluait l’attribution du prix Nobel de la paix 2017 à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires.  Il a ensuite constaté que 22 ans après l’adoption, par les États parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), de la résolution sur le Moyen-Orient, le projet de création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région n’était toujours pas devenu réalité.  Il a imputé cet état de fait à Israël, qui, a-t-il affirmé, continue à développer illégalement son arsenal nucléaire et refuse d’adhérer au TNP et de placer ses installations nucléaires sous le régime de sauvegarde de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  M. Bamya a par ailleurs assuré que la Palestine appuyait les objectifs du Traité sur le commerce des armes ainsi que ceux destinés à faire de l’espace un sanctuaire démilitarisé. 

M. XOLISA MABHONGO, de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a présenté les points saillants de la soixante et unième session de la Conférence générale et de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, en particulier une résolution sur le renforcement de l’efficacité et l’amélioration des garanties qui reconnaît que celles-ci sont une composante fondamentale de la non-prolifération nucléaire.  Il a expliqué que l’AIEA tire ses conclusions de façon indépendante, en vérifiant que les déclarations faites par les États sont exactes et complètes quant à leur matériel, leurs activités et leurs installations nucléaires.  Des accords de garanties sont actuellement en vigueur dans 182 États, dont 174 sont Parties au Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), ayant des accords de sauvegarde exhaustifs.  Toutefois, 12 des États parties au TNP doivent encore aligner ces accords avec les dispositions de l’article III du Traité, raison pour laquelle l’AIEA n’est pas en mesure de tirer des conclusions.  L’AIEA continue donc d’exhorter tous les États parties à conclure des accords dans les meilleurs délais.  D’autre part, le nombre d’États ayant des protocoles additionnels en vigueur s’élève désormais à 130, et la mise en œuvre de tels protocoles accroît grandement la capacité de l’AIEA à vérifier l’usage pacifique de tout le matériel nucléaire des États disposant d’accords exhaustifs de sauvegarde, a expliqué le représentant. 

L’AIEA a en outre continué à vérifier et surveiller l’application par la République islamique d’Iran de ses engagements nucléaires dans le cadre du Plan d’action global commun.  Ces engagements sont en train d’être mis en œuvre et ce pays est assujetti au régime de vérification nucléaire le plus robuste au monde, a-t-il souligné.  En effet, l’AIEA vérifie qu’en vertu de l’accord de garanties, le matériel nucléaire déclaré par l’Iran n’est pas détourné.  Les évaluations concernant l’absence de matériel et d’activités nucléaires non déclarées en Iran se poursuivent.  Aux yeux de l’AIEA, le Plan d’action global commun complet représente donc un succès évident en termes de vérification nucléaire.  

D’un autre côté, le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est un sujet de profonde préoccupation mais l’Agence demeure disposée à retourner dans ce pays lorsque l’évolution politique le permettra.  Dans ce contexte, une équipe pour la République populaire démocratique de Corée a été constituée au sein du Département des garanties en vue d’accroître les capacités de surveillance du programme nucléaire du pays et de maintenir à jour les approches et procédures de vérification, tout en restant préparée à un retour éventuel de l’Agence dans le pays, et de veiller à une vérification appropriée des technologies et de l’équipement. 

Quant au Conseil des gouverneurs, il a adopté le Plan de sécurité nucléaire 2018-2021 et l’AIEA poursuivra son travail en tant que plateforme mondiale de consolidation de la sécurité nucléaire et de lutte contre la menace du terrorisme.  L’AIEA accueillera, du 13 au 17 novembre 2017, à Vienne, une conférence internationale sur la protection physique du matériel et des installations nucléaires.  

Mme KATHLEEN LAWAND, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a estimé que cette année a été marquée par des « avancées extraordinaires » dans les efforts visant à débarrasser le monde des armes de destruction massive.  De telles victoires ont été rendues possibles par le courage, la détermination et l’action concertée de gouvernements, d’organisations internationales et de la société civile impliqués, y compris la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, que le CICR félicite chaleureusement pour être le lauréat du prix Nobel de la paix, a-t-il indiqué.  Elle s’est aussi félicitée de l’adoption, le 7 juillet dernier, par 122 États, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, dont le préambule, a-t-elle relevé, mentionne le rôle joué par le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et par l’ONU, la société civile et les hibakusha pour atteindre ce tournant historique. 

Elle a exhorté les États qui ne sont pas en mesure de se joindre au Traité, notamment les pays dotés d’une arme nucléaire et leurs alliés, à prendre des mesures d’urgence en vue de la prévention de l’utilisation des armes nucléaires.  Le CICR a ensuite noté que seul cinq États ne sont pas parties à la Convention sur les armes chimiques, et que 95% des stocks de toutes les armes chimiques déclarés ont été détruits.  Elle a félicité la Fédération de Russie pour avoir récemment achevé la destruction complète de ses stocks d’armes chimiques.  Elle a néanmoins affirmé que les confirmations récentes et répétées de l’usage d’armes chimiques en Syrie et en Iraq sont une aberration que tous les États doivent condamner dans les termes les plus fermes.  La représentante a également appelé à la responsabilité dans les transferts d’armes, s’inquiétant de l’augmentation constante de souffrances provoquées par des attaques indiscriminées.

M. JOSÉ ROSEMBERG, de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), a rappelé que l’OTICE est appuyé et étayé par un dispositif capable de détecter les signes d’une explosion nucléaire.  Ce dispositif, a-t-il expliqué, permet à tous les États de disposer d’informations fiables sur un évènement suspect.  C’est ainsi que le 3 septembre 2017, 130 stations du système de surveillance international ont détecté une secousse sismique inhabituelle de 6,1 sur l’échelle de Richter en République populaire démocratique de Corée (RPDC), l’ont analysée, et ont émis un rapport technique à destination des États.  Pour le représentant, cet épisode souligne la nécessité pour la communauté internationale de mettre en œuvre un traité interdisant efficacement les essais nucléaires.  « Non seulement cela protégerait l’investissement de plus d’un milliard de dollars des États Membres dans ce système de surveillance international, mais ce serait un pas en avant concret vers un monde sans armes nucléaires », a expliqué le représentant.  S’il s’est, à cet égard, réjoui d’avoir entendu tant de déclarations favorables au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), il déplore que les huit pays cités dans l’annexe 2 ne l’aient pas encore ratifié. 

Droits de réponse

Répondant aux propos de l’Arabie saoudite, le représentant du Qatar a affirmé que le droit international était clair: des crimes ont été perpétrés en Syrie. 

Le représentant des États-Unis a ensuite qualifié les accusations proférées hier par la Syrie de « ridicules ».  « C’est le régime syrien qui a transformé son pays en incubateur à terroristes », a-t-il asséné, prévenant que ce régime ne pourra pas échapper à ses responsabilités.

Dans un premier temps, le représentant de la République arabe syrienne a accusé la Turquie de violer les conventions sur les armes chimiques en donnant du matériel aux organisations de l’EIIL et d’El-Nosra.  Il a ensuite pointé du doigt le Qatar, affirmant que cet état menaçait d’utiliser des « armes nucléaires ».  Face aux dénégations des États-Unis, il a assuré que tous les livres et documents qu’il avait cités hier sont disponibles.

Le représentant du Myanmar a répondu au Bangladesh que la question des personnes déplacées était régie par des accords bilatéraux appliqués de bonne foi par les deux pays voisins.  La polémique sur la place publique n’aide pas à résoudre les problèmes, a-t-il dit.

Le représentant de la République populaire démocratique de Corée a déclaré que la détention d’armes nucléaires par son pays relevait du droit pour assurer la défense de sa souveraineté. 

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