La Deuxième Commission adopte cinq textes dont l’un appelant à une Décennie internationale d’action sur le thème « L’eau pour le développement durable » dès 2018

AG/EF/3467
30 novembre 2016
Soixante et onzième session, 27e séance – après-midi

La Deuxième Commission adopte cinq textes dont l’un appelant à une Décennie internationale d’action sur le thème « L’eau pour le développement durable » dès 2018

Elle reporte de nouveau la date de la fin de ses travaux au 9 décembre

La Deuxième Commission, chargée des questions économiques et financières, a adopté, cet après-midi, cinq projets de résolution par consensus, dont quatre portant sur le développement durable, y compris l’un qui invite l’Assemblée générale à proclamer la Décennie internationale d’action sur le thème « L’eau pour le développement durable (2018-2028) ».  

Si elle suivait les recommandations de sa Commission, l’Assemblée générale proclamerait ainsi la période 2018-2028 Décennie internationale d’action sur le thème « L’eau pour le développement durable », depuis la Journée mondiale de l’eau le 22 mars 2018 jusqu’à la Journée mondiale de l’eau le 22 mars 2028.

Elle déciderait aussi que la Décennie devrait avoir pour objectif d’insister davantage sur le développement durable et la gestion intégrée des ressources en eau à des fins sociales, économiques et environnementales, ainsi que sur le renforcement de la coopération et des partenariats à tous les niveaux afin de contribuer à la réalisation des objectifs et cibles relatifs à l’eau arrêtés au niveau international, y compris ceux qui figurent dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Outre ce projet de résolution, la Commission a également adopté un texte relatif au « Suivi de la deuxième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral », après avoir adopté trois autres textes relatifs au développement durable: « Lutte contre les tempêtes de sable et de poussière »; « Mesures de coopération pour évaluer et faire mieux connaître les effets sur l’environnement des déchets provenant de munitions chimiques immergées en mer »; « Vers le développement durable de la mer des Caraïbes pour les générations présentes et à venir ».

La Commission a également prolongé, une nouvelle fois, la date de clôture de sa session.  Elle devrait désormais terminer ses travaux le 9 décembre.  Initialement prévus pour prendre fin le 23 novembre dernier, les travaux de la présente session avaient été prolongés jusqu’à aujourd’hui, 30 novembre, mais comme l’a constaté le Président de la Commission, M. Dian Triansyah Djani (Indonésie), il reste encore 22 projets de résolution qui font l’objet de négociations, y compris le plus important relatif à l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies (QCPR).

La Deuxième Commission a en outre pris note du rapport du Secrétaire général sur l’intégration des trois dimensions du développement durable dans l’ensemble du système des Nations Unies (A/71/76-E/2016/55), et de la note du Secrétaire général transmettant le rapport établi par le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) sur la célébration de la Journée mondiale de la vie sauvage (A/71/215).

Elle a également pris note du rapport du Secrétaire général intitulé « Vers le développement durable de la mer des Caraïbes pour les générations actuelles et à venir » (A/71/265), de l’additif au rapport du Secrétaire général portant sur le « Suivi et application des Modalités d’action accélérées des petits États insulaires en développement (Orientations de Samoa) et de la Stratégie de Maurice pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement » (A/71/267/Add.1), ainsi que de l’additif de la note du Secrétaire général transmettant ses observations et celles du Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination sur le rapport du Corps commun d’inspection intitulé « Examen global de l’appui du système des Nations Unies aux petits États insulaires en développement: conclusions initiales » (A/71/324/Add.1).

La prochaine séance plénière de la Deuxième Commission sera annoncée dans le Journal officiel de l’ONU.

DÉCISION SUR LES PROJETS DE RÉSOLUTION

Développement durable

La Deuxième Commission a adopté sans vote, et tel qu’oralement amendé, le projet de résolution intitulé « Lutte contre les tempêtes de sable et de poussière » (A/C.2/71/L.53).

Considérant que, ces dernières années, ces tempêtes ont causé des dommages socioéconomiques et environnementaux considérables aux habitants des zones arides, semi-arides et subhumides sèches du monde, l’Assemblée générale déciderait, aux termes de ce texte, de convoquer, à sa soixante-douzième session, un dialogue interactif de haut niveau pour examiner des recommandations concrètes visant à faire face aux problèmes socioéconomiques et environnementaux des pays touchés, ainsi que des moyens de mieux coordonner les politiques à l’échelle mondiale pour remédier auxdits problèmes dans le cadre des objectifs de développement durable.

