Assemblée générale: un multilatéralisme équilibré et efficace, meilleur moyen de lutter contre les problèmes contemporains les plus graves

AG/11951
22 septembre 2017
Soixante-douzième session, 15e à 18e séances plénières, Matin, après-midi & soir

Assemblée générale: un multilatéralisme équilibré et efficace, meilleur moyen de lutter contre les problèmes contemporains les plus graves

L’action commune est le moyen le plus efficace de réaliser un développement et d’atteindre une paix qui bénéficient à tous, ont reconnu la quarantaine de dirigeants qui sont intervenus lors de cette quatrième journée du débat annuel de l’Assemblée générale.  À un moment de l’histoire jugé décisif, le débat a revêtu un caractère souvent sombre en mettant l’accent sur les changements climatiques, les inégalités et le terrorisme. 

Parce que leurs pays ne peuvent pas gérer seuls les défis de tous ordres auxquels ils font face, les chefs d’État et de gouvernement et les ministres ayant fait le déplacement à New York ont exprimé leur confiance dans le pouvoir de « nations unies » pour trouver des solutions.

« De grandes choses peuvent être réalisées » quand les acteurs régionaux et les Nations Unies travaillent ensemble dans la même direction », a relevé en particulier le Premier Ministre de la Belgique, M. Charles Michel, s’appuyant sur l’exemple de la Force conjointe du G5 Sahel.

La Ministre des affaires étrangères de la Suède, Mme Margot Wallström, a donné deux exemples de réussite du multilatéralisme placé sous les auspices des Nations Unies: le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

Pour ne pas perdre l’élan donné par ce dernier, les petits États insulaires en développement, qui voient dans le réchauffement climatique « une menace existentielle », ont demandé à l’Assemblée générale de se concentrer cette année sur les membres les plus vulnérables et défavorisés de la famille mondiale.

« Mon pays a perdu six îles en raison des changements climatiques », a déploré le Premier Ministre des Îles Salomon, M. Manasseh Sogavare.  « Alors que la menace d’un conflit nucléaire est une préoccupation pour tous, les conséquences des changements climatiques qui affectent nos rivages à une rapidité alarmante représentent un réel danger. »  Il a noté que l’acidité des mers s’élevait constamment, au point, désormais, de menacer de dissoudre les barrières de corail.

« Nous sommes peut-être des petits États insulaires mais nous sommes de grandes nations océaniques » pour lesquelles, a rappelé Tupou VI, Roi des Tonga, la bonne mise en œuvre de l’objectif 14 de développement durable, relatif à la protection des ressources marines, est cruciale.  Il s’est félicité à cet égard de l’« Appel à l’action » lancé par la Conférence des Nations Unie sur les océans, tenue un peu plus tôt cette année, qui a suscité près de 1 400 engagements volontaires.

Les Tonga, Kiribati, mais aussi Malte, préoccupées de la santé des océans, ont soutenu les efforts actuels en vue de parvenir à un instrument international juridiquement contraignant pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine dans les zones maritimes ne relevant pas de la juridiction nationale.

Comme les jours précédents, les orateurs se sont attardés sur les ouragans subis récemment sur le continent américain, considérés comme l’un des effets néfastes des changements climatiques.  « Nous sommes peut-être bien seuls pour nous en sortir dans les Caraïbes », a craint le Premier Ministre de Sainte-Lucie, M. Allen Chastanet, tandis que le Ministre des affaires étrangères de Saint-Vincent-et-les Grenadines, M. Louis Straker, n’a pas hésité à comparer l’impact dévastateur des ouragans à celui « d’armes de destruction massive ».

Pour Cuba, qui a été durement touchée par l’ouragan Irma, ce sont « les modèles de production et de consommation typiques du capitalisme à son stade néolibéral » qu’il faut accuser.  Cette voie conduira inexorablement à la destruction de l’environnement et à la fin de l’espèce humaine, a-t-il averti.

Le Chef de la diplomatie cubaine, M. Bruno Eduardo Rodríguez Parrilla, s’en est pris, tout au long de son discours, au Gouvernement des États-Unis et à ses dirigeants, sans oublier « d’autres pays industriels », dénonçant leur « égoïsme et leur manque de volonté politique » qui retardent la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Si le multilatéralisme est nécessaire pour arriver à un développement durable, il l’est aussi pour pérenniser la paix.  C’est ce qui est ressorti de plusieurs interventions, notamment celle du Président de la République centrafricaine, M. Faustin Archange Touadera, qui a appelé la communauté internationale à « mutualiser » ses forces afin de venir à bout du fléau des groupes terroristes, tels que l’État islamique, Al-Qaida, Boko Haram et l’Armée de résistance du Seigneur.  Il faut « une mobilisation générale plus soutenue pour en finir avec Boko Haram », a renchéri le Président du Cameroun, M. Paul Biya.

Le Forum mondial de lutte contre le terrorisme a été présenté par la Ministre des affaires étrangères de l’Australie, Mme Julie Bishop, comme un bon moyen de coopérer pour venir à bout de ce fléau. 

Il est aussi apparu plus facile de parvenir à des solutions politiques sous les auspices de l’ONU, ce qu’a souhaité le Chef de la diplomatie tunisienne, M. Khemais Jhinaoui, dans le cas de la crise libyenne.

S’il s’est montré un fervent défenseur du multilatéralisme, le Premier Ministre adjoint du Viet Nam, M. Pham Binh Minh, a toutefois craint que la confiance dans ce principe ne s’érode si les institutions multilatérales ne prouvent pas leur efficacité.  C’est pourquoi l’ONU, a estimé le Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande, M. Don Pramudwinai, doit prendre des mesures transformatrices pour être en mesure de répondre à la réalité et aux attentes d’aujourd’hui.

Beaucoup ont d’ailleurs appuyé les réformes projetées par le Secrétaire général à cet effet et plusieurs ont souligné la nécessité de faire aboutir celle du Conseil de sécurité.  Les dirigeants africains, ainsi que le Premier Ministre du Bhoutan, ont demandé de donner à l’Afrique une représentation adéquate au sein de ce Conseil. 

Le débat général de l’Assemblée générale se poursuivra demain, samedi 23 septembre, à partir de 9 heures.

Suite du débat général

M. PAUL BIYA, Président du Cameroun, a déclaré que la paix est la condition sine qua non à la survie de l’Humanité et de tout développement durable.  Listant les dangers menaçant la paix, il a énuméré le terrorisme, les conflits, la pauvreté et les perturbations climatiques, avant de s’attarder sur la « secte terroriste » Boko Haram.

« Le Cameroun et les pays voisins font face à cette secte qui, chaque jour, renouvelle ses méthodes et tactiques », a-t-il déclaré, avant d’exprimer son appréciation pour le soutien de ses partenaires dans le combat contre « cette barbarie ».

Le Président du Cameroun a ensuite appelé à une mobilisation générale plus soutenue pour en finir avec ce danger « mortel pour nos peuples, pour nos populations, pour notre indépendance et notre démocratie ».  On attend beaucoup, a-t-il ajouté, de la venue de la mission de haut niveau qui doit se rendre dans la région du bassin du lac Tchad, conformément à la résolution 2349 du Conseil de Sécurité.

Rappelant que le Cameroun accueille des milliers de réfugiés centrafricains et nigérians, M. Biya a souligné combien ces personnes étaient blessées, martyrisées et menacées dans leur existence.

Il a ensuite déploré que, malgré les multiples déclarations et résolutions de l’ONU pour promouvoir le développement, la pauvreté persiste dans le monde.  L’écart entre pays riches et pauvres ne cesse de se creuser, a-t-il relevé, une situation aggravée par la baisse des prix des matières premières.

M. Biya a mentionné l’Accord de Paris sur les changements climatiques et a tenu à rappeler que le Cameroun en avait été l’un des premiers pays signataires.  Il a insisté sur le souhait des pays en développement, qui polluent peu et « méritent de bénéficier de la part des pays riches, qui polluent beaucoup », de moyens multiformes pour promouvoir efficacement, à leur niveau, les objectifs de l’Accord de Paris.

Le Président a par la suite alerté l’Assemblée sur deux urgences pour le continent.  La première est la dégradation continue des forêts en Afrique centrale.  « Sauvons le bassin du Congo, le deuxième poumon de la planète », s’est-il exclamé.  La deuxième urgence concerne le lac Tchad qui est en voie de disparition: cet immense plan d’eau, indispensable à la vie des populations et à la biodiversité, a déjà perdu 90% de sa surface initiale. « Sauvons le lac Tchad », a-t-il encore lancé.

En conclusion, le Président camerounais a tenu à porter le message de l’Afrique au monde.  « N’est-il pas grand temps qu’une nouvelle architecture de notre Organisation permette, justement, à l’Afrique de mieux se faire entendre au sein d’une Assemblée générale revitalisée, d’un Conseil de sécurité qui nous ouvre davantage et plus équitablement ses portes », s’est-il interrogé. 

« En tant que dirigeants, nous devons faire en sorte que les vies, la dignité et les valeurs humaines prévalent sur les valeurs monétaires », a déclaré M. TANETI MAAMAU, Président de Kiribati.  Alarmé par les nombreuses souffrances dans le monde, il a plaidé pour que ne soit pas oublié le sort de ceux qui, à Kiribati, à Tuvalu, aux Îles Marshall, aux Maldives et dans d’autres petits États insulaires en développement, souffrent au quotidien de l’impact du désastre climatique.

Pour le Président de Kiribati, l’Assemblée générale devait se concentrer cette année sur les membres les plus vulnérables et défavorisés de la famille mondiale, notamment dans ces États.  Selon lui, les systèmes internationaux doivent être simplifiés pour permettre une participation accrue et un accès facilité à des ressources mondiales tels que le Fonds vert pour le climat. 

Kiribati a engagé une vision transformative sur 20 ans qui se fonde sur la bonne gouvernance et la transparence, ainsi que sur l’investissement dans son capital humain, naturel et culturel, a expliqué le Président.  Les secteurs prioritaires sont ceux de la pêche et du tourisme, le but étant d’autonomiser la population et de renforcer sa résilience.

Un comité parlementaire de lutte contre la corruption a en outre été créé.  Par ailleurs, le Gouvernement a décidé de mettre en place des méthodes de financement innovantes pour appuyer son programme de développement durable en ce qui concerne les changements climatiques et la réduction des risques de catastrophe.

« Nous dépassons dangereusement la capacité de la planète », a averti M. Maamau.  Les signes avant-coureurs que sont les catastrophes naturelles sans précédent prouvent bien la mauvaise santé de la planète, a-t-il ajouté.  Préoccupé par la conservation des océans, il s’est dit encouragé de voir inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée un point consacré à l’élaboration d’un instrument international juridiquement contraignant pour la gestion et l’exploitation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des limites de la juridiction nationale.  La pêche, a-t-il précisé, représente 80% du budget de son pays qui espère pouvoir, d’ici à 20 ans, récolter, traiter et vendre son propre thon.

L’océan entretient un lien fort avec les peuples, la paix et la prospérité, a insisté le Chef d’État, avant de faire valoir que Kiribati contribuait à la conservation des océans en déclarant 11% de sa zone économique exclusive comme zone marine protégée, zone non commerciale et appartenant au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

De plus, toute la zone économique a été déclarée sanctuaire pour les requins.  Si une petite nation comme la sienne, manquant de ressources, est prête à faire de tels sacrifices, la famille mondiale peut, elle aussi, faire des sacrifices pour assurer un environnement durable à ses enfants, a-t-il conclu.

M. FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, Président de la République centrafricaine, a appelé la communauté internationale à « mutualiser » ses forces afin de venir à bout du fléau des groupes terroristes, tels que l’État islamique, Al-Qaida, Boko Haram et l’Armée de résistance du Seigneur, qui continuent d’infliger des souffrances aux populations du Sahel et du bassin du lac Tchad, ainsi qu’ailleurs en Afrique et au Moyen-Orient. 

Le Président a outre déploré les bouleversements causés par les migrations, l’aggravation de la situation des réfugiés et les effets des changements climatiques.  Il a appelé à cet effet les signataires de l’Accord de Paris sur les changements climatiques à tenir leurs engagements afin de « préserver notre environnement commun ».  Il s’est par ailleurs prononcé en faveur d’un élargissement du Conseil de sécurité, pour faire une plus grande place au continent africain.

Le thème du débat général, « priorité à l’être humain », traduit la « place de l’Homme » dans les objectifs de développement durable, a estimé le Président, ajoutant que le Programme de relèvement et de consolidation de la paix en Centrafrique (RCPCA) place également au cœur de ses priorités le bien-être des citoyens.  Il s’est dit déterminé à mettre en œuvre ce programme, avec l’appui de ses partenaires internationaux, afin de permettre à ses compatriotes de « jouir pleinement des dividendes du retour à la légitimité et à l’égalité constitutionnelle ».

Le Président a poursuivi en indiquant que le Gouvernement de son pays avait obtenu la participation au Comité consultatif de suivi de 14 groupes armés engagés dans le Programme de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement, qui a tenu sa septième session en août de cette année.  Il a cependant dénoncé les violations du cessez-le-feu par certains de ces groupes.  Ces « violences insensées » n’ont toutefois pas empêché la tenue, à Bangui, de l’Initiative africaine, de même que l’adoption de la Feuille de route pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, avec le soutien de l’Union africaine (UA) et des pays voisins.

Concernant la reconstruction de l’armée nationale, qui doit être « représentative et professionnelle », le Président Touadera a indiqué que deux bataillons avaient été formés et étaient prêts à être déployés, remerciant au passage les « pays amis » pour leur aide dans la formation des troupes, comme le prévoient les dispositions du Conseil de sécurité.  De plus, 500 policiers ont été recrutés, avec le concours de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).

Par ailleurs, a continué le Président, la « sortie de crise » suppose que son pays prenne un « engagement clair » en faveur de la réforme du secteur de la justice et des droits de l’homme.  À cette fin, il a réaffirmé la détermination du Gouvernement à mettre sur pied la Cour pénale spéciale, afin de lutter contre l’impunité, d’assurer la réconciliation nationale et la protection à long terme de son peuple, « longtemps malmené et traumatisé par les violences récurrentes ».  En outre, il a annoncé son intention de créer une Commission vérité, justice, réparation et réconciliation.

En ce qui concerne la réforme de la gouvernance et de l’économie, le Président a établi, avec l’appui des Nations Unies, les priorités suivantes: le redéploiement inclusif et représentatif de l’administration nationale dans toutes les préfectures du pays, et la réhabilitation des infrastructures.  En outre, en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI), la gestion et la transparence des finances publiques ont été renforcées.

Le Président a, par ailleurs, souligné la nécessité d’une relance économique vigoureuse, avec l’apport du secteur privé, afin de combattre la paupérisation causée par des années de conflits, ajoutant que des investissements dans l’agriculture, l’élevage et l’exploitation des ressources naturelles seront nécessaires.

Tout cela ne saurait faire oublier la situation toujours précaire de la République centrafricaine, a-t-il poursuivi, précisant qu’à l’heure actuelle, 2,4 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence et 600 000 personnes sont déplacées, ce qui a pour effet d’aggraver les problèmes politiques et économiques.  Pour remédier à cette situation, il a appelé le Conseil de sécurité à apporter un soutien matériel aux forces de sécurité nationales et à revoir à la hausse les effectifs de la MINUSCA, afin qu’elle soit en mesure de protéger les populations civiles. 

