Le Comité chargé des ONG accorde le statut consultatif spécial à 16 organisations et réserve sa réponse sur 17 autres dont 6 nigérianes

ECOSOC/6658-ONG/798
26 janvier 2015
Session ordinaire de 2015 1re séance – matin

Le Comité chargé des ONG accorde le statut consultatif spécial à 16 organisations et réserve sa réponse sur 17 autres dont 6 nigérianes

Le Comité chargé des ONG a entamé aujourd’hui sa session 2015 en octroyant le statut consultatif spécial à 16 ONG mais en réservant sa décision sur 17 autres ONG dont 6 nigérianes.

Le Comité peut recommander trois statuts auprès du Conseil économique et social (ECOSOC): le statut consultatif général, le statut consultatif spécial ou l’inscription sur la Liste.  Le statut consultatif général concerne les ONG qui poursuivent des activités couvrant la plupart des domaines de l’ECOSOC.  Ces ONG sont autorisées à soumettre au Conseil des communications écrites et des pétitions, et à proposer l’inscription de points à l’ordre du jour du Conseil et de ses organes subsidiaires.

Le statut consultatif spécial concerne des ONG internationalement reconnues pour leur compétence particulière dans certains domaines d’activité de l’ECOSOC.  Elles peuvent également soumettre des communications écrites et des pétitions.  L’inscription sur la Liste concerne les ONG qui contribuent de temps à autre aux travaux du Conseil.  Elles ne peuvent soumettre au Conseil que des communications écrites.

Aujourd’hui, le Comité des ONG a accordé le statut consultatif à 16 ONG dont l’iranienne « Hazrat Javad-al-Aemeh Cultural Charity Institute », promotrice de l’éducation et de la diversité culturelle.  En revanche, 17 ONG ont été priées de patienter et de répondre d’abord avec précision aux questions supplémentaires qu’ont posées aujourd’hui les membres du Comité.  Le représentant des États-Unis s’est montré particulièrement sourcilleux devant les dossiers de six ONG nigérianes.  À « Heavenly Shower of Peace Church of God », il a demandé des précisions sur l’aide qu’elle prétend fournir aux familles des victimes de Boko Haram, l’organisation terroriste islamiste qui sévit au Nigéria. 

La session 2015 du Comité se tiendra du 26 janvier au 4 février, une autre réunion étant prévue le 13 février*.  Dans son discours d’ouverture, le Président élu, M. Jorge Dotta, de l’Uruguay, qui sera épaulé par les deux Vice-Présidents, MM. Farid Jabrayilov, de l’Afghanistan, et Mme Forouzandeh, de l’Iran, a indiqué que le Comité aura à examiner 177 nouvelles demandes d’admission au statut consultatif, en plus des 153 demandes dont l’examen avait été reporté au cours des sessions précédentes.  Le Comité examinera aussi 175 rapports quadriennaux soumis par les ONG et 35 autres rapports quadriennaux dont l’examen avait été reporté. 

Pour respecter les délais, le Président a proposé d’examiner 80 demandes par jour, et par souci de transparence, il a insisté sur le fait que toutes les questions sur les dossiers des ONG doivent être formulées au cours des réunions officielles et en aucun cas en dehors de ces réunions.  Toutes les délégations, a-t-il assuré, ont le droit d’interroger les ONG pendant les séances de questions-réponses mais, a prévenu le Président, elles devraient s’abstenir, pour aller plus vite, de faire des observations générales et des commentaires.  Le représentant du Soudan a tenu à insister sur le droit des États d’examiner en profondeur les dossiers des ONG.  

Le Directeur du Bureau de l’appui au Conseil économique et social et de la coordination a rappelé que 2015 est une année très spéciale pour les Nations Unies qui se sont fixé trois rendez-vous importants à savoir l’adoption, à New York en septembre, d’un programme de développement universel, unifié et articulé autour des objectifs de développement durable; la réalisation, à Addis-Abeba en juillet, d’un accord international sur le financement du développement; et l’élaboration, à Paris en décembre, de mesures contre la menace existentielle du changement climatique.  Les ONG ont un rôle de plus en plus important à jouer dans la réalisation et la mise en œuvre de ces accords, a souligné M. Navid Hanif.

