L’Assemblée générale crée le Bureau de lutte contre le terrorisme, « première grande réforme institutionnelle » du Secrétaire général

AG/11922
15 juin 2017
Soixante et onzième session, 87e séance plénière – matin

L’Assemblée générale crée le Bureau de lutte contre le terrorisme, « première grande réforme institutionnelle » du Secrétaire général

L’Assemblée générale a décidé de créer à l’unanimité, ce matin, le Bureau de lutte contre le terrorisme, concrétisant ainsi la première réforme institutionnelle voulue par le Secrétaire général de l’ONU.  Au cours de cette séance, elle a également élu 18 membres du Conseil économique et social (ECOSOC).

En adoptant par consensus une résolution qui lui était présentée par son Président, l’Assemblée générale salue notamment l’initiative du Secrétaire général de détacher du Département des affaires politiques l’actuel Bureau de l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme et le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme, « ainsi que leur personnel et toutes les ressources ordinaires et extrabudgétaires qui leur sont affectées », et de les regrouper pour former le Bureau de lutte contre le terrorisme.

« Nous sommes ici aujourd’hui pour renouveler notre engagement sans faille à renforcer la coopération internationale pour prévenir et combattre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations », a déclaré à cette occasion M. Peter Thomson.  « Nous sommes également ici, a-t-il ajouté, pour « réaffirmer que tous les actes de terrorisme sont par nature criminels et injustifiables, quels que soient leurs motifs, l’identité de leurs auteurs, ainsi que le lieu et l’époque où ils sont commis ».

M. Thomson a notamment salué l’adoption d’une résolution* vouée à augmenter la capacité de l’ONU à aider ses États Membres à mettre en œuvre les quatre piliers de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, en garantissant une « meilleure coordination et cohérence sur l’ensemble du système onusien » et en améliorant la « visibilité, l’appui et la mobilisation de ressources » dans le cadre des efforts de lutte contre le terrorisme déployés par l’Organisation.

Par ce texte, l’Assemblée générale souligne que les accords existants relatifs aux contributions, ainsi que les fonctions, la présidence et la composition du Conseil consultatif du Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme seront maintenus, et que les ressources budgétaires et financières du Centre seront uniquement utilisées pour l’exécution de son programme de travail.  

L’Assemblée générale insiste en outre sur la nécessité de faire en sorte que le Bureau de lutte contre le terrorisme, qui sera dirigé par un Secrétaire général adjoint, soit doté de suffisamment de moyens et de ressources pour mener à bien les activités qui lui sont prescrites. 

En la matière, l’Assemblée générale était d’ailleurs saisi d’un rapport** de sa Cinquième Commission l’informant que des dépenses supplémentaires d’un montant de 373 200 dollars, déduction faite des contributions du personnel, soit 162 700 dollars et 210 500 dollars seraient financées par le projet de budget-programme pour l’exercice biennal 2016-2017. 

La création du Bureau de lutte contre le terrorisme a été saluée par les délégations qui, à l’instar de la Norvège, y ont vu « un pas dans la bonne direction », un point de vu également partagé par la représentante de l’Union européenne.

Le représentant de l’Inde a notamment fait observer que les réseaux terroristes ne sont « pas liés par l’inertie bureaucratique » qui caractérise parfois la communauté internationale et disposent de plateformes modernes, notamment sur les réseaux sociaux.  Pour y faire face, a-t-il estimé, « nous ne pouvons pas vivre dans des silos isolés », mais devons, au contraire, renforcer les actions communes.

Intervenant au nom des pays du Groupe MIKTA (Mexique, Indonésie, République de Corée, Turquie et Australie), le délégué de la Turquie a d’ailleurs formulé l’espoir que cette réforme contribue non seulement à la « mise en œuvre équilibrée » des quatre piliers de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, mais aussi à renforcer la coordination et la cohérence au sein du système onusien, à éviter les doublons et à créer davantage de synergies pour lutter contre le terrorisme.

De son côté, le représentant du Canada, au nom du CANZ (Australie, Nouvelle-Zélande et Canada) a jugé essentiel que ce nouveau Bureau concoure à une « mise en œuvre équilibrée » de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, notamment du volet de prévention de l’extrémisme violent.  Il a également voulu que le poste de secrétaire général adjoint soit occupé par un individu hautement qualifié et crédible dans ce domaine, doté d’une expérience dans les trois secteurs clefs que sont le développement, les droits de l’homme et la sécurité.

Tout en plaidant, lui aussi pour l’adoption urgente de mesures capables de renforcer la lutte contre le fléau du terrorisme, le représentant d’Israël a néanmoins averti que les efforts déployés par les Nations Unies ne succéderont qu’à condition de ne pas politiser la question.

Le représentant de l’Iran a, de son côté, regretté que la résolution ait omis, selon lui, plusieurs points importants, y compris l’allocation de ressources financières suffisantes au nouveau Bureau de lutte contre le terrorisme, à partir du budget ordinaire de l’ONU.  Ce dernier a notamment jugé important d’éviter que cette structure ne soit financée par des contributions volontaires afin de préserver son impartialité.

Cette intervention a été qualifiée de « remarque constructive » par le représentant de l’Arabie saoudite qui a, lui aussi, appelé à appuyer les actions antiterroristes de l’ONU dans le cadre du budget ordinaire de l’Organisation, et à renforcer la transparence de ces activités.  

La délégation saoudienne a en revanche regretté les propos du représentant de la Syrie qui avait, au préalable, appelé à ce que le Bureau de lutte contre le terrorisme soit  préservé de l’influence de certains États Membres, « dont l’Arabie saoudite », affirmant que cet État finance des actes terroristes en Syrie.   

Devant l’Assemblée générale, le représentant saoudien a déclaré que le régime syrien ne pouvait se permettre d’évoquer le problème du terrorisme « car ses mains sont entachées du sang de son propre peuple », une intervention qui a valu au représentant syrien de reprendre la parole pour exercer son droit de réponse et appeler l’Arabie saoudite à cesser d’exporter le wahhabisme.  

L’Assemblée générale a par ailleurs élu les 18 pays suivants pour siéger à l’ECOSOC pour un mandat de trois ans commençant le 1er janvier 2018: Allemagne (182 voix), Bélarus (182 voix), Équateur (182 voix), El Salvador (181 voix), Espagne (181 voix), France (177 voix), Ghana (183 voix), Inde (183 voix), Irlande (180 voix), Japon (185 voix), Malawi (184 voix), Mexique (182 voix), Maroc (177 voix), Philippines (182 voix), Soudan (175 voix), Togo (184 voix), Turquie (179 voix) et Uruguay (180 voix). 

Elle a également élu par 172 voix la Roumanie, pour un mandat qui se terminera le 31 décembre 2019, pour remplacer la Bosnie-Herzégovine qui renoncera à son siège en décembre 2017.  Elle a aussi élu le Canada (166 voix) et le Danemark (167 voix), qui remplaceront l’Australie et la Suède qui renonceront eux aussi à leurs sièges le 31 décembre 2017.  Le mandat du Canada se terminera le 31 décembre 2018 et celui du Danemark le 31 décembre 2019.  Les trois pays qui ont été élus lors de ces élections partielles rempliront leurs nouvelles fonctions à compter du 1er janvier 2018.

La prochaine réunion de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

*A/71/L.66

**A/71/918

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