Assemblée générale: Les engagements pris par l’Iran sont mis en œuvre, assure le Directeur général de l’AIEA

AG/11972
10 novembre 2017
Soixante-douzième session, 46e & 47e séances plénières - matin & après-midi

Assemblée générale: Les engagements pris par l’Iran sont mis en œuvre, assure le Directeur général de l’AIEA

Aujourd’hui à l’Assemblée générale, le Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui présentait son rapport annuel, s’est voulu clair: « Les engagements pris par l’Iran sont mis en œuvre ».  M. Yukiya Amano, dont le mandat vient d’être prorogé pour une troisième période de quatre ans, n’a en revanche pas caché sa « profonde préoccupation » face au programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). 

L’Iran, a souligné le Directeur général de l’AIEA, est désormais soumis au régime de vérification nucléaire le plus strict au monde.  Les inspecteurs de l’Agence ont un « accès élargi » aux sites et ont davantage d’informations sur le programme nucléaire iranien, lequel est « plus petit » qu’avant l’entrée en vigueur du Plan d’action global commun.  L’AIEA poursuit également la vérification du non-détournement du matériel nucléaire « déclaré » dans l’Accord de garanties et l’évaluation de l’absence de matériel et d’activités nucléaires « non déclarés ».  Le représentant de l’Iran a pris bonne note de cette évaluation, insistant sur le fait que l’AIEA est « la seule autorité habilitée à vérifier le respect des garanties », et demandant à « tous les signataires » du Plan d’action de respecter leurs engagements.

Le Plan d’action global commun a été signé le 14 juillet 2015 à Vienne, en Autriche, entre l’Iran et la Chine, les États-Unis, la Fédération de Russie, la France et le Royaume-Uni -les cinq membres permanents du Conseil de sécurité- mais aussi l’Allemagne et l’Union européenne.  Le Plan vise à lever les sanctions contre l’Iran en échange de l’arrêt par ce dernier de son programme nucléaire.  Le représentant iranien a insisté, aujourd’hui, sur le droit « inaliénable » de tous les pays à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

La pleine mise en œuvre par l’Iran du Plan d’action et la « Conclusion élargie » à laquelle parviendra l’AIEA sont « cruciales », a rappelé le représentant de l’Union européenne, pour que la communauté internationale soit sûre de la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien.  Le représentant a renouvelé l’engagement « clair » de l’Union à faire en sorte que le Plan « reste en place ».  Estimant que l’AIEA a exécuté son travail « avec brio », son homologue de la Fédération de Russie a insisté sur le fait que la « neutralité » est un élément fondamental de la vérification.  Celui de la Chine a aussi exhorté l’Agence à préserver « son impartialité et son objectivité », avant de saluer, à son tour, les efforts visant à faciliter la mise en œuvre du Plan d’action et à vérifier les activités nucléaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC).

Justement, le Directeur général de l’AIEA n’a pas caché sa « profonde préoccupation » face au programme nucléaire de la RPDC.  « L’essai nucléaire de septembre, le sixième du genre et le plus important à ce jour, est extrêmement regrettable », a-t-il prévenu.  Les inspecteurs de l’Agence ayant été priés de quitter le pays en 2009, M. Amano a assuré que l’AIEA continue de surveiller le programme nucléaire du pays par imagerie satellite et grâce aux informations publiques.  L’Agence se tient prête à retourner en RPDC quand la situation politique le permettra. 

La RPDC, a prévenu son représentant, « ne mettra jamais ses armes et missiles balistiques sur la table des négociations » tant que les États-Unis n’auront pas mis fin à leur politique hostile et à leurs menaces nucléaires.  Un signal fort et unifié doit être envoyé à ce pays, s’est impatienté son homologue de la République de Corée, qui a salué l’adoption à l’unanimité de la résolution 2375 (2017) du Conseil de sécurité et jugé essentiel que la RPDC comprenne qu’elle fera face à de graves conséquences si elle ne met pas en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité. 

De même, l’adoption cette année, à l’unanimité, d’une résolution plus robuste par l’AIEA, est un développement bienvenu qui souligne la détermination de la communauté internationale de régler la situation par une solution pacifique, a-t-il ajouté.  La communauté internationale ne devrait jamais accepter une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire, a renchéri le représentant du Japon, appelant cette communauté à renouveler sa détermination à réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne comme « fondation de la paix et de la sécurité » en Asie du Nord-Est.

Dans la résolution* qu’elle a adoptée aujourd’hui, l’Assemblée générale réaffirme son « appui énergique » à l’AIEA pour le rôle incontournable qu’elle joue, en encourageant et en facilitant la mise au point et l’application pratique des utilisations de l’énergie atomique à des fins pacifiques et en favorisant le transfert de technologie aux pays en développement ainsi que la sûreté, la vérification et la sécurité nucléaires.

Le Directeur général de l’AIEA a d’ailleurs souligné le caractère « crucial » du programme de coopération technique pour le mandat « Atomes pour la paix et le développement » qui a été confié à son Agence.  L’AIEA aide maintenant les pays à la réalisation des objectifs de développement durable liés à l’énergie, l’alimentation, l’agriculture, l’industrie, la gestion de l’eau et la santé, sans exclure d’autres domaines.  L’AIEA se concentre sur le transfert du savoir et de l’expertise technique.

La toute première Conférence internationale sur le programme de coopération technique de l’Agence, a poursuivi le Directeur général, a amélioré la prise de conscience sur le « rôle unique » de l’Agence dans le transfert de la technologie nucléaire.  L’énergie nucléaire, émettrice très faible de carbone, sera d’ailleurs essentielle, a souligné le Directeur général, pour mettre en œuvre d’ici à 2050, les objectifs de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.  Treize des 17 objectifs de développement durable sont directement liés aux domaines de compétence de l’Agence.

En fin de séance, l’Assemblée générale a reporté à une date ultérieure l’élection de 20 membres du Comité de programme et de coordination et la nomination des membres du Comité des conférences, qui devaient avoir lieu le vendredi 17 novembre.

Elle tiendra lundi 13 novembre, à partir de 10 heures, un débat conjoint sur la mise en œuvre des résolutions des Nations Unies, la revitalisation des travaux de l’Assemblée générale et le sport au service du développement et de la paix.

*A/72/L.6

RAPPORT DE L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE (A/72/221) 

Déclarations

Le soixantième anniversaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) touche à sa fin, a rappelé M. YUKIYA AMANO, Directeur général d’une Agence « qui a contribué à la paix et à la sécurité internationales et fait une vraie différence pour des millions de personnes ».  La science et la technologie étant essentielles au développement, transférer aux pays en développement la technologie nucléaire à des fins pacifiques est au cœur du travail de l’AIEA et l’un de ses domaines d’activité les plus importants.  Le programme de coopération technique est « crucial » pour remplir le mandat « Atomes pour la paix et le développement » qui a été confié à l’Agence. 

L’AIEA aide maintenant les pays à la réalisation des objectifs de développement durable liés à l’énergie, l’alimentation, l’agriculture, l’industrie, la gestion de l’eau et la santé, sans exclure d’autres domaines.  L’AIEA se concentre sur le transfert du savoir et de l’expertise technique.

L’Agence, a précisé son Directeur général, travaille étroitement avec des partenaires clefs de l’ONU, en particulier avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La toute première Conférence internationale sur le programme de coopération technique de l’Agence, qui a eu lieu cette année, a connu une participation de haut niveau et amélioré la prise de conscience sur le « rôle unique » de l’Agence dans le transfert de la technologie nucléaire.

Les huit laboratoires d’application nucléaire de l’AIEA, lesquels ont été modernisés, fournissent une assistance à plus de 150 pays dans des domaines tels que l’alimentation et l’agriculture, la santé et l’environnement.  Le nouveau laboratoire de contrôle des insectes nuisibles a été inauguré en septembre dernier et aidera les pays à appliquer des techniques nucléaires pour mieux contrôler les moustiques, les mouches tsé-tsé et les mouches à fruit.  Quand il sera agrandi, le complexe du laboratoire améliorera substantiellement les capacités de l’AIEA comme « garante technologique » au profit de tous ses 168 États membres.

