Les petits États insulaires en développement appellent la communauté internationale à faire preuve d’une volonté politique ferme pour lutter efficacement contre les changements climatiques

2 septembre 2014
DEV/3110

Les petits États insulaires en développement appellent la communauté internationale à faire preuve d’une volonté politique ferme pour lutter efficacement contre les changements climatiques

2/9/2014
Assemblée générale
DEV/3110
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Troisième Conférence internationale

Petits États insulaires en développement

3e & 4e séances plénières

matin & après-midi

LES PETITS ÉTATS INSULAIRES EN DÉVELOPPEMENT APPELLENT LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À FAIRE PREUVE

D’UNE VOLONTÉ POLITIQUE FERME POUR LUTTER EFFICACEMENT CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Ils insistent sur la nécessité de développer des partenariats pour les aider à avancer sur la voie du développement durable

APIA, SAMOA, 2 septembre -- Après l’ouverture, hier, des travaux de la troisième Conférence internationale des Nations Unies sur les petits États insulaires en développement (PEID), les dirigeants mondiaux ont lancé aujourd’hui des appels vigoureux à la communauté internationale pour qu’elle lutte avec davantage de volonté politique et sans hypocrisie contre les changements climatiques, qui posent des problèmes qui compromettent la viabilité et la survie même de ces pays.  La Conférence de Samoa permet, à cet égard, de préparer le terrain au Sommet sur le climat, qui se tiendra le 23 septembre, au Siège des Nations Unies à New York.

La Conférence, qui se tient pendant quatre jours à Samoa, a aussi entendu les dirigeants des petits États insulaires en développement réclamer davantage d’aide de la part de tous les acteurs gouvernementaux ou non gouvernementaux, grâce à la mise en place de partenariats à tous les niveaux.

Les PEID, qui représentent plus de 29% des États Membres de l’ONU, sont touchés de manière toute particulière par les incidences négatives des changements climatiques, notamment à cause de l’érosion des côtes, de l’élévation du niveau des mers, de l’acidification des eaux des océans et, entre autres, de la dégradation des stocks de ressources halieutiques. 

« Soixante pour cent de la population du monde vit dans des zones côtières », a rappelé le Vice-Premier Ministre de Samoa en résumant le dialogue multipartite tenu aujourd’hui en matinée, en marge des travaux du débat général de la plénière, sur le thème des changements climatiques.  Cette discussion a reconnu l’existence de nombreux partenariats dans des domaines comme ceux de la veille météorologique et de la préparation aux évacuations.

« Dans les îles, le développement économique peut devenir non durable quand les changements climatiques compromettent des années d’efforts, laissant de nombreux États lourdement endettés », a fait remarquer le Premier Ministre de la Grenade en donnant l’exemple de son pays, où l’ouragan Ivan a causé des dégâts évalués à 200% du produit intérieur brut (PIB) national.  C’est pourquoi il a souhaité voir renforcer la Facilité d’assurances pour les risques de catastrophes dans les Caraïbes, mise en place par la Banque mondiale, institution qui a également créé le programme pilote pour la résilience face aux changements climatiques.

Le développement durable des PEID est intrinsèquement lié à la résilience de ces pays aux catastrophes naturelles et à leur capacité d’adaptation aux changements climatiques.  C’est pourquoi, à l’instar du Premier Ministre de la Jamaïque, beaucoup d’intervenants se sont félicités que le Groupe de travail à composition non limitée sur les objectifs de développement durable ait recommandé l’intégration d’un objectif consacré aux changements climatiques dans le futur programme de développement pour l’après‑2015.

La Ministre des affaires étrangères du Guyana a demandé, à cet égard, d’adopter des approches nouvelles pour que les PEID aient une chance de participer activement à l’élaboration de ce programme de développement pour l’après-2015, qui prendra la relève de celui dont le but était pour chaque pays d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à cette date.

Alors que pointe à l’horizon la tenue de la vingt-et-unième Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21), qui aura lieu à Paris en 2015, les délégations ont souhaité que ce soit l’occasion de prendre des engagements fermes et juridiquement contraignants sur la question de l’émission dans l’atmosphère de gaz à effet de serre, afin d’assurer la survie des PEID. 

« Nous sommes fatigués parce que, à ce jour, la réponse à nos inquiétudes n’est exprimée qu’à travers des promesses floues, des larmes de crocodile et une indifférence étudiée », a dit le Ministre des affaires étrangères de Saint-Vincent-et-les-Grenadines pour exprimer sa lassitude face au « mépris insensé, voire criminel » dont feraient preuve les principaux émetteurs de gaz à effet de serre.  Leur refus de diminuer leurs niveaux d’émissions est « un acte d’agression et une guerre climatique menés contre les PEID », a affirmé le Ministre. 

