« Les enfants doivent être armés de crayons et de manuels, non pas de fusils et de grenade », rappelle le Secrétaire général au débat sur les enfants et les conflits armés

7 mars 2014
SG/SM/15692-SC/11310

« Les enfants doivent être armés de crayons et de manuels, non pas de fusils et de grenade », rappelle le Secrétaire général au débat sur les enfants et les conflits armés

7/3/2014
Secrétaire général
SG/SM/15692 SC/11310
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« LES ENFANTS DOIVENT ÊTRE ARMÉS DE CRAYONS ET DE MANUELS, NON PAS DE FUSILS ET DE GRENADE », RAPPELLE LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL AU DÉBAT SUR LES ENFANTS ET LES CONFLITS ARMÉS

On trouvera ci-après les remarques du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, au débat que le Conseil de sécurité a tenu, aujourd’hui, sur les enfants et les conflits armés:

Je remercie le Ministre des affaires étrangères du Luxembourg, M.  Jean Asselborn, d’avoir organisé cet important débat thématique.

Je viens de rentrer de la Sierra Leone.  Le cas de ce pays illustre clairement la valeur de notre engagement.  Sous la direction du Conseil de sécurité, et grâce à la solidarité de la communauté internationale et à la participation active du peuple sierra-léonais, nous assistons à une transformation extraordinaire.

Le Conseil a pris plusieurs décisions sages et opportunes visant à déployer successivement des opérations politiques et de maintien de la paix et à accorder un appui au développement à long terme.  L’ONU a également aidé le Gouvernement à mettre en place le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, ce qui a été positif pour le pays et a permis d’apporter une contribution à la jurisprudence internationale.  Le Tribunal spécial et nos missions politiques et de maintien de la paix sont parvenus à leur terme, mais l’équipe de pays des Nations Unies continuera à appuyer la Sierra Leone sur la voie de la paix et du développement.

Il n’y a pas très longtemps, la Sierra Leone était plongée dans la guerre, et son simple nom évoquait le sort tragique des enfants en temps de conflit armé.  Comme l’a dit l’ancien enfant soldat Ishmal Beah,

« Qu’une personne soit abattue devant vous, ou que vous-même tiriez sur quelqu’un, cela devenait la même chose que boire un verre d’eau.  Les enfants qui refusaient de combattre, de tuer, ou qui laissaient voir quelques signes de faiblesse que ce soit étaient traités très durement.  Les émotions étaient interdites. »

Nous avons parmi nous un autre brillant jeune homme, M. Alhaji Babah Sawaneh.  Premier enfant soldat à s’être adressé au Conseil de sécurité, il est de nouveau avec nous aujourd’hui.

Ces exemples de transformation attestent du fait que si on leur en donne la chance, les anciens enfants soldats peuvent reconstruire leur vie et contribuer à consolider la paix dans leur pays

I1 y a 15 ans que le Conseil de sécurité a adopté sa première résolution thématique (résolution 1261 (1999)) sur le sort des enfants en temps de conflit armé.  Par cette résolution, la communauté internationale a envoyé un signal clair : les souffrances des enfants en temps de conflit armé sont inacceptables, qu’ils soient enfants soldats, esclaves sexuels, victimes dans les écoles et les hôpitaux, ou touchés d’une manière quelconque.  Ces atteintes enfreignent les droits de l’homme les plus fondamentaux.  Elles menacent aussi l’instauration d’une paix durable et le développement.

Je remercie le Conseil de sécurité d’avoir agi de manière décisive en créant un cadre solide en faveur des enfants touchés par les conflits armés.  Il a mis au point des outils concrets pour prévenir les violations graves contre les enfants, les combattre et y mettre fin.  Le mécanisme de surveillance et d’information nous montre bien la situation tragique qui est celle des enfants victimes de conflits armés.

Les équipes spéciales qui travaillent au niveau des pays et qui sont appuyées par les organismes des Nations Unies favorisent le dialogue avec les parties au conflit, ce qui est essentiel.  Ces équipes suivent la situation minutieusement et contribuent â la mise en œuvre des plans d’action.

I1 est également important que la protection des enfants fasse partie intégrante de l’activité des opérations de maintien de la paix et des missions politiques spéciales, ce qui suppose que les membres des contingents soient formés avant leur déploiement et que les moyens nécessaires soient systématiquement mis en place.

Hier, lors du lancement de la campagne « Des enfants, pas des soldats », qui est soutenue par ma Représentante spéciale, l’UNICEF et d’autres partenaires, les États Membres concernés ont renouvelé leur attachement au plan d’action; je ne peux que m’en féliciter.  Je demande à la communauté internationale d’apporter son concours à ces États et d’en faire une priorité.  Le système des Nations Unies s’efforcera d’autre part de mobiliser les acteurs non étatiques pour parvenir à mettre un terme au recrutement d’enfants.

Tous les enfants ont le droit d’être protégés, et non pas exploités.  Leur place est à l’école et non pas à l’armée ou dans des groupes de combattants.  Les enfants doivent être armés de crayons et de manuels, non pas de fusils ou de grenades.  Ceci m’amène à la question des écoles et des hôpitaux.  Ce sont des endroits où les enfants doivent pouvoir apprendre et recevoir des soins en toute sécurité.  C’est pourquoi notre politique de maintien de la paix interdit toute utilisation militaire des écoles par les forces de maintien de la paix.  Dans un trop grand nombre de zones de guerre dans le monde, les écoles et les hôpitaux ont été pris comme cibles ou pris entre deux feux.  Ce sont là de graves violations des droits de l’enfant à l’éducation, à la santé et à la vie.

En Syrie aujourd’hui, quelque 40% des hôpitaux publics ont cessé de fonctionner.  Beaucoup d’autres encore sont endommagés, et dans certaines zones, plus de la moitié des médecins sont partis.  Plus de 2 250 000 enfants ne sont plus scolarisés.  Une école sur cinq a subi des dégâts ou est occupée par des familles dont le conflit a fait des sans-abri.

Je me félicite de ce que le projet de résolution dont le Conseil est saisi aujourd’hui cherche à encourager l’élaboration de directives volontaires visant à empêcher l’utilisation militaire des écoles dans les zones de conflit.  J’engage instamment les États Membres à s’engager en faveur d’une plus grande protection par toutes les parties de ces installations essentielles dans les zones de conflit.

Nous devons également intensifier nos efforts de façon à ce que les auteurs de violations graves contre les enfants soient traduits en justice, en aidant notamment les États touchés à poursuivre les auteurs de violations.

Le projet de résolution dont le Conseil est saisi donne un nouvel élan précieux aux activités du Conseil en matière de protection des enfants dans les conflits armés.  Je compte sur le Conseil pour qu’il utilise tous les outils dont il dispose pour protéger les enfants se trouvant aux premières lignes des conflits et empêcher qu’une nouvelle génération n’ait à endurer les mêmes privations.  Laissons nos enfants être des enfants ayant des perspectives d’avenir et vivant dans la sécurité et la dignité.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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