Conscients des défis de taille qui freinent les efforts de développement, États Membres, institutions des Nations Unies et ONG insistent sur le rôle de l’éducation pour réaliser l’objectif d’autonomisation des populations

18 février 2014
SOC/4814

Conscients des défis de taille qui freinent les efforts de développement, États Membres, institutions des Nations Unies et ONG insistent sur le rôle de l’éducation pour réaliser l’objectif d’autonomisation des populations

18/02/2014
Conseil économique et social
SOC/4814
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission du développement social                         

Cinquante-deuxième session                                 

9e séance – matin                        

CONSCIENTS DES DÉFIS DE TAILLE QUI FREINENT LES EFFORTS DE DÉVELOPPEMENT, ÉTATS MEMBRES, INSTITUTIONS DES NATIONS UNIES ET ONG

INSISTENT SUR LE RÔLE DE L’ÉDUCATION POUR RÉALISER L’OBJECTIF D’AUTONOMISATION DES POPULATIONS

« L’éducation est une condition sine qua non pour l’autonomisation des populations », a souligné, ce matin, la représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) devant la Commission du développement social. 

Au cours de la dernière séance consacrée au débat général, la représentante de l’UNESCO a ainsi rappelé que l’éducation était le fondement du développement et qu’elle représentait « le meilleur investissement qu’un gouvernement puisse faire pour renforcer la cohésion sociale ».

L’UNESCO a établi le Programme « Most » qui réunit, a-t-elle précisé, chercheurs et politiques dans le but de mettre en pratique les résultats des recherches entreprises tant en matière de développement social et de lutte contre la pauvreté, qu’en matière d’autonomisation des populations, d’inclusion sociale, d’égalité et de justice sociale. 

Reconnaissant également l’importance de l’éducation et de la formation pour garantir un épanouissement professionnel des jeunes, le représentant de la Tunisie a insisté sur l’importance d’investir dans le capital humain, notamment à travers l’éducation, la lutte contre le chômage et l’autonomisation des femmes.  La représentante de l’organisation non gouvernementale World Youth Alliance s’est inquiétée, pour sa part, du taux élevé de chômeurs parmi les jeunes, qui atteint aujourd’hui 40% à travers le monde, une situation qui, a-t-elle déploré, fait perdre toute créativité chez les jeunes.

Les taux de chômage et de pauvreté ont sensiblement baissé en Argentine au cours de la dernière décennie, s’est félicitée, de son côté, la représentante du pays.  Les politiques gouvernementales, a-t-elle assuré, ont permis la création de près de 6 millions d’emplois au cours de cette période.

      Même si l’éducation, la formation et l’emploi peuvent être des moyens pour parvenir à l’autonomisation et au développement social, de nombreuses délégations ont mis en garde contre les discriminations et autres inégalités sociales qui sont un frein à l’inclusion sociale. 

Le représentant de l’ONG International Council on Social Welfarea relevé que bien que l’autonomisation soit une « combinaison gagnant-gagnant pour la société », il serait illusoire de croire à un développement inclusif sans la réduction des inégalités et la promotion de l’inclusion sociale.  Sa collègue de l’ONG Medical Mission Sisters a déploré la concentration des richesses entre les mains d’une minorité et appelé la communauté internationale à adopter des politiques pour éliminer tous les facteurs de discrimination et promouvoir une protection sociale efficace. 

Parmi ces inégalités et discriminations, la représentante d’ONUSIDA a identifié le VIH comme un facteur aggravant la pauvreté et renforçant les inégalités sociales et économiques.  En 2013, s’est-elle indignée, plus de 60 pays maintenaient encore des lois qui interdisaient aux personnes atteintes du VIH/sida de divulguer leur état de séropositif, tandis que 43 pays et territoires imposaient des restrictions à l’entrée et à la durée de séjour des personnes atteintes du VIH/sida sur leur territoire.  

