Première Commission: les activités nucléaires « illégales » de la République populaire démocratique de Corée dominent les débats

AG/DSI/3575
6 octobre 2017
Soixante-douzième session, 6e séance – matin

Première Commission: les activités nucléaires « illégales » de la République populaire démocratique de Corée dominent les débats

Les agissements de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont été, ce matin, au cœur du débat général de la Première Commission (désarmement et sécurité internationale).  Deux des États dotés du plus grand nombre d’armes nucléaires ont défendu leur doctrine en matière de sécurité collective, tandis que la RPDC a lancé des appels pour que les puissances nucléaires éliminent les notions de frappes préventives et de déploiement préventif d’armes nucléaires hors de leurs frontières. 

En outre, de nombreuses délégations sont revenues sur la place à donner au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté le 7 juillet dernier, dans le régime de non-prolifération.  Pour leur part, des pays d’Afrique et d’Amérique du Sud ont insisté sur les ravages causés par les armes classiques, véritable frein à la sécurité et au développement.

L’ouverture de la séance a par ailleurs été l’occasion, pour le Président de la Commission, M. Mohammed Hussein Baher Al-Uloom, de l’Iraq, de saluer l’attribution aujourd’hui du prix Nobel de la paix à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires.

Commentant les agissements « illégaux » -essais nucléaires et tirs de missiles balistiques de la RPDC-, le représentant britannique, qui, sur ce point, s’exprimait également au nom de la France, a assuré que la communauté internationale était unie et déterminée pour mettre fin aux menaces à la paix et à la sécurité internationales que posent les activités de ce pays.  Les actes « irresponsables » de la RPDC, qui « violent de façon flagrante des résolutions du Conseil de sécurité », ébranleraient en outre le régime établi par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Selon le Royaume-Uni, les sanctions internationales prises contre la RPDC ont pour objectif de tarir les ressources financières servant à développer les activités nucléaires et les stocks d’armes de destruction massive du régime de Pyongyang.  « L’ambition de la campagne pacifique de pression visant ce régime est de relancer la dénucléarisation de la péninsule coréenne, et non pas de préparer un changement de régime ni même la réunification de la Corée. »  Le représentant britannique a ainsi exhorté la RPDC à renoncer à ses provocations, seul moyen pour elle de redevenir un interlocuteur crédible et de relancer les pourparlers de paix dans la région. 

En écho à ces propos, le délégué de la République de Corée a lancé un avertissement: « nous devons stopper la Corée du Nord avant qu’elle franchisse le point de non-retour ».

De son côté, la Chine, qui veut que les résolutions du Conseil de sécurité sur la RPDC soient pleinement mises en œuvre, souhaite aussi, parallèlement à l’application des sanctions, que les pourparlers de paix soient réactivés.  « La pression des sanctions doit être le moteur des négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne », a considéré le représentant chinois.  Mais il a prévenu que la persistance de sanctions et, pire, la menace de l’emploi de la force, ne pouvaient que saper la confiance mutuelle des États. 

La délégation de la RPDC a réagi aux condamnations en accusant les États-Unis « de menace nucléaire à l’existence même » de son pays.  Il a affirmé que les États-Unis voulaient détruire son pays, regrettant qu’ils exercent sur lui un véritable chantage depuis 1957, « date à laquelle des armes nucléaires américaines ont été déployées pour la première fois en République de Corée ».  Pour ce qui est des activités nucléaires de la RPDC, il a précisé que leur seule raison d’être est « de contrer les visées fondamentalement hostiles » des États-Unis et d’assurer la survie de sa souveraineté, de son peuple et de son développement.

Autre point de mire de la réunion, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté le 7 juillet dernier.  Le Royaume-Uni, après la France hier et les États-Unis avant-hier, a donné les raisons pour lesquelles son pays s’opposait à cet instrument: « En tant qu’État doté d’armes nucléaires responsable, nous privilégions une approche étape par étape conforme au TNP. »

Le représentant britannique a pointé du doigt les lacunes du nouveau traité, qui, selon lui, ne règle pas la question de la réalisation d’un désarmement nucléaire complet et durable et qui en outre néglige la complexité des processus de vérification d’un tel désarmement.  « Le Traité établit une norme concurrente de celle du TNP, au risque de saper la crédibilité de ce dernier », a-t-il dénoncé, assurant que son pays ne ménagerait aucun effort pour sauvegarder et renforcer le régime de non-prolifération en vue de la Conférence d’examen de 2020.

De leur côté, le Soudan et le Venezuela ont insisté sur le besoin d’éliminer les armes légères et de petit calibre (ALPC) en déplorant que leur prolifération attise la criminalité transnationale organisée et sape le développement socioéconomique des populations.  Ces délégations ont salué l’appui que leur apportent les Nations Unies par le biais de ses services de déminage et des activités conduites dans le cadre de la mise en œuvre du plan régional du Programme des Nations Unies pour la prévention, la lutte et l’élimination des ALPC.

La Première Commission poursuivra le débat général de sa soixante-douzième session lundi 9 octobre, à 15 heures. 