L’énergie nucléaire, a insisté le Directeur général, pourrait faire de plus en plus de contributions au développement durable dans les prochaines décennies et l’AIEA épaule les pays qui souhaitent introduire cette énergie ou l’élargir.  Aujourd’hui, a rappelé le Directeur général, 70% de l’électricité mondiale vient des combustibles fossiles et 11% de l’énergie nucléaire, qui est l’une des technologies qui émet le moins de carbone.

Pour mettre en œuvre d’ici à 2050 les objectifs de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, il faudra que près de 80% de l’électricité soit à faible émission de carbone.  En conséquence, l’utilisation de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables aidera les pays à réaliser ces objectifs, a souligné le Directeur général qui a attiré l’attention sur la Conférence ministérielle sur l’énergie nucléaire au XXIe siècle qui a eu lieu, il y a 10 jours, à Abou Dhabi.

Le Directeur général a ensuite annoncé que la banque d’uranium faiblement enrichi (UFE) de l’AIEA a été inaugurée au Kazakhstan et sera le mécanisme de dernier ressort, rassurant les pays sur leur faculté de répondre à tout moment à leurs besoins.

Venant à la question de vérification nucléaire, le Directeur général a d’abord indiqué que le nombre de pays qui ont signé des accords de garanties avec l’AIEA s’élèvent maintenant à 182.  L’AIEA, a-t-il assuré, continue à vérifier et à contrôler la mise en œuvre par l’Iran des engagements nucléaires pris dans le Plan d’action global commun de 2015.  « Les engagements pris par l’Iran sont mis en œuvre », a déclaré le Directeur général, parlant d’un pays « qui est désormais soumis au régime de vérification nucléaire le plus strict au monde ».  Les inspecteurs de l’AIEA, a-t-il ajouté, ont un « accès élargi » aux sites et ont davantage d’informations sur le programme nucléaire iranien, lequel est « plus petit qu’avant l’entrée en vigueur du Plan d’action.  L’AIEA poursuit également la vérification du non-détournement du matériel nucléaire « déclaré » par son accord de garanties et l’évaluation de l’absence de matériel et d’activités nucléaires « non déclarés » se poursuit.

Le Directeur général s’est en revanche dit « profondément préoccupé » par le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  « L’essai nucléaire de septembre, le sixième du genre et le plus important à ce jour, est extrêmement regrettable », a affirmé le Directeur général, exhortant la RPDC au plein respect de ses obligations en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’AIEA.  Il a rappelé que les inspecteurs de l’Agence avaient été priés de quitter le pays en 2009 mais que l’Agence continue à surveiller le programme nucléaire du pays par l’imagerie satellite et les informations publiques.  Il a assuré que l’AIEA se tient prête à retourner en RPDC quand la situation politique le permettra.  Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA vient d’ailleurs d’adopter en septembre, par consensus, le Plan de sécurité nucléaire 2018-2021, a encore indiqué le Directeur général dont le mandat vient d’être prorogé pour une troisième période de quatre ans. 

Mme INA HAGNININGTYAS KRISNAMURTHI (Indonésie) a appuyé les progrès enregistrés par l’Agence en 2016 et l’a encouragée à poursuivre son travail de manière équilibrée pour répondre aux besoins en évolution des États Membres.  Elle a noté avec intérêt que 13 des 17 objectifs de développement durable sont directement liés aux domaines de compétence de l’Agence.  Elle a mis en exergue le rôle « essentiel » du travail de l’AIEA dans la sécurité nucléaire et la vérification.  Mais, a réitéré la représentante, la responsabilité de la sécurité nucléaire dans un État incombe entièrement à cet État.  Cette sécurité ne devrait donc pas être une condition préalable à l’accès d’un État aux projets de coopération technique.  L’Indonésie, a poursuivi la représentante, est honorée d’être Présidente du Conseil des gouverneurs de l’AIEA.  Elle est donc heureuse de présenter le projet de résolution annuel sur le rapport de l’Agence.

M. GUILLAUME DABOUIS, de l’Union européenne, a souligné que le système de garanties de l’AIEA est une « composante fondamentale » du régime de non-prolifération nucléaire et joue un rôle « indispensable » dans la mise en œuvre du Traité sur la non-prolifération (TNP).  Le représentant a souligné la responsabilité première du Conseil de sécurité en cas de non-respect.  Il a reconnu les graves défis de la prolifération, qui continuent de menacer la sécurité internationale et la nécessité de leur trouver des solutions pacifiques et diplomatiques.

Le Plan d’action global commun, un accord approuvé par la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité, représente, a insisté le représentant, un pilier « essentiel et opérationnel » de l’architecture internationale de non-prolifération, qu’il est encore plus important de protéger à un moment de menace nucléaire réelle.  Le représentant a souligné que l’AIEA a vérifié huit fois que l’Iran met en œuvre tous ses engagements liés au nucléaire, en suivant un système de vérification « strict et complet ».  À l’instar de la communauté internationale, l’Union européenne a clairement indiqué son engagement à faire en sorte que l’accord est et restera en place.  Elle appelle toutes les parties à mettre en œuvre le Plan d’action dans son intégralité et avec efficacité.  Dans ce contexte, le représentant a réaffirmé la nécessité pour l’Iran de respecter strictement tous ses engagements et à coopérer pleinement et en temps voulu avec l’AIEA, par la mise en œuvre de son Accord de garanties et de ses Protocoles additionnels, y compris en répondant favorablement à toutes les demandes d’accès.  Ceci est essentiel pour que l’AIEA puisse parvenir à la « Conclusion élargie », a asséné le représentant.  Cette Conclusion, et une mise en œuvre pleine et soutenue du Plan d’action, est cruciale pour que la communauté internationale puisse être sûre de la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien. 

Le représentant a fermement condamné le dernier test nucléaire réalisé par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ainsi que toutes ses activités impliquant des armes nucléaires et des missiles balistiques.  Il a salué l’adoption à l’unanimité de la résolution 2375 du Conseil de sécurité le 11 septembre dernier et rappelé que l’Union européenne a adopté le 16 octobre dernier, ses propres mesures qui complètent et renforcent les sanctions du Conseil de sécurité, afin d’accroître encore la pression sur la RPDC.  L’UE a aussi exhorté le régime syrien à coopérer rapidement et de façon transparente avec l’Agence pour résoudre toutes les questions en suspens, y compris en concluant et en mettant en place un protocole additionnel le plus rapidement possible.

L’Union européenne, a poursuivi le représentant, appelle à l’universalisation sans délai des accords de garanties généralisées et des protocoles additionnels sans plus attendre.  Elle accorde la plus haute importance au « Concept de contrôle au niveau de l’État ».  Le représentant a insisté sur l’importance qu’attache l’UE à la sécurité nucléaire, avant de détailler les actions et les contributions financières de l’Union à cette question.

Mme ISABELLE F. PICCO (Principauté de Monaco) a déclaré qu’en assistant les pays à utiliser des techniques nucléaires et isotopiques, l’AIEA contribue directement à la réalisation de la plupart des objectifs de développement durable, car cette utilisation pacifique de l’énergie nucléaire se répercute dans de nombreux domaines.  Dans le domaine de l’environnement, les techniques isotopiques fournissent en effet des évaluations précises de l’érosion des sols et des zones les plus vulnérables, évaluations qui peuvent permettre d’inverser le processus de dégradation des terres et de restaurer les sols, contribuant ainsi à mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.  Elle a signalé que le Laboratoire d’étude de l’environnement marin, établi à Monaco pour aider les États Membres à surveiller la pollution marine et analyser les contaminants dans des échantillons marins, a fêté son trentième anniversaire en 2016.

