Le Comité chargé des ONG octroie le statut consultatif spécial à 14 ONG et restitue leur statut à 8 organisations dont l’iranienne « Network Of Women’s Ngo »

ECOSOC/6667-ONG/803
3 février 2015
Session ordinaire de 2015 10e & 11e séances – matin & après-midi

Le Comité chargé des ONG octroie le statut consultatif spécial à 14 ONG et restitue leur statut à 8 organisations dont l’iranienne « Network Of Women’s Ngo »

Le Comité chargé des ONG a octroyé aujourd’hui le statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social (ECOSOC) à 14 ONG et restitué leur statut à 8 organisations dont l’Iranienne « Network of Women’s Non-Governmental Organizations in the Islamic Republic of Iran ».  Une trentaine d’autres devront encore patienter et apporter des renseignements supplémentaires à certains membres du Comité. 

Avec 12 autres ONG, les ONG nigérianes « Nigerian Network of Women Exporters of Services » et « The Well Being Foundation » ont ainsi obtenu leur statut consultatif spécial, distinction réservée aux ONG reconnues pour leur compétence particulière dans certains domaines d’activité de l’ECOSOC et habilitées désormais à soumettre des communications écrites et des pétitions au Conseil sans pour autant, comme leurs consœurs du statut consultatif général, avoir le droit de proposer l’inscription de points à l’ordre du jour.  Pour les ONG qui contribuent de temps à autre aux travaux de l’ECOSOC, le Comité réserve l’inscription sur la Liste, limitant ainsi les prérogatives à la soumission de communications écrites.

Huit ONG dont l’Iranienne « Network of Women’s Non-Governmental Organizations in the Islamic Republic of Iran » se sont vues réinstallées dans leur statut, après avoir finalement présenté leurs rapports quadriennaux de 2009 à 2012 et de 2008 à 2011.  

Le dialogue que les membres du Comité ont eu avec les ONG indienne « Managing Committee of Kalinga Institute of Social Science », américaine « Center for Constitutional Rights Inc. et britannique « The Palestinian Return Centre Ltd. » s’est conclu par un vif échange entre le représentant du Soudan et le Président du Comité, M. Jorge Dotta de l’Uruguay.  Ce dernier a interrompu le premier à trois reprises pour respecter les 15 minutes imparties à chaque ONG.  Le délégué du Soudan a alors annoncé son intention de « déposer une plainte officielle » contre la manière dont le Président dirige les travaux.  Le Président, a-t-il argué, n’est pas propriétaire du Comité et, à ce titre, il doit respecter le droit de chaque délégation de prendre la parole quand elle le souhaite.  Le Président du Comité a reçu l’appui du représentant des États-Unis. 

Celui de Cuba, appuyé par les délégations du Soudan, du Nicaragua et de la Chine, est revenu sur les rapports quadriennaux des ONG suisses « Ingénieurs du monde » et « United Nations Watch » et, italienne « Il Cenacolo » pour dénoncer des positions politiquement motivées contre Cuba.  La représentante a averti que son pays suivra de près les publications et les travaux de ces ONG pour s’assurer du respect de la résolution 1996/31 de l’ECOSOC régissant le comportement des ONG dotées d’un statut consultatif.  Les représentants des États-Unis et d’Israël ont salué la contribution des trois organisations. 

Le Comité chargé des ONG poursuivra ses travaux demain mercredi 4 février à partir de 10 heures.

OCTROI ET RESTITUTION DU STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL

  • Association « Paix » pour la lutte contre la Contrainte et l’injustice (Mauritanie)
  • Association pour la Défense des Droits de Développement Durable et du Bien-être Familial (ADBEF) (Rwanda)
  • International Volunteer Organization for Women Education Development (Ghana)
  • Mongolian Family Welfare Association (Mongolie)
  • Nigerian Network of Women Exporters of Services (Nigéria)
  • The Well Being Foundation (Nigéria)
  • Association Africa 21 (Suisse)
  • Canadian Pugwash Group (Canada)
  • Count of Monte Alea Foundation.Inc (États-Unis)
  • Dóchas - The Irish Association of Non-Governmental Development Organisations (Irlande)
  • EIVHGI - Europäeischer Interessenverband - Handel - Gewerbe – Industrie (Allemagne)
  • RARE (États-Unis)
  • Shia Rights Watch Inc. (États-Unis)
  • New Progressive Alliance (États-Unis)
  • Asociación de Antiguas Alumnas del Colegio Madres Irlandesas (Espagne)
  • Associação Brasileira de Gays; Lesbicas e Transgeneros (Brésil)
  • General Arab Women Federation (Suisse)
  • International Council of Management Consulting Institutes, Inc. (Pays-Bas)
  • International Federation of Non-governmental Organizations for the Prevention of Drug and Substance Abuse (Hong Kong)
  • Network of Women’s Non-Governmental Organizations in the Islamic Republic of Iran (Iran)
  • Relief International (2008-2011) (États-Unis)
  • War Resisters International (Royaume-Uni)

En revanche, le Comité a retiré le statut consultatif spécial de International Holistic Tourism Education Centre (IHTEC) (Canada) et Foundation for International Environmental Law and DEvelopment (FIELD) (Royaume-Uni). 

CHANGEMENTS DE NOM

  • World Forum on the Future of Sport Shooting Activities (Wfsa) devient World Forum on Shooting Activities (Wfsa) (Italie)
  • Americans for UNFPA, Inc., devient Friends of UNFPA, Inc. (États-Unis)
  • Family Planning Association, I.R. (Iran) devient Family Health Association of Iran (FHA) (Iran)
  • International Presentation Association of the Sisters of the Presentation of the Blessed Virgin Mary (Special 2000) devient International Presentation Association (États-Unis)

REPORT DE L’EXAMEN DE DEMANDE DE CHANGEMENT DE NOM

Le représentant de la Turquie a demandé à Syriac Universal Alliance (SUA) si elle veut établir son siège aux Pays-Bas ou en Suède.  Son homologue de la Chine a demandé à Doha International Institute for Family Studies and Development (DIIFSD), à InnerCity Mission of Christ Embassy, à International Catholics Organisation of the Media to the International Christian Organisation of the Media (ICOM) et à Suzanne Mubarak Women’s International PEace Movement (Special 2007) de respecter la terminologie officielle de la « province chinoise de Taiwan » sur leur site Web.  Le représentant de l’Uruguay a indiqué qu’il n’a pas pu trouver les sites Web de Doha International Institute for Family Studies and Development (DIIFSD) et de Berlin Civil Society Center - convening-capacity building-research GmbH sur Internet.

DEMANDES DU STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL DONT L’EXAMEN A ÉTÉ REPORTÉ  

La représentante des États-Unis a voulu en savoir plus sur le mode de financement de Development Generation Africa International (DGAI) (Nigéria) s’agissant, en particulier, du montant de 1 000 dollars indiqué comme « retour sur investissement ».  Son homologue du Pakistan a noté que le lien vers le site Internet de Disease Management Association of India (Inde) ne fonctionne pas.  Il a douté de la façon dont l’ONG établit ses états financiers, s’agissant notamment de la rémunération de 122 dollars des bénévoles.  

