L’ECOSOC et le Forum de haut niveau sur le développement durable s’engagent à établir un programme de développement pour l’après-2015 « fort, ambitieux et inclusif »

9 Juillet 2014
ECOSOC/6639

L’ECOSOC et le Forum de haut niveau sur le développement durable s’engagent à établir un programme de développement pour l’après-2015 « fort, ambitieux et inclusif »

9/7/2014
Conseil économique et social
ECOSOC/6639
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de 2014

Forum politique

34e - 35e & 36e séances

matin - après-midi & soir

L’ECOSOC ET LE FORUM DE HAUT NIVEAU SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE S’ENGAGENT À ÉTABLIR UN PROGRAMME

DE DÉVELOPPEMENT POUR L’APRÈS-2015 « FORT, AMBITIEUX ET INCLUSIF »

Le Conseil économique et social et le Forum politique de haut niveau sur le développement durable ont adopté sans vote, aujourd’hui, une déclaration ministérielle conjointe par laquelle les États Membres s’engagent à établir un programme de développement pour l’après-2015 « fort, ambitieux, inclusif et axé sur l’être humain » sur la base des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Par la déclaration ministérielle conjointe de l’ECOSOC et du Forum politique de haut niveau, adoptée aujourd’hui, les États déclarent que le programme de développement pour l’après-2015 devrait renforcer l’engagement de la communauté internationale envers l’élimination de la pauvreté et soulignent, en outre, la nécessité d’adopter une approche cohérente qui intègre d’une manière équilibrée les trois dimensions du développement durable.

Cette approche cohérente, précisent les États Membres, doit cibler la définition d’un seul cadre et une seule série d’objectifs, universels de nature et applicables à tous les pays tout en prenant en compte des circonstances nationales différentes et en respectant les politiques et priorités nationales.  La mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 doit prendre en considération les défis et besoins spécifiques des pays les moins avancés, des pays en développement sans littoral et des petits États insulaires en développement, des pays africains, ainsi que les défis spécifiques aux pays à revenu intermédiaire.

Avant de franchir cette étape, l’ECOSOC et le Forum politique de haut niveau s’engagent à stimuler les efforts visant à accélérer la réalisation des OMD d’ici à 2015.  Les efforts nationaux déployés à cette fin, soulignent-ils, doivent bénéficier de l’appui international.  L’ECOSOC et le Forum politique de haut niveau appelle en outre les pays développés à honorer de manière urgente leurs engagements en matière d’aide publique au développement (APD).  La déclaration ministérielle souligne aussi l’importance de promouvoir des modes de production et de consommation durables, de protéger et gérer les ressources naturelles et de promouvoir une croissance économique soutenue, inclusive et équitable.  Elle reconnaît en outre le rôle essentiel que jouent la science, la technologie et l’innovation, notamment le transfert de technologies propres, pour éliminer la pauvreté et promouvoir le développement durable.

Auparavant, le Forum politique de haut niveau sur le développement durable a entendu le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Wu Hongbo, qui a présenté les messages essentiels du rapport sur le prototype mondial du développement durable.  Dans son exposé, le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales a rappelé que le principal défi à relever était d’éliminer la pauvreté et la faim tout en nourrissant, logeant et éduquant 9 milliards de personnes et en protégeant les ressources et les écosystèmes de la planète si l’on veut réaliser les objectifs d’un développement durable d’ici à 2050.  Il a également indiqué que selon le projet de rapport mondial sur le développement durable, qui marque un premier pas vers un dialogue fructueux et complet entre les scientifiques et les décideurs politiques, près de 200 milliards de dollars seront nécessaires pour réaliser les OMD.

La dernière journée de l’Examen ministériel annuel de l’ECOSOC a aussi été l’occasion pour une dizaine de délégations* de présenter leur rapport national facultatif sur les avancées réalisées en matière de développement durable.  Les délégations ont aussi participé à un dialogue ministériel intitulé « Tracer les voies de l’avenir que nous voulons ».

Avant de clore sa première réunion, le Forum de haut niveau a aussi tenu un dialogue ministériel, au cours duquel les délégations ont réfléchi au coût de l’inaction en matière de développement durable et aux moyens d’y remédier.  La Ministre de la planification du développement de la Bolivie a ainsi invité à utiliser au mieux les connaissances scientifiques et technologiques car, a-t-elle dit, elles permettent de concevoir et de mettre en œuvre de nouvelles initiatives en matière de développement.  Cela oblige les États à fonder leurs politiques nationales davantage sur la science, a estimé, pour sa part, la Ministre déléguée de la Croatie.  Le Directeur général de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) s’est toutefois dit préoccupé par le fait que, parmi les 32 objectifs de développement durable, aucun ne vise à soutenir, de manière continue, la science et l’éducation.  « La réalisation d’objectifs de développement durable ne pourra se faire que s’ils sont clairement définis, sur la base de données scientifiques », a-t-il prévenu.

Par ailleurs, le Président du Conseil économique et social, M. Martin Sajdik, a présenté aux délégations les projets de thèmes pour les sessions de l’ECOSOC de 2015 et 2016, qui porteront respectivement sur « Les enjeux dans la gestion de la transition entre les OMD et les objectifs de développement durable » et sur « La mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015: passer des engagements aux résultats ».  L’ECOSOC se prononcera sur ces deux thèmes au cours de sa session d’organisation, qui aura lieu les 21 et 22 juillet prochain.

De son côté, le Forum politique de haut niveau sur le développement durable a adopté son projet de rapport** sur les travaux de sa présente session.  Il a également décidé que sa session de 2015 aura pour thème: « Renforcer l’intégration, la mise en œuvre et le suivi - le Forum politique de haut niveau sur le développement durable après 2015 ».

Organisé sous les auspices de l’ECOSOC, le Forum politique de haut niveau avait ouvert les travaux de sa première session le 30 juin.  Ce Forum a été créé à la suite de la Conférence de Rio+20, avec pour mission d’en matérialiser la vision et de définir les objectifs du développement durable.  Le débat de haut niveau de l’ECOSOC avait débuté le 7 juillet.

* Bolivie, Gambie, Géorgie, Koweït, Mexique, Qatar, Royaume-Uni, Thaïlande, Soudan et l’État observateur non-membre de Palestine

**E/HLPF/2014/L.2

EXAMEN MINISTÉRIEL ANNUEL

Exposés nationaux facultatifs: Thaïlande (E/2014/59), Géorgie (E/2014/72) et Mexique (E/2014/65)

Le Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), M. IBRAHIM DABBASHI (Libye), en ouvrant ce matin l’examen ministériel annuel, a rappelé que cette année, cet examen a pour thème: « Faire face aux défis en cours et nouveaux pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement en 2015 et soutenir les gains de développement dans l’avenir ».  Les exposés nationaux facultatifs des États Membres ont permis au Conseil économique et social d’explorer les voies et moyens à adopter pour faire face aux retards dans la mise en œuvre des OMD.  Depuis 2007, 68 exposés présentés par des pays en développement et des pays développés leur ont permis de partager avec les autres États Membres et acteurs mondiaux les meilleures pratiques et les enseignements appris.  Cette année, les exposés nationaux contribueront à l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015, a indiqué M. Dabbashi.  Les pays participants aux travaux de l’ECOSOC auront l’opportunité d’apporter de nouvelles idées pour créer des liens entre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les objectifs de développement durable (ODD), a souhaité le Vice-Président de l’ECOSOC.    