D’autre part, les techniques nucléaires et isotopiques peuvent améliorer la sécurité alimentaire, notamment en matière de détection et lutte contre les maladies animales, de préservation des sols et de gestion des ressources en eau d’irrigation, a précisé Mme Picco, qui a également apporté l’appui de son pays au programme de santé de l’AIEA visant à la réduction de la mortalité due à des maladies non transmissibles.  Elle a cité à cet égard le Programme d’action en faveur de la cancérothérapie (PACT), visant à créer des services d’installations de médecine radiologique et d’assurer la formation théorique et pratique de professionnels de la santé spécialisés.  Elle a également fait valoir les activités de l’AIEA en faveur de la planification et l’accès à des programmes électronucléaires et à une énergie propre, fiable et abordable, contribution importante, selon elle, à la mise en œuvre des objectifs de développement durable.

Entre autres programmes de coopération, Mme Picco a cité l’organisation d’une série d’ateliers internationaux sur les impacts socioéconomiques de l’acidification des océans dont la quatrième édition a eu lieu en octobre à Monaco.  

M. FEDOROVICH (Bélarus) a espéré également que grâce à ses centrales nucléaires, le Bélarus arrivera à une énergie propre, grâce à l’appui de l’Agence.  Les demandes d’assistance croissantes des États témoignent du rôle « très positif » de l’Agence, s’est réjoui le représentant, qualifiant de « l’une des plus grandes réussites de cette année », l’ampleur grandissante des projets de coopération technique.  L’AIEA laisse une empreinte positive, a-t-il insisté, en pensant à l’atténuation des effets de la catastrophe de Tchernobyl.  Le représentant a dit placer beaucoup d’espoir dans la contribution de l’AIEA à la réalisation des objectifs de développement durable dans les régions affectées.

Mme DIEDRE NICHOLE MILLS (Jamaïque) a rappelé que, l’an passé, son pays a bénéficié de l’assistance technique et autres de l’AIEA, notamment dans des domaines prioritaires de l’éducation, la santé, la recherche, y compris dans le cadre du Programme d’action en faveur de la cancérothérapie (PACT).  La Jamaïque, s’est réjouie la représentante, ne cesse de renforcer ses relations avec l’Agence, depuis son adhésion en 1965.  Elle va d’ailleurs abriter trois ateliers de l’AIEA sur la sécurité du transport du matériel radioactif à la fin de cette année et au début de l’année prochaine. 

La représentante a poursuivi en soulignant que l’adoption, en juillet dernier, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires représente une étape cruciale pour délégitimer les armes nucléaires et renforcer les normes contre leur utilisation.  La Jamaïque, quant à elle, entend exploiter l’énergie nucléaire à des fins scientifiques et pacifiques.  Son Parlement a adopté une loi, en juillet 2015, sur la sécurité nucléaire et la protection contre les radiations, établissant en outre l’Autorité de régulation des substances dangereuses.  Les petits États insulaires en développement (PEID) tels que la Jamaïque entendent, dans ce cadre, bénéficier de l’assistance technique de l’AIEA, s’agissant en particulier du renforcement des capacités et du transfert de l’expertise technique.  La Jamaïque salue d’ailleurs les États qui contribuent au fonds de l’AIEA sur la coopération technique et encourage ceux qui en ont les moyens à soutenir ce fonds pour veiller à ce que les ressources restent proportionnelles aux demandes d’assistance croissante des États.  Mme Mills a enfin salué les efforts de l’AEIA pour soutenir la mise en œuvre nationale du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

M. ELMAHDI S. ELMAJERBI (Libye) a rappelé l’engagement de son pays en faveur de toutes les conventions internationales concernant le désarmement, notamment des armes de destruction massive.  En 2003, a-t-il rappelé, la Libye a abandonné ses programmes nucléaires et signé l’Accord de garanties avec l’AIEA.  Mais, a dit le représentant, la meilleure garantie est tout simplement de ne plus produire ces armes et de détruire les stocks existants.  Pour lui, le rôle de l’AIEA devrait s’étendre à la réduction des arsenaux nucléaires.  Le représentant a rejeté l’idée de lier l’accès au programme de coopération technique de l’AIEA à l’adhésion au régime des garanties.  Il a conclu en réitérant l’appui de son pays à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et en regrettant qu’Israël refuse toujours, aux inspecteurs de l’AIEA, l’accès à ses installations.

M. DELFINA JANE ALOYSIUS DRIS (Malaisie) a jugé « fondamental » le système de garanties de l’AIEA.  Le représentant a salué l’adoption du Plan sur la sécurité nucléaire pour la période 2018-2021 et souligné que la collaboration entre l’Agence et son pays a été fructueuse dans diverses activités, notamment celles menées dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le trafic illicite de matières radioactives.  La Malaisie apprécie par ailleurs, et au plus haut point, le soutien de l’Agence au renforcement des capacités dans le domaine de la lutte contre le terrorisme nucléaire.  Le pays reconnaît par ailleurs le rôle des sciences, des technologies et des applications nucléaires et non nucléaires dans la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, notamment les objectifs liés à la pauvreté, à la sécurité alimentaire ou à la santé.  Le représentant a estimé à cet égard que la Conférence ministérielle sur les applications nucléaires, qui doit se tenir en 2018, et la récente Conférence internationale sur l’énergie nucléaire au XXIe siècle, qui s’est tenue à Abu Dhabi, peuvent aider valablement à la réalisation de ces objectifs.  Enfin, et en tant que contributrice au budget ordinaire de l’Agence et au Fonds de coopération technique, la Malaisie est d’avis que toutes les activités de l’Agence méritent la même attention, a conclu le représentant. 

M. GHOLAMALI KHOSHROO (République islamique d’Iran) a rappelé le droit inaliénable des États à développer et à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et a demandé à l’AIEA de promouvoir la contribution de cette énergie.  Les programmes de l’Agence, a plaidé le représentant, doivent être durables et dotés de financements adéquats.  L’AIEA, a-t-il insisté, est la seule autorité habilitée à vérifier le respect des garanties.  Le représentant a insisté sur le fait que l’Agence a confirmé que son pays respecte ses obligations et ses engagements en vertu du Plan d’action.  Il a demandé à tous les signataires du Plan de respecter leurs engagements et de maintenir leur appui.

M. HAHN CHOONGHEE (République de Corée) a vivement condamné l’essai nucléaire « irresponsable » effectué par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) le 3 septembre dernier.  Loin de suggérer l’abandon du programme nucléaire, le rapport du Directeur général recense, au contraire, des activités nucléaires troublantes sur le site de Yongbyon et dans l’usine de Pyongsan, a-t-il noté.  Un signal fort et unifié doit être envoyé à la RPDC, selon lequel sa prospérité et sa stabilité dépendent de sa volonté de choisir la voie du dialogue et d’honorer ses engagements en matière de dénucléarisation, a-t-il poursuivi.  Le délégué a salué l’adoption à l’unanimité de la résolution 2375 (2017) et jugé essentiel que la RPDC comprenne qu’elle fera face à de graves conséquences si elle ne met pas en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité.  De même, l’adoption cette année, à l’unanimité, d’une résolution plus robuste par l’AIEA est un développement bienvenu qui souligne la détermination de la communauté internationale de régler la situation par une solution pacifique, a-t-il poursuivi.  Le représentant a appelé la RPDC à abandonner toutes ses armes nucléaires et à s’abstenir de tout acte de provocation ou de déstabilisation.  « À moins que l’Agence ne reprenne son travail de contrôle et de vérification en RPDC, mon pays continuera de travailler avec ses partenaires pour maintenir la vigilance et promouvoir une réponse constructive et coordonnée de la communauté internationale à la question nucléaire de la RPDC en vue de sa résolution pacifique. »

Le délégué a ensuite demandé que les programmes de l’Agence promouvant une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire soient dotés de ressources suffisantes afin, notamment, de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable.  Il a souligné le risque grave que des matières nucléaires ou autres matières radioactives ne soient utilisées à des fins criminelles.  « Si les États ont l’entière responsabilité de veiller à la sécurité nucléaire, celle-ci peut être grandement renforcée par des engagements collectifs appuyés par des actions nationales et une coopération internationale. »  Il a salué à ce titre la tenue, en décembre 2016, de la Conférence internationale sur la sécurité nucléaire à Vienne et l’entrée en vigueur de la Convention sur la protection physique des matières nucléaires (CPPNM).