Healthy Start Initiative (Nigéria) devra communiquer au représentant des États-Unis les noms des membres de son organe exécutif.  Qu’a fait l’ONG depuis deux ans? a-t-il précisé, avant de demander à Heavenly Shower of Peace Church of God (Nigéria) comment elle compte contribuer au travail de l’ECOSOC.  Le représentant de l’Inde a voulu connaître de Human Rights Sanrakshan Sansthaa (Inde) la nature de son travail.  Son homologue du Pakistan a demandé à Kaushalya Gramodyog Sansthan (Inde) comment elle fait pour assurer la viabilité de ses activités.  La représentante du Nicaragua a demandé à India Water Foundation (Inde) plus de détails sur ses activités.  Celui du Pakistan a noté que l’ONG Insan Dost Association (Pakistan) n’a pas expliqué pourquoi elle n’a dépensé que 68% de son budget de fonctionnement.  Pourquoi Martina Centre for Sustainable Dev (Nigéria) n’a pas de site Web? a demandé le représentant des États-Unis, en exigeant des détails sur les projets mis en place avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Il a aussi demandé à Peace and Life Enhancement Initiative International (Nigeria) une version actualisée de ses états financiers « pour avoir une idée plus claire de la situation ».  Son homologue du Pakistan s’est dit peu satisfait des réponses de Rajasthan Samgrah Kalyan Sansthan (Inde) concernant ses déficits.  Peut-on avoir les états financiers les plus récents?  Il a aussi demandé à Samarthanam Trust for the Disabled (Inde) la nature de ses projets sur l’autonomisation des femmes.  L’ONG prévoit-elle de rechercher de nouvelles sources de financement pour combler ce qui tend vers un déficit.  Il a aussi voulu savoir comment Shivi Development Society (Inde) fait pour assurer le suivi de la mise en œuvre des accords internationaux.  Le représentant de l’Inde lui a demandé qui sont les décideurs publics avec lesquels elle travaille.  La représentante du Nicaragua a prié Sukalyan Welfare Society (Inde) de répondre à une question posée le 30 janvier dernier sur la date et l’origine des fonds reçus ainsi que sur sa contribution au travail de l’ECOSOC.

La représentante de l’Uruguay a réitéré une question posée récemment à Support to Deprived Peoples (S.D.P) (Pakistan) demandant des détails sur l’utilisation des fonds reçus d’organisations internationales en vue de financer ses efforts de relèvement après des inondations.  Le représentant de l’Inde a demandé à l’ONG de préciser ses états financiers.  Quel est exactement le budget qui a été consacré aux projets?  La représentante du Nicaragua a demandé à Takal Welfare Organization (Pakistan) si elle envisage de travailler dans d’autres continents. 

Engineers Without Borders-USA (États-Unis), International Association for Hospice and Palliative Care, Inc. (États-Unis) et USC Canada (Canada) ont été priées par la représentante du Nicaragua de parler de leurs partenaires et de leurs programmes au Nicaragua.  Son homologue d’Israël a demandé quel est le statut d’European Muslims League (Suisse) en Suisse, en relevant que l’ONG n’a présenté qu’un certificat d’enregistrement en Italie.  La représentante de Cuba a souhaité plus d’information sur les activités de IDEAS Centre (Suisse) en Asie et dans les pays en développement en général.  Comment l’ONG gère-t-elle son déficit?  Le représentant de la Chine a demandé plus d’informations sur les activités de Korea Human Rights Foundation (République de Corée) en République de Corée.  Celle de l’Iran a souhaité des précisions sur la nature et les destinataires de l’aide juridique offerte par Queensland Association of Independent Legal Services Inc. (Australie).

  Le représentant de la Chine s’est interrogé sur les modèles de développement promus par Stichting Basug (Bangladesh Support Group) (Pays-Bas).  Celui de l’Inde a souhaité des précisions sur les relations de World Alliance of Peoples’Organisations (Royaume-Uni) avec deux autres ONG.  Le représentant de la Turquie a souhaité des informations sur les incidences budgétaires des activités mentionnées dans la précédente réponse d’Egyptian Judges’Club (Égypte) et sur les organisations internationales qui ont donné 21 millions de dollars à Maat for Peace, Development and Human Rights Association (Égypte). 

Son homologue de l’Azerbaïdjan a demandé comment Federal Lezghin National and Cultural Autonomy (Fédération de Russie) peut prétendre être indépendante alors qu’il compte des députés parmi ses dirigeants.   Le représentant du Venezuela a voulu savoir pourquoi International Association of Independent Journalists Inc. (Canada) estime qu’un journaliste indépendant est un journaliste amateur.  Celle de Cuba a demandé des précisions sur les moyens employés par International Center for Work and Family (Espagne) pour atteindre l’objectif visant à promouvoir une culture du monde des affaires intégrant la vie, le travail et la famille en Amérique latine et aux Caraïbes.  La représentante de l’Uruguay a demandé des détails sur le type d’activités familiales prévues.

Son homologue de la Grèce s’est demandé comment Trakya Kalkinma Dernegi (Turquie) peut prétendre être indépendante alors que son partenaire est l’Agence nationale de développement turque.  Il a demandé des précisions sur les moyens et les partenariats que visent l’ONG en Bulgarie et en Grèce. 