      M. MAHMOUD MOHIELDIN, Secrétaire exécutif et Envoyé spécial de la Banque mondiale pour les Objectifs du Millénaire pour le développement, le processus d’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 et le développement financier, et modérateur des échanges, a rappelé que les objectifs de développement sont au cœur du travail des Nations Unies.  Le combat que nous menons se poursuit, car la pauvreté persiste, l’éducation universelle pour tous n’est pas encore une réalité et l’environnement de la planète continue de se dégrader.  Les trois pays qui vont présenter aujourd’hui leurs examens nationaux volontaires partageront leurs expériences et les enseignements qu’ils en ont tirés, a dit M. Mohieldin.  La Banque mondiale, en tant que bailleur de fonds, tient à la réalisation de la prospérité de tous les pays.  Mais les financements à eux seuls ne sont pas suffisants.  Il faut leur ajouter un partenariat et le bénéfice des expériences acquises par chaque pays pour pouvoir atteindre les objectifs que l’on se fixe, a souligné le Secrétaire exécutif de la Banque mondiale. 

M. SIHASAK PHUANGKETKEOW, Secrétaire permanent et Ministre des affaires étrangères par intérim de la Thaïlande, a présenté l’examen national volontaire de son pays, et a dit que la Thaïlande a fait des progrès dans la réalisation des huit OMD.  En ce qui concerne le premier OMD, qui a trait à la réduction de moitié du taux de pauvreté, seuls 12% de la population thaïlandaise vivent encore sous le seuil de la pauvreté.  Le Gouvernement a pris l’engagement de réduire ce chiffre de moitié dans les prochaines années, a dit le Ministre.  Il nous faut aussi améliorer la qualité de l’air et la gestion des déchets dans notre pays, a-t-il ajouté.  Dans la pratique, la population est au cœur de notre politique de développement.  Le plan, dont la mise en œuvre va de 2012 à 2016, prévoit un équilibre entre le développement, la protection sociale et l’inclusion sociale.  Une autre stratégie particulière a été prise par la Thaïlande pour la promotion du développement humain, a poursuivi M.  Phuangketkeow.  La Thaïlande a fait preuve d’une volonté politique qui garantit un développement durable inclusif, a-t-il noté en indiquant que son pays a fait confiance aux scientifiques et à la participation de la société civile et du secteur privé dans les efforts déployés afin de parvenir aux OMD. 

En matière de santé, dès 2002, la couverture de santé universelle a été réalisée en Thaïlande, a ensuite déclaré le Ministre.  Il s’agit d’une politique verticale, qui part des milieux de prise de décisions et des technocrates vers la population.  Soixante-quinze pour cent de la population sont couverts par le modèle de couverture mis en place, tandis que 15% de la population le sont par les soins du Gouvernement.  Les personnes bénéficiant des prestations sociales et de santé ne paient que 1% des frais engagés.  Étant donné que la région de l’Asie du Sud-Est souffre énormément des catastrophes naturelles, une attention particulière a été accordée à la réduction des risques de catastrophes, a précisé M. Sihasak.  Suite au tsunami de 2004, un centre d’alerte a été mis en place au niveau national, et des centres régionaux ont aussi été créés.  Le principe retenu est de fournir suffisamment d’informations aux personnes exposées aux risques qui vont de pair avec le déclenchement d’un tsunami ou toute autre catastrophe naturelle.  Les responsables de ces centres ont été formés à la gestion des risques de catastrophes, a indiqué le Ministre.  Il a ajouté que le développement durable doit reposer sur le respect des règles de l’état de droit, sur le renforcement des capacités et sur les partages d’expériences, notamment avec les autres pays en développement et surtout les pays les moins avancés.

M. ADBOU SALAM DIALLO (Sénégal), qui jouait le rôle d’examinateur, a voulu savoir quelles sont les mesures que le Gouvernement thaïlandais envisage de prendre pour réduire la mortalité infantile dans les régions montagneuses du pays.  « Quel a été le degré d’implication du secteur privé dans la réalisation de l’OMD 8, relatif au partenariat pour le développement? »  « Quel est l’impact de la philosophie de promotion de mesures permettant de parvenir à la suffisance, stratégie de développement énoncée par le Roi Bhumidol Adulyadej sur la mise en œuvre des OMD? »  « La mise en œuvre des futurs objectifs de développement durable pourrait-elle s’en inspirer? » a demandé M. Diallo.  Le représentant du Japon a quant à lui demandé quelle est la valeur ajoutée que l’exposé national volontaire de la Thaïlande peut apporter à la définition du programme de développement pour l’après-2015.  « Quelle est l’incidence budgétaire de la mise en œuvre de la couverture universelle de santé en Thaïlande? » a voulu savoir le représentant.  « Qu’en est-il de la bonne gouvernance dans le pays? » a-t-il aussi demandé.

Le Secrétaire permanent et Ministre des affaires étrangères par intérim du Gouvernement de la Thaïlande a répondu que l’approche adoptée par son pays est celle qui consiste à mettre la population au centre des efforts de développement.  Concernant la réalisation des OMD, il a reconnu l’importance de disposer de moyens de mise en œuvre adéquats, ainsi que de partenariats et d’une bonne mobilisation des ressources.  Il est aussi crucial de savoir qu’elles sont les retombées des mesures qui ont été prises dans tous les secteurs concernés et quel est leur impact sur la population.  S’agissant de la mobilisation des ressources, il faut y inclure le secteur privé, a souligné le Ministre.  Pour ce qui est de la couverture sanitaire universelle en Thaïlande, elle repose d’abord sur la prévention.  « Concernant la bonne gouvernance, nous n’avons pas renoncé à la démocratie, mais nous faisons face au besoin de renforcer nos institutions », a-t-il ajouté. 

M. JUAN CARLOS LASTIRI QUIROS, Vice-Secrétaire pour la perspective, la planification et l’évaluation, au Ministère du développement social du Mexique, qui présentait l’exposé national du Mexique, a dit que 38 indicateurs sur les 51 prescrits ont été réalisés par son pays.  Concernant l’OMD 1, dont la réalisation vise l’élimination de l’extrême pauvreté et de la faim, la pauvreté extrême a été réduite de moitié au Mexique, passant de 9,3% en 1989 à 4% en 2012.  L’OMD 2 visant à assurer l’éducation primaire pour tous a quant à lui été réalisé.  Le taux d’analphabétisme chez les jeunes a baissé, passant de 4,6% en 1990 à 1,4% en 2012.  Quant à l’OMD 3, dont la réalisation vise la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, la proportion de sièges occupés par les femmes à l’Assemblée nationale et au Sénat mexicains a respectivement augmenté de 12,4% à 37,4%, et de 15,6% à 34%, entre 1988 et 2012, a dit M. Quiros.  Concernant l’OMD 4 visant à réduire de moitié le taux de mortalité infantile, il est en voie d’être atteint.  Quant à l’OMD 5, qui porte sur l’amélioration de la santé maternelle et la lutte contre la mortalité chez les femmes en couches et les nouveau-nés, celle-ci a baissé de 52% depuis 1990, mais reste élevée, atteignant encore 42,3 décès pour 100 000 naissances vivantes.  En ce qui concerne l’OMD 6, portant sur la lutte contre le VIH/sida, l’incidence du VIH/sida reste en dessous de 0,6% de la population et est de 0,24%.  Pour l’OMD 7, qui concerne la préservation de l’environnement, la proportion des zones terrestres et marines protégées au Mexique a augmenté, passant de 7,1% de la superficie du territoire en 1990 à 13% en 2012.  L’accès à l’eau potable a aussi augmenté, passant de 78,4% à 90,9%, et celui aux services d’assainissement est quant à lui passé de 58,6% à 87,7% entre 1990 et 2012.  Concernant l’OMD 8, qui a trait à la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement, M. Quiros a fait voir que le nombre d’abonnements à des lignes de téléphone mobile est de 88,3% pour 100 habitants, soit 6 fois plus qu’en 2000.  En 2013, les utilisateurs d’Internet représentaient 43% de la population.  En outre, une stratégie nationale de lutte contre la faim a été mise en place.  Elle vise à assurer l’objectif de zéro famine, à accroître la production alimentaire et les revenus, à réduire les pénuries alimentaires et la baisse des récoltes, et à promouvoir la participation communautaire aux efforts déployés afin de protéger les enfants de la malnutrition.