M. PAVEL FILIP, Premier Ministre de la République de Moldova, s’est déclaré inquiet des défis auxquels est confrontée la communauté internationale, notamment l’accumulation massive d’armes conventionnelles et le développement de programmes nucléaires.  « Un environnement international marqué par la menace d’utiliser la force, y compris nucléaire, exacerbe grandement le sentiment d’insécurité et le manque de confiance », a-t-il observé.  Il a souhaité que tous les États Membres joignent leurs forces pour faire face à ces défis, avant d’exprimer son soutien constant au programme de réformes du Secrétaire général concernant l’ONU.

Le Premier Ministre moldove s’est ensuite attardé sur la situation politique actuelle de son pays, mentionnant le traité d’association signé en juin 2014 avec l’Union européenne.  Il a expliqué que la République de Moldova s’était engagée dans un processus complexe de réformes structurelles dans le but de bâtir « une société moderne, basée sur le modèle de développement européen ».

Insistant sur les conflits existant dans le monde, le Premier Ministre moldove a indiqué apprécier que l’Assemblée générale ait accepté d’inclure et de maintenir dans son programme un point traitant des « conflits prolongés dans la région du groupe GUAM et leurs incidences sur la paix, la sécurité et le développement ».

M. Filip a profité de cette occasion pour exprimer l’inquiétude de son pays concernant le conflit armé dans l’est de l’Ukraine, un conflit qui « met en danger la paix et la sécurité dans la région », avant de réitérer son soutien à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine.

Il est ensuite revenu sur le fait que la Moldova, depuis 1992, avait constamment fait mention, devant cette assemblée, du conflit non résolu dans l’est de son territoire, un conflit compliqué par « le stationnement illégal de forces militaires étrangères sur le territoire national ».  Il a déploré que, malgré les efforts déployés durant ces 25 dernières années et malgré l’implication d’acteurs internationaux, ce conflit n’ait toujours pas été résolu.

M. Filip a critiqué la force de désengagement trilatérale établie par le « cessez-le-feu moldovo-russe du 21 juillet 1992 », le qualifiant de « mécanisme obsolète devenu un facteur de préservation des conflits qui avait échoué à assurer la démilitarisation totale de la zone de sécurité ».  Il s’est étonné que la Fédération de Russie n’ait toujours pas retiré ses forces militaires du territoire de son pays, en dépit de ses engagements internationaux, tout en soulignant la différence entre ces troupes et celles qui participent à l’opération trilatérale de maintien de la paix.

Le Premier Ministre a également mentionné le stock important d’armes et de munitions du groupe d’opérations des troupes russes, qui, bien que sur le territoire de son pays, est en dehors de son contrôle juridique, a-t-il spécifié.  Il a insisté encore une fois sur la demande de retrait de ces troupes russes qui stationnent de manière « illégale » sur le territoire du pays, avant de demander l’ajout d’un point de discussion au programme de la présente session de

Les dernières catastrophes naturelles résonnent comme « un coup de semonce », le rappel de l’extrême urgence à agir tous ensemble contre le réchauffement climatique, a lancé M. CHARLES MICHEL, Premier Ministre de la Belgique.  Il n’est plus question de remettre à plus tard ce que nous devons faire aujourd’hui, a-t-il déclaré, en saluant l’initiative du Président français Emmanuel Macron visant à adopter un ambitieux pacte mondial pour l’environnement dans la foulée de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

Faire progresser les libertés fondamentales et universelles est une priorité, a enchaîné M. Michel.  « Quand on veut le meilleur pour son pays et pour ses compatriotes, il ne peut être question de redouter la liberté de la presse ou la liberté d’expression », a-t-il affirmé.  Si la souveraineté doit être pleinement respectée, elle « ne peut pas être un paravent, ni une excuse pour tenter de légitimer exactions et asservissement ».

Sur le front du terrorisme, la Belgique participe à la coalition internationale, a rappelé le Premier Ministre.  Les forces militaires font reculer Daech en Iraq et en Syrie, a-t-il assuré en précisant être engagée dans l’aide aux pays détruits en vue de leur reconstruction.

Une autre menace grave contre la sécurité du monde, selon M. Michel, c’est la prolifération non contrôlée des armes nucléaires.  L’accord conclu avec l’Iran sur la question nucléaire doit être préservé et mis en œuvre, a-t-il souhaité, tout en rappelant avoir de nombreuses divergences substantielles avec l’Iran.  Cependant, à son avis, cet accord offre un canal de dialogue pour faire baisser les tensions et diminuer le niveau de menace.  « Balayer un tel accord d’un revers de la main, sans proposer aucune alternative, ne nous paraît ni sage, ni souhaitable. »

Pour ce qui est de la situation en République populaire démocratique de Corée (RPDC), dénoncer un régime autocratique et provocateur ne suffit pas, a avisé M. Michel en prévenant que « nous devons être tous mobilisés pour tisser les fils du dialogue, en impliquant le sens des responsabilités d’acteurs tels que la Chine et la Russie ».

Le Chef du Gouvernement a assuré que la Belgique était une terre d’accueil pour ceux qui demandent l’asile et qui fuient guerres et persécutions.  « Nous combattrons les trafiquants sans foi ni loi qui jettent sur des bateaux de fortune femmes et enfants, embarqués dans un périple à l’issue trop souvent tragique », a-t-il ajouté.  Selon lui, le développement dans les pays d’origine est la clef, ce qui oblige à investir dans les pays les moins avancés.

M. Michel a ensuite plaidé en faveur du multilatéralisme, faisant valoir que « de grandes choses peuvent être réalisées » quand les acteurs régionaux et les Nations Unies travaillent ensemble dans la même direction.  Il a pris l’exemple de la Gambie et celui du Sahel, avec la Force conjointe du G5 Sahel.  De même pour l’Afrique centrale où les pays de la région des Grands Lacs ont un rôle déterminant à jouer.  À l’heure où le débat sur le coût des opérations de maintien de la paix est entamé, « nous ne pouvons pas abandonner la République démocratique du Congo (RDC) », a-t-il déclaré.

Enfin, la lutte contre l’impunité et le renforcement de la justice internationale sont au cœur des priorités de la Belgique.  M. Michel a signalé que, cette année, son pays avait déposé une version révisée des amendements au Statut de Rome de la Cour pénale internationale.  Ces amendements visent à interdire l’usage de quatre types d’armes ayant en commun d’entraîner d’immenses souffrances et de tuer de manière indiscriminée.

M. LYONCHOEN TSHERING TOBGAY, Premier Ministre du Bhoutan, a exprimé sa solidarité aux victimes des catastrophes naturelles dans le monde, soulignant que les experts sont convaincus que les changements climatiques exacerbent ces catastrophes.  « L’Accord de Paris montre que nous avons accepté que les changements climatiques sont une réalité », a-t-il observé, avant d’appeler tous les pays à respecter les engagements pris dans ce cadre

Le Premier Ministre a souligné la vulnérabilité du Bhoutan, en tant que pays montagneux, aux changements climatiques: « nous connaissons déjà des crues éclair, parmi de nombreux autres évènements particulièrement dévastateurs pour un pays pauvre ».  Il a spécifié que 72% du territoire du pays était constitué de forêts, ce qui en fait le seul pays sans émission nette de gaz à effet de serre.  « Notre bilan est ainsi négatif », s’est-il enorgueilli.

Même si la lutte contre les changements climatiques est complexe et onéreuse, tous les pays devraient respecter leurs engagements, a plaidé M. Togbay, insistant sur l’importance des institutions financières pour soutenir l’action climatique, se félicitant notamment des résultats produits par le Fonds pour l’environnement mondial depuis sa création dans les années 90. « Ces institutions sont fondamentales pour ceux qui ont la volonté mais pas forcément les ressources pour intervenir », a-t-il remarqué.

Le Premier Ministre bhoutanais a attiré l’attention sur la pauvreté dans le monde, qui touche plus de 800 millions de personnes selon la Banque mondiale, « une réalité qui tue silencieusement des millions de personnes chaque années ».  « La pauvreté n’a pas sa place à notre époque, une époque de richesse et de technologie sans précèdent », s’est-il exclamé, avant de souligner le caractère essentiel des objectifs de développement durable.  M. Togbay a expliqué que l’élimination de la pauvreté ne coûterait que 175 milliards de dollars par an, soit 0,32% du PIB mondial actuel.

Le Premier Ministre est ensuite revenu sur le cas du Bhoutan où la politique du bonheur national brut (BNB) avait permis d’offrir une éducation et des soins de santé gratuits pour tous.  Les efforts du pays ont porté leurs fruits et permis de réduire la pauvreté de moitié, s’est-il vanté, en espérant une baisse supplémentaire de 5% dans les prochaines années, ce qui devrait permettre au pays de quitter la catégorie des pays les moins avancés.

Face au terrorisme qui touche le monde, M. Togbay a souhaité le renforcement du multilatéralisme.  Jugeant que les réformes onusiennes seraient incomplètes sans celle du Conseil de sécurité, il a été d’avis qu’il fallait donner des sièges de membres permanents à l’Inde, au Japon, au Brésil et à l’Allemagne, en donnant aussi à l’Afrique une représentation adéquate au sein de ce Conseil.  Il a saisi cette occasion pour indiquer que son pays était fier de participer au maintien de la paix des Nations Unies depuis 2014.

Il a conclu en retraçant le chemin vers la démocratie emprunté par son pays il y a neuf ans.  Il a expliqué que le Roi Jigme Singye Wangchuck, bien qu’extrêmement populaire, avait choisi d’abdiquer pour imposer la démocratie contre la volonté de son peuple.  « La démocratie est désormais bien enracinée dans mon pays », a-t-il déclaré, en citant les élections couronnées de succès de 2008 et de 2013.

« La réalité est sombre », a constaté M. EDI RAMA, Premier Ministre de l’Albanie, en s’inquiétant en particulier du sort des 65 millions de personnes déracinées, « symbole même de notre échec collectif », a-t-il souligné.  Les changements climatiques menacent notre survie, l’ordre international a été gravement remis en cause et les inégalités se creusent alors que le monde s’enrichit, a-t-il souligné.  Or, aucun pays aussi riche, puissant et grand soit-il ne peut relever seul ces défis qui exigent une vision concertée.  En tant que dirigeant d’un petit pays, M. Rama a réitéré son engagement en ce sens. 

L’Albanie s’est ainsi ralliée à la coalition internationale contre le terrorisme et l’extrémisme violent.  Si le Premier Ministre albanais s’est réjoui que Daech ait perdu presque 90% de son territoire et que sa capacité à guerroyer ait été gravement entamée, il a averti que sa défaite sur le terrain n’entraînait pas sa disparation.  « Notre réponse, a-t-il recommandé, doit s’adapter à la nature évolutive de cette menace constante. »

S’agissant des objectifs de développement durable, il faut aller au-delà de simples déclarations, car les peuples demandent de l’action, a poursuivi M. Rama.  Il a indiqué que la moitié du Gouvernement albanais était composé de femmes, tandis que le Parlement en compte 30%, vantant ainsi les mérites d’une politique visant à garantir la reconnaissance du rôle des femmes dans le développement.

L’une des grandes priorités nationales de l’Albanie est d’accéder à l’Union européenne, a ensuite déclaré M. Rama.  S’engageant à consolider les piliers de la démocratie, il a indiqué qu’une réforme de la justice avait été mise en œuvre.  M. Rama a espéré que l’Union européenne continuerait de considérer le principe d’élargissement comme « le meilleur catalyseur pour la paix, la stabilité et la prospérité dans la région ».  L’Albanie, a-t-il précisé, aspire à une croissance économique d’au moins 5% par an d’ici à 2020. 

M. Rama a souhaité voir les Balkans de l’Ouest devenir une zone de liberté de mouvement des capitaux, des personnes et des idées, mieux à même de promouvoir les intérêts nationaux de chacun et de faire progresser les relations de bon voisinage, « dans la meilleure tradition européenne ».  Dans cet esprit, il a jugé de la plus haute importance l’admission du Kosovo au sein de chaque organe régional avec des droits égaux.  « Qui peut dénier les résultats impressionnants réalisés par le Kosovo depuis son indépendance », a-t-il demandé.  Depuis plusieurs années, a-t-il rappelé, la Serbie et le Kosovo mènent un dialogue sur la normalisation de leurs relations, qui a introduit un climat de confiance et de coopération.  Il a conclu en enjoignant les pays n’ayant pas encore reconnu le Kosovo à envisager de le faire.

M. JOSEPH MUSCAT, Premier Ministre de Malte, a rappelé que son pays avait toujours été à l’avant-garde des questions maritimes.  Outre le fait que 30% des eaux territoriales du pays sont désormais des zones marines protégées, le Premier Ministre a rappelé que Malte était à l’origine des négociations ayant abouti, en 1982, à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

Dans la même perspective, son pays soutient les efforts actuels en vue de parvenir à un instrument international juridiquement contraignant, sous l’égide de la Convention de 1982, pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine dans les zones maritimes ne relevant pas de la juridiction nationale.  Une exigence selon lui pour parvenir à protéger enfin légalement la biodiversité de la haute mer.

Par ailleurs, M. Muscat a exprimé le soutien de son pays envers la création d’un groupe d’experts intergouvernemental sur la gouvernance des océans, sous la responsabilité directe de l’Assemblée générale, par l’intermédiaire du Secrétaire général de l’ONU.

Il a également appuyé l’initiative récente du Commonwealth visant à créer une « charte bleue » dont le but serait d’aider les pays du Commonwealth à remplir les cibles de l’objectif 14 de développement durable, « Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ».  De la même façon, le Premier Ministre a salué « de tout cœur » l’entrée en vigueur, en novembre 2016, de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

En tant que membre de l’Union européenne, Malte s’inscrit dans le cadre de la réponse de l’Union pour lutter contre le trafic de migrants en mer Méditerranée.  « Cependant, l’action nationale, et même régionale, est insuffisante sans une action globale », a estimé M. Muscat.

Il a ainsi accueilli favorablement les progrès accomplis dans la définition d’un pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.  « Ce dernier devrait, certes, réaffirmer le droit souverain des États à définir leur politique migratoire, mais il devrait également engager les États à construire des systèmes et institutions en matière de migrations capables de fonctionner dans des délais acceptables, afin que les migrants soient traités équitablement et avec dignité », a souhaité le Premier Ministre maltais.

M. JOSÉ ULISSES DE PINA ORREIA E SILVA, Premier Ministre de Cabo Verde, a expliqué que son pays, petit État insulaire aux ressources naturelles rares, avait misé sur le « cosmopolitisme » et s’attelait à mériter la confiance de ses partenaires de développement et investisseurs.  Il veille ainsi au respect des valeurs de la démocratie, la dignité humaine, les libertés et la pleine citoyenneté.

Soulignant le bien-fondé d’une approche qui met l’Homme au centre de toute politique, le Premier Ministre a expliqué que cela n’était possible que dans un environnement de paix et de sécurité qui permette aux gens d’envisager leur avenir plutôt que de « survivre » au jour le jour.

Vu le caractère « mondial » des menaces actuelles, comme le terrorisme, la criminalité organisée, le trafic de drogues ou encore les idéologies comme le populisme, la suprématie raciale et la xénophobie, le Premier Ministre a insisté sur la nécessité urgente d’y apporter des réponses au niveau mondial.  Il a saisi cette occasion pour plaider en faveur d’un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité, ce qui lui semble « pleinement justifié » si l’on veut que ce Conseil reflète la réalité actuelle.  Il a lancé un appel en faveur de négociations sur la base d’un texte.

