Population et développement: de nombreuses délégations soulignent la contribution essentielle des jeunes au développement durable

9 avril 2014
POP/1028

Population et développement: de nombreuses délégations soulignent la contribution essentielle des jeunes au développement durable

9/04/2014
Conseil économique et social
POP/1028
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la population et du développement            

Quarante-septième session                                  

6e & 7e séances – matin & après-midi

POPULATION ET DÉVELOPPEMENT: DE NOMBREUSES DÉLÉGATIONS SOULIGNENT

LA CONTRIBUTION ESSENTIELLE DES JEUNES AU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Un des domaines prioritaires du Programme d’action* de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) du Caire, l’accès des jeunes à l’éducation, à l’emploi, à la santé sexuelle et reproductive, a constitué une partie importante des discussions d’aujourd’hui au sein de la Commission de la population et du développement.

Plusieurs interventions de jeunes conduisant des délégations d’États Membres ou d’ONG ont été fortement applaudies tout au long de la journée, la troisième de la quarante-septième session de la Commission.

Ce fut en particulier le cas du jeune délégué des Pays-Bas, qui a reconnu être « privilégié de grandir dans un pays où il peut être lui-même et où sa sexualité ne pose pas de problème ».  La mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD « doit permettre à tous les jeunes de vivre une vie similaire », a-t-il déclaré. 

Autre temps fort de la réunion, lorsque cette représentante de Global Youth Action Network a appelé les États Membres à donner un accès libre à une éducation sexuelle complète à tous les jeunes.  « Ce droit fait défaut dans les régions où elle est la plus nécessaire », a-t-elle souligné, refusant que l’on se serve de la culture pour nier ces droits aux jeunes et laisser se poursuivre les violences sexistes ou domestiques contre les jeunes.

« Nous devons reconnaître l’énorme potentiel de la plus grande génération de jeunes de toute l’histoire de l’humanité et leur contribution, en tant que citoyen actif, au développement durable », avait affirmé, en préambule, l’Envoyé du Secrétaire général pour la jeunesse, Ahmad Alhendawi.

« Les jeunes ne sont pas seulement un fait démographique.  Ils sont notre plus grand bien et notre chance.  Les jeunes ne demandent pas de soutien, ils demandent des investissements qui leur permettent de passer au mieux les différents caps de leur vie, de développer leur capital humain et de participer aux efforts visant à offrir à tous égalité, opportunités et droits. » 

Comme hier, la Commission de la population et du développement a entendu, dans le cadre de son débat général, auquel participaient de nombreux ministres, l’expérience des pays dans la mise en œuvre du Programme d’action du Caire.

En prévision de l’examen ministériel annuel du Conseil économique et social (ECOSOC) qui a aura pour thème l’« Urbanisation durable », le Vice-Président de l’ECOSOC, M. Oh Joon, a expliqué la réforme du Conseil qui a reçu pour tâche de promouvoir l’intégration des dimensions économique, sociale et écologique du développement durable tant dans le système des Nations Unies qu’au-delà. 

La Chef de la Section de la fertilité et de la planification familiale au sein de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales (DAES), Mme Ann Biddlecom, s’est attachée à démontrer la manière dont les dynamiques démographiques influent sur les défis actuels et émergents de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) au-delà de 2015. 

Dans la matinée, les délégations avaient participé à une table ronde sur le thème « Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement au-delà de 2014: un agenda inachevé ».

Adopté en septembre 1994, le Programme d’action du Caire repose sur un ensemble de principes fondamentaux établissant un nouveau modèle pour la population et le développement qui est axé sur l’être humain et imprègne tous les aspects concernés de la condition humaine. 

La Commission de la population et du développement poursuivra son débat général demain, à partir de 10 heures.

* A/CONF.171/13/Rev.1

L’EXPÉRIENCE DES PAYS DANS LE DOMAINE DE LA POPULATION

Déclarations

AHMAD ALHENDAWI, Envoyé du Secrétaire général pour la jeunesse, a souligné que l’histoire de l’éducation a présenté plusieurs visages.  S’il y a eu des progrès importants dans l’accès à l’éducation primaire, en particulier pour les filles, il y a encore des problèmes dans le monde s’agissant de la qualité de l’éducation.  L’éducation coûte de plus en plus cher et trop souvent, elle dote les jeunes de compétences de moins en moins demandées par un marché en constante mutation.  Dans plusieurs régions, l’éducation secondaire reste un défi pour les jeunes filles à cause de la discrimination sexuelle.  Améliorer la qualité de l’éducation formelle et informelle devrait être une priorité de la CIPD après 2014 et du programme de développement pour l’après-2015.  Renforcer le système éducatif et s’attaquer aux inégalités est fondamental pour libérer le potentiel des jeunes, a insisté l’Envoyé du Secrétaire général.

En ce qui concerne l’emploi, il a dénoncé le fait que les jeunes sont surreprésentés dans la catégorie des sans-emploi, dans le travail informel ou peu rémunéré.  Les jeunes représentaient, a-t-il précisé, 40% des 197 millions de chômeurs en 2012 et plus de 75 millions de jeunes sont toujours au chômage aujourd’hui.  Il ne s’agit pas seulement de chiffres mais aussi des ravages psychologiques dans une génération.  « Je crains une génération perdue si on ne fait pas davantage », a prévenu l’Envoyé. 

Quelque 600 millions d’emplois doivent être créés dans le monde pendant le délai qui sera imparti au nouveau programme de développement pour absorber les niveaux actuels de chômage.  Les gouvernements et le secteur privé doivent répondre à cette crise de l’emploi chez les jeunes.  Ils doivent aider les jeunes entrepreneurs, ceux qui ont décidé d’être innovateurs et non seulement demandeurs d’emplois.

Après avoir dénoncé les retards dans l’égalité des sexes, l’Envoyé du Secrétaire général a, s’agissant de l’accès des jeunes à la santé sexuelle et reproductive, reproché aux agents de santé leur tendance à porter un jugement et leur manque de compétences pour travailler avec les jeunes dans le respect, la sensibilité et la confidentialité.  Plus de 15 millions de jeunes de 15 à 19 ans donnent naissance tous les ans, sachant qu’une grande partie des grossesses chez les adolescentes résultent de rapports sexuels non consentis.  Quarante et un pour cent des nouvelles infections au VIH dans le monde concernent les jeunes.  Le taux des avortements non médicalisés reste très élevé parmi les filles et les jeunes femmes, aussi la grossesse et l’accouchement sont la première cause de décès chez les jeunes filles de 15 ans à 19 ans dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. 