À la suite de cet exposé, la Ministre des affaires étrangères du Pérou a demandé quels sont les leçons apprises et les défis qui se posent encore dans cette phase de réalisation des OMD par le Mexique.  À cette question, M. Juan Carlos Lastiri Quiros a répondu que le Mexique a consenti des efforts considérables pour renforcer ses institutions en mettant en place des priorités relatives aux OMD.  Des réformes ont été entreprises dans les secteurs de l’énergie, du commerce, de la finance, de l’éducation, et une réforme foncière et sociale est en cours pour favoriser l’inclusion de toutes les populations dans les efforts de développement.   

Présentant à son tour l’exposé national de son pays, M.  KAHA IMNADZE(Géorgie), a dit que le revenu par habitant y est passé de 690 dollars à 3 597 dollars entre 2000 et 2013.  Le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire en Géorgie est de 96% à 100%.  En matière d’égalité des sexes, l’indice de parité est de 1,3 dans le primaire, 0,95 dans le secondaire et 1,2 au niveau du tertiaire.  En 2012, le Parlement de la Géorgie comptait 10% de femmes en 2012 contre 5% en 2000.  S’agissant de l’OMD 7, 94% de la population ont accès à l’eau potable.  Mais des efforts sont à faire dans le milieu rural, où seulement 15% de la population sont approvisionnés.  En ce qui concerne l’OMD 8, le représentant a évoqué la signature, par la Géorgie, de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, ainsi que l’existence d’accords avec la Communauté des États indépendants, et l’abolition des droits de douane à l’importation.  Il a aussi révélé que le taux de couverture de la téléphonie mobile « est de 107% sur 100% ».  S’agissant de l’OMD 4, d’après les statistiques officielles de l’Institut national de la statistique de Géorgie, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans est tombé de 24,9‰ en 2000 à 13‰ en 2013 pour 1 000 naissances vivantes.  Mais en dépit des progrès constatés, la Géorgie enregistre encore le deuxième taux le plus élevé de mortalité des enfants de moins de 5 ans en Europe.  Cette forte mortalité s’explique principalement par la mortalité infantile, qui compte pour 87,5% des décès d’enfants de moins de 5 ans, soit guère moins qu’en 2000, où elle représentait 90% de ces décès, a précisé M. Imnadze. 

Concernant l’OMD 5, la Géorgie a réduit de plus de la moitié son taux de mortalité maternelle, qui est passé de 49,2 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2000, à 22,9 en 2012.  Cette réduction de 54% est importante, mais il est peu probable que l’objectif énoncé dans la Déclaration du Millénaire, à savoir réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle, puisse être atteint d’ici à 2015.  La Géorgie a accompli d’importants progrès dans le domaine de l’éradication du paludisme, a ensuite annoncé le représentant.  Elle a établi qu’entre 2002 et 2013, l’incidence de cette maladie avait diminué, tombant de 5,5% à 0,02% par tranche de 100 000 habitants et n’a signalé aucun cas de paludisme autochtone en 2013.  Signataire de la Déclaration de Tachkent de 2005 intitulée « Passer de la lutte contre le paludisme à son élimination », la Géorgie en est maintenant au stade de la prévention d’une réapparition de cette maladie.  En 2011, elle a demandé que lui soit accordée la mention de l’OMS qui la certifierait comme zone « sans paludisme ». 

Concernant l’OMD 6, la Géorgie est l’un des premiers pays de la région d’Europe centrale et orientale et de la Communauté des États indépendants à offrir un accès universel aux traitements antirétroviraux depuis 2004, et cette situation s’est maintenue durant la décennie écoulée, a annoncé le représentant.  Le résultat de cet effort a été une nette augmentation du taux de survie des personnes vivant avec le VIH dans le pays, ainsi qu’une amélioration sensible de leur qualité de vie.  Depuis 2013, il n’y a pas eu de signalement de nouveau cas de VIH/sida.  Depuis 2004, il n’y a pas eu de transmission déclarée du virus de mère à enfant.  Quant à l’OMD 7, par sa résolution parlementaire N°27, en date du 19 février 2004, la Géorgie a adopté une stratégie et un plan d’action pour la préservation de la diversité biologique.  La stratégie porte sur une période de 10 ans, et le plan d’action sur une période de 5 ans.  L’élaboration d’une politique et d’une stratégie forestières a commencé en 2005.  Dans ce domaine, la Géorgie a toujours besoin d’aide internationale, ainsi que de la participation de la société civile, notamment les médias, car il est essentiel de maintenir les progrès réalisés.  Concernant le programme de développement pour l’après-2015, le représentant a demandé à l’ECOSOC de tenir compte des besoins que pose la mise en œuvre d’une politique de couverture universelle de santé, et qui se posent notamment en termes de financement durable pour garantir la pérennité des réalisations.   

Après la présentation de l’exposé national de la Géorgie, la représentante de la Lituanie a salué la signature de l’accord d’association entre la Géorgie et l’Union européenne.  Elle a demandé quelles sont les mesures qui seront prises en matière d’emploi pour la période allant de 2014 à 2020?  « Est-ce que les autorités régionales participent à la réalisation des OMD, notamment l’OMD 4? »  Concernant l’OMD 6, que va faire le Gouvernement géorgien pour maintenir l’accès universel aux médicaments à partir de 2016?

Le représentant de la Grèce a voulu savoir qu’elles seraient les politiques adoptées dans le futur pour réduire le taux de mortalité infantile en Géorgie?  « S’agissant du paludisme, quelle a été la méthodologie pour faire reculer cette maladie? » a-t-il voulu savoir.  « En ce qui concerne le sida, quelles sont les mesures qui ont été prises pour améliorer la qualité de vie des personnes souffrant de la pandémie? »

M. Kaha Imnadze, de la Géorgie, a répondu que la politique de développement de la Géorgie repose sur la recherche d’une croissance économique inclusive.  Pour ce faire, le Gouvernement se donne les moyens de ses politiques.  Concernant le chômage des jeunes, il a plaidé en faveur de la mise en place de formations de qualité.  Pour ce qui est de la mortalité infantile, il a reconnu la nécessité de rassembler des données de qualité pour bien analyser la situation existante et prendre les mesures qui s’imposent, notamment en mettant en place des services de soins prénataux de qualité.  Sur la question du VIH/sida, il a demandé l’aide des partenaires extérieurs pour mieux identifier les priorités et octroyer suffisamment de ressources aux efforts à faire.  « Pour éviter tout recul, nous allons mettre au point de nouveaux programmes, enrichis des expériences du passé », a-t-il ajouté. 

La représentante de l’Allemagne a posé la question de savoir si les OMD sont compatibles avec les priorités établies avant ces Objectifs.  La représentante de la Norvège a posé une question sur la bonne gouvernance notamment économique.  La bonne gouvernance est au cœur des initiatives prises par le Gouvernement de la Géorgie, a dit M. Imnadze.  Ceci veut dire que la mise en œuvre de ces initiatives passe par une utilisation adéquate et transparente des ressources disponibles. 