Abordant ensuite le Programme de développement durable à l’horizon 2030, il a constaté que, deux ans après son adoption, on peine toujours à le mettre en œuvre.  « Les Nations Unies doivent jouer un rôle de catalyseur en formant des consensus et en mobilisant des ressources qui permettraient son application, son financement et la consolidation des capacités. »

À ce titre, il a salué les efforts en cours du Secrétaire général pour adapter le système de développement de l’ONU et pour mener des réformes des structures de management au Secrétariat.  Il a également demandé que les pays à revenu intermédiaire et les petits États insulaires fassent l’objet d’une attention particulière.  Il faut, a-t-il expliqué, tenir compte de leurs spécificités dans les critères d’évaluation utilisés pour analyser leurs faiblesses structurelles et leurs besoins de financement.

Le Premier Ministre a ensuite mis l’accent sur l’urgence de la mise en œuvre de l’Accord de Paris pour les petits États insulaires.  « Il faut que cela devienne une priorité mondiale », a-t-il martelé, exprimant sa solidarité avec toutes les îles et les États américains récemment frappés par des ouragans, notant que désormais ils étaient plus fréquents et plus dévastateurs.  « Chaque nouvelle journée est une journée de perdue pour mener une action vigoureuse et mondiale contre les facteurs qui provoquent et accélèrent les changements climatiques », a-t-il regretté avant de tirer la sonnette d’alarme en affirmant que « chaque île qui disparaît à cause des changements climatiques sera un cauchemar pour l’humanité ».

Pour sa part, Cabo Verde a déposé les instruments de ratification de l’Accord de Paris et signé le Traité sut l’interdiction des armes nucléaires.  Se félicitant également de la tenue de travaux préparatoires pour élaborer un instrument international juridiquement contraignant pour la préservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones qui ne dépendent pas d’une juridiction nationale, il a appuyé l’idée d’une conférence diplomatique, en 2018, pour élaborer une telle convention.

Avant de conclure, il a fait part de la volonté de son pays de devenir un centre de transit au milieu de l’Atlantique pour le tourisme, le transport aérien, les opérations portuaires et les opérations financières, ainsi que pour accueillir des sièges de sociétés dans les domaines du numérique et des nanotechnologies.

M. PHAM BINH MINH, Premier Ministre adjoint du Viet Nam, a rappelé que son pays avait rejoint la famille des nations de l’ONU il y a exactement 40 ans, en septembre 1977, et que, depuis, il avait connu des transformations profondes pour devenir aujourd’hui une économie dynamique sur la voie des réformes et du développement durable.  Ne dépendant plus de l’aide, le Viet Nam se situe aujourd’hui dans la tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire, a-t-il dit, en se félicitant que la réalisation des objectifs du Millénaire ait permis à des dizaines de millions de Vietnamiens de sortir de la pauvreté.

Toutefois, malgré la quatrième révolution industrielle et son vaste potentiel de développement pour tous, le monde actuel connaît de graves menaces à la paix et la sécurité et au développement, a souligné le Ministre, en constatant que « le souhait de vivre en paix reste un rêve lointain pour des millions de gens ».  Les inégalités se creusent tant au sein des pays qu’entre eux, avec un impact des changements climatiques de plus en plus réel, a-t-il poursuivi.

Pourtant, avec l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030, le monde a clairement opté pour le développement durable de tous et « il nous appartient aujourd’hui de faire de ce programme ambitieux une réalité », a exigé le Ministre, avant de demander que les pays en développement puissent bénéficier de conditions plus favorables et de ressources leur permettant de réaliser les objectifs de développement durable.  « Nous lançons un appel à toutes les nations développées pour qu’elles respectent les engagements pris en termes d’aide financière et de transferts de technologies vers les pays en développement. »

Pour le Viet Nam, les intérêts de l’Homme doivent être au cœur de toute politique de développement durable, car la pauvreté, le chômage et les épidémies empêchent de vivre décemment.  Le plus grand défi reste, selon le Ministre, la réalisation d’une paix durable, car sans elle le développement ne peut se faire.  Pour avoir connu 40 ans de paix et d’indépendance, le Viet Nam apprécie à sa juste valeur ce que la paix apporte, a-t-il expliqué, en appelant à promouvoir un multilatéralisme renforcé en vue de généraliser la paix dans le monde.

Toutefois, la confiance dans le multilatéralisme risque de s’éroder si les institutions multilatérales ne prouvent pas leur efficacité et ne dégagent pas de consensus sur des principes et buts communs, a-t-il averti.  Pour cela, il faut, selon lui, que les mécanismes multilatéraux internationaux et régionaux soient transparents, efficaces et réactifs.  Les Nations Unies devraient être le centre de coordination des efforts de lutte contre les menaces globales, en capitalisant sur un système de règles et de normes favorisant l’objectivité, l’équité et l’égalité, a estimé le Ministre pour lequel cela suppose une réforme globale des Nations Unies concernant notamment les structures organisationnelles, les méthodes de travail et la mobilisation des ressources.

Le Ministre a également annoncé qu’il allait signer aujourd’hui le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  Il a invité d’autres nations à lui emboîter le pas pour permettre l’entrée en vigueur du Traité le plus rapidement possible.

Il a également rappelé que son pays était un membre actif de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et qu’il allait accueillir, cette année, le Forum de l’Association de coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

M. ALLEN MICHAEL CHASTANET, Premier Ministre de Sainte-Lucie, a dit que pour les petits État insulaires, comme le sien, la promesse des Nations Unies était plus que jamais mise à l’épreuve.  Ayant constaté la dévastation causée par l’Ouragan Irma dans les Caraïbes avant son arrivée à New York, il a indiqué avoir suivi avec le cœur lourd les derniers assauts de l’Ouragan Maria contre la Dominique.  Il a déclaré avoir été « consterné par le silence de beaucoup et par la faible reconnaissance d’autres sur la crise dans sa région », ce qui a éveillé en lui « la crainte que nous sommes peut-être bien seuls pour nous en sortir dans notre région ».

Il est impossible de faire abstraction des changements climatiques, a martelé M. Chastanet.  Il a énuméré les pays, les régions et les îles victimes, en moins d’un mois, de plusieurs ouragans qui ont semé la mort et la destruction sur leur passage: la Dominique, Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, Cuba, les Îles vierges britanniques, Anguilla, la République dominicaine, Saint-Barthélémy, Saint-John, Saint-Thomas, les Îles Turques et Caïques, Porto Rico et la Floride.  « Nous n’avons plus le luxe de rester silencieux, nous devons agir », a-t-il insisté.

Sainte-Lucie et la plupart des États membres de la Communauté des Caraïbes sont ancrés au cœur du « couloir des cyclones », a rappelé le Premier Ministre.  Les petits États insulaires en développement ont, à maintes reprises, prévenu la communauté internationale que ne pas répondre de façon adéquate aux changements climatiques reviendrait à « trahir nos enfants et condamner les générations futures à une fin tragique ». 

Le Premier Ministre a souhaité des discussions multilatérales « justes et équitables » sur les questions de développement durable et de résilience.  « À une époque où les inégalités sont présentes dans tous les aspects de l’ordre international, il faut faire en sorte que les besoins les plus élémentaires de nos citoyens soient satisfaits », a-t-il argué.

Au sein de l’ONU et au-delà, « nous devons faire attention à la façon dont nous nous catégorisons les uns les autres et dont la communauté des donateurs nous classe », a-t-il aussi averti.  « Comment peut-on dire que tel pays a un revenu intermédiaire sur la base de son PIB, quand, en l’espace d’une ou deux décennies, il sera touché par une catastrophe naturelle qui le mettra à genoux? », a lancé le Premier Ministre.

Le modèle actuel doit changer pour permettre aux petites nations et aux nations en développement de survivre et de prospérer dans un environnement international mondial « de plus en plus froid », a conclu M. Chastanet en vantant la résilience des peuples de sa région.

M. BRUNO EDUARDO RODRÍGUEZ PARRILLA, Ministre des relations extérieures de Cuba, a indiqué que son pays était disposé à accroître sa coopération, selon ses modestes possibilités, en faveur des peuples et gouvernements « frères » récemment sinistrés, exprimant aussi sa solidarité aux peuples du Mexique et des États-Unis.  Durement touché lui-même par l’ouragan Irma, le peuple cubain déploie de nombreux efforts pour relever le pays.

En réaction à la déclaration du Président des États-Unis mardi dernier à la même tribune, qui a assuré que l’un de ses objectifs était de promouvoir la prospérité des nations et des personnes, M. Rodríguez Parrilla a fait remarquer que « dans le monde réel », huit hommes à eux seuls détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit 3,6 milliards d’habitants.  Il a poursuivi en énumérant les nombreuses inégalités économiques de par le monde, insistant sur le fait qu’au rythme actuel, 653 millions de personnes continueront d’avoir faim en 2030 et prédisant que l’objectif d’éliminer la faim d’ici à 2050 ne sera pas atteint.

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ne dispose pas des moyens d’application nécessaires, a-t-il aussi remarqué, en jetant la pierre aux États-Unis et à d’autres pays industriels, dénonçant leur « égoïsme et leur manque de volonté politique ».  Pour lui, « Donald Trump ignore et dénature l’histoire, tout en nous demandant de poursuivre une chimère ».  « Les modèles de production et de consommation typiques du capitalisme à son stade néolibéral sont intenables et insensés », a-t-il tonné, en prévenant que cela conduisait inexorablement à la destruction de l’environnement et à la fin de l’espèce humaine.

Cuba, a-t-il poursuivi, regrette que le Gouvernement des États-Unis, qui est « le plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète », se soit retiré de l’Accord de Paris, malgré les records de hausse de la température mondiale moyenne en 2016, et ce, pour la troisième année consécutive.

Il s’est aussi attardé sur la menace que représentent les armes nucléaires, soulignant la contribution du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires à un monde pacifique auquel les États-Unis se sont opposés farouchement.  Il a critiqué la position de Washington après l’annonce que le pays consacrerait 700 milliards de dollars aux dépenses militaires et mettrait au point « une doctrine nucléaire et militaire extrêmement agressive basée justement sur le recours ou la menace de recours à la force ».

Autre sujet de préoccupation pour le Ministre cubain: l’utilisation secrète des technologies de l’information et des télécommunications pour attaquer d’autres États, tandis que « plusieurs pays développés s’opposent avec entêtement à l’adoption de traités internationaux qui réglementeraient la coopération en vue d’instaurer un cyberespace sûr ».  À ce sujet, il a accusé le Président des États-Unis de manipuler « les concepts de souveraineté et de sécurité à son bénéfice et au grand dam de tous, même de ses alliés ».

Après avoir encore taclé le Président américain sur son prétendu « patriotisme », le Ministre, revenant sur le discours de l’avant-veille au Conseil de sécurité de Michael Pence, Vice-Président des États-Unis, a dénoncé son « ignorance crasse » quant à ses fonctions lorsqu’il s’en prend au fonctionnement du Conseil des droits de l’homme.

Il a ensuite exprimé son désaccord quant à la nouvelle politique de l’Administration américaine vis-à-vis de son pays, considérant qu’il s’agissait d’un recul dans leurs relations bilatérales alors que des bases avaient été posées, il y a deux ans, pour progresser vers des rapports d’une nouvelle nature.  Il a dès lors dénoncé le durcissement du blocus.

En matière des droits de l’homme, « Cuba peut se vanter de ses réussites » et surtout « n’a pas de leçons à recevoir des États-Unis ni de qui que ce soit », a ajouté le Ministre.  À propos de l’affaire des fonctionnaires de l’Ambassade des États-Unis à Cuba, le Ministre a affirmé que « les autorités cubaines ne disposaient à ce jour d’aucune preuve qui confirmerait les causes et l’origine des affections à la santé dont les diplomates américains et leurs familles allèguent avoir été victimes ».

De l’avis du Ministre, Cuba et les États-Unis pourraient coopérer et coexister à condition de respecter leurs différences, mais le peuple cubain ne cessera jamais de réclamer, en toute légitimité, la levée et l’élimination totales du blocus et présentera une nouvelle fois, le 1er novembre prochain devant l’Assemblée générale des Nations Unies, son projet de résolution intitulé: « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique ».

M. KHEMAIS JHINAOUI, Ministre des affaires étrangères de la Tunisie, s’est enorgueilli des progrès considérables accomplis par son pays, depuis 2011, dans les domaines de la démocratie et des droits de l’homme.  Son gouvernement poursuit les réformes pour réaliser une société fondée sur la justice et l’égalité, a-t-il affirmé, soulignant que la Tunisie était un pays sûr et s’efforçait de mettre en place un environnement propice aux investissements étrangers et au tourisme.  

Il a ensuite annoncé que la Tunisie préparait son premier rapport national volontaire sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable, qui sera examiné par le Forum politique de haut niveau du Conseil économique et social (ECOSOC) l’an prochain.  Appelant à une utilisation efficace des mécanismes régionaux et internationaux, le Ministre a plaidé pour la création d’une communauté africaine prospère et équitable fondée sur le développement durable pour tous.

Convaincu que la sécurité et la stabilité du monde arabe étaient indispensables pour garantir la sécurité et la stabilité du monde entier, M. Jhinaoui a indiqué que c’était là la raison pour laquelle il appelle à la résolution de tous les conflits dans la région, à commencer par le conflit israélo-palestinien.  

Le chef de la diplomatie tunisienne a également réitéré sa préoccupation devant la crise libyenne, exhortant les parties à surmonter leurs différences et à trouver une solution politique.  La Tunisie, a-t-il expliqué, souhaite avoir un rôle positif avec l’Égypte pour trouver une solution politique au conflit en Libye sous les auspices de l’ONU, qui est l’organisation garante de la mise en œuvre des accords, et favoriser le rapprochement des différents acteurs.  

Le Ministre a en outre rappelé la nécessité d’aboutir à une solution à la crise en Syrie, encourageant les parties à rechercher une solution de consensus.  Soulignant enfin l’ampleur des ramifications de tels conflits aux niveaux national et international, il a rappelé l’importance d’un repositionnement de l’Organisation en faveur de la prévention des conflits.

M. DON PRAMUDWINAI, Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande, a approuvé l’approche du Secrétaire général qui cherche à axer davantage l’action de l’ONU et de la communauté internationale sur « les personnes » et moins sur la bureaucratie.  « Il faut qu’il y ait moins de débats à l’ONU et plus d’actions pour avoir un impact réel sur le terrain », a-t-il déclaré.  Pour justifier cette approche, il a expliqué que lorsque les personnes vivaient décemment, les nations prospéraient. 

La Thaïlande a fait ce choix depuis longtemps, convaincue que le développement ne peut se faire du haut vers le bas mais dans le sens contraire.  La philosophie de la suffisance économique, que le roi Rama X, monarque thaïlandais, a préconisée, est centrée sur la personne et met l’accent sur le développement de soi et le potentiel de tout un chacun de forger son propre avenir en harmonie avec la nature, a expliqué le Ministre. 

Pour traduire cette vision, le Gouvernement a adopté une politique de développement décentralisée en vue d’impliquer et de responsabiliser ceux qui en seront touchés et pour permettre la prise en compte des connaissances et de la sagesse locales.

Parallèlement, la Thaïlande s’est engagée sur la voie de la science, de la technologie et de l’innovation pour s’orienter vers une économie basée sur des valeurs où les ressources sont utilisées efficacement et dans le respect de l’environnement, une économie « distributive » qui permette un développement inclusif. 

Le Ministre a poursuivi en expliquant que, depuis 2002, le pays avait opté pour un système de couverture de santé universelle, qualifiant ce choix « d’investissement dans le peuple et dans l’avenir ».   À ce jour, 99,87% de la population est couverte par ce système.  En tant que Président de l’Initiative sur la politique étrangère et la couverture de santé universelle, la Thaïlande s’apprête d’ailleurs à présenter un projet de résolution à l’Assemblée générale, le 12 décembre prochain, à l’occasion de la Journée mondiale de la couverture de santé universelle. 