POINTS DE L’ORDRE DU JOUR RELATIFS AU DÉSARMEMENT ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE

Suite du débat général

M. MATTHEW ROLAND (Royaume-Uni), qui s’exprimait également au nom de la France, a fait une première déclaration axée sur les agissements « illégaux » essais nucléaires et tirs de missiles balistiques de la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  « Nous sommes unis et déterminés pour mettre fin à la menace à la paix et à la sécurité que pose la Corée du Nord », a-t-il déclaré.  Pour le représentant, le comportement irresponsable du régime nord-coréen, qui viole de façon flagrante des résolutions du Conseil de sécurité, représente une menace à la paix mondiale, pas uniquement à la paix régionale.  Selon lui, la RPDC ne fait pas que déstabiliser l’Asie du Sud-Est, ses actes ébranlent le régime de non-prolifération établi par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

M. Roland a expliqué que, dans ce contexte, les sanctions prises contre le régime de Pyongyang avaient pour objectif premier de rendre plus coûteux le programme d’armement de la RPDC en tarissant les ressources utilisées pour développer ses stocks d’armes de destruction massive.  Le but de la pression exercée par la communauté internationale est de contraindre le Gouvernement nord-coréen d’abandonner ses programmes militaires, pas de punir son peuple, ni son économie ou celle de ses voisins, a-t-il assuré.  Le représentant a insisté sur le fait que l’ambition de la campagne « pacifique » de pression visant le régime nord-coréen était, à terme, de relancer la dénucléarisation de la péninsule coréenne, et non pas « un quelconque changement de régime ou la réunification de la Corée ».  Il a ainsi répété que les sanctions ne cherchaient pas à accabler le peuple coréen, victime depuis des décennies du régime hostile de Pyongyang.  « En changeant de comportement, la Corée du Nord ouvrira la voie au dialogue et à la résolution pacifique de la crise dans la région », a-t-il espéré.

M. CHO TAE-YUL (République de Corée) a rappelé que, 72 ans après la première résolution des Nations Unies sur la question de l’énergie atomique, la Première Commission continuait d’examiner les problèmes soulevés par ce texte: le désarmement nucléaire et la non-prolifération.  Rappelant que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est le seul pays à avoir conduit des essais nucléaires au XXIe siècle, le représentant a estimé que les provocations de ce pays représentent la plus grande menace à la paix et à la sécurité internationales.  « Nous devons stopper la Corée du Nord avant qu’elle franchisse le point de non-retour », a-t-il lancé.  Pour y parvenir, il a appelé la communauté internationale à parler d’une seule voix et à soutenir la mise en œuvre des résolutions du Conseil de Sécurité.  « Pour sa part, la République populaire démocratique de Corée devrait prendre la décision stratégique d’abandonner son programme nucléaire pour le bien de son propre avenir », a-t-il exhorté, ajoutant que « continuer sur le chemin de l’autodestruction ou se diriger vers la voie de la prospérité est entièrement du choix de la Corée du Nord ».

Le représentant a ensuite souligné que compte tenu de ce que les agissements de la RPDC constituent une menace constante à la sécurité de son pays, il était logique que la République de Corée privilégie et appuie une approche progressive en matière de désarmement nucléaire.  À cet égard, il a rappelé l’attachement de son pays à la mise en œuvre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui forme, a-t-il dit, la base des efforts internationaux qui tendent à la réalisation d’un monde sans armes nucléaires.  Il a également souligné la nécessité de faire entrer en vigueur sans délai le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), voulant aussi que la Conférence du désarmement entame des négociations de fond sur un traité interdisant la production des matières fissiles à des fins militaires, ce qui contribuerait à renforcer le lien entre non-prolifération et désarmement.  Enfin, le représentant a exhorté les États Membres à faire montre de la volonté politique nécessaire pour avancer dans l’élaboration de mesures de transparence et de confiance destinées à prévenir toute course à l’armement dans l’espace.

M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola) a rappelé que l’Afrique était une zone exempte d’armes nucléaires depuis le Traité de Pelindaba signé en 1996.  D’autres régions disposent de zones de ce type, a-t-il ajouté, avant de lancer un appel au Moyen Orient pour qu’il fasse de même.  L’Angola estime que tous les essais nucléaires devraient être interdits et exhorte à ce titre les États cités à l’annexe II du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) à ratifier cet instrument.  La conclusion de la huitième Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui a eu lieu en 2010 a permis d’adopter un plan d’action organisé autour des trois piliers du Traité, a-t-il rappelé tout en relevant que, « malgré les signes d’un engagement renouvelé, il reste beaucoup à faire ».  Étant donné qu’il existe toujours des stocks importants d’armes, que de nouveaux pays cherchent à disposer d’un arsenal atomique et que même des groupes non étatiques comme les terroristes veulent y avoir accès, il considère que le risque d’utilisation, intentionnel ou accidentel, demeure et augmente.

Se disant convaincu que le désarmement et la non-prolifération se nourrissent l’un l’autre, le représentant a regretté que l’engagement pris par les cinq premières puissances de réduire leurs arsenaux n’ait pas été suffisamment suivi d’effet.  « Des installations pour des essais nucléaire ont été maintenues et des investissements pour moderniser ces armes ont aussi été réalisés », a-t-il noté.  Après 30 années de guerres fratricides, a enfin déploré le représentant, le sol de l’Angola est toujours pollué par un nombre conséquent de mines terrestres.  Cependant, a-t-il souligné, grâce à l’aide de la communauté internationale, son pays a réussi à en éliminer un nombre important.  Un travail qui a permis « d’améliorer la circulation des biens et des personnes, de construire des routes et de développer l’élevage et l’agriculture ».