De nombreuses délégations ont également insisté sur la place et le rôle central de la famille pour le bien-être des individus.  Le représentant de la Colombie a, par exemple, attiré l’attention sur le rôle central que joue la famille en matière de développement et a estimé qu’il était nécessaire de répondre aux défis auxquels sont confrontées les familles monoparentales ou celles constituées de deux parents du même sexe.  Rappelant que 2014 marquait le vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, la représentante de Cuba a réaffirmé que la famille était le socle même de nos sociétés et déploré que les recommandations sur la famille approuvées lors du Sommet mondial pour le développement social de Copenhague, en 1995, soient restées lettre morte.

Le représentant de l’ONG Universal peace Federation a souligné, quant à lui, que la famille était essentielle pour l’épanouissement des adultes et le développement des enfants.  Il a indiqué qu’aucun programme gouvernemental ne pourrait se substituer aux parents et que ces derniers jouaient un rôle clef pour instaurer la paix sociale.  C’est pourquoi, a-t-il dit, la famille doit être reconnue comme un élément central du bien-être humain.

Par ailleurs, Mme Daniela Bas, Directrice de la Division des politiques sociales et du développement social au Département des affaires économiques et sociales (DAES), a présenté le projet* de plan stratégique de sa Division pour la période 2016-2017.  Ce plan stratégique devrait être adopté par l’Assemblée générale au cours de sa soixante-neuvième session.

La Commission du développement social tiendra sa séance de clôture vendredi, 21 février, à partir de 15 heures.

* E/CN.5/2014/CRP.1

SUITE DONNÉE AU SOMMET MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET À LA VINGT-QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (E/CN.5/2014/2)

a) Thème prioritaire: promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous

Débat général (suite et fin)

Mme NELIDA CONTRERAS (Argentine) a indiqué que les taux de chômage et de pauvreté avaient sensiblement baissé en Argentine au cours de la dernière décennie, grâce à la politique gouvernementale visant l’inclusion sociale.  Elle a précisé que l’Argentine avait établi des programmes axés sur le respect des droits de l’homme et la justice sociale en vue d’assurer l’équité sociale et la participation de tous les acteurs de la société.  Grâce à ces mesures, l’Argentine a créé près de 6 millions d’emplois au cours de la dernière décennie et, au cours de la même période, a octroyé des allocations familiales, à hauteur de 278 dollars le mois, aux familles d’enfants et d’adolescents handicapés.  La représentante a ajouté qu’un fonds pour les personnes âgées avait été créé pour venir en aide à plus d’un million de personnes âgées dans le pays.  Au cours des 10 dernières années, la qualité de vie des Argentins s’est considérablement améliorée et cela constitue un véritable succès pour la politique sociale du gouvernement, a-t-elle assuré.

Mme MELISSA BOISSIÈRE (Trinité-et-Tobago) a expliqué que dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, son gouvernement accordait une attention particulière à la protection et à l’appui des groupes vulnérables et marginalisés, notamment les personnes handicapées, les personnes âgées, les personnes déplacées et les personnes atteintes du VIH/sida.  Elle a indiqué que la Division du bien-être social permettait aux personnes marginalisées de toucher des subventions et que le Programme de transfert de fonds conditionnels et ciblés leur assurait une formation, une aide dans la recherche de l’emploi ainsi que des services pour les assister dans leur situation budgétaire.  La représentante a aussi fait savoir que différents programmes avaient également été lancés à l’intention des personnes handicapées.

Mme Boissière a ensuite fait observer qu’en 2050, les personnes âgées représenteront 30% de la population nationale.  Ce groupe de la population représente actuellement 13% de la population du pays, a-t-elle indiqué.  Elle a précisé que différentes mesures de protection sociale avaient été mises en place, notamment pour permettre aux personnes âgées de plus de 65 ans de toucher une pension.  La représentante a aussi parlé des programmes d’aide scolaire pour venir en aide aux familles désœuvrées.  Au titre des défis qui persistent, Mme Boissière a souligné l’inefficacité des mécanismes d’évaluation des programmes sociaux, le manque de personnel formé, notamment dans le domaine des soins gériatriques, les écarts qui persistent entre le milieu rural et le milieu urbain et l’intégration des travailleurs du secteur informel dans les programmes de protection sociale.  Elle a également attiré l’attention sur les besoins croissants en soins de santé des personnes âgées.