Le Ministre a également présenté la stratégie nationale pour l’élimination du VIH/sida (2017-2030), un autre exemple de la priorité accordée à la personne en Thaïlande.

Rappelant avoir signé et déposé l’instrument de ratification du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires il y a deux jours, le Ministre a fait part de ses préoccupations par rapport à la situation dans la péninsule coréenne et a encouragé toutes les parties prenantes à trouver une solution pacifique dans le respect de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. 

Également alarmé par les conflits et la violence ailleurs dans le monde, la Thaïlande prête une attention particulière à la situation dans l’État de Rakhine et à ses conséquences humanitaires lourdes.  Le Ministre se dit pleinement conscient de la complexité de cette situation qui appelle, selon lui, des solutions politiques et économiques à long terme.  Pour lui, il ne fait pas de doute que la paix durable et le développement durable vont main dans la main.

Pour y parvenir le multilatéralisme et les Nations Unies ont un rôle important à jouer, a-t-il estimé, ajoutant que l’ONU devait prendre des mesures transformatrices pour être en mesure de répondre à la réalité et aux attentes d’aujourd’hui.

Rappelant que les Nations Unies avaient été créées en réponse aux « horreurs » de la Seconde Guerre mondiale, Mme JULIE BISHOP, Ministre des affaires étrangères de l’Australie, a noté qu’au cours des décennies suivantes, le monde avait su construire un ordre international fondé sur les règles, assurant la résolution pacifique des différends et la protection des intérêts des nations moins puissantes.  C’est sur cette base que l’humanité a connu la plus longue période de prospérité de son histoire, a souligné la Ministre, ajoutant que cet ordre mondial était maintenant menacé.

L’autorité du Conseil de sécurité est aujourd’hui ébranlée, voire ignorée, a dénoncé la Ministre, citant l’exemple de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), dont le programme nucléaire « illégal » viole nombre de résolutions du Conseil.  Le système de surveillance international du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires a confirmé que la Corée du Nord était le seul pays à avoir mené des essais nucléaires au cours de ce siècle, a-t-elle noté, et ce, malgré les sanctions, invitant à examiner d’autres options si la RPDC continue de défier la communauté internationale. 

L’ordre mondial basé sur les règles est aussi mis en péril par le terrorisme et l’extrémisme violent, a poursuivi Mme Bishop.  De nombreux pays, dont l’Australie, ont été victimes d’attentats terroristes, a-t-elle rappelé, estimant que seule la coopération, par exemple au sein du Forum mondial de lutte contre le terrorisme, pourrait venir à bout de fléau. 

Mme Bishop s’est ensuite penchée sur la menace que constitue l’utilisation d’armes chimiques, comme récemment en Syrie.  Elle a réitéré le soutien de son pays au travail de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) pour en interdire l’usage, et de l’Australia Group, pour éviter la propagation d’armes chimiques et biologiques.

Rappelant par ailleurs que l’Australie a été le premier pays à déployer, en 1947, un contingent dans le cadre d’une mission de maintien de la paix de l’ONU, elle s’est déclarée en faveur des réformes visant à rendre les Casques bleus plus efficaces et plus intègres.  Selon elle, les opérations de maintien de la paix représentent l’un des plus importants « investissements » de la communauté internationale en faveur de la paix.

Mme Bishop a en outre salué les efforts du Secrétaire général pour réformer les Nations Unies dans leur ensemble, estimant que l’Organisation devrait se concentrer sur la prévention des conflits, améliorer l’efficacité et la responsabilité de son administration, ainsi que la représentation des femmes aux postes de haute direction.

Parmi les succès récents de l’ONU, la Ministre a cité l’Accord de Paris sur les changements climatiques et les objectifs de développement durable, soulignant que la coopération et les compromis étaient nécessaires pour relever les « défis de notre temps ».  Elle a plaidé pour la protection des coraux, comme ceux de la Grande barrière de corail, qui soutiennent une plus grande biodiversité que tout autre écosystème.

En outre, Mme Bishop a appelé à mettre l’accent sur le développement économique durable, afin de favoriser la création d’emplois et l’implication du secteur privé.  Selon elle, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe sont autant de programmes qui favorisent la « résilience économique ».

Après avoir noté que son pays était un important contributeur de l’aide humanitaire en Iraq, en Syrie, au Soudan du Sud ainsi que dans l’État de Rakhine, au Myanmar, la Ministre a annoncé l’intention de son pays de siéger au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, pour la première fois, l’an prochain.  Elle a par ailleurs signalé le lancement par son pays et l’Indonésie, le mois dernier, d’un premier partenariat régional visant à lutter contre l’esclavage moderne et la traite des personnes. 

M. PÉTER SZIJJÁRTÓ, Ministre des affaires étrangères et du commerce de la Hongrie, a salué le fait qu’un candidat d’Europe centrale ait été élu au poste de Président de l’Assemblée générale.  L’Europe centrale est une région forte et unie, dont la voix résonne bien au-delà de ses frontières, a-t-il dit.  Le Ministre a en même temps décrit les défis considérables que l’Europe doit relever simultanément, tels que les flux migratoires et les attaques terroristes qui font désormais partie du quotidien des Européens.  Ces attaques ont directement découlé des flux massifs de migrants observés en Europe, a-t-il dit.  Le Ministre a déploré le manque de régulation de ces flux, avant d’expliquer que les organisations terroristes en avaient tiré profit.

« Je souhaite briser ici un tabou, les processus d’intégration en Europe occidentale ont essuyé des échecs », a-t-il lancé, en pointant l’émergence de véritables « sociétés parallèles » dans certains pays européens.  M. Szijjártó s’est dit choqué par les attaques terroristes et les pertes en vies humaines qui en découlent.

« Pourtant, il y a toujours des chefs d’organisations internationales et d’États puissants qui continuent de dire que les migrations sont une bonne chose, qui doit être encouragée. »  Il a qualifié cette approche de « déraisonnable », en ce sens qu’elle menace la sécurité de millions de personnes.  « Les États ont le droit et la responsabilité de protéger leur population et de décider, seuls, qui a le droit d’entrer sur leur territoire ou non. »  Il a ajouté que la Hongrie avait consacré 800 millions de dollars à la protection de la frontière orientale de la zone Schengen.  « Je représente un pays chrétien », a-t-il dit, estimant à ce titre être tenu d’aider les personnes dans le besoin, tout en précisant: « nous pensons qu’il faut apporter de l’aide là où c’est nécessaire ».

Le Ministre a ensuite détaillé les efforts de son pays pour venir en aide aux communautés chrétiennes au Moyen-Orient, en particulier en Iraq.  Il a plaidé pour le rétablissement des droits des peuples et le retour des migrants dans leur foyer.  Pour une solution définitive à la crise des migrations, il faut s’attaquer aux causes que sont les activités terroristes et les conflits, a-t-il affirmé.  Le Ministre a ainsi plaidé pour une coopération pragmatique Est-Ouest en vue d’éliminer les groupes terroristes et d’instaurer la paix en Syrie et en Libye.  « Une telle coopération est également nécessaire pour remédier au défi nucléaire lancé par un dirigeant communiste. »

M. Szijjártó a déclaré que son pays avait tiré les enseignements de l’histoire, expliquant que la Hongrie s’était toujours trouvée du côté des perdants dans les conflits Est-Ouest.  Le Ministre a évoqué le sort des milliers de Hongrois vivant hors des frontières de la Hongrie et qui sont en butte à d’intolérables discriminations.  Il a indiqué que les minorités nationales avaient des droits linguistiques, consacrés par plusieurs instruments internationaux.

Dans ce droit fil, le Ministre a déploré une récente loi votée par le Parlement ukrainien visant à la limitation de ces droits.  En vertu de cette loi, l’usage de la langue maternelle de ces minorités est désormais interdit dans les écoles primaires.  « C’est une honte, en particulier dans un pays qui veut rejoindre l’Union européenne », selon le Ministre qui a dénoncé la violation des normes internationales et un précédent dangereux, avant de demander une enquête au Haut-Commissariat aux droits de l’homme.  La Hongrie se tiendra toujours aux côtés des minorités hongroises, a conclu M. Szijjártó.

M. ABDELKADER MESSAHEL, Ministre des affaires étrangères de l’Algérie, a affirmé qu’aux conflits anciens qui se prolongent, s’ajoutent de nouveaux foyers de tensions, mais aussi des menaces d’autres ordres comme celles que font peser la fragilisation de l’équilibre écologique, la pauvreté ou encore le terrorisme.  Face à ces défis, le Ministre algérien estime que l’ONU est la mieux à même d’apporter les réponses adéquates et se félicite à cet égard du thème retenu par l’Assemblée cette année: « Placer l’être humain au cœur des efforts de la paix et d’une vie décente pour tous sur une planète durable ».

Le Ministre a appelé à une réforme radicale des structures et du mode de fonctionnement de l’ONU, dont celle du Conseil de sécurité, l’Algérie, souhaitant que soit corrigée cette « injustice historique » que constitue la sous-représentation de l’Afrique dans les deux catégories de membres, permanents ou non permanents, de cet organe.  M. Messahel a, de même, fait état de la volonté de plus en plus grande des États Membres de procéder à un renforcement et à une revitalisation de l’autorité de l’Assemblée générale.

Conformément aux principes, consacrés dans la Charte des Nations Unies, d’autodétermination, de respect de l’indépendance et de l’intégrité des États, de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, le Ministre s’est également attardé sur la question du Sahara occidental, laquelle, qualifiée de « problème de colonisation », relève de la responsabilité de l’ONU. 

Estimant que le règlement de cette situation passera par l’exercice du droit imprescriptible à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, le chef de la diplomatie algérienne a souhaité que la nomination de l’Envoyé personnel du Secrétaire général et ancien Président de l’Allemagne, M. Horst Köhler, permettra de relancer les négociations entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario.

Par ailleurs, au sujet de la menace terroriste, notamment au Moyen-Orient ou au Sahel, le Ministre a assuré que son pays était conscient des dangers qui l’environnent, rappelant que l’Algérie avait organisé deux rencontres internationales consacrées à la lutte politique contre l’extrémisme violent et son ancrage dans la société. 

Sur la question migratoire, il a expliqué que les larges mouvements de population représentaient des opportunités économiques, mais aussi des situations difficiles pour les populations déplacées et les pays les accueillant.  En tant que pays de transit et de destination, l’Algérie mesure la complexité de ce sujet, a-t-il assuré, avant d’appeler à trouver des solutions mondiales et intégrées pour partager les responsabilités.  Sans jamais céder à la xénophobie, au racisme, ou encore à l’unilatéralisme, ces solutions doivent pouvoir préserver « la stabilité, la sécurité et les intérêts » de toutes les parties concernées.

Mme AMINA CHAWAHIR MOHAMED, Ministre des affaires étrangères du Kenya, a vu l’époque actuelle comme « à la fois la pire et la meilleure », compte tenu des défis et des opportunités qui se présentent simultanément.  Reconnaissant l’importance des objectifs de développement durable, elle a affirmé que son pays était prêt à concrétiser ce programme de changement « dans la vie de ses citoyens », en privilégiant la coopération et les partenariats.  « Les changements climatiques dans notre région coûtent à l’économie kényane 3% de son produit national brut », a-t-elle remarqué, en exprimant la détermination de son pays à réduire, en vertu de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici à 2030. 

Appelant l’ONU à se réformer, Mme Mohamed a estimé que le Conseil de sécurité continuait d’être dominé par un « petit club de pays à l’exclusion des autres », laquelle exclusion remet en cause la légitimité et l’efficacité de cet organe, au moment où ses activités posent des questions de responsabilité et de transparence.

Le Kenya, a-t-elle rappelé, joue un rôle de premier plan dans le domaine de la paix et de la stabilité dans la région, en particulier en Somalie et au Soudan du Sud.  Dans le premier de ces deux pays, grâce aux efforts collectifs de la communauté internationale, il a été possible de faire des progrès considérables, en organisant des élections crédibles, suivies de la formation d’un gouvernement inclusif, a poursuivi la Ministre dont le Gouvernement est favorable au renforcement de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  C’est la raison pour laquelle elle a appelé l’ONU à accorder un plus grand soutien à la Mission, notamment sur le plan financier.  S’agissant du Soudan du Sud, Mme Mohamed a plaidé pour que la communauté internationale soutienne les efforts de revitalisation du processus de paix, placé sous l’égide de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).

Après avoir rappelé la longue tradition d’accueil des réfugiés au Kenya, la Ministre a rappelé que le pays avait signé, en 2013, un Accord tripartite pour le rapatriement volontaire, avec le Gouvernement fédéral somalien et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).  Quoique lent, a relevé Mme Mohamed, il a été mis en œuvre conformément aux obligations internationales.

M. GUDLAUGUR THÓR THÓRDARSON, Ministre des affaires étrangères de l’Islande, a dit que la tâche de la communauté internationale était d’éliminer la pauvreté et de conférer « une valeur à chaque vie ».  Il a affirmé que l’Accord de Paris sur les changements climatiques et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 devaient guider les efforts internationaux.  Il a souligné l’acuité des changements climatiques en Arctique, la fonte de la calotte glaciaire étant une menace pour de nombreux pays.

M. Thórdarson a condamné les actions illégales du dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et a souhaité qu’il obéisse aux offres généreuses formulées pour un retour à la table des négociations.  Le recours aux armes chimiques par le Gouvernement syrien exige une riposte ferme de la communauté internationale, a-t-il poursuivi.

Le Ministre a déploré le non-règlement de la question du Sahara occidental, ainsi que la violation de l’intégrité de l’Ukraine qui constitue un véritable « affront ».  Il a demandé l’intégration dans les mandats des missions délivrés par le Conseil de sécurité de paramètres pour une pérennisation de la paix, avant de souligner la nécessité de répondre aux causes profondes de l’extrémisme violent et des conflits, qui s’enracinent souvent dans le sous-développement.

Le non-respect des droits de l’homme est une maladie qui se répand partout dans le monde, a-t-il poursuivi, en qualifiant d’inacceptable le sort des Rohingya au Myanmar. 

M. Thórdarson a déclaré que le cheminement de l’Islande de la pauvreté vers la prospérité attestait des vertus du libre-échange.  C’est l’outil le plus puissant pour préserver la paix, a-t-il lancé, avant de souligner la nécessité de renforcer le libre-échange.  « Les pays les moins avancés doivent pouvoir y participer sur un pied d’égalité. »

Le Ministre a ensuite évoqué le sort des 65 millions de personnes ayant fui leurs foyers et souligné leur contribution positive dans leurs sociétés d’accueil. 

Enfin, le Ministre a salué les efforts du Secrétaire général visant à la réforme de l’ONU.

Mme MARGOT WALLSTRÖM, Ministre des affaires étrangères de la Suède, a affirmé qu’en dépit de critiques parfois justifiées, l’ONU méritait toujours notre confiance, comme en témoigne d’ailleurs l’affluence au Secrétariat depuis quelques jours.  En outre, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur les changements climatiques sont deux exemples de réussite du multilatéralisme placés sous les auspices des Nations Unies, s’est-elle félicitée.  Plaidant néanmoins pour une réforme en profondeur de l’Organisation, la Ministre a salué les propositions du Secrétaire général en ce sens.  Pour sa part, la Suède compte augmenter de 350 000 dollars pour l’exercice 2018 le budget de son aide publique au développement, qui atteindra donc 1% du produit national brut (PNB).

