Le Conseil économique et social réfléchit aux moyens d’optimiser les activités de développement des Nations Unies

24 février 2014
ECOSOC/6599

Le Conseil économique et social réfléchit aux moyens d’optimiser les activités de développement des Nations Unies

24/2/2014
Conseil économique et social
ECOSOC/6599
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de 2014

3e & 4e séances – matin & après-midi

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL RÉFLÉCHIT AUX MOYENS D’OPTIMISER

LES ACTIVITÉS DE DÉVELOPPEMENT DES NATIONS UNIES

La nouvelle formule du débat sur les activités opérationnelles de développement des Nations Unies a été inaugurée, aujourd’hui, au Conseil économique et social (ECOSOC), qui a organisé un dialogue de haut niveau sur « le rôle de l’ONU dans le paysage changeant du développement », auquel ont participé le Ministre des affaires étrangères d’El Salvador et la Ministre des finances du Timor-Leste.  Le dialogue avec les chefs de secrétariat des fonds et programmes des Nations Unies, qui s’est tenu cet après-midi, a permis d’envisager l’avenir en tenant compte des priorités stratégiques actuelles et nouvelles. 

Dans le cadre de cette session, qui se tient du 24 au 26 février 2014, le Vice-Secrétaire général de l’ONU, M. Jan Eliasson, a recommandé de veiller à tirer parti des atouts du système de développement de l’ONU, à savoir son caractère universel, sa légitimité, sa capacité à rassembler des acteurs divers et sa grande expertise.

« C’est maintenant que ce débat doit se tenir », insiste le Secrétaire général dans un rapport, que son Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Wu Hongbo, a présenté.  Le paysage en matière de coopération pour le développement étant en pleine évolution, les acteurs dans ce domaine se tournent ainsi vers l’ONU afin qu’elle donne une nouvelle orientation au développement, a souligné le représentant du Viet Nam, qui était le modérateur au cours de ce débat.

Le Vice-Président de l’ECOSOC, M. Carlos Enrique García González (El Salvador) a émis l’espoir que cette session aidera les Nations Unies à s’adapter aux changements significatifs dans le domaine du développement et permettra d’axer davantage les efforts sur les résultats.

Pour parvenir à une meilleure efficacité des activités opérationnelles de développement, a recommandé la Ministre des finances du Timor-Leste, Mme Emilia Pires, l’ONU devrait recueillir davantage d’informations fiables en vue d’établir une meilleure évaluation des progrès réalisés.  Il faudrait aussi éviter de ranger trop vite les pays dans une catégorie, a-t-elle conseillé, en estimant que cela risquait parfois de produire les effets inverses et de freiner les efforts de développement.

Comme d’autres intervenants, la Ministre a plaidé en faveur d’une harmonisation des mesures prises par le système des Nations Unies, afin d’éviter à la fois une fragmentation et des doublons.  Le Ministre des affaires étrangères d’El Salvador, M. Jaime Alfredo Miranda Flamenco, a salué à cet égard l’initiative « Unis dans l’action », en rappelant qu’elle avait été expérimentée, pour la première fois, dans son pays.  Sa mise en œuvre, a-t-il assuré, avait contribué à accroître l’efficacité des activités opérationnelles de développement des Nations Unies sur le terrain.

La Directrice exécutive de l’UNICEF a donné d’autres exemples de rationalisation des programmes de développement en expliquant que, pour la première fois, l’UNICEF avait aligné ses indicateurs et ses plans stratégiques avec ceux d’autres fonds et programmes, comme le PNUD, le FNUAP, le PAM et ONU-Femmes.  Elle s’est aussi félicitée de l’entrée en vigueur de l’accord de partage des coûts entre les institutions du système des Nations Unies pour financer les postes de Coordonnateur résident.

Les Nations Unies doivent mobiliser des financements conséquents et prévisibles en faveur du développement, sachant qu’au cours des 20 dernières années l’aide publique au développement (APD) avait été dépassée par d’autres formes de financement en faveur des pays en développement, comme le note le Secrétaire général dans son rapport.  Si certains estiment que davantage de financements privés sont nécessaires pour palier ce déficit d’APD, le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), M. Achim Steiner, a exprimé un avis contraire en arguant que « le développement n’est pas privatisable ». 

Rappelant que l’efficacité des programmes de développement des Nations Unies dépendait de son financement, le représentant de l’Éthiopie a regretté que certains donateurs effectuent des versements tardifs ou partiels.  La Ministre des finances du Timor-Leste a, quant à elle, déploré que les programmes de développement établissent des objectifs irréalistes qui sont en décalage avec les priorités du pays concerné.  Le représentant de la République arabe syrienne a renchéri en demandant que le financement des fonds et programmes des Nations Unies ne soit pas soumis au dictat des donateurs.

Par ailleurs, certains intervenants ont souhaité que l’Organisation des Nations Unies encourage davantage les partenariats entre les secteurs public et privé pour assurer le financement du développement, comme l’a recommandé le Président du Comité d’aide au développement de l’Organisation européenne de coopération économique, M. Erik Solheim.

Il faudrait aussi axer davantage les efforts sur le transfert de compétences et la coopération Sud-Sud, a préconisé la Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement et Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mme Helen Clark.  Le Ministre des affaires étrangères d’El Salvador a toutefois recommandé de ne pas substituer la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire à la coopération Nord-Sud, car celle-ci reste indispensable.