M. KAHA IMNADZE (Géorgie) a indiqué que son pays coopérait activement avec l’Institut interrégional de recherche des Nations Unies sur la criminalité et la justice, en raison des tentatives avérées de mettre en place dans la région des réseaux de contrebande de matières nucléaires et radioactives.  « Dans ce cadre, nous promouvons, avec l’appui de la Commission européenne, une approche intégrée en matière de lutte contre les armes chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires à travers l’Europe de l’Est, le Caucase et l’Ukraine. »

Le représentant a ensuite rappelé que les conflits militaires conventionnels n’avaient pas disparu avec l’avènement du XXIe siècle, soulignant que les militaires russes, en dépit du cessez-le-feu établi le 12 août 2008, occupaient toujours une partie des territoires géorgiens.  Il a affirmé que des milliers de militaires et de véhicules lourdement armés ne pouvaient être déployés pour servir des objectifs de défense.  Le représentant a par ailleurs signalé qu’en tant que Vice-Président de la quatrième Conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes, son pays croyait fermement que ce traité, pleinement mis en œuvre, permettrait d’éradiquer pour de bon le commerce illicite des armes et, partant, qu’il contribuerait à la paix mondiale et au développement durable.

M. CARLOS ARTURO MORALES LÓPEZ (Colombie) a souligné le caractère fondamental du contrôle des armes conventionnelles si l’on veut véritablement empêcher le trafic illégal.  En effet, les armes conventionnelles sont celles qui occasionnent le plus grand nombre de victimes dans nos pays, « plus que les armes de destruction massive », a fait valoir le représentant, qui a évoqué les résultats tangibles de son pays dans le cadre de son engagement en faveur du désarmement et du contrôle des armes.  Il en a voulu pour preuve le désarmement des Forces armées révolutionnaires de la Colombie (FARC) suite à l’Accord final pour mettre fin au conflit, et grâce à l’appui des Nations Unies.  Cela veut dire que des milliers d’armes et de munitions livrées et détruites ne seront jamais plus une menace pour les citoyens colombiens ou ceux de tout autre pays, s’est félicitée la délégation.  Elle a rappelé à cet égard qu’avec l’Afrique du Sud et le Japon, la Colombie avait présenté, au fil des ans, la résolution intitulée: « le commerce illicite des armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects ». S’agissant des mines antipersonnel, la Colombie a mis l’accent sur deux projets pilotes de déminage humanitaire, convenus entre le Gouvernement et les FARC et exécutés à Orejón, Antioquia et Santa Helena, dans la région de Meta, ainsi que de multiples initiatives pour contrecarrer les effets des engins explosifs improvisés. 

M. WANG QUN (Chine) a plaidé pour une sécurité durable basée sur la coopération internationale et la compréhension partagée des nouveaux défis.  La sécurité commune que nous appelons de nos vœux se fonde sur le principe d’une même sécurité pour tous et sur le respect des besoins légitimes de chaque nation en matière de défense, a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de résoudre les différends par le biais d’une coopération internationale accrue.  Dans ce cadre, la confiance mutuelle entre États ne peut qu’être sapée par la persistance de sanctions et, pire, par la menace de l’emploi de la force, a jugé M. Wang.  Le représentant a également estimé que la sécurité durable, telle qu’envisagée par son pays, nécessitait que soit forgé un consensus solide quant aux moyens à privilégier pour renforcer le contrôle international des armes, un processus qui doit être « rationnel, pratique et conduit graduellement ». 

M. Wang a jugé important que les grandes puissances s’accordent sur des relations de coopération bénéfiques à toutes par le truchement d’une recherche constante de la stabilité stratégique, du renforcement des canaux de communication et des convergences de vues sur la notion de sécurité commune.  Il a salué à ce titre les progrès réalisés cette année dans le cadre des travaux de la Commission du désarmement, qui ont démontré que le mécanisme onusien de désarmement était toujours aussi pertinent.  « Le mécanisme de désarmement multilatéral n’est pas obsolète, il ne demande au contraire qu’à être revitalisé », a-t-il précisé. 

Concernant les armes de destruction massive, M. Wang a indiqué que son pays continuait de proposer l’établissement d’un régime de coopération internationale visant à prévenir l’exportation d’agents biologiques pouvant être détournés à des fins militaires.  Sur la crise syrienne, il a rappelé que son pays avait appuyé le processus de démantèlement des stocks d’armes chimiques de la Syrie conduit sous les auspices de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  Par ailleurs, la Chine croit fermement que les résolutions du Conseil de sécurité sur le République populaire démocratique de Corée (RPDC) doivent être pleinement mises en œuvre et que, parallèlement à l’application des sanctions visant ce pays, les pourparlers de paix doivent être réactivés.  « La pression des sanctions doit être le moteur des négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne », a-t-il expliqué.