Les faits parlent d’eux-mêmes: le nombre de demandes de statut consultatif est passé de 293 en 2009 à 590 en 2014 et celui des rapports quadriennaux, de 40 en 2009 à 477 en 2014.  Il revient donc au Comité, a poursuivi le Directeur, de se pencher sur la manière de gérer une charge de travail en croissance constante.  Il a d’ailleurs rappelé aux ONG que le statut consultatif n’est pas la seule voie pour participer aux réunions des Nations Unies.  Il y a aussi la possibilité de se faire accréditer à telle ou telle manifestation.  Là aussi les chiffres parlent: en 2012, les ONG dotées d’un statut consultatif représentaient 73% de toutes les organisations non gouvernementales participant aux réunions de l’ONU.  En 2013, ce taux est tombé à 69 et en 2013, à 67%.  Il semble que certaines ONG choisissent l’accréditation plutôt que le statut consultatif pour contourner la longueur et la complexité des procédures du Comité des ONG.

Avec la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015, le Comité doit se préparer à gérer tout alourdissement soudain de sa charge de travail, tout en s’occupant des dossiers et des rapports quadriennaux en souffrance.  Le Comité devrait, a suggéré le Directeur, se pencher dès à présent sur « ce défi imminent ».  

Le Chef par intérim du Service des ONG au Département des affaires économiques et sociales, M. Alberto Padova, a d’ailleurs attiré l’attention sur l’amélioration du « Paperless Committee Platform », le système de gestion des documents introduit en 2008.  Il est question d’y ajouter de nouvelles fonctionnalités et d’y incorporer de nouvelles technologies.

La prochaine réunion du Comité des ONG sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

*(E/C.2/2015/1)

EXAMEN DES NOUVELLES DEMANDES D’OCTROI DU STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL AUPRÈS DE L’ECOSOC

Le Comité a recommandé l’octroi du statut consultatif spécial aux ONG suivantes:

Aid for Trade Logistics, Tanzanie

Al-Fidaa Foundation, Afrique du sud

Arab Forum for Environment and Development, Liban

Campaign for Human Right and Development Sierra Leone, Sierra Leone

Centre d'Encadrement et Développement des Anciens Combattants, Burundi

Centre for Community Regeneration and Development, Cameroun

China Society of Administrative Reform, Chine

Citizens United to Promote Peace & Democracy in Liberia, Libéria

Deaf Aid, Kenya

Development Action for Women Network, Inc., Philippines

Fundación Crisálida, El Salvador

Ganja Agribusiness Association, Azerbaïdjan

Groupe d'action pour la promotion socioculturelle et l’alphabétisation: Nouvelle Énergie, République démocratique du Congo

Hazrat Javad-al-Aemeh Cultural Charity Institute, Iran

Help4help, Pakistan

Horn of Africa Voluntary Youth Committee (HAVOYOCO), Éthiopie

REPORT DE L’EXAMEN DE NOUVELLES DEMANDES

Les ONG suivantes ont vu l’examen de leur demande reportée dans l’attente de réponses aux questions posées aujourd’hui par les membres du Comité.

Le représentant du Pakistan a voulu des précisions sur l’impact des activités de l’ONG Akhil Bharatiya Sanskrutik Sangh (Inde).  Il a également relevé une incohérence dans le budget de l’ONG Disease Management Association of India (Inde).  Le délégué a aussi voulu savoir comment Eurasia Reiyukai (Inde) compte financer ses activités.  Par ailleurs le budget de cette ONG semble être financé par un don unique, dès lors comment garantit-elle la pérennité de son financement?

Le représentant du Pakistan a aussi relevé que 68% des dépenses de l’Insan Dost Association (Pakistan) couvrent des frais administratifs et a voulu savoir si l’ONG envisage d’améliorer son efficacité.  Cette ONG demande-t-elle par ailleurs des contributions à certains travailleurs?