Il y a neuf mois, la Suède est devenue membre non permanent du Conseil de sécurité, a rappelé Mme Wallström.  « Notre approche des travaux du Conseil de sécurité est simple: même si nous pouvons parfois avoir des positions divergentes de celles de nos partenaires, nous sommes liés par une responsabilité découlant de la Charte des Nations Unies », a-t-elle déclaré, affirmant que son pays coopérait étroitement avec les autres membres du Conseil.  Dans ce contexte, la Suède a fait de la prévention des conflits une priorité de son action au sein du Conseil, où elle préside également le Groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés.  Après avoir exprimé ses préoccupations face aux situations au Myanmar et en Syrie, la Ministre des affaires étrangères s’est déclarée favorable au processus de paix israélo-palestinien pour lequel, a-t-elle estimé, la solution des deux États est la « seule » possible.

Mais la menace la plus grave et la plus immédiate à la paix et à la sécurité internationales tient peut-être aux agissements de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), qui doit choisir de revenir au dialogue et renoncer à ses provocations, a estimé Mme Wallström.  La Ministre a salué l’engagement du Secrétaire général à mettre à profit ses bons offices pour parvenir à une solution diplomatique à la crise dans la péninsule coréenne.

Un autre sujet d’importance pour la Suède est la participation des femmes à la consolidation de la paix, qui doit être pérennisée.  Présentant son propre pays comme « le plus féministe » au monde, Mme Wallström a déclaré que son pays continuerait de défendre la parité entre les sexes à tous les niveaux de l’Organisation.  

En conclusion, Mme Wallström a souligné que, si la force du Programme de développement durable à l’horizon 2030 réside dans les liens inhérents entre tous les objectifs, deux lui tiennent tout particulièrement à cœur: ceux relatifs à la réduction des inégalités et aux océans et aux mers saines.  Pour sa part, la Suède s’est fixée pour objectif d’éliminer ses émissions de gaz à effet de serre.

TUPOU VI, Roi des Tonga, a indiqué que, pour contribuer à la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du document final de la troisième Conférence internationale des Nations Unies sur les petits États insulaires en développement (PEID), son pays a créé un mécanisme de surveillance, un outil d’autant plus important que débutera, l’année prochaine, la mise en œuvre de la Stratégie des Nations Unies pour le Pacifique (2018-2022) pour les 14 îles du Pacifique.  Dans ce cadre, le Roi s’est félicité de la toute première nomination d’une compatriote au Bureau des Nations Unies pour les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement. 

S’il s’est réjoui de ce que le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement ont élargi la définition du mot « fragilité », le Roi a néanmoins estimé qu’il faut aussi y inscrire les facteurs de cette vulnérabilité, comme les catastrophes naturelles et les chocs économiques extérieurs.  À son tour, il a relayé l’appel à la nomination d’un représentant spécial pour les changements climatiques et la sécurité afin de veiller à ce que le système des Nations Unies ait les outils appropriés pour répondre efficacement aux changements climatiques comme « menace existentielle et défi grandissant » pour les petits États insulaires et l’ensemble de la communauté internationale.

Tupou VI a fait part de la création, au mois d’avril dernier aux Tonga, du Centre du Pacifique pour l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique, un partenariat entre la Communauté du Pacifique, le Gouvernement autrichien et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), entre autres.  Mais, a-t-il prévenu, les pays de la région continuent de subir l’impact de la dégradation des océans.  « Nous sommes peut-être de petits États insulaires mais nous sommes de grandes nations océaniques » pour lesquelles, a rappelé le Roi, la bonne mise en œuvre de l’objectif 14 de développement durable sur la protection des ressources marines est « cruciale ».  Il s’est donc félicité de l’« Appel à l’action », le document final de la Conférence des Nations Unie sur les océans, et des près de 1 400 engagements volontaires qui y ont été pris, dont huit par les Tonga.  C’est la base même de l’« économie bleue » ou de la « charte bleue » que le Secrétariat du Commonwealth a proposée, a aussi rappelé le Roi. 

Tupou VI a également plaidé pour le démarrage des négociations sur un instrument juridiquement contraignant relatif à la protection de la biodiversité au-delà des limites de la juridiction nationale.  Il a conclu sur l’importance de partenariats « véritables et durables » pour veiller à ce que personne ne soit laissé sur le bord du chemin.  À ce propos, il a accueilli avec satisfaction la création du Fonds Inde-Nations Unies, qui vient de financer la création d’un système d’alerte rapide pour les Tonga et les autres pays du Pacifique.

« Nous sommes le peuple de l’océan », a déclaré M. MANASSEH SOGAVARE, Premier Ministre des Îles Salomon, en expliquant que la mer est un sanctuaire pour son pays et en plaidant en faveur de la préservation des océans face à la pollution.  Le Premier Ministre a réaffirmé les principes du droit de la mer pour une utilisation pacifique des espaces océaniques.  « Alors que la menace d’un conflit nucléaire est une préoccupation pour tous, les conséquences des changements climatiques qui affectent nos rivages à une rapidité alarmante représentent un réel danger. »  M. Sogavare a en effet noté que l’acidité des océans s’élevait constamment, au point, désormais, de menacer de dissoudre les barrières de corail.

Pour les pays insulaires du Pacifique, les changements climatiques constituent un ennemi qui ne cesse de gagner du terrain.  « Mon pays a perdu six îles en raison des changements climatiques », a déploré le Premier Ministre qui a affirmé que la perspective d’un monde durable ne cessait de s’éloigner pour les pays comme le sien.  « Nous sommes dans la survie. »

M. Sogavare est allé plus loin en prévenant que les changements climatiques représentaient une « menace existentielle » pour la communauté internationale, raison pour laquelle les petits États insulaires du Pacifique avaient demandé au Conseil de sécurité qu’il s’empare de cette question.  Il a aussi exhorté les États-Unis à revoir leur position s’agissant de l’Accord de Paris.  « Nous devons nous tenir côte à côte, dans la solidarité, pour faire face au défi fondamental de notre époque. »

Le Premier Ministre a ensuite évoqué la « modeste contribution » de son pays au maintien de la paix, un contingent de cinq policiers de son pays, dont deux femmes, venant d’accomplir leur service au sein de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).  Il a ensuite évoqué la Mission régionale d’assistance aux Îles Salomon, qui a achevé son mandat fin juin, et remercié le Forum des Îles du Pacifique pour être venu en aide à son pays et « nous avoir sauvés de nous-mêmes ».  Comme de nombreux pays émergeant d’un conflit, la pérennisation de la paix exigera des initiatives sociales et économiques pour répondre aux causes profondes du conflit, a noté le Premier Ministre.

M. Sogavare a par ailleurs regretté que la porte de l’ONU reste toujours fermée à Taiwan.  « Nous contredisons nos principes en laissant sur le bord de la route 23 millions de personnes », a-t-il argumenté, ajoutant que Taiwan avait l’intention de participer à plusieurs programmes onusiens pour le bien de l’humanité.  « Donnons une chance à Taïwan et ses 23 millions d’habitants », a-t-il poursuivi, en demandant que ce pays trouve sa place dans la famille des nations. 

En outre, M. Sogavare a souhaité que la Puissance administrante en Polynésie française montre le même niveau de coopération que celui montré avec la Nouvelle-Calédonie, qui verra la tenue d’un référendum en 2018.  Concernant la Papouasie occidentale, il a dénoncé les violations des droits de l’homme et exhorté l’Assemblée générale à y remédier.  « L’Indonésie devrait s’engager dans un dialogue constructif pour répondre aux aspirations du peuple de la Papouasie occidentale », a-t-il lancé.

M. Sogavare a espéré que le programme de réforme du Secrétaire général permettrait de recruter des membres du personnel de l’ONU plus représentatifs sur le plan géographique.  « Malgré le fait que nous n’avons qu’un seul ressortissant au Secrétariat, mon pays a été exclu du programme des jeunes administrateurs deux ans d’affilée », s’est-il plaint.  Enfin, le Premier Ministre a déclaré que l’ONU, malgré ses inévitables imperfections, demeurait « l’hôtel de ville de notre village global ».

M. ZORAN ZAEV, Président du Gouvernement de l’ex-République yougoslave de Macédoine, a présenté son pays comme un petit État plein de diversité, qui a réussi à surmonter des défis difficiles en s’unissant autour de valeurs communes.  C’est pourquoi la République de Macédoine est aujourd’hui libre, sûre et stable.  Elle entretient des relations amicales avec tous ses voisins et elle est fermement engagée en vue d’une intégration complète au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et de l’Union européenne, a-t-il ajouté. 

M. Zaev a apporté son soutien aux projets de réformes du Secrétaire général, les jugeant globaux et ambitieux, mais aussi très nécessaires.  Les Nations Unies doivent faire plus et mieux pour relever les nombreux défis du monde actuel et le défi du temps, a poursuivi le Chef de Gouvernement.  « Nous devons être vigilants, mais aussi trouver des mécanismes de prévention des conflits, de développement durable et de gestion des réformes qui soient à la fois innovants et adaptables, tout en bâtissant sur les fondations de la Charte et des autres documents fondateurs », a prôné M. Zaev.

Différents par leur nature et leur ampleur, les défis que représentent les crises humanitaires, les conflits récents ou prolongés, l’intensification des attaques terroristes, les violations des droits de l’homme et les effets croissants des changements climatiques deviennent tous complexes et exigent des réponses de grande ampleur, a poursuivi M. Zaev.  « Nous pouvons progresser si nous sommes unis », a-t-il estimé, rappelant que son pays était un partisan résolu du multilatéralisme.

M. Zaev a également apporté son soutien aux projets de pactes sur les réfugiés et sur les migrants.  Rappelant que son pays et toute la région des Balkans avaient vu transiter, ces dernières années, sur leur territoire des centaines de milliers de migrants, il a fait valoir que, malgré les défis, la Macédoine était parvenue à apporter une assistance humanitaire aux personnes dans le besoin.

Réitérant l’engagement de son pays en faveur de la démocratie, de la bonne gouvernance et des droits de l’homme, M. Zaev a affirmé qu’il avait pu dépasser sa crise institutionnelle grâce à la défense de ces principes fondamentaux.  Sorti plus fort de la crise, le pays peut désormais contribuer à la stabilité de la région des Balkans, a-t-il ajouté.  C’est ainsi qu’au cours des derniers mois, la Macédoine a promu une nouvelle approche avec tous ses voisins, sur la base du dialogue et de la coopération et dans un respect entier et conscient des intérêts nationaux de chacun.

C’est dans ce cadre que M. Zaev a souhaité que, 25 ans après l’admission de son pays aux Nations Unies, puisse être enfin réglée de manière définitive la question de son nom.  Il a rappelé qu’un accord intérimaire conclu en 1995 avait permis de normaliser ses relations avec la Grèce, qui rejette le nom de « République de Macédoine » que le pays s’est donné dans sa Constitution, et avait fait que le pays est connu officiellement aux Nations Unies comme l’« ex-République yougoslave de Macédoine ».  Estimant que la Grèce et son propre pays avaient « tous deux commis des erreurs à des moments différents », M. Zaev a déclaré que les deux États mettaient désormais en œuvre des mesures de renforcement de la confiance.  Il a appelé à « approcher la question d’un point de vue positif, pour changer ».  

M. HAILEMARIAM DESSALEGN, Premier Ministre de l’Éthiopie, a déclaré que la complexité des défis qui se posent aujourd’hui à la communauté internationale exige plus que jamais un engagement en faveur du multilatéralisme.  Il a rappelé qu’il y a deux ans à peine, trois examens majeurs relatifs de l’architecture de paix et de sécurité avaient été menés à bien, desquels il est ressorti que les processus politiques doivent être la « marque de fabrique » de l’approche onusienne en matière de résolution des conflits.  Ce n’est pas seulement vrai pour la crise « voisine » au Soudan du Sud, mais aussi pour celles qui sévissent au Moyen-Orient, y compris en Syrie et au Yémen, ainsi que dans la péninsule coréenne, a-t-il dit.

Le Chef de Gouvernement a cependant déploré le manque de volonté politique et l’érosion de l’engagement des parties à trouver des solutions politiques aux situations de crise, plaidant pour sa part pour un partenariat global régional au service de la prévention des conflits.

Les liens étroits entre paix, sécurité et développement sont également clairement ressortis de l’examen de l’architecture de paix et de sécurité, a poursuivi le Premier Ministre, qui s’est félicité à cet égard de l’adoption, l’an dernier, du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.  « L’heure est venue de s’atteler à la mise en œuvre », a poursuivi M. Dessalegn en constatant un certain retard dans un contexte international qui n’est pas favorable à la réalisation des objectifs agréés.

Le Chef de Gouvernement a rappelé que l’Éthiopie, qui subit les effets des changements climatiques, s’efforce de les atténuer, et ce, avec le soutien de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux.  Il a en conclusion plaidé pour un soutien renforcé de la communauté internationale.

M. ANTONI MARTÍ PETIT, Chef du Gouvernement de la Principauté d’Andorre, a estimé que le lien entre la prévention de la paix et une « vie digne » est l’une des questions clefs de notre temps, tandis que le développement durable représente le principal défi que doit relever la communauté internationale. 

Ces priorités sont au cœur des objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des actions menées par le Secrétaire général au cours des neuf dernier mois, a souligné le Chef du Gouvernement.  « Un monde plus équitable, moins inégal, offrant des opportunités pour tous, dans le respect des différences, en sera un plus sûr et plus pacifique », a-t-il relevé. 

Pour M. Martí Petit, la paix, les droits de l’homme, le développement et la durabilité requièrent une approche multilatérale, car aucun pays, si puissant soit-il, n’est en mesure de les mettre en application à lui seul.  Nous devons donc continuer de défendre un multilatéralisme équitable et inclusif, qui ne laisse personne derrière.  C’est animé de cet esprit que l’Andorre assume son statut de membre du Conseil économique et social (ECOSOC) pour la période triennale 2017-2019 et qu’elle participera ainsi à l’examen des présentations nationales volontaires portant sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable. 

À cet égard, le Chef du Gouvernement s’est félicité de la multiplication des instruments de mesure de l’environnement économique et financier international, tels que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  La Principauté d’Andorre, a-t-il expliqué, a élaboré un Livre blanc de l’égalité, qui servira de référence à la mise en œuvre « d’actions transversales en faveur de l’inclusion » par les secteurs public et privé.

Conformément à l’objectif 4 du Programme 2030, la Principauté d’Andorre révisera son système public d’éducation dans les trois langues pour y intégrer des cours sur les droits de l’homme et les valeurs démocratiques.  En ce qui concerne l’environnement, M. Martí Petit a vanté l’utilisation accrue de la mobilité électrique dans son pays, ainsi que l’adoption de mesures incitatives pour encourager à la production d’énergie renouvelable, comme l’énergie solaire et géothermique. 

L’Andorre, a continué M. Martí Petit, soutient la lutte contre le terrorisme, particulièrement après les attaques perpétrées contre plusieurs de ses voisins au cours des dernières années.  Il a salué à cet effet la création par le Secrétaire général du Bureau de lutte contre le terrorisme de l’ONU et appelé à « éradiquer » les causes profondes de l’extrémisme.

S’agissant de l’efficacité du travail des Nations Unies, il a invité les États Membres à mettre en œuvre les accords internationaux et à vérifier leur application, afin d’éviter que l’Organisation, et avec elle la communauté internationale, demeure inerte face aux défis de notre temps.  Il a appelé en conclusion à permettre à la Cour pénale internationale (CPI) d’exercer sa juridiction sans l’aval du Conseil de sécurité en cas d’atrocités, comme le proposent la France et le Mexique.