M. AMRITH ROHAN PERERA (Sri Lanka) a déploré l’escalade des tensions dans la péninsule de Corée.  Il a rappelé que les armes nucléaires constituaient la plus grande menace pour l’humanité, soulignant les risques d’accident, d’erreur humaine, de dysfonctionnement technique ou de cyberattaque.

« Les armes nucléaires sont inhumaines et sans discernement, elles violent les principes cardinaux du droit international humanitaire », a-t-il martelé, rappelant que son pays avait été l’un des premiers à signer le Traité sur la non-prolifération nucléaire et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Il a réitéré également son soutien à la mise en place d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires.

Abordant ensuite la question des armes légères et de petit calibre, il a réclamé des efforts concertés pour prévenir et éradiquer le commerce illicite de ces armes qui « alimentent les conflits, causent des souffrances et représentent un danger croissant si elles tombent aux mains d’acteurs non étatiques ».  Il a indiqué que son pays était signataire du Programme d’action sur les armes légères et avait créé une commission nationale dédiée à la lutte contre la prolifération de ces armes.  Il a toutefois estimé que les mesures de contrôle internationales ne devaient pas remettre en cause le droit des États à acquérir ces armes pour assurer leur défense et la sécurité de leurs citoyens.

Le représentant a en outre rappelé que l’espace atmosphérique faisait partie du patrimoine de l’humanité et que les États devaient jouir des mêmes opportunités de l’explorer et de l’utiliser à des fins pacifiques.  « Il est impératif d’empêcher une militarisation de l’espace atmosphérique et la potentielle installation d’armes dans l’espace », a-t-il déclaré, estimant que le cadre légal international devait être renforcé pour faire face à ces défis et ces menaces.

M. WILMER ALFONZO MÉNDEZ GRATEROL (Venezuela) a réaffirmé l’importance du Programme des Nations Unies pour la prévention, la lutte et l’élimination des armes légères et de petit calibre, ainsi que de l’Instrument international de traçage et de marquage, dans les efforts multilatéraux, régionaux et nationaux de lutte contre le trafic illicite de ce type d’armes.  Il a fermement condamné le transfert de telles armes par certaines puissances à des acteurs non étatiques qui deviennent des groupes terroristes, dans le but de renverser des gouvernements et de déstabiliser des régions tout entières.  Il a réitéré que le multilatéralisme est la voie la plus complète et la plus efficace pour atteindre le désarmement nucléaire.  Il a également appuyé la prochaine tenue de la quatrième session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le désarmement (SSOD-IV) et salué la décision de l’Assemblée de convoquer, en 2018 au plus tard, la Conférence internationale de haut niveau sur le désarmement nucléaire.

M. ROMÁN OYARZUN MARCHESI (Espagne) a énergiquement condamné l’essai nucléaire du 3 septembre dernier et les multiples essais balistiques effectués par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), soulignant que cela représente une violation flagrante de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité.  Le programme nucléaire et balistique de ce pays pose une grave menace à la paix et la sécurité internationales ainsi qu’à la stabilité de la péninsule coréenne, a-t-il ajouté.  Il a lancé un appel pour que la RPDC renonce au défi qu’elle a lancé à la communauté internationale, adopte des mesures claires visant à réduire la tension et déclare, sans condition, un moratoire sur ses essais nucléaires et balistiques de façon à pouvoir ouvrir la voie à des négociations de fond autour d’une dénucléarisation complète, irréversible et vérifiable de la péninsule coréenne.

Réitérant l’importance du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en tant que pierre angulaire du régime international de non-prolifération et comme base du processus de désarmement nucléaire et du développement des applications de l’énergie nucléaire à des fins civiles, le représentant s’est félicité du climat constructif qui a prévalu lors de la première session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen du TNP, en espérant qu’il en serait de même lors de la Conférence de 2020.  M. Oyarzun Marchesi s’est également félicité de l’application adéquate de l’accord nucléaire entre l’UE3+3 et la République islamique d’Iran, confirmée dans les rapports trimestriels de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

En revanche, il a regretté qu’aucun accord n’ait été conclu en vue de la convocation d’une conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes de destruction massive et de système de lancement au Moyen-Orient, réaffirmant notamment son appui à la résolution de 1995 et aux accords de 2010 issus de la Conférence d’examen du TNP.  Il a appelé toutes les parties à faire montre d’une volonté politique réelle pour dialoguer et arriver à un consensus en vue de tenir cette conférence le plus tôt possible, avec la participation de tous les pays de la région.  Il a souligné par ailleurs que l’une des priorités majeures consiste à éviter que des acteurs non-étatiques, notamment les groupes terroristes, aient accès aux armes de destruction massive, nucléaires, chimiques et biologiques.  Il a salué, à cet égard, la résolution 2325 (2016) du Conseil de sécurité.

M. JALAL ALJAEDI (Libye) a assuré que son pays respecterait tous ses engagements internationaux vis-à-vis des armes de destruction massive.  Il s’est dit convaincu que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et ses trois piliers étaient la pierre angulaire du désarmement, regrettant que l’universalisation de ce traité ne soit pas encore une réalité.  « Il faut se débarrasser de ces armes parce que rien ne pourra en empêcher l’utilisation », a-t-il mis en garde, avant de plaider en faveur d’un programme grâce auquel les États dotés de l’arme nucléaire se débarrasseraient de ces armes. 