M. ANDRÉS FIALLO (Équateur) a indiqué que le Gouvernement de l’Équateur avait consenti d’énormes investissements dans les domaines de la santé et de l’éducation et avait mis en place plusieurs programmes sociaux axés sur le capital humain.  Il s’est félicité de la réduction significative de la pauvreté dans le pays, au cours de ces dernières années.  Il a ensuite rappelé que les personnes handicapées avaient un rôle important à jouer dans la société et c’est pourquoi, a-t-il prôné, le futur programme de développement pour l’après-2015 prenne en compte ce groupe et établisse des indicateurs clairs afin de vérifier la mise en œuvre des objectifs retenus.  L’Envoyé spécial du Secrétaire général sur le handicap et l’accessibilité devrait s’assurer de l’effectivité de cette suggestion en rapport avec les personnes handicapées.  Il a également annoncé que l’Équateur allait accueillir la dixième édition du Forum ministériel pour le développement social des pays d’Amérique latine à la fin de l’année.

M. RIADH BEN SLIMAN (Tunisie) a estimé que la question de la sécurité sociale, en particulier pour les groupes les plus marginalisés, revêtait une importance cruciale qui doit être prise en compte dans les politiques de développement.  Il a expliqué qu’une nouvelle Constitution était entrée en vigueur, le 10 février dernier.  Après trois années de « révolution », a-t-il ajouté, la Tunisie a pu adopter un accord de développement politique, lequel met l’accent sur la bonne gouvernance, la décentralisation et la participation du peuple afin de privilégier la relance de l’économie et d’encourager l’innovation dans le but d’intégrer le pays dans l’économie internationale.  Le représentant a aussi insisté sur l’importance d’investir dans le capital humain, notamment à travers l’éducation, de s’attaquer au problème du chômage et d’assurer l’autonomisation des femmes.  Il a expliqué que la question de la femme occupait une place centrale dans la politique de développement de son gouvernement.

M. VULINDLELA SIMPHIWE KUNENE (Swaziland) a fait remarquer que le recensement effectué en 2007 avait établi que la population du Swaziland était passée à 1 020 000 habitants, dont 39,6% sont des enfants âgés de moins de 15 ans.  Il a indiqué que le taux de chômage était de 41% dans le pays tandis que 63% de la population vivaient dans la pauvreté.  En outre, la pandémie de VIH/sida, qui touche 26% de la population, constitue une très grave préoccupation en matière de santé pour le pays.  Il a ainsi souligné que le Gouvernement du Swaziland avait investi dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la création d’emplois, afin de réaliser l’autonomisation des personnes.  Ces initiatives ont permis notamment d’assurer l’éducation pour tous à l’école primaire, réduisant ainsi la disparité entre les genres en matière de fréquentation scolaire et en encourageant la scolarité d’un plus grand nombre de filles.  Il a également relevé que les services de santé reproductive et sexuelle en faveur des femmes avaient été renforcés, ce qui permet aux femmes, a-t-il fait observer, de consacrer plus de temps à leur travail, comme en témoigne le taux de femmes employées qui est passé de 45,2% en 2007 à 55,2% en 2010.