Le débat de l’ECOSOC sur les activités opérationnelles se poursuivra demain, mardi 25 février, à 10 heures.

DÉBAT SUR LES ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES

Activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement

a) Suite donnée aux recommandations de politique générale de l’Assemblée générale et du Conseil (A/69/63–E/2014/10 et A/68/658–E/2014/7)

b) Rapports des Conseils d’administration des Programme des Nations Unies pour le développement/Fonds des Nations Unies pour la population/Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets, du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et du Programme alimentaire mondial (E/2013/34/Rev.1 et E/2013/49)

Déclarations liminaires

M. CARLOS ENRIQUE GARCÍA GONZÁLEZ, Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a rappelé que la résolution 67/226 de l’Assemblée générale relative à l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement, adopté en 2012, est un texte historique qui porte sur la nature et la manière dont les mandats du système des Nations Unies sont mis en œuvre.  Il a invité les États Membres à mettre en œuvre cette résolution, notamment au niveau des conseils d’administration des fonds et programmes des Nations Unies, mais également dans le cadre des activités de l’ECOSOC.  Il a notamment précisé que l’ECOSOC avait un rôle primordial à jouer dans le renforcement du système de développement des Nations Unies et, ceci, à travers la revue du processus de l’examen quadriennal complet.  Il a ajouté que la mise en œuvre de cette résolution relative à l’examen quadriennal complet devrait permettre aux Nations Unies de se positionner de manière stratégique et efficace dans le cadre de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.

M. García González a ensuite indiqué que cette session de l’ECOSOC devrait contribuer à mieux préparer les Nations Unies à s’adapter aux changements significatifs dans le domaine du développement, notamment avec l’augmentation du nombre d’acteurs de la coopération, et à axer les efforts davantage sur les résultats et la reddition des comptes, et à mieux répondre aux défis mondiaux.  Ainsi, a-t-il souligné, le programme de développement qui est en cours d’élaboration devrait être concentré sur l’élimination de la pauvreté et sur le développement durable, des exigences qui devraient, a-t-il noté, amener le système des Nations Unies à travailler pour une intégration des politiques, à veiller à un programme cohérent, à mettre sur pied de nouveaux partenariats et renouveler les anciens, et à accorder une attention particulière aux résultats et à la reddition des comptes. 

En outre, M. García González a suggéré la revitalisation du rôle de renforcement des capacités des Nations Unies, l’augmentation de l’efficacité et la diminution des coûts des transactions et, enfin, la réforme du système de financement des activités opérationnelles de développement des Nations Unies.  Il a par ailleurs souhaité que la nouvelle approche, qui avait permis de passer de la planification unique au concept de « Unis dans l’action », donnait lieu à des échanges fructueux entre les collègues du terrain et ceux du Siège.  Les discussions sur les activités opérationnelles de développement peuvent intégrer, pour la première fois, un dialogue avec les agences spécialisées des Nations Unies, s’est-il félicité.

M. JAN ELIASSON, Vice-Secrétaire général de l’ONU, a rappelé que les États Membres travaillent actuellement à l’élaboration du nouveau programme de développement pour l’après-2015, lequel, a-t-il précisé, se concentrera sur l’élimination de la pauvreté dans le contexte du développement durable.  Cela exige, a-t-il expliqué, de trouver de nouvelles démarches pour le financement des activités de développement de l’ONU, en s’adaptant aux différents paysages de développement.  Le Vice-Secrétaire général a souligné que l’Examen quadriennal complet était le mécanisme par lequel les États Membres donnent des directives sur les changements à mettre en place.

Il a mis l’accent sur trois domaines prioritaires, tout d’abord la situation des pays à revenu intermédiaire.  De nombreux pays bénéficiaires de programmes de développement sont passés dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire, a-t-il noté, en invitant à réfléchir sur l’impact de cette situation sur le futur programme de développement.  Ensuite, le fait que les pays bénéficiaires de programmes de développement attendent toujours plus de soutien sur le plan des politiques établies par le système des Nations Unies, il est important pour les institutions concernées de disposer d’un niveau élevé d’expertise pour répondre à ces demandes.  Enfin, l’apparition de nouvelles difficultés au niveau mondial, qui ne fait qu’augmenter les demandes.  Ces besoins changeants nous poussent à nous interroger sur la façon dont le système des Nations Unies y répond.  Nous avons besoin de nouveaux modèles de fonctionnement et de mécanismes de suivi, a-t-il prévenu.

Parallèlement à ces changements, le Vice-Secrétaire général a fait remarquer que les activités opérationnelles des Nations Unies évoluaient.  Si les tendances de financement à long terme ont été favorables, la situation actuelle est cependant préoccupante, a-t-il dit.  Alors que le système de développement onusien continue de rechercher de nouveaux partenaires, sa base de financement s’est diversifiée, a-t-il indiqué, tout en demandant de poursuivre les efforts pour éviter la fragmentation du financement et pour réduire les coûts de transaction.  Le Vice-Secrétaire général a aussi demandé de tirer parti des atouts du système de développement de l’ONU, à savoir son caractère universel, sa légitimité, sa capacité à rassembler des acteurs divers et sa grande expertise.  Il a également salué le modèle « Unis dans l’action » qui, selon lui, a fait ses preuves.