Son homologue de la Guinée a voulu en savoir plus sur les activités que mène, en Afrique de l’ouest, l’Association « Paix » pour la lutte contre la Contrainte et l’injustice (Mauritanie).

À son tour, la représentante du Nicaragua a relevé que le budget de l’Asociación para la Promoción de la Libertad y el Desarrollo Sostenible (Guatemala) ne prévoit pas de dépenses pour des activités et a voulu savoir si l’ONG mène actuellement des projets précis.  Par ailleurs, quelle est la portée des projets de l’Association pour la Défense des Droits de Développement Durable et du Bien-être Familial (ADBEF) (Rwanda), et avec quelles autres organisations coopère-t-elle?

En outre, a ajouté la représentante du Nicaragua, la Fundación Luz María (Argentine) compte-t-elle travailler à l’avenir dans d’autres pays d’Amérique latine et quelle est la part budgétaire prévue pour le financement de ses projets?

Le représentant des États-Unis a réclamé à Beautiful Eves of Africa Organisation (Nigéria) des exemples précis de ses activités.  Il a également souhaité obtenir la liste des organisations qui en sont membres et qui bénéficient du statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC.  Il a aussi relevé que les dépenses administratives représentent 44% du budget de l’ONG et a voulu savoir pourquoi celles-ci étaient si élevées.

Le représentant des États-Unis a également voulu des précisions sur les activités et objectifs de l’ONG Development Generation Africa International (DGAI) (Nigéria), ainsi que sur sa date de création.  Il s’est aussi interrogé sur le fait que les dépenses de l’ONG sont supérieures à ses revenus.

Ce dernier a aussi voulu savoir où et quand avait été mené le projet d’assainissement mentionné par l’Environmental Degradation Organization of Nigeria (Nigéria).  En outre, a enchainé le représentant des États-Unis, l’ONG précise que le port d’uniforme par les membres de son personnel est obligatoire, mais son site Internet ne comporte aucune photo d’individu portant l’uniforme décrit et son budget ne comporte par ailleurs aucune ligne budgétaire en la matière.  Qui endosse le coût des uniformes?

Le délégué des États-Unis a ensuite souhaité connaître la nature des liens entre Global Community Health Foundation (Nigéria) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), ainsi que des précisions sur les travaux que l’ONG dit mener au Royaume-Uni et en Inde.  Lui emboitant le pas, le représentant de l’Inde a voulu savoir si l’ONG compte nouer des partenariats en Inde.

Le représentant des États-Unis a également a voulu des précisions sur l’adresse du site Internet de l’ONG Healthy Start Initiative (Nigéria).  Il a relevé que l’ONG avait joint à son dossier un formulaire du fisc américain, mais qu’elle ne parle d’aucune activité aux États-Unis.  Le représentant a par ailleurs voulu des précisions sur ce que Heavenly Shower of Peace Church of God (Nigéria) dit distribuer aux familles des victimes de Boko Haram.  L’ONG a-t-elle par ailleurs oui ou non participé à la réunion de haut niveau organisée pour célébrer l’anniversaire de la Déclaration de Durban?  Et en quoi consistent les « dépenses d’autonomisation » de l’ONG, a ajouté son homologue de l’Inde.

Le représentant de l’Inde a par ailleurs voulu obtenir la liste des membres de Human Rights Sanrakshan Sansthaa (Inde) et s’est interrogé sur la manière dont l’ONG garantit son indépendance vis-à-vis du Gouvernement.  En outre, l’ONG India Water Foundation (Inde) a-t-elle mené ou envisage-t-elle de mener des activités dans des pays voisins? s’est enquis le délégué de l’Inde.

La représentante de la Chine a quant à elle voulu des précisions sur la manière dont Ethnic Community Development Organization (ECDO) (Bangladesh) envisage sa participation aux travaux de l’Instance permanente sur les questions autochtones.  Et qu’en est-il des projets mené par cette ONG en 2014, a ajouté la représentante de Cuba qui a aussi relevé que 80% de son budget provient d’autres organisations.

 

 

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