Les jeunes doivent avoir accès à l’information, à l’éducation et aux services sur la santé sexuelle et reproductive, y compris l’accès à la contraception.  Une éducation sexuelle qui met l’accent sur l’égalité des sexes et les droits de l’homme est essentielle pour protéger les jeunes des grossesses non désirées, du VIH et des maladies sexuellement transmissibles (MST).  Elle est essentielle pour promouvoir l’égalité des sexes, le respect mutuel, la tolérance et la non-violence, et pour planifier la vie et développer des comportements sains tout au long de la vie.

Aujourd’hui, a poursuivi l’Envoyé du Secrétaire général, les jeunes sont plus connectés au monde que n’importante quelle génération avant eux.  Les jeunes appréhendent les défis qui se présentent à eux de manière totalement inédite et y répondent avec enthousiasme et imagination.  Avec les bons investissements, les jeunes peuvent réaliser leur potentiel en tant qu’individus, leaders et agents du progrès.  Ils ont le potentiel de transformer les chances sociales et économiques de leurs communautés, en particulier dans les pays les moins avancés.  Le monde, a insisté l’Envoyé, a besoin de leur énergie, de leur implication et de leurs compétences.

L’expérience de ces dernières années montre que la génération actuelle veut être entendue dans tous les processus de prise de décisions à tous les niveaux.  Des structures d’autonomie et d’implication des jeunes doivent être créées et renforcées.  Il est aussi important d’impliquer les jeunes dans la mise en œuvre, le contrôle et l’évaluation des politiques et des actions décidées en leur faveur.

Nous devons, a conclu Ahmad Alhendawi, reconnaître l’énorme potentiel de la plus grande génération de jeunes de toute l’histoire de l’humanité et leur contribution, en tant que citoyen actif, au développement durable.   Les jeunes ne sont pas seulement un fait démographique.  Ils sont notre plus grand bien et notre chance.  Les jeunes ne demandent pas de soutien, ils demandent des investissements qui leur permettent de passer au mieux les différents caps de leur vie, de développer leur capital humain et de participer aux efforts visant offrir à tous égalité, opportunités et droits. 

M. NANDI TUAINE GLASSIE, Ministre de la santé, des affaires intérieures, des services parlementaires et du Bureau de l’Ombudsman des Îles Cook, qui s’exprimait au nom des États du Pacifique, a exprimé la détermination de ces pays à refonder la Conférence internationale sur la population et le développement du Caire (CIPD) après 2014 et à renforcer leurs perspectives de développement durable, la région abritant les populations parmi les plus vulnérables du monde.

Le Ministre a ainsi rappelé les engagements pris en août 2013 dans la Déclaration de Moana, adoptée lors de la Conférence interparlementaire du Pacifique pour le plaidoyer de la CIPD.  Les États du Pacifique ont également, a-t-il dit, réaffirmé leur engagement à s’attaquer à leur vulnérabilité face aux effets des changements climatiques.

M. Glassie a souligné que le Document final de la Conférence régionale Asie-Pacifique sur la population de 2013, à Bangkok, était un texte fondamental en vue de refonder la CIPD au-delà de 2014, ainsi que le programme de développement pour l’après-2015. 

M. THAVRAK TUON (Cambodge) a noté que le Cambodge a connu des progrès dans la mise en œuvre du Programme d’action du Caire, notamment dans des secteurs tels que la réduction de la mortalité maternelle, du déclin de la fertilité, de l’égalité des genres et du contrôle de l’épidémie du VIH/sida.  Il a également salué le fait que le rapport national du Cambodge, sur la mise en œuvre du Programme d’action du Caire, ait été reconnu comme en cohérence avec la résolution 65/234 de l’Assemblée générale sur le suivi de la mise en œuvre du Programme d’Action au-delà de 2014.  Il a assuré que le prochain plan stratégique national de développement du Cambodge allait tenir compte des nouveaux défis du développement afin de renforcer l’intégration des questions de population dans le programme global de développement du pays.

Mme JUDITH ALPUCHE, Directrice générale au Ministère du développement humain, de la transformation sociale et de la réduction de la pauvreté de Belize, a dit que les droits de l’homme sont les principes directeurs de « Horizon 2030 », le plan de développement national de Belize.  C’est à cette aune que la politique nationale sur le genre a été revue pour se concentrer en particulier sur la modernisation des programmes de filet de sécurité nationale.  Dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, le partenariat entre le Gouvernement et la société civile a permis d’élargir l’accès aux services.  Mme Alpuche a également noté l’importance de l’Association de la vie familiale de Belize qui, avec son programme de santé maternelle et infantile, a permis d’atteindre l’objectif de zéro mort à la naissance entre 2011 et 2013. 

M. AHMAD JAN NAEEM, Vice-Ministre de la santé de l’Afghanistan, a annoncé que pour les filles et les femmes, des progrès ont été réalisés en particulier en matière d’éducation et de gouvernance démocratique.  Le pays compte 3 femmes ministres, 6 députées et une responsable exécutive dans un organisme d’État.  Soixante-huit des 249 ou 27% membres du Parlement sont des femmes.  Il a noté l’enthousiasme des femmes et des hommes aux dernières élections du 5 avril 2014.

Une stratégie nationale de santé reproductive a été élaborée pour la période 2012-2016, a-t-il dit.  La Commission nationale indépendante des droits de l’homme est en place et est présidée par une femme.  Les campagnes nationales de vaccination ont atteint toutes les provinces et les districts.  La couverture santé est passée de 9% de la population en 2003 à plus de 60% en 2013.

En matière d’éducation, 4 000 écoles ont été construites durant les neuf dernières années et 4 900 sont en cours de construction.  Une Stratégie nationale multisectorielle de la jeunesse a été développée mais le Gouvernement a appris que la sécurité est le fondement du développement socioéconomique.  En Afghanistan, la situation en matière de sécurité a rendu difficiles les progrès.  La transition vers le programme de développement pour l’après-2015, l’appropriation nationale et les partenariats internationaux sont essentiels pour la Décennie de transformation 2015-2024, a souligné le Vice-Ministre.

Mme ELONA GJEBREA HOXHA (Albanie) a indiqué que l’Albanie a lancé son premier programme visant à offrir un examen de santé gratuit pour tous les Albanais de 40 ans et plus.  En matière de santé reproductive, le Ministère de la santé a lancé le 24 juillet 2012 une Stratégie nationale pour une contraception saine dans le cadre d’efforts concertés entre l’Albanie et le FNUAP.  La représentante a cité le lancement de plusieurs campagnes de sensibilisation encourageant l’utilisation de modes de contraception modernes.  Elle a cité des actions visant les groupes vulnérables et tout particulièrement la santé des populations roms.  En collaboration avec l’UNICEF, le Ministère de la santé continue d’organiser des visites à domicile dans l’intérêt de la santé et du développement des enfants roms.  Elle a aussi cité les efforts de son pays pour s’adapter aux défis du vieillissement de la population.

