Pour M. Ban, la future mission de l’ONU en RCA doit d’inscrire dans un engagement international à long terme et s’accompagner d’une volonté politique des parties prenantes centrafricaines

21 mars 2014
SG/SM/15724-AFR/2841

Pour M. Ban, la future mission de l’ONU en RCA doit d’inscrire dans un engagement international à long terme et s’accompagner d’une volonté politique des parties prenantes centrafricaines

21/3/2014
Secrétaire général
SG/SM/15724 AFR/2841
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POUR M. BAN, LA FUTURE MISSION DE L’ONU EN RCA DOIT D’INSCRIRE DANS UN ENGAGEMENT INTERNATIONAL À LONG TERME

ET S’ACCOMPAGNER D’UNE VOLONTÉ POLITIQUE DES PARTIES PRENANTES CENTRAFRICAINES

On trouvera ci-après le message du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, prononcé par M. Babacar Gaye, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA),à l’occasion de la réunion du Groupe de contact international pour la République centrafricaine (RCA), à Brazzaville, le 21 mars 2014:

Je remercie l’Union africaine et le Médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale chargé de la crise en République centrafricaine, Son Excellence le Président Denis Sassou Nguesso, qui ont invité l’Organisation des Nations Unies à prendre part à la quatrième Réunion du Groupe de contact international pour la République centrafricaine.  Je remercie le Gouvernement et le peuple congolais d’accueillir cette importante réunion.

Un an après le changement anticonstitutionnel de Gouvernement en République centrafricaine, le pays reste plongé dans une crise profonde.  Les réfugiés et les déplacés se comptent par dizaines de milliers.  Des communautés entières sont en ruines.  Le pays est au bord de la faillite et risque une partition de fait.

Il incombe collectivement à la communauté internationale d’aider le Gouvernement de transition et le peuple de la République centrafricaine à mettre un terme aux massacres, à protéger les civils, à empêcher que le fossé qui sépare les communautés ne se creuse encore plus, à acheminer l’aide humanitaire et à rétablir le fonctionnement de l’État.

Je suis vivement encouragé par la volonté manifestée par le nouveau Gouvernement de transition de s’attaquer aux défis les plus urgents, tout en jetant les bases d’une paix et d’une stabilité à plus long terme.  Le soutien indéfectible des Centrafricains eux-mêmes sera indispensable ainsi que l’appui soutenu des pays voisins, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, de la région et de la communauté internationale dans son ensemble.  J’ai récemment eu l’honneur de rencontrer trois chefs religieux de la République centrafricaine, l’archevêque Dieudonné Nzapalainga, l’imam Omar Kobine Layama et le révérend Nicolas Guérékoyamé Gbangou.  J’ai été profondément impressionné par leur volonté d’engager le dialogue et d’œuvrer en faveur d’une coexistence pacifique entre toutes les communautés de la République centrafricaine.  Ils sont un exemple pour tout le pays.

Il y a aujourd’hui une semaine que le Gouvernement national de transition a commencé à élaborer une nouvelle constitution et il s’est donné trois mois pour l’achever avant de la soumettre à un référendum populaire.  L’Organisation des Nations Unies met ses compétences à disposition, comme elle l’a déjà fait par le passé pour l’élaboration du Code électoral et de la Charte de transition.  Il sera essentiel pour ce processus d’encourager la prise en charge par le pays des questions critiques devant recueillir une adhésion nationale.

Toutefois, pour réussir dans ce domaine et dans d’autres en ce qui concerne la reconstruction du pays, il est nécessaire de restaurer la sécurité.  Je me félicite de la création d’un Conseil national de sécurité qui définira et coordonnera les objectifs en matière de sécurité et de défense.  Je rends également hommage à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) et à la force Sangaris pour leur contribution vitale à la restauration de la paix et de la sécurité dans des quartiers de Bangui et ailleurs dans le pays.  Au début du mois, j’ai présenté au Conseil de sécurité une proposition visant à transformer la MISCA en opération de maintien de la paix de l’ONU au plus tôt vers la mi-septembre.  Entre-temps, j’ai renouvelé mon appel en faveur du déploiement immédiat de contingents et d’effectifs de police supplémentaires pour protéger les civils et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, conformément à l’initiative en six points que j’ai présentée au Conseil de sécurité le mois dernier.

Le déploiement d’une opération de maintien de la paix de l’ONU devrait s’inscrire dans un engagement plus large et à long terme de la communauté internationale.  Il devrait également s’accompagner d’une volonté politique des parties prenantes au niveau national de s’engager dans un processus politique sans exclusive visant à instaurer un environnement favorable à la mise en place d’une armée républicaine, à la reconstitution de la police et de la gendarmerie, au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration, à la réconciliation et à la tenue d’élections ouvertes à tous, justes et transparentes.  À cet effet, les acteurs nationaux doivent adhérer officiellement à un processus devant déboucher sur une vision consensuelle et sans exclusive de l’avenir du pays.  L’Organisation des Nations Unies se tient prête à faciliter un tel processus.

Nous devrions également envisager des moyens d’aider les autorités à améliorer la gestion des finances publiques et la responsabilisation des agents de l’État en s’attachant tout particulièrement au recouvrement des recettes fiscales, à la maîtrise des dépenses, et aux pratiques en matière de passation de marchés publics et d’attribution de concessions.

Pour aborder la crise dans tous ses aspects –sécurité, politique, droits de l’homme et humanitaire–, des financements seront indispensables.  Cependant, les donateurs n’ont contribué qu’à hauteur d’une petite fraction des annonces qu’ils ont faites ces derniers mois pour faire face aux besoins humanitaires, organiser les élections et appuyer la MISCA.  Par ailleurs, l’Union européenne n’a toujours pas déployé les 1 000 effectifs promis (EUFOR CAR).  J’invite instamment les États membres de l’Union européenne à fournir le reste des troupes et des moyens logistiques nécessaires au déploiement de la force.

J’exhorte la communauté internationale à fournir l’appui nécessaire pour concrétiser nos préoccupations par des actes.  Les populations de la République centrafricaine vivent dans la peur de mourir et craignent pour leur avenir.  À l’approche de la saison des pluies, leurs besoins vont se faire encore plus pressants.  Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher une situation déjà désespérée de se dégrader encore plus; unissons nos forces pour aider le peuple de la République centrafricaine à trouver le chemin de la reconstruction, de la réconciliation et de la paix.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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