Dialogue de haut niveau sur le thème « L’évolution du paysage du développement: que cela signifie-t-il pour le système des Nations Unies? »

En ouvrant le dialogue de haut niveau, le modérateur, M. LE HOAI TRUNG (Viet Nam), a relevé que le paysage en matière de coopération pour le développement était en pleine évolution et, de ce fait, les acteurs dans ce domaine se tournent vers l’ONU afin qu’elle puisse donner une nouvelle orientation au développement, sur la base des principes de la Charte des Nations Unies.

M. JAIME ALFREDO MIRANDA FLAMENCO, Ministre des affaires étrangères d’El Salvador, a noté que l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en l’an 2000 avait constitué une occasion unique de mobilisation politique à travers le monde.  Il a regretté que les OMD ne puissent pas être réalisés partout dans le monde avant la date butoir de 2015.  Le programme de développement pour l’après-2015, qui est en cours d’élaboration, devrait tenir compte des priorités de toutes les régions du monde, a-t-il souhaité.  Rappelant que l’Amérique latine était la région du monde où les inégalités sont les plus profondes, il a estimé que le nouveau programme de développement devrait s’attaquer aux causes profondes de ce phénomène.  Il a aussi précisé que le futur programme de développement, initié par les États Membres, devrait tenir compte des trois piliers du développement durable, à savoir l’économie, le social et l’environnement, tout en mettant l’accent sur les liens entre ces différents piliers. 

Le Ministre a également souhaité la réforme du système des Nations Unies, 68 ans après la naissance de l’Organisation.  Il a notamment proposé la revitalisation de l’Assemblée générale, et a aussi souligné que le modèle « Unis dans l’action » était une approche très importante pour les pays en développement.  Il a rappelé qu’El Salvador fut le premier pays dans lequel ce modèle avait été expérimenté et que sa mise en œuvre avait contribué à augmenter l’efficacité des activités opérationnelles de développement des Nations Unies dans le pays.  Il a en outre souhaité que l’ONU puisse veiller à ce que les OMD soient intégrés dans le programme de développement pour l’après-2015 et que le financement du développement puisse tenir compte des principes établis dans le Consensus de Monterrey en 2002.  Les pays industrialisés doivent consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide publique au développement (APD), a-t-il rappelé.  Le Ministre a regretté que ce principe n’ait jamais été atteint, en faisant observer que les pays d’Amérique latine connaissent une baisse continue de l’APD qui leur est accordée.  Avant de conclure, il a prôné une redynamisation de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, qui soit complémentaire et ne vise, au contraire, à remplacer la coopération Nord-Sud.

Pour Mme EMILIA PIRES, Ministre des finances du Timor-Leste, le plus grand défi posé à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), c’est la capacité des États à fournir des services pour éliminer la pauvreté et la faim, améliorer la santé et l’éducation.  Les peuples devraient tracer leur propre avenir pour parvenir au développement et assurer la paix dans leurs pays afin d’éviter que le Conseil de sécurité n’ait à intervenir.  Présentant l’expérience du Timor-Leste, Mme Pires a expliqué l’approche accélérée de développement suivie dans son pays  qui a mis en œuvre des politiques économiques, sociales et fiscales intégrées.  La politique adoptée a renforcé la stabilité politique, a-t-elle précisé.  La Ministre a invité le système des Nations Unies à soutenir les efforts de développement des pays en développement, en particulier les pays sortant d’un conflit.  Si le nombre des guerres dans le monde a diminué, celui des conflits internes a augmenté, a-t-elle regretté, en faisant remarquer qu’en 2012, 110 conflits internes étaient enregistrés.

La pertinence des Nations Unies ne se mesurera qu’à l’aune de son efficacité, a poursuivi la Ministre.  Elle a souhaité que le programme de développement prôné par l’ONU soit universel et puisse tenir compte des priorités de chaque pays.  Mme Pires a fait d’autres recommandations pour que les Nations Unies puissent répondre plus efficacement à toutes les situations.  Les rapports sur le développement humain contiennent des équations mathématiques très compliquées qui ne sont pas utiles pour les pays en développement, a-t-elle fait observer.  Les États Membres doivent également disposer d’informations fiables afin de procéder à une meilleure évaluation des progrès réalisés, a-t-elle estimé.  Elle a aussi souhaité que l’ONU coordonne les efforts en vue d’augmenter l’APD qui soit également de qualité.

Enfin, Mme Pires a plaidé en faveur d’une harmonisation des mesures prises par le système des Nations Unies.  Il faudrait pour cela définir les priorités mondiales et revoir la classification des États pour éviter de les ranger trop vite dans une catégorie, car cette catégorisation est une entrave au développement durable, a-t-elle estimé.  La Ministre a aussi demandé de remédier à la fragmentation du système de l’ONU, en faisant remarquer qu’il existe, au sein des Nations Unies, 168 comités, commissions, conseils, équipes, groupes de travails, fonds ou secrétariats.