Mme GOH YAN KIM (Singapour) a indiqué que Singapour et l’AIEA ont développé un partenariat solide, devant l’adhésion du pays, il y a exactement 50 ans.  Dans ce cadre, Singapour a reçu une assistance technique dans des domaines tels que le traitement contre le cancer et la protection contre les rayonnements.  Aujourd’hui, Singapour est en mesure de travailler avec l’AIEA pour aider les pays en développement à réaliser les objectifs de développement durable, notamment par le biais du Mémorandum d’accord sur le Programme de formation des pays tiers (TCTP MOU) signé en janvier 2015.  Singapour est également membre du Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour la période 2016-2018.

La représentante a également fait observer que les 10 États Membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ont conclu des accords de garanties avec l’AIEA, conformément aux dispositions du Traité sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires de l’Asie du Sud-Est (SEANWFZ).  Singapour soutient également la coopération technique entre l’AIEA et le Réseau des organes de régulation de l’ASEAN sur l’énergie atomique (ASEANTOM), qui travaille actuellement sur l’établissement d’une base de données régionale et sur un cadre de préparation et de réponse aux situations d’urgence.

Singapour soutient le rôle central de l’AIEA pour garantir un cadre solide et durable de sécurité nucléaire.  La représentante s’est dite encouragée par les résultats positifs de la Conférence internationale sur la sécurité nucléaire et de la septième Réunion d’examen des parties à la Convention sur la sûreté nucléaire.  Enfin, a dit la représentante, les installations nucléaires ne sont pas à l’abri de cyberattaques et les risques doivent être pris en considération.  Une architecture de sécurité nucléaire globale et durable doit intégrer l’élément « résilience » à ce type d’attaques.

M. SANDEEP KUMAR BAYYAPU (Inde) a souligné que l’énergie nucléaire est une option de choix pour relever les défis des changements climatiques, de la volatilité du prix des combustibles fossiles et de la sécurité de l’approvisionnement en énergie.  Il a noté qu’en 2016 la capacité mondiale d’énergie nucléaire a atteint 392 gigawatts.  Le représentant a encouragé l’Agence à persévérer pour résoudre la problématique « climat-énergie » et appuyé le travail de l’Agence dans les différents domaines de la science nucléaire.  L’Inde, a-t-il promis, continuera à appuyer les programmes de l’Agence, en lui prêtant ses experts et en offrant des formations dans les institutions réputées.  Nous appuyons aussi, a poursuivi le représentant, le travail de l’Agence dans la sécurité nucléaire.  Il s’est félicité de ce que l’AIEA organise, du 13 au 17 novembre prochains, une Conférence internationale sur la protection physique des matériaux et installations nucléaires et s’est réjoui des annonces de contributions de 47,3 millions d’euros au fonds de l’Agence pour la sécurité nucléaire.

M. WU HAITAO (Chine) a souligné que, dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’énergie nucléaire devrait jouer un rôle croissant.  Mais dans le même temps, a-t-il reconnu, l’état du régime de non-prolifération est grave.  La gouvernance mondiale du nucléaire est toujours une tâche difficile à accomplir, a avoué le représentant, en espérant que l’AIEA renforce l’universalité, l’efficacité et l’équité de son système de garanties, en promouvant l’impartialité et l’objectivité en consultant pleinement les États.  L’AIEA, a poursuivi le représentant, doit aussi promouvoir l’énergie et la technologie nucléaires.  Elle doit également jouer un rôle clef dans le renforcement de la sécurité et de la sûreté nucléaires.  L’AIEA, a ajouté le représentant, doit préserver son impartialité et son objectivité face aux « points chauds » régionaux.  Le représentant a salué l’Agence pour ses efforts visant à faciliter la mise en œuvre du Plan d’action global commun et pour le rôle qu’elle joue dans la vérification des activités nucléaires de la RPDC.  Il a conclu en énumérant quelques exemples de la bonne coopération entre son pays et l’Agence.

M. SUOOD RASHED ALI ALWALI ALMAZROUEI (Émirats arabes unis) a déclaré qu’après avoir adhéré à l’AIEA, son pays avait reconnu le rôle central que joue l’Agence dans la promotion de l’utilisation pacifique des technologies nucléaires, en particulier celles nécessaires à l'exploitation de l'énergie nucléaire pour la production de l'électricité.  À cet égard, il a salué le rôle de l’AIEA dans l’organisation des échanges de savoirs scientifiques et d’expertises nucléaires entre ses membres.  Le délégué a également souligné l’importance que ces derniers respectent les normes de l’Agence dans le domaine de la sûreté nucléaire, de la sécurité nucléaire et de la non-prolifération.  En outre, il a insisté sur le lien entre l’application du programme de coopération technique de l’AIEA et la réalisation des objectifs de développement durable.  Il a conclu son intervention en assurant l’Assemblée générale et le Directeur général de l’Agence du soutien continu de son pays au renforcement de l’utilisation pacifique et responsable de l’énergie nucléaire.

M. NIKOLAY LOZINSKIY (Fédération de Russie) a appelé l’AIEA au renforcement de ses efforts tendant au développement de l’énergie nucléaire et du régime de non-prolifération à l’échelle mondiale.  S’agissant du Plan d’action global commun (PAGC), il a considéré qu’aujourd’hui l’Iran est l’État qui est soumis au programme mondial le plus strict de vérification nucléaire.  La vérification de l’AIEA est conduite « avec brio », a estimé le représentant, qui a noté que l’Iran s’acquitte pleinement de tous ses engagements.  Il a également salué l’amélioration des mécanismes de contrôle, notamment par l’adoption des protocoles additionnels qui devraient demeurer objectifs et apolitiques, a-t-il réclamé, soulignant que la neutralité de l’AIEA est un élément fondamental de la vérification et de l’aide qu’elle fournit aux pays.  Dans ce contexte, il a indiqué que son pays a signé plusieurs accords de coopération avec des pays en développement dont la Bolivie et le Ghana.

La Fédération de Russie apporte à l’AIEA des contributions dans une myriade de secteurs.  Elle a également ouvert un centre international d’enrichissement de l’uranium à tous les pays désireux de développer l’énergie nucléaire de façon sûre et en toute sécurité.  Le représentant russe a toutefois jugé « inadmissible » d’intégrer la question de la non-prolifération au débat sur la sécurité nucléaire.  Il a appuyé le projet de résolution, jugeant important que l’Agence s’acquitte de son mandat sur l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  

M. ALEX GIACOMELLI DA SILVA (Brésil) a reconnu les efforts de l’AIEA pour promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, l’Agence étant idéalement placée pour faciliter le développement et le transfert de la technologie nucléaire et prêter assistance à cet égard.  À la lumière des demandes accrues des États Membres, il a souligné la nécessité de renforcer le Département de la coopération technique et celui des sciences et des applications nucléaires.  Le représentant a considéré comme important pour les États de remplir leurs obligations liées aux accords de garanties.  Il a exprimé sa satisfaction devant la coopération effective entre l’AIEA et l’Agence argentino-brésilienne de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires, un « partenariat unique et constructif entre les organes de vérification multilatéraux et bilatéraux ».  Cette année, a-t-il ajouté, l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires a témoigné de l’engagement d’une partie importante de la communauté internationale en faveur du désarmement nucléaire.  Il a regretté que le Directeur général de l’AIEA n’ait pas dépêché un représentant de l’Agence à la Conférence de négociation du Traité, comme l’avait demandé son Président pour que les participants bénéficient d’une expertise technique.  Nous avons bon espoir que l’AIEA se tiendra prête à coopérer avec les États dans le cadre du Traité et s’acquittera des vérifications si la demande lui en est faite, a dit le représentant.