Mme ANA PAULA DA SILVA DO SACRAMENTO NETO, Secrétaire d’État à la famille et à la promotion des femmes de l’Angola, a appelé à travailler de concert pour placer les droits de l’homme et l’égalité des sexes au centre de l’examen de la CIPD et du programme de développement pour l’après-2015.  L’Angola a pris des mesures dans les secteurs sociaux comme la santé reproductive, l’éducation et l’assainissement, ainsi que dans le domaine de l’emploi productif.  Les questions de population sont multisectorielles et multidimensionnelles par nature, a-t-elle remarqué, et elles sont liées de manière intrinsèque à la croissance économique et au développement.

Détaillant les politiques menées par son pays, elle a parlé de ses efforts de promotion du développement des jeunes et d’autonomisation des femmes.  Il existe un Ministère de la famille et de la promotion des femmes, a-t-elle ajouté.  Mme Sacramento Neto a ensuite mentionné les progrès réalisés dans le secteur de la santé, notamment grâce à l’amélioration des centres de soins.  Nous avons réussi à réduire les taux de mortalité maternelle et infantile, s’est-elle réjouie avant de parler de son Plan national stratégique sur la santé reproductive et de son programme de prévention du VIH/sida.  En ce qui concerne la CIPD d’après-2014, elle a invité à ne pas tenter d’imposer des concepts sociaux qui ne sont pas agrées au plan international.

M. ZHANG YANG (Chine) a rappelé que la Chine, pays en développement qui compte 1,36 milliard d’habitants, s’efforce d’adopter une approche holistique centrée sur le développement humain.  Elle s’est targuée de résultats impressionnants dans la mise en œuvre des engagements de la CIPD et des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  La Chine a pu contrôler la croissance excessive de sa population, réduire le taux de fertilité au niveau du seuil de remplacement et ainsi réussir sa transition démographique.  Elle a aussi mentionné la réduction des taux de mortalité maternelle et infantile pour atteindre les OMD pertinents.  Elle a parlé des efforts déployés pour réduire la pauvreté en Chine, qui ont fait passer le nombre de pauvres de 208 millions en 2002 à 62 millions en 2010.  Le Gouvernement chinois attache également une grande importance aux personnes âgées auxquelles elle offre une couverture médicale complète. 

La Chine a formulé un Plan national pour une urbanisation d’un genre nouveau 2014-2020, afin de centrer l’urbanisation croissante sur les personnes.  En ce qui concerne les services de santé reproductive et de planification familiale, le Gouvernement a adopté en 2001 une loi et un règlement qui permet aux femmes de faire des choix informés sur la contraception et qui leur garantit santé et sécurité.  Le pays a également fait des progrès en matière de vaccination, de santé infantile et maternelle, ainsi que dans la transmission du VIH de la mère à l’enfant.  Dans le même temps, la Chine améliore sa politique de fertilité pour l’ajuster avec les changements démographiques.  La représentante n’a cependant pas nié les défis auxquels est confronté son pays en termes démographiques, avec une population qui continue de croître et qui devrait atteindre 1,46 milliard aux alentours de 2030.  Pendant longtemps encore il y aura des tensions entre la population, les ressources et l’environnement, a-t-elle prédit.  L’équilibre à long terme dépend de l’intégration de la croissance économique, de la protection des droits de l’homme et de la promotion de l’égalité des sexes, a-t-elle ajouté. 

M. MOOTAZ AHMADEIN KHALIL (Égypte) a rappelé que 20 années auparavant, en 1994, les représentants de 179 gouvernements ont conçu le Programme d’action du Caire.  Il a noté que l’extension unanime de ce Programme d’action, au-delà de 2014, témoigne de l’importance de ses objectifs et constitue une reconnaissance du besoin urgent de renforcer sa mise en œuvre.  Il a relevé qu’en tant que pays arabe le plus peuplé du monde, et nation la plus densément peuplée d’Afrique du Nord, l’Égypte considère que les questions de population sont une priorité nationale de la plus grande importance, comme en témoigne l’article 41 de la Constitution adoptée en janvier dernier, qui stipule que les questions de population sont au cœur des politiques nationales de développement durable du pays. 

Il a rappelé que les jeunes constituent le tiers de la population mondiale, 55% de la population du monde arabe et le cinquième de celle de l’Afrique.  Il a de ce fait rappelé que les évènements politiques qui se sont déroulés en Égypte et au Moyen-Orient ces trois dernières années ont permis de voir que les jeunes ont porté la voix de leur nation.  Il a appelé la communauté internationale à s’engager davantage pour la mise en œuvre du Programme d’action du Caire, dans le respect des lois et priorités propres à chaque pays, précisant aussi qu’essayer d’imposer des priorités était moralement inacceptable et contraire au consensus qui avait prévalu en 1994 lors de l’adoption du Programme d’action du Caire.

Mme MIATTA B. KARGBO, Ministre de la santé et de l’assainissement de la Sierra Leone, a affirmé que le Programme pour la prospérité était un cadre pour la mise en œuvre de la CIPD après 2014.  La Ministre a remercié les partenaires, comme le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), et les bailleurs de fonds pour avoir aidé son pays à mettre en œuvre les programmes adéquats.  L’emploi des jeunes reste un vrai problème à régler, a-t-elle dit.  De même un système de santé renforcé est nécessaire pour espérer réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  L’élan acquis doit être conservé en Sierra Leone, a-t-elle ajouté, estimant que les comportements des hommes et des femmes devaient changer.  Il faut bâtir un véritable système de santé, a-t-elle insisté.

Parce que les droits à la santé sexuelle et reproductive sont importants, a dit Mme INGRID SKJØTSKIFT (Norvège), la Norvège reste engagée à mettre en œuvre les promesses du Caire.  Elle a aussi expliqué que la fille, la femme et l’homme qui sont informés de leurs droits sexuels et reproductifs sont mieux outillés dans leur prise de décisions, et cela profite à toute la communauté qui connaît ainsi le progrès social et économique.  Elle a souligné qu’en Norvège, l’éducation sexuelle des jeunes se fait dans les écoles, dans des cliniques spécialisées pour jeunes et dans des structures de santé ouvertes au grand public.  Elle s’est félicitée de ce que ces programmes permettent ainsi aux jeunes de suivre leur cursus scolaire normalement et de contribuer, plus tard, à la croissance économique et au bien-être de la société.  Elle a déploré le fait que chaque année, 50 000 femmes meurent et 4 millions d’autres sont affectées par les conséquences des avortements illégaux.  « Nous avons l’obligation morale de respecter les droits de la femme à décider elle-même du mariage et des grossesses », a-t-elle plaidé.  Elle a indiqué que les engagements pris en faveur des filles et femmes du monde doivent être appuyés par des ressources et la redevabilité.