Mme HELEN WOLDEGIORGIS (Érythrée) a fait observer que la promotion de l’autonomisation des personnes nécessitait d’importantes transformations structurelles, en particulier par le biais de l’industrialisation des pays.  Pour permettre à l’Afrique de développer ses propres capacités institutionnelles et logistiques ainsi que ses propres ressources financières, il est important que des partenariats soient établis avec des acteurs internationaux.  La représentante a ensuite expliqué que son gouvernement privilégiait la promotion d’une approche communautaire pour faire face aux défis sociaux, en particulier en ce qui concerne les groupes vulnérables.  Le Gouvernement érythréen assure une éducation gratuite et des services de santé sont fournis à peu de frais pour les patients.  La représentante s’est ensuite félicitée de ce que l’Érythrée soit près d’atteindre six des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Les efforts de lutte contre la pauvreté devront toutefois se poursuivre, a-t-elle néanmoins fait remarquer.

Mme MARINE DAVTYAN, Programme commun coparrainé des Nations Unies sur le VIH et le sida (ONUSIDA), a indiqué que le VIH/sida aggravait la pauvreté et renforçait les inégalités sociales et économiques.  Elle a souligné qu’il ne pourra y avoir de véritable intégration sociale tant que les préjugés et la discrimination liée au VIH/sida persisteront.  Malheureusement, a-t-elle déploré, 30 ans après le début de la pandémie de VIH/sida, des millions de personnes continuent d’être victimes de discrimination dans le monde.  En 2012, 60% des pays avaient des lois ou des politiques qui faisaient obstacle à toute réponse effective à ce fléau et 40% des pays ne disposaient pas de législation précise pour protéger les personnes vivant avec le VIH/sida, a-t-elle fait remarquer.  En 2013, plus de 60 pays maintenaient des lois interdisant à des individus de divulguer leur séropositivité, tandis que 43 pays et territoires imposaient des restrictions à l’entrée et à la durée de séjour des personnes atteintes du VIH/sida sur leur territoire.  De telles mesures ne font que renforcer la stigmatisation et décourager les personnes concernées à se soumettre à un dépistage ou à obtenir des soins, s’est-elle inquiétée.

La représentante a argué que la question de la discrimination était particulièrement pertinente dans le contexte de la lutte contre la pauvreté et du plein emploi.  Elle a indiqué qu’en 2012, 35,3 millions de personnes vivaient avec le VIH/sida, que 9,7 millions de personnes vivant dans des pays à revenu bas ou intermédiaire avaient accès à une thérapie antirétrovirale, et que le nombre de personnes succombant au VIH/sida était en baisse.  Grâce aux traitements antirétroviraux, a-t-elle précisé, les personnes vivant avec le VIH/sida peuvent non seulement vivre plus longtemps, mais également mener une vie productive.  C’est pourquoi, a-t-elle insisté, il est important de combattre la stigmatisation et la discrimination liée au VIH/sida sur le lieu du travail.  Mme Davtyan a ensuite appelé les États Membres à mettre en œuvre la Déclaration politique sur le VIH/sida de 2011.

La représentante a par ailleurs fait savoir qu’au mois de janvier 2014, l’ONUSIDA et la Banque mondiale avaient participé à des consultations de haut niveau dans le but de débattre des questions susmentionnées.  L’ONUSIDA a notamment décidé de travailler de près avec le PNUD afin d’aider les pays à adopter des mesures législatives qui ne sont pas discriminatoires à l’égard des populations touchées par le VIH/sida, à accélérer les réformes destinées à garantir l’universalité d’accès aux services liés au VIH/sida afin que personne ne sombre dans la pauvreté à cause du coût des traitements contre le VIH/sida.  Mme Davtyan a ensuite annoncé que deux réunions de haut niveau étaient prévues au courant de l’année pour débattre davantage de ces questions avec des dirigeants politique nationaux.

