Le Président élu de la Commission de consolidation de la paix, M. Macharia Kamau, du Kenya, esquisse les priorités de cet organe pour l’année 2016

CCP/111
3 février 2016
Comité d’organisation, 1re séance - matin

Le Président élu de la Commission de consolidation de la paix, M. Macharia Kamau, du Kenya, esquisse les priorités de cet organe pour l’année 2016

Le Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix (CCP) a élu par acclamation, aujourd’hui, M. Macharia Kamau, Représentant permanent du Kenya auprès des Nations Unies, à la tête de la Commission, pour un mandat s’achevant le 31 décembre 2016.

M. Kamau remplace le Représentant permanent de la Suède, M. Olof Skoog, dont le pays assumera la Vice-Présidence de la Commission, aux côtés de la République de Corée, également élu à la Vice-Présidence.  M. Kamau a esquissé les objectifs prioritaires de la Commission pour 2016 en plaidant notamment pour un renforcement de ses formations pays, « y compris en allant au-delà des actuelles formations ».

« Il y a clairement une douzaine d’autres situations où notre intervention est nécessaire », a affirmé M. Kamau, qui, à l’instar des États Membres à avoir pris la parole, a souhaité un renforcement des liens de la CCP avec les organisations régionales.  La Commission est un organe consultatif intergouvernemental de l’ONU qui appuie les efforts de paix dans les pays sortant d’un conflit.  Six pays sont inscrits actuellement à son ordre du jour: le Burundi, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée Bissau, le Libéria et la République centrafricaine.  Outre l’élection de M. Kamau, le Comité d’organisation a réélu, par acclamation, les Présidents des formations de ces pays.

Avant de passer le flambeau à M. Kamau, qui présidera la dixième session de la Commission, M. Skoog a fait adopter le projet de rapport* de la CCP sur les travaux de sa neuvième session.  Faisant le bilan de sa présidence, M. Skoog a déclaré que les réponses militaires et sécuritaires à un conflit ne pourront jamais instaurer une paix durable.  « C’est seulement en remédiant aux causes profondes des conflits, en investissant dans le développement socioéconomique et en renforçant les capacités nationales qu’une paix durable peut s’obtenir », a-t-il dit.

Il s’est félicité de la concrétisation de certains des objectifs qu’il s’était fixés au début de sa présidence, en particulier un assouplissement de l’ordre du jour de la CCP.  « Nous avons pu débattre de situations qui n’étaient pas inscrites à cet ordre du jour », a-t-il dit, citant les élections au Burkina Faso, le processus de paix en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou bien encore le financement des efforts de consolidation de la paix en Somalie.  Estimant que la Commission était un organe unique au sein de l’ONU, il a encouragé son successeur à améliorer ses capacités de prévention des conflits.

Le nouveau Président a commencé son intervention en rappelant que 2016 serait une année cruciale, avec la conclusion prochaine de l’examen de l’architecture de consolidation de la paix.  « Cet examen permettra à la Commission de renforcer sa raison d’être dans un monde de plus en plus interdépendant », a-t-il dit.  Le Président a plaidé pour une amélioration de la relation de travail de la CCP avec les principaux organes de l’ONU et souhaité que les efforts de consolidation de la paix soient dotés d’un financement pérenne et prévisible.  À cette fin, M. Kamau a appelé les États Membre à accroître leur contribution au Fonds pour la consolidation de la paix.

En faveur d’un renforcement des formations pays, « y compris en allant au-delà des actuelles formations », le Président a invité la Commission à travailler étroitement avec des organisations régionales telles que l’Union africaine et la Ligue des États arabes pour identifier les domaines d’intervention prioritaires.  Il a également souligné la nécessité de trouver « la volonté politique et financière » afin de répondre à la douzaine d’autres situations où l’intervention de la CCP est, selon lui, nécessaire.  