M. ERIK SOLHEIM, Président du Comité d’aide au développement de l’Organisation européenne de coopération économique, s’est dit surpris de constater que les accidents de la circulation représentent, aujourd’hui, la principale cause de mortalité chez les jeunes de moins de 30 ans dans le monde.  Le fait que le VIH/sida et le paludisme soient aujourd’hui moins mortels est un accomplissement notable de la part des pays en développement et de toute la communauté internationale dans son ensemble, s’est-il félicité.  Pour promouvoir les activités de développement, il faudrait, a-t-il insisté, adopter de bonnes politiques.  « Les bons choix sont cruciaux, car tout l’argent du monde ne peut faire avancer les choses quand les politiques sont mauvaises », a-t-il déclaré, en citant en exemple la République de Corée et la RPDC qui connaissent des niveaux de développement très différents en raison des politiques engagées par les dirigeants de chaque pays. 

Les dirigeants doivent œuvrer pour maintenir la paix dans leur pays car, a-t-il dit, les conflits, outre les souffrances et pertes en vies humaines qu’ils causent, constituent des freins au développement.  Au lendemain d’un conflit, a-t-il rappelé, tout est à reconstruire.  M. Solheim a déploré, dans ce contexte, la situation actuelle au Soudan du Sud où, a-t-il regretté, des villes entières sont rayées de la carte parce que la communauté internationale n’a pas su réagir à temps et prévenir les hostilités.  M. Solheim a ensuite souligné le rôle primordial du secteur privé dans le cadre du développement.  Les Nations Unies doivent axer les efforts sur le renforcement du partenariat entre le secteur public et le secteur privé pour le financement du développement.  Il a enfin souhaité que la mobilisation des ressources nationales puisse être améliorée, en précisant que le développement incombe en premier lieu aux gouvernements.  Il a ainsi invité les gouvernements à adopter des politiques fiscales efficaces.  La Norvège consacre 1% de son PIB à l’APD, a-t-il assuré, en regrettant que cette aide en faveur des pays les moins avancés soit en baisse continue.

Mme HELEN CLARK, Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement et Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a souligné les différents facteurs qui ralentissent le développement, comme par exemple les niveaux persistants d’inégalité, les taux élevés de chômage, les conséquences dévastatrices des changements climatiques ou des conflits.  À cause du conflit qui déchire actuellement le pays, la Syrie, a-t-elle fait observer, a perdu 35 années de progrès selon l’indice de développement humain.  Il faudrait parfois 20 à 30 ans pour qu’un pays rétablisse le niveau de développement qu’il avait avant un conflit, a-t-elle expliqué.  Mme Clark a donc recommandé de renforcer la résilience des pays et à élaborer un nouveau programme de développement inclusif et durable, qui permette aux pays de résister aux chocs extérieurs. 

Lorsque les pays progressent sur le plan économique, cela ne veut pas dire que leurs difficultés disparaissent, a-t-elle poursuivi, en donnant l’exemple des pays à revenu intermédiaire.  Elle a assuré que le système des Nations Unies pour le développement voulait continuer à travailler dans ces pays, mais elle a averti que les sources de financement traditionnelles étaient davantage orientées vers les pays les moins avancés.  Il faudrait, a-t-elle préconisé, axer davantage les efforts sur le transfert de compétences et la coopération Sud-Sud.

Mme Clark a réaffirmé la légitimité et la neutralité politique du système de développement des Nations Unies.  « Nous pouvons organiser des réunions avec de nombreux participants et utiliser au mieux les compétences d’experts », a-t-elle fait valoir.  Le système de l’ONU devrait continuer à se réinventer, au moment où les États Membres s’engagent à établir un programme de développement pour l’après-2015, a estimé l’Administratrice du PNUD.  Les Nations Unies doivent aussi améliorer leur efficacité, a-t-elle ajouté.  Avant de conclure, Mme Clark a encouragé les partenariats Sud-Sud et les partenariats avec le monde des affaires et la société civile.

Débat interactif

Les échanges qui ont suivi ont permis aux panélistes et aux délégations de relever le rôle central que doivent continuer de jouer les Nations Unies dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015.  Les échanges ont également souligné le besoin de réformer le système des Nations Unies, notamment pour assurer une meilleure efficacité des activités opérationnelles de développement, en prenant davantage compte de l’initiative « Unis dans l’action » et en établissant des financements conséquents et prévisibles.

Lançant le débat, le représentant de la Suède a indiqué que le système des Nations Unies devrait évoluer dans la manière de répondre aux priorités de développement.  Il a notamment proposé que l’ONU assure une meilleure gestion de la transition du maintien de la paix vers le développement par le biais d’une consolidation de la paix mieux planifiée.  Il a aussi souhaité que, dans le cadre du financement du développement, la communauté internationale puisse tenir ses engagements.  À cet égard, il a regretté, par exemple, le fait que les donateurs ne respectent pas le cadre prévisible pour le versement de leurs contributions, créant ainsi des discordances dans l’établissement des budgets réguliers des fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies. 

À son tour, le représentant de l’Éthiopie a indiqué qu’il n’était pas normal que les donateurs exigent l’efficacité des organismes du système des Nations Unies, alors que ce sont eux-mêmes qui, en raison de versements tardifs ou limités, contribuent à saper l’efficacité de ces organismes.  La Ministre des finances du Timor-Leste a aussi regretté que les contributions financières soient souvent davantage consacrées au paiement des salaires des consultants internationaux, au lieu du financement de la mise en œuvre de programmes concrets en faveur des populations.  Elle a invité les Nations Unies à utiliser plus souvent, à capacités égales, l’expertise locale plutôt que de recourir au recrutement de consultants internationaux qui ne connaissent pas les priorités du pays.  Elle a aussi fait remarquer que les attentes des donateurs étaient souvent trop élevées, oubliant que la mise en œuvre de programmes de développement prenait parfois des décennies pour donner des résultats concrets.  Elle a ainsi déploré que les programmes de développement établissent des objectifs irréalistes qui sont en déphasage complet avec les priorités du pays concerné. 

