Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur le Soudan du Sud

13 février 2014
SC/11278-AFR/2816

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur le Soudan du Sud

13/2/2014
Conseil de sécurité
SC/11278 AFR/2816
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

DÉCLARATION À LA PRESSE FAITE PAR LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SUR LE SOUDAN DU SUD

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois de février, Mme Raimonda Murmokaitė (Lituanie):

Le 11 février, les membres du Conseil ont été informés de la situation au Soudan du Sud par le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, et la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud et Chef de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), Hilde Johnson (qui s’est exprimée par vidéoconférence depuis Djouba).

Les membres du Conseil appuient sans réserve les efforts de médiation déployés par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et saluent l’ouverture, le 11 février, du deuxième cycle de négociations entre les chefs des deux parties au conflit sud-soudanais, négociations qui ont pour but de favoriser un dialogue politique sans exclusive et de promouvoir la réconciliation nationale en vue de l’instauration d’une paix durable et de l’état de droit au Soudan du Sud et durant lesquelles doivent être examinées les causes du conflit et les moyens d’empêcher une nouvelle aggravation de la violence et des divisions interethniques.  À cet égard, les membres du Conseil se félicitent des communiqués que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et les chefs d’État des pays membres de l’IGAD ont publiés, les 29 et 31 janvier respectivement, concernant la situation au Soudan du Sud. 

Les membres du Conseil se félicitent de la libération, le 29 janvier, de sept des dirigeants politiques qui avaient été emprisonnés, et souhaitent vivement que les quatre autres soient à leur tour remis en liberté afin qu’ils puissent prendre part, avec le Gouvernement, les personnalités politiques, la société civile, les femmes, les jeunes et les chefs traditionnels et religieux du pays, au dialogue politique et à la relance du processus d’élaboration de la Constitution.  Insistant sur le fait que ce dialogue ne peut aboutir que s’il est réellement ouvert à tous, ils demandent que toutes les personnalités politiques actuellement ou précédemment détenues soient autorisées à y participer, appuyant à cet égard l’intention des envoyés spéciaux de l’IGAD de faciliter une série de consultations à l’appui du dialogue national, comme les chefs d’État des pays membres de l’Autorité leur ont demandé de le faire. 

Les membres du Conseil rappellent l’Accord de cessation des hostilités conclu le 23 janvier et condamnent les violations commises par toutes les parties, violations qui ont exacerbé la violence, coûtant de nouvelles vies humaines, et aggravé les destructions.  Ils recommandent vivement la création du comité technique mixte auquel l’IGAD doit participer et le déploiement immédiat du Mécanisme de vérification et de surveillance.  Ils exigent que toutes les parties au conflit respectent scrupuleusement et sans plus attendre les dispositions de l’Accord de cessation des hostilités et coopèrent pleinement aux activités de vérification et de surveillance menées sous les auspices de l’Union africaine et de la MINUSS.  À cet égard, ils demandent le redéploiement ou le retrait progressif des forces alliées à chacune des parties, conformément aux dispositions de l’Accord, et mettent en garde contre les graves conséquences que pourrait avoir la régionalisation du conflit.  Par ailleurs, ils prennent notent avec une grande préoccupation des rapports du 10 février qui font état d’un recours aveugle aux armes à sous-munitions par les parties.

Les membres du Conseil condamnent fermement les violations généralisées des droits de l’homme et du droit international humanitaire qui ont été commises, notamment celles qui ont visé des civils en raison de leur appartenance à une ethnie ou à un groupe de population particuliers, ces violences ayant causé la mort de plusieurs milliers de personnes, entraîné le déplacement de centaines de milliers d’autres vers les bases de la MINUSS et dans tout le Soudan du Sud, et poussé des dizaines de milliers d’autres encore à trouver refuge de l’autre côté des frontières.  En outre, ils s’inquiètent de la détérioration de la situation humanitaire alors que la saison des pluies est imminente, ce qui, compte tenu de la crise alimentaire dont souffrent 3,7 millions de sud-soudanais, pourrait déstabiliser la région et provoquer une famine en 2015.  Ils appellent donc toutes les parties à s’abstenir de tout acte de violence envers les civils, en particulier les femmes et les enfants, et à faire en sorte que les organisations humanitaires puissent accéder sans entrave et en toute sécurité aux régions où se trouvent les populations dans le besoin et leur prêter assistance rapidement, et les engagent à respecter les principes directeurs des Nations Unies concernant l’aide humanitaire et les dispositions du droit international humanitaire.  Ils engagent également les parties à garantir la sécurité de l’infrastructure économique du pays, y compris celle des installations pétrolières, qui est indispensable à la fourniture des services publics, et demandent en particulier au Gouvernement sud-soudanais de pourvoir immédiatement à la construction de nouveaux camps d’accueil pour les personnes déplacées.  Ils prient de surcroît les États Membres de l’Organisation des Nations Unies d’allouer d’urgence des ressources importantes au financement de l’aide humanitaire au Soudan du Sud, notamment dans le cadre du plan d’intervention mis en place pour faire face à la crise dans ce pays.

Les membres du Conseil ont condamné la violence qui a fait trois morts parmi les agents humanitaires depuis le 15 décembre, et les multiples interférences de toutes les parties au conflit dans les activités humanitaires, y compris le pillage des biens et des fournitures humanitaires.  Ils ont également insisté sur les efforts sans prix de la communauté internationale, qui continue à apporter une assistance d’urgence aux populations qui en ont besoin, en particulier dans les zones isolées et dangereuses du pays. 

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur soutien indéfectible à la MINUSS et à la mission vitale qu’elle mène au nom de la communauté internationale pour protéger les civils au Soudan du Sud, y compris les ressortissants étrangers, s’assurer du respect des droits de l’homme et conduire des enquêtes, et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire jusqu’aux populations qui en ont besoin.

Les membres du Conseil ont condamné dans les termes les plus vifs tous les agissements des forces gouvernementales et des forces de l’opposition qui font obstacle aux activités de la MINUSS ou les empêchent et qui menacent son personnel, et ont insisté sur le fait qu’ils devaient tous cesser.  Ils ont condamné les violations de l’accord sur le statut des forces et rappelé qu’ils exigeaient de toutes les parties qu’elles coopèrent pleinement avec la MINUSS, cessent de faire obstacle à l’exécution de son mandat et respectent l’inviolabilité de ses sites de protection, de ses aéronefs et de ses véhicules, ainsi que l’augmentation de ses effectifs militaires et de police en application de la résolution 2132 (2013).  À cet égard, ils ont renouvelé l’appel lancé au Gouvernement sud-soudanais afin qu’il accepte immédiatement ces effectifs militaires et de police supplémentaires, sans conditions et quel que soit leur pays d’origine.  Ils ont souligné que les menaces et les attaques armées visant le personnel et les locaux des Nations Unies sont inadmissibles et peuvent constituer une violation du droit international.

Les membres du Conseil ont déclaré que des activités relatives à la surveillance du respect des droits de l’homme, aux enquêtes et à l’établissement de rapports menées de manière indépendante et publique peuvent contribuer à prévenir de nouvelles violations et atteintes et à ouvrir la voie à la justice, à l’établissement des responsabilités, à la fin de l’impunité, à la réconciliation et à l’apaisement parmi toutes les communautés sud-soudanaises.  Ils se sont à ce titre félicités des avancées réalisées dans la constitution d’une commission d’enquête de l’Union africaine et de la présentation attendue du premier rapport de la MINUSS sur la situation des droits de l’homme, la semaine prochaine.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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