M. HASSAN ALI KHAIRE, Premier Ministre de la Somalie, a affirmé que son pays était « sur la voie ascendante et entendait s’y tenir ».  Malgré des défis considérables, nous veillons à améliorer la sécurité et à conduire les nécessaires réformes économiques et sociales, a-t-il poursuivi.  Il a indiqué que l’allègement de la dette de son pays aurait pour effet d’attirer des investissements étrangers et de débloquer des prêts concessionnels.  Nous avons besoin de votre soutien, a-t-il lancé.

Le Premier Ministre a ensuite évoqué les avancées enregistrées dans la lutte contre les Chabab, ajoutant que le renforcement en cours de la capacité militaire de son pays était un élément indispensable pour préserver de tels acquis.  L’embargo sur les armes qui frappe la Somalie est un obstacle important dans nos efforts, a-t-il déploré, avant d’appeler le Conseil de sécurité à le lever.  Il a en outre plaidé pour que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) soit dotée de ressources prévisibles, ce dont ne pourrait que bénéficier son pays.

M. Khaire a rappelé que son pays était ravagé par un cycle de catastrophes naturelles qui trouvent leur origine dans la dégradation de l’environnement.  La situation humanitaire de millions de Somaliens reste fragile en raison de la persistance de la sécheresse, qui risque d’aboutir à la famine, a-t-il mis en garde, avant de plaider en faveur d’investissements à long terme dans son pays pour y remédier.

Le Premier Ministre a plaidé pour une rationalisation de l’aide humanitaire au bénéfice des États fragiles.  À cet égard, la « Nouvelle donne » pour l’engagement en faveur des États fragiles, endossée par le Forum de Busan en 2011, représente un pas dans la bonne direction, même si elle reste perfectible, a-t-il noté.  Les principes de responsabilité mutuelle consacrés par la « Nouvelle donne » répondent exactement aux besoins des pays fragiles comme le mien, a expliqué le Premier Ministre, qui a toutefois rappelé que, « souvent, des engagements sont pris, qui ne sont pas honorés par la suite ».  Dans le même temps, il a reconnu que les partenaires de développement étaient souvent préoccupés par la faible transparence qui prévaut dans les pays fragiles.  « Nous devons faire mieux pour lutter contre la corruption », a-t-il déclaré, avant de détailler les mesures ambitieuses prises par la Somalie à cette fin.

M. Khaire a rappelé que la proportion des femmes au sein du Parlement somalien était passée de 14 à 24% en 2016, estimant que, « bien que nous n’ayons pas atteint la cible de 30%, nous nous sommes notablement améliorés ».  Il a également fait observer que des femmes détenaient des portefeuilles importants au sein de son gouvernement. 

Le Premier Ministre a aussi détaillé les efforts de son pays pour mieux défendre les droits de l’homme, citant la lutte contre l’impunité des auteurs de violences sexuelles.  « Bien que nous soyons attachés à nos traditions, cela ne doit jamais être une raison pour tolérer l’impunité », a-t-il ajouté, avant d’assurer que son gouvernement était déterminé à trouver les moyens « d’harmoniser notre système judiciaire traditionnel d’une manière qui respecte les droits de l’homme ».

M. MOTSOAHAE THOMAS THABANE, Premier Ministre du Lesotho, a estimé que le monde d’aujourd’hui était en train de régresser lentement vers ce qu’il était, il y a 70 ans.  La crise mondiale des réfugiés, le terrorisme et l’escalade des tensions dans la péninsule coréenne mettent à l’épreuve la capacité des Nations Unies de régler les conflits.  M. Thabane est longuement revenu sur la situation de son pays, où la nouvelle administration en place est déterminée à restructurer les institutions gouvernementales.  Il a mis en évidence le rôle joué par la Communauté de développement de l’Afrique australe, dont son pays est résolu à mettre en œuvre les décisions.  Il a fait état des progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations de la Commission d’enquête du juge Phumaphi sur l’assassinat brutal du général Mahao en 2015 et a dénoncé l’assassinat, le 5 septembre 2017, du général Khoantle Mo’tso- Mo’tso par deux officiers de l’armée.

Sur le front du développement, le Lesotho est décidé à maintenir une discipline stricte pour stabiliser son économie, ainsi qu’à lutter fermement contre la corruption conformément à l’objectif 16 du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  M. Thabane a insisté sur la volonté de son pays d’accorder une attention particulière à la jeunesse et parlé de la Stratégie globale pour l’emploi des jeunes.  Il a reconnu combien le VIH restait un fléau dans son pays, en particulier chez les femmes, colonne vertébrale de l’économie.  Le problème, a-t-il ajouté, est indissociable de celui de la pauvreté.  Enfin, il a souligné que la situation géographique du Lesotho constitue un défi supplémentaire pour son économie, car elle entraîne des coûts de transport élevés, sans compter la lenteur des procédures d’exportation.

Sur le plan environnemental, il a rappelé que le Lesotho avait subi des sécheresses prolongées à cause du phénomène El Niño, qui, comme ailleurs en Afrique australe, avaient provoqué des pénuries alimentaires. À la lumière des récentes catastrophes naturelles, il a insisté sur la nécessité d’une action urgente conforme à l’Accord de Paris sur les changements climatiques et a exhorté les pays qui se sont retirés de cet accord à revenir sur leur décision.  Il a plaidé pour que des petits États comme le sien puissent bénéficier de technologies leur permettant de s’adapter aux effets des changements climatiques et a souhaité que la communauté internationale mobilise davantage de ressources financières pour l’Afrique.

M. LOUIS STRAKER, Premier Ministre adjoint et Ministre des affaires étrangères de Saint-Vincent-et-les Grenadines, a mis en exergue l’impact dévastateur des ouragans qui ont frappé les Caraïbes et certains États américains au cours des cinq dernières semaines, n’hésitant pas à le comparer à celui « d’armes de destruction massive ».  Vu que les dommages infligés en termes d’infrastructure s’élèvent, d’ores et déjà, à plus de 130 milliards de dollars, le Ministre a redouté des répercussions lourdes sur le développement des pays frappés, et cela sur les années et décennies à venir.  Pour lui, il ne fait pas de doute que ces ouragans ravageurs sont bien la marque de changements climatiques et non pas « un acte de revanche de Dieu ».

« Presque chaque année les températures grimpent.  Quasiment chaque saison d’ouragan est plus violente que la précédente et chaque tempête, sécheresse et inondation provoque plus de dégâts qu’auparavant », s’est indigné le Ministre qui a estimé que, de nos jours, c’est une insulte éhontée que de mettre en cause la véracité des changements climatiques.

« À ce stade, c’est presque cliché que de réaffirmer que les petits États insulaires sont les plus vulnérables aux changements climatiques alors même qu’ils émettent le moins de gaz à effet de serre », a-t-il poursuivi.  Ce truisme, a-t-il constaté, constitue pourtant le fondement même des revendications justifiées et urgentes de ces pays pour que les nations responsables en premier chef de ce phénomène soient celles qui agissent le plus pour le contrecarrer et pour venir en aide à d’autres pays qui cherchent à s’adapter à cette nouvelle réalité.  C’est la raison pour laquelle le Premier Ministre perçoit toute tentative de désaveu de l’Accord de Paris comme un acte hostile.

Il a également plaidé en faveur d’un soutien massif de la communauté internationale aux îles indépendantes frappées par les récents ouragans (Antigua-et-Barbuda; Saint-Kitts-et-Nevis; Cuba, les Bahamas et la Dominique), à la fois en termes de secours d’urgence et de reconstruction à long terme, et cela indépendamment du PIB par habitant.  S’agissant des territoires sous tutelle coloniale de la France, du Royaume-Uni ou des États-Unis, il a demandé aux « pouvoirs coloniaux » de pleinement accepter leur responsabilité pour le rétablissement et la réhabilitation de ces territoires.

L’intensification des changements climatiques en tant que menace existentielle n’a pas pour autant remplacé celle des conflits armés dans le monde, a souligné le Premier Ministre pour lequel la diplomatie, quoique difficile, reste toujours préférable à toute autre alternative.  Toute frustration par rapport au rythme auquel avancent les négociations et la médiation ne doit en aucun cas ouvrir la voie à des interventions militaires hâtives pour remédier à des problèmes intrinsèquement politiques, ni à une interprétation illogique de l’intérêt souverain qui justifierait de piétiner la souveraineté d’autres États, a averti le Ministre qui s’est exclamé « la souveraineté n’est pas une épée, mais un bouclier ».

Les Nations Unies ne doivent pas devenir un forum pour permettre à un pays ou un autre de mesurer « sa souveraineté ou sa puissance militaire » dans la poursuite d’un intérêt personnel à court terme, a-t-il poursuivi, rappelant que « nous sommes une communauté créée sur l’hypothèse de l’égalité souveraine de tous les États: riches ou pauvres, petits ou grands ».  « La capacité d’une nation d’en détruire une autre ne lui confère pas de droits spéciaux mais au contraire des responsabilités profondes dont l’une des plus importantes est la retenue », a-t-il lancé à la salle.

À cet égard, il s’est dit alarmé par la menace persistante à la souveraineté du Venezuela.  Il a martelé que l’Amérique latine et les Caraïbes sont une zone de paix et qu’aucun conflit dans la région ne saurait être réglé par les armes.

Regrettant le fait que son pays soit régulièrement pris pour cible par certaines institutions des Nations Unies et ONG internationales sur la question des droits de l’homme, M. PRAK SOKHONN, Ministre des affaires étrangères du Cambodge, a dénoncé le manque d’impartialité des observateurs internationaux.  « Et il faut le dire sans détour: l’examen de la situation des droits de l’homme varie selon les opportunités politiques de certaines grandes puissances », a-t-il affirmé, ajoutant que les ONG internationales étaient elles-mêmes « loin d’être politiquement neutres ».  Selon lui, la question des droits de l’homme n’est soulevée qu’en fonction « d’intérêts précis » et « selon les opportunités du moment ». 

M. Sokhonn a estimé que son pays avait lui-même été victime de l’instrumentalisation politique de la question des droits de l’homme pendant les 12 années du régime des Khmers rouges, au cours desquelles les « pires crimes de masse » ont, selon lui, été niés par la communauté internationale.  « Il est douloureux et choquant pour un survivant du régime de Pol Pot d’entendre qualifier, aujourd’hui, par le Rapporteur spécial pour les droits de l’homme au Cambodge, les crimes perpétrés par ce régime de simples ‘troubles’ », s’est-il indigné.

À ces yeux, le Cambodge fait aujourd’hui l’objet de critiques incessantes pour des faits qui sont rapportés de manière « partielle » et « partiale ».  Il s’est ainsi plaint du fait que les rapports sur la question « blâment toujours » le Gouvernement et « érigent les opposants en martyrs de la démocratie ».  Selon lui, les comportements coupables et illégaux de l’opposition ne sont jamais relevés dans ces rapports.

Appelant à tirer les enseignements de l’histoire de son pays, le Ministre a affirmé que, lorsqu’il a par le passé été contraint de suivre la voie imposée par des puissances occidentales, le Cambodge a été conduit à la « catastrophe » et à « une des pires tragédies » du siècle passé.

« Aujourd’hui, on nous accuse de porter atteinte à la démocratie parce que, en vertu des lois existantes, nous poursuivons et punissons des gens qui violent ces lois », a-t-il dénoncé.  Selon lui, le discours de certains gouvernements sur les droits de l’homme et la démocratie serait plus « pertinent et crédible » s’ils se l’appliquaient à eux-mêmes.

M. WILFRED ELRINGTON, Ministre des affaires étrangères de Belize, a présenté les condoléances de son pays aux nations des Caraïbes qui viennent d’être frappées par les ouragans Irma et Maria.  Il n’a pas oublié le Mexique qui se remet d’une série de tremblements de terres.  Il a rappelé que le Belize vient de célébrer, ce 2121septembre, ses 36 ans d’indépendance, annonçant que son pays a initié une stratégie de croissance et de développement durable, en droite ligne des objectifs de développement durable, et en complément de ses engagements vis-à-vis de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.  Le pays est engagé à éradiquer toute production de gaz à effet de serre, notamment grâce à l’objectif de produire l’énergie électrique à 85% à partir de sources renouvelables d’ici à 2027.

Il a expliqué que la mise en œuvre de cette stratégie de croissance et de développement durable nécessite des fonds qui équivalent au quart du produit intérieur brut (PIB) du pays.  Il a regretté que malgré les efforts consentis par le Belize, le pays soit toujours présenté, sur la scène internationale, comme un État aux législations non conformes aux normes internationales du climat des affaires.  Il s’agit là d’une situation, s’est-il plaint, qui influe négativement sur la capacité du pays à attirer les investisseurs, sans oublier que pays à revenu intermédiaire, le Belize n’a pas accès aux prêts concessionnels.  Avec une dette extérieure représentant 70% du PIB, le pays ne peut que se tourner que vers les marchés financiers et leurs taux d’intérêt prohibitifs.  En plus, la région des Caraïbes se heurte en ce moment aux correspondants des grandes banques internationales, ce qui bloque toute possibilité d’attirer des investissements étrangers.  L’orateur a invité l’ONU, notamment le Forum politique de haut niveau pour le développement durable, à trouver une solution pour mobiliser les capitaux privés en faveur des objectifs de développement durable.

Il a salué le rôle central de l’ONU, en tant que catalyseur, innovateur et « champion de ce qui marche ».  Il n’a pas manqué de mentionner la situation qui prévaut au Venezuela, offrant les bons offices de son pays pour faciliter le dialogue entre les parties.  Il a aussi salué la nouvelle approche adoptée par les Nations Unies sur la question du choléra en Haïti.  Il a enfin rappelé que le Belize et le Guatemala ont convenu, en 2008, de saisir la Cour internationale de Justice de leur différend frontalier.  Il a assuré de la disposition de son pays à coopérer avec le Guatemala pour finaliser le mécanisme de coopération relatif au fleuve Sarstoon.

Pour M. NICOLA RENZI, Ministre des affaires étrangères et politiques de Saint-Marin, face aux menaces à la stabilité mondiale, l’engagement collectif pour les droits de l’homme est essentiel.  Les mesures de protection et de promotion des droits de l’homme sont importantes pour prévenir les conflits et soutenir la paix.  De même, des sociétés plus pacifiques et inclusives fixent les conditions du développement durable et inversement. 

Le Ministre a ajouté que l’ONU devait s’adapter rapidement aux nouveaux défis mondiaux et aux nouvelles opportunités offertes par un monde de plus en plus interconnecté, afin d’être plus efficace dans l’accomplissement de son mandat.  Les réformes sont cruciales pour la stabilité future du monde et le maintien de la paix et de la sécurité internationales, elles doivent rester au centre de nos actions, a-t-il ajouté. 

Saint-Marin suit donc avec intérêt le processus de revitalisation de l’Assemblée générale, laquelle doit continuer d’être le point de référence et le forum d’échanges d’idées et de discussions dans lequel des solutions fondées sur un consensus fort pourraient être trouvées.  Pareillement, la réforme du Conseil de sécurité devrait être un objectif de tous les États Membres, a estimé M. Renzi.  Saint-Marin souhaite une réforme qui rende le Conseil plus démocratique, transparent, efficace et responsable.  Saint-Marin soutient en outre le programme de réforme du Secrétaire général visant à rationaliser les procédures, à décentraliser les processus décisionnels et à accroître la transparence et la responsabilité.