Revenant sur les propos de son collègue de l’Éthiopie, le représentant du Bangladesh a noté que la question de la qualité de l’aide était cruciale car, a-t-il dit, parfois l’aide est bloquée dans le pays donateur.  Il a aussi souhaité que les ressources de base visant à financer les activités de développement soient augmentées.  Il a par ailleurs indiqué que les pays les moins avancés (PMA), dont certains sont les plus pauvres du monde, devraient recevoir en priorité un financement pour les activités du développement.  Ce point de vue a été partagé par la représentante du Bénin, qui a estimé que la question de l’APD en faveur des PMA était centrale, en droite ligne des principes arrêtés par le Programme d’action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2011-2020. 

Le Président du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques a réagi à l’interpellation du Bénin en souhaitant que des cibles soient attribuées à chaque donateur afin de vérifier le quota de l’APD qui sera consacré aux PMA.  Au sujet des pays en conflit, il a souligné que les efforts devraient en premier lieu être axés sur le processus de règlement du conflit, puis sur le processus de consolidation de la paix afin d’éviter que les ressources consacrées au développement ne soient pas gaspillées dans un contexte de fragilité politique et d’instabilité.   

Le représentant de la République démocratique du Congo (RDC) a emboité le pas à M. Solheim, en estimant que la prévention des conflits était une composante importante du développement car elle contribue à prévenir des conflits qui sont des freins au développement.  Il a aussi indiqué que l’initiative « Unis dans l’action » n’est pas mise en œuvre en RDC et c’est pourquoi la duplication des actions des différentes agences onusiennes travaillant dans son pays a causé une perte importante des ressources destinées aux activités opérationnelles de développement.  Il a en outre rappelé que les priorités des divers groupes de pays devraient figurer dans le programme de développement pour l’après-2015.

Le représentant de la République arabe syrienne a, pour sa part, souhaité que l’APD puisse rester la principale source de financement du développement, même si d’autres moyens innovants et nouveaux sont engagés.  Il a ensuite souligné que le financement des programmes et fonds des Nations Unies ne devraient pas être soumis au dictat des donateurs.  Les restrictions que connaît la Syrie sont un obstacle au développement du pays, a-t-il déclaré, en regrettant aussi que des organismes de développement soient prisonniers des directives données par certains pays pour des visées politiques.

La Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement etAdministratrice du Programme des Nations Unies pour le développement a précisé que les ressources de base du PNUD allaient d’abord aux PMA et que la diminution de ces ressources résultait de la réduction générale des ressources de base que reçoit le PNUD.  Elle a ajouté que l’initiative « Unis dans l’action » devrait permettre d’éviter la duplication des interventions des Nations Unies dans les pays, et favoriser ainsi une plus grande efficacité des activités opérationnelles de développement.

L’examen quadriennal complet, a estimé la représentante de la Suisse, doit jouer un rôle prépondérant dans le cadre du suivi du contrôle et des rapports des organismes en charge du développement.  Dans cette mouvance de réformes, « il faudrait transformer le Forum pour la coopération en matière de développement en une entité chargée de veiller à la gouvernance mondiale », a plaidé la représentante du Brésil, qui a précisé que le Forum politique a plus de légitimité sur cette question car la représentativité des pays du monde y est plus équitable.  Elle a ensuite dit que l’utilisation des revenus par habitant comme échelle de mesure du niveau de développement n’est plus adéquate, surtout pour rendre compte du niveau de richesse des pays à revenu intermédiaire.

Présentation du rapport du Secrétaire général (A/69/63–E/2014/10)

M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a présenté le rapport du Secrétaire général intitulé « Application de la résolution 67/226 de l’Assemblée générale sur l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies », en précisant que tout le système des Nations Unies avait contribué à la rédaction de ce rapport.  Ce document contient neuf indicateurs axés sur les résultats pour des domaines qui sont mesurables, précise les méthodes utilisées et recense les sources de collecte de données en vue d’améliorer la qualité analytique des futurs rapports, a-t-il indiqué.

Le système des Nations Unies pour le développement a intégré les résultats de l’examen quadriennal complet, a expliqué M. Wu Hongbo.  Il a ainsi indiqué que 14 entités sur 22 avaient aligné leur plan stratégique pour 2014-2017, tant pour la teneur que des délais, sur les résultats de l’examen quadriennal complet.  Cela représente un grand pas en avant vers un système des Nations Unies plus cohérent, a-t-il estimé.  Les entités des Nations Unies ont également intensifié leurs efforts pour soutenir la coopération Sud-Sud, a-t-il indiqué, tout en faisant observer que les coûts de transaction continuaient de poser des difficultés.  Les efforts accomplis en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes devraient se poursuivre, a estimé le Secrétaire général adjoint.

Le rapport note également que le regroupement des services d’appui a des incidences directes sur les modalités des activités opérationnelles des différentes entités.  La simplification et l’harmonisation des pratiques constituent une entreprise complexe, mais ce processus s’est surtout concentré dans les pays où est mise en œuvre l’initiative « Unis dans l’action », a fait observer le Secrétaire général adjoint.