Exposés nationaux facultatifs: Qatar (E/2014/57), Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord (E/2014/83) et Koweït (E/2014/76)

Animant ce débat, M. MICHAEL SHANK, Friends Committee on National Legislation et chargé de cours de l’Université George Mason, s’est réjoui que, pour la première fois, l’ECOSOC procède à l’examen de trois exposés concomitamment, permettant ainsi de comparer les démarches des uns et des autres. 

Si l’ensemble des intervenants a conclu qu’il était possible d’éliminer l’extrême pauvreté d’ici à 2030, le représentant du Royaume-Uni a jugé nécessaire de créer des institutions efficaces, transparentes et responsables pour édifier des sociétés pacifiques et prospères et promouvoir l’état de droit, les droits de propriété et la liberté d’expression pour tous.  Le monde a besoin de telles institutions, a-t-il insisté, soulignant avec d’autres l’importance du capital humain pour mettre en œuvre les objectifs de développement durable. 

« Les hydrocarbures ont financé notre développement mais nous cherchons aujourd’hui à diversifier notre économie, en nous appuyant sur les objectifs de développement durable dont la protection de l’environnement », a affirmé M. SALEH BIN MOHAMMAD AL NABIT, Ministre de la planification du développement et des statistiques du Qatar.  Il a cité le plan d’action national qui vise à faire du Qatar un pays développé d’ici à 2030, lequel plan s’appuie sur la Stratégie de développement 2011-2016 assortie d’objectifs et d’outils d’évaluation.

Des stratégies intersectorielles ont été adoptées à l’échelle de tout le Gouvernement, en tenant compte des professions, des convictions et des cultures.  Il faut du temps pour développer les capacités humaines nécessaires à la mise en œuvre des objectifs de développement, a reconnu le Ministre qatari.  Il a attiré l’attention sur les enjeux démographiques d’un pays qui est passé de 1,4 à 2,1 millions d’habitants entre 2008 et 2013 et qui doit aujourd’hui préserver la culture arabo-musulmane « menacée de dilution ».  Le Qatar a fait des progrès considérables pour ce qui est du développement humain, passant du 57e rang en 1997 au 36e en 2012 sur les 187 pays répertoriés dans l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Le représentant du Koweït a reconnu la difficulté pour les pays producteurs d’hydrocarbure de promouvoir une économie fondée sur les objectifs de développement durable.  Quels sont les enseignements tirés de l’examen à mi-parcours de la Stratégie nationale? s’est demandé le représentant de la Malaisie

M. MANSOUR AYYAD ALOTAIBI, du Koweït, a insisté sur la difficulté pour des pays comme le sien d’inverser la tendance à la hausse des émissions de gaz à effet de serre, qui ont augmenté de 48% de 1990 à 2010.  Le recours aux partenariats privés a été promu, comme en atteste le Plan de dessalement de l’eau de mer d’ici à 2021.  Nous continuons à tout mettre en œuvre pour limiter notre dépendance aux hydrocarbures, a dit le représentant, en invoquant le Fonds d’aide aux petites et moyennes entreprises pour se libérer d’une économie pétrolière.  Le Koweït, a tenu à souligner le représentant, a déjà atteint trois Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et quatre autres devraient l’être d’ici à 2015.

Les efforts du pays ont porté des fruits dans la scolarisation des filles et la lutte contre la mortalité maternelle.  Aujourd’hui 97% des filles et des garçons sont scolarisés et 46% des femmes ont un emploi.  Le Koweït a considérablement réduit le taux de mortalité maternelle, qui est passé de 11 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 1,7 décès en 2012.  Le succès du pays en matière de lutte contre la tuberculose, qui a baissé de 28% entre 2010 et 2012, et contre le VIH/sida est à noter.  Le Koweït a aussi fait des progrès sensibles dans la lutte contre la tuberculose.  En 2011, la proportion des cas décelés et soignés a baissé de 93%.

Entre 2011-2012, l’APD du Koweït représentait 1,32% de son RNB, dépassant de 188,6% le seuil fixé à 0,7%, soit trois fois supérieur au taux de 0,31% octroyé par les pays développés.

M. ANTHONY SMITH, Directeur des relations internationales au Ministère du développement international du Royaume-Uni, a cité une loi de 2002 fixant les bases de l’APD qui a été amendée en 2006 pour renforcer la redevabilité et en 2014 pour intégrer des cibles en matière de parité entre les sexes.  Le Royaume-Uni concentre ses efforts bilatéraux là où ils sont les plus efficaces et met l’accent sur des pays plus petits pour avoir un meilleur impact.  Le Royaume-Uni a créé un Fonds pour le climat doté de près de 4 milliards de livres.  En fait, le pays a recentré son action sur l’aide aux États fragiles; la prévention et le règlement des conflits et le renforcement de la stabilité internationale; la promotion de l’investissement privé à l’appui de la croissance; la libéralisation des échanges au profit des pays en développement; et la lutte contre les problèmes grandissants que posent les changements climatiques.

Le représentant de l’Éthiopie a tenu à saluer la politique de développement basée sur la transparence que mène le Royaume-Uni qui aide son pays à devenir un pays à faible empreinte carbone.  Son homologue du Pakistan a salué les investissements « prudents » que fait le Royaume-Uni dans son pays, dans les domaines de l’éducation et de la santé des filles et des mères.  Le Royaume-Uni est devenu en 2013 le premier membre du G-8 à atteindre l’objectif consistant à consacrer 0,7% du RNB à l’APD, contre 0,57% en 2010.

Depuis Monterrey, il y a 12 ans, nous nous sommes rendus compte qu’il nous faut un large éventail de sources de financement, a réagi M. Anthony Smith à plusieurs questions, avant de mettre l’accent sur l’importance au niveau national d’un filet de sécurité sociale et de l’état de droit.

Exposés nationaux facultatifs: Bolivie État plurinational (E/2014/56), Gambie (E/2014/82), Soudan (E/2014/58) et État de Palestine (E/2014/60)

Au cours d’une séance de travail animée par Mme HELEN CLARK, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les délégations de la Bolivie, de la Gambie, du Soudan et de l’État de Palestine ont présenté leurs rapports volontaires sur les progrès enregistrés dans la réalisation des objectifs de développement internationalement convenus, dont les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Mme ELBA VIVIANA CARO HINOJOSA, Ministre de la planification du développement de la Bolivie, a présenté le rapport de son pays, lequel reprend, quant au fond, le septième rapport sur l’état d’avancement des Objectifs du Millénaire pour le développement en Bolivie, et le Programme patriotique du bicentenaire (2025), qui constitue un programme complet de développement pour la Bolivie dans le cadre des politiques du Bien-vivre et des droits de la Terre Mère. 

Depuis l’an 2000, la Bolivie applique le modèle économique, social, communautaire et productif du Bien-vivre pour parvenir au développement économique, conjointement à la redistribution des revenus.  Grâce à la nationalisation des ressources naturelles stratégiques, l’État bolivien a récupéré les excédents économiques précédemment transférés à l’étranger et les redistribue vers les secteurs excédentaires.  Il finance le processus d’industrialisation dans l’objectif d’édifier une Bolivie industrialisée et productive et lance une politique sociale agressive en faveur de la population, a dit Mme Caro Hinojosa.