Elle encouragerait en outre les organisations et mécanismes régionaux, sous-régionaux et interrégionaux à continuer de mettre en commun leurs meilleures pratiques, données d’expérience et connaissances techniques pour lutter contre les tempêtes de sable et de poussière, y compris en recourant de plus en plus à des pratiques de gestion durable des terres, et à promouvoir la coopération régionale en la matière.

Enfin, par ce texte, l’Assemblée générale se féliciterait de l’intention, manifestée par la République islamique d’Iran, d’accueillir, en 2017, une conférence internationale sur la lutte contre les tempêtes de sable et de poussière, en coopération avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le Programme des Nations Unies pour le développement et le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat, ainsi qu’avec d’autres entités des Nations Unies concernées.

En outre, un montant de 37 600 dollars sera nécessaire pour les besoins de la documentation pour l’année 2018 si l’Assemblée générale venait à adopter ce projet de résolution.

Après l’adoption de ce texte, le projet de résolution A/C.2/71/L.4 a été retiré.

La Deuxième Commission a adopté sans vote, et tel qu’oralement amendé, le projet de résolution intitulé « Mesures de coopération pour évaluer et faire mieux connaître les effets sur l’environnement des déchets provenant de munitions chimiques immergées en mer » (A/C.2/71/L.21/REV.1).

Aux termes de ce texte, l’Assemblée générale inviterait les États Membres qui sont en mesure de le faire à envisager de fournir une assistance et de mettre à disposition leurs compétences techniques en vue du renforcement des capacités en matière d’évaluation et de prévention des risques, de surveillance, de collecte de données et d’intervention en cas d’incident provoqué par des déchets provenant de munitions chimiques immergées en mer.

Elle encouragerait également les États Membres à échanger des données d’expérience, des bonnes pratiques et des informations concernant les technologies existantes permettant de traiter, conserver ou détruire en toute sécurité les déchets provenant de munitions chimiques immergées en mer.

Avant l’adoption de ce texte, plusieurs délégations se sont dissociées des références à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.  Le représentant de l’Union européenne s’est joint au consensus sur le projet de résolution, tout en émettant des réserves sur la formulation concernant la Convention, rappelant son caractère universel pas assez mis en exergue.

Après avoir indiqué que la prévention de la dégradation des écosystèmes marins est une priorité qui exige une coopération au niveau international, le délégué de la Colombie a fait observer que son pays n’est pas partie à la Convention sur le droit de la mer.  Soulignant que ce n’est pas le seul cadre juridique unifié pour le droit de la mer, il a émis des réserves sur le paragraphe du projet de résolution qui s’y réfère.  La représentante du Venezuela s’est également jointe au consensus sur le projet de résolution, mais a indiqué que son pays ne s’associait pas aux références faites aux instruments internationaux auxquels le Venezuela n’est pas partie, notamment la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, et que ce dernier ne devrait pas être le seul instrument juridique qui réglemente les activités intéressant les océans.

Après l’adoption de ce texte, le délégué de la Turquie a estimé que ce projet de résolution est une étape importante pour sensibiliser aux dégâts provoqués par les déchets immergés en mer, mais affirmé que son pays se dissociait des allusions aux instruments internationaux auxquels la Turquie n’est pas partie.  En outre, la Turquie ne se rallie pas au libellé se référant à la Convention sur le droit de la mer.

La Deuxième Commission a ensuite adopté, sans vote et tel qu’oralement amendé, le projet de résolution A/C.2/71/L.46 intitulé « Vers le développement durable de la mer des Caraïbes pour les générations présentes et à venir ».

En adoptant ce texte, l’Assemblée générale constaterait que la mer des Caraïbes renferme une diversité biologique exceptionnelle et un écosystème extrêmement fragile, ce qui exige des partenaires de développement régionaux et internationaux concernés qu’ils conçoivent et mettent en œuvre conjointement des initiatives régionales visant à promouvoir la protection et la gestion durables de ses ressources côtières et marines, en particulier qu’ils étudient l’idée de faire de la mer des Caraïbes une zone spéciale dans le contexte du développement durable et qu’ils la désignent comme telle, sans préjudice du droit international.