En ce qui concerne les tendances actuelles de financement, il ressort du rapport que seulement 17% du montant total de l’APD (23,9 milliards) vont aux activités opérationnelles du système des Nations Unies pour le développement.  Dans cette part, le montant total des ressources de base destinées aux activités de développement des Nations Unies s’élève actuellement à 6,7 milliards de dollars, soit 28%.  Comme l’indique le rapport, a dit M. Wu, le système des Nations Unies a renforcé ses efforts pour collaborer avec de nouveaux partenaires.

« Le rapport fait écho aux remarques exprimées ce matin par différents intervenants », a noté M. Wu, qui a souligné la nécessité d’assurer un suivi efficace de l’examen quadriennal complet et de se placer dans le contexte du programme de développement pour l’après-2015.  L’aide des Nations Unies doit mieux répondre aux défis mondiaux et aux nouvelles tendances en matière d’aide au développement, a-t-il ajouté.  Avant de conclure, le Secrétaire général adjoint a souhaité que le système des Nations Unies soit en mesure de rester à la pointe pour faire face à ces changements et servir, ainsi, au mieux les États Membres.

Dialogue avec les chefs de secrétariat des fonds et programmes des Nations Unies sur le thème « Regarder vers l’avenir: Priorités stratégiques actuelles et nouvelles »

C’est M. CARLOS ENRIQUE GARCÍA GONZÁLEZ (El Salvador), Vice-Président du Conseil économique et social, qui assurait le rôle de modérateur de ce dialogue.

Mme HELEN CLARK, Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement, et Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a rappelé que les progrès économiques ne se traduisaient pas toujours concrètement par une réduction de la pauvreté.  Pour arriver à de meilleurs résultats, il faudrait, a-t-elle préconisé, que tout le système de développement des Nations Unies conjugue ses efforts avec ceux des pays eux-mêmes.  Comment être à la hauteur de la tâche pour aider les pays à élaborer, puis à appliquer, le programme de développement de l’après 2015?  C’est la question dont débat le Groupe des Nations Unies pour le développement, a indiqué sa présidente.  Sur le plan interne, elle a recommandé de mener à bien des réformes de fond du système des Nations Unies pour le développement afin d’éliminer les doublons.

« Nous avons déjà fait des progrès en matière de coopération en faveur du développement », a estimé Mme Clark, avant d’encourager les Nations Unies et les pays à unir leurs efforts encore davantage.  Elle a fait remarquer qu’une équipe de pays de l’ONU avait besoin du soutien de personnes locales expérimentées.  Elle a aussi souligné l’importance d’une meilleure coordination entre les institutions travaillant sur le terrain.  Le partage des coûts entres ces institutions est un autre problème que Mme Clark a soulevé.  Elle a ainsi appelé les bailleurs de fonds traditionnels à apporter une aide substantielle aux différentes institutions du système des Nations Unies.  Mm Clark a aussi rappelé que le Bureau du PNUD pour la coopération Sud-Sud montre l’importance que les Nations Unies accordent à la coopération Sud-Sud pour le développement.  Avant de conclure, elle a plaidé en faveur d’une action unie et non fractionnée des différentes institutions des Nations Unies dans le domaine du développement.

M. BABATUNDE OSOTIMEHIN, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a regretté que malgré les résultats positifs dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), près d’un milliard de personnes continuaient de vivre dans l’extrême pauvreté.  Il a ajouté que les inégalités persistantes entre pays et à l’intérieur des pays, ainsi qu’entre les zones rurales et urbaines, constituaient des obstacles pour la réalisation des OMD.  Relevant ensuite que la plupart des cas de mortalité maternelle étaient évitables, il a indiqué que 222 millions de femmes manquaient cruellement d’accès aux méthodes modernes de planification familiale.  Il a ajouté que de nombreuses autres souffraient de diverses formes de discriminations et de la violence.  Le cadre d’accélération de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement avait permis d’obtenir des résultats, tout en permettant à certains pays de pouvoir se consacrer aux causes des disparités par un soutien accru aux plus vulnérables, a-t-il assuré.  M. Osotimehin a expliqué que des réunions semestrielles étaient organisées depuis l’an dernier dans des pays en développement, afin de permettre aux institutions des Nations Unies et au Groupe de la Banque mondiale de revoir leurs priorités en matière de soutien aux pays dans le cadre de la réalisation des OMD.

M. Osotimehin a ensuite plaidé pour que la question de la santé des femmes et des jeunes occupe une place centrale dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a précisé que l’après-2015 devrait être une période d’égalité et des droits de l’homme, qui permettra d’offrir des opportunités à tous.  Il a par ailleurs relevé que pour la mise en œuvre de ce futur programme, les Nations Unies devraient se tenir prêtes à soutenir les États Membres, en s’appuyant sur les leçons du passé, et en mettant en œuvre l’initiative « Unis dans l’action » dans les programmes de pays.  Tout en reconnaissant le rôle que joueraient le secteur privé et la société civile dans le cadre des activités du développement, le Directeur exécutif du FNUAP a souligné l’importance des données.  Il a insisté sur le besoin de collecter des données adéquates qui seraient analysées de manière appropriée, afin de servir pour la mise en œuvre du programme commun du système des Nations Unies.