Les conclusions du dernier rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) soulignent en effet que les émissions mondiales de gaz polluants responsables du réchauffement climatique continuent d’augmenter à un rythme accéléré, ce qui exige une action urgente pour limiter l’élévation de la température moyenne de la planète à deux degrés Celsius d’ici à 2050.

En début de séance, le Vice-Premier Ministre de Samoa a présenté un résumé du dialogue multi-acteurs sur le partenariat, qui s’est tenu hier après-midi.  Ce dialogue a offert aux délégations l’occasion de demander la mise en place de nouveaux partenariats en faveur des PEID, pour compléter ceux qui existent déjà dans des domaines comme le tourisme durable, l’autonomisation des femmes, l’exploitation durable des perles, la formation professionnelle des jeunes, l’énergie renouvelable et l’agriculture biologique, a indiqué le Vice-Premier Ministre samoan.

La troisième Conférence internationale des PEID poursuivra son débat général demain, mercredi 3 septembre, à partir de 10 heures.

TROISIÈME CONFÉRENCE INTERNATIONALE DES NATIONS UNIES SUR LES PETITS ÉTATS INSULAIRES EN DÉVELOPPEMENT

Déclarations

Le Président de la séance de la matinée, M. FONOTOE NUAFESILI PIERRE LAUOFO, Vice-Premier Ministre de Samoa, a présenté un résumé du dialogue multi acteurs sur le partenariat, qui s’est tenu hier après-midi.  Il a rappelé que les petits États insulaires en développement (PEID) font face à des difficultés qui entravent leur développement économique durable, comme par exemple le manque de diversification des marchés dont ils souffrent et leur forte dépendance par rapport au commerce international.  La libéralisation rapide du commerce mondial a exposé les PEID à des chocs économiques sévères qui ont entrainé la fermeture de commerces nationaux et augmenté le taux de chômage, a indiqué le Vice-Premier Ministre de Samoa.  M. Lauofo a ainsi expliqué la nécessité, pour les petits États insulaires, d’augmenter le nombre de partenariats dont ils peuvent bénéficier afin de pouvoir résoudre ces problèmes.  De nombreux partenariats, existants ou en projet, ont été présentés hier, dans des domaines comme le tourisme durable, l’autonomisation des femmes, l’exploitation durable des perles, la formation professionnelle des jeunes, la continuité de l’activité économique en cas de catastrophe naturelle, l’énergie renouvelable et l’agriculture biologique, a indiqué le Vice-Premier Ministre.

M. KEITH MITCHELL, Premier Ministre de la Grenade, a confié qu’en venant à Samoa, il a été frappé par les longues distances existant entre les différentes îles du Pacifique.  Dans les Caraïbes, on peut voir une île en étant sur une autre.  Mais ici dans le Pacifique, il a fallu aux gens un courage, un sens de l’innovation et un esprit d’équipe extraordinaires pour s’installer dans ces mers inconnues.  Aujourd’hui, a estimé le Premier Ministre, nous sommes dans des mers inconnues s’agissant des changements climatiques et du développement économique durable.  Mais nous savons que l’esprit d’équipe est essentiel.  C’est la raison pour laquelle, il y a 20 ans, l’Alliance des petits États insulaires s’est créée pour « pagayer » ensemble, comme les Polynésiens l’ont autrefois fait, et conquérir l’inconnu.

L’impact des changements climatiques est tel que le développement économique durable a pris un nouveau sens et une nouvelle urgence, a dit M. Mitchell.  En effet, dans les îles, le développement économique peut même devenir non durable quand les changements climatiques compromettent des années d’efforts, laissant de nombreux États lourdement endettés, dont celui de la Grenade, où l’ouragan Ivan a causé des dégâts évalués à 200% du produit intérieur brut (PIB) national.  Il faut, a estimé le Premier Ministre, renforcer la facilité d’assurances pour les risques de catastrophes dans les Caraïbes mise en place par la Banque mondiale, institution qu’il faut aussi saluer pour avoir créé le programme pilote pour la résilience face aux changements climatiques. 

Compte tenu de l’impact des changements climatiques, dont la cause ne peut être imputée aux petits États insulaires, la nécessité de fonds concessionnels est plus qu’évidente, a souligné M. Mitchell.  Nous ne pouvons pas continuer à venir à ces réunions le chapeau dans la main et parler une énième fois de la question de la gradation d’États figurant sur la liste des pays les moins avancés (PMA).  Le Premier Ministre a appelé à une approche programmatique dans le Forum des petits États de la Banque mondiale, dont l’établissement d’un plan quinquennal pour assurer que des progrès soient faits année après année, en particulier sur la question des financements concessionnels. 