Mme CECILIE GOLDEN, Fonds des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a rappelé que l’éducation était une condition sine qua non pour l’autonomisation des populations.  « L’éducation est le fondement du développement et c’est le meilleur investissement social qu’un gouvernement puisse faire pour renforcer la cohésion sociale », a-t-elle affirmé.  L’UNESCO, a-t-elle indiqué, a mis en place un Programme intergouvernemental intitulé « Most2 », qui a pour objectif de contribuer à la production des connaissances et des politiques à partir de la recherche.  Elle a expliqué que le Programme « Most2 » offrait une plateforme qui réunit chercheurs et politiques dans le but de mettre en pratique les résultats des recherches dans le champ politique, notamment en matière de développement social et de lutte contre la pauvreté, tout comme dans le cadre de l’autonomisation des populations, de l’inclusion sociale, de l’égalité et de la justice sociale.  Dans le cadre du développement social en Amérique latine, la représentante a rappelé que le Forum ministériel pour le développement social s’était réuni l’an dernier en Argentine.  La dixième session de cet évènement aura lieu en Équateur à la fin de cette année.  Les recommandations qui y seront adoptées pourraient servir dans les discussions relatives au programme de développement pour l’après-2015.  À cet égard, elle a plaidé pour que ce nouveau programme de développement puisse intégrer à la fois la croissance économique, la justice sociale et le partage équitable des richesses publiques mondiales. 

KELLY MCGLINCHEY, de l’organisation SustainUS, a indiqué que son ONG représentait les jeunes.  Elle s’est inquiétée du problème de la sous-représentation des jeunes au sein des travaux de la Commission du développement social et a prévenu que cette situation risquait, à long terme, d’avoir un impact négatif sur les mesures adoptées.  Elle a voulu qu’une attention particulière soit accordée aux questions de l’emploi, de l’éducation, et de la vulnérabilité.  Intervenant à son tour, Mme Mcglinchey a demandé que des objectifs chiffrés en matière de lutte contre la pauvreté et d’aide aux groupes marginalisés, à commencer par les jeunes, soient établis.

M. SERGUEI ZELENEV, International Council on Social Welfare, a relevé que l’autonomisation était une « combinaison gagnant-gagnant pour la société » qui contribue à sa prospérité tout en renforçant sa résilience.  Il a souligné que cette réalité d’autonomisation était une responsabilité qui doit être partagée entre la société, les familles et les individus.  Il a ensuite noté que l’objectif de « ne laisser personne à l’arrière » du développement était impossible à réaliser sans la réduction des inégalités et la promotion de l’inclusion sociale.  Il a en outre indiqué que l’autonomisation des populations allait de pair avec la perspective de rendre les gouvernements responsables et comptables de leurs actions et que cela n’était possible que dans des sociétés démocratiques qui promeuvent la participation des citoyens, y compris des groupes marginalisés.

SŒUR FABE, Fraternité Notre Dame, a déclaré que le chômage était le reflet d’une société en crise, et un phénomène qui encourage la criminalité.  Elle a souligné que la coopération entre les ONG et l’ONU avait permis d’ouvrir des foyers à l’intention des familles sans abri et de les aider à trouver un travail.  Elle s’est dite très préoccupée par le fait que la main-d’œuvre humaine soit de plus en plus remplacée par des machines et que l’obtention d’un emploi ne soit plus considérée comme un droit social.

Mme MARIE MANZANO, World Youth Alliance, s’est inquiétée, pour sa part, du taux élevé de chômeurs parmi les jeunes, qui atteint aujourd’hui 40%.  Cette situation, s’est-elle lamentée, engendre la perte de créativité chez les jeunes.  L’ingéniosité n’est pas exploitée lorsqu’une personne cherche constamment à rejoindre les deux bouts, a-t-elle notamment fait observer avant d’attirer l’attention sur l’importance de la lutte contre la pauvreté, de l’assainissement et de l’éducation.  Elle a aussi insisté sur le rôle que joue la famille en matière de lutte contre la pauvreté, y voyant un élément indispensable pour parvenir à créer des sociétés prospères et saines.  L’appui à la famille doit être une priorité absolue, a-t-elle souligné.

Mme MIRANDA FLEFIL, de l’association Alliance defense fund, une organisation à but non lucratif visant à défendre les droits de l’homme à travers le monde, a exhorté tous les gouvernements à lutter efficacement contre la corruption et à s’attaquer aux « racines mêmes du sous-développement » afin d’assurer l’intégration sociale et un travail décent pour tous.  Elle a ensuite invité les États Membres à reconnaître que la stabilité de la famille était la condition préalable pour assurer le bien-être des enfants, avant de préciser que les individus étaient la ressource la plus précieuse de nos sociétés.