Mme ELISABETH RASMUSSON, Sous-Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) chargée des services concernant les partenariats et la gouvernance, a expliqué que le PAM avait une double mission: répondre aux situations d’urgence afin de réduire au minimum l’impact des conflits et des catastrophes; et mettre en place des systèmes de protection, tels que l’alimentation dans les écoles, pour renforcer la résilience des populations vulnérables.  À la suite du typhon Haiyan qui a frappé les Philippines, le PAM a distribué des biscuits à forte valeur énergétique et des rations complètes, a-t-elle indiqué.  Le PAM a aussi distribué de l’argent liquide et des coupons lorsque les marchés ont recommencé à fonctionner.  Lorsqu’ils existent, les programmes de protection au niveau national permettent aux pays de mieux répondre aux chocs et aux crises, a fait remarquer Mme Rasmusson.

Dans le contexte d’un paysage de développement en pleine mutation, le PAM est en train de passer de l’aide alimentaire à l’assistance alimentaire, a expliqué sa Directrice exécutive.  Le PAM fournit une aide plus centrée sur les personnes et plus adaptée aux conditions locales, a-t-elle précisé.  En 2012, le PAM avait lancé un exercice d’évaluation appelée « Fit for Purpose » qui vise à améliorer les services fournis.  Le PAM investit aussi dans les partenariats complémentaires, a-t-elle ajouté.  Mme Rasmusson a aussi vanté les mérites de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire.  En outre, elle a assuré que le PAM coopérait avec le Brésil dans un centre de lutte contre la faim qui offre un soutien institutionnel, politique et financier au développement de cadres et de stratégies locales.

Mme Rasmusson a fait remarquer que la croissance n’entraînait pas forcément une amélioration de la nutrition et que 842 millions de personnes vivaient encore dans l’insécurité alimentaire.  Cela veut dire que la croissance ne bénéficie pas à tous, a-t-elle observé.  La croissance basée sur l’agriculture est plus efficace pour réduire les inégalités, a soutenu Mme Rasmusson, avant de saluer l’initiative du Secrétaire général « Défi Faim Zéro ».

M. JOHN HENDRA, Directeur exécutif adjoint d’ONU-Femmes, a salué les avancées réalisés pour la cohérence de la mise en œuvre des programmes des différents fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies.  Il a indiqué que dans le cadre de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes, les fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies ont accru de manière significative leurs efforts sur l’égalité entre les sexes dans leurs nouveaux plans stratégiques.  Il s’est félicité de ce que 55 entités du système des Nations Unies et les départements du Secrétariat de l’ONU établissent désormais des rapports dans le cadre du « Plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes ». 

Le Directeur exécutif adjoint a fait remarquer que des défis majeurs continuaient de faire obstacle à la cohérence dans l’ensemble du système des Nations Unies.  Il a notamment relevé que l’initiative « Unis dans l’action » ne trouvait pas encore l’assentiment de tous les États Membres et des institutions des Nations Unies, en dépit des résultats positifs qui ont été obtenus au cours de sa phase expérimentale.  Il a ensuite déclaré que l’unité dans l’action en appelait également à l’unité dans la communication pour qu’une seule voix puisse, au sein du système des Nations Unies, parler d’un sujet précis sans qu’il y ait discordance.  M. Hendra a ensuite regretté les restrictions financières et budgétaires qui paralysent l’action engagée, avec succès, par ONU-Femmes dans le monde pour promouvoir l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.

Mme YOKA BRANDT, Directrice exécutive adjointe du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), s’est félicitée que, pour la première fois, l’UNICEF avait aligné ses indicateurs et ses plans stratégiques avec ceux d’autres fonds, comme le PNUD, le FNUAP, le PAM et ONU-Femmes.  Elle a aussi indiqué que l’UNICEF et d’autres institutions du système des Nations Unies collaborent avec le Gouvernement du Kazakhstan pour mettre en œuvre un programme qui vise à réduire les effets des inégalités économiques et sociales sur les enfants.  Ce programme cherche à renforcer les capacités nationales en proposant des modèles de services sociaux.  Cette approche multidimensionnelle est également suivie lorsqu’il s’agit de renforcer la résilience, par exemple en Somalie où le PAM, la FAO et l’UNICEF ont développé une stratégie multi-institutions visant à améliorer l’efficacité des interventions en matière de secours, de redressement et de développement.

En ce qui concerne l’amélioration du fonctionnement du système des Nations Unies pour le développement, Mme Brandt a remarqué que la deuxième génération de l’initiative « Unis dans l’action » avait bénéficié d’une culture des résultats plus forte.  Elle a aussi salué les nouvelles normes de procédures opérationnelles régissant la mise en œuvre de cette initiative.  En outre, a-t-elle noté, le système du Coordonnateur résident a bénéficié d’un accord de partage des coûts, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2014.  Mme Brandt a aussi noté avec satisfaction que les institutions du système des Nations Unies parviennent à réduire leurs coûts opérationnels au niveau de pays en consolidant leurs services de soutien.

Dans les quatre ans à venir, plus de 80 pays vont mettre en place le nouveau Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement au niveau de pays, ce qui donne l’occasion de développer une stratégie de soutien des résultats nationaux, a-t-elle ajouté.  En concluant son intervention, Mme Brandt a souhaité que le système des Nations Unies agisse de manière stratégique et souple, afin de pouvoir faire passer les résultats avant les procédures.