Le représentant a ensuite déploré que la dernière conférence d’examen du TNP ne soit pas parvenue à adopter une résolution finale, notamment sur la zone exempte d’armes nucléaires au Moyen Orient.  Malgré la conférence d’examen de 1995 qui avait fixé cet objectif, la communauté internationale n’a pas réussi à se débarrasser des armes nucléaires dans la région, a-t-il fait observer.  M. Almjbari a saisi cette occasion pour rappeler que la Libye avait, elle, éliminé ses stocks d’armes de destruction massive.  Enfin, il a exhorté la communauté internationale à améliorer toujours plus la coopération multilatérale, un outil fondamental selon lui pour assurer la paix et la prospérité pour tous.

M. JASSER JIMÉNEZ (Nicaragua) a exprimé sa profonde préoccupation suite à l’acte terroriste commis dimanche à Las Vegas, avant de mettre l’accent sur l’urgence qu’il y a à persévérer vers l’objectif d’un désarmement total et complet.  Il a aussi rappelé l’avis consultatif de la Cour internationale de justice rendu en 1996, selon lequel l’utilisation ou la menace d’armes nucléaires constituent un crime contre l’humanité et une violation du droit international et de la Charte des Nations Unies.  Il a salué le Traité de Tlatelolco, « transcendantal » selon lui, ainsi que le cinquantième anniversaire de la Déclaration de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes qui a fait de la région une zone de paix.  Il a déploré, par contraste, la non-tenue, en 2012, de la conférence internationale pour l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, et insisté pour que des efforts soient déployés en vue de l’organiser.  Le représentant a encouragé, en outre, à accorder la priorité aux préoccupations humanitaires s’agissant des armes nucléaires, avant de saluer les trois conférences sur ce sujet qui ont eu lieu à Oslo, Nayarit et Vienne.

S’agissant des armes légères et de petit calibre, le Nicaragua a déclaré avoir pris les mesures nécessaires en vue de la prévention et de l’élimination contre leur trafic illicite.  Le pays a intégré dans sa législation nationale le Programme des Nations Unies à cet effet, ainsi que les dispositions de l’Instrument international sur le traçage et le marquage des armes, et ce, à travers une loi spéciale sur le contrôle et la réglementation des armes à feu, des munitions, des explosifs et autres matériels.  Le représentant a en particulier évoqué la coopération avec la société civile, qui a fait du Nicaragua l’un des pays de la région « les plus sûrs et impénétrables par la criminalité organisée ».

M. OMER DAHAB FADL MOHAMED (Soudan) a déclaré que son pays était un partenaire actif du désarmement nucléaire, le Soudan ayant été un des premiers à avoir signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à avoir adhéré au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).  « Nous avons œuvré à l’établissement d’une zone exempte d’armes chimiques en Afrique », a-t-il aussi fait valoir au titre des autres armes de destruction massive.  Le représentant, se félicitant de l’adoption, le 7 juillet, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, a plaidé pour la tenue, en 2018, d’une conférence destinée à relancer le projet de création d’une zone exempte d’armes de ce type au Moyen-Orient.  « Israël, seul pays de la région à ne pas l’avoir encore fait, doit adhérer au TNP et placer ses installations sous le régime de contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) », a-t-il exigé.

Le représentant soudanais a par ailleurs insisté sur le besoin d’éliminer les armes légères et de petit calibre, faisant remarquer que la prolifération de ces armes attise la criminalité transnationale organisée et sape ce faisant le développement socioéconomique des peuples, en particulier dans les pays africains.  Il a indiqué que son pays était actif dans le domaine du déminage et de la prévention du risque de voir les armes à feu et leurs munitions tomber entre les mains de groupes terroristes.  « Nous remercions à cet égard les services de déminage de l’ONU pour l’aide apportée dans la conduite de nos campagnes », a-t-il déclaré.

M. PATRICK SAINT-HILAIRE (Haïti) a rappelé que les efforts de désarmement requéraient de la volonté politique et de l’engagement.  Prenant pour exemple l’issue favorable du conflit en Colombie, il a repris à son compte les mots de son président: « Ce dénouement […] démontre que l’affrontement armé et la violence aveugle ne peuvent pas toujours régler les différends. »  En vertu de son appartenance à la zone exempte d’armes nucléaires d’Amérique du Sud, il a réitéré le soutien d’Haïti à la cause du désarmement nucléaire, avant de s’étendre sur un sujet qui touche directement son pays: les armes classiques.

Considérant que ces armes menacent autant la sécurité internationale que les armes de destruction massive, il a insisté sur « le danger que représentent la prolifération, la circulation incontrôlée et l’utilisation » de ces armes, notamment dans les pays en voie de développement et les zones de conflits.  Les qualifiant de « principaux troubles à l’ordre public », il a détaillé les mesures prises par son propre pays pour endiguer la circulation illicite de ces armes telles que le renforcement de la Police nationale d’Haïti et la mise en place d’une composante militaire avec des missions axées sur le développement.  Il s’est enfin félicité de tous les efforts régionaux et internationaux entrepris à ce sujet par la Première Commission et le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Amérique latine et dans les Caraïbes.