La Bolivie enregistre une croissance économique soutenue, alimentée par la demande interne et la demande externe.  Cette dernière a permis de relancer le modèle choisi et de soutenir la croissance dans une conjoncture internationale difficile.  De même, la Bolivie est parvenue à la stabilité macroéconomique, a dit la Ministre.  Pendant huit années consécutives, le bilan du secteur public a été excédentaire, et les réserves en devises internationales du pays ont été supérieures à 14 millions de dollars et sont les plus élevées d’Amérique latine en pourcentage du produit intérieur brut (PIB).  La dette publique bolivienne, exprimée en pourcentage du PIB est inférieure aux seuils fixés par les organismes internationaux et la situation monétaire s’est redressée, a précisé la Ministre.

En 2011, l’objectif relatif à l’élimination de l’extrême pauvreté a été atteint, a-t-elle indiqué.  Les efforts relatifs à l’achèvement par les élèves d’un cycle complet d’études primaires sont en bonne voie.  D’importantes avancées ont d’autre part été réalisées s’agissant de l’égalité des chances entre filles et garçons.

Le représentant de Cuba a pris la parole et s’est dit heureux de constater les progrès enregistrés par la Bolivie en vue de l’élimination de la pauvreté extrême.  Il a en particulier demandé quel est, en Bolivie, le niveau de participation de la société civile dans le cadre du développement durable.  Son homologue de l’Inde a salué le Gouvernement de la Bolivie pour avoir mis en pratique la vision du Bien-vivre.  Il l’a encouragé notamment à utiliser les technologies de la communication pour promouvoir l’autonomisation des femmes.  Le délégué de l’Afrique du Sud a dit apprécier le fait que le principe de la terre nourricière est respecté en Bolivie.  Cette conceptualisation de la croissance économique peut être soutenue par l’Afrique du Sud, a-t-il dit.  « Que fera la Bolivie pour régler ses problèmes les plus persistants? » a-t-il ensuite demandé.

Ministre de l’économie et des finances de la Gambie, M. KEBBA TOURAY, a présenté le rapport de son pays, lequel souligne que, globalement, des progrès considérables ont été accomplis par la Gambie dans la réalisation des objectifs internationaux en matière de développement.  Le taux de pauvreté générale n’a cessé de diminuer, perdant environ 10 points de pourcentage pour s’établir en 2010 à 48,4% pour la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, soit avec 1,25 dollar des États-Unis par personne et par jour, contre 58% en 2003/2004.  Le pays ne parviendra probablement pas à atteindre l’objectif du Millénaire consistant à réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2015, a cependant reconnu le Ministre gambien.

Les domaines de l’éducation et de la santé ont enregistré quant à eux des résultats plus positifs.  Tous les indicateurs importants font apparaître des progrès dans le domaine de l’éducation.  La proportion d’élèves commençant la première année d’études primaires s’est établie à 95,3% en 2010 et, de ce fait, le taux de 100% fixé pour réaliser l’objectif du Millénaire pertinent devrait être atteint.  Le taux de persévérance scolaire s’améliore grâce à l’intensification des efforts en ce sens, et les taux d’alphabétisation ont augmenté dans l’ensemble du pays. 

Sur le plan de la santé, les indicateurs de mortalité infantile s’améliorent de façon satisfaisante.  La mortalité des moins de 5 ans a été ramenée de 131 à 109 pour 1 000 naissances vivantes entre 2005 et 2010, et le taux de mortalité infantile a également baissé, tombant de 81 à 93 sur la même période, a dit le Ministre de l’économie et des finances de la Gambie.  Ce dernier taux a continué de baisser, s’établissant à 54 pour 1 000 naissances vivantes en 2013, a-t-il précisé.

Le bilan est mitigé en matière de promotion de l’égalité des sexes, a-t-il cependant regretté.  Le rôle des femmes dans le processus de prise de décisions en particulier, et notamment leur représentation à l’Assemblée nationale, ne progresse que lentement.  De nettes avancées ont été enregistrées en matière d’égalité des sexes aux échelons supérieurs de la fonction publique, notamment au conseil des ministres.  Mais il y a encore un écart entre les taux d’abandon scolaire des garçons et des filles, et le renforcement des capacités des femmes demeure problématique.

Intervenant après cette présentation, le représentant de la Turquie s’est félicité des progrès réalisés par la Gambie pour parvenir aux OMD.  Il a néanmoins demandé quels étaient les stratégies et les programmes adoptés par le Gouvernement gambien pour surmonter le défi découlant de la dette.  Son collègue du Nigéria a relevé que le niveau général de la pauvreté avait décliné en Gambie et a mis l’accent sur la nécessité de faire plus en matière d’égalité entre les sexes.  Il a affirmé que sa délégation était heureuse des niveaux atteints par le pays dans la réalisation des OMD.

Mme MASHEIR ABDALLAH, Ministre de la protection et de la sécurité sociale du Soudan, a présenté le rapport de son pays, qui fait apparaître des progrès remarquables sur plusieurs fronts, notamment la paix, la santé et l’éducation.  Les données disponibles montrent que des améliorations considérables sont intervenues concernant l’éducation, la santé, l’égalité des sexes, la protection sociale et les conditions de vie, ceci en dépit des nombreux défis auxquels le Soudan est confronté aux niveaux interne et externe. 

Les progrès ont cependant été ralentis par l’éruption d’un violent conflit et par ses conséquences pour la stabilité des institutions et sur le capital social soudanais.  Bien que le développement humain tende à se redresser et à se raffermir au fil du temps, les réalisations dans les différents régions et États administratifs du Soudan varient considérablement, ceci en raison des modes dominants de développement.  Durant les deux dernières décennies, le Soudan a fait des progrès considérables en matière de réforme de la gouvernance et de rétablissement de la paix, a dit Mme Abdallah.  La signature de l’Accord de paix global (2005), qui a mis fin à la guerre prolongée au Soudan du Sud, et l’adoption du système fédéral, comptent parmi les principales avancées.

Une aide au développement considérable a été fournie au Soudan par divers partenaires de développement, mais l’essentiel des ressources mises à disposition ont revêtu un caractère humanitaire, a indiqué la Ministre.  En outre, il semble que les progrès concernant l’OMD 8, qui prône un partenariat mondial pour le développement, aient été décevants en raison de l’engagement limité des partenaires.  Une part importante de l’aide des donateurs destinée au Soudan a été acheminée par des organismes des Nations Unies, des organisations internationales non gouvernementales et des entrepreneurs privés internationaux.

La mise en commun des financements a été la modalité dominante; la Banque mondiale et l’Organisation des Nations Unies étant les principaux organismes d’exécution de cette politique et la majeure partie de l’aide passant par le Fonds d’affectation spéciale multidonateurs, a indiqué Mme Abdallah.  Cependant, l’efficacité des projets de financement commun et des modalités de mise en œuvre sur la base de l’exécution directe est de plus en plus remise en cause, a-t-elle constaté. 

Enfin, a dit la Ministre, pour arriver à des résultats optimaux et progresser vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, le Soudan et son peuple doivent surmonter un large éventail de défis.  Dans cette optique, les ressources requises doivent être rassemblées, et une planification efficiente et efficace, ainsi qu’une véritable approche de partenariat et de coordination entre les organismes non gouvernementaux, les secteurs privé et de coordination entre les organismes non gouvernementaux, les secteurs privé et communautaire et la communauté internationale doivent être assurés.

