Commission de la condition de la femme: les délégations appellent à définir, dans le programme de développement pour l’après-2015 un objectif spécifique sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes

11 mars 2014
FEM/1981

Commission de la condition de la femme: les délégations appellent à définir, dans le programme de développement pour l’après-2015 un objectif spécifique sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes

11/03/2014
Conseil économique et social
FEM/1981
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la condition de la femme

Cinquante-huitième session

4e & 5e séances – matin et après-midi

COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME: LES DÉLÉGATIONS APPELLENT À DÉFINIR, DANS LE PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT POUR L’APRÈS-2015

UN OBJECTIF SPÉCIFIQUE SUR L’ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES ET L’AUTONOMISATION DES FEMMES

Au deuxième jour de son débat général au cours duquel près de 70  États Membres, représentés pour la plupart par des ministres, se sont exprimés, la Commission de la condition de la femme a entendu la Rapporteure spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Mme Rashida Manjoo, qui a présenté son rapport sur la réalisation des objectifs stratégiques, les mesures à prendre dans les domaines critiques et autres mesures et initiatives.  Les délégations ont, tour à tour, passé en revue les résultats obtenus et les difficultés rencontrées par leurs pays dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement en faveur des femmes et des filles, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’emploi, mais également fait part de leurs positions sur les tendances et approches novatrices des problèmes ayant des répercussions négatives sur la situation des femmes ou sur l’égalité entre les sexes, en particulier l’accès des femmes aux ressources productives. 

Les femmes, ont réaffirmé la quasi-totalité des intervenants, ont les mêmes droits que les hommes.  Si dans la plupart des pays, les femmes jouissent de leurs droits, dans d’autres, elles continuent de subir les inégalités et les discriminations dans tous les aspects de la vie quotidienne, ont-ils fait observer. 

Les lois discriminatoires et les inégalités entre les hommes et les femmes constituent un obstacle important au développement durable et à une croissance économique sans exclusion.  C’est pourquoi il est primordial que le futur programme de développement pour l’après-2015 soit établi sur la base des enseignements tirés des Objectifs du Millénaire pour le développement. 

Les engagements pris au Caire et à Beijing doivent être respectés par les États Membres car, ont rappelé plusieurs orateurs, l’autonomisation des femmes est essentielle pour assurer le succès des efforts de développement.  L’ensemble des États Membres, qui sont intervenus aujourd’hui, ont estimé qu’il était nécessaire de définir un objectif spécifique à l’égalité entre les sexes dans le futur cadre de développement qui couvre à la fois l’autonomisation économique des femmes, la lutte contre la violence dont elles sont souvent la cible et leur participation plus active à la vie publique et politique et à des postes de direction, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.  Cet objectif devrait également servir d’indicateur pour d’autres objectifs. 

Après avoir redit les origines de la création de son mandat et rappelé la teneur des rapports qu’elle a présentés l’année dernière au Conseil des droits de l’homme et à l’Assemblée générale, la Rapporteure spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Mme Rashida Manjoo, a annoncé qu’elle présentera, en juin prochain, les développements réalisés au sein des Nations Unies, ainsi que les lacunes et les faiblesses identifiées dans l’exercice de son mandat.  Au niveau national, a-t-elle tout de même prévenu, l’approche normative et politique n’apportera pas de changement substantiel si elle n’est pas mise en œuvre d’une manière holistique pour combattre l’impunité, autonomiser les femmes, faire changer les mentalités et parvenir à rompre les « chaînes de la discrimination et de la violence qui étouffent les femmes ».

La Commission de la condition de la femme reprendra ses travaux en séance plénière demain, mercredi 12 mars, à partir de 10 heures.

SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »

Débat général

Mme TANGARIKI REETE (Kiribati), au nom du Forum des îles du Pacifique, a déclaré que la réalisation des OMD avait souffert de facteurs tels que les changements climatiques, la dégradation de l’environnement et les bouleversements politiques dans certains pays de la région, ainsi que des conséquences du colonialisme.  Cette situation a accentué la vulnérabilité des femmes qui restent victimes de la violence dans beaucoup de pays de la région, a-t-elle dit.  La représentante a cependant reconnu qu’en dépit de ces obstacles, l’égalité entre les sexes a connu une certaine amélioration dans certains pays grâce à des politiques publiques volontaristes, une participation plus active des femmes à la vie publique et politique, la parité dans le domaine de l’éducation et l’amélioration des soins de santé pour les femmes et les filles.  Les pays membres du Forum estiment qu’il est nécessaire d’accorder une attention particulière aux femmes handicapées en les informant de leurs droits et en leur donnant accès à la justice.  Les pays des îles du Pacifique réclament un programme séparé sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, la reddition de comptes dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015.  Ils demandent également plus d’engagements financiers pour les femmes et les filles, la lutte contre les causes de discriminations à l’égard des femmes et des filles.  En outre, les femmes doivent être entendues afin de participer plus activement aux processus décisionnels les concernant.

M. PAAVO ARHINMAKI, Ministre de l’égalité des genres de la Finlande, a déclaré que la promotion des droits de l’homme et, en particulier celle de la condition des femmes, a toujours été au centre des politiques gouvernementales de la Finlande.  Il a estimé que le Programme d’action de Beijing était l’une des grandes réalisations qui avait permis de mieux définir les droits des femmes dans le monde.  Il a ensuite cité des avancées notables dans l’autonomisation et le respect des droits des femmes, notamment l’augmentation du taux de scolarisation des filles, l’augmentation de 20 ans de l’espérance de vie des femmes depuis 1960 et les plus de 500 millions de femmes qui ont pu obtenir un emploi depuis 30 ans.  Le Ministre a néanmoins regretté la persistance de certaines disparités entre les sexes, et il a précisé que l’investissement dans l’égalité des genres profite aux mères et aux enfants.  Il a cité l’exemple de la Finlande où les investissements consentis il y a plus d’un siècle sur les femmes continuent de porter leurs fruits aujourd’hui, car la Finlande fait partie, a-t-il souligné, des pays ayant le taux de mortalité maternelle et infantile le plus faible.

Le Ministre a par ailleurs indiqué que la promotion de l’égalité entre les sexes exigeait une attention accrue et davantage de ressources.  La Finlande, a-t-il assuré, va doubler sa contribution annuelle à ONU-Femmes en la faisant passer à 19 millions de dollars.  Il a enfin souhaité que l’approche en faveur de la parité soit intégrée dans tous les programmes de développement et que l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes puissent constituer un objectif spécifique du programme de développement pour l’après-2015.

Mme BASSIMA HAKKAOUI, Ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social du Maroc, a passé en revue les réalisations de son pays visant à renforcer l’état de droit et la justice sociale, en tenant compte des droits de l’homme et des droits des femmes.  « Nous avons essayé de réduire les écarts entre les hommes et les femmes, notamment en ce qui concerne l’accès à la justice », a-t-elle indiqué, en mentionnant la Charte nationale pour la justice élaborée en 2013.  Elle a aussi cité la politique sur la migration qui tient compte de la situation des immigrés en situation illégale, notamment pour que les femmes migrantes puissent jouir de leurs droits économiques et sociaux.  La Ministre a aussi fait part de progrès accomplis en termes d’éducation et de santé reproductive, ce qui a permis, a-t-elle assuré, de réduire les écarts entre les femmes des zones rurales et celles des zones urbaines.  Le taux de mortalité maternelle a aussi décliné, de même que la violence contre les femmes.  La Ministre a ensuite parlé de la réforme du droit pénal qui interdit désormais le mariage précoce.

Mme NAJAT VALLAUD-BELKACEM, Ministre des droits des femmes et Porte-parole du Gouvernement de la France, a expliqué que l’autonomisation des femmes se déclinait en termes de développement, de santé et de droits.  Des progrès considérables ont été réalisés depuis le milieu du XXe siècle, a-t-elle noté, en se félicitant que l’égalité entre les hommes et les femmes soit désormais inscrite dans de nombreuses constitutions.  Mais, a-t-elle fait observer, les écarts n’ont jamais été aussi grands, car de nombreuses femmes vivent encore dans des sociétés patriarcales et sont victimes de la violence au sein de leurs familles ou en dehors.  La Ministre a dénoncé cette société patriarcale qui veut enlever aux femmes leurs droits et, en premier lieu, leurs droits sexuels.  « Nous devons l’affirmer haut et fort dans cette enceinte, les droits sexuels et reproductifs doivent être protégés partout », a-t-elle lancé.  « C’est un droit humain fondamental et nous avons un devoir d’en assurer l’exercice de manière universelle », a-t-elle expliqué. 

Mme Vallaud-Belkacem a souligné que ces droits permettaient aux hommes et aux femmes de faire des choix libres et adaptés.  Ces droits leur permettent aussi de ne pas mourir en couche et d’avoir un meilleur accès à l’éducation, a-t-elle ajouté.  Refuser ces droits, c’est accepter comme une fatalité les nombreuses femmes qui meurent chaque année, a-t-elle estimé.  Elle a rappelé à cet égard que l’on comptait 240 morts maternelles pour 100 000 naissances dans les pays en développement.  Il est grand temps que la communauté internationale garantisse l’accès à l’avortement sécurisé, a-t-elle insisté, avant de plaider pour que ces questions soient intégrées dans le futur programme de développement pour l’après-2015.

Mme ANA MATO ADROVER, Ministre de la santé, des services sociaux et de l’égalité des genres d’Espagne, a souligné qu’il était crucial d’assurer l’égalité des chances pour les hommes et les femmes.  Les femmes et les filles sont les plus vulnérables à la pauvreté et l’exclusion sociale, a-t-elle fait remarquer.  Elle a indiqué que le Gouvernement de l’Espagne accordait une attention particulière à l’égalité entre les sexes, comme en témoigne le Plan stratégique sur l’égalité des chances pour la période 2014-2016 qui a été adopté vendredi dernier.  Ce Plan, a-t-elle expliqué, vise notamment à réduire les inégalités entre les sexes dans le domaine de l’emploi et à éradiquer la violence à l’encontre des femmes.  Sur ce dernier point, elle a précisé que les femmes victimes de violences bénéficiaient d’un appui qui leur permet de trouver un emploi et de pouvoir être ainsi financièrement autonomes.  Entre 2012 et 2013, 1 000 femmes en ont bénéficié, a-t-elle affirmé. 

La Ministre a en outre souligné que l’implication de l’Espagne dans la promotion des droits des femmes se manifestait, entre autres, par une allocation financière de l’ordre de 70 millions de dollars pour les programmes à destination des femmes du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ainsi que par le soutien à la mise en place du Fonds d’ONU-Femmes pour l’égalité.  Elle a aussi invité les participants à assister à un évènement parallèle portant sur la « féminisation de la pauvreté en zone rurale », qu’organise l’Espagne, le jeudi 13 mars au Siège de l’ONU.

Mme HAJIYA ZAINAB MAINA, Ministre des affaires féminines et du développement social du Nigéria, a expliqué que son gouvernement avait adopté des mesures concrètes pour éliminer les obstacles à la réalisation du cinquième objectif du Millénaire pour le développement, relatif à la santé maternelle.  Des programmes destinés aux sages-femmes et au personnel de la santé des villages, ainsi que pour améliorer la santé maternelle et infantile, ont été lancés dans le but de combler les écarts qui existent dans les zones rurales, a-t-elle expliqué.  La Ministre a aussi indiqué que le Nigéria avait adopté la feuille de route de l’Union africaine sur la responsabilité partagée et la solidarité mondiale en matière de VIH/sida, de tuberculose et de paludisme.  Le Nigéria avait accueilli, en juillet 2013, le Sommet extraordinaire Abuja+12 de l’Union africaine sur le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, a rappelé la Ministre.

Mme Maina a ensuite estimé que l’absence d’un mécanisme de responsabilisation avait entravé la réalisation des OMD.  Elle s’est aussi inquiétée de ce que les responsabilités de chaque acteur pour le développement ne soient pas clairement définies.  La Ministre a par ailleurs estimé que le document final ne devrait pas définir des responsabilités pour les pays qui seraient en contradiction avec les perspectives nationales, leur système judiciaire et leur législation, leurs pratiques coutumières et leurs convictions religieuses.  Les recommandations sur la santé sexuelle et reproductive doivent correspondre aux engagements pris dans le cadre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) et de la Déclaration du Caire, a-t-elle souligné.

Mme LORENA CRUW SANCHEZ (Mexique) a déclaré que son pays avait réalisé 84,3% des objectifs fixés en ce qui concerne les OMD.  Pour le reste, le Gouvernement du Mexique a mis en place un plan national visant à atteindre les objectifs notamment dans la lutte contre la pauvreté et plus particulièrement la lutte contre la faim chez les femmes et les filles.  Au plan national, le Président du Mexique a lancé une réforme des institutions visant à assurer la parité au sein du Parlement et, en particulier, au Sénat.  L’accès des femmes aux services de santé, notamment les services de santé de reproduction ont été améliorés.  De même, la prévalence du sida a été réduite.  Le Gouvernement du Mexique a aussi pris une série de mesures visant à faciliter l’accès des femmes à la justice et à mieux les protéger contre la violence, à travers des campagnes de sensibilisation et de nouvelles lois.  Une attention particulière est accordée aux femmes handicapées et aux femmes autochtones.  La représentante a souligné que des efforts doivent être entrepris pour que les femmes participent plus activement aux processus décisionnels à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé.

Mme NANA OYE LITHUR, Ministre du genre, des enfants et de la protection sociale du Ghana, a indiqué que son pays était en bonne voie pour atteindre les OMD, en réduisant de manière considérable la pauvreté dans le pays.  Pour ce faire, le Ghana s’est doté d’une stratégie nationale de protection sociale, ainsi que d’un plan d’autonomisation qui prévoit de consacrer des ressources importantes aux femmes.  Elle a aussi fait part des progrès enregistrés en matière d’égalité entre les hommes et les femmes et d’accès à l’école primaire pour les filles.  Le taux d’alphabétisation des femmes est de 79,9%, s’est-elle félicitée, en soulignant par ailleurs que les femmes représentaient actuellement 19% des membres du Parlement.  Le Ghana est également en bonne voie pour atteindre l’OMD relatif à la lutte contre le VIH/sida d’ici à 2015, a-t-elle ajouté.  La Ministre a reconnu qu’il faudrait encore progresser pour consolider ces acquis et faire en sorte que l’autonomisation des femmes devienne une réalité.  Elle a appelé à utiliser les enseignements tirés de la réalisation des OMD et à s’assurer que les questions relatives aux femmes soient transversales.

Mme CHO YOON-SUN, Ministre de l’égalité entre les sexes et de la famille de la République de Corée, a indiqué que son gouvernement avait, dès 2010, intégré dans son budget national la question de la parité entre les hommes et les femmes et à laquelle il consacre cette année une enveloppe de 210 milliards de dollars, soit une augmentation de 73,1% par rapport à l’année dernière.  Des objectifs ont été établis pour augmenter, d’ici à 2017, jusqu’à 40% le taux de participation des femmes siégeant dans les comités au sein du Gouvernement et faire passer de 9,9% à 15% le taux de femmes occupant des postes de responsabilité au sein du Gouvernement.  La Ministre a toutefois reconnu que des défis demeuraient pour augmenter le nombre de femmes parlementaires et s’est inquiétée de ce que les femmes ne représentent que 2,6% des dirigeants des gouvernements locaux.  Elle a indiqué que son ministère était engagé à encourager la participation des femmes aux élections générales au niveau local qui se dérouleront en juin prochain.

Mme Cho a ensuite signalé qu’avec une moyenne de 1,19 enfant par famille, la République de Corée enregistrait le taux de fertilité le plus bas parmi les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  Elle a fait observer que les pays où le nombre de femmes actives est élevé connaissent à la fois un taux de fertilité élevé et un niveau de revenu par habitant plus élevé.  Le Gouvernement de la République de Corée entend augmenter de 290 000 à 1,5 million le nombre d’emplois destinés aux femmes.  La Ministre a également cité les mérites d’une politique pour la création d’entreprises qui permettent de concilier vie professionnelle et vie familiale.  Dans cette optique, le Gouvernement de la République de Corée a lancé différentes initiatives afin d’assurer des horaires plus souples pour les femmes.  La République de Corée assure des services gratuits pour la garde d’enfants en bas âge et prévoit de développer davantage son réseau de crèches et de services extrascolaires.  Mme Cho a par ailleurs fait savoir que depuis la création d’ONU-Femmes, son gouvernement versait chaque année au budget de cette entité 4,7 millions de dollars pour appuyer les efforts visant à renforcer la condition de la femme dans le monde.

L’Ouganda est sur la bonne voie dans la réalisation des OMD, a annoncé Mme KAROORO OKURUT (Ouganda), en précisant que son pays était parvenu à assurer la parité dans le secteur de l’éducation.  Le nombre des femmes actives dans le secteur agricole a aussi augmenté.  Des initiatives ont permis d’accroître le nombre de femmes à la tête d’entreprises.  Leur représentation au sein des institutions s’est accrue ces dernières années, a assuré la représentante.  L’Ouganda, grâce à des mesures vigoureuses, assure un traitement contre le sida à toute personne concernée.  La représentante a cependant dit que le pays reste confronté à des défis importants concernant les femmes et les filles, notamment un taux élevé de mortalité maternelle.  Elle a demandé à ce que le programme de développement pour l’après-2015 prenne en compte les besoins en matière de santé reproductive, la nécessité d’assurer un travail décent aux femmes, les conditions spécifiques des femmes déplacées, handicapées et rurales.  L’Ouganda a mis fin officiellement à la pratique de la mutilation génitale féminine et un projet de loi visant à interdire le mariage précoce est en voie d’être adopté par le Parlement, a-t-elle assuré.

Mme ALEJANDRINA GERMÁN, Ministre de la femme de la République dominicaine, a affirmé que la Constitution de son pays garantissait le respect des droits de l’homme et, notamment, l’égalité entre les hommes et les femmes.  Elle a assuré que son gouvernement avait pris de nombreuses mesures qui ont permis d’assurer la scolarité des filles dans le primaire à 95% en 2012.  La Ministre a ensuite indiqué que son gouvernement avait réussi à réduire la pauvreté dans le pays.  En outre, a-t-elle ajouté, la moitié de la population bénéficie désormais d’une couverture médicale.  Elle a ensuite indiqué que la part de femmes employées dans le secteur non agricole avait augmenté, passant de 35% en 1990 à 39,2% en 2009.  Mme Germán a également parlé des progrès accomplis en matière de réduction de la mortalité maternelle.  Elle a par ailleurs reconnu la nécessité de renforcer les institutions qui assurent la promotion des politiques d’égalité entre les hommes et les femmes.  Avant de conclure, elle a souhaité que la question de l’égalité entre les hommes et les femmes soit intégrée dans le programme de développement pour l’après-2015.

Mme SANGARE OUMOU BA, Ministre de la promotion de la femme, de la famille et des enfants du Mali, a rappelé que son ministère avait organisé, en février dernier, un forum intitulé « Concertation interrégionale pour la réconciliation et la réinsertion socioéconomique des femmes et des enfants affectés par la crise » afin de dégager des stratégies spécifiques pour la paix et la réconciliation nationale.  Dans la réalisation des OMD, des progrès considérables ont été accomplis relatifs à la condition féminine notamment dans les domaines de la scolarisation des filles, de la santé maternelle, de la réduction de la mortalité infantile, de l’autonomisation des femmes et leur participation aux instances de décision.  La Ministre a regretté que la crise sécuritaire survenue en 2012 dans les régions septentrionales du Mali, ait fortement compromis les acquis du pays dans le cadre de la réalisation des OMD concernant les femmes et les filles.  Celles-ci ont été les principales cibles et également les principales victimes, a-t-elle souligné.

Avec l’appui de la communauté internationale, le Gouvernement du Mali s’attèle avec la société civile malienne à relever les défis du retour, de la réinsertion sociale et économique des femmes et des enfants affectés par la crise, et créer les conditions propices pour la protection et la promotion de leurs droits.  Tout en reconnaissant l’urgence d’atteindre les OMD, le Mali encourage l’adoption d’un programme de développement consolidé pour l’après-2015, qui tienne compte des questions de l’égalité entre les sexes, de la violence basée sur le genre, de la participation des femmes à la paix et à la sécurité, et de l’autonomisation des femmes.

Mme LILIANNE PLOUMEN, Ministre du commerce extérieur et de la coopération au développement des Pays-Bas, a appelé à renforcer la participation des femmes à l’économie nationale des pays, notamment en intégrant les questions relatives aux femmes dans le programme de développement durable de l’après 2015.  Les objectifs de ce programme devraient prendre en compte tous les groupes de population, a-t-elle précisé.  Dans les 28 pays de l’Union européenne, 1 personne sur 3 est victime d’abus sexuels, s’est-elle alarmée, en plaidant pour le renforcement de la lutte contre de telles violences.  Dans l’élaboration du programme de développement de l’après 2015, a souhaité la Ministre, la Commission de la condition de la femme devrait parvenir à un consensus sur deux points.  Elle a demandé tout d’abord que l’autonomisation des femmes constitue un objectif séparé.  Il faudrait ensuite intégrer l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les objectifs de ce programme. 

M. HIROTAKA ISHIHARA (Japon) a indiqué que le Gouvernement japonais avait adopté une stratégie intitulée « La société où les femmes brillent », par laquelle il contribue à créer une telle société dans les pays en développement.  Comme l’a déclaré le Premier Ministre, M. Shinzo Abe, devant l’Assemblée générale en septembre dernier, le Japon augmente son aide publique au développement dont 3 milliards sont déjà consacrés au financement des activités en faveur de l’autonomisation des femmes.  S’agissant de la réalisation des OMD, le Japon attache une importance particulière à l’égalité entre les sexes, l’autonomisation des femmes et plus particulièrement à la promotion d’une couverture universelle de santé.  Depuis le tremblement de terre de 2011 il était important pour les parties prenantes de mettre en place un programme de prévention, de restauration, de secours et de reconstruction tenant compte de l’égalité des sexes, de la pleine participation des femmes, y compris dans le processus de prise de décisions même en temps ordinaire.  Le Japon accueillera la troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophes dans la ville de Sendai, en mars 2015.  Le Japon présentera aussi un projet de résolution sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes pendant les catastrophes naturelles au cours de cette cinquante-huitième session de la Commission de la condition de la femme.  

Mme MELANIE GRIFFIN, Ministre des services sociaux et du développement économique des Bahamas, a parlé du projet de réforme concernant le filet de sécurité sociale mis en place dans son pays, afin de mettre fin au cycle de la pauvreté au sein des familles, dont beaucoup sont dirigées par des mères célibataires.  Le Gouvernement des Bahamas, a-t-elle poursuivi, a aussi établi un Institut des sciences agricoles et maritimes, afin de suivre l’évolution de la situation économique dans le pays.  Mme Griffin s’est prévalue de progrès significatifs accomplis pour assurer une éducation universelle aux niveaux primaire et secondaire.  Elle a aussi assuré que l’objectif de parité avait été atteint dans l’enseignement primaire et secondaire, tandis que les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans le secteur tertiaire.  En matière de santé, la Ministre a indiqué que les Bahamas avaient maintenu un faible taux de mortalité maternelle.  Le Secrétaire général de l’ONU, a-t-elle rappelé, avait félicité les Bahamas pour les progrès réalisés dans la lutte contre le VIH/sida.  La Ministre a souhaité que la lutte contre la violence à l’égard des femmes soit prise en compte dans le futur programme de développement pour l’après-2015.

Mme TOLOFUAIVALELEI FALEMOE LEIATAUA, Ministre des femmes, du développement social et communautaire de Samoa, a indiqué que le Parlement des Samoa venait d’adopter une loi qui prescrit qu’un minimum de 10% de sièges soit alloué aux femmes dans les élections de portée nationale.  Elle a reconnu que cet objectif modeste constituait une étape importante, d’autant plus que Samoa est le premier État du Pacifique à adopter une telle législation.  Elle a ensuite évoqué un programme conjoint entre le Gouvernement des Samoa et le PNUD, visant notamment à promouvoir l’égalité des sexes, la justice, la non-discrimination, l’inclusion et la paix, avec pour ambition de trouver une solution aux inégalités sociétales et culturelles qui nécessitent des changements.  Elle a en outre rappelé que Samoa allait accueillir, en septembre prochain, la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, en se disant convaincue que cela devrait permettre d’influencer les politiques de ces États dans le sens du renforcement de l’égalité des genres.  Elle a enfin plaidé pour que l’égalité entre les sexes puisse constituer un objectif spécifique du futur programme de développement international après 2015 et que cette question soit également intégrée dans tous les autres objectifs, de manière transversale.

Mme INONGE WINA (Zambie) a déclaré que la pauvreté extrême avait considérablement baissé tandis que la scolarisation avait augmenté.  La parité dans les écoles a permis d’atteindre des résultats très positifs en faveur des filles.  Le taux de mortalité maternelle et la prévalence du sida ont décliné.  Mais des obstacles subsistent pour mettre fin aux mariages précoces, a-t-elle fait remarquer.  C’est pourquoi, la Zambie a besoin de l’appui de la communauté internationale pour améliorer les conditions de vie de sa population et assurer un meilleur avenir aux enfants.  Le programme de développement pour l’après-2015 doit fixer des objectifs ambitieux pour les femmes et les filles, a insisté la Ministre.  C’est ainsi que l’on pourra défendre et faire respecter les droits des femmes et des filles, a-t-elle conclu.

Mme SANDREA FALCONER, Ministre chargée de l’information de la Jamaïque, a cité les différentes lois promulguées par son pays visant à améliorer la condition de la femme, ainsi que les activités menées en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et pour la lutte contre la violence sexiste.  La Jamaïque, a-t-elle précisé, s’est dotée d’un plan d’action national pour combattre la violence sexiste.  La Ministre a également mis l’accent sur la politique nationale visant à inciter les jeunes mères à reprendre leurs études.  La Jamaïque a progressé en matière de scolarisation des filles, s’est-elle réjouie avant de reconnaitre qu’il ne faudrait pas pour autant négliger les garçons.  Les femmes occupent en outre des postes de décision dans le secteur public.  Le poste de premier ministre est occupé par une femme, a-t-elle précisé, en ajoutant que des femmes occupaient également des postes de direction dans le secteur privé.  La Ministre a ensuite fait part des progrès accomplis pour réduire les taux de mortalité infantile et maternelle.  Avant de conclure, elle a réaffirmé l’engagement pris dans le cadre de la Déclaration de Mexico, adoptée il y a quelques jours, de définir un objectif à part entière basé sur l’égalité entre les hommes et les femmes, l’autonomisation des femmes et la protection des droits des femmes.

Mme JO GOODHEW, Ministre des questions des femmes de la Nouvelle-Zélande, a indiqué que son gouvernement était engagé à assurer aux femmes une plus grande indépendance économique, encourager un plus grand nombre de femmes à occuper des postes de responsabilité et mieux les protéger contre la violence dont elles sont la cible, en particulier le viol et la violence conjugale.  Elle a ensuite indiqué que son pays connaissait une diversité démographique importante, ce qui nécessite de prendre des mesures en faveur des femmes appartenant aux différentes minorités.  Mme Goodhew a par ailleurs noté que d’importants écarts existent dans la réalisation des OMD par certains pays insulaires de la région du Pacifique.  Si des progrès significatifs ont été accomplis dans le domaine de l’éducation primaire, les résultats obtenus à ce jour en matière d’autonomisation des femmes et de santé maternelle demeurent limités, a-t-elle regretté.

Mme LULU XINGWANA (Afrique du Sud) a rappelé que, selon l’index « Institutions sociales et Égalité hommes-femmes » (ISE) établi par l’OCDE en 2012, l’Afrique du Sud occupait le quatrième rang sur 87 pays et était le premier pays de l’Afrique dans cet indice.  Au sein de la SADC, l’Afrique du Sud se trouve en deuxième position.  La représentante a ensuite passé en revue les progrès réalisés par son pays concernant la représentation des femmes au Parlement, au Gouvernement, dans les municipalités et la fonction publique.  Elle a regretté ensuite que peu de progrès aient été faits en faveur d’une meilleure participation des femmes dans le secteur privé.  L’Afrique du Sud a aussi déposé un projet de loi sur l’autonomisation des femmes et l’égalité entre les sexes devant le Parlement.

Des résultats importants ont été obtenus dans le cadre de la lutte contre l’extrême pauvreté et la famine grâce à la garantie d’un salaire minimum, a assuré la représentante.  Le Gouvernement sud-africain a accordé une attention particulière à l’éducation et lui consacre 20% du budget national.  Toutefois, l’Afrique du Sud continue de faire face à des défis économiques, sociaux et culturels, a-t-elle indiqué, en faisant remarquer que la lutte contre les inégalités entre les sexes et les violences sexuelles exigeait des efforts soutenus.  Dans le domaine de la santé, le Gouvernement a pris de nombreuses mesures en matière de prévention de la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant qui ont permis de réduire ce taux de 2,7% en 2011.  La prévalence du VIH/sida chez les jeunes de 15 à 24 ans a reculé de près 10%.  Avant de conclure, elle a déclaré que l’Afrique du Sud appuyait l’intégration des questions de l’autonomisation des femmes, l’égalité entre les sexes et les droits des femmes dans le programme de développement pour l’après-2015.  

Mme HIJRAN HUSEYNOVA, Présidente de la Commission d’État pour les affaires de la famille, de la femme et des enfants de l’Azerbaïdjan, a fait part des progrès accomplis par son pays en termes de croissance économique qui, a-t-elle fait remarquer, ont permis de créer des emplois pour les femmes.  Les lois visant l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes ont aussi été révisées, a-t-elle indiqué, en ajoutant que de nouvelles lois visant, notamment, à renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes et à lutter contre la violence domestique avaient été promulguées.  En outre, les divers programmes nationaux pour le développement ont intégré une composante genre, a assuré Mme Huseynova.  Ainsi, les femmes actives représentent actuellement 49% dans le secteur civil, s’est-elle félicitée.  Au Parlement, elles constituent 16% des membres, a-t-elle assuré.  Mme Huseynova a aussi mis l’accent sur les mesures prises en faveur des femmes réfugiées ou déplacées, ce qui a permis, a-t-elle dit, de réduire considérablement le taux de pauvreté dans cette catégorie de la population.  En outre, sur les 2 000 organisations non gouvernementales présentes en Azerbaïdjan, plus de 200 œuvrent en faveur des femmes, a-t-elle assuré.

Mme EYGLO HAROARDOTTIR, Ministre des affaires sociales et du logement de l’Islande, a estimé qu’il était impératif de faire de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation de la femme des priorités dans le futur cadre du développement.  Sans une participation pleine et égale des femmes, il sera impossible, a-t-elle prévenu, de faire des progrès réels et viables dans le développement durable.  La Ministre a illustré ses propos par le fait que dans les pays nordiques, le niveau de formation des femmes et leur participation élevée au marché du travail avaient permis de réaliser leur prospérité économique.  Aujourd’hui, près de 80% des femmes islandaises travaillent et leur contribution a été « décisive » dans la croissance et le développement du pays, a insisté la Ministre, qui a plaidé pour un objectif spécifique à l’égalité des sexes dans le programme de développement pour l’après-2015.  C’est un objectif, a-t-elle voulu, qui doit être défini à partir d’éléments ignorés jusqu’ici, à savoir, la violence contre les femmes, leurs droits économiques, leur leadership ou encore le mariage forcé ou précoce.

Même en Islande, a-t-elle concédé, des progrès doivent encore être faits en matière d’égalité salariale, de l’accès au pouvoir politique et économique et de la lutte contre la violence fondée sur le sexe.  En la matière, la Ministre a tenu à souligner le rôle « crucial » de la société civile et s’est félicitée de ce que 15 000 femmes des pays nordiques comptent participer au Forum sur les droits de la femme qui se tiendra à Malmo en Suède, au mois de juin prochain.   

Mme LYDIA MUTSCH, Ministre de l’égalité d’opportunités du Luxembourg, a regretté que dans les pays en développement, les femmes rencontrent plus d’obstacles que les hommes sur le marché de l’emploi, et qu’elles soient généralement plus visibles dans le secteur informel.  Elle a aussi déploré le fait que les femmes y soient fréquemment exclues des processus de prise de décisions, tandis que dans le milieu rural, les femmes ont souvent peu d’accès et moins de droit à la terre, à l’eau et au financement, voire aux formations qui sont si importantes pour garantir la sécurité alimentaire.  Elle a rappelé que les femmes jouent un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté et que si l’on veut un jour éradiquer la pauvreté, la faim et les maladies, il est indispensable d’améliorer la situation des femmes et de les intégrer pleinement dans le processus de développement.  « Faire participer les femmes à tous les échelons n’est pas non seulement une condition à la réalisation des OMD, mais c’est également et surtout une question de droits de l’homme et de justice sociale », a-t-elle ajouté.  La Ministre a précisé que le programme gouvernemental au Luxembourg contenait des objectifs chiffrés à atteindre d’ici à 2019 pour le sexe « sous-représenté ».

La Ministre a par ailleurs plaidé pour que les questions de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes constituent un objectif spécifique du programme de développement pour l’après-2015, et que ces questions fassent également partie intégrante des autres objectifs de manière transversale.  Elle a ajouté que la mise en place d’indicateurs spécifiques et des statistiques ventilées par sexe devraient permettre de suivre de manière régulière la mise en œuvre effective de ce principe du « gender mainstreaming ».  Elle a enfin promis que le Luxembourg allait continuer de consacrer 1% de son revenu national brut (RNB) pour la cause de l’aide publique au développement.

Mme MERVAT TALLAWY, Présidente du Conseil national des femmes de l’Égypte, a regretté que ce soient des hommes qui président la Commission de la condition de la femme et les deux tables rondes d’hier, un commentaire qui a été accueilli par des applaudissements.  Elle a rappelé que la Conférence internationale sur la population et le développement qui s’était tenue au Caire en 1994 et le Programme d’action de Beijing adopté en 1995 avaient contribué à améliorer les conditions de vie des populations et, notamment, des femmes dans le monde.  Grâce aux OMD, l’Égypte a pu réduire la pauvreté et la mortalité maternelle et infantile dans certaines régions du pays, a-t-elle indiqué.  Mme Tallawy a estimé que lors de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015, il faudrait prendre en compte les défis qui entravent la réalisation des OMD.  La représentante s’est ainsi élevée contre ceux qui utilisent le prétexte de la lutte contre le terrorisme pour s’ingérer dans les affaires intérieures de certains États.  Elle a aussi rappelé que les crises de certains pays développés avaient entraîné l’effondrement des marchés internationaux, faisant ainsi obstacle aux efforts entrepris par les pays en développement.  Elle a en outre regretté que les sanctions économiques fassent obstacle au développement des pays concernés et, parfois même, à des pays tiers.  Mme Tallawy a enfin rappelé qu’au cours des deux révolutions qui ont eu lieu en Égypte en moins de trois ans, les femmes avaient été en ligne de front. 

Mme HUSSN BANO GHAZANFAR (Afghanistan) s’est réjouie que depuis 12 ans, d’importants acquis aient été faits dans la réalisation des OMD mais beaucoup de progrès restent à faire en matière d’autonomisation des femmes.  De nombreuses lois ont été adoptées pour promouvoir la condition de la femme et combattre la violence dont elles sont la cible, a-t-elle indiqué, en précisant que 22 lois avaient été amendées.  Les femmes travaillant pour le Gouvernement afghan représentent 22% des effectifs et les organisations de la société civile sont principalement composées de femmes.  Mme Ghazanfar a rappelé que 40% de femmes avaient participé aux élections précédentes.  Aujourd’hui, 40% de filles vont à l’école, dont 400 000 sont des fillettes.  En outre, plus de 700 entreprises privées sont gérées par des femmes.  La violence persiste et les traditions et coutumes, notamment dans les zones reculées du pays, empêchent les femmes de bénéficier de la paix, a regretté Mme Ghazanfar.  Elle a fait remarquer que le pays manquait cruellement de femmes médecins, d’infirmières et que les mariages forcés constituaient un obstacle à leur épanouissement.  C’est pourquoi, le Gouvernement afghan a besoin de l’appui de la communauté internationale pour mettre en œuvre des programmes visant à améliorer la situation du pays et, en particulier des femmes et des filles.

M. THESELE MASERIBANE, Ministre du genre, de la jeunesse, des sports et des loisirs du Lesotho, a indiqué que son pays avait réalisé des avancées importantes pour assurer l’égalité entre les sexes.  Il a ainsi cité l’adoption, en 2006, de la loi sur les personnes mariées qui a retiré le statut de minorité des femmes, ainsi que la promulgation, en 2010, d’un texte qui donne aux femmes et aux hommes un accès équitable à la terre.  Un Plan stratégique dans le secteur de l’éducation pour la période 2005-2015 a également été mis en œuvre pour éliminer les inégalités dans l’éducation primaire et secondaire.  Le Ministre a toutefois signalé que les mesures législatives et politiques de son gouvernement n’avaient pas débouché sur les résultats souhaités en raison de facteurs socioéconomiques, culturels et religieux.  Il a notamment évoqué l’impact de la crise économique et financière et des sécheresses chroniques sur la situation des femmes.  Il a également indiqué que les femmes et les filles étaient plus exposées au VIH/sida.  En outre, une femme sur 32 meurt en couche ou des suites de complications pendant la grossesse.  Le taux des grossesses est élevé chez les adolescentes du Lesotho, en raison d’une activité sexuelle précoce qui, s’est inquiété M. Maseribane, met non seulement leur vie en danger, mais les expose également au VIH/sida.

Mme ANJA KOPAC MRAK, Ministre du travail, de la famille, des affaires sociales et de l’égalité des chances de la Slovénie, a indiqué que son gouvernement était déterminé à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes, tant au niveau national qu’au niveau international par le biais de la coopération internationale.  Pour 2014, le Gouvernement de la Slovénie devrait adopter un document stratégique pour la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes sur une période de 8 ans.  Mme Mrak a ensuite expliqué que le développement durable ne pourrait être atteint tant que les inégalités entre les hommes et les femmes ne seraient pas éliminées et que les droits des femmes et des filles ne pourraient être pleinement exercés.  La Ministre a invité à prendre des mesures pour que l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes soient intégrées dans le futur programme de développement pour l’après-2015.  Elle a aussi demandé que le futur programme de développement s’attache à éliminer toutes les formes de violence contre les femmes, y compris les mutilations génitales féminines, ainsi que les exigences en matière d’éducation et de santé.  Les femmes doivent aussi bénéficier de l’égalité de représentation dans toutes les sphères, a-t-elle ajouté.

Mme CATHERINE M. RUSSELL (États-Unis) a rappelé que les droits de l’homme étaient des droits applicables à la fois aux hommes et aux femmes.  Les OMD ont permis à des millions de femmes et de filles de sortir de la misère, a-t-elle dit.  La majorité des pauvres dans le monde sont cependant des femmes.  La qualité de l’éducation continue de poser un problème, de même que la représentation des femmes dans la vie publique et politique et sur le plan économique, a-t-elle fait remarquer.  Les violences contre les femmes persistent, mais aussi contre les homosexuels, a-t-elle noté, avant d’évoquer les mariages forcés dans plusieurs régions du monde.  Les États-Unis ne peuvent concevoir un programme de développement pour l’après-2015 sans l’intégration des questions de la parité et de l’autonomisation des femmes, a souligné la représentante. 

Elle a ensuite rappelé les différentes initiatives de son gouvernement visant à améliorer la condition des femmes, y compris la lutte contre la violence sexiste et la protection des victimes de viol.  Les États-Unis continuent aussi d’appuyer les programmes de planification familiale, a-t-elle dit.  Le partenariat « Equal future » (« Égalité devant l’avenir ») vise, a-t-elle précisé, de promouvoir l’autonomisation économique des femmes.  Dans l’ensemble, ces initiatives et programmes ont renforcé la condition des femmes notamment leur rôle en politique, au sien des entreprises et dans les universités et les centres de recherche.  Toute action doit inclure les membres de la société civile et aussi les hommes et les garçons, a estimé la représentante.  Il ne faut pas se contenter de faire des déclarations mais prendre des mesures concrètes pour défendre les droits des femmes et des filles.

Mme RASHIDA MANJOO, Rapporteure spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, après avoir rappelé l’évolution de son mandat depuis sa création il y a 20 ans et la teneur des rapportsqu’elle a présentés l’année dernière au Conseil des droits de l’homme et à l’Assemblée générale, a annoncé que le rapport qu’elle présentera au mois de juin prochain, mettra en lumière les développements au sein des Nations Unies et les lacunes et faiblesses identifiées dans l’exercice de son mandat.  Elle a tout de même tenu à prévenir qu’au niveau national, l’approche normative et politique n’apportera pas de changement substantiel si elle n’est pas mise en œuvre d’une manière holistique qui vise simultanément la lutte contre l’impunité, l’autonomisation des femmes, la transformation sociale et la recherche des moyens de rompre les chaînes de la discrimination et de la violence qui étouffent les femmes.

Mme SOON-YOUNG YOON, Alliance internationale des femmes, Présidente du Comité des ONG sur le statut des femmes, a annoncé une manifestation qui aura lieu vendredi, sur la 2e avenue à New York, pour célébrer la deuxième Décennie pour les femmes, le développement et la paix.  Soulignant l’utilité du travail des ONG œuvrant en faveur des femmes, elle a souhaité que celui-ci donne des résultats car, a-t-elle fait remarquer, « nous comptabilisons des milliers d’heures de bénévolat ».  « Nous comptons sur vous, a-t-elle lancé à l’adresse des délégations, pour que vous aboutissiez aux meilleurs résultats possibles. »  En 2050, près de 80% des femmes vivront dans les villes, a-t-elle par ailleurs signalé.  Après le vingtième anniversaire de Beijing, un jeune homme ou une jeune femme devrait pouvoir se retourner sur le passé pour constater ce que « nous avons accompli au sein de la Commission et exprimer ainsi notre fierté pour le chemin parcouru », a-t-elle conclu.

Suite du débat général

Mme IOLANDA CINTURA SEUANE, Ministre des femmes et des affaires sociales du Mozambique, a indiqué que l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes étaient au cœur des actions menées par son pays.  Ces efforts, a-t-elle précisé, se traduisent dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi.  De vrais progrès ont été accomplis en matière d’alphabétisation des femmes et des filles, a-t-elle précisé.  Le Gouvernement du Mozambique a aussi accordé la priorité au logement et aux services destinés particulièrement aux femmes enceintes, ainsi qu’à la fourniture de traitements antirétroviraux aux mères touchées par le VIH/sida et aux nouveau-nés.  La Ministre a également mentionné les progrès réalisés en matière d’accès des femmes à des postes de responsabilité.  Elle a par ailleurs demandé de renforcer les moyens permettant de donner aux femmes dans les pays en développement un meilleur accès aux technologies de l’information et de la communication.

Mme ROHANI ABDUL KARIM, Ministre de la femme, de la famille et du développement communautaire de la Malaisie, a salué les progrès accomplis en faveur des droits des femmes dans son pays, en précisant qu’elles participaient activement aux processus de développement.  Elle a cité en exemples une politique en faveur du droit des femmes et un plan d’action pour la femme adopté en 1999, ainsi que l’intégration des questions du genre dans le plan national en cours d’exécution.  En 2004, le Gouvernement de la Malaisie a annoncé qu’il visait à assurer 30% des postes à responsabilité dans le secteur public à des femmes.  Des efforts semblables menés dans le secteur privé ont porté leurs fruits, s’est-elle réjouie.  La Ministre a ensuite parlé d’un programme établi en 2012 qui avait permis à des femmes d’occuper des postes de direction.

Mme MAKIBI KADIDJATOU DANDOBI, Ministre de la population, de l’autonomisation des femmes et de la protection des enfants du Niger, a mentionné la Stratégie nationale de développement accéléré et de réduction de la pauvreté pour la période 2008-2012.  Le Niger a produit quatre rapports nationaux qui démontrent que l’incidence de la pauvreté a diminué sensiblement entre 2007 et 2008, passant de 62% à 59%.  Malgré ces progrès, l’objectif de faire passer ce niveau à 30% d’ici à 2015 est impossible, a-t-elle regretté.  Concernant le domaine de l’éducation, elle a indiqué qu’entre 2001 et 2013, le taux des inscriptions pour l’enseignement primaire était passé de 54% à 80,7%.  La parité dans la scolarisation s’est aussi améliorée, a-t-elle indiqué, mais le taux d’alphabétisation reste plus faible chez les femmes que chez les hommes.  La Ministre a ensuite fait part d’une baisse significative du taux de mortalité infantile, tout en faisant observer que le taux de mortalité maternelle restait très élevé.  Elle a aussi signalé certains progrès pour ce qui est de la réduction des infections au VIH/sida.  La Ministre a assuré que le Niger venait de promulguer une loi qui interdit toute discrimination à l’encontre des femmes.

Mme LYNNE FEATHERSTONE, Ministre du développement international du Royaume-Uni, a souhaité que tous les objectifs de développement durable incluent des indicateurs sur l’égalité homme-femme.  Le Royaume-Uni appuiera un programme mondial de développement qui tienne compte des questions de genre, a-t-elle expliqué, en émettant l’espoir que d’autres bailleurs de fonds suivront cet exemple.  Les défis que doivent relever les femmes dans notre pays dépendent de leur capacité à prendre en charge leur propre destin, a-t-elle fait remarquer.  Avant de conclure, la Ministre a salué la Présidente du Libéria, Mme Ellen Johnson Sirleaf, pour son accomplissement et appelé à s’inspirer de son exemple.

Mme ZENEBU TADESSE WOLDETSADIK (Éthiopie) a déclaré que son gouvernement déployait tous les efforts possibles pour réaliser l’autonomisation des femmes qui, a-t-elle dit, constitue l’un des sept piliers stratégiques du pays.  Aujourd’hui, les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes dans de nombreux domaines, notamment en matière foncière.  Un programme sur le microfinancement a été aussi mis en place pour assister les femmes qui se lancent dans la création d’entreprises.  L’accès à l’éducation, aux soins de santé et à la planification est facilité pour les femmes et les filles, a assuré la représentante.  Le taux de scolarisation, le taux de prévalence du VIH/sida, la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant ont tous diminué, a-t-elle dit.  S’agissant des violences à l’encontre des femmes, le Gouvernement de l’Éthiopie a mis en place un programme qui vise à éliminer les violences dans les lieux de travail.  Des mesures spécifiques ont aussi été prises pour améliorer l’accès des femmes et des filles à la justice.  La participation des femmes dans les institutions publiques, a soutenu la représentante, ne cesse de croître.  La représentante a reconnu cependant que certaines traditions faisaient obstacle à l’autonomisation des femmes et à leur épanouissement dans la société.  C’est pourquoi, l’Éthiopie appuie l’intégration de la question de l’autonomisation des femmes et de la lutte contre les violences à l’égard des femmes dans le programme de développement pour l’après-2015.

Mme MARIE-LAURENCE SRANON SOSSOU, Ministre de la famille, des affaires sociales, de la solidarité nationale, des handicapées et des personnes du troisième âge du Bénin, a attiré l’attention sur les nombreuses sources d’exclusion et de marginalisation des femmes que sont les difficultés d’accès à la justice, la précarité des conditions de travail, l’absence de couverture sociale et la privation du droit à l’héritage.  La Ministre a fait part des efforts déployés par son pays dont la création d’une « boussole ».  Il s’agit en fait de la politique nationale de promotion du genre dont la mise en œuvre se fait à travers trois axes stratégiques à savoir l’autonomisation de la femme et la réduction de la pauvreté; l’institutionnalisation du genre; et le renforcement des capacités de la société civile et de tous les autres acteurs.  Après avoir souligné les progrès « remarquables » enregistrés dans son pays, la Ministre a reconnu que beaucoup reste à faire. 

Elle a donc soutenu l’idée de prendre en compte dans le programme de développement pour l’après-2015 sept axes dont la promotion d’une éducation de qualité, l’amélioration de l’accès aux soins de santé et le renforcement de la sécurité des citoyens, y compris la mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes.  La Ministre a mis l’accent sur la participation des femmes à la définition, la réalisation, le suivi et l’évaluation des politiques à mettre en œuvre dans le cadre de l’après-2015, en particulier à travers la mise en place de mécanismes de reddition de comptes aux niveaux international, régional et national.

Mme ANA ISABEL MAZÚN, Ministre de l’intérieur du Nicaragua, a indiqué que son gouvernement était composé de plus de 50% de femmes, ce qui le place dans ce domaine, comme l’indique l’Union interparlementaire, devant la Suède, la France et le Cabo Verde.  Il y a 42% de femmes au sein du Parlement nicaraguayen aujourd’hui, contre 18,5% en 2006, a-t-elle indiqué, en assurant que son pays se fixait l’objectif ambitieux d’avoir 59% de femmes juges de districts et 40% de femmes à d’autres fonctions de la magistrature.  Elle a par ailleurs indiqué que les femmes jouissaient largement de droits de propriété au Nicaragua.  « Nous sommes un peuple courageux, croyant dans les valeurs du christianisme, du socialisme et de la solidarité », a-t-elle lancé, en soulignant que son pays progressait en faveur de la justice pour les femmes. 

Mme KELLIE LEITH, Ministre de la condition de la femme du Canada, a promis 2,5 milliards de dollars pour aider à atteindre les OMD, y compris la lutte contre les violences à l’égard des femmes, pour les trois ans à venir.  Le Canada a déployé un effort diplomatique avec de nombreux pays pour mettre fin à la pratique des mariages forcés des filles.  Le Canada a soumis un projet de résolution appelant à mettre fin à cette pratique, a indiqué la Ministre.  Au plan bilatéral, le Canada a offert 5 millions de dollars au Zimbabwe pour aider le pays à combattre les mariages forcés et précoces.  Le Canada, a ajouté la Ministre, s’est engagé à verser 500 millions de dollars d’aide à l’Afghanistan afin de l’assister dans ses efforts en faveur des droits des filles et des femmes. 

Mme LINDA AMALIA SARI GUMELAR, Ministre de l’autonomisation des femmes et de la protection de l’enfance de l’Indonésie, a prévenu que la mise en œuvre du programme de développement de l’après 2015 ne pourra se réaliser tant que l’on ne prendra pas en compte les liens qui existent entre le développement et les droits des femmes.  Elle a rappelé que le Programme d’action de Beijing et les OMD avaient guidé l’élaboration de plans nationaux en Indonésie, dont le financement est augmenté chaque année.  Des mesures en faveur de la parité ont été adoptées par plusieurs ministères, a-t-elle ajouté.  La Ministre a aussi signalé que les partenariats dans ce domaine avaient été renforcés entre le secteur privé et le secteur public.  Elle a ensuite fait part des progrès accomplis par son pays pour l’éducation des filles, la représentation des femmes au parlement, la réduction du taux de mortalité infantile, la législation sur la violence à l’encontre des femmes, la création d’unités de police spécialisées, ainsi que dans la participation des femmes à la vie publique.

Mme ANTA SARR, Ministre de la femme, de la famille et de l’enfance du Sénégal, a attiré l’attention sur la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre, la Stratégie nationale de développement économique et social et le Plan Sénégal émergent, que son pays a mis en place.  Parmi les résultats encourageants de ces textes, la Ministre s’est attardée sur le fait que les postes de premier ministre, du président du Conseil économique, social et environnemental et de directeur général de la sûreté nationale sont occupés par des femmes, sans compter les directrices nationales et le nombre croissant de femmes gouverneurs et préfets.  Si la mise en œuvre des OMD est en bonne voie, la Ministre a reconnu que son pays a de faibles chances d’atteindre les cibles de la mortalité des enfants de moins de 5 ans d’ici à 2015.  Elle s’est montrée tout aussi réaliste s’agissant de l’assainissement et de l’accès des femmes à la terre et aux moyens de production.  Elle a voulu que les efforts nationaux soient consolidés par une coopération internationale sur le financement du développement qui aille au-delà de la simple aide publique pour épouser les contours d’un véritable partenariat, « lequel a fait défaut au cours de ces dernières années ».

Mme MARCELLA LIBURD, Ministre de la santé de Saint-Kitts-Et-Nevis, a indiqué que son pays bénéficiait d’une société où les femmes occupent des postes importants dans la diplomatie, les églises et au sein du Gouvernement.  Cette situation est le résultat d’un système éducatif qui met les enfants sur un pied d’égalité.  La législation nationale garantit l’égalité de salaire pour un travail égal aux hommes et aux femmes.  Les femmes bénéficient aussi de formations spécifiques afin de pouvoir postuler à des postes plus élevés.  En matière de santé, la Ministre a assuré que la prévalence du VIH/sida dans le pays avait diminué.  Une politique de tolérance zéro a été lancée contre les violences domestiques, a-t-elle également indiqué.  

Mme MICHAELA CASH, Ministre conseillère du Premier Ministre sur les questions de la femme, de l’Australie, a estimé que la communauté internationale devrait fournir davantage d’efforts pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes.  Elle a relevé les discriminations dont continuent d’être victimes les femmes sur le marché du travail et leur faible représentation au sein des gouvernements.  L’Australie vient de nommer un nouvel ambassadeur pour les femmes et les filles, a-t-elle annoncé, avant d’indiquer que son gouvernement travaillait sur le plan bilatéral avec un certain nombre de pays.  Elle a ensuite souligné l’importance de la lutte contre les violences faites aux femmes, en précisant que l’Australie n’était pas épargnée par ce fléau.  À cet égard, le Gouvernement australien travaille avec la société civile pour mieux répondre à ces violences, a-t-elle indiqué.  Mme Cash a aussi dénoncé les mutilations génitales féminines et le mariage forcé, qui sont illégaux en Australie. 

Mme CLAUDIA PEÑA, Ministre de l’autonomie de la Bolivie, a estimé que l’établissement de relations justes et équitables entre les hommes et les femmes devrait tenir compte des structures globales du pouvoir pour les remettre en question.  Il faudrait revoir le système patriarcal mondial qui soumet les femmes à la subordination, a-t-elle dit.  En ce qui concerne le programme de développement pour l’après-2015, la Ministre a souhaité que celui-ci tienne compte des discriminations à l’égard des femmes, de la lutte contre la violence dont elles sont la cible et du respect des droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles.  La Bolivie a réalisé l’OMD relatif à la scolarisation des filles, s’est-elle par ailleurs félicitée.  La Ministre a également indiqué que 52% des sièges du Sénat étaient occupés par des femmes, en assurant par ailleurs que la parité dans les listes électorales était un principe inscrit dans la Constitution. 

Mme MARIA ARNHOLM, Ministre de l’égalité des sexes de la Suède, a déclaré que si les politiques ne sont pas forcément applicables à tous, il faudrait cependant éliminer les mesures et pratiques discriminatoires.  Pour aller de l’avant, a ajouté la Ministre, il faudrait reconnaître qu’il y a des questions essentielles que les OMD n’ont pas pris en compte comme la violence à l’encontre des femmes et des filles, les inégalités de salaires pour un même travail, le taux élevé de femmes dans le secteur informel, les inégalités dans l’accès aux ressources productives, l’absence des femmes à des postes de responsabilité et l’absence de services en matière de santé reproductive et sexuelle.  Ces questions doivent dûment figurer dans le programme de développement pour l’après-2015, a-t-elle insisté.  Il n’existe aucune société dans le monde où le développement n’est pas affecté négativement par la persistance des inégalités entre hommes et femmes, y compris en Suède, a déclaré la Ministre.  C’est pourquoi, elle a plaidé pour la définition d’un objectif spécifique à l’égalité des sexes lors de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 et pour son intégration dans tous les autres objectifs de ce programme.

Mme MARIE YANICK MÉZILE, Ministre à la condition féminine et aux droits des femmes de Haïti, a d’emblée énuméré les réformes menées dans le pays en vue d’améliorer la promotion et la défense des droits de la femme visant ainsi l’élimination de toutes les formes de violence exercées contre les femmes et les filles.  Elle a ajouté que la première politique de l’égalité entre les femmes et les hommes (2014-2034) vient d’être soumise à l’Assemblée des Conseils des ministres en février.  Elle a déploré que l’accès à la justice demeure encore limité pour les femmes rurales et des milieux les plus pauvres.  Plus encore, la Constitution haïtienne consacre les principes d’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que le principe d’application d’une mesure temporaire spéciale en assurant un quota d’au moins 30% de femmes dans les services publics au niveau décisionnel.  La faible participation politique des femmes est symptomatique de leur marginalisation et de l’absence de sanctions contraignantes contre les partis politiques qui n’observent pas le quota de 30% de femmes.  Mme Mézile a aussi fait état des mesures de promotion de l’autonomisation des femmes, de la santé, de leur autonomie financière.  Malgré les avancées, beaucoup reste à faire, a reconnu la Ministre, car la pauvreté est féminine et les femmes constituent 52% de la population haïtienne, dont la majorité est monoparentale avec en moyenne trois enfants qu’elles élèvent seules.

Mme ABENA ONDOA née OBAMA MARIE THÉRÈSE, Ministre de l’autonomisation des femmes et de la famille du Cameroun, a déclaré que le Code électoral adopté en 2012 avait pris en compte la question de l’égalité entre les sexes dans les élections législatives et locales, avec un quota de 30% en faveur des femmes.  Elle a noté que la prise en compte de cette question avait permis de faire augmenter le nombre de femmes parlementaires du Cameroun de 25 entre 2007-2012 à 56 pour la période 2013-2018.  Elle a en outre relevé que la réduction du taux de mortalité maternelle et infantile était un objectif majeur du Gouvernement camerounais.  Elle a également cité un certain nombre de mesures prises dans le domaine de la santé, telles que la lutte contre le VIH/sida qui s’est intensifiée, avec notamment la fourniture gratuite de traitements antirétroviraux.  Elle a par ailleurs assuré que le Gouvernement du Cameroun allait renforcer la promotion de l’égalité entre les sexes dans tous les secteurs de la vie nationale, avant et après la date butoir de la réalisation des OMD en 2015.

SHEIKHA LATEEFAH AL SABAH (Koweït) a exposé les progrès accomplis par son pays en matière d’éducation des femmes et de santé, ainsi que la réduction de la mortalité infantile.  Elle s’est aussi réjouie de ce que les femmes koweïtiennes aient pu occuper des postes de responsabilités dans le cadre de projets à long terme.  Elle a ensuite demandé de se concentrer sur la prévention de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et sur les moyens fournis aux femmes pour qu’elles puissent s’épanouir.  Enfin, elle a remercié la Commission de la condition de la femme pour les efforts qu’elle déploie en vue de promouvoir les droits des femmes dans les pays sortant d’un conflit. 

M. MANU SAREEN, Ministre des enfants, de l’égalité des sexes, de l’intégration et des affaires sociales du Danemark, a affirmé que pour son gouvernement, l’égalité des sexes constituait un élément important des politiques intérieure et internationale, de même qu’une pierre angulaire de la coopération de développement.  Dans ses efforts visant à réduire la pauvreté et les inégalités mondiales, le Gouvernement danois est déterminé à mettre l’accent sur la promotion des droits de l’homme, en se concentrant particulièrement sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

La discrimination des femmes et des filles peut différer en intensité et dans la forme d’un pays à un autre et d’une région à une autre, mais aucun pays, y compris le Danemark, ne s’est encore affranchi de cette plaie, a-t-il déclaré.  Le Ministre s’est dit convaincu que le programme de développement pour l’après-2015 offrirait une fenêtre d’opportunité unique pour faire progresser de façon plus marquée l’engagement politique international en faveur de l’égalité des sexes. 

M. Sareen a expliqué que plusieurs questions importantes n’étaient pas traitées de façon pertinente par les Objectifs du Millénaire pour le développement, tels que la violence faites aux femmes et aux filles, les stéréotypes sexuels, l’accès égal des femmes aux avoir et aux ressources productives, le fossé entre les salaires des femmes et ceux des hommes, la santé reproductive et sexuelle et les droits des femmes, la participation des femmes à tous les niveaux de prise de décisions.  Ces lacunes, a-t-il dit, devraient être corrigées dans le programme de développement pour l’après-2015.

Mme LUUL GEBREAB, Présidente de l’Union nationale des femmes érythréennes, a souligné, qu’à ce stade, le défi résidait dans la pleine mise en œuvre de toutes les politiques et tous les programmes liés à la promotion de la femme.  Elle a cité comme obstacles, les facteurs climatiques, la faiblesse des capacités humaines et institutionnelles, les conflits et les régimes de sanctions.  L’Érythrée, a-t-elle dit, illustre parfaitement le cas où la paix et la sécurité, si elles ne sont pas prises en compte dans la réalisation des OMD, affectent considérablement la question de l’égalité des sexes.  Le lien entre la paix et le développement ne saurait être sous-estimé, a-t-elle insisté.  Mme Gebreab a attribué les succès de son pays à la résilience de la population, y compris des femmes mais aussi des jeunes, à un leadership engagé, à une utilisation efficace des ressources, à l’accent mis sur les plus vulnérables et à la création des partenariats nécessaires.  Dans un pays comme le mien, a-t-elle expliqué, la lutte contre la désertification et pour l’accès à l’eau potable et la sécurité alimentaire demeure la priorité.  La représentante de l’Érythrée n’a pas oublié de plaider, à son tour, pour un objectif spécifique à l’égalité entre les sexes et l’intégration des éléments de cet objectif dans tous les autres du futur programme de développement pour l’après-2015.

Mme EKOUE DEDE, Ministre de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation du Togo, a indiqué que les avancées enregistrées dans son pays étaient le fruit de la coopération efficace avec la société civile, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.  Mais, a-t-elle reconnu, des défis importants subsistent.  Le Togo a donc placé l’autonomisation économique de la femme comme vecteur de progrès pour toutes et pour tous.  À ce titre, a dit la Ministre, il soutient l’établissement d’un programme de développement pour l’après-2015 qui prévoit un objectif spécifique pour l’égalité entre les hommes et les femmes.  Cet objectif, a-t-elle précisé, à son tour, devra comprendre l’autonomisation économique des femmes, la lutte contre les violences faites aux femmes et la représentation des femmes dans les instances de décision.  Le programme de développement pour l’après-2015 devrait aussi consacrer la mise en œuvre effective du principe de la transversalité du genre dans tous les autres objectifs.  Le Togo appelle donc à un engagement international politique fort qui favorise un financement adéquat et une coopération multidimensionnelle soutenue, a insisté la Ministre.

M. MOIJUE KAIKAI, Ministre du bien-être social, du genre et de l’enfance de la Sierra Leone, a souligné que l’intégration de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes était devenue désormais une question de développement.  En Sierra Leone, le Gouvernement a pris différentes mesures pour réaliser les droits des femmes, a-t-il indiqué.  Le Ministre a ainsi parlé des progrès réalisés dans l’éducation des femmes et des filles, de l’adoption d’une loi sur le divorce et des mesures prises pour éviter les grossesses des filles.  « Nous avons aussi appliqué une politique de discrimination positive afin que les femmes puissent occuper des postes à responsabilité. »  Le Ministre s’est ensuite prévalu de la réduction du taux de pauvreté, même si des progrès restent à faire.  S’agissant du deuxième objectif du Millénaire pour le développement, relatif à l’alphabétisation, le Ministre a assuré que des progrès importants avaient été réalisés, grâce aux efforts colossaux déployés par le Gouvernement.  La réduction des taux de mortalité maternelle et infantile fait aussi l’objet de nombreux efforts, a-t-il ajouté.  Le Ministre a également souligné que la planification familiale était nécessaire pour que de véritables progrès soient accomplis en matière d’accès à la santé procréative.

Mme RABIHA DIAB, Ministre des affaires féminines de l´État observateur de Palestine, a appelé à soutenir les femmes palestiniennes et à œuvrer pour que prenne fin l’occupation israélienne.  Elle a expliqué que des progrès avaient déjà été réalisés, notamment en matière de violence à l’encontre des femmes et d’équilibre entre les hommes et les femmes.  Elle a salué, à cet égard, le rôle que jouent les institutions civiles, avant de souligner l’importance des stratégies mises en place en Palestine.  Un système de quotas a fait passer de 20 à 25% le nombre de femmes participant au processus de prise de décisions, a-t-elle cité en exemple.  Elle a aussi mentionné l’existence d’un comité mis en place pour lutter contre la violence faite aux femmes.  La Ministre a par ailleurs lancé un appel pour que le blocus économique contre Gaza prenne fin.  Il faudrait également démanteler toutes les colonies israéliennes implantées dans le territoire palestinien, a-t-elle insisté.

Mme ANA TRIŠIĆ BABIĆ (Bosnie-Herzégovine) a estimé que la violence faite aux femmes est un fléau universel qui entrave l’autonomisation des femmes et l’égalité entre les hommes et les femmes.  Elle a rappelé les causes sous-jacentes de cette violence, comme la pauvreté et les conflits.  L’éducation est essentielle pour permettre le progrès des sociétés, a-t-elle ajouté, en rappelant le cas de la jeune Malala Yousafza au Pakistan.  Elle a par ailleurs mentionné l’existence de nombreuses lois adoptées dans son pays visant à mettre fin à la violence et à la discrimination sexiste et sexuelle.  Les victimes peuvent demander réparation en justice, a-t-elle également assuré.

M. HANS BRATTSKAR, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Norvège, a regretté que 20 ans après le Programme d’action de Beijing, il faille encore rappeler à certains que les droits de la femme sont des droits de l’homme et que les engagements juridiques et politiques en faveur de l’égalité entre les sexes ne visent rien d’autre et rien de plus que le plein exercice par les femmes de tous leurs droits.  Il s’est enorgueilli du fait que sa Première Ministre copréside le Groupe de mobilisation pour les OMD créé par le Secrétaire général de l’ONU.  C’est l’égalité entre les sexes et l’autonomisation de la femme qui sont une condition préalable au développement économique et social et non le contraire, a souligné le Ministre.   Les changements que la Norvège a connus en matière de promotion de la femme sont nés des décisions politiques et des investissements massifs dans l’éducation, la santé et les services, a encore insisté le Ministre.  Le développement exige d’investir dans les ressources les plus précieuses, à savoir la population, a-t-il ajouté. 

Il faudrait augmenter les investissements en faveur des femmes et des filles, à savoir l’éducation, la santé reproductive et sexuelle, la lutte contre la violence et la protection face aux mariages forcés ou précoces.  Le représentant a insisté sur le lien « très clair » entre le droit d’une fille à décider de son mariage et du moment de devenir mère, et sa faculté à poursuivre son éducation.  Il y a un lien tout aussi clair entre le niveau d’éducation et la participation au développement économique et social.  Il y a aussi un lien entre la contribution des femmes au développement et la paix durable, a conclu le Ministre, qui a lui aussi appuyé l’idée de définir un objectif spécifique à l’égalité des sexes et d’intégrer cette question dans les autres objectifs.

Mme AŞKIN ASAN (Turquie) a fait part des avancées réalisées par son pays pour protéger les droits des femmes et promouvoir leurs conditions économiques et sociales.  Dans le cadre des OMD, la Turquie a redoublé d’efforts pour éliminer l’analphabétisme et améliorer l’éducation des filles.  Le taux de scolarisation des filles est passé de 90% en 2000 à 99% en 2013.  Les taux de mortalité maternelle et infantile ont également décliné.  La représentante a aussi parlé des services fournis aux enfants les plus pauvres à condition qu’ils soient soumis à des contrôles médicaux réguliers. 

Mme ISABEL BRENES PANIAGUA (Costa Rica) a parlé des améliorations apportées au programme de santé pour les femmes et les enfants dans son pays.  Le Costa Rica a aussi investi à long terme en faveur de la protection sociale, ce qui bénéficie, a-t-elle expliqué, en particulier aux femmes et aux enfants.  Elle a aussi indiqué que des efforts étaient entrepris pour permettre aux adolescentes enceintes de poursuivre leur scolarité.  La participation des femmes dans les emplois rémunérés a aussi été améliorée.  La représentante a également signalé l’adoption d’un fonds destiné à assister au financement des projets menés par les femmes. 

Mme IEVA JAUNZEME, Secrétaire d’État au Ministère du bien-être social de la Lettonie, a estimé que le cadre des OMD n’était pas assez exhaustif pour traiter des causes originelles des inégalités entre hommes et femmes.  Il faudrait donc corriger cette erreur dans le futur programme de développement pour l’après-2015.  Après avoir passé en revue les progrès remarquables de son pays dont un taux de 29% de femmes dans les postes de responsabilités, soit au deuxième rang parmi les membres de l’Union européenne, la Secrétaire d’État a rappelé que son pays siégeait au sein du Conseil d’administration d’ONU-Femmes et qu’il partageait ainsi son expérience avec de nombreux pays, finançant des projets pour promouvoir le leadership des femmes et leur émancipation économique, en Europe de l’Est, en Asie centrale, en Afghanistan ou en Iraq.  Pour la Lettonie, il faudrait mettre en avant l’émancipation économique des femmes, par des investissements dans leur éducation, des politiques macroéconomiques favorables, la promotion des droits reproductifs et sexuels et le renforcement de la participation des femmes dans les processus de prise de décisions, à tous les niveaux.  Seule une approche holistique et des efforts conjoints des gouvernements, de la communauté internationale, de la société civile et du secteur privé conduiront à un développement durable « concret », a conclu la Secrétaire d’État.

M. GINTARAS KLIMAVICIUS, Vice-Ministre de la sécurité sociale et du travail de la Lituanie, a affirmé qu’une participation égale des hommes et des femmes dans les sphères de vie politique, économique, sociale et autres constituait un moteur pour la démocratie, un développement durable et intelligent, une croissance économique inclusive et la prospérité.

De longue date, en Lituanie, a-t-il expliqué, l’attention accordée aux questions touchant les femmes, le travail consistant, systématique et complexe entrepris pour éliminer les inégalités et assurer de facto l’égalité entre les hommes et les femmes dans le cadre du Programme national à long terme a conduit à des résultats positifs.  Ce succès a contribué à garantir l’autonomisation des femmes, leur indépendance économique et un statut plus important, a-t-il ajouté.

Le Ministre a souligné également que, pendant la présidence lituanienne de l’Union européenne, en 2013, l’accent avait été placé sur l’accélération de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’efficacité des mécanismes institutionnels ayant été choisie en tant que priorité à cet égard.  Comme membre du Conseil de sécurité, a-t-il poursuivi, la Lituanie est fermement convaincue que les activités nationales, régionales et internationales liées à la paix et à la sécurité devraient tenir compte des questions de genre, en particulier en assurant la promotion de la participation des femmes.

M. VICHIEN CHAVALIT, Premier Secrétaire au Ministère du développement social et de la sécurité humaine de la Thaïlande, a déclaré que la mise en œuvre des OMD dans son pays avait été l’histoire d’un véritable succès grâce à un processus progressif et bien planifié.  En conséquence, la Thaïlande s’est donnée pour but de faire davantage et de créer les « OMD Plus » dont le troisième vise, par exemple, à doubler le nombre des femmes siégeant au sein du parlement, dans les administrations locales et les postes de responsabilités des institutions publiques, conformément au Plan national de développement économique et social pour la période 2012-2016.  Le pays envisage de mettre en place un système de quotas qui serait accompagné d’une solide formation des femmes et d’un changement de mentalité chez les hommes pour qu’il soit pleinement efficace.   Bientôt, les 14 provinces du sud du pays vont accueillir une « Académie de leadership pour les femmes musulmanes ».  La Thaïlande est en effet fermement convaincue que l’éducation est le moteur le plus puissant de l’autonomisation des femmes et des filles.  La loi sur l’éducation nationale garantit l’accès égal à l’éducation mais des efforts supplémentaires sont faits pour éliminer les préjugés dans les écoles et les universités, qui sont les causes principales des inégalités entre hommes et femmes, a assuré le représentant, avant de conclure. 

Mme TERESA MORAIS, Secrétaire d’État aux affaires parlementaires et à l’égalité du Portugal, a rappelé que son pays avait ratifié, en 2013, la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, devenant ainsi le premier pays de l’Union européenne à le faire.  Des investissements importants ont été réalisés dans le domaine de la prévention de la violence domestique et fondée sur le genre et de la protection de ses victimes.

Le Portugal insiste sur le fait que le programme de développement pour l’après-2015 soit établi sur la ferme détermination à prévenir et à combattre toutes les formes de violence contre les femmes. 

Concernant les femmes et les conflits armés, le premier Plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité vient à terme en août prochain.  Son application a déjà permis de renforcer la participation des Portugaises dans les missions internationales et d’octroyer aux forces militaires et de sécurité une formation sur l’égalité des sexes et de la lutte contre la violence fondée sur le genre.

Enfin, la prévention et la lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes, l’éducation à l’égalité et la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes sur le marché du travail sont au nombre des priorités du Portugal.

Mme NEILA CHAABANE, Secrétaire d’État à la femme et à la famille de la Tunisie, a demandé de renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des femmes dans le monde, en incluant ces questions dans les objectifs de développement pour l’après-2015.  En Tunisie, la loi sur la vie privée avait été adoptée en 1956, une loi pionnière en matière de droits des femmes, a-t-elle rappelé, avant de préciser que la nouvelle Constitution tunisienne garantissait ces droits.  Elle a cependant reconnu qu’il y avait des écarts entre la législation nationale et son application dans la pratique.  Si les progrès ont été importants en matière d’éducation des filles, les femmes qui travaillent ne représentent que 25% de la population active, a-t-elle indiqué.  Mme Chaabane a aussi parlé d’une loi-cadre de lutte contre la violence faite aux femmes.  Elle a ensuite plaidé la cause des femmes palestiniennes et appelé à faire cesser la tragédie qu’elles subissent. 

Mme TERESA BELLANOVA, Sous-Secrétaire d’État aux affaires politiques, sociales et du travail de l’Italie, s’est dite convaincue que 2015 marquera une étape importante pour évaluer les progrès et les lacunes dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  L’Italie a fait de grands progrès en faveur des femmes, a-t-il assuré, en citant l’élaboration du premier plan national d’action contre la violence fondée sur le sexe et le harcèlement sexuel.  Pour atteindre les objectifs d’égalité entre les sexes et d’autonomisation, a-t-il dit, il est important de faire preuve d’une ferme volonté politique, qui doit être soutenue par un cadre juridique établissant des règles en matière de protection.  L’Italie a entrepris des efforts inlassables pour combattre la pratique des mutilations génitales féminines et les mariages forcés.  Un effort collectif et la coopération internationale sont nécessaires pour répondre à ces défis et pour faire de l’égalité entre les sexes une réalité pour toutes les femmes et les filles.

Mme LINDA WILLIAM, Secrétaire principale des affaires sociales des Seychelles, a indiqué que son pays avait réalisé des avancées importantes pour atteindre les OMD et s’est félicitée du fait qu’il occupe désormais la quarante-sixième place selon l’index du développement humain du PNUD.  Elle a toutefois signalé que la crise économique avait eu un impact négatif sur le pouvoir d’achat des citoyens.  La forte consommation de drogues et le taux des personnes touchées par les maladies non transmissibles ont gravement fait obstacle aux efforts de développement entrepris par le Gouvernement.  Mme William a aussi évoqué les défis que représente le VIH/sida dans les Seychelles.  En dépit du fait que les Seychelles occupent le deuxième rang en Afrique en ce qui concerne la participation des femmes au processus politique national, un nombre trop important d’entre elles sont victimes de violence sexiste, a-t-elle regretté.  Les femmes représentent également la majorité des récipiendaires d’allocations sociales, a-t-elle ajouté.  

Mme KETEVAN NATRIASHVILI, Première Vice-Ministre de l’éducation et de la science de la Géorgie, a indiqué qu’en janvier 2014, le Conseil pour l’égalité des sexes du Parlement géorgien avait adopté un nouveau Plan d’action pour la période 2014-2016 qui s’articule autour des huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et des exigences du Programme d’action de Beijing.  La Ministre a fait part des progrès enregistrés dans l’accès des femmes au pouvoir politique et autres niveaux de direction, avant de souligner que compte tenu de son importance, le Gouvernement géorgien accordait toute son attention à l’éducation.  Son Ministère s’efforce d’intégrer les aspects liés à l’égalité entre les sexes dans les lois relatives à l’éducation et de promouvoir l’égalité d’accès à certaines disciplines dont la science, la technologie, l’ingénierie ou les mathématiques.  L’égalité des sexes devrait également faire son entrée dans les programmes de l’école maternelle.  La Vice-Ministre n’a pas conclu sans exprimer la profonde préoccupation de son pays face à l’occupation étrangère de 20% du territoire national, privant de ses droits fondamentaux quelque 500 000 personnes déplacées ou réfugiées sur le million que compte son pays, dont la majorité sont des femmes et des enfants.

Mme GLORIA BENDER (Argentine) a d’emblée déclaré que le programme de développement pour l’après-2015 devrait inclure un volet sur l’égalité entre les sexes, l’élimination des violences à l’égard des femmes, l’accès aux soins de santé y compris les droits à la santé sexuelle et reproductive.  À cet égard, il faudrait identifier les moyens pour mettre en œuvre ces objectifs.  Ceci exige, a-t-elle souligné, des débats réalistes et francs qui clarifient et facilitent la réalisation des objectifs clefs, en particulier les objectifs concernant les formes de violence sexuelle pour lesquels des mécanismes de rapports périodiques doivent être établis.  Le Gouvernement de l’Argentine a aligné certaines de ses priorités sur les OMD.  Il œuvre également pour la promotion d’un travail décent.  L’Argentine a pris des mesures visant à améliorer la situation des femmes dont la prévention et la punition des violences sexuelles, la protection et la promotion des droits à la santé sexuelle et reproductive, la protection des droits des femmes sur le marché du travail, a assuré la représentante. 

Mme NOORA KHALEEFA AL SUWAIDI (Émirats arabes unis) a indiqué que dans son pays, l’Union générale des femmes œuvrait en faveur de l’autonomisation des femmes dans tous les domaines, tant au plan national qu’international.  Ces efforts ont contribué à l’amélioration de la condition des femmes aux Émirats arabes unis comme ailleurs, a-t-elle précisé.  La Représentante permanente des Émirats arabes unis auprès des Nations Unies est une femme, a-t-elle rappelé, en précisant que sa nomination démontrait les progrès accomplis en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes dans son pays.  Elle a assuré que le fossé entre les hommes et les femmes s’était réduit dans son pays, avant de parler aussi des améliorations en matière de santé qui ont particulièrement bénéficié aux femmes.

Mme NAZGUL BEISHEEVA(Kirghizistan) a rappelé que son pays avait adopté une stratégie nationale pour parvenir à l’égalité entre les sexes d’ici à 2020.  Des mesures ont été prises par le Gouvernement pour assurer la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité sur les « Femmes, la paix et la sécurité » et pour promouvoir leur rôle en matière d’entreprenariat.  Le Gouvernement est convaincu qu’il faudrait définir, dans le cadre du futur programme de développement pour l’après-2015, un objectif spécifique pour la question de l’égalité entre les sexes.  Un projet de loi visant à prévenir les violences domestique et familiale est en cours d’élaboration, grâce à l’appui des Nations Unies.  Une campagne pour l’égalité entre les garçons et les filles a également été lancée.  Des ressources doivent être mobilisées pour réaliser toutes ces campagnes.  Avant de conclure, la représentante a salué le travail d’ONU-Femmes au Kirghizistan.

Mme BUNDITH PRATHOUMVANH (République démocratique populaire lao) a déclaré que son pays avait fait de remarquables progrès sur les plans économique et social au cours de ces deux dernières décennies.  La proportion de gens vivant sous le seuil de pauvreté a été réduite de 40%.  Les populations des régions isolées de la République démocratique populaire lao continuent de vivre des conditions difficiles en raison de l’accès limité aux services de base, a-t-elle fait remarquer.  Ces mêmes populations ne seront pas en mesure de changer leurs conditions de vie tant que certains comportements et traditions à l’égard des femmes et des filles n’auront pas changé.  Il est nécessaire pour son pays de disposer d’un financement prévisible et durable, a souligné la représentante, qui a fait observer que la République démocratique populaire lao ne pourrait être retirée de la catégorie des PMA qu’en 2020.  Progresser dans ce sens exigera de redoubler d’efforts pour réaliser les OMD, a-t-elle dit, en assurant que son gouvernement continuera de travailler avec tous ses partenaires pour le développement.

Mme MARGARITA R. SONGCO, Directrice générale adjointe de l’Autorité du développement économique des Philippines, a indiqué que si les choses s’annoncent de manière positive dans la réalisation des OMD, le pays demeure confronté à des défis comme les taux élevés de grossesses chez les adolescentes et de mortalité maternelle ainsi que la marginalisation des femmes rurales qui demandent une attention accrue.  Elle a, à son tour, souligné que les catastrophes naturelles, les conséquences dévastatrices des changements climatiques, la discrimination et la violence dont sont victimes les femmes et les filles constituent des obstacles importants aux efforts entrepris par son gouvernement pour améliorer la situation de la population et, en particulier, les femmes et les filles.  Après avoir rappelé les dégâts causés par le typhon Haiyan, Mme Songco a insisté sur la nécessité de définir un objectif spécifique à l’égalité des sexes lors de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 et d’intégrer également cette question dans tous les autres objectifs.  Elle a de même insisté sur la nécessité d’établir des indicateurs ventilés par âge, par sexe et par communauté.  Les Philippines, a-t-elle ajouté, procèdent actuellement à l’établissement de leur propre programme pour l’après-2015 qui s’articulera autour de cinq piliers, à savoir la réduction de la pauvreté et l’intégration sociale; la protection de l’environnement; la lutte contre les changements climatiques et la gestion des catastrophes; la gouvernance responsable, réactive et participative; un ordre international juste et stable; et, enfin, la paix et la sécurité.

Mme MARCELA HUAITA ALEGRE, Vice-Ministre des questions de la femme du Pérou, a indiqué que son ministère avait été créé pour mettre en œuvre le Programme d’action de Beijing.  Elle a aussi parlé du Plan national de lutte contre la violence à l’égard des femmes, ainsi que du Plan national pour l’égalité entre les hommes et les femmes pour lequel un système national d’indicateurs sur le genre a été mis en place.  Le Pérou a réalisé des progrès en facilitant l’accès à la justice des femmes victimes de discriminations et surtout de la violence domestique.  Malgré ces efforts, elle a reconnu que son pays enregistrait un retard dans la participation des femmes aux processus de prise de décisions. 

Mme SAMVADA KHENG (Cambodge) a fait part des réalisations de son pays en matière de scolarisation des enfants et, plus particulièrement, celle des filles.  En raison des infrastructures actuelles, les objectifs fixés ne pourront être atteints rapidement pour les cycles secondaire et universitaire.  Le pays a fait aussi des progrès pour assurer les services de soins de base, ainsi que les traitements contre le VIH/sida.  S’agissant de l’autonomisation des femmes, la représentante a souligné que 53% des fonctionnaires sont maintenant des femmes et que le nombre de femmes à des postes de responsabilités avait sensiblement augmenté.  Elle a cependant reconnu que les résistances liées à la culture et aux traditions, ainsi que les inégalités de salaires ne permettaient pas encore aux femmes de jouir pleinement de leurs droits et de s’épanouir.  Le Cambodge, à l’instar d’autres États Membres, appelle à définir, dans le cadre de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015, un objectif spécifique sur l’égalité entre les sexes, l’élimination des violences à l’encontre des femmes et leur autonomisation.

Mme SURINA ACOSTA BROOKS (Cuba) a indiqué que son pays était parvenu à réaliser les OMD malgré le blocus économique imposé par le Gouvernement des États-Unis.  « Nous avons réalisé l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que l’autonomisation des femmes, a-t-elle assuré, en se prévalant de services de santé de qualité et d’une couverture médicale universelle.  Chaque enfant est vacciné contre trois maladies, a-t-elle par exemple indiqué.  Tout cela a été possible grâce à la volonté politique du Gouvernement cubain, a-t-elle fait valoir.  La représentante a ensuite expliqué que les femmes occupaient, en 2013, 36% des sièges du Parlement.  Deux femmes ont aussi été élues à la vice-présidence du Conseil d’État, tandis que 10 conseils populaires provinciaux sont présidés par des femmes.  Celles-ci représentent en outre 48% de la force de travail, a-t-elle ajouté.  Enfin, elle a lancé un appel aux pays développés pour qu’ils respectent leurs engagements en matière de transfert de technologies et d’aide publique au développement. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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