M. FRED FRIMPONG (Ghana) a souligné son attachement au multilatéralisme pour traiter les questions de désarmement, notamment face à l’augmentation de la menace terroriste.  Il a déploré que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) soit encore sujet à des réinterprétations et que le Comité préparatoire de la Conférence des Parties chargée de l’examen du de 2020 n’ait pas permis d’arriver à un consensus en raison d’un « manque de bonne volonté de certains États ».  Le représentant a salué ensuite l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, que son pays a d’ores et déjà signé, appelant tous les États à en faire autant, en particulier les États détenteurs.

Le représentant s’est aussi inquiété de l’impasse dans laquelle se trouve la Conférence du désarmement depuis plusieurs années et son incapacité à trouver un consensus pour adopter un programme de travail.  Si il a salué le rôle de la Commission du désarmement pour l’adoption par consensus des conclusions du Groupe de travail sur les mesures de confiance dans le domaine des armes conventionnelles, il a regretté en revanche le manque de progrès pour parvenir à l’objectif de désarmement nucléaire, mettant en cause le manque d’engagements des États dotés.

Rappelant ensuite l’importance du Traité de Pelindaba faisant de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires, il s’est dit préoccupé par le manque de progrès dans la création d’une zone analogue au Moyen-Orient.  Il a également estimé que l’entrée en vigueur d’un Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et d’un Traité interdisant la production de matières fissiles était une condition sine qua non pour parvenir à l’objectif d’un monde dénucléarisé.

Le représentant s’est par ailleurs inquiété de la circulation et du commerce illicite des armes légères et de petit calibre, en particulier en Afrique et a appelé les États membres à mettre en œuvre de manière effective le Programme d’action sur les armes légères.  Il a aussi critiqué les dépenses militaires excessives au niveau mondial, soulignant que c’était autant de ressources qui n’étaient pas consacrées au développement.

M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana) a rappelé que paix et sécurité sont les conditions nécessaires au développement durable.  « Alors que nous continuons à nous heurter à des défis pour sauver les futures générations du fléau des guerres, a-t-il expliqué, nous assistons à une augmentation des phénomènes de violence, de violation des droits de l’homme et de déplacement de population ».  Le Botswana s’est notamment dit très préoccupé par les violations du droit international commises par la RPDC.  « Ses agissements ne sont pas seulement une menace pour la péninsule mais pour le monde entier », a affirmé son représentant.

Préoccupé par l’incapacité de la communauté internationale à se débarrasser complètement des armes de destruction massive, il a mis en cause la mauvaise volonté des pays dotés de ces armes.  À cet égard, il a imploré les États qui n’ont pas signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires d’écouter les inquiétudes de ceux qui l’ont signé.  Se disant favorable à la création de zones exemptes d’armes nucléaires, M. Ntwaagae s’est dit inquiet de l’impact humanitaire catastrophique qu’aurait la détonation d’une de ces armes.

L’autre préoccupation principale du Botswana concerne les armes classiques et la facilité avec laquelle on peut en acquérir.  À cet égard, le représentant apporté son soutien à tous les efforts qui sont faits pour lutter contre le commerce illicite des armes légères et de petit calibre.  S’il comprend les difficultés à mettre en œuvre ce programme, il considère que davantage d’aide et de coordination sont nécessaires.  Il s’est dit impatient de participer à la Conférence d’examen de 2018 sur cette question. 

Mme DELL HIGGIE (Nouvelle-Zélande) a dit avoir appris récemment que l’ONU était désormais dépositaire de plus de 560 traités multilatéraux.  À cet égard, elle a exhorté tous les États Membres à signer le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires adopté le 7 juillet dernier.  Il ne s’agit pas d’un traité de plus, a-t-elle dit, expliquant que cet instrument pouvait établir un cadre juridique ouvrant la voie à la réalisation d’un monde sans armes nucléaires.  Il reconnaît, a-t-elle ajouté, les conséquences humanitaires potentiellement catastrophiques de toute détonation, y compris accidentelle, d’une arme nucléaire, et il réaffirme la portée intangible du droit humanitaire international.

D’autre part, Mme Higgie a indiqué que son pays était un partisan actif du Traité sur le commerce des armes, appelant les États parties à cet instrument à se consacrer plus avant à sa mise en application, en particulier les dispositions relatives aux transferts d’armes à feu et de leurs munitions.  Enfin, condamnant les essais nucléaires conduits par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), elle a souligné que seul ce pays violait la norme établie par ledit traité.  Par conséquent, le Traité doit entrer en vigueur sans délai, a-t-elle exigé.

Mme PÉNÉLOPE ALTHEA BECKLES (Trinité-et-Tobago) a dit apprécier que le mouvement des pays cherchant à se débarrasser de l’arme nucléaire ait été salué par le prix Nobel de la paix qui vient d’être décerné à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires.  Mais elle a vite rebondi sur les armes légères et de petits calibres (ALPC) qui, si elles semblent moins dangereuses que les armes de destruction massive, sont un vrai fléau pour des pays comme Trinité-et-Tobago.  Assurant que la lutte contre l’usage et le commerce illicite des ALPC est une priorité pour son pays, elle s’est dite convaincue que les munitions de ces armes devraient être incluses dans les différents accords internationaux.