Pour le représentant de l’Inde, le Soudan a fait des efforts appréciables, mais demeure confronté à des défis importants.  Pour que le pays atteigne les OMD, il est extrêmement important que des solutions appropriées et créatives soient trouvées avec les parties concernées, la communauté internationale devant encourager un dialogue sans interférer dans les affaires intérieures du Soudan, a-t-il jugé.  Son homologue du Brésil a, en particulier, salué l’initiative du Président soudanais visant à mettre en place un dialogue national pour surmonter les problèmes importants auxquels le pays est confronté.  Il a plaidé en faveur d’une meilleure intégration économique mondiale du Soudan.  Il a encouragé les créanciers du pays à prendre des mesures pour le soulager de la dette. 

Le délégué de l’Indonésie a pris l’exemple de son propre pays, qui a développé une stratégie à plusieurs volets qui est favorable à la croissance, aux emplois et à l’environnement.  La paix et la stabilité sont un moteur du développement, a-t-il dit, précisant que celles-ci pouvaient être maintenues par le Gouvernement et les acteurs pertinents de la société.

Le Ministre de la santé de l’État de Palestine a souligné les succès enregistrés par la Palestine en matière d’OMD, ceci en dépit des défis que rencontre cet État.  Il a, à cet égard, évoqué notamment les bombardements israéliens actuels sur Gaza.  Le fait d’être dépendant de l’aide extérieure est un élément contraignant pour réaliser les OMD, a-t-il dit. 

Mme DANA EREKAT, Conseillère principale du Ministre, responsable de la gestion de l’aide et de la coordination du Ministère de la planification et du développement de l’administration de l’État de Palestine, a, de son côté, présenté l’exposé facultatif national palestinien, affirmant que 68 personnes avaient été victimes aujourd’hui des bombardements aériens israéliens.  Le rapport présenté, qui est le premier de l’État de Palestine, fait constater que des progrès tangibles ont été enregistrés sur la voie de la réalisation des OMD dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la parité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes. 

Des efforts accrus seront nécessaires pour maintenir ces fragiles progrès, qui sont menacés par l’occupation israélienne, par le contrôle par Israël des terres et des ressources palestiniennes, et par la création par Israël d’un environnement qui entrave les efforts palestiniens, a dit Mme Erekat.

En ce qui concerne les autres objectifs, en particulier celui de l’élimination de la pauvreté et de la faim, ainsi que ceux de la réduction des inégalités, de la création de perspectives d’emplois décents et productifs et de la promotion de la viabilité de l’environnement, les efforts sont limités, le Gouvernement palestinien n’ayant ni la capacité ni les moyens financiers, juridiques ou politiques de faire des progrès.  Les réalisations ont par conséquent été limitées dans ces domaines, et dans certains cas, la situation s’est même détériorée, a déploré Mme Erekat.

La Palestine a néanmoins fait des progrès considérables dans l’accès universel de tous les enfants à l’enseignement primaire.  La quasi-totalité des écoliers font l’objet d’une inscription en première année de l’enseignement primaire, et le taux de longévité scolaire est proche de 100%, a-t-elle indiqué.  Dans le secteur des soins de santé, la Palestine a réalisé la vaccination universelle des enfants.  Les maladies transmissibles ont été éliminées, et des progrès notables ont été enregistrés concernant l’amélioration de la santé mentale.

Toutefois, malgré des améliorations significatives des taux de mortalité infantile et juvénile, la Palestine n’a pas atteint la cible internationale, et il est peu probable qu’elle y parvienne d’ici à 2015, a dit Mme Dana Erekat.  Le taux de mortalité juvénile avait été réduit de 31% en 2010.  Malgré les efforts déployés par l’État de Palestine pour atteindre ses objectifs de développement et réduire les disparités entre les régions, les progrès enregistrés ont été limités par l’incapacité de l’Autorité palestinienne à prendre des mesures dans certaines zones.

Mme Erekat a demandé à la communauté internationale de veiller au respect par Israël du droit international.

Le représentant de l’Indonésie a jugé important de saluer les efforts entrepris par la Palestine malgré l’occupation israélienne.  Le manque de contrôle du Gouvernement palestinien sur son territoire et sur ses ressources réduit ses capacités en ce qui concerne la viabilité de ses stratégies, notamment dans la zone C, a regretté le représentant. 

De son côté, le délégué d’Israël a pris la parole pour faire état des roquettes qui sont lancées contre le territoire de son pays.  Israël a le droit de se défendre, a-t-il dit.  En outre, il a estimé que la délégation palestinienne « n’avait pas la capacité légale de participer à un exercice de présentation de rapport, la Palestine n’étant pas un État Membre de l’Organisation ».  Il a également insisté sur la vision déformée de la réalité qui serait présentée, selon lui, dans le rapport.

FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Présentations liminaires

M. LI PENGDE, Administrateur adjoint de l’Administration nationale de cartographie et de géo-information de la Chine, a souligné les intérêts de la cartographie dans les préparatifs de l’après-2015.  Le recueil des données géospatiales par l’ONU et ses institutions spécialisées a commencé après la Deuxième Guerre mondiale, a-t-il indiqué, en rappelant que certains pays en développement rencontraient des difficultés dans ce domaine.  Il a fait observer que ces données étaient souvent insuffisantes ou périmées, dans la mesure où elles n’étaient pas réactualisées depuis plus de 25 ans.  En Chine, la planification géospatiale est un élément important du programme national de développement durable, qui comprend le reboisement et la lutte contre la pollution de l’eau et de l’air.  La planification quinquennale en Chine couvre différents secteurs, notamment la politique foncière ou le secteur écologique.  C’est dans ce cadre que chaque région va être cartographiée, en précisant les phases de développement de ces régions.  Tout va être ensuite regroupé au sein d’un plan géospatial unique.  Le premier recensement géographique chinois est en cours, a aussi indiqué M. Li.

M. Li a ensuite parlé du programme « GlobalLand 30 » qui regroupe les principales informations nécessaires à la formulation du prochain plan de développement.  Il a estimé que l’ONU était le seul partenaire de confiance en matière de cartographie.  Il a espéré que chaque pays pourrait réaliser des progrès dans ce domaine, notamment grâce à un fonds d’affectation spéciale.  M. Li a aussi proposé d’établir une autorité chargée de la gestion de l’information géospatiale, ainsi qu’une nouvelle carte du monde, afin d’actualiser les données et de faire des recherches comme, par exemple, dans le cas de l’avion de « Malaysian Airlines », qui a disparu il y a quelques mois.  Enfin, il a recommandé d’organiser un recensement mondial.  Il faudrait aussi arriver à créer un monde plus « intelligent » qui prenne des décisions sur la base d’informations économiques et sociales, a-t-il ajouté.

M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a rappelé qu’en vertu du Document final de la Conférence de Rio+20, le Forum politique de haut niveau devait être saisi d’un rapport sur le développement durable.  Il a expliqué que le rapport sur le prototype mondial du développement durable qui a été élaboré à cette fin contient tout un ensemble de mesures qui pourraient être prises et présente des modèles proposés par les scientifiques pour appuyer les travaux du Forum.  Ce rapport est un premier pas vers un dialogue fructueux et complet entre les scientifiques et les décideurs politiques, s’est félicité M. Wu, qui a ensuite souligné la nécessité pour les décideurs de disposer de données scientifiquement fiables.

M. Wu a fait savoir que selon le rapport, si rien ne change, en 2050, le monde sera plus peuplé et la pauvreté, tout en étant réduite, s’étendra à l’ensemble de la planète.  Les besoins en énergie augmenteront et une part importante de la population mondiale subira des restrictions en eau.  La qualité de l’air en milieu urbain se détériorera, le couvert forestier sera réduit, les stocks de poissons s’effondreront et on souffrira aussi d’une perte de la biodiversité tandis que les conflits liés aux sources énergétiques éclateront de nouveau.