Prenant note des efforts déployés par les pays des Caraïbes et des activités entreprises par la Commission de la mer des Caraïbes de l’Association des États de la Caraïbe, notamment de l’idée de désigner la mer des Caraïbes zone spéciale dans le contexte du développement durable, l’Assemblée inviterait la communauté internationale à soutenir ces efforts.

Elle se féliciterait du plan d’action adopté par la Commission de la mer des Caraïbes, notamment des éléments de ce plan concernant les sciences, les techniques, la gouvernance et la sensibilisation, et inviterait la communauté internationale et les organismes des Nations Unies à renforcer leur appui.

Se félicitant de l’organisation du septième Sommet de l’Association des États de la Caraïbe, qui s’est tenu à Cuba le 4 juin 2016, l’Assemblée prendrait note de la Déclaration de La Havane sur le développement durable des Caraïbes et du Plan d’action pour la période 2016-2018, qui constituent des instruments fondamentaux visant à promouvoir la préservation et l’exploitation durable de la mer des Caraïbes

.Saluant les efforts que déploient les pays des Caraïbes pour créer des conditions propices au développement durable afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités, l’Assemblée prendrait note avec intérêt des initiatives prises par l’Association des États de la Caraïbe dans les domaines d’intervention prioritaires que sont le tourisme viable, le commerce, les transports et les catastrophes naturelles.

Aux termes de ce texte, l’Assemblée demanderait aux organismes des Nations Unies et à la communauté internationale de soutenir l’action que mènent les pays des Caraïbes et leurs organisations régionales pour protéger la mer des Caraïbes contre la dégradation résultant de la pollution par les navires, due en particulier au rejet illicite d’hydrocarbures et d’autres substances polluantes, et contre le rejet sauvage ou accidentel de déchets dangereux, notamment de matières radioactives, déchets nucléaires et produits chimiques dangereux, au mépris des règles et normes internationales applicables, ainsi que contre la pollution due aux activités terrestres.

Notant avec une vive préoccupation que des espèces allogènes envahissantes telles que Pterois miles et Pterois volitans, connus sous le nom de poissons-lions, constituent une nouvelle menace qui pèse sur la diversité biologique de la région des Caraïbes, elle engagerait instamment le système des Nations Unies et la communauté internationale à continuer de prêter concours et assistance afin de lutter contre ce problème dans la région.  Elle noterait également avec une vive préoccupation l’invasion de sargasses et son incidence négative sur les populations, le territoire et l’économie des Caraïbes, ainsi que la détérioration des récifs coralliens.

Constatant avec une vive inquiétude les graves destructions et les dévastations causées dans plusieurs pays par l’intensification de l’activité cyclonique dans la région des Caraïbes ces dernières années, l’Assemblée prendrait note avec satisfaction des activités que mène actuellement le Groupe intergouvernemental de coordination du Système d’alerte aux tsunamis et autres risques côtiers dans la mer des Caraïbes et les régions adjacentes, de la Commission océanographique intergouvernementale, et inviterait les États Membres et les autres partenaires à apporter un soutien aux systèmes d’alerte rapide dans la région.

L’Assemblée demanderait également aux États Membres d’améliorer, à titre prioritaire, leurs moyens d’intervention d’urgence et la maîtrise des dégâts écologiques, en particulier dans la mer des Caraïbes, en cas de catastrophe naturelle ou d’accident ou incident lié à la navigation maritime.

Avant l’adoption de ce texte, les délégations de l’Union européenne, de la Colombie, du Venezuela et de la Turquie, ont réitéré leurs observations apportées sur le précédent texte, qui faisait également référence aux questions liées à la mer.

Mise en œuvre d’Action 21, du Programme relatif à la poursuite de la mise en œuvre d’Action 21 et des textes issus du Sommet mondial pour le développement durable et de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable

La Deuxième Commission a adopté sans vote, et tel qu’oralement adopté, le projet de résolution A/C.2/71/L.12/Rev.1 intitulé « Décennie internationale d’action sur le thème "L’eau pour le développement durable" (2018-2028) ».