Mme ALEXANDRIA FALZ, de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a souligné l’importance de l’objectif du plein emploi qui, a-t-elle dit, contribue à assurer l’autonomisation des familles.  Elle a noté que le journalisme avait un rôle important à jouer pour promouvoir la bonne gouvernance et le bon fonctionnement de nos sociétés.  Elle a cependant regretté que la crise économique ait causé la perte de nombreux emplois dans le secteur de la presse et que les groupes de médias privilégient de plus en plus leur profit financier, au détriment de l’information.  Par ailleurs, elle a plaidé pour que des mesures telles que l’adoption d’un salaire minimum et le respect du droit à se syndiquer soient adoptées.

M. MARK JOURDAN, du Global foundation for democracy and development, a soutenu que les petites entreprises étaient importantes pour le développement et qu’il faudrait mettre l’accent sur la productivité locale et l’inclusion sociale.  Il a cité un programme qui s’appuie sur cette approche en Républicaine dominicaine, notamment dans le domaine du recyclage des déchets.  Ces déchets, a-t-il précisé, servent à en faire des œuvres d’art.  Il a également indiqué que la Fondation créait des potagers biologiques qui génèrent des revenus à des communautés locales.  Avant de conclure, il a souhaité que les gouvernements puissent encourager l’autonomisation des populations en s’appuyant sur la promotion des économies locales, au niveau communautaire.

b) Examen des plans et programmes d’action pertinents des organismes des Nations Unies concernant la situation de certains groupes sociaux (A/69/61–E/2014/4, E/CN.5/2014/4, E/CN.5/2014/5, E/CN.5/2014/6 et E/CN.5/2014/7)

i) Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées

ii) Règles pour l’égalisation des chances des handicapés

iii) Programme d’action mondial pour la jeunesse

iv) Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement, 2002

V/ Questions, politiques et programmes relatifs à la famille

Débat général (suite et fin)

M. MIGUEL CAMILO RUIZ BLANCO (Colombie) a estimé qu’il était nécessaire d’établir des objectifs concrets afin de pouvoir promouvoir de meilleures politiques de développement social.  Il a insisté sur l’importance de la justice sociale, en se disant convaincu que les États étaient capables d’assurer le plein emploi.  Les gouvernements, a-t-il ajouté, doivent créer les conditions favorables à la pleine jouissance des droits des personnes handicapées.  Le représentant s’est inquiété des nombreux obstacles qui entravent la mise en œuvre du Plan d’action de Madrid et souligné qu’il était urgent de répondre aux besoins des personnes âgées.  Il a appelé à l’adoption d’un instrument juridiquement contraignant pour remédier à la fragmentation du système normatif actuel afin de promouvoir la pleine intégration sociale et économique des personnes âgées.

M. Ruiz Blanco s’est par ailleurs inquiété des problèmes que rencontrent les jeunes en matière de recherche d’emploi.  Il a aussi attiré l’attention sur le rôle central que joue la famille en matière de développement.  Les gouvernements doivent prendre des mesures visant à répondre aux défis que rencontrent les familles monoparentales ou constituées de deux parents d’un même sexe.  Le représentant a ensuite appelé les États Membres à veiller à la cohérence des débats de la Commission du développement social afin qu’ils aient un véritable impact sur les travaux de l’ECOSOC.