M. CHRISTOPHER GRIMA (Malte) a indiqué qu’avec 1 300 personnes par mètre carré, Malte a la plus grande densité de population au monde, laquelle exerce une pression énorme sur les ressources et les infrastructures.  Dans ce contexte, le vieillissement de la population représente l’une des transformations socioéconomiques les plus frappantes et l’un des plus grands défis auxquels est confronté le pays.  Près du quart de la population maltaise a 60 ans et plus.  Mais, a affirmé le représentant, c’est aussi une opportunité.   Une population vieillissante, s’est-il expliqué, n’est jamais qu’un indicateur de progrès socioéconomique, un résultat de la science et des politiques publiques qui ont concouru à allonger l’espérance de vie et à maintenir de bons niveaux de santé, d’indépendance et d’autonomie jusqu’au troisième âge.  Ce fait est repris dans la Stratégie nationale sur le vieillissement actif, a souligné le représentant.

Il a poursuivi en considérant qu’il faut traiter de l’éducation sexuelle et reproductive de manière globale, en tenant compte des aspects physique, affectif, social et culturel.  Malte, a dit le représentant, vient de légaliser l’union civile pour les couples du même sexe.  Elle estimé que le meilleur moyen de traiter de toute la diversité des questions liées à la santé reproductive est l’éducation.  Le pays vient de finaliser une série de directives à l’intention des enseignants et pour être sûr de toucher les jeunes, un site Internet vient d’être créé.   Le représentant a donc regretté qu’alors que le Programme d’action du Caire a été le premier et seul document à définir le droit à la santé sexuelle et productive tout en respectant l’éthique, l’on voie aujourd’hui des tentatives de redéfinir l’esprit et l’équilibre des dispositions pertinentes.  Malte, a-t-il prévenu, souligne que toute discussion sur les droits et services liés à la santé reproductive doit avoir lieu dans le cadre du droit fondamental le plus important, à savoir le droit à la vie qui s’étend à l’embryon dès le moment de sa conception.  En conséquence, le recours à l’avortement comme moyen de résoudre un problème de santé et un problème social est un déni de ce droit et le Programme d’action du Caire ne dit pas autre chose, a affirmé le représentant. 

Mme URSULA MÜLLER, Directrice générale pour les questions politiques et la gouvernance politique de la coopération bilatérale de développement au Ministère fédéral de la coopération économique et du développement de l’Allemagne, a notamment souligné que l’éducation sexuelle était essentielle pour permettre aux jeunes de se protéger contre les grossesses précoces, le VIH/sida et les maladies sexuellement transmissibles (MST).  Elle a fait état de la baisse du taux de fécondité dans son pays, le vieillissement de la population étant considéré comme un des plus grands défis de l’économie allemande et de sa viabilité.  Le Gouvernement fédéral a lancé en 2012 un dialogue avec les secteurs sociaux, la société civile, les universités, les syndicats, les premiers résultats étant déjà mis en œuvre.  Les changements démographiques et le vieillissement de la population imposeront de grands défis aux gouvernements concernés, a-t-elle ajouté, notant que l’Allemagne, qui a la population la plus âgée en Europe, entendait poursuivre sa stratégie démographique.  Une société vieillissante n’entraîne pas forcément une baisse de la qualité de vie, a-t-elle en particulier fait observer en conclusion. 

Mme LIZ MAGUIRE, de l’IPAS, a rappelé que plus d’un million de femmes et de jeunes filles sont mortes et 100 millions autres frappées de séquelles depuis 1994 à cause des avortements clandestins.  C’est intolérable que ces morts interviennent au XXIe  Siècle alors qu’elles peuvent être prévenues avec des technologies accessibles.  Elle a rappelé que les taux de mortalité maternelle sont plus élevés dans les pays où la loi sur l’avortement est restrictive.  Si l’on ne change pas ces lois, des millions de femmes continueront de risquer leur vie et santé tous les ans.  « La loi doit aider et non empêcher les femmes de choisir », a-t-elle conclu. 

Mme MERON HAGOS, Marie Stopes International Ethiopia (MSIE), a salué la volonté politique du Gouvernement de l’Éthiopie qui a permis de réaliser des progrès dans la promotion des droits à la santé sexuelle et reproductive.  Elle s’est dit fière des résultats obtenus dans ce pays et a suggéré que cet exemple soit copié dans d’autres endroits du monde.  Chacun doit avoir accès à des services de santé, a-t-elle préconisé pour éviter le nombre de morts après les avortements non médicalisés et les grossesses non désirées. 

Mme SABRINA FRYDMAN, d’Amnesty International, a espéré qu’au terme de la quarante-septième session de la Commission, une résolution forte et des décisions concrètes seront adoptées.  Le respect des droits de l’homme et des droits sexuels et reproductifs est essentiel pour le développement, a-t-elle dit.  Elle a fait état d’une pétition d’Amnesty International exigeant que les gouvernements du monde entier accordent la priorité aux droits sexuels et reproductifs des jeunes dans le programme de développement pour l’après-2015.  Les jeunes femmes doivent jouer un rôle de premier plan dans les processus de prise de décisions, a-t-elle notamment déclaré.

Table ronde sur le thème « Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement au-delà de 2014: un agenda inachevé »

L’« agenda inachevé » pointe sur trois priorités, a estimé le Directeur du Centre islamique international pour les études et la recherche sur la population de l’Université Al Azhar en Égypte.  La première priorité est d’investir dans les jeunes, la part la plus importante de la population mondiale, notamment africaine.  La deuxième priorité est la lutte contre les violences et les discriminations à l’égard des femmes et des filles et la troisième est d’intégrer les questions relatives aux droits à la santé sexuelle et reproductive dans le prochain Programme d’action au-delà de 2014 et dans le programme de développement pour l’après-2015.   

Car comment peut-on participer à cette session et nier aux jeunes filles leurs droits à la santé sexuelle et reproductive? s’est demandée la Directrice régionale de la Fédération internationale pour la planification familiale.  Sommes-nous, à ce point, insensibles aux inégalités que subissent les jeunes filles?  Sommes-nous conscients du coût des violences pour les jeunes filles et leur pays?  Pourquoi cette résistance aux droits des jeunes, à l’heure d’Internet?  L’éducation sexuelle, a asséné l’oratrice, ne pousse pas les jeunes à multiplier les relations sexuelles.  Bien au contraire, elle les décourage et les rend plus prudentes face aux risques pour leur santé.  Quelle sorte d’héritage culturel ou religieux souhaitons-nous transmettre à la génération future?  Comment faire en effet, a demandé la représentante du Népal, pour que la religion et la culture n’inhibent pas les droits de la femme.