La représentante de Cuba, appuyée par les délégations du Soudan, du Nicaragua et de la Chine, est revenue sur l’examen conclu hier des rapports quadriennaux d’Ingénieurs du monde (Suisse), d’Il Cenacolo (Italie) et d’United Nations Watch (Suisse).  Après avoir été contactée par sa capitale, elle a accusé les trois ONG d’avoir défendu des positions politiquement motivées contre Cuba.  Mon pays, a-t-elle averti, suivra de près les publications et travaux de ces ONG pour s’assurer du respect de la résolution 1996/31 régissant le comportement des ONG dotées d’un statut consultatif auprès de l’ECOSOC.  Appuyé par le représentant d’Israël, celui des États-Unis a vu dans les propos de Cuba « une déclaration générale » qui n’a pas à être transmise aux trois ONG dont il a salué le travail. 

DÉBAT AVEC LES ONG

Pourquoi un déficit budgétaire de 500 000 dollars? a demandé le délégué du Pakistan au représentant de Managing Committee of Kalinga Institute of Social Science (Inde) qui a répondu que ce déficit est lié à la situation de l’université avec laquelle elle travaille.  C’est la seizième université du pays dont la stabilité financière ne fait pas de doute et dont l’avenir est assuré. 

Le représentant de la Guinée a voulu savoir quelles sont les sources de revenus de Center for Constitutional Rights Inc. (États-Unis).  L’ONG a répondu qu’elle est soutenue notamment par la Fondation Ford et d’autres organisations.  Elle bénéficie aussi des recettes des procès qu’elle a gagnés notamment contre les départements de la police et des pompiers de la ville New York, le montant étant de 750 000 dollars.  Le représentant du Soudan a voulu savoir la nature de l’aide que l’ONG fournit aux détenus de Guantanamo et en Afrique.  Coopère-t-elle avec la Cour pénale internationale? L’ONG a répondu qu’elle figure parmi les premiers à chercher à savoir l’identité des détenus de Guantanamo.  Elle a travaillé avec les Nations Unies et les tribunaux fédéraux des États-Unis.  Elle travaille aussi pour la réinstallation de ces détenus.  Qu’envisage l’ONG pour l’avenir? a demandé la représentante de la Chine.  Nous continuerons à défendre les droits des détenus non seulement aux États-Unis mais aussi dans d’autres régions du monde, a répondu l’ONG.

La représentante chinoise a aussi demandé à The Palestinian Return Centre Ltd. (Royaume-Uni) la nature de ses activités en Europe.  Quels sont les services en matière d’éducation et de santé que l’ONG offre au peuple palestinien?  L’ONG a indiqué qu’elle organise les visites des membres du Parlement britannique dans les camps des réfugiés, lesquels rédigent après des rapports qui sont ensuite publiés.  Ces rapports demandent notamment l’amélioration des conditions de vie des réfugiés.  Ils sont donnés à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Quelles sont les mesures juridiques prises pour organiser le retour des réfugiés? s’est interrogée la représentante de l’Iran.  Nous ne sommes pas une ONG de juristes, nous faisons de l’aide humanitaire, a répondu l’ONG, avant que le représentant d’Israël ne note un déficit budgétaire de 100 350 dollars qui exige quelques éclaircissements.  Le représentant a également qualifié d’« insulte » le fait que l’ONG ait dit avoir reçu les questions du Comité par l’intermédiaire du Ministère britannique des affaires étrangères alors que ce sont les membres du Comité qui posent les questions, lesquelles sont ensuite envoyées par le Secrétariat aux ONG et postées sur le site Internet du Comité.  Le représentant du Soudan a rappelé que cette ONG se heurte aux questions du Comité depuis 2011.    

Il a d’ailleurs annoncé que sa délégation entend déposer une plainte officielle contre le Président du Comité dont il conteste la façon de diriger les travaux et l’impartialité à l’égard de toutes les ONG.  La représente des États-Unis a apporté son appui au Président du Comité, rejetant l’idée d’une plainte officielle. 

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