Mme DAYLENIS MORENO GUERRA (Cuba) a plaidé pour le renforcement de la coopération Sud-Sud, la coopération Nord–Sud et la coopération triangulaire afin de promouvoir les droits des personnes handicapées à travers le monde.  Elle a également souhaité que cette question soit intégrée dans le programme de développement pour l’après-2015.  Cuba, a-t-elle assuré, garantit l’inclusion sociale des personnes handicapées.  La représentante a précisé que ces personnes étaient des acteurs fondamentaux de la vie sociale et que les ateliers de formation professionnelle contribuent à assurer leur autonomisation professionnelle.  Elle a indiqué que l’inclusion sociale des personnes handicapées passait par l’éducation des familles et des communautés.  S’agissant des jeunes, elle a souligné que leurs préoccupations devraient être prises en compte dans le programme de développement pour l’après-2015.  La politique cubaine concernant les jeunes place les préoccupations de ce groupe de la population au centre de ses programmes de développement.  Elle a ensuite indiqué que 18,3% des Cubains étaient âgés de plus de 60 ans, comme le montre le recensement de 2012.  Les exigences des personnes âgées ont augmenté dans le pays, ce qui a poussé le Gouvernement cubain à créer des organismes spécialisés pour s’occuper des questions de cette couche sociale, a-t-elle fait remarquer.  En cette année marquant le vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, la représentante a rappelé que la famille était le socle de nos sociétés.  Elle a cependant déploré que les recommandations du Sommet mondial pour le développement social de Copenhague en 1995 soient restées lettre morte.

Mme GLORIA CID CARREÑO (Chili) a déclaré que son gouvernement avait lancé un plan d’action d’aide pour les personnes marginalisées qui met l’accent sur l’autonomisation.  Les politiques sociales ciblent en premier lieu des familles vulnérables et l’expérience du pays a démontré qu’il était plus efficace d’intervenir auprès des familles qu’auprès des individus.  Des programmes « exhaustifs » en faveur des personnes âgées ont été établis en vue de promouvoir leur autonomisation.  Ces personnes peuvent par exemple obtenir des soins à domicile.  Des progrès ont également été réalisés pour appuyer l’intégration des personnes handicapées.

Mme ELSA MUTTATHU, International Presentation of the Sisters of the Blessed Virgin Mary, s’est dite très préoccupée par le fait que les familles subissent de plus en plus les conséquences dévastatrices de troubles politiques, sociaux ou des changements climatiques.   Elle s’est également inquiétée du phénomène de fragmentation des familles.

La représentante a ensuite encouragé les gouvernements à adopter des mesures destinées à renforcer la cohésion des familles et à les intégrer dans les programmes de développement.  Elle a estimé qu’il était nécessaire de faciliter l’accès des familles aux services publics pour leur permettre de faire entendre leur voix et d’adopter des politiques qui tiennent compte de leurs besoins.  Elle a également attiré l’attention sur l’importance de privilégier la création de petites entreprises, de promouvoir un enseignement gratuit et universel et de prendre en compte la situation des familles lors de l’élaboration des politiques migratoires.

M. TAJ HAMAD, de l’ONG Universal peace Federation, a souligné que la famille était le socle pour l’épanouissement des adultes et le développement des enfants.  Il a souhaité que la gestion des conflits soit au centre des initiatives de développement et que la société prenne référence sur la complexité de la vie intrafamiliale, notamment dans le cadre de la prévention et de la résolution des conflits.  Il a indiqué qu’aucun programme gouvernemental ne pourrait se substituer aux parents et que les gouvernements devraient plutôt soutenir le rôle de ces derniers.  Il a affirmé que les parents jouaient un rôle clef pour instaurer la paix sociale et que la famille devait être reconnue comme un élément central du bien-être humain.

Mme SUSAN SOMERS, de International Longevity Center, a regretté que la croissance économique importante que connaît le monde ne permette toujours pas d’autonomiser les personnes âgées.  Elle a souhaité que les préoccupations des personnes âgées soient prises en compte, notamment celles des femmes âgées.