« Le monde est pluraliste et pluriel », a répondu la Directrice régionale de la Fédération internationale pour la planification familiale qui a suggéré la mise en place d’espaces où chacun est libre d’avoir ou non une religion.  Le fait est que nous avons des a priori parce que nous n’avons pas d’informations suffisantes sur les religions et les cultures, a ajouté le Directeur du Centre islamique international pour les études et la recherche sur la population de l’Université Al Azhar en Égypte.  Il faut lancer des débats avec les jeunes, a suggéré le Représentant d’El Salvador, et les élargir aux domaines socioéconomiques.  Peut-être faudra-t-il, a dit la Directrice de la planification de la Jamaïque, concentrer les efforts plutôt chez les garçons que chez les filles. 

Il nous faut des partenariats avec la société civile, a dit la Directrice générale du Centre de formation, de recherche et de développement en sciences de la santé du Nigéria.  Il nous faut aussi des financements, en particulier pour les projets en faveur des femmes.  L’aide publique au développement (APD) doit être prévisible et les financements doivent aller là où ils sont les plus nécessaires.  Pour ce faire, il faut, a estimé le représentant de Tonga, que les femmes soient dans tous les organes du pouvoir dont les parlements pour diriger leur pays avec les hommes. 

La Directrice du Conseil national de la population de l’Égypte a indiqué que son pays a pu mettre en place divers programmes d’information et de sensibilisation sur les droits des jeunes à l’éducation, à la santé dont la santé sexuelle.  Une stratégie a aussi été mise en place contre les mutilations génitales féminines.

LA PLACE DES QUESTIONS DE POPULATION ET DE DÉVELOPPEMENT DANS LE THÈME RETENU POUR L’EXAMEN MINISTÉRIEL ANNUEL DE 2014

Déclarations

M. RON PROSOR (Israël) a affirmé que l’autonomisation des femmes était une partie intégrante des droits de l’homme fondamentaux.  Il s’agit, a-t-il dit, du droit des femmes à avoir le contrôle de leur corps, à vivre à l’abri de la violence, à être une voix dans leur communauté, à choisir quand et avec qui se marier et à décider du nombre de leurs enfants.  Garantir les droits sexuels et reproductifs est une condition indispensable au développement durable, a-t-il ajouté.  M. Prosor a conclu son intervention en entonnant un refrain de la chanson de John Lennon « Imagine », aux « paroles immortelles », selon lui: « Imagine all the people/Sharing all the world… ».

M. OH JOON, Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a expliqué la réforme de l’ECOSOC qui a reçu pour tâche de promouvoir l’intégration des dimensions économique, social et écologique du développement durable tant dans le système des Nations Unies qu’au-delà.  Pour ce faire, l’ECOSOC a créé le « Segment intégration » pour consolider les apports des États Membres, de ses organes subsidiaires, du système de l’ONU et autres parties prenantes; promouvoir une intégration équilibrée des trois dimensions du développement durable, en impliquant différents ministères; et rassembler les messages clefs de son système sur le thème principal et des recommandations de suivi orientées vers l’action.   Le « Segment intégration » traitera de l’interaction entre les trois dimensions du développement et des questions multisectorielles comme le genre, la science et la technologie, le commerce et les finances.  Le Segment devrait aussi faciliter la transmission et la prise en compte des directives émanant des conseils d’administration des fonds, programmes et agences spécialisées des Nations Unies.

Aujourd’hui le Vice-Président de l’ECOSOC a annoncé que le « Segment intégration » se tiendra du 27 au 29 mai sur le thème « Urbanisation durable », offrant ainsi la possibilité à la Commission de la population et du développement de s’impliquer activement.  « Il y a peu de doute que les tendances démographiques futures façonneront le développement », a dit M. Oh. 

Mme ANN BIDDLECOM, Chef de la Section de la fertilité et de la planification familiale au sein de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales (DAES), a concentré son intervention sur la manière dont les dynamiques démographiques influent sur les défis actuels et émergents de la mise en œuvre des OMD et du développement au-delà de 2015.  Elle a donné les exemples de la croissance démographique, des écarts persistants en matière d’accès à la santé reproductive, des changements dans la structure des âges, des migrations internationales et de la demande croissante pour les données démographiques.

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La croissance démographique joue un rôle crucial dans la planification du développement et du contrôle des services de santé.  À l’aide de diapositifs, Mme Biddlecom a montré le cas de l’Afrique subsaharienne qui montre les défis énormes de la croissance démographique pour les efforts visant à fournir des services de santé.  La pertinence de la CIPD, a-t-elle dit, tient au fait qu’elle appelle à réduire l’écart entre le recours aux contraceptifs et le nombre de femmes qui veulent retarder ou limiter leurs grossesses, ce qu’on appelle les besoins non satisfaits en matière de planification familiale.  En 1999, l’Assemblée générale a fixé comme objectif chiffré de diviser ce nombre par 2 en 2005 au plus tard.  Or, d’ici à 2015, seuls 13 pays auront réussi ce pari.

Un autre exemple se trouve dans le changement de la structure des âges qui est dû essentiellement à la baisse des taux de fertilité.  La population des 60 ans et plus devrait doubler d’ici à 2050 et atteindre les deux milliards de personnes.  En 2047, cette catégorie d’âge devrait dépasser celle des enfants.  Mais ce changement est aussi une chance pour la croissance économique, si l’on fait les bons investissements dans l’éducation, la formation et l’emploi des jeunes. 

Même si les migrations ne font pas partie des OMD, elles ne manqueront pas pour autant d’influencer le développement dans un nombre de plus en plus important de pays.  Globalement un émigré sur 10 vient d’un pays en développement.  Ses envois de fonds sont souvent investis dans le capital humain, la santé et l’éducation.  L’émigré comble les fossés dans le marché de l’emploi, il crée des emplois et peut compenser les effets du vieillissement de la population. 

Les données démographiques nous aident donc, a conclu la Chef de section, à comprendre où nous allons.  Elles sont essentielles pour un grand nombre d’indicateurs liés aux OMD.  Pourtant depuis 1050, seuls 11 pays ont trois recensements ou moins.  Aujourd’hui, certains pays tentent de recourir à la technologie mobile pour enregistrer les naissances et les décès.  D’autres s’essayent aux sondages qui sont utiles mais qui présentent des problèmes liés à la qualité des données, à la fréquence de leur collecte ou encore à leur fiabilité, a prévenu la Chef de section.