M. FERNANDO LUQUE MÁRQUEZ (Équateur) a salué le soutien « inestimable » que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait apporté à l’Équateur, suite au tremblement de terre meurtrier qui a secoué la côte centrale du pays, le 16 avril 2016.  Il a également remercié l’Agence pour s’être mobilisée rapidement lors de l’épidémie de Zika, en fournissant à l’Équateur un grand nombre d’équipements, notamment des appareils à rayons X, pour permettre de détecter le virus.

Soulignant les liens étroits entre son pays et l’AIEA, le représentant a précisé que l’Équateur était impliqué dans 28 projets régionaux sur la période 2014-2018 et 15 projets sur la période 2018-2019, dans le cadre de l’Accord régional de coopération pour la promotion de la science et de la technologie nucléaires en Amérique latine et dans les Caraïbes.  De plus, sur le plan bilatéral, l’Équateur a adopté, le 26 novembre 2016, un cadre programmatique national pour la période 2016-2021, qui fait office de document de référence concernant la coopération technique entre le pays et l’AIEA.  Le représentant s’est également félicité de la ratification par son pays, le 29 septembre dernier, de l’Amendement de 2015 à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires.

Le représentant a par ailleurs renouvelé son appui à la pleine mise en œuvre des trois piliers du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), « sans deux poids, deux mesures ».  Il s’est dit préoccupé par le manque de progrès dans la poursuite des objectifs du TNP liés au désarmement nucléaire.  Quelques États, ceux qui affirment dépendre des armes nucléaires pour leur sécurité, alors qu’en réalité c’est l’existence même de ces armes qui crée l’insécurité, ont prétendu via des arguments étranges minimiser, voire nier » les graves conséquence de ces armes, a-t-il déploré.  Le représentant a ainsi appelé à éliminer totalement les armes nucléaires, qui sont pour lui des « crimes de lèse-humanité ».  Il s’est enorgueilli de la signature par son pays du nouveau Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, instrument qui, à ses yeux, ne contribue pas à affaiblir le TNP, comme l’ont avancé certains États, mais à le renforcer.

S’agissant du Plan global d’action commun, le représentant a estimé que l’accord prouvait que la diplomatie et le dialogue étaient le seul moyen de résoudre les différends.  Il a appelé à poursuivre la mise en œuvre du Plan et, à cet égard, a fait part de sa préoccupation face aux « tentatives de politiser » les travaux de vérification de l’AIEA.  « Nous sommes tous appelés à respecter et faire respecter le caractère technique de l’AIEA », a-t-il conclu.

M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a déclaré d’emblée que le débat sur les activités de l’AIEA se déroule dans des circonstances « très difficiles et dangereuses », comme en témoigne l’augmentation des arsenaux nucléaires, y compris celui d’Israël qui méprise et fait fi de tous les instruments internationaux régissant la non-prolifération nucléaire.  « Tout le monde, y compris Amano, sait que la non-prolifération est un pilier fondamental pour la Syrie », qui a adhéré au TNP en 1968.  De la même façon, la Syrie a conclu un accord de garanties avec l’Agence en 1992, et, en 2003, elle a soutenu le projet de résolution visant à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  À cette occasion, a rappelé le représentant, « une délégation » avait menacé d’exercer son droit de veto, la même qui a gratuitement fourni à Israël tout le matériel et l’appui nécessaires pour fabriquer l’arme nucléaire.  Le représentant a dénoncé « la politique de deux poids, deux mesures, de mensonges et d’hypocrisie nucléaire » de la communauté internationale et de l’AIEA.

Des pays, a-t-il accusé, s’obstinent à fermer les yeux sur le fait qu’Israël refuse de coopérer avec l’AIEA et qu’il poursuit ses programmes nucléaires.  M. Amano aurait dû mentionner cela dans son rapport, a martelé le représentant.  Il a ensuite cité M. Mohammed Baradei, ancien Directeur général de l’AIEA, qui, dans son livre intitulé « The Age of deception: Nuclear Diplomacy in Treacherous Times », dit: « Un des exemples les plus étranges et les plus frappants de l’hypocrisie nucléaire doit certainement être l’attaque israélienne contre les installations de Deir ez-Zor en septembre 2007, en Syrie, et les évènements qui ont suivi.  Les spéculations ont commencé immédiatement sur le fait que le site abritait des installations nucléaires.  La Syrie a nié.  Israël et les États-Unis se sont tus même si des responsables américaines ont parlé anonymement aux médias.  Moi, j’ai parlé haut et fort et j’ai souligné que quiconque avait des informations indiquant que le site attaqué abritait des installations nucléaires avait l’obligation juridique de les soumettre à l’AIEA.  Mais personne n’est venu.  Six semaines après l’attaque, soit la période la plus cruciale pour visiter les installations, nous étions toujours incapables d’obtenir une bonne image des satellites commerciaux ».

Le représentant a aussi rappelé l’ingérence américaine en Iraq et ses conséquences dévastatrices, en particulier la prolifération du terrorisme.  Il a renvoyé au fait que le dossier de la Commission spéciale sur l’Iraq avait été tout simplement « enterré » parce qu’elle avait conclu à la non-existence d’armes de destruction massive dans ce pays.     

M. KORO BESSHO (Japon) a dit que, depuis 10 ans, son pays a donné plus de 28 millions de dollars à l’initiative sur les utilisations pacifiques de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Afin de promouvoir l’utilisation pacifique, il est essentiel de renforcer le système des garanties, a dit le représentant, dont le pays milite pour l’universalisation du Protocole additionnel.  M. Bessho a ajouté qu’au cours de ces six dernières années, le Japon s’est employé activement à renforcer la sûreté nucléaire, en tirant les leçons de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Le délégué a confirmé le rôle central de l’AIEA dans la sécurité nucléaire et a indiqué que, cette année, son pays a accueilli la réunion plénière de l’Initiative mondiale de lutte contre le terrorisme nucléaire.  « Nous renforcerons aussi les mesures contre le terrorisme nucléaire dans les manifestations publiques importantes avec l’appui de l’AIEA dans l’optique des Jeux olympiques et para-olympiques de Tokyo en 2020 », a-t-il assuré.

M. Bessho a souligné que les programmes nucléaires et balistiques de la Corée du Nord représentent une menace sans précédent, grave et imminente à la paix internationale.  Ils posent un défi direct au régime de non-prolifération nucléaire.  Le Japon condamne fermement les essais nucléaires et les tirs de missiles effectués par la Corée du Nord, a insisté le représentant en voyant là une violation et un mépris flagrants des résolutions du Conseil de sécurité et des autres engagements. 

La communauté internationale ne devrait jamais accepter une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire.  Elle devrait renouveler sa détermination à réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne comme fondation de la paix et de la sécurité en Asie du Nord-Est.

À cet égard, le Japon appuie le fait que l’AIEA est prête à reprendre ses inspections en Corée du Nord et exhorte ce pays à prendre des mesures concrètes pour réaliser la dénucléarisation vérifiable de la péninsule coréenne.  Pour lui faire changer d’avis, la communauté internationale doit être unie dans ses efforts pour appliquer pleinement les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité afin d’exercer le maximum de pression.

M. VOLODYMYR LESCHENKO (Ukraine) a salué le rapport de l’AIEA comme une analyse équilibrée des activités et des priorités dans la promotion de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.  À cet égard, l’Ukraine aimerait attirer l’attention sur le fait que le cadre légal d’application des garanties de l’AIEA en Ukraine, y compris dans les territoires ukrainiens de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol, se fonde sur l’Accord de garanties généralisées de l’Ukraine et son Protocole additionnel.  Il est en conséquence conforme à la résolution 68/262 de l’Assemblée générale portant sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine et aux rapports de 2014 et 2015 de l’Agence. 