M. ABDULLAH AL HAZANA, Organisation du Croissant-Rouge et de la Croix-Rouge arabes, a dénoncé le fait que certaines denrées sont gaspillées pour maintenir le prix d’un produit.  Il a constaté que l’on ne parlait pas suffisamment des solutions économiques à apporter aux problèmes qui se posent pour la région.  Pour passer de la croissance économique à un développement durable, a-t-il estimé, de nouvelles mesures s’imposent afin de promouvoir les bonnes pratiques et éliminer les disparités entre les nouvelles économies et les économies plus anciennes.  Il a parlé de l’augmentation des taxes environnementales, avant d’attirer l’attention sur l’importance de l’agriculture et de la protection de l’environnement.  Il est également important, a-t-il souligné, de sensibiliser les populations à la question de l’eau pour le développement économique et social, en particulier dans le secteur de l’agriculture.

Mme CHRISTIANE BOURLOYANNIS-VRAILAS, Fondation Marangopoulos pour les droits de l’homme, a déclaré que l’éducation était au cœur de toutes les stratégies économiques ayant réussi.  Elle a estimé que la lutte contre la pauvreté devrait se fonder sur une approche de respect des droits fondamentaux des individus.  Il ne faudrait pas non plus perdre de vue le fait que l’éducation est essentielle pour faire respecter d’autres droits.  La représentante s’est dite alarmée par la situation que connaissent de nombreuses femmes et filles dans le monde et a exhorté les États Membres à consacrer les ressources nécessaires pour promouvoir l’éducation de ses dernières.

Mme BARBARA AMMIRATI, de l’organisation KinderdorfInternational, qui s’occupe des enfants dans 138 pays à travers le monde, a souligné que l’autonomisation des mères de famille était essentielle pour l’éducation des enfants et, par conséquent, pour contribuer au développement économique et social de leur pays.  Elle a cité l’exemple d’un programme mis en œuvre dans une communauté en Colombie qui avait permis d’augmenter l’emploi des femmes, grâce à des formations et autres initiatives d’autonomisation professionnelle dont elles ont bénéficié.  Elle a appelé tous les gouvernements à mettre en place des mesures garantissant l’accès aux services sociaux essentiels pour les enfants et les familles défavorisées, y compris toutes les couches défavorisées.  Elle a également plaidé pour la lutte contre la violence à l’encontre des enfants et pour l’éducation et la formation en faveur des enfants et des jeunes, afin de garantir leur inclusion sociale. 

Mme CELINE PARAMUNDA, de l’ONG MedicalMission Sisters, a relevé que les inégalités étaient un fléau non seulement pour les personnes qui en sont victimes, mais également pour toute la société.  Elle a déploré la concentration des richesses entre les mains d’une minorité et plaidé pour la mise en place de mesures de redistribution des richesses.  Elle a appelé la communauté internationale à adopter également des politiques pour éliminer tous les facteurs de discrimination et promouvoir une protection sociale efficace.  Les inégalités peuvent être réduites, a-t-elle rappelé, tout en précisant que sans justice, aucun développement ne serait possible.

Mme KATHERINA BRECHT, Forum de la mer Baltique, a expliqué que son ONG s’efforçait d’aider les régions où les communications étaient plus difficiles en Ukraine, au Bélarus et au Kazakhstan et encourageait la coopération entre les pays membres de l’Union européenne et les pays non membres, notamment dans les domaines de l’infrastructure, de l’urbanisme et de la culture.  Elle a appelé les États à privilégier l’échange des bonnes pratiques et à établir des partenariats étroits en faveur de la paix.  La représentante a aussi évoqué les contributions de la société civile à l’intégration sociale, avant de mettre l’accent sur le rôle de la coopération en matière de technologie.

Questions relatives au programme et questions diverses

Mme DANIELA BAS, Directrice de la Division du développement social, a présenté le projet de plan stratégique de la Division du développement social pour la période 2016-2017.  Elle a expliqué que le plan stratégique avait pour objectif de renforcer l’analyse en matière de politique sociale et de recherche afin de formuler des recommandations mieux ciblées.  La question du renforcement des capacités pour la mise en œuvre des politiques des États Membres sera également abordée, a-t-elle ajouté.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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