Soulignant que les droits de l’homme sont les raisons d’être du Programme 2030, M. Renzi a déploré que, dans de nombreux domaines couverts par le Programme, les progrès ne soient pas à la hauteur des attentes.  Beaucoup reste à faire pour les 700 millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté et la malnutrition, pour assurer une éducation inclusive et juste, pour investir dans l’énergie durable et pour donner des soins de santé à des segments plus larges de la population.

Rappelant d’autres crises comme les larges mouvements de réfugiés et de migrants, le nombre record de déploiements d’opérations de maintien de la paix ou encore le conflit en Syrie, le Ministre a réaffirmé le soutien de son pays aux initiatives du Secrétaire général visant à renforcer les activités de prévention et de médiation dans les conflits.  À cet égard, il a annoncé que Saint-Marin participerait à l’initiative italienne pour la création d’un réseau de femmes médiatrices dans la région de la Méditerranée, dont l’objectif est de contribuer aux processus de paix à travers la prévention et la médiation.

Mme AURELIA FRICK, Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein, a regretté qu’aujourd’hui l’on se contente de gérer et de contenir les conflits plutôt que de les prévenir.  Nous devons faire mieux, a tranché la Ministre, et cette année offre l’occasion d’une étape « historique ».  Pour la première fois depuis la création des Nations Unies, s’est-elle expliquée, nous pouvons saisir une juridiction internationale, soit la Cour pénale internationale (CPI), du crime d’agression.  La Ministre a d’ailleurs rappelé que 2018 marquera le vingtième anniversaire de la CPI, déplorant que beaucoup n’aient pas encore bénéficié de sa protection juridique, et notamment les Syriens, qui subissent toujours une violence innommable.  « Le silence qui a été notre seule réponse pendant trop longtemps nous couvre de honte », a lancé la Ministre, se félicitant qu’enfin, l’année dernière, le monde se soit uni pour offrir une vraie perspective de justice avec le « Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne depuis mars 2011 et d’aider à juger les personnes qui en sont responsables ». 

Mais le succès du Mécanisme dépendra de l’appui des États, a prévenu la Ministre: appui politique, en insistant sur l’importance de la justice comme partie intégrante des solutions politiques; appui financier, en fournissant durablement les ressources; et appui substantiel, en partageant les informations et les preuves sur les crimes.  L’établissement des responsabilités pour les crimes les plus inimaginables, que ce soit en Syrie ou ailleurs, est « essentiel », a insisté la Ministre.  Mais, a-t-elle concédé, la vérité est qu’il n’y a ni remède ni compensation pour de tels crimes.  La prévention est donc la seule force efficace de protection et, en la matière, le Liechtenstein attend que le Conseil de sécurité fasse preuve de leadership.  La Ministre a donc remercié les 113 États qui ont adhéré au Code de conduite sur la réaction du Conseil de sécurité face aux atrocités de masse, une large adhésion qui intervient au moment même où le Secrétaire général fait de la prévention sa priorité, s’est-elle félicitée.

Mme Frick a poursuivi sur les crises humanitaires et la faiblesse de la réponse internationale.  Mon fils, qui est entré à l’école maternelle l’année dernière, a comme camarades de classe deux petits réfugiés syriens a-t-elle confié.  Je me suis demandé comment cette situation pourrait l’influencer mais ce qui est arrivé, a raconté la Ministre, c’est qu’il a très vite appris quelques mots d’arabe, goûté à la recette syrienne des gâteaux d’anniversaire et compris que, dans le monde, il y a des enfants qui s’endorment chaque soir en craignant que leur maison soit bombardée.

La Ministre a dit attendre beaucoup du futur pacte mondial sur les migrations, lesquelles doivent être une option et pas une nécessité.  Dans ce cadre, elle a souligné que la traite des êtres humains et l’esclavage moderne ne sont pas seulement des crimes mais aussi une forme très rentable de la criminalité organisée.  « Suivez l’argent et vous trouverez les coupables », a-t-elle conseillé, en attirant l’attention sur l’expertise de son pays, place financière soucieuse des normes internationales et de la redevabilité.

Mme Frick a par ailleurs insisté sur l’importance de la pleine égalité entre les sexes.  Les progrès enregistrés ces dernières décennies commencent à ralentir et c’est une tendance troublante, s’est-elle inquiétée.  Elle s’est toutefois dite optimiste, « tout simplement parce que je crois fermement que nombre de nos objectifs communs ne seront réalisables que si nous parvenons à l’égalité ». 

La Ministre a réservé ses tout derniers mots au Programme de développement durable à l’horizon 2030.  S’il y a un domaine dans lequel l’ONU peut montrer la voie, c’est certainement celui-là, a-t-elle estimé, sans oublier de souligner l’importance de l’Accord de Paris sur les changements climatiques. 

M. NIKOS KOTZIAS, Ministre des affaires étrangères de la Grèce, a souligné que son pays, situé au carrefour du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, était un pôle de stabilité dans une région troublée, rappelant à cet égard les nombreuses initiatives qu’il avait prises en faveur de la paix et de la sécurité internationales.

Concernant la Syrie, M. Kotzias a affirmé que son pays ne voyait pas d’autres options que celles de négociations menées sous les auspices des Nations Unies.  Il a aussi fait part de son soutien à la solution des deux États dans le conflit israélo-palestinien, et a rejeté toute idée d’intervention militaire en Libye. 

En outre, concernant la lutte contre le terrorisme, il a insisté sur l’importance des progrès récents réalisés contre Daech, et a exprimé l’appui de son pays aux efforts internationaux contre le commerce illégal d’antiquités et de biens culturels.

Bien que son pays soit en faveur de la politique d’élargissement de l’Union européenne aux pays de l’ouest des Balkans, M. Kotzias s’est cependant dit particulièrement inquiet de la montée des discours nationalistes dans la région.  À l’égard de l’ex-République yougoslave de Macédoine, il a affirmé qu’Athènes maintenait une approche amicale, et que les relations entre les deux pays s’étaient renforcées.  La Grèce s’est engagée à continuer à travailler à une solution mutuelle acceptable au contentieux relatif au nom de son voisin.

Le Ministre a ensuite expliqué que l’amélioration des relations avec la Turquie devait se construire sur le respect du droit international.  M. Kotzias s’est ainsi dit en phase avec le concept adopté par le Secrétaire général durant la Conférence internationale pour la réunification de Chypre, en juin dernier, d’en faire un « État normal, souverain et indépendant, libre de toute occupation étrangère ».  Il a cependant regretté que cette conférence se soit achevée sans être parvenue à un accord, précisément en raison du rejet du concept d’« État normal » par la Turquie et la partie turque de l’île.  Il s’est dit cependant prêt à poursuivre les discussions si la Turquie manifeste sa volonté de reprendre les négociations sur la base des résolutions du Conseil de sécurité et du cadre mis en place par le Secrétaire général à Crans Montana.

Le Ministre a mis l’accent sur l’attachement de la Grèce à la protection des droits de l’homme dans toutes les politiques touchant aux larges mouvements de migrants.  Ces derniers donnent un cadre pour lutter contre le trafic d’êtres humains, la contrebande et le retour des personnes n’ayant pas de protection internationale, de même qu’ils permettent de s’attaquer aux causes profondes des migrations grâce à une coopération entre les pays d’origine et de transit. 

La Grèce s’est, de même, investie dans une coopération régionale renforcée dans les Balkans, en participant à des réunions quadrilatérales avec l’Albanie, la Bulgarie et l’ex-République yougoslave de Macédoine, dans l’idée notamment de répondre plus efficacement à la crise des réfugiés.

Mme MAXINE PAMELA OMETA MCCLEAN, Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur de la Barbade, a rappelé que c’est la huitième fois, cette année, qu’elle avertit les nations sur les ramifications des changements climatiques non-contrôlées et de la « menace existentielle » qu’elles constituent pour les petits États insulaires en développement (PEID) comme la Barbade.  Mais cet appel a été ignoré et, aujourd’hui, nous sommes témoins des résultats de cette « indifférence dangereuse ».

Après avoir rappelé l’effet dévastateur des changements climatiques dans le monde et de la dévastation des pays touchés par les derniers ouragans, la Ministre a appelé le Secrétaire général et le Président de la Banque mondiale à organiser une conférence internationale sur le relèvement et la reconstruction des îles des Caraïbes touchées par les ouragans Irma et Maria.  Elle a aussi exhorté tous les États Membres à soutenir cette cause.

Mme McClean a ajouté que pour la Barbade et les PEID, les changements climatiques sont « une question de vie ou de mort ».  C’est une question de pertes en vies humaines et de pertes des moyens de subsistance.  Pour nos économies qui dépendent largement du tourisme, il s’agit d’un cycle constant de relèvement et de reconstruction qui est « un grave obstacle au développement durable ».

La Barbade qui soutient la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, considère que le Sommet sur les changements climatiques de 2019 est une occasion importante de faire l’inventaire de ce qui a été fait et de donner un élan supplémentaire si cela s’avère nécessaire. 

Au sujet de la paix internationale, Mme McClean a indiqué que chaque membre de la communauté internationale a l’obligation de soutenir les efforts du Secrétaire général et d’agir pour créer un environnement dans lequel la paix peut s’épanouir.  Elle a exprimé le soutien inébranlable de la Barbade à la protection et à la préservation de l’intégrité territoriale du Guyana et du Belize.

En ce qui concerne la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, la Ministre a annoncé la nomination dans son pays d’un Secrétaire permanent du Premier Ministre chargé de la mise en œuvre du Programme au niveau national.  Elle a revendiqué un traitement spécial des PEID à cause de leurs vulnérabilités particulières.  Des partenariats multisectoriels efficaces sont nécessaires pour les aider à mettre en œuvre le Programme 2030.

Mme McClean qui a présenté la candidature de la Sénatrice Kerryan Ifill au Comité des droits des personnes handicapées pour la période 2019-2022, s’est plainte du classement de la Barbade parmi les pays à revenu intermédiaire.  Ce classement, s’est-elle expliquée, limite l’accès à l’aide internationale et aux financements concessionnels, compromettant la réalisation du développement durable.  Elle a appelé à la création d’un environnement international favorable et à des partenariats au développement renforcés.

CHEIKH ABDULLAH BIN ZAYED AL NAHYAN, Ministre des affaires étrangères des Émirats arabes unis, est revenu sur les différentes crises qui enflamment la région, imputant la situation au terrorisme mais aussi à l’agissement de régimes expansionnistes qui cherchent à étendre leur influence, en soutenant des groupes extrémistes ou en se livrant à de l’ingérence.  Le Ministre a pointé le doigt sur l’Iran, coupable, selon lui, d’être « le facteur commun de toutes les crises dans la région » et de demeurer « le véritable obstacle à des progrès concrets dans la résolution de ces crises ».  Insistant sur la politique « hostile et expansionniste » de Téhéran, le Ministre a directement accusé son voisin de soutenir des groupes et des cellules terroristes en Iraq, en Syrie, au Yémen, au Liban, en Arabie saoudite, au Bahreïn et au Koweït.  Poursuivant ces critiques, il a réitéré la souveraineté de son pays sur les îles de Petite Tunb, Grande Tunb et Abu Moussa actuellement occupées par l’Iran en violation, selon lui, de la Charte des Nations Unies.

Le Ministre a ensuite estimé que la communauté internationale peut faire plus s’agissant de la sécurité et de l’aide humanitaire, en protégeant ce qui a déjà été accompli et en empêchant quiconque de faire obstruction aux efforts collectifs de maintien de la paix.  Pensant à la Libye, à la Syrie, au Yémen et à la Somalie, le Chef de la diplomatie a estimé que des solutions politiques peuvent être trouvées dans ces pays.  Il s’agit, a-t-il dit, de rester uni face au terrorisme et de prendre des actions collectives pour identifier et demander des comptes aux pays qui le financent.  C’est pourquoi, a précisé M. Bin Zayed Al Nahyan, nous et nos alliés avons pris des mesures pour stopper le soutien du Qatar au terrorisme.  Il a également appelé à la compassion, la tolérance et l’ouverture, estimant que le monde arabe a plus que jamais besoin de ces valeurs pour contrebalancer les messages et les idéologies extrémistes.

S’agissant du nucléaire, le Ministre a regretté qu’il n’y ait aucun changement dans l’attitude de l’Iran.  Son attitude agressive et celle de la Corée du Nord, sont « incompatibles », selon lui, « avec leur appartenance à une organisation internationale dont la première des préoccupations reste de garantir la paix et la sécurité ».

Enfin, le Ministre a condamné les violences contre la minorité musulmane des Rohingya au Myanmar.  Il a aussi jugé regrettable l’obstination des rebelles Houthis au Yémen qui refusent tout règlement politique de la crise et toute aide aux populations.  Il a appelé les Nations Unies à assumer leurs responsabilités et à trouver des solutions aux crises humanitaires et politiques.  

Après avoir exprimé sa solidarité et sa sympathie au Mexique, aux Caraïbes et aux États Unies, touchés par des catastrophes naturelles dévastatrices, M. TSEND MUNKH-ORGIL, Ministre des affaires étrangères de la Mongolie, a attiré l’attention sur le fait que ces catastrophes sont quatre fois plus nombreuses qu’en 1970.  Mon pays, a-t-il annoncé, va accueillir, en juillet 2018, une Conférence ministérielle asiatique pour mettre en œuvre le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, car il est également exposé à de nombreux défis liés aux changements climatiques, dont la désertification, la sécheresse, la dégradation des sols et les feux de forêt.  La préservation des écosystèmes et des ressources naturelles, ainsi que la promotion d’une croissance économique verte, sont les principaux objectifs du plan d’action 2016-2020 de la Mongolie qui s’est engagée à réduire de 14% ses émissions de CO2 d’ici à 2030.

Pour M. Munkh-Orgil, les objectifs de développement durable, que son pays est un des premiers à avoir adoptés, peuvent transformer le monde si l’on met en place la bonne structure globale à l’échelle internationale, nationale et régionale.  La Mongolie, grâce à propre programme national de développement durable, ambitionne de devenir un pays à revenu intermédiaire d’ici à 2030.  Le Ministre n’a pas caché les défis spécifiques des pays en développement sans littoral comme le sien et s’est réjoui de l’entrée en vigueur, le 6 octobre prochain, de l’Accord multilatéral portant création d’un groupe de réflexion international sur ces pays dont la connectivité est une priorité pressante.  L’année dernière, la Mongolie a d’ailleurs accédé à l’Accord sur la facilitation des échanges qui a le potentiel de réduire les coûts des échanges commerciaux.  Des accords de libre-échange avec l’Union économique eurasienne, la Chine et la République de Corée sont à l’étude, alors que l’accord de partenariat économique avec le Japon est déjà en place.  Enfin, le Ministre a rappelé qu’en 2015, les Présidents de la Mongolie, de la Chine et de la Fédération de Russie ont signé un accord pour développer un corridor économique, sur la mise en œuvre duquel ils travaillent déjà.

Sur le plan énergétique, la Mongolie s’est fixé l’objectif ambitieux de produire 30% de son énergie avec des sources renouvelables d’ici à 2030.  Le pays collabore avec ses partenaires pour mettre en place les projets « Globi Tech » et « Asian Super Grid ».

S’agissant du dossier nucléaire de la péninsule coréenne, le Ministre a estimé que le Dialogue d’Oulanbatar sur la sécurité dans le nord-est de l’Asie pouvait constituer une piste de solution, car il bénéficie de la participation de tous les pays de la région.  Après s’être félicité du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, le Ministre a souligné la contribution de son pays au maintien de la paix.  La Mongolie a en effet déployé 15 000 Casques bleus dans plusieurs endroits « chauds » du globe, figurant parmi les principaux contributeurs.  Au Soudan du Sud, par exemple, les soldats de la paix mongols aident à la rénovation des écoles.