Réaffirmant le droit légitime de chaque État d’utiliser la technologie nucléaire à des fins pacifiques, Mme ILEYDIS L. VALIENTE DÍAZ (Cuba) a rejeté « énergiquement » tout type d’entraves et de restrictions aux exportations de matériel, d’équipement et de technologies vers les pays en développement.

Concernant la sécurité physique des installations nucléaires, la représentante a salué le succès de la Conférence de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur la sécurité nucléaire, qui a eu lieu à Vienne, en Autriche, du 5 au 9 décembre 2016.  Elle a rappelé que Cuba était désormais partie à la Convention sur la sûreté nucléaire, depuis le 1er octobre 2017, et a salué l’entrée en vigueur de l’Amendement à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires, en août 2017. 

La représentante cubaine s’est également félicitée de l’exécution du Plan global d’action commun.  « Nous notons que c’est la preuve évidente que le dialogue et la coopération sont les voies les mieux adaptées pour résoudre les différends et conclure des accords satisfaisants pour l’ensemble des parties impliquées », a affirmé la représentante.  Toutefois, a-t-elle mis en garde, mettre l’accent sur la lutte contre la prolifération horizontale, au détriment de la lutte contre la prolifération verticale et du désarmement, « ne permettra pas de réduire la menace liée à une attaque terroriste avec des matériaux nucléaires ».

La représentante a enfin appuyé l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Il a regretté que la Conférence prévue à cet effet n’ait toujours pas eu lieu.

M. JA SONG NAM (République populaire démocratique de Corée) a déclaré que le rapport de l’AIEA présente une image sérieusement tronquée de la réalité dans la péninsule coréenne.  La question nucléaire de la péninsule, a-t-il dit, est le produit de la politique hostile et des menaces nucléaires des États-Unis.  En fermant les yeux sur cette réalité, l’AIEA soumet chaque année des rapports « injustes et pleins de préjugés » à l’Assemblée générale, se rangeant ainsi du côté de la politique hostile des États-Unis contre la RPDC.  Le représentant a jugé « déraisonnable » que le rapport s’en prenne à son pays alors qu’il n’est plus membre de l’Agence, cette Agence même qui, dès 1990, jouait le jeu des États-Unis, en jetant « un voile de suspicions » sur les installations nucléaires pacifiques de la RPDC, forçant ainsi cette dernière à la quitter et à se retirer du TNP. 

La RPDC n’a jamais reconnu les rapports de l’Agence ni les résolutions « mensongères et truffées de préjugés » de son Conseil des gouverneurs.  Au contraire, la RPDC les rejette catégoriquement.  Si l’AIEA veut vraiment la paix et la sécurité de la péninsule, elle devrait s’en prendre aux États-Unis, « criminels de guerre nucléaire et chef de file de la menace nucléaire ».  C’est à cause de cette politique hostile que la péninsule coréenne est aujourd’hui au bord de la guerre nucléaire, a prévenu le représentant, en ajoutant que cela n’empêche pas les États-Unis de poursuivre tous les ans avec la République de Corée leurs exercices militaires « agressifs » pour préparer une attaque nucléaire contre la RPDC, tout en apportant à leur alliée des appuis stratégiques, dont des moyens de frappes nucléaires.

La RPDC, a annoncé le représentant, ne mettra jamais ses armes et missiles balistiques sur la table des négociations tant que la politique hostile et les menaces des États-Unis n’auront complètement cessé.  Le représentant a ajouté que son pays n’avait aucune leçon à recevoir de la « France » non plus. 

M. MOHAMMED BESSEDIK (Algérie) s’est félicité de la tenue de la première Conférence internationale de l’AIEA sur le programme de coopération technique et espéré que cette initiative sera répétée sous la forme d’une conférence ministérielle.  L’Algérie, qui contribue régulièrement au budget ordinaire de l’Agence, réclame des ressources suffisantes et prévisibles, notamment pour aider à la réalisation des objectifs de développement durable, a dit le représentant. 

Au plan national, il a indiqué que son pays a déployé des efforts soutenus dans le domaine de l’utilisation de l’énergie nucléaire en médecine, en particulier dans la lutte contre le cancer, conformément aux recommandations formulées par l’AIEA après deux missions dans le pays.  Des programmes de formation sont régulièrement organisés pour des radiologues, des fonctionnaires et techniciens spécialisés dans l’imagerie et la protection contre les radiations, a-t-il ajouté, soulignant que dans le cadre de l’AFRA, les quatre centres régionaux sont actifs dans le domaine de la protection contre la radiation, la sécurité alimentaire et l’agriculture.  Il a rappelé la position de principe de son pays: chaque État est responsable de la sûreté et la sécurité dans le domaine de l’énergie nucléaire.  Ainsi, l’Algérie, qui a créé un système de protection des risques de radiation, espère que l’instrument sur la sûreté et la sécurité nucléaires deviendra universel et encourage l’échange d’informations et d’expertise.  Le représentant a conclu en saluant la coopération entre l’AIEA et son pays mais a exprimé ses vives préoccupations face aux obstacles à la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.

M. MOHAMMED SAHIB MEJID MARZOOQ (Iraq) a dit que son gouvernement a avancé dans le domaine des radiations nucléaires, malgré les défis auxquels il a dû faire face dans sa lutte contre les terroristes de Daech.  Les autorités sont en train d’évaluer la sécurité des installations utilisant des matières dangereuses, notamment radioactives, a précisé le représentant.  L’Iraq cherche aussi à se débarrasser de façon sûre de ses déchets radioactifs du fait du démantèlement d’anciens sites nucléaires ou d’installations médicales ou pétrolières.  Le pays a ratifié la Convention sur la protection physique des matières nucléaires et la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire.  

Concernant les transferts d’énergie nucléaire pour parvenir au développement durable, le représentant a souligné qu’il s’agit d’une responsabilité conjointe de l’Agence et des États Membres, qui doivent travailler de façon efficace pour mettre en place des programmes fondés sur les besoins des États.  Il s’est dit d’avis que libérer le Moyen-Orient d’armes de destruction massive et d’armes nucléaires permettra d’assurer la paix dans la région.  Il a souhaité rappeler le rôle majeur joué par les trois États dépositaires et les Nations Unies pour l’organisation d’une conférence sur la création d’une zone exempte de ces armes dans la région.  L’utilisation pacifique du nucléaire est un droit inaliénable, a-t-il conclu, demandant à ce qu’aucun obstacle n’entrave son exercice.

Quoique tous les États aient l’obligation d’œuvrer contre la prolifération des armes nucléaires, a rappelé M. HECTOR ENRIQUE JAIME CALDERÓN (El Salvador), ils jouissent parallèlement du droit souverain d’utiliser la technologie nucléaire à des fins exclusivement pacifiques.  « Mon pays est pleinement conscient des avantages découlant de la technologie nucléaire pour la population mondiale », a-t-il poursuivi, mentionnant notamment l’apport de cette technologie en matière d’alimentation en électricité, mais aussi dans la santé, l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’environnement et la recherche.  Pour que la population mondiale puisse bénéficier de ces avantages, le représentant a appelé tous les pays à unir leurs efforts et à entretenir les liens les plus étroits possibles avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont il a salué, à titre national, « le soutien inestimable et sans faille » à la mise en œuvre et au renforcement de l’utilisation de la technologie et de la science de l’énergie atomique.  El Salvador souhaite approfondir encore davantage, a-t-il dit, ses relations bilatérales avec l’AIEA.  À cette fin, le Gouvernement travaille actuellement à l’élaboration d’un cadre programmatique national pour la période 2018-2023, dont l’objectif est de renforcer l’alignement des travaux de l’Agence et des priorités nationales.