Mais d’ici à 2050, a-t-il poursuivi, l’éducation secondaire pourrait être assurée à tous, la classe moyenne serait davantage étendue, le revenu moyen par habitant triplerait et l’accès aux services de base augmenterait.  M. Wu a aussi indiqué que d’ici là, l’urbanisation aura augmenté de 70%, ce qui nécessitera la construction d’environ 400 méga villes.

Le Secrétaire général adjoint a ensuite indiqué que pour opérer la transition vers le développement durable d’ici à 2050, le principal défi à relever est d’éliminer la pauvreté et la faim tout en nourrissant, logeant et éduquant 9 milliards de personnes et en protégeant les ressources et les écosystèmes de la planète.  On peut espérer un monde où il y aurait un accès universel aux sources en eau, à l’assainissement et à l’éducation.  Un monde où le revenu moyen mondial par habitant serait semblable au niveau actuel des pays de l’OCDE.  On peut envisager, a ajouté M. Wu, un monde avec un plus grand rendement énergétique et une pollution de l’air considérablement réduite, des stocks de poissons reconstitués, et la biodiversité stabilisée aux niveaux de 2020 grâce à l’adoption de nouvelles technologies destinées à réduire la pollution et les pressions exercées sur les ressources naturelles.  Des milliards de personnes connaitraient toutefois des ressources en eau plus limitées en raison des inondations, tandis que l’utilisation de produits chimiques continuerait de poser des menaces graves pour les populations, a-t-il averti.

Selon M. Wu, il est possible de multiplier la richesse du monde par deux, mais pour parvenir à un objectif aussi ambitieux, il faudrait travailler de concert pour stimuler la recherche.  En la matière, le Secrétaire général adjoint s’est félicité du fait que la contribution des pays à revenus intermédiaires dans le domaine de la recherche avait plus que doublé, au cours de ces dernières années, et que leurs capacités scientifiques se développaient.  Ce renforcement de la productivité permettra de relever les défis du développement durable, s’est-il félicité.  Le Secrétaire général adjoint a aussi insisté sur l’importance d’impliquer le secteur privé et d’accélérer le développement et le transfert de technologies à destination des pays en développement afin que ces derniers puissent véritablement participer à la transformation technologique à venir.

Selon le rapport, jusqu’à 200 milliards de dollars seront nécessaires chaque année pour réaliser les OMD et jusqu’à 80 milliards pour permettre au secteur agricole de nourrir l’ensemble de la planète, a indiqué M. Wu.  Il a ensuite précisé que 44 milliards de dollars seront nécessaires d’ici à 2030 pour assurer un accès universel à l’énergie pour tous, jusqu’à 26 milliards pour financer l’éducation universelle dans les pays en développement et entre 30 à 40 milliards de dollars pour financer les mesures pour la protection des océans.  Il faudra aussi doubler le montant des investissements actuels dans l’infrastructure des pays en développement.

Après avoir déploré l’absence d’accords sur les mesures politiques concrètes qui doivent être prises en faveur du développement durable, M. Wu a fait remarquer que le rapport explique comment une évaluation scientifique pourrait aider à identifier des solutions novatrices.  Chaque politique adoptée doit être conçue en fonction d’une situation précise et cela représente un énorme défi pour les pays en développement, a-t-il dit avant de conclure.

Dialogue ministériel: « Tracer les voies de l’avenir que nous voulons »

« Quel est le coût de l’inaction en matière de développement durable », a demandé M. MARTIN SAJDIK (Autriche), Président du Conseil économique et social, pour lancer ce dialogue.  L’animateur de la discussion, M. ROMAIN MURENZI, Directeur exécutif de l’Académie mondiale des sciences, a rappelé les engagements pris lors de la Conférence Rio+20 pour bâtir « l’Avenir que nous voulons » après 2015.  Plus de 800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim, a-t-il rappelé pour illustrer l’ampleur des défis auxquels il faut encore faire face.  Il a demandé de réfléchir à ce qui pouvait être fait sur les plans de la science et de la politique pour y répondre.

« Nous proposons un changement de style en matière de développement », a déclaré Mme ELBA VIVIANA CARO HINOJOSA, Ministre de la planification du développement de la Bolivie, en s’opposant à l’inaction dans ce domaine.  Pour elle, l’environnement est le principal acteur du développement, ce qui oblige à rechercher une harmonie entre la nature et les êtres humains.  Elle a aussi fait remarquer que la science et la technologie avaient permis de développer de nouvelles techniques qui favorisent de nouvelles initiatives en matière de développement.  Ces éléments doivent donc être au cœur de la discussion, a-t-elle recommandé.  La Ministre a, en outre, appelé le secteur privé à se mobiliser pour mettre en œuvre le développement durable.  Pas seulement le monde des affaires, mais toutes les communautés de la société civile, a-t-elle précisé.  Elle a enfin invité à réfléchir sur les moyens qui permettent d’utiliser la technologie de manière compatible avec la reproduction de la nature.

Mme RITA SCHWARZELÜHR-SUTTER, Secrétaire d’État parlementaire au Ministère fédéral de l’environnement, de la conservation de la nature, de la construction et de la sûreté nucléaire, et membre du Bundestag allemand, a affirmé que le coût véritable de l’inaction en matière de développement durable était l’avenir de nos enfants et petits-enfants.  C’est là une « excellente raison » pour faire une transition vers un développement viable et durable, a-t-elle déclaré.

La panéliste a ensuite fait observer qu’à court terme, les coûts seront élevés pour les entreprises car, a-t-elle dit, les ressources de la planète ne sont pas illimitées.  Cependant, nos enfants ne pourront pas supporter les conséquences de l’inaction, a-t-elle prévenu.  Afin d’opérer un changement de paradigme, Mme Schwarzelühr-Sutter a souligné qu’il était essentiel d’identifier les moteurs d’une croissance durable, solidaire et capable de créer des emplois décents respectueux de l’environnement.  Faire le changement vers des modes de production et de consommation durables est essentiel, a ajouté la panéliste qui a ensuite fait observer que la bonne gestion des ressources naturelles peut à la fois créer des emplois et protéger l’environnement.

Mme Schwarzelühr-Sutter a aussi jugé nécessaire de dissocier la croissance de l’utilisation de ressources.  Certains secteurs économiques, a-t-elle estimé, doivent bénéficier d’incitations fiscales.  Elle a ensuite réclamé la conclusion, l’an prochain, à Paris, d’un accord juridiquement contraignant sur les changements climatiques.  Elle a par ailleurs fait savoir qu’à l’avenir, l’Allemagne espérait produire 80% de son électricité à partir de sources renouvelables.  Il faudra aussi éliminer progressivement la dépendance aux énergies fossiles, a-t-elle ajouté.  Après avoir souligné qu’il était important de mobiliser le secteur privé, la panéliste a appuyé la proposition de nommer un Représentant de haut niveau pour les générations futures.

Mme VESNA KOS, Ministre délégué, Ministère des affaires étrangères et des affaires européennes de la Croatie, a noté que le rapport sur le prototype mondial pour le développement durable est un des outils permettant de mesurer le coût de l’inaction.  Ce coût peut être vu sous l’angle du développement économique mais aussi du développement humain, a-t-elle remarqué.  Elle a donné un exemple concernant les catastrophes naturelles: 1 dollar investi dans la prévention et la résilience permet d’économiser 7 à 10 dollars dans la réponse à ces évènements.  La Ministre a également parlé de l’atout indispensable que constituent les femmes dans le développement durable, soulignant que 80% des revenus perçus par les femmes sont réinvestis dans le foyer contre 30% pour les hommes.  Elle a aussi remarqué le coût des conflits sur le développement.  En Croatie, par exemple, ce n’est qu’en 2003 que nous sommes revenus à la situation d’avant la guerre.  Si nous faisons les bons choix, nous aurons un monde bien meilleur d’ici à 2030, a-t-elle prédit.