Mme MERCEDES DEL CARMEN GUILLÉN VICENTE, Sous-Secrétaire d’État à la population, aux migrations et au culte du Mexique, a révélé que son pays a réalisé 94% des OMD.  Pour les objectifs restants, il faudra des réformes structurelles pour garantir la sécurité alimentaire aux sept millions de personnes qui vivent dans la pauvreté extrême.  En matière d’éducation, le défi de la qualité reste à relever et concernant l’autonomisation des femmes, il reste à améliorer la qualité du travail et le niveau des salaires.  Le Mexique réfléchit déjà aux prochains objectifs du programme de développement pour l’après-2015.

Mme HANNE LOTTE MOEN (Norvège) a estimé que les jeunes pouvaient contribuer au développement si leurs droits de l’homme étaient respectés.  Ceux-ci, a-t-elle dit, doivent avoir accès à une éducation de qualité, à l’emploi et à une vie sans discrimination fondée sur le genre ou l’orientation sexuelle.  Tous les gouvernements doivent fournir une éducation sexuelle complète aux jeunes, a-t-elle insisté.

M. FASLI JALAL, Directeur du Conseil national de la planification familial de l’Indonésie, a dit que la politique de gestion de la population de l’Indonésie a contribué à réaliser les OMD en particulier dans le domaine de la santé.  Divers politiques et programmes ont eu des impacts dans l’éradication de la pauvreté, l’égalité des sexes, la mortalité infantile et la santé maternelle, la lutte contre le VIH/sida ainsi que l’environnement durable.  Les questions relatives au développement ont aussi été intégrées dans le plan national de développement de 2005-2025, a révélé M. Jalal.  Il a ajouté qu’il était important que les questions de populations continuent d’être renforcées dans les accords de développement internationaux, y compris avant la fin de la date butoir des OMD.  

M. MAHJOUB EL HAÏBA (Maroc) a déclaré que son pays avait fait des progrès significatifs dans la réduction de la mortalité maternelle, l’augmentation des soins de santé sexuelle pour les jeunes et dans la prévention du cancer.  Le Maroc a partagé ses expériences avec d’autres pays africains concernant les questions de population.  Des mesures ont été prises pour mettre fin à la violence contre les femmes, tandis qu’ont été adoptées des stratégies pour améliorer le Code de la famille et renforcer les droits de l’homme, a-t-il déclaré.

M. SUTHA JIENMANEECHOTCHAI, Directeur général adjoint du Département de la santé du ministère de la santé de la Thaïlande, a rappelé qu’en septembre 2013, la sixième Conférence Asie-Pacifique sur la population s’est tenue à Bangkok.  Il a espéré que la Déclaration finale de la Conférence sera considérée comme une véritable contribution à la session extraordinaire de l’Assemblée générale sur la CPID au-delà de 2014.  Il a aussi encouragé le FNUAP et les autres agences pertinentes de l’ONU à mettre en œuvre les Conclusions agréées de la dernière session de la Commission de la condition de la femme qui parlent justement du droit de la femme à la santé sexuelle et reproductive. 

En Thaïlande, a-t-il poursuivi, le Plan sur la population promeut les accouchements médicalisés pour que les enfants puissent réaliser leur plein potentiel.  Il vise aussi à élargir l’accès aux chances de développement et à créer un système de sécurité sociale favorable à une société vieillissante.  Le pays a aussi formulé une Stratégie nationale sur la santé sexuelle et reproductive et il est en train de rédiger un projet de loi sur cette question.  Dans ce domaine, le Gouvernement travaille main dans la main avec la société civile.  La Thaïlande est résolument attachée à l’initiative du Secrétaire général de l’ONU « Chaque femme, chaque enfant » contre les grossesses précoces.   Depuis 2002, le pays a mis en place un système de couverture santé universelle et, à ce jour, 33 millions de femmes et 12 millions d’enfants ont un accès gratuit à la santé, y compris la santé reproductive et la planification familiale.  Le représentant a souhaité que la question de la couverture santé, y compris la santé sexuelle et reproductive, figure en bonne place dans le programme de développement pour l’après-2015.

M. ANDREAS RIECKEN (Autriche) a déclaré que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne pouvaient être atteints que si les objectifs de la Conférence internationale sur la population et le développement l’étaient.  Il a proposé que le Programme d’action s’étende au-delà de la santé et des droits sexuels et de reproduction pour couvrir l’éducation, l’égalité des sexes, la protection des groupes vulnérables, la démocratie, la bonne gouvernance et l’état de droit. 

Estimant que les droits sexuels et reproductifs devaient faire partie intégrante du programme de développement pour l’après-2015, il a rappelé la contribution du Conseil économique et social (ECOSOC) qui est au centre de l’élaboration et de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de développement.

Mme JOHANNA BAAK(Pays-Bas) s’est déclarée convaincue que la croissance démographique est le défi le plus pressant du XXIe  siècle.  Le taux de fertilité est naturellement un des facteurs qui influencent le plus les dynamiques de la population.  Or aujourd’hui, plus de 220 millions de femmes qui veulent utiliser un mode de contraception moderne n’y ont pas accès.  Cet énorme besoin non satisfait est notre défi collectif, a estimé la représentante.  Pour améliorer la vie des gens, il est important que tous les individus, en particulier les adolescents et les jeunes, aient un accès universel à une information et à des services de qualité, globaux et intégrés sur la santé sexuelle et reproductive, à des modes de contraception modernes et à des avortements médicalisé et légaux.  Toutes les barrières et règles doivent être levées, a-t-elle insisté.  Les moteurs structurels de la pauvreté doivent être combattus comme les inégalités, les préjugés, la discrimination, y compris fondée sur l’orientation sexuelle, et la violence.

M. STEPHEN O. KWANKYE, Directeur exécutif du Conseil national de la population du Ghana, a regretté que les pays d’Afrique ne bénéficient pas de leur dividende démographique.  Aussi, le programme de développement pour l’après-2015 doit aider les pays à réaliser les OMD relatifs à la lutte contre la mortalité infantile, à la santé maternelle et au VIH/sida.  J’exhorte les pays à prendre en main leur développement, a dit M. Kwankye.  Il a aussi plaidé pour une nouvelle approche économique tournée vers la croissance et a appelé à un partenariat fort entre les membres de la communauté internationale.