M. ENRIQUE JOSÉ MARIA CARRILLO GÓMEZ (Paraguay) a indiqué que son pays, qui était membre du Conseil des gouverneurs de l’AIEA jusqu’en septembre, avait participé à l’élaboration du rapport.  Il a plaidé pour la transparence dans le développement des programmes visant un usage pacifique de l’énergie nucléaire, ajoutant que cela devait se faire avec les conseils et la supervision de l’AIEA, en prenant un maximum de précautions et en limitant les dégâts sur l’environnement et la santé humaine.  Il a aussi rappelé la responsabilité transfrontalière des États qui mènent de tels programmes, prônant les meilleures pratiques de coopération internationale, de prévention des risques et de diligence dans la réparation des dommages éventuels.

L’Autorité de régulation radiologique et nucléaire du Paraguay, a-t-il assuré, œuvre en coordination avec l’AIEA pour contrôler l’utilisation pacifique et bénéfique des rayonnements ionisants et de l’énergie nucléaire, tout en promouvant la culture de la sécurité technologique et physique des sources de rayonnements et des résidus radioactifs.  Le représentant a souligné l’importance des travaux menés par l’AIEA en matière de sécurité et de vérification, souhaitant que son assistance ne soit pas déviée pour contribuer à des fins militaires ou des objectifs qui menacent la paix et la sécurité internationales.  Il a appelé les États Membres à appuyer les travaux de vérification de l’Agence pour ce qui concerne l’application des mesures de garanties, avant d’appeler à coopérer avec les pays en développement, comme le sien, pour renforcer leurs capacités d’utilisation pacifique de l’énergie atomique.

Mme GABRIELA MARTINIC (Argentine) a indiqué que son pays travaille depuis 70 ans pour augmenter l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, soutenu par une politique qui accorde une importance essentielle à l’application d’un système international de garanties efficace et fondé sur une solide base technique qui garantisse son caractère non discriminatoire.  Il est toutefois indispensable, a ajouté la représentante, que le système de vérification de l’AIEA n’empiète pas sur le droit inaliénable des États au développement de la technologie nucléaire à des fins pacifiques telles qu’établies dans l’article IV du TNP.  Soulignant le nécessaire dialogue sur ces questions, la délégation a mis en avant l’accord quadripartite entre l’Argentine, le Brésil, l’Agence argentino-brésilienne de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires et l’AIEA, qui définit et réglemente, depuis 1991, les activités de coopération pour l’application des garanties nucléaires.  Outre qu’il a renforcé la confiance entre les deux pays, cet accord a permis de consolider l’idée d’une Amérique latine exempte d’armes nucléaires.

Exhortant l’AIEA à jouer un rôle plus actif en matière de sûreté physique nucléaire, l’Argentine a salué l’organisation, en décembre 2016, de la Conférence internationale sur la sûreté nucléaire et de la prochaine Conférence internationale sur la protection physique des matières et installations nucléaires, qui se tiendra à Vienne les 13 et 17 novembre.  Elle a aussi encouragé l’Agence à continuer d’exercer son rôle de coordination avec les autres organisations et les initiatives internationales, afin que les efforts en matière de sûreté physique nucléaire et de lutte contre le terrorisme nucléaire puissent converger de manière ordonnée et pérenne.  C’est la raison pour laquelle l’Argentine souligne l’importance de soutenir les travaux de l’AIEA du point de vue politique mais aussi financier.  La responsabilité en matière de sécurité physique nucléaire est du ressort souverain de chaque État, a par ailleurs fait observer la délégation.  Aussi, les avancées et les améliorations pour contrecarrer les menaces terroristes doivent-elles correspondre au risque réel auquel chaque pays fait face.  Sur cette base, elle a souligné la nécessité d’harmoniser les mesures de nature contraignante et celles de nature non contraignante, pour pouvoir avancer de manière harmonieuse, graduelle et pérenne. 

L’Argentine juge nécessaire de continuer à approfondir la mise en place des principes de la Déclaration de Vienne sur la sûreté nucléaire.  C’est d’ailleurs le premier et le seul pays à s’être engagé à ce que les nouvelles centrales nucléaires soient conçues et construites en suivant le principe numéro un de la Déclaration, a fait remarquer la délégation, qui a invité d’autres parties à faire de même.  Souhaitant aussi devenir un point focal pour la réalisation d’activités de formation, l’Argentine a proposé d’être le siège de ce type d’activités sous les auspices de l’AIEA, s’agissant de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.

M. FAIYAZ MURSHID KAZI (Bangladesh) a indiqué que le Bangladesh accorde une grande importance à la sûreté nucléaire et au rôle central de l’AIEA.  Ceci étant, les questions de sécurité et de sûreté nucléaires ne doivent pas entraver l’utilisation de la technologie nucléaire à des fins pacifiques.  Saluant les efforts de l’Agence pour aider les États Membres à partager les connaissances, l’expertise et les technologies, la délégation a aussi accordé une mention spéciale à l’aide au renforcement des capacités pour mettre en place des infrastructures de sécurité nucléaire effectives, durables et complètes.  Il a noté que l’AIEA va encourager l’adhésion à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires et a annoncé que le Bangladesh a déposé, au début de l’année, ses instruments d’acceptation de l’amendement à ladite Convention.

Le représentant a estimé que l’énergie nucléaire est une source d’électricité sûre, respectueuse de l’environnement et économiquement viable.  Le Bangladesh a d’ailleurs lancé la construction de sa toute première centrale nucléaire, Rooppur, en vertu d’un accord de coopération bilatérale avec la Fédération de Russie et en suivant les principes directeurs de l’AIEA.  Le représentant a également remercié l’Inde et le Japon pour leur contribution au renforcement des capacités nationales.  L’Agence aide aussi le Bangladesh à mettre en valeur ses ressources humaines et à renforcer ses capacités pour l’introduction, le développement et l’utilisation pacifique de la technologie nucléaire dans divers secteurs tels que les infrastructures nucléaires, l’élevage, l’agriculture, la santé, l’industrie et la gestion de l’eau.  Le pays a déjà réalisé 138 projets nationaux et a participé à 111 projets régionaux, qu’il considère comme un outil important pour promouvoir et coordonner la recherche et le développement d’activités utilisant la technologie nucléaire à des fins pacifiques.

M. MARTIN ERIC SIPHO NGUNDZE (Afrique du Sud) a rappelé que son pays venait de terminer son mandat à la tête du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), une période qui a été utilisée pour militer en faveur d’une approche équilibrée dans la mise en œuvre de la devise de l’Agence: « Atome de la paix et du développement ».  L’Afrique du Sud soutient totalement les priorités et le travail de l’AIEA.  À cet égard, elle a toujours maintenu que les applications nucléaires dans les domaines de l’agriculture et la production agricole, la sécurité alimentaire, la santé, la gestion des ressources en eau, la technologie nucléaire et la santé animale contribuent à la réalisation du développement socioéconomique dans les pays en développement.

L’Afrique du Sud a énormément bénéficié de l’appui technique et scientifique de l’AIEA dans le renforcement de la gestion clinique des maladies oncologiques, neurologiques et cardiovasculaires et dans le développement de techniques de stérilisation des insectes pour contrôler le paludisme.  Elle appuie le fait que l’AIEA continue d’aider les pays en développement, en particulier en Afrique, à tirer parti de l’utilisation pacifique de la science et de la technologie nucléaires.

M. Ngundze a également souligné le rôle central joué par l’Agence dans la mise en œuvre du système de vérification et de garanties.  Étant le seul pays à avoir démantelé son programme d’armes nucléaires, avec l’assistance et les conseils de l’AIEA, l’Afrique du Sud, a indiqué son représentant, peut attester du rôle indispensable du système de garanties de l’Agence.  De plus, le désarmement et la non-prolifération nucléaires sont des processus qui se renforcent mutuellement.  Les progrès dans tous les piliers du Traité sur la non-prolifération sont essentiels pour réaliser ses buts et objectifs, a estimé M. Ngundze.