Le Président a ensuite passé en revue les situations actuelles dans laquelle la Commission est engagée et proposé des orientations pour sa future action.  Il a ainsi estimé qu’au Libéria la CCP devra continuer à œuvrer à une transition pacifique dans un contexte marqué par le retrait de la Mission des Nations Unies au Libéria (MANUL), tandis qu’elle devra, en Guinée, consolider les gains démocratiques découlant de la récente élection présidentielle.

Le Sous-Secrétaire général à l’appui à la consolidation de la paix, M. Oscar Fernandez-Taranco, a ensuite brièvement pris la parole pour demander que le Fonds pour la consolidation de la paix, « catalyseur important » des efforts menés dans les pays émergeant d’un conflit, soit renforcé.  Invités à s’exprimer, les Présidents des formations pays ont fait le bilan de l’année écoulée et exposé les actions projetées pour 2016.  M. Skoog a ainsi expliqué que la Commission renforcera son travail au Libéria en prévision de la tenue des élections de 2017.

Le Représentant permanent du Brésil et Président de la formation Guinée Bissau, M. Antonio Patriota, a insisté sur le rôle important joué par la Commission dans la stabilisation de la Guinée-Bissau.  « Si les perspectives sont moins précaires que les années précédentes, il faut néanmoins continuer à faire preuve de vigilance », a-t-il dit.  M. Patriota a également souhaité que les Présidents des formations ne soient pas élus automatiquement comme ils le sont aujourd’hui.

De son côté, le représentant du Maroc, pays qui préside la formation République centrafricaine, a expliqué que celle-ci s’attèlera cette année à la création d’un environnement favorable à la croissance économique et à la stabilisation politique et apportera son appui à la mise en place de la Cour pénale spéciale.  Le représentant de la Suisse, qui préside la formation Burundi, a expliqué qu’une délégation de la CCP devrait se rendre dans le pays en février.

Prenant à son tour la parole, le délégué de la Malaisie, qui présidait le Groupe de travail sur les leçons apprises, placé désormais sous la direction de la République de Corée, a insisté sur le rôle que pourrait jouer la CCP auprès du Conseil de sécurité, en l’alertant notamment sur les situations à risque.  La Commission pourrait en outre se concentrer sur des situations qui ne sont pas inscrites à l’ordre du jour du Conseil, afin de le compléter, a-t-il dit.

Plusieurs États membres de la Commission ont ensuite pris la parole pour insister, à l’instar de l’Afrique du Sud et de l’Inde, sur l’importance de l’appropriation nationale des efforts de consolidation de la paix et d’une coopération accrue avec les organisations régionales.  De son côté, le délégué de l’Égypte a invité les formations pays à présenter des plans de travail assortis d’un calendrier précis, permettant ainsi de mieux évaluer les progrès accomplis.

Au même titre que ses homologues du Venezuela et du Japon, pays qui comme l’Égypte, sont en 2016 à la fois membre de la CCP et du Conseil de sécurité, le délégué a souhaité une meilleure prise en compte, par le Conseil, des travaux de la CCP.  « Le Conseil pourrait tirer profit des conseils de la Commission, pour autant qu’il les sollicite », a-t-il dit, se faisant l’écho des propos du délégué du Bangladesh.  Les délégués des pays qui font l’objet d’une formation de la Commission se sont également exprimés, répondant ainsi au vœu du délégué des États-Unis qui a jugé essentiel que ces pays donnent leur avis sur le travail de la Commission.

Le représentant du Libéria a souligné le rôle important joué par la CCP dans la sensibilisation à la menace posée par l’épidémie d’Ebola, aujourd’hui vaincue, tandis que son homologue du Burundi a mis en exergue l’utilité de visites sur le terrain, comme celle récemment effectuée par le Conseil de sécurité dans son pays, pour mieux appréhender la réalité.  L’option politique est la seule possible au Burundi, a-t-il dit.

Enfin, le représentant de la Sierra Leone a noté les progrès accomplis par son pays depuis la fin du conflit il y a 20 ans.  « Nombreux, peu éduqués et sans emploi, les jeunes de mon pays peuvent être facilement manipulés par les groupes terroristes qui opèrent dans la région », a-t-il néanmoins mis en garde. 

*PBC/9/OC/L.1

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