Nous ne pouvons avancer, a poursuivi le Premier Ministre, si nous continuons à consacrer des pourcentages à deux chiffres de nos factures à l’importation de produits énergétiques fossiles.  Les petits États insulaires sont le meilleur endroit pour lancer des initiatives d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique, a dit M. Mitchell.  Ces pays offrent à la communauté internationale une proposition rentable, a-t-il estimé.  Le Premier Ministre s’est félicité de ce que les États-Unis ont choisi son pays pour lancer un site pilote régional pour les nouvelles énergies. 

Le Premier Ministre de la Grenade a conclu son intervention en parlant de la question de l’innovation.  Il a à cet égard rappelé que le principe actif de l’AZT, le médicament contre le VIH/sida a été trouvé dans la barrière de corail des Caraïbes.  Le capital naturel et la quantité des connaissances traditionnelles des îles sont immenses.  Mais pour les exploiter, il faut appuyer l’innovation et plus fondamentalement, nous devons avoir un plus grand accès à une éducation de qualité.  Faisons donc de l’éducation et des technologies de l’information et de la communication les aspects principaux de notre développement durable, a déclaré le Premier Ministre de la Grenade.

M. FONOTOE NUAFESILI PIERRE LAUOFO, Vice-Premier Ministre de Samoa, a relevé l’urgence qu’il y a à mettre en œuvre les recommandations de « Samoa, la Voie à suivre » parallèlement au programme de développement pour l’après-2015.  Il a expliqué que 2014 était une année importante pour Samoa, car c’est la première Année internationale des petits États insulaires en développement (PEID) et c’est aussi l’année où le pays est sorti de la catégorie des pays les moins avancés (PMA).  Il a estimé à cet égard que l’utilisation du critère du produit national brut (PNB) par habitant, retenu pour placer les pays dans la catégorie des PMA, n’était pas justifiée.  Il a expliqué que Samoa s’était bien préparé à la transition, car en réalité les avantages accordés aux États inscrits dans la catégorie des PMA n’ont jamais été les facteurs principaux du progrès économique du pays.  Samoa n’a pas exploité pleinement l’accès préférentiel aux marchés qu’offre ce mécanisme, mais a plutôt bénéficié d’accès préférentiels grâce à des accords spéciaux signés avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande.  Le statut de Samoa reflète vraiment les partenariats qu’il a conclus, basés sur plusieurs principes comme l’appropriation et la responsabilité mutuelle.

La Stratégie de développement de Samoa au cours de la période 2012-2016 met en équilibre les trois piliers du développement durable, a-t-il poursuivi.  Nous avons reconnu l’engagement significatif de toutes les parties prenantes dans le processus de développement.  C’est pourquoi le Gouvernement de Samoa a fourni un appui important à des forums de partenariats avec la jeunesse, les grands groupes et le secteur privé, ainsi qu’aux domaines prioritaires du développement durable comme l’énergie renouvelable.  Les jeunes des PEID se sont engagés à faire tout leur possible pour agir aux côtés des gouvernements, du secteur privé, des institutions internationales et des ONG pour mettre en œuvre les recommandations de la conférence préparatoire du forum T.A.L.A.V.O.U. et celles de « Samoa, la Voie à suivre ».

En ce qui concerne les grands groupes, le Vice-Premier Ministre de Samoa a indiqué qu’ils s’étaient concentrés sur les questions pressantes des changements climatiques et de la réduction des risques de catastrophes, ainsi que sur celles ayant trait aux droits des autochtones, à l’égalité des genres, à l’énergie durable et au développement économique.  Un appel a notamment été lancé pour créer un réseau mondial d’affaires  des PEID.  Le dialogue a aussi conduit à plaider en faveur de l’énergie renouvelable, a ajouté le Vice-Premier Ministre samoan.  Soulignant que « les partenariats sont une question d’engagement », il a assuré que Samoa avait mené des réformes pour rendre crédible le système mis en place.  Samoa promeut en outre la coopération Sud-Sud avec beaucoup de ses voisins du Pacifique, a-t-il conclu.

M. ERLAN IDRISSOV, Ministre des affaires étrangères du Kazakhstan, s’est félicité de la participation des PEID au Forum économique d’Astana, qui se tient tous les ans, au mois de mai.  Les PEID, a-t-il dit, peuvent joindre le G-Global du Kazakhstan, qui est un forum virtuel permettant à chacun de ses membres de partager les stratégies et les approches qu’il a expérimentées avec d’autres États membres.  Le Forum d’Astana pourrait aussi à l’avenir examiner la mise en œuvre des recommandations de Samoa car, en effet, le Kazakhstan peut devenir le catalyseur des partenariats public-privé pour promouvoir des investissements substantiels dans les PEID, a indiqué M. Idrissov.  Le Ministre a aussi invité les PEID à participer au Programme de partenariat « Pont vert », initié par la Commission régionale de l’ONU pour l’Asie et le Pacifique, qui réunit gouvernements, organisations internationales et secteur privé, pour trouver des solutions transnationales à la croissance durable, en explorant et en mettant en œuvre les meilleures technologies vertes et les dernières pratiques vertes.