M. DARREN HANSEN (Australie) s’est félicité de l’engagement du Directeur général en faveur de l’égalité entre les sexes au sein de l’AIEA, particulièrement au travers du Groupe des Amis des femmes pour le nucléaire à Vienne.  Son pays, a-t-il dit, est un fervent soutien au transfert de connaissances et d’expertise au travers du Programme de coopération technique de l’AIEA.  En juin 2017, a rappelé le représentant, le Gouvernement australien a ratifié l’Accord régional de coopération pour la recherche, le développement et la formation dans le domaine de la science et de la technologie nucléaires pour l’Asie et le Pacifique.  Le représentant s’est ensuite déclaré favorable aux applications pacifiques de l’énergie et des technologies nucléaires, comme par exemple la construction cette année, en Australie, d’une vaste usine de traitement du molybdène 99, capable de répondre à 25% des besoins mondiaux actuels de cette « médecine nucléaire vitale ».  Fermement engagée en faveur de la sûreté nucléaire, l’Australie a annoncé qu’elle se soumettrait, en 2018, au Service intégré d’examen de la réglementation de l’AIEA.  En conclusion, le représentant a déclaré que son gouvernement n’accepterait pas le développement et les essais illégaux d’armes nucléaires et de leurs vecteurs par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  Il a ajouté que son pays considère que le Plan d’action global commun est la meilleure option pour répondre au programme nucléaire iranien et qu’« il n’existe pas d’autre alternative crédible ».

M. ARIEL R. PEÑARANDA (Philippines) a indiqué que l’AIEA est la seule agence onusienne à promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.  Les Philippines se sont employées à réunir des experts en énergie nucléaire, au niveau national et international, pour examiner l’utilisation de cette énergie dans des domaines aussi variés que l’agriculture, la médecine ou encore l’industrie, a dit le représentant.  Il a appuyé les efforts de l’Agence visant à assurer l’égalité entre les sexes et une représentation géographique équilibrée en son sein.  Le délégué a appelé l’Agence à préserver l’équilibre entre les aspects promotionnels et non promotionnels de ses activités, conformément à son traité fondateur.  L’adoption d’une approche équilibrée dans les six programmes majeurs renforcera l’Agence et augmentera sa pertinence aux yeux des habitants de la planète, a-t-il dit.  Le représentant a enfin souligné l’engagement fort de son pays en faveur du travail de l’Agence et rappelé l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires du 7 juillet 2017.  La soixante et unième Conférence de l’Agence, dont le Président est philippin, a adopté toutes ses résolutions par consensus, y compris la plus sensible relative à la République populaire démocratique de Corée, a conclu le représentant.

Droits de réponse

Le représentant de la Lituanie a répondu au Bélarus, rappelant que chaque pays a le droit de développer ses activités nucléaires tant que les obligations liées à la sûreté et la sécurité sont respectées.  Le représentant a fait part de sa préoccupation quant à la façon dont le projet d’Astravets, au Bélarus, est mis en œuvre à la frontière avec la Lituanie, sans véritable dialogue avec les pays voisins, sans transparence, sans évaluation sismique.  Si les experts de l’AIEA participaient dès le début à l’élaboration d’un projet, la sécurité serait garantie, a-t-il tranché.

Son homologue de la RPDC a tenu à répondre aux délégations « qui pêchent par ignorance » quand elles parlent de la situation de la péninsule coréenne.  Il a ainsi rejeté les remarques de l’Union européenne, de l’Australie, du Japon et des Philippines.  « Si un voleur s’introduisait dans votre maison, armé d’un couteau, resterez-vous les bras ballants?  Non, évidemment.  Les deux Corée, a expliqué le représentant, ont signé un accord d’armistice, ce qui ne signifie pas la paix.  Il a donc exhorté la Corée du Sud à signer un accord de paix pour pérenniser les choses.  Il a, une nouvelle fois, accusé les États-Unis de poursuivre une politique hostile pendant plus de 50 ans.

La résolution du Conseil de sécurité contre la RPDC est « un anachronisme », car c’est bien la menace nucléaire des États-Unis qui a amené la RPDC à choisir le nucléaire, non l’inverse.  Le représentant a encore une fois dénoncé les exercices militaires conjoints menés chaque année par les États-Unis dans la péninsule, parfois avec des sous-marins nucléaires, des missiles balistiques et des aéronefs transportant des armes nucléaires.  S’ils veulent honorer leurs obligations pour la paix, les États-Unis devraient cesser leurs menaces nucléaires et retirer leur armée de la Corée du Sud.

Répondant aux « provocations » du Japon, le représentant a demandé: quel est votre véritable objectif?  La question nucléaire en RPDC ou la façon de vivre de son peuple?  Pourquoi continuez-vous à dire « Corée du Nord » alors que le nom de notre pays c’est « République populaire démocratique de Corée »  Quant à la Corée du Sud, elle n’est qu’une « colonie des États-Unis », transformée en base militaire.

Le représentant de la Fédération de Russie a indiqué, s’agissant des spéculations relatives à une installation nucléaire en Crimée, que les informations qu’elle a fournies à l’AIEA demeurent inchangées et pertinentes.

En réponse à la Lituanie, le Bélarus a affirmé qu’il accorde la priorité à la sécurité nucléaire dans le cadre de son programme national et travaille avec les mécanismes de coopération qui sont d’une utilité très concrète comme le confirme le rapport de l’AIEA.  Avant l’ouverture de la première tranche de la centrale nucléaire, tous les éléments liés à la sécurité ont été vérifiés au préalable, en prenant pleinement en considération les recommandations des trois missions de l’AIEA, a assuré le représentant.  Mon pays, a-t-il dit, a aussi publié en ligne un rapport sur l’avis de tous les experts impliqués.  Une évaluation des risques et de la sécurité a été dûment effectuée et, en conséquence, toute critique sur la centrale nucléaire est totalement infondée.  Il a regretté que ses « voisins » n’aient pas répondu à l’invitation au dialogue lancée par son pays.

Le représentant de la République de Corée a particulièrement regretté les déclarations sans fondement de la RPDC et indiqué que son pays prendra toutes les mesures qui s’imposent à ce propos.  Le représentant a invité ce pays à cesser ses attaques et à démanteler immédiatement et de manière irréversible son arsenal nucléaire.

Le représentant du Japon a souligné que le programme nucléaire de la RPDC a clairement fait l’objet de résolutions du Conseil sécurité.

Reprenant la parole, le représentant de la République populaire démocratique de Corée a déclaré que le Japon est carrément mal placé pour parler d’humanité ici, car c’est le seul pays qui a tout fait pour éviter d’admettre les crimes qu’il a commis par le passé.  Citant des chiffres illustrant les crimes contre l’humanité commis par le Japon, il a signalé que 200 000 femmes et filles coréennes ont été contraintes à l’esclavage sexuel.  Il a aussi dénoncé la mort d’un million de personnes pendant la guerre menée par ce pays, ajoutant que le Japon n’est nullement fondé en droit ou en morale pour s’exprimer sur ces questions. Aucun pays dans cette Assemblée ne partage 5 000 ans de sang.  Ce sont les forces extérieures qui ont divisé la péninsule coréenne et il est temps que la Corée du Sud s’écarte de cette politique inhumaine avec les États-Unis et collabore à la paix et à la sécurité.  Le représentant a conclu en rappelant que le nom de son pays est bien « République populaire démocratique de Corée » et pas « Corée du Nord ».

Son homologue du Japon a dit refuser de se lancer dans un récit sur l’histoire et rappelé que son pays a largement contribué à la paix, à la liberté, à la démocratie et à la primauté du droit.  Il a appelé la RPDC à respecter les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Le représentant de la République de Corée a rappelé l’intervention du Président Moon devant l’Assemblée générale et a assuré que son pays respectera les engagements pris dans les pourparlers à six.  Elle a prié la RPDC de reprendre le dialogue au nom de la paix et la prospérité de leur peuple commun. 

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