« Le désarmement ne peut pas être traité dans le vide », a-t-elle poursuivi en demandant de le remettre dans un contexte de sécurité globale.  À cet égard, l’égalité entre les sexes est un facteur indéniable pour la paix et la sécurité, a-t-elle insisté.  Les femmes jouent à ses yeux un rôle crucial au sein des communautés.  Elles sont donc un appui pour favoriser le désarmement.  Rappelant par ailleurs que les habitants des Caraïbes luttent actuellement pour reconstruire leurs foyers suite au passage de deux ouragans, elle a craint que la vulnérabilité de ces environnements dévastés ne devienne un terreau fertile pour la circulation des ALPC.  Concluant sur la cyber sécurité, elle a estimé que les Nations Unies devaient être aussi sérieuses sur cette question que sur celle du désarmement: des dispositifs adéquats permettraient en effet selon elle d’améliorer le contrôle de la circulation et du commerce illégal des armes.

Mme LANA ZAKI NUSSEIBEH (Émirats arabes unis) a réaffirmé l’engagement de son pays à œuvrer à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et elle a exhorté Israël, seul pays de la région à ne pas l’avoir encore fait, à adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Elle a également souligné la nécessité de privilégier une approche transparente dans l’exercice, par les États parties au Traité, du droit inaliénable à l’usage de l’énergie atomique à des fins pacifiques et de développement.  « Nous coopérerons de manière étroite à cette fin avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), conformément aux normes de fonctionnement de l’Agence », a-t-elle assuré.  La représentante a, à cet égard, exprimé les plus vives préoccupations de son pays vis-à-vis des activités nucléaires de la République islamique d’Iran et du développement en cours de son programme de missiles.  Ce pays doit coopérer en toute bonne foi avec l’AIEA et faire en sorte que les doutes soient levés quant à la nature de son programme nucléaire, a insisté Mme Nusseibeh.  Elle a déploré que, sur le fond, le comportement de l’Iran dans la région n’ait pas changé, ce pays se permettant « même de fouler au pied les résolutions du Conseil de sécurité en soutenant des milices armées et la contrebande d’armes », a-t-elle avancé.

Mme FARZANA ZAHIR (Maldives) a présenté le renforcement du désarmement et de la non-prolifération comme une « obligation morale ».  Réitérant son soutien à tous les traités sur cette question, elle a qualifié le récent Traité sur l’interdiction des armes nucléaires de « plus important engagement de la communauté internationale depuis la création des Nations Unies ».  Cela prouve, selon elle, que la planète est prête pour un monde sans armes nucléaires.  À ce titre, elle a exhorté les pays dotés d’un arsenal de ce type à s’interroger sur les investissements colossaux qu’ils y consacrent.  « Nous appelons ces puissances à consacrer cet argent au développement social et économique », a-t-elle lancé en appelant à remplir l’engagement de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Regrettant et condamnant les récents tirs de missiles balistiques et les essais nucléaires effectués par la RPDC, la représentante des Maldives a demandé à ce qu’une solution pacifique et multilatérale soit trouvée pour prévenir de nouveaux tests.  Elle a, à cet égard, salué l’action du Conseil de sécurité en soulignant ses efforts pour trouver une issue diplomatique à cette crise. 

M. MATTHEW ROLAND (Royaume-Uni), qui s’exprimait en sa capacité nationale, a déploré l’emploi « impardonnable » d’armes chimiques par la Syrie contre son propre peuple et la prolifération « scandaleuse » d’armes nucléaires du fait de la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  Il a estimé, à l’aune de ces événements, que l’environnement sécuritaire mondial faisait face à un défi mettant à l’épreuve « nos valeurs, notre vision du monde et nos capacités à défendre les normes et règles qui fondent notre prospérité et notre sécurité collective ».

M. Roland a ensuite rappelé les efforts conduits de longue date par le Royaume-Uni en matière de désarmement nucléaire.  Nous continuons de réduire nos propres capacités nucléaires, au point qu’aujourd’hui mon pays ne possède plus qu’environ 1% du stock mondial d’armes nucléaires, a-t-il indiqué.  Il a précisé qu’en tant qu’État doté d’armes nucléaires « responsables », le Royaume-Uni privilégiait une approche étape par étape conforme à la lettre et aux objectifs du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  C’est ainsi qu’il a justifié le refus de son pays de participer aux négociations ayant abouti à l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, l’instrument échouant d’après lui à appréhender la question centrale de la réalisation d’un désarmement nucléaire complet et durable.  Il a également estimé que ce traité n’abordait pas non plus de manière approfondie des nombreux enjeux et défis concernant la vérification du processus complexe de désarmement nucléaire.  Déplorant en outre que le Traité établisse une norme concurrente de celle du TNP, au risque de saper la crédibilité de ce dernier, il a annoncé que son pays ne ménagerait aucun effort pour sauvegarder et renforcer le régime du TNP en vue de la Conférence d’examen de 2020.