L’éducation est un autre secteur dans lequel il faut investir pour accélérer le développement, a ajouté Mme Kos.  Elle a aussi mis l’accent sur le rôle de la science et des données, souhaitant qu’une interface soit créée entre la science et la politique.  La science doit devenir une « fonction » du développement durable, a-t-elle dit, proposant de créer une communauté des scientifiques pour le développement durable.  Enfin, la Ministre a parlé d’une réunion des pays du bassin de la Méditerranée qui s’est penchée sur ces questions et a proposé, notamment, d’adopter des visions intégrées pour mieux tirer parti des avantages de la science.  Une autre leçon tirée de cette discussion est qu’il faut combler le manque de coopération entre les scientifiques eux-mêmes, un problème qui est lié aux différences économiques entre les pays.

Mme IRINA BOKOVA, Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a indiqué que le Secrétaire général avait confié à l’UNESCO la responsabilité de constituer un comité scientifique consultatif pour appuyer les États Membres.  Elle a expliqué que celui-ci, créé en début d’année, était constitué de plus de 20 experts éminents.

Ce basant sur les premières observations de ce comité, Mme Bokova a souligné que la science est essentielle pour le développement durable.  Ce sont les deux revers d’une même médaille, a-t-elle lancé, et la science permet en outre de traverser des frontières culturelles, de jeter les bases d’un monde durable, et d’éliminer la pauvreté.  La Directrice générale de l’UNESCO s’est toutefois inquiétée du fait qu’alors que les États-Unis consacrent 30% de leur PIB à la recherche, ce taux est de seulement 0,5% en Afrique.  Elle a aussi déploré le fait que moins d’un tiers des scientifiques sont des femmes.  Mme Bokova a jugé nécessaire d’aider les pays à mettre sur pied des systèmes scientifiques robustes, d’encourager l’éducation scientifique, chez les filles notamment et d’augmenter les investissements dans la science.

Mme IRENE KHAN, Directrice générale de l’Organisation internationale de droit du développement, a rappelé que l’état de droit est un élément fondamental du développement durable.  Cela implique l’élimination de toute forme de discrimination, a-t-elle précisé, en vue d’une véritable justice, de la responsabilisation et du plein respect des droits de l’homme.  Les scientifiques sociaux sont d’accord pour dire que des institutions fortes et le respect de l’état de droit sont indispensables à la croissance économique durable, a-t-elle remarqué.  Elle a estimé que le partage des progrès scientifiques est un autre facteur essentiel du développement durable.  Par ailleurs, elle a invité les pays en développement à mieux se protéger sur le plan législatif pour garantir le respect de leurs intérêts dans l’utilisation de ressources naturelles et des connaissances des populations autochtones.  Il n’y a pas non plus assez d’outils pour régler les divergences sur le plan technologique, a-t-elle noté.  Il faut, a-t-elle recommandé, éliminer les discriminations pour créer un monde plus équitable, en donnant accès égal à la justice et à l’information.  Elle a aussi conseillé d’investir dans le développement des capacités des populations, notamment des minorités.

M. ROLF-DIETER HEUER, Professeur et Directeur général de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), a affirmé que les objectifs de développement durable seront inutiles à moins d’être explicitement appliqués et définis sur la base de données scientifiques.  Cela ne peut se faire qu’avec une population instruite, a-t-il signalé.  L’éducation et la science sont donc essentielles pour notre avenir.  M. Heuer s’est inquiété du fait que parmi les 32 objectifs de développement durable, aucun ne soutient de manière continue la science et l’éducation.

Les pays qui investissent les plus dans la science sont les plus novateurs, a-t-il enchainé.  Il a souligné que la science et l’éducation sont essentielles pour l’avenir et doivent être définies comme étant la base même des objectifs de développement durable.  La science évolue constamment et a donc besoin d’un appui  vigoureux.  Ceci doit aussi être mentionné dans les objectifs de développement durable, a-t-il estimé.  M. Hueur a ensuite appelé l’ensemble des États Membres à investir dans la science.  Il a aussi souligné que la mise en œuvre des objectifs de développement durable doit être l’objet d’une évaluation régionale et internationale.

Discussion interactive

« Le coût de la passivité est immense », a reconnu le représentant de la Zambie,en rappelant que le développement durable était la seule voie qui s’offre à l’humanité pour sa survie.  « Toute forme de vie est menacée », a-t-il prévenu, en soulignant que le coût de l’inaction n’est même pas mesurable.

S’exprimant au nom de la Confédération syndicale internationale, le représentant du Grand groupe des travailleurs a posé la question de la finalité du développement économique pour résoudre les crises.  « Les travailleurs, a-t-il dit, veulent un modèle de développement qui concilie efficacité économique, justice sociale et préservation de l’environnement ».  Il a donc proposé de travailler sur de nouveaux indicateurs qui ne mesurent pas seulement le développement économique, mais aussi le bien-être de la population et le développement humain.

La panéliste de l’Allemagne a renchéri en soulignant qu’il était nécessaire de conjuguer au mieux les trois piliers du développement durable, à savoir les aspects économique, social et environnemental du développement.  Ceci passe par l’adoption d’une « approche intégrée », a précisé la Ministre de la Croatie.  Elle a aussi souligné que l’accès inégal aux ressources était un grand obstacle au développement durable.  Le rôle de la science doit être inscrit au débat, a ajouté la Directrice générale de l’UNESCO, tandis que le Directeur du CERN a invité à susciter l’intérêt des jeunes pour la science et pour l’éducation en général.  « Les enfants ont le droit d’avoir accès à la science », a réaffirmé le modérateur du dialogue ministériel avant de conclure la discussion.

Déclaration de clôture de la première séance du Forum politique de haut niveau sous les auspices du Conseil économique et social

À la clôture du Forum politique de haut niveau sur le développement durable, le Président de l’ECOSOC s’est félicité de l’échange d’idées et d’expériences qui ont eu lieu au cours des discussions.  Il a rappelé que l’histoire du monde sera marquée par l’appauvrissement accéléré des ressources naturelles et les conséquences des changements climatiques sur le développement.  Au cours des discussions, il a noté qu’il y avait des raisons d’être optimistes, avec l’espoir de changer le modèle de développement et de mettre fin à la pauvreté d’ici à 2030.  De nombreux gouvernements mettent déjà en place des politiques novatrices et les autres acteurs sont attachés à jouer leur rôle, a-t-il fait remarquer.  En ce qui concerne la mise au point d’objectifs ambitieux pour le développement durable, il a dit avoir le sentiment qu’il y a un accord général qui se dessine à l’ONU sur les grandes lignes du programme de développement pour l’après-2015.

M. Sajdik s’est également félicité de l’engagement fort des délégations pour permettre au Forum politique de haut niveau de servir de plateforme pour la promotion du développement durable.  Il a appelé à réfléchir aux moyens de mener les examens au niveau national.  Il a aussi demandé de poursuivre le dialogue pour définir le cadre le plus approprié pour la mise en œuvre effective du programme de développement durable et le suivi des progrès réalisés.  « Nous concluons une session qui a dévoilé le grand potentiel du Forum », a assuré le Président de l’ECOSOC, avant de se féliciter de l’adoption de la déclaration ministérielle.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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