Mme HADAS ESTER MEITZAD (Israël) a affirmé que la taille et la répartition de la population mondiale auraient un impact sur le futur programme de développement.  Elle a appelé à la fin des mariages forcés, des mutilations génitales féminines et de la violence domestique.  Les États doivent également s’efforcer de garantir l’accès à l’éducation dans tous les secteurs de la société et d’assurer l’autonomisation des jeunes.  Elle a rappelé qu’Israël avait accueilli une Conférence internationale sur les femmes dirigeantes à Haïfa, où les participants ont mis l’accent sur le rôle central de l’égalité des sexes dans le programme de développement pour l’après-2015 et examiné les moyens d’intégrer la perspective genre dans ledit programme.

M. ZANE DANGOR (Afrique du Sud) a dit que la politique en matière de population dans son pays, élaborée conformément à la Constitution et au Programme d’action du Caire, place la population au centre du développement.  Il a précisé que les droits de l’homme ne peuvent être dissociés du développement durable, si l’objectif est vraiment d’améliorer la vie des gens.  Il a indiqué que la population sud-africaine est constituée de 51% de femmes sur un total de 51,8 millions d’habitants.  Relevant également que la croissance de la population a baissé du fait de l’épidémie du VIH/sida, le représentant s’est félicité de l’augmentation de l’espérance de vie, sans nul autre pareil, qui est passée de 54 ans en 2005 à 60 ans en 2011, et cela grâce au plus vaste programme de traitement du VIH/sida dans le monde.  Il a aussi salué le fait que de plus en plus de femmes ont accès à la santé reproductive et sexuelle en Afrique du Sud.  Il a néanmoins reconnu que des efforts sont nécessaires dans des domaines tels que la pauvreté, le chômage et les inégalités entre les sexes.  Il a souligné l’importance du Programme d’action du Caire, tout comme le caractère progressif de la Déclaration d’Addis-Abeba sur la population et le développement au-delà de 2014, adoptée au cours du Sommet de l’Union africaine de janvier 2014.

M. MESBAH ANSARI (République islamique d’Iran) a affirmé que plus de la moitié de la population de son pays avait de moins de 30 ans, offrant une opportunité d’un développement résilient et durable.  Il a néanmoins ajouté que la population iranienne vieillissait rapidement.  Le Gouvernement, a-t-il assuré, a réalisé un grand nombre des objectifs de la Conférence internationale sur la population et le développement.  Mais les sanctions qui frappent l’Iran ne permettent pas un plein accès à la santé.  Il incombe à la communauté internationale de mettre un terme à cette pratique cruelle et inhumaine, a-t-il déclaré. 

M. LOV VERMA, Secrétaire d’État à la santé de l’Inde, a évoqué les efforts de son gouvernement pour améliorer l’approche participative et démocratique à savoir la création du Conseil des élus locaux en 1990 et la loi sur l’information en 2005.  Au plan de la santé, le nombre des accouchements dans les centres de santé publics a cru, 16 millions de femmes ayant eu des accouchements médicalisés cette année.  Au plan juridique, la loi pénalise désormais le viol et le harcèlement sexuel.  Elle prévoit des soins pour les victimes des violences sexistes.  M. Verma a reconnu que les progrès sont parcellaires.  Il a demandé un renforcement de la coopération, soulignant que l’aide internationale était de 11 milliards de dollars en 2011, elle représente pourtant 9 milliards de moins que l’objectif fixé en 1994.  Il a aussi dénoncé le fait que les transferts de technologies, l’assistance technique et l’accès aux médicaments et le renforcement de capacités n’aient pas atteint les niveaux attendus.  

Mme MARIELA CASTRO ESPÍN, Membre du Parlement de Cuba, a dit que pour réaliser tous les OMD, il faut mettre l’homme au centre du développement.  Une meilleure redistribution des richesses, un nouveau mode de consommation pour supplanter le modèle existant et pour éviter la disparition du monde sont nécessaires, a plaidé Mme Espin qui a dénoncé le blocus de Cuba depuis 50 ans.  Mais cette situation n’a pas empêché les progrès en matière de santé et d’éducation, s’est-elle enorgueillie avant d’ajouter que son pays a atteint les OMD relatifs à la lutte contre la pauvreté, à l’éducation, à la mortalité infantile et à la santé maternelle.  Soixante-quatre pour cent des femmes sont diplômées et Cuba occupe la troisième place mondiale s’agissant de la présence des femmes au Parlement.  À Cuba, la prévalence du sida est de 0,5% de la population, a tenu à dire Mme Espin. 

M. IB PETERSEN (Danemark) a mis l’accent sur la nécessité de garantir les liens entre les différents droits économiques et environnementaux pour garantir le développement durable.  Même s’il a 20 ans, le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) est toujours valable et doit être pris en compte dans le programme de développement pour l’après-2015, a-t-il dit.  Dans ce dernier, il faut souligner l’importance de permettre aux jeunes d’atteindre leur plein potentiel.  Il a plaidé pour la fin des mutilations génitales.  

Mme SVETLANA BELASH, Conseillère à la Division de la population, l’égalité et les politiques familiales du Ministère du travail du Bélarus, a déclaré que le pays a réalisé les OMD relatifs à la santé en prenant l’exemple de la baisse de la mortalité des nouveau-nés depuis quelques années.  En dépit de la crise, le Gouvernement n’a pas baissé les aides sociales.  De nombreuses mesures ont été prises dont les congés maternité payés à 25% au-delà du quatrième mois de congé ainsi que les services spécifiques pour les enfants handicapés.  Mme Belash a noté les difficultés actuelles des familles, en parlant des avortements et du mariage entre personnes du même sexe.  La cellule familiale est essentielle pour les générations futures et la réalisation des OMD, a-t-elle souligné.

Mme NOORUL AINUR MOHD NUR (Malaisie) a énuméré les différents succès de son pays dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD).  Elle a en particulier souligné que le nombre des femmes avait augmenté sur le marché de l’emploi.  La Malaisie, a-t-elle ajouté, a un des taux de mortalité infantile les plus faibles du monde, le nombre des cas de VIH/sida ayant également diminué.  S’agissant des migrations, grâce à sa prospérité économique, la Malaisie est devenue une destination importante pour de nombreux pays, des mesures ayant été prises en faveur de ces migrants.  Elle a également fait état du déclin du taux de fécondité, le vieillissement de la population constituant un défi important pour les décennies à venir.

M. CHARLES PALLANGYO, Secrétaire permanent du Ministère de la santé et du bien-être social de la République-Unie de Tanzanie, s’est réjoui des progrès de son pays dans le Programme d’action du Caire même si certains domaines ont enregistré des retards.  Les progrès ont surtout porté sur les OMD relatifs à l’accès à la santé reproductive et à la mortalité infantile.  Ils ont aussi porté sur la participation des femmes dans les processus de prise de décisions comme en témoigne le fait qu’au Parlement, les femmes représentent 8% des élus, 50% des nommés et 100% des sièges spéciaux.  Le taux de mortalité infantile est passé de 91 à 81 pour 1 000 de 2007 à 2010 mais les progrès ont été plus lents s’agissant de la mortalité maternelle et de la lutte contre le VIH/sida.

STEFAN HENNIS,jeune délégué des Pays-Bas, s’est dit privilégié de grandir dans un pays où il peut être lui-même et où sa sexualité ne pose pas de problème.  La mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) doit permettre à tous les jeunes de vivre une vie similaire, a-t-il dit.  L’éducation sexuelle, a-t-il notamment souligné, est obligatoire de 12 à 15 ans et optionnelle dans l’éducation primaire.  Il a rappelé que son pays était l’un des premiers au monde à avoir légalisé les mariages homosexuels et où les couples homosexuels peuvent adopter des enfants.  Dans son intervention très applaudie, il a enfin plaidé en faveur du dialogue intergénérationnel.

M. GUILLERMO E. RISHCHYNSKI (Canada) a énuméré les différents engagements de son pays en faveur de la santé maternelle et infantile dans le monde, au sein du G-8 ou individuellement.  Ces efforts doivent être poursuivis, a estimé le Représentant.  À cet effet, le Canada accueillera un Sommet sur la santé des mères à Toronto en mai pour discuter des étapes à venir, a révélé le représentant.  En ce qui concerne les migrations internationales, il s’agit de les gérer de manière sécurisée et régularisée.  S’agissant de la gouvernance démocratique, il faut tenir compte du principe de responsabilité, a estimé M. Rishchynski. 

Mme DANIELLE BOUSQUET (France) a en particulier souligné que la contraception d’urgence s’était développée considérablement depuis 1999, date à laquelle elle est disponible en pharmacie, sans recours à une ordonnance médicale.  Selon elle, il est nécessaire de s’assurer que les individus, en particulier les jeunes, évoluent dans un environnement favorable à la prise de décisions responsable. La France, a-t-elle dit, a développé, dans le cadre de la planification familiale, des mécanismes qui permettent une meilleure articulation entre la vie privée et vie professionnelle, avec, notamment, la création de places de crèches.  La représentante française a mis l’accent sur la nécessité d’intégrer dans le programme de développement pour l’après-2015 les questions liées aux grossesses non désirées chez les adolescentes, aux avortements non médicalisés et aux inégalités d’accès aux informations, aux produits et aux services sur la santé sexuelle et reproductive.

M. PALITHA MAHIPALA, Directeur général du Ministère de la santé du Sri Lanka, a évoqué entre autres sujets, les difficultés rencontrées par son pays dont les défis de la disparité régionale, du vieillissement de la population et les infections du VIH/sida.  Pour y faire face, une politique nationale de la jeunesse et une stratégie nationale de santé des jeunes et des adolescents ont été adoptées et un fonds pour le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme a été créé pour prévenir la transmission mère-enfant et renforcer l’accès à la prévention des populations à risque. 

M. STEPHEN OWUSU KWANKYE, Directeur exécutif du Conseil national de la population du Ghana, a affirmé que son pays avait fait des progrès significatifs dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), en matière notamment d’égalité des sexes et de lutte contre la violence domestique. M. Kwankye a en outre estimé que le financement du Programme d’action de la CIPD était une question importante pour le Ghana, confronté, a-t-il précisé, à des problèmes financiers extérieurs.  Des collaborations Sud-Sud sont nécessaires pour la mise en œuvre du Programme d’action, a-t-il ajouté.

M. PAUL SERGER (Suisse) a dit que la mise en œuvre du Programme d’action de la CIPD reste inachevée et les avancées sont fragmentées, marquées par des inégalités et l’exclusion continue de certains individus.  Il a ajouté que tous les objectifs de la CIPD doivent être intégrés dans le programme de développement pour l’après-2015 avec des objectifs autonomes sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ainsi que la santé, y compris la santé sexuelle et reproductive et les droits y afférents.  La Suisse, a-t-il dit, doit faire plus en matière d’égalité salariale, de conciliation entre vie familiale et activité professionnelle, de participation politique et de violence domestique.  Le représentant a évoqué la coopération internationale au développement de son pays qui prône une approche systémique et multisectorielle, ce qui a permis de contribuer aux systèmes de santé décentralisés, à la réduction des infections de VIH, à une meilleure santé sexuelle chez les jeunes et à une amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. 

La Suisse poursuit l’objectif de fournir aux femmes, hommes, jeunes femmes et jeunes hommes le libre choix sur leur santé sexuelle et procréative et la pleine jouissance des droits y afférents.  Le représentant a également souligné que le manque de données constitue un défi majeur dans de nombreux pays.  Il est impératif de trouver des solutions qui rendent possible l’élaboration de politiques basées sur des données réelles. 

M. ALVARO JOSÉ MENDONÇA E MOURA (Portugal) a estimé que le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) avait contribué à un monde plus égal et plus durable.  L’accès à l’éducation, sur la base de la non-discrimination, est un facteur essentiel pour le développement durable, a-t-il dit, mettant l’accès sur l’importance de l’éducation sexuelle.  Dans le cadre de son plan de santé national, le Portugal a fait de la prévention du VIH/sida une priorité, a-t-il ajouté, précisant que l’objectif visé était de réduire le nombre de décès et d’éliminer totalement d’ici à 2015 les cas de transmission du virus de la mère à l’enfant.

Mme ANASTASIA GAGE, International Union For The Scientific Study On Population, a évoqué l’urgence de combattre la croissance démographique en Afrique, ce qui passe par l’autonomisation des femmes et une politique vigoureuse de l’emploi.  Elle a aussi regretté le manque de données disponibles sur la santé des femmes africaines, notamment dans les pays d’Afrique francophone.

Mme LARA COUSINS, d’International Community of Women Living with HIV/AIDS and the Global Network For Reproductive Rights, a affirmé que chaque femme a le droit de vivre à l’abri de la coercition et de la violence.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de lutter contre la violence institutionnelle à l’encontre des femmes et des filles et de garantir leur santé sexuelle et reproductive.

Mme DAREEN ABU LAIL, Global Youth Action Network, a appelé les États Membres à donner un accès libre à une éducation sexuelle complète à tous les jeunes.  Ce droit fait défaut dans les régions où elle est la plus nécessaire.  Elle a refusé que l’on se serve de la culture pour nier ces droits aux jeunes et laisser se poursuivre les violences sexistes ou domestiques contre les jeunes.     

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