M. JA SONG NAM (République populaire démocratique de Corée - RPDC) a accusé tous les États dotés de l’arme nucléaire d’accélérer la modernisation de leurs arsenaux et de raviver, ce faisant, une course aux armements rappelant l’époque de la guerre froide.  C’est pourquoi il a exhorté les pays qui possèdent le plus d’armes de ce type de faire preuve de leadership en démantelant, à un rythme plus rapide, leurs stocks.  Il leur a aussi demandé d’éliminer de leurs doctrines de sécurité des notions telles que celles de frappes préventives et de déploiement préventif d’armes nucléaires hors de leurs frontières.

Le représentant a pointé du doigt les États-Unis parce qu’ils rejettent le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, un instrument « dont nous soutenons les principaux objectifs », a-t-il assuré.  « Mais parce que les États-Unis posent une menace nucléaire à l’existence même de la RPDC, nous ne sommes pas en mesure d’adhérer à ce traité », a-t-il argué.  Accusant de manière répétée les États-Unis de vouloir détruire son pays et d’exercer sur lui un véritable chantage depuis 1957, « date à laquelle les États-Unis ont placé pour la première fois des armes nucléaires en République de Corée », il a souligné que les activités nucléaires de la RPDC avaient pour seule raison d’être de contrer les visées « fondamentalement hostiles » des États-Unis.  « Nos mesures d’autodéfense assurent la survie de notre souveraineté, de notre peuple et de notre développement », a-t-il expliqué.

Droits de réponse

Le représentant de la République populaire démocratique de Corée a exercé son droit de réponse pour réagir aux « allégations » du Royaume-Uni et de la République de Corée.  Récusant les propos du délégué du Royaume-Uni selon lesquels la RPDC serait une menace à la sécurité du monde, il a expliqué que les mesures prises pour renforcer la capacité nucléaire de son pays relevaient du droit à garantir la sécurité nationale.  « Le Royaume Uni devrait réfléchir à son comportement et à ses mots, plutôt que d’écouter la voix du mal », a-t-il lancé.  Il a ensuite demandé à la République de Corée de cesser de déformer la réalité.  Il a jugé nuisibles la politique des États-Unis, la menace nucléaire que ce pays fait peser contre la RPDC, ainsi que les décisions prises pour étouffer sa population.

À son tour, le représentant de la République arabe syrienne a expliqué que le Royaume-Uni faisait partie des pays qui exportaient et parrainaient les terroristes en leur fournissant munitions, armes et renseignements.  Il a accusé le pays d’avoir apporté sabotage, terrorisme, déstabilisation et destruction sur le sol de Syrie.

Le représentant des États-Unis a répondu à son homologue de la RPDC en exhortant celui-ci à cesser « sa rhétorique ridicule ».  Il a assuré que son pays ne représentait aucune menace pour la Corée du Nord.  « La RPDC a le choix, a-t-il conclu, soit elle prend une nouvelle voie vers la paix et la prospérité, soit elle continue de s’enfoncer dans l’intolérance et l’isolement ».

C’est ensuite la représentante de la République de Corée qui a répondu au représentant de la RPDC. Accusant le régime de Pyongyang de tenter de se présenter comme une victime, elle a estimé que les condamnations unanimes et les sanctions du Conseil de sécurité étaient une preuve suffisante de la réalité des provocations de la RPDC.  « Il n’est pas rationnel de dire que ces opinions sont le fait d’une mauvaise connaissance de la situation », a-t-elle asséné.  Rappelant que la République de Corée était en première ligne face à la menace représentée par la RPDC, elle a justifié les exercices militaires conjoints mais aussi « transparents et supervisés » menés avec les États-Unis comme une réaction à cette situation.  « La Corée du Nord ne nous laisse pas le choix que de renforcer notre capacité pour sauvegarder son peuple et sa sécurité », a-t-elle conclu.

Réagissant lui aussi aux observations de la RPDC, le représentant du Royaume-Uni a voulu exprimer clairement que ce pays était une menace.  « Le Conseil de sécurité a été unanime.  La Corée du Nord doit écouter ces voix. »  Puis, il a ajouté à l’adresse de son homologue syrien: « Je n’ai pas de mot pour le représentant de la République arabe syrienne qui utilise des armes chimiques sur sa population ».

Le représentant de la République populaire démocratique de Corée a repris la parole pour répondre aux représentants du Royaume-Uni, des États-Unis et de la République de Corée.  Accusant les États-Unis d’utiliser les médias pour influencer le point de vue des populations, il a prédit que bientôt « étrangler la population deviendra une arme pacifique ».  Expliquant que les États-Unis essaient d’internationaliser un problème qui ne concerne que ce pays et le sien, il a assuré que la République de Corée n’a rien à voir avec ce problème.  Il a par ailleurs exhorté le Royaume-Uni de cesser sa coopération avec les États-Unis.  « Les derniers mouvements militaires des États-Unis ne font qu’accroître notre volonté de terminer notre programme nucléaire », a conclu le représentant.

Le représentant des États-Unis a répondu au représentant de la RPDC.  Qualifiant ses diatribes de « ridicules », il a conseillé au représentant du régime nord-coréen d’écouter les nombreuses condamnations de son comportement.  Selon lui, c’est la preuve que le problème n’est pas entre les États-Unis et la RPDC, mais « entre vous et la communauté internationale ».

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