Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur le Soudan et le Soudan du Sud

14 février 2014
SC/11282-AFR/2817

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur le Soudan et le Soudan du Sud

14/2/2014
Conseil de sécurité
SC/11282 AFR/2817
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

DÉCLARATION À LA PRESSE FAITE PAR LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

SUR LE SOUDAN ET LE SOUDAN DU SUD

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois de février, Mme Raimonda Murmokaitė (Lituanie):

Le 11 février, le Conseil de sécurité des Nations Unies a entendu un exposé du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, au sujet de la situation au Soudan et au Soudan du Sud, comme prévu par la résolution 2046 (2012) du Conseil.

Les membres du Conseil se sont félicités de la reprise, le 13 février, des négociations entre le Gouvernement soudanais et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) à Addis-Abeba, sous les auspices du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine ainsi que de la volonté déclarée des parties de négocier.  Ils ont rappelé les appels lancés au Gouvernement soudanais et au SPLM-N afin qu’ils mettent fin aux hostilités, engagent sans condition des pourparlers directs et constructifs et fassent les concessions nécessaires pour parvenir à un accord sur la fin du conflit dans les États du Kordofan méridional et du Nil Bleu, conformément aux dispositions de la résolution 2046 (2012) du Conseil.

Les membres du Conseil se sont félicités des rapports bilatéraux de plus en plus positifs entre le Soudan et le Soudan du Sud, dont la dernière manifestation en date a été le déplacement à Djouba, le 6 janvier, du Président Omar Bachir pour des pourparlers avec le Président Salva Kiir.  Ils ont pris acte de l’appui fourni dès le début de la crise actuelle par le Gouvernement soudanais au Gouvernement du Soudan du Sud, ainsi que de la contribution du Gouvernement soudanais à la recherche d’une solution durable à la crise dans le cadre des efforts déployés au niveau régional sous la direction de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), notamment son engagement à appuyer l’Accord de cessation des hostilités signé par les parties et son offre à participer au mécanisme de suivi et de vérification prévu.  Ils se sont également félicités de l’engagement pris par les deux Présidents d’appliquer l’Accord de coopération du 27 septembre 2012, notamment ses dispositions concernant le pétrole et la sécurité, mais ont noté avec préoccupation qu’aucun progrès n’était intervenu à cet égard depuis novembre 2013.

Les membres du Conseil se sont à nouveau déclarés profondément préoccupés par la gravité de la situation humanitaire dans les États du Kordofan méridional et du Nil Bleu.  Ils ont demandé à toutes les parties de s’abstenir de tout acte de violence contre des civils –notamment d’actes aveugles dans les zones civiles– et d’assurer sans délais un accès sans entrave aux organismes humanitaires afin qu’ils puissent rapidement apporter leur aide, et notamment procéder à des campagnes générales de vaccination, à tous les civils ayant un besoin urgent d’assistance, conformément aux dispositions applicables du droit international, y compris du droit international humanitaire, et des principes directeurs des Nations Unies concernant l’assistance humanitaire.

Les membres du Conseil ont remercié l’ancien Président sud-africain Thabo Mbeki ainsi que le personnel du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine et l’Envoyé spécial des Nations Unies, Haile Menkerios, et son équipe pour leur créativité et leur action incessante de médiation dans le cadre de ces pourparlers et accords.  Ils ont invité le Président Mbeki à venir s’exprimer devant le Conseil et à lui faire part de ses recommandations sur le sujet une fois qu’il aura fait rapport au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.

Les membres du Conseil se sont à nouveau déclarés gravement préoccupés par la très grande instabilité de la situation dans la zone d’Abyei et ont rappelé que, dans sa résolution 2046 (2012), le Conseil avait demandé au Soudan et au Soudan du Sud de mettre en œuvre les dispositions en suspens de l’Accord du 20 juin 2011 sur les arrangements administratifs et sécuritaires temporaires pour la zone d’Abyei, en particulier le redéploiement hors de la zone d’Abyei de toutes les forces du Soudan et du Soudan du Sud.  Ils ont particulièrement déploré l’attaque menée le 3 février dans le nord d’Abyei par l’Armée populaire de libération du Soudan et la Police nationale du Soudan du Sud.  À cet égard, ils ont exigé que le Soudan du Sud retire avec effet immédiat les forces de l’Armée populaire de libération du Soudan et de la Police nationale du Soudan du Sud se trouvant actuellement dans la zone d’Abyei et exigé à nouveau que le Soudan retire immédiatement les forces de police se trouvant à Diffra.

Les membres du Conseil ont insisté sur le fait que les parties devaient régler le différend qui les oppose au sujet du Conseil de la zone d’Abyei et créer immédiatement l’Administration de la zone d’Abyei et le Service de police d’Abyei.  Ils ont rappelé que, par sa résolution 2046 (2012), le Conseil avait décidé que le Soudan et le Soudan du Sud devaient reprendre les négociations sans condition, sous les auspices du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine et avec le soutien du Président de l’IGAD, afin de parvenir à un accord sur les points essentiels, notamment le statut final de la zone d’Abyei, et ont insisté pour que le Comité mixte de contrôle d’Abyei reprenne ses travaux.  Ils ont également exhorté le Soudan et le Soudan du Sud à réaffirmer leurs engagements en faveur de la création d’une zone frontière démilitarisée et sécurisée et de la création effective du Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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