M. ACHIM STEINER, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a estimé que le programme de développement de l’après-2015 devrait évoluer à partir des données du passé, dans un contexte de changements importants.  Il a parlé des « forces centripètes qui nous font continuer à débattre pour essayer de renforcer la cohérence des Nations Unies ».  Le défi de l’universalité est très complexe, mais il est important d’y faire face afin d’éviter que nous soyons de plus en plus marginalisés, a-t-il souligné.  Il ne faudrait pas oublier les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a-t-il rappelé.  « Universalité et intégration » sont des éléments fondamentaux pour mener à bien les efforts déployés, a-t-il insisté.

La question du renforcement des capacités est un autre défi que M. Steiner a tenu à souligner.  La coopération Sud-Sud est devenue un facteur très important pour étendre le développement, a-t-il observé.  Concernant la question du financement du développement, il a mis l’ONU face à ses contradictions et regretté que l’ONU soit critiquée sur la façon dont elle s’acquitte de ses mandats.  Il a invité à revoir les modalités traditionnelles de financement.  Notant que certains estiment que nous avons besoin de financements privés, M. Steiner a estimé qu’il faudrait, au contraire, dépasser cette forme de financement, en arguant que « le développement n’est pas privatisable ».  C’est au sein même de l’ONU que nous pouvons trouver des solutions, a-t-il dit avant de  conclure.

Débat interactif

Le débat a permis de mettre l’accent sur l’importance de la cohérence du système des Nations Unies, afin d’éviter la duplication des activités opérationnelles de développement dans un contexte de restrictions financières.

Ouvrant le débat, le représentant de l’Éthiopie a voulu savoir comment le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) travaillait en collaboration avec d’autres partenaires des Nations Unies pour résoudre les défis liés à la question de la santé maternelle. 

Le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a répondu qu’en application de certaines législations nationales, le mariage précoce était admis.  De toutes jeunes filles qui, sur un plan physiologique, ne sont pas encore prêtes à la procréation, meurent pendant ou après un accouchement, ce qui explique parfois le taux élevé de mortalité maternelle.  Il a également parlé de l’autonomisation financière des femmes qui leur permettrait de pouvoir prendre en charge leurs soins de santé.  En investissant 5% des budgets nationaux dans la santé, les gouvernements atteindraient des résultats plus que probants en matière de santé, notamment la santé de reproduction, a souligné M. Osotimehin.  Le Directeur exécutif a souligné qu’en Afrique subsaharienne, près de 30% des décès maternels sont dus au VIH/sida.  C’est pourquoi, il est important de travailler avec d’autres institutions du système des Nations Unies, a-t-il déclaré.  En outre, il a cité le cas du Sri Lanka qui a réussi à réduire le taux de mortalité maternelle sur son territoire.  Il a ainsi fait valoir l’importance de la volonté politique et l’adoption de politiques volontaristes.

Le représentant de la Suède a relevé, pour sa part, que les restrictions de financement et les contributions de plus en plus ciblées compromettaient la mise en œuvre des mandats des institutions des Nations Unies.  Préconisant de nouvelles formes de financement, il a encouragé les différentes institutions à établir un cadre structuré de discussions sur les questions financières, afin d’éviter que les ressources ne soient allouées aux mêmes objectifs que partagent les institutions onusiennes.

Répondant aux commentaires formulés par les délégations, la Sous-Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) chargée des services concernant les partenariats et la gouvernance a affirmé que les dialogues structurés avaient déjà été engagés pour mettre en place un plan de gestion dans le cadre des activités du PAM qui est, a-t-elle rappelé, financé à 100% par des contributions volontaires.  

L’Administratrice du PNUD a réagi en soulignant que davantage de ressources de base seraient nécessaires aux activités opérationnelles de développement.  Elle a ajouté que les bureaux-pays du PNUD étaient engagés dans ces dialogues structurés dont les résultats sont attendus au Siège de l’Organisation.  De même, la représentante de la Norvège a relevé que ces dialogues structurés devraient permettre aux institutions onusiennes de mener des analyses pour savoir ce que les États Membres donnent en termes de ressources, mais également ce que les autres bailleurs de fonds apportent comme contributions.

Le représentant du Bangladesh a salué les activités de l’UNICEF dans son pays et a invité l’UNICEF à faire davantage pour les questions de malnutrition et de retard de croissance.  Une interpellation qui a fait dire à la Directrice exécutive adjointe de l’UNICEF que la question de la malnutrition était l’une des priorités du Fonds et que cette question interpelait d’autres institutions du système des Nations Unies comme le PAM.  Sa collègue du PAM a rappelé que le « Défi Faim zéro » du Secrétaire général ciblait cette question et que le PAM évaluait actuellement le coût des retards de croissance, notamment en Afrique.  

La représentante de la Fédération de Russie a, pour sa part, souhaité savoir quels seraient les changements que les fonds et programmes des Nations Unies allaient apporter dans leurs rapports annuels, et comment les coordonnateurs résidents allaient changer leur approche en matière de gestion.  L’Administratrice du PNUD a répondu en précisant que les rapports annuels des équipes de pays avaient été modifiés pour refléter les résultats des activités opérationnelles de développement qui sont désormais des gains à mettre au crédit de toutes les institutions sur le terrain.  

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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