M. AURÉLIEN AGBENONCI, Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Bénin, au nom de M. Patrice Talon, Président du Bénin, a assuré que son pays continuait ses efforts pour atteindre les objectifs de développement durable.  Il a réitéré son message du 22 septembre 2016, à l’ONU, selon lequel la pauvreté de masse est une menace majeure pour l’humanité.  Un an après, la situation n’a cessé de se dégrader dans nos pays, poussant des milliers d’habitants à l’émigration au risque de leur vie, avec pour corollaire de nombreux défis sécuritaires et économiques pour les pays d’accueil ainsi que des conséquences environnementales assez importantes.

Le Ministre a fait remarquer que la session actuelle de l’Assemblée générale s’ouvrait à un moment où le monde faisait face à une multitude de défis complexes.  C’est pourquoi, pour assurer le bien-être des populations africaines et aborder tous ces problèmes avec l’efficacité requise, l’Union africaine a plus que jamais besoin de se réformer.  Pour sa part, le Bénin soutient fermement le processus en cours, et souhaite vivement son aboutissement à très brève échéance. 

La réforme des Nations Unies, en particulier celle du Conseil de sécurité, doit être poursuivie pour accroître l’efficacité de l’Organisation notamment dans le domaine de la paix et de la sécurité, a plaidé le Ministre.  Selon lui, le Conseil de sécurité doit être recomposé pour tenir compte des mutations intervenues sur la scène internationale au cours des décennies écoulées.  On ne peut, d’un côté, appeler au respect de la démocratie dans tous les pays et, paradoxalement, ne pas vouloir qu’elle soit appliquée dans la réforme du Conseil de sécurité. 

« Cette réforme, nous l’espérons vivement, permettra de réparer l’injustice faite à l’Afrique, seul continent non représenté dans la catégorie des membres permanents du Conseil. »  Au titre des défis importants à relever figure également le règlement de la question palestinienne, pour le Bénin. 

La création de l’État palestinien, membre de plein droit des Nations Unies et vivant en bonne entente avec Israël, permettra sans nul doute de lancer la dynamique qui fera baisser les tensions dans cette région.  « Nous soutenons les efforts de l’ONU pour parvenir à cet objectif tout comme nous appuyons les initiatives destinées à réunir les conditions propices à l’organisation d’une conférence internationale en vue de la création dans la région du Moyen-Orient, d’une zone exempte d’armes nucléaires », a indiqué M. Agbenonci. 

M. PEHIN DATO SERI SETIA LIM JOCK SENG, Vice-Ministre des affaires étrangères et du commerce du Brunei Darussalam, a indiqué que son pays poursuit ses efforts pour diversifier son économie et promouvoir le libre-échange, aux niveaux bilatéral et régional, avec l’idée de parvenir à une économie dynamique et viable.  Dans la poursuite des progrès économiques, n’oublions pas le lien entre activités humaines et changement climatique, a poursuivi le Vice-Ministre, voyant dans l’Accord de Paris une possibilité de galvaniser l’action collective en faveur d’une planète plus propre, plus saine, plus sûre et plus viable.

Le Brunei Darussalam continuera à faire ce qui est en son pouvoir pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, a-t-il assuré.  Le pays va promouvoir l’efficacité dans la consommation énergétique et passer progressivement aux énergies renouvelables.  La conservation des forêts est aussi une priorité, y compris l’initiative « Heart of Borneo » et plus récemment la « Queen’s Commonweatlh Canopy ». 

Sur le plan régional, le Vice-Ministre a souligné l’importance de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), avant de s’attarder sur les dangers du terrorisme et de souligner l’importance d’en examiner les causes sous-jacentes dont la pauvreté, la marginalisation et l’aliénation, surtout parmi les jeunes.  Travailler étroitement avec les jeunes, les leaders religieux et les communautés locales est essentiel, a-t-il souligné.

Dans notre quête de ne laisser personne sur le côté, a poursuivi le Vice-Ministre, il ne faut pas oublier le sort de ceux qui souffrent des conflits et de l’occupation.  Les Nations Unies, s’est-il expliqué, ont l’obligation juridique et morale de faire respecter les droits des Palestiniens et de veiller à ce que ceux qui violent le droit international répondent de leurs actes.  Transformons en changements positifs sur le terrain, le fait que de plus en plus de pays reconnaissent l’État de Palestine, a encouragé le Vice-Ministre.

Il a conclu en exprimant son ferme appui aux propositions de réforme du Secrétaire général pour une ONU plus à même de servir les buts et principes de la Charte.

M. DATO’ SRI ANIFAH AMAN, Ministre des affaires étrangères de la Malaisie, a insisté sur la nécessité de remplir la promesse qu’aucun citoyen du monde ne soit laissé sur le côté.  C’est sur cette base que son pays a toujours orienté son programme de développement, adoptant des politiques en ce sens pour la période 2016-2020, sur le thème d’une « croissance ancrée dans le peuple ».

Plus tôt cette semaine, la Malaisie s’est jointe à d’autres États Membres pour signer le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.  M. Anifah Aman, qui a résolument condamné les essais nucléaires et les tirs de missile par la République populaire démocratique de Corée, a demandé à ce pays de se plier à ses obligations internationales dans l’intérêt de la paix et de la sécurité.

Le Ministre a ensuite regretté le regain de violence instigué par un groupe de militants rohingya « désespérés et délirants » dans l’État Rakhine au Myanmar.  Il a affirmé que si la situation actuelle n’était pas prise en charge de manière appropriée, cette population désespérée deviendrait une proie facile pour les extrémistes.  « La frustration prolongée, la haine et les privations leur offrent un terrain fertile. »  Il a appelé le Gouvernement du Myanmar à mettre fin aux violences, aux meurtres et à la destruction de propriétés, lui demandant aussi de laisser un accès immédiat pour acheminer l’aide humanitaire.

S’agissant de la Palestine, la Malaisie estime que toute action d’Israël pour imposer sa loi, ses juridictions et son administration à la ville sacrée de Jérusalem est illégale et totalement inacceptable.  M. Anifah Aman s’est dit extrêmement consterné que la perspective d’une coexistence pacifique soit mise à mal par les activités illégales d’occupation d’Israël.

Dans la lutte contre la montée de l’extrémisme violent, a poursuivi le Ministre, la Malaisie réitère qu’il est urgent d’adopter une approche caractérisée par la modération.  Elle appelle à ce titre à la création d’un « mouvement global des modérés », pour « éteindre la flamme de la haine et endiguer l’intolérance, la xénophobie et la haine raciale ».

M. Anifah Aman a conclu son intervention en abordant la question de la réforme des Nations Unies.  Il a averti que toute initiative visant à réduire les coûts ne devait pas mettre à mal les efforts en cours pour assurer la paix et une vie décente pour tous.  Ceci est particulièrement valable pour les programmes menés dans les pays de développement, notamment ceux qui sont en conflit, ainsi que pour les opérations de maintien de la paix et de construction de la paix, a-t-il précisé.

M. SAMURA M.W. KAMARA, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de la Sierra-Leone, a fait la déclaration suivante au nom du Président ERNEST BAI KOROMA.  M. Kamara a déclaré que la médiation est un outil très efficace pour la prévention et le règlement des conflits armés et que tout son potentiel doit être pleinement exploité.  Le Ministre a rappelé que son pays a lui-même bénéficié des efforts de médiation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et en a profité pour plaider pour le renforcement du rôle des organisations régionales, généralement mieux placées pour générer la volonté politique nécessaire à la prévention des conflits au niveau des régions.

Le Ministre a ensuite fait part des progrès réalisés par son pays depuis la prise de fonctions du Président Koroma, il y a 10 ans, des progrès socioéconomiques qui ont été balayés, il y a trois ans, par l’éruption inattendue et sans précédent d’Ebola.  Alors qu’elle était reconnue comme le pays à la plus forte croissance, la Sierra Leone est passée d’un taux de 20,1% en 2014 à 21,7% en 2015.  L’épidémie, a-t-il avoué, a révélé des faiblesses systémiques fondamentales, en particulier dans le système de santé.  La lutte pour éradiquer Ebola et prévenir sa résurgence a été remportée grâce à l’appropriation et à la résilience nationales. 

Mais alors qu’elle négociait enfin son virage, la Sierra Leone a été frappée de plein fouet le 14 août dernier, par des pluies torrentielles qui ont semé la mort et des dégâts généralisés, a rappelé le Ministre.  Ces pluies, troisième d’une série de pluies torrentielles dévastatrices, sont un rappel frappant de la réalité des changements climatiques et ont démontré, si besoin en était, la vulnérabilité de la Sierra Leone.  Ceci n’a pas empêché le pays, a affirmé le Ministre, de se maintenir solidement sur la voie de la paix, de la démocratie, de la croissance et d’une vie décente pour tous.  Le Gouvernement s’attache à mettre en place un système de santé résilient et après les pluies torrentielles, à renforcer les efforts liés à la gestion des terres, la reforestation, les logements et l’urbanisation. 

Le pays recherche donc un engagement plus stratégique de ses partenaires pour pouvoir mettre plus efficacement en œuvre les objectifs de développement durable, en particulier diversifier l’économie et investir dans l’éducation et la santé.  Le potentiel économique est énorme pour les partenariats publics-privés et toutes les formes de coopération, a insisté le Ministre qui a rappelé que son pays est sur le point de tenir un autre cycle d’élections présidentielle, législatives et locales qui marquera la fin du dernier mandat du Président.  Il a confié que le Président Koroma quittera ses fonctions avec le sincère espoir que la mise en œuvre des projets et programmes qu’il a lancés renforcerait l’attachement de son pays aux objectifs de développement durable.  

Le Président Komora, en tant que Coordonnateur du Comité des 10 chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine sur la réforme du Conseil de sécurité, réitére la préoccupation de l’Afrique face à la lenteur de cette réforme.  Au-delà de la nécessité absolue de réparer l’injustice historique faite à l’Afrique, a-t-il conclu, il faut surtout refléter sa force numérique, la puissance de sa croissance économique, ses dynamiques démographiques et son rôle de plus en plus affirmé dans le système multilatéral.  

Droits de réponse

Faisant usage de son droit de réponse, la représentante de la Serbie a remarqué, dans l’intervention du Premier Ministre de l’Albanie, qu’il faisait état d’un règlement des questions en souffrance entre le Kosovo et la Serbie, au lieu de dire que c’était entre Pristina et Belgrade, dans le cadre d’un dialogue facilité par l’Union européenne à Bruxelles.  Toutes les actions unilatérales sapent ce processus et les déclarations du Premier Ministre de l’Albanie mettent en péril ce dialogue, a-t-elle déclaré.  La représentante serbe a réitéré que le Kosovo n’était pas un État indépendant et n’était pas membre des Nations Unies.  La Serbie utilisera tous les moyens diplomatiques pour préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale, a-t-elle assuré.

Le représentant de l’Albanie a répondu en affirmant que le Kosovo était indépendant depuis 2008, étant reconnu comme tel par 114 États Membres.  Le Kosovo a signé un accord de coopération avec l’Union européenne et son dossier d’adhésion est à l’étude, a-t-il ajouté.  Le délégué s’est dit convaincu que l’ONU reconnaîtrait tôt ou tard le Kosovo et profiterait ainsi de sa contribution.  Le Kosovo et la Serbie sont amenés à trouver une solution à la situation dans le cadre de leur dialogue facilité par l’Union européenne.  Il a encouragé les deux parties à travailler à la normalisation de leur relation.

Exerçant son droit de réponse, le représentant du Qatar a dénoncé des « allégations fallacieuses des Émirats arabes unis » contre lui et argué d’un « blocus illégitime » affectant sa souveraineté.  Par ce blocus, a estimé le représentant, les Émirats arabes unis cherchent à porter atteinte aux relations du Qatar avec d’autres pays.  Il a ajouté que le Qatar était en outre l’objet d’actes de piraterie visant ses agences d’information.  « Le blocus viole toute forme de coopération, viole le droit des peuples à l'autodétermination, les relations de bon voisinage, ainsi que la Charte du Conseil de coopération des États arabes du Golfe », a-t-il insisté.  « La communauté internationale, a-t-il poursuivi, est consciente des objectifs réels de cette campagne, qui est de faire changer le Qatar de position », alors qu’il défend les droits de l’homme, la résolution pacifique des conflits et la liberté d’expression.  « Nos efforts dans la lutte contre le terrorisme sont connus de tous et nos résultats sont bien meilleurs que ceux de ceux qui disent le contraire. »  Le représentant a aussi indiqué que son pays avait eu recours à des mécanismes pour assécher le financement du terrorisme et avait respecté les résolutions du Conseil de sécurité en appliquant le gel des avoirs et l’interdiction de voyager.  Il a appelé la communauté internationale à condamner ce blocus, et a demandé aux Émirats arabes unis de cesser de provoquer le chaos.

Réagissant à ces propos, le représentant des Émirats arabes unis a regretté que son homologue du Qatar cherche à détourner les regards de ses engagements internationaux.  Il a expliqué que quatre États, dont le sien, l’Égypte, le Barheïn et l’Arabie saoudite, avaient pris des mesures légales conformes au droit international.  Il a réitéré son accusation concernant le financement d’organisations terroristes par le Qatar.  « Il n’a pas été difficile de rompre les relations avec cet État », a-t-il assuré, vu que c’était une « réponse légitime à ses actions de déstabilisation de la région et à son appui au radicalisme dans de nombreux pays du Moyen-Orient ».  Les quatre États mentionnés poursuivront dans cette direction jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un moyen de se protéger des actions hostiles du Qatar, a-t-il ajouré.  « Soit le Qatar reste un État voyou, soit il consent à retrouver le chemin de la légalité », a-t-il conclu.

Le représentant de l’Égypte a également tenu à réagir au droit de réponse du Qatar.  Il a argué de mesures légitimes visant à empêcher ce dernier d’appuyer le terrorisme et de s’ingérer dans les affaires d’autres pays.  Le Qatar, a-t-il affirmé, soutient le terrorisme en Syrie, Libye et dans d’autres pays.  « Il le finance et l’a encore fait récemment en Iraq, où il a payé une rançon à des terroristes », a-t-il précisé.  Il a également affirmé que le Qatar fournissait des armes aux terroristes, et leur offrait le refuge, voire la nationalité, et ce, en violation d’une résolution du Conseil de sécurité qui exige leur extradition.  L’appui du Qatar au terrorisme a été selon lui évoqué dans des rapports du Comité des sanctions du Conseil de sécurité et cette situation est connue depuis longtemps.  Il a appelé le Qatar à revenir sur le droit chemin.

Le représentant du Qatar a réagi en regrettant que les Émirats arabes unis attaquent une fois de plus son pays.  Il a estimé que ce n’était pas surprenant, vu les résultats des enquêtes concernant des actes de piraterie contre ses agences d’information qui pointent en direction de la responsabilité d’un État du Golfe limitrophe.  Il a dénoncé une campagne de diffamation fabriquée de toute pièce et a rejeté toute allégation visant à créer un lien entre le Qatar et le terrorisme.  À ce niveau, le Qatar a consenti des efforts loués par de nombreux pays, a-t-il souligné à nouveau, notant que le terrorisme est un mot fort et qu’il était paradoxal de voir les Émirats arabes unis le condamner alors que certains de ses citoyens ont participé aux plus terribles des attentats de l’histoire.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.