S’il est élu membre non permanent du Conseil de sécurité pour 2017-2018, le Kazakhstan promet qu’il s’efforcera de promouvoir activement l’économie verte et le développement durable.  Après avoir rappelé que son pays a rejoint Samoa dans un projet de formation, d’installation et de maintenance des systèmes de biogaz, le Ministre a invité tous les PEID à participer à EXPO 2017, une manifestation prévue à Astana et qui se tiendra sur le thème « L’énergie de l’avenir ».

M. ANIFAH AMAN, Ministre des affaires étrangères de la Malaisie, a invité la communauté internationale à renouveler son engagement en faveur du développement des petits États insulaires en développement (PEID).  Soulignant la vulnérabilité particulière de ces pays par rapport aux changements climatiques, il a appelé la communauté internationale à s’engager davantage politiquement pour la mise en œuvre des processus prévus par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), afin de répondre aux besoins d’adaptation des PEID aux nouvelles donnes du climat mondial.  Cela exige notamment de prévoir des ressources supplémentaires et prévisibles, a dit M. Aman, faisant remarquer que les conséquences des changements climatiques affecteront les générations et le monde à venir.  La Malaisie est déterminée à aider les PEID à aller sur la voie du développement durable, a-t-il assuré en invitant ces pays à axer leur développement durable sur leurs ressources humaines et sur le renforcement de leurs capacités.  Il a ainsi parlé du programme d’assistance technique offert par la Malaisie aux PEID, ainsi que de la contribution de 1 million de dollars qu’elle consacrera à ce programme en 2015.  Enfin, le Ministre a saisi cette occasion pour annoncer la candidature de la Malaisie à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2015-2016.

M. ARNOLD NICHOLSON, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur de la Jamaïque, a souligné qu’à ce jour, les PEID représentent plus de 29% des membres de l’ONU, ce qui n’est pas insignifiant, et ce qui exige de la communauté internationale qu’elle aide ces pays à embrasser le développement durable d’une manière qui reconnaisse la contribution essentielle qu’ils peuvent faire et ont déjà faite à l’économie mondiale.  Dans ce contexte, le Vice-Premier Ministre de la Jamaïque a insisté sur la responsabilité de la communauté internationale tant du point de vue moral, que de celui du « droit naturel », de faire en sorte qu’un accord international vigoureux et contraignant soit signé à Paris, l’année prochaine, à l’issue de la Conférence sur les changements climatiques.  Cet accord devra respecter strictement le principe de la responsabilité commune mais différenciée.  Les priorités des PEID, a poursuivi le Vice-Premier Ministre jamaïcain, doivent être dûment consignées dans le programme du développement pour l’après-2015.  Le temps de l’action a sonné, a-t-il conclu.

M. MASAGOS ZULKIFLI, Ministre d’État chargé des affaires étrangères et de l’intérieur de la République de Singapour, a fait remarquer l’importance qu’ont eue les partenariats pour le développement dans les progrès accomplis par Singapour depuis les années 1960, mentionnant notamment l’assistance technique dont il a bénéficié de la part d’organisations internationales de tous les secteurs.  Ces partenariats ont permis à Singapour d’avancer sur le plan économique, a-t-il dit, avant de parler de ce que fait en retour son pays par le biais de son programme de coopération.  Il a apprécié que le groupe de travail à composition non limitée sur les objectifs de développement durable ait travaillé sur les objectifs qui sont particulièrement importants pour les PEID, comme la réduction de la pauvreté; les changements climatiques; l’utilisation durable des océans, des mers et des ressources halieutiques; la protection et l’utilisation durable des écosystèmes; et le renforcement des partenariats.

Le Ministre a appelé les Nations Unies à faire en sorte que les intérêts des petits États insulaires en développement soient pris en compte dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a aussi salué des projets tels que « SIDS DOCK », qui vise à mobiliser 10 milliards de dollars pour la promotion de l’énergie renouvelable d’ici à 2033, et qui est un exemple de la capacité des PEID à travailler ensembles de manière coordonnée.  Le Ministre singapourien a enfin annoncé que Singapour lançait un programme triennal d’assistance technique et de bourses en faveur des PEID, notamment dans le domaine de l’aviation et des affