Le Forum pour la coopération en matière de développement clôt ses travaux en prônant plus d’efficacité et de responsabilisation, des concepts qui sont liés

11 Juillet 2014
ECOSOC/6642

Le Forum pour la coopération en matière de développement clôt ses travaux en prônant plus d’efficacité et de responsabilisation, des concepts qui sont liés

11/7/2014
Conseil économique et social
ECOSOC/6642
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de 2014

39e & 40e séances

matin & après-midi

LE FORUM POUR LA COOPÉRATION EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT CLÔT SES TRAVAUX EN PRÔNANT PLUS D’EFFICACITÉ ET DE RESPONSABILISATION, DES CONCEPTS QUI SONT LIÉS

« Les jeunes veulent avoir droit à la parole », signale le représentant du Groupe des enfants et des jeunes, qui sont prêts à contribuer au programme de développement pour l’après-2015.

Le Forum biannuel de haut niveau pour la coopération en matière de développement a achevé, aujourd’hui, ses deux jours de travaux visant à contribuer aux débats relatifs à l’élaboration d’un programme de développement pour l’après-2015 qui, grâce à l’action concertée de tous les pays, permettrait d’éradiquer la pauvreté et de promouvoir le développement durable et serait universellement* mis en œuvre.  Le programme de développement pour l’après-2015 prendra le relai des Objectifs du Millénaire pour le développement, dont la date butoir de la réalisation avait été fixée en 2015.  Le Conseil économique et social (ECOSOC) a en même temps clôturé le débat de haut niveau de sa session de 2014, qui s’est lui aussi tenu au cours de cette semaine.

Le Forum de haut niveau sur la coopération en matière de développement a offert l’occasion à ses participants de rappeler qu’il est essentiel de catalyser l’engagement de tous les acteurs du développement, notamment pour obtenir une plus grande résilience en ce qui concerne les résultats obtenus en matière de démantèlement des inégalités, de renforcement de la durabilité des progrès accomplis, de libération des énergies et des capacités des populations, a remarqué M. Wu Hongbo, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, dans ses remarques de clôture.  Concernant l’importante question du partenariat pour le développement, il est également apparu que nous devons redoubler d’efforts pour suivre les progrès accomplis ensemble, pour renforcer les capacités et pour rendre les partenaires plus responsables et plus efficaces, a souligné M. Wu.

Au cours de leurs quatre dernières sessions de travail, les participants au Forum se sont en particulier employés à évaluer la façon dont un partenariat mondial renouvelé pour le développement pourrait fonctionner dans la pratique.  Ils ont débattu de la manière dont pourrait être assurées la qualité et l’efficacité de la coopération pour le développement, ainsi que l’examen des étapes clefs à parcourir pour la mise en place d’un cadre mondial de surveillance et de responsabilité, et ils se sont interrogés et ont proposé des voies et moyens permettant d’envisager une nouvelle conception de la coopération pour le développement après 2015.

L’assistance économique et financière demeurant une source essentielle de ressources et de capitaux pour les pays en développement, le Ministre des finances et du développement économique de l’Éthiopie a invité le Forum à rendre concrets dans la réalité les discours et les engagements pris en matière d’aide publique au développement (APD).  À l’instar de nombreux intervenants, il a aussi recommandé que soit appliqué le principe de « l’appropriation nationale » de l’APD, ce qui serait d’ailleurs facilité par l’alignement des financements du développement sur les besoins spécifiques des pays tels qu’ils sont exprimés par ces derniers.

« L’aide est plus efficace quand elle soutient des politiques auxquelles adhèrent les dirigeants et les citoyens » du pays récipiendaire, a renchéri son homologue, le Ministre de la planification et du développement de la Côte d’Ivoire.  Dans notre pays, a-t-il donné comme illustration, le plan de développement que nous nous proposons de mettre en œuvre a été défini en concertation avec l’ensemble des partenaires nationaux et internationaux.

Il a aussi été demandé aux gouvernements des pays récipiendaires de fournir des cadres politiques, ainsi que des mécanismes de responsabilisation, de transparence, de contrôle et de surveillance.  En Côte d’Ivoire, a signalé le Ministre, ont été créés une Haute Autorité pour la bonne gouvernance et un Secrétariat national chargé de la lutte contre la corruption.

Le Secrétaire général de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques a insisté sur l’importance de la transparence dans l’utilisation des finances publiques des pays qui reçoivent l’aide au développement.  Il a conseillé de s’appuyer sur les systèmes d’audit, un avis partagé par des députés de l’Autriche et de la Zambie.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Wu Hongbo, a résumé les recommandations résultant de la troisième enquête mondiale sur la responsabilité mutuelle, réalisée par le Département des affaires économiques et sociales (DESA) de l’ONU.  Ces travaux, qui ont révélé des résultats modérés en ce qui concerne l’efficacité de l’aide au développement, ont suggéré de renforcer la confiance entre les pays en développement et leurs partenaires, d’équilibrer la charge que représentent pour les pays le suivi et de la reddition des comptes, afin d’alléger le fardeau qui pèse déjà sur les pays en développement.  L’enquête a également recommandé que soient utilisés des moyens de mise en œuvre rentables et s’appuyant sur un financement prévisible.

Au cours de la dernière session de la journée, le Vice-Ministre aux affaires multilatérales et mondiales de la République de Corée a signalé la tenue d’un colloque, qui sera organisé dans son pays en avril 2015 dans le cadre du Forum, et qui permettra un échange sur ces questions.  Cette rencontre s’ajoutera aux colloques du même type organisés récemment en Éthiopie, en Suisse et en Allemagne. 

Toujours en République de Corée, aura lieu, en mai 2015, un évènement sur l’éducation qui permettra de faire le point sur la question de la coopération pour le développement, a indiqué Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), en espérant aller plus loin dans ce domaine pour parvenir à changer les mentalités et ainsi favoriser un développement véritablement durable.

Invité à s’exprimer à la séance de clôture du Forum, le représentant du grand Groupe des enfants et des jeunes a averti que « les grandes phrases et autres discours n’auront aucun sens si on n’agit pas dès à présent ».  Il a demandé à cet effet qu’on donne aux jeunes les instruments politiques et les ressources qui leur sont nécessaires pour qu’ils puissent contribuer au futur programme de développement pour l’après-2015.

*     rapport du Secrétaire général présenté hier et publié sous la cote E/2014/77

FORUM POUR LA COOPÉRATION EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT (E/2014/77)

Session 4: « Comment un partenariat mondial renouvelé pour le développement pourrait fonctionner dans la pratique? »

M. IBRAHIM DABBASHI (Libye), Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a affirmé que le débat, qui s’appuyait sur le Symposium de haut niveau d’Addis-Abeba, en juin 2013, portait sur le partenariat mondial renouvelé pour le développement, l’efficacité et la responsabilité dans la coopération en matière de développement.

M. ABREHEM TEKESTE, Ministre des finances et du développement économique de l’Éthiopie, a souligné que les éléments clefs qui ont été discutés au cours du Symposium d’Addis-Abeba avaient pour objectif de dynamiser le soutien politique visant à créer un environnement propice au développement et à attirer une large participation des différentes parties prenantes, tout en assurant un suivi systématique et la reddition de comptes. 

Les discours et les engagements pris doivent se concrétiser, a-t-il dit, en citant en particulier l’assistance, qui demeure une source essentielle de capitaux pour les pays en développement.  Une structure de gouvernance devrait être conçue afin de refléter, a-t-il dit, la nature générale des nouveaux acteurs en matière de coopération pour le développement.  Le cadre du programme de développement pour l’après-2015 devrait être guidé par les principes du leadership et de l’appropriation, tandis que le financement du développement devrait être aligné sur les besoins spécifiques des pays.

En outre, a-t-il affirmé, la coopération Sud-Sud devrait être intégrée dans un cadre mondial pour créer des plateformes de coopération.  Par ailleurs, dans les relations économiques internationales, les problèmes liés au commerce, à la dette et au financement du développement devraient être pris en compte.  L’idée que nous pouvons créer un monde sans pauvreté est plus évidente que jamais, a-t-il dit.  C’est pourquoi la communauté internationale doit renouveler et mettre en œuvre ses engagements.

Mme PAULETTE A. BETHEL, Chef de Cabinet du Président de la soixante-huitième session de l’Assemblée générale, a estimé que le renforcement du partenariat mondial pour le développement assurerait le succès du programme de développement pour l’après-2015.  Elle a fait état des appels répétés visant à ce que le programme de développement constitue un processus piloté par les gouvernements et permettent la participation de toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé et la société civile. 

Le nouveau programme de développement doit être centré sur les personnes et guidé par la Charte des Nations Unies, afin de respecter les principes universellement reconnus, a-t-elle dit.

De même, les gouvernements doivent fournir des cadres politiques, ainsi que des mécanismes de responsabilisation, de transparence, de contrôle et de surveillance. 

Session 5 « Assurer la qualité et l’efficacité de la coopération pour le développement »

Présidant la séance, M. MARTIN SAJDIK (Autriche), Président du Conseil économique et social, a souligné que la responsabilisation mondiale était une question prioritaire en matière de développement.  Il a rappelé, à cet égard, que le Forum pour la coopération en matière de développement avait mené une recherche sur les moyens de renforcer la redevabilité et l’efficacité du développement.

M. DANNY SRISKANDARAJAH, Secrétaire général de CIVICUS, qui animait la discussion, a averti que c’est l’efficacité de l’aide qui permettra le succès du programme de développement pour l’après-2015.  La responsabilisation doit s’exercer tant à l’égard du contribuable qu’envers les personnes dont on souhaite améliorer le sort, a-t-il expliqué.  M. Sriskandarajah a demandé aux intervenants de réfléchir à la valeur ajoutée que peuvent assurer les différents processus en cours dans ce domaine, notamment le Forum pour la coopération en matière de développement et le Partenariat mondial en faveur du développement.

Le Forum pour la coopération en matière de développement est essentiel pour permettre aux États Membres de l’ONU d’échanger leurs vues sur les questions importantes dans ce domaine, a expliqué M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales.  Il a présenté la troisième enquête mondiale sur la responsabilité mutuelle qui a été réalisée par le Département des affaires économiques et sociales (DAES), avec l’appui du PNUD et de ses équipes de pays.  C’est le troisième examen de responsabilité mutuelle concernant l’aide aux pays en développement depuis le Symposium de haut niveau de Vienne qui avait mandaté le Forum pour organiser ce type d’enquête.  Ses recommandations visent à renforcer la confiance entre les pays en développement et leurs partenaires; équilibrer la charge du suivi et de la reddition de comptes pour libérer les capacités des pays en développement; et mieux utiliser les modalités rentables et un financement prévisible avec un minimum de conditions.  M. Wu a précisé que 50 pays avaient répondu à ce sondage, avec la participation de la société civile et des parlements dans la plupart des cas.  Cela démontre l’impact catalyseur de cet exercice qui veille à la collaboration des différents partenaires dans les pays.

Cette enquête a révélé des résultats modérés en ce qui concerne l’efficacité de l’aide au développement.  Elle a montré que 46 pays récipiendaires de cette aide avaient adopté des politiques de mise en œuvre, dont la moitié a prévu des cibles pour les prestataires de l’aide.  Ces derniers ont eu de meilleurs résultats en ce qui concerne l’efficacité de l’aide, a-t-il signalé.  L’importance de l’appropriation politique de ces programmes de développement a ainsi été mise en évidence.  De même, les gouvernements devraient investir davantage dans leur personnel employé à plein temps, faire mener des évaluations par des commissions indépendantes et organiser des examens par les pairs.  L’enquête met en outre le doigt sur le manque d’information, qui constitue un obstacle majeur à l’efficacité de l’aide.  C’est pourquoi, il faudrait améliorer la collecte de données, notamment celles ventilées par sexe.  L’enquête a souligné l’importance des parlements qui doivent être autonomisés pour surveiller la coopération au développement et adopter des lois en la matière. 

M. JUAN MANUEL VALLE PERENA, Directeur exécutif de l’Agence de la coopération internationale pour le développement du Ministère des affaires étrangères du Mexique, a plaidé en faveur d’une meilleure collecte de données afin de combiner les efforts de chacun.  L’aide publique au développement (APD) a un rôle majeur à jouer dans les pays en développement, en termes de volume et d’investissements monétaires, a-t-il expliqué.  L’Agence qu’il préside veille à ce que les mesures d’aide au développement soient alignées sur les priorités des pays récipiendaires, a-t-il indiqué.  Il est important, a-t-il souligné, de s’assurer que les fonds soient bien utilisés et que les pays luttent effectivement contre la corruption.  Il faut aussi que l’aide serve les pays qui en ont le plus besoin.

« Quelle leçon tirée du passé peut-on appliquer au programme de développement pour l’après-2015? »  « Comment passer de la rhétorique à l’action? »  Telles sont les questions qu’a posées le modérateur du débat pour lancer la discussion.  En réponse à ces questions, la représentante de Development Initiative a suggéré d’améliorer les données sur les dépenses publiques et de les faire circuler pour qu’elles parviennent aux acteurs de la sous-région.  Un autre représentant de la société civile du Canada s’est demandé comment le processus pourrait devenir plus inclusif.

De son côté, la représentante de la Norvège a défini les différents aspects de l’efficacité de l’aide en énumérant les concepts suivants: « appropriation nationale, alignement sur les priorités nationales, harmonisation des travaux pour éviter les doubles emplois, responsabilisation mutuelle ».  Il ne faut pas seulement parler du montant de l’aide mais aussi de sa qualité, a-t-elle précisé.  Son homologue du Cambodge a interrogé les panélistes sur les moyens possibles pour accélérer la révolution des données.  Comment encourager les donateurs à augmenter leur APD? a-t-il voulu savoir.

M. ANTHONY SMITH, Chef des relations internationales au Département pour le développement international du Royaume-Uni, a reconnu que le souci d’efficacité devrait mener à plus de cohésion et à la responsabilisation.  Pour lui, les données font partie des outils qui permettent d’améliorer cette efficacité.  Le Royaume-Uni consacre 3% du budget national à la recherche, a-t-il indiqué.  Les évaluations sont réalisées tant par les organes du Gouvernement que par des entités indépendantes, comme des cabinets d’audit ou les universités.  Le Gouvernement britannique s’engage à suivre les recommandations qui en ressortent.  Il a aussi expliqué que la cohésion était plus importante quand il y a un esprit d’ouverture et l’acceptation d’éventuels compromis.  Le Royaume-Uni a choisi de créer un ministère chargé du développement qui soit distinct des autres ministères, a-t-il indiqué.

 « L’aide est plus efficace quand elle soutient des politiques auxquelles adhèrent les dirigeants et les citoyens » du pays récipiendaire, a fait remarquer M. TOIKEUSSE ALBERT MABRI, Ministre de la planification et du développement de la Côte d’Ivoire.  Il a parlé du plan de développement de son pays qui a été défini avec l’ensemble des partenaires nationaux et internationaux.  La Côte d’Ivoire dispose ainsi d’un cadre de stratégie unifiée et d’une vision à moyen et long termes.  Il a ajouté que le Gouvernement avait suivi les recommandations de la Conférence de Busan sur l’efficacité de l’aide.  Le Ministre a souligné le rôle de l’intégration régionale et l’importance des réformes menées sur le plan national, notamment du secteur des finances publiques.  La Côte d’Ivoire, a-t-il indiqué, a créé une Haute Autorité pour la bonne gouvernance et un Secrétariat national chargé de la lutte contre la corruption.  Les fruits de ces efforts, a-t-il dit, se sont fait sentir grâce à une augmentation des investissements étrangers directs (IED).  Rappelant la position commune africaine sur le programme de développement pour l’après-2015, le Ministre a souligné l’importance d’une croissance inclusive et durable axée sur l’être humain.  Il est important pour les pays de mobiliser les ressources nationales, d’assurer la transparence, de la reddition de comptes et de faire participer activement la société civile pour qu’ils réalisent leur développement.  Il a aussi vanté les mérites du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs et du Plan d’action pour l’Afrique d’Abidjan. 

« On ne peut pas imposer la confiance », a renchéri Mme EMILIA PIRES, Ministre des finances du Timor Leste, en invitant les donateurs à mieux s’informer sur les contextes dans lesquels ils travaillent.  Les deux parties doivent bien comprendre leurs rôles et responsabilités respectifs, a-t-elle ajouté, en insistant sur la notion d’appropriation nationale.  La Ministre a aussi plaidé en faveur de la coopération Sud-Sud.  Il est difficile à un pays comme la Guinée-Bissau de se relever et d’organiser des élections pour répondre aux attentes de la communauté internationale, quand, au lieu de recevoir une aide au développement, elle se voit imposer des sanctions, a-t-elle fait remarquer.

M. JOSEF MOSER, Secrétaire général de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques, a prôné la transparence dans l’utilisation des finances publiques des pays qui reçoivent l’aide au développement.  Les systèmes d’audit nationaux, a-t-il indiqué, peuvent faire des recommandations pour améliorer la qualité des prestations de services.  Il a aussi proposé d’améliorer l’appropriation nationale en réalisant des audits au plan national.  Les audits peuvent aussi demander une responsabilité accrue des donateurs, a-t-il dit.  M. Moser a conclu que la reddition des comptes devrait être intégrée dans le programme de développement pour l’après-2015.

Mme NOMVELISO NYUKWANA, maire de la municipalité d’Emalahleni (Afrique du Sud), a invité à reconnaitre le rôle des autorités locales dans les efforts de développement.  Celles-ci tirent parti de leur expérience sur le terrain et assurent la cohérence entre les actions des organisations à tous les niveaux, a-t-elle expliqué.  Mme Nyukwana a indiqué que la ville qu’elle administre avait mis en place un programme de coopération, avec l’aide des Pays-Bas, notamment pour lutter contre le chômage.

M. FELIX MUTATI, membre du Parlement de la Zambie, a plaidé en faveur d’une responsabilisation fondée sur les besoins et les espoirs des personnes.  Cela doit se traduire par un instrument qui permette d’instaurer la confiance et, en premier lieu, entre l’État et son peuple.  Un audit dont l’indépendance ne peut être garantie ne peut jouer pleinement son rôle, a-t-il fait remarquer, en rappelant que le travail des parlementaires dépendait de ces études.  Un membre du Parlement de l’Autriche a, à son tour, souligné l’importance des informations résultant des audits.  Enfin, une représentante de la société civile du Canada a insisté sur le rôle des organisations de la société civile dans la responsabilisation.

Session 6 « Étapes clefs vers un cadre mondial de surveillance et de responsabilité après 2015 pour la coopération pour le développement »

Cette discussion que présidait M. VLADIMIR DROBNJAK (Croatie), Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), visait à examiner les étapes indispensables à l’élaboration d’un cadre mondial de surveillance et de responsabilité après 2015 pour la coopération pour le développement.  Un tel cadre devrait, selon M. Drobnjak, refléter les engagements mondiaux tout en étant centré et adapté aux réalités locales, de manière à autonomiser les populations.  Des liens clairs vers les mécanismes nationaux et régionaux de responsabilisation mutuelle existants seront essentiels, a-t-il déclaré.

M. MAGED ABDELAZIZ, Secrétaire général adjoint et Conseiller spécial du Secrétaire général pour l’Afrique, qui animait cette session, a souligné que tout au long du processus préparatoire du Forum pour la coopération en matière de développement, tenu à Addis-Abeba et à Berlin, avait été démontrée l’importance de la reddition des comptes et des cadres de responsabilisation commune tout en reconnaissant les capacités différentes de chaque pays.  Des partenariats forts sont des composantes essentielles du processus, a-t-il dit.

M. THOMAS SILBERHORN, Secrétaire d’État parlementaire auprès du Ministère fédéral de la coopération économique et du développement de l’Allemagne, a fait un exposé sur le colloque qui s’est tenu en Allemagne, au mois de mars.  Les principes de la reddition des comptes et de la transparence sont essentiels pour le programme de développement pour l’après-2015, tout en veillant à ce que l’inclusivité soit respectée, a-t-il dit.  Les participants au colloque ont notamment mis l’accent sur la nécessité de disposer d’un bon système de collectes de données, les informations devant être simples et compréhensibles pour le grand public.

M. MWIGULU LAMECK NCHEMBA, Vice-Ministre des finances de la République-Unie de Tanzanie, a mis l’accent sur la nécessité de mobiliser un soutien politique au plus haut niveau, ceci en vue de créer un environnement favorable au développement, de promouvoir les partenariats à tous les niveaux, et de veiller à ce que ceux-ci soient axés sur le développement.  Des mécanismes de reddition des comptes sont en outre essentiels, a-t-il dit, soulignant l’importance de garantir un changement des attitudes.  Le suivi au niveau national doit être renforcé et permettre un accès plus important aux informations, a-t-il ajouté.  Une structure internationale de reddition des comptes doit en outre être souple dans son fonctionnement pour laisser une marge de manœuvre suffisante aux parties prenantes sans surcharger les gouvernements nationaux. 

M. ABUL MAAL MUHITH, Ministre des finances du Bangladesh, a estimé que le cadre mondial de surveillance et de responsabilité de l’après-2015, en matière de coopération pour le développement,devait absolument mettre l’accent sur la transparence et la responsabilisation.  Il a souligné l’importance, dans ce contexte, de discuter des possibilités d’éducation, des questions sanitaires, des programmes spécifiques d’emplois pour différentes tranches d’âge, des infrastructures, de la mobilité, ainsi que des programmes de protection sociale.

Il est essentiel, dans ce processus, d’éviter toute asymétrie et de tenir compte à la fois de la situation prévalant dans les pays en développement et dans les pays développés, a-t-il préconisé.  Il a, enfin, insisté sur la nécessité de disposer d’un bon système de collectes de données.

M. GEOFFREY EKANYA, membre du Parlement et contre-Ministre (shadow Secretary of finance) des finances, de la planification et du développement économique de l’Ouganda, a estimé que tous les gouvernements avaient besoin de la mise en place d’un environnement propice pour pouvoir agir à l’unisson.  Les engagements souscrits aux niveaux national ou international ne sont pas juridiquement contraignants, a-t-il regretté, précisant que la pauvreté n’était pas ainsi considérée comme un problème mondial qu’il convient absolument de régler. 

M. Ekanya a donc mis l’accent sur la nécessité de parvenir à un cadre juridiquement contraignant.  Il a plaidé pour un mécanisme de surveillance et des rapports qui seraient présentés aux Nations Unies et examinés par les pays.

Mme BRENDA KILLEN, Directrice adjointe de la Direction de la coopération pour le développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a exprimé l’espoir qu’elle a de voir le monde aboutir à la mise en place d’un cadre solide de responsabilité et de surveillance.  Elle a fait état de trois impératifs: l’exécution; une bonne répartition des responsabilités; et des possibilités de mise en œuvre.  Une des choses les plus difficiles est de reconnaître que l’aide n’est pas aussi efficace qu’elle devrait être, d’où la nécessité de renforcer la volonté politique afin de restaurer la confiance, a indiqué Mme Killen.

M. MARTIN CHUNGONG, Secrétaire général de l’Union interparlementaire (UIP), a estimé qu’un cadre global inclusif de surveillance et de responsabilité devait tenir compte des avis de toutes les parties prenantes.  La responsabilité ne doit pas rester dans le seul domaine informel, mais doit être coordonnée comme il se doit. 

Les parlements doivent jouer un rôle fondamental dans la mise en place du programme de développement pour l’après-2015, a dit M. Chungong, précisant que les parlements étaient responsables et chargés d’appliquer des cadres juridiques contraignants comportant éventuellement des sanctions.  Les parlements doivent ainsi disposer de capacités adéquates pour mettre en place un cadre efficace, a-t-il conclu.

Dans la discussion interactive qui a suivi, la déléguée du Mexique a mis l’accent sur la nécessité de mettre en place une instance universelle mutuelle comportant des indicateurs.  Son collègue du Bangladesh a souligné l’importance de définir un objectif distinct sur la gouvernance démocratique.  Il a plaidé en outre pour un renforcement de l’efficacité et des capacités des parlements en tant que représentants des citoyens.

La représentante d’El Salvador a indiqué de son côté que dans son pays avait été promulguée une loi par laquelle la responsabilité devient une obligation, non seulement pour les entités publiques, mais aussi pour les entreprises et la société civile.

Session 7 « Vers une nouvelle conception de la coopération pour le développement après 2015 »

M. HENRY BONSU, journaliste international et présentateur au Ghana, a invité les intervenants à dialoguer « de manière humaine » sur la nouvelle conception de la coopération pour le développement.  On pense qu’on dépense beaucoup de milliards pour rien au titre de l’aide au développement, a-t-il remarqué avant de demander aux participants de donner des arguments percutants sur cette question.

M. SHIN DONG-IK, Ministre adjoint aux affaires multilatérales et mondiales au Ministère des affaires étrangères et du commerce de la République de Corée, a proposé d’inclure de nouveaux éléments, comme par exemple, des principes directeurs, qui permettraient de bien articuler la discussion.  La prise en charge nationale du développement doit être remise au goût du jour par les gouvernements, a-t-il notamment suggéré.  Il a également souligné l’importance des systèmes de surveillance et de responsabilité dans le domaine de l’aide au développement, prônant la mise en place de mécanismes plus efficaces.  Il faut à cet égard établir un cadre de surveillance national, a-t-il insisté.  Il a signalé la tenue d’un colloque, organisé dans son pays en avril 2015 dans le cadre du Forum, qui permettra un échange sur ces questions, ceci à la suite des colloques du même type organisés récemment en Éthiopie, en Suisse et en Allemagne.

Mme IRINA BOKOVA, Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a rappelé l’initiative « l’Éducation avant tout » prise par le Secrétaire général, que l’UNESCO s’emploie à mettre en pratique en développant un nouveau discours sur la question.  L’accès à l’éducation est un élément primordial du développement durable, a-t-elle remarqué, « mais pourquoi ne permet-elle pas toujours aux jeunes de trouver un emploi? » s’est-elle ensuite demandé.  Elle a également relevé que l’éducation ne doit pas se limiter à l’enseignement, mais doit aller plus loin avec aussi pour mission de changer les mentalités et permettre aux gens et aux pays d’arriver à un développement véritablement durable.  En mai 2015, en République de Corée, aura lieu un évènement sur l’éducation qui permettra de faire le point sur cette question, a-t-elle indiqué.

M. VITALICE MEJA, Coordonnateur pour « Reality of Aid Africa », a indiqué qu’il a été frappé par la faiblesse des aspirations des citoyens du monde, surtout en ce qui concerne l’autonomisation des femmes.  Il a demandé aux technocrates de veiller à bien refléter les aspirations de ces dernières dans les politiques adoptées à tous les niveaux.  Il a souhaité que les partenariats en faveur du développement se réalisent, pas seulement dans les discours tenus au cours des réunions internationales, mais aussi sur le terrain.  La société civile doit pouvoir prendre part à ces partenariats, a-t-il expliqué, sans être gênée par le cadre juridique en vigueur.  M. Meja a également estimé qu’il fallait que le monde avance et mette en œuvre des initiatives orientées vers l’action. 

Le représentant du Brésil a estimé que l’évaluation des besoins en matière d’aide devrait être faite par les pays en développement eux-mêmes, avec des méthodes spécifiques.  Concernant la responsabilité, il a regretté que les pays du Sud continuent d’utiliser les termes « fournisseurs » et « bénéficiaires » de l’aide, et a indiqué que le Brésil préférait utiliser le terme « partenaire ». 

Un député de la Zambie a mené la discussion sur le terrain de la mobilisation des ressources nationales.  « Comment aborder la question de l’évasion fiscale et de la collecte efficace des recettes fiscales? » dans les pays en développement qui souffrent de ces maux, a-t-il demandé.  M. Meja, le Coordonnateur pour « Reality of Aid Africa », a recommandé à cet égard de renforcer les règlements nationaux et internationaux afin d’éviter la fuite souvent illicite des capitaux.

Aborder seulement la question des capitaux consacrés au développement conduit à limiter la discussion, a estimé pour sa part le représentant de l’Uruguay qui a demandé de prendre en compte les aspects sociaux du développement.  Son homologue du Cambodge a proposé que soit assuré aux pays un commerce plus équitable, en vue de réduire leur dépendance face aux financements extérieurs et leur permettre de mieux aborder la question de la réduction de la pauvreté.  Quant à la représentante du Ghana, elle a recommandé de prendre en compte toute la gamme des capacités disponibles existant en matière de coopération pour le développement, en allant de l’évaluation jusqu’au suivi de la mise en œuvre des politiques et des programmes.  « Capacités, capacités, capacités, c’est une des clefs aux questions qui se posent », a-t-elle martelé.

Pour la Directrice générale de l’UNESCO, la recherche et la mise en place de données scientifiques sont des outils importants qui doivent être utilisés de la manière la plus large possible par les gouvernements.  Le secteur privé doit, pour sa part, assumer lui aussi de nouvelles responsabilités en vue du développement durable, a-t-elle ajouté.

Le représentant du grand Groupe des enfants et des jeunes a souhaité que cet important Groupe puisse participer aux discussions sur la coopération au développement, et a demandé que soit à cet égard mis en place un processus véritablement plus participatif.  Il faut encourager l’éducation en tant que base des partenariats, a-t-il ajouté.

Conclusion du Forum pour la coopération en matière de développement et du débat de haut niveau de la session de 2014 du Conseil économique et social

Observations finales

M. VIVEK D’SOUZ, du Mouvement international des étudiants catholiques, Pax Romana, parlant au nom du grand Groupe des enfants et des jeunes, a appelé à ne pas perdre de vue que le programme de développement pour l’après-2015 doit transformer le monde et ne laisser aucune personne et aucun peuple en arrière.  « Les grandes phrases et les discours n’auront aucun sens si on n’agit pas dès à présent », a-t-il souligné.  Le Groupe des enfants et des jeunes souhaite que toutes les mesures soient prises en parallèle, a indiqué M. D’Souz.  Le débat se poursuit dans la société civile, a-t-il dit.  Les jeunes sont les fers de lance du développement, a-t-il remarqué en écoutant les débats, tout en constatant cependant que le rôle joué par la jeunesse est encore restreint.  Il a espéré qu’on donnerait aux jeunes les instruments politiques et les ressources nécessaires pour qu’ils puissent contribuer à la définition et à la mise en œuvre du futur programme. 

M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a dit qu’il ressentait le sentiment d’urgence, qui a été exprimé au cours des débats, pour imprimer un nouvel élan à la promotion du programme de développement durable.  Cela a permis l’adoption rapide de la déclaration ministérielle, s’est-il félicité.  « Le Forum est sorti des sentiers battus », a-t-il dit, appréciant le nouveau discours qu’on a entendu sur la coopération au développement, ceci grâce à la participation de toutes les parties prenantes.  Pour améliorer les pratiques sur le terrain, il a invité à ouvrir la voie à l’application de modalités novatrices pour trouver des solutions qui débouchent sur des résultats concrets.  Il faut adopter une approche plus structurée pour le partage des bonnes pratiques, grâce à une bonne communication, a préconisé M. Wu.  En même temps, il ne faut pas hésiter à reconnaitre les méthodes qui ne fonctionnent pas et à en adopter de nouvelles, a-t-il ajouté.

Le Forum a réclamé l’établissement d’un partenariat qui fusionnerait les discussions de Monterrey et de Rio, a noté le Secrétaire général adjoint.  Il a aussi rappelé l’importance de catalyser l’engagement de tous les acteurs, pour parvenir à une plus grande résilience de tous.  Le Forum a, en outre, exigé une configuration multidimensionnelle pour assurer le suivi de la coopération au développement.  Il est également apparu que nous devons redoubler d’efforts pour assurer le suivi des progrès accomplis ensemble, pour renforcer les capacités, et pour rendre les partenaires plus responsables et plus efficaces.  Le Forum a conseillé aux États Membres et à leurs partenaires de se doter de mécanismes locaux, nationaux et régionaux pour le contrôle de la mise en œuvre des programmes et des politiques.  Pour le cycle 2014-2016, le Forum mettra l’accent sur le rôle futur de l’aide publique au développement (APD), en tant qu’investissement principal dans beaucoup de secteurs qui restent encore sous-financés.  Le Forum continuera en outre à s’attaquer aux questions critiques qui restent trop souvent ignorées en matière de coopération internationale en faveur du développement, a indiqué M. Wu. 

M. MARTIN SAJDIK, Président du Conseil économique et social, a en concluant les travaux du Forum pour la coopération en matière de développement, déclaré que le segment de haut niveau de l’ECOSOC avait permis aux États Membres et aux autres participants de faire des contributions importantes à la création du nouvel agenda mondial pour le développement durable.  Il s’est notamment félicité du fait que la première session du Forum politique de haut niveau sous les auspices de l’ECOSOC avait permis de créer une plateforme inclusive et favorable au dialogue.  Il a aussi estimé que le Forum pour la coopération en matière de développement doit savoir être aussi « intéressant et exigeant » que l’est son processus préparatoire.

M. Sajdik s’est félicité du fait que les États Membres soient parvenus à faire de l’ECOSOC une plateforme inclusive et faisant autorité pour mener un dialogue politique destiné à proposer et adopter des approches socioéconomiques équilibrées et respectueuses de l’environnement.  Nous sommes également sur la bonne voie pour établir un nouveau cadre de suivi et de reddition des comptes pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable, a-t-il ajouté, tout en notant que le Forum pour la coopération en matière de développement a ouvert  de nouvelles voies pour l’avenir de la coopération dans le domaine du développement.

Le Président de l’ECOSOC a ensuite rappelé que le Forum politique de haut niveau, qui est chargé de surveiller la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015, est un organe subsidiaire de l’Assemblée générale et de l’ECOSOC. M. Sajdik a noté que ceci n’avait pas été remis en compte par les délégations, et que les États Membres n’avaient pas non plus proposé, même de manière théorique, que le Forum soit doté de son propre secrétariat.  Pour que les travaux de l’ECOSOC et du Forum puissent pleinement profiter à tous les acteurs de l’agenda qui va être établi en matière de développement pour l’après-2015, nous avons besoin d’assurer l’efficacité des structures actuelles, a estimé M. Sadjik.  Nous n’avons pas besoin d’être enfermés dans des silos, mais devons au contraire être « unis dans l’action », a-t-il préconisé.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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