En adoptant ce texte, l’Assemblée générale proclamerait la période 2018-2028 Décennie internationale d’action sur le thème « L’eau pour le développement durable », depuis la Journée mondiale de l’eau le 22 mars 2018 jusqu’à la Journée mondiale de l’eau le 22 mars 2028.

Elle déciderait que la Décennie devrait avoir pour objectif d’insister davantage sur le développement durable et la gestion intégrée des ressources en eau à des fins sociales, économiques et environnementales, ainsi que sur le renforcement de la coopération et des partenariats à tous les niveaux afin de contribuer à la réalisation des objectifs et cibles relatifs à l’eau arrêtés au niveau international, y compris ceux qui figurent dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Soulignant qu’il importe de faire participer et d’associer pleinement toutes les parties intéressées, notamment les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées, les peuples autochtones et les communautés locales, l’Assemblée générale inviterait le Secrétaire général, agissant avec l’appui d’ONU-Eau, à prendre les dispositions voulues pour planifier et organiser les activités de la Décennie aux niveaux régional, national et mondial.

Soulignant également qu’il faut prendre des mesures supplémentaires pour accélérer et appuyer les activités de mobilisation des moyens d’exécution, elle encouragerait le Secrétaire général à poursuivre l’action qu’il mène pour promouvoir la mobilisation de ressources financières et l’assistance technique, et pour renforcer l’utilisation pleine et efficace des ressources financières internationales existantes aux fins de la mise en œuvre effective des objectifs et cibles de développement durable relatifs à l’eau.

Enfin, elle prierait le Président de l’Assemblée générale d’organiser un dialogue au niveau opérationnel à la soixante et onzième session, afin d’examiner les moyens d’améliorer l’intégration et la coordination des travaux menés par les Nations Unies sur les objectifs et cibles relatifs à l’eau au titre du volet de son action consacré au développement durable.

Suivi de la deuxième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral

La Deuxième Commission a adopté sans vote, et tel qu’oralement amendé, le projet de résolution intitulé « Suivi de la deuxième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral » (A/C.2/71/L.47).

Si elle suit les recommandations de sa Commission, l’Assemblée générale inviterait les pays en développement sans littoral, les pays de transit, leurs partenaires de développement, les organismes des Nations Unies et toutes les autres parties concernées à mettre en œuvre, de manière coordonnée et cohérente et avec diligence, les mesures arrêtées d’un commun accord dans les six domaines prioritaires du Programme d’action de Vienne, à savoir les questions fondamentales de politique en matière de transit, le développement et l’entretien des infrastructures, le commerce international et la facilitation du commerce, l’intégration et la coopération régionales, la transformation structurelle de l’économie et les moyens de mise en œuvre à tous les niveaux.

Elle demanderait aux pays en développement sans littoral et aux pays de transit d’engager une action commune pour développer et améliorer les couloirs internationaux de transport et de transit couvrant tous les modes de transport, tels que les voies de navigation intérieure, routes, réseaux ferroviaires, ports et pipelines, afin de répondre aux besoins et problèmes particuliers des pays en développement sans littoral.

Aux termes de ce texte, elle encouragerait les banques multilatérales de développement, notamment les banques régionales, en collaboration avec d’autres parties prenantes, à éliminer les lacunes de l’infrastructure régionale de facilitation des échanges, de transport et de transit, notamment en achevant les tronçons manquants pour relier en particulier les pays en développement sans littoral à leur réseau régional.

L’Assemblée générale demanderait en outre aux partenaires de développement de mettre effectivement en œuvre l’initiative Aide pour le commerce, en tenant dûment compte des besoins particuliers des pays en développement sans littoral, notamment en ce qui concerne le renforcement des capacités nécessaires à l’élaboration de politiques commerciales, la participation aux négociations commerciales et l’application de mesures de facilitation du commerce, ainsi que la diversification de leurs produits d’exportation.

Enfin, elle demanderait instamment l’établissement de liens cohérents entre les dispositifs de mise en œuvre, de suivi et d’examen du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ceux de tous les mécanismes et conférences des Nations Unies pertinents, y compris le Programme d’action de Vienne.

Après l’adoption de ce texte, le projet de résolution A/C.2/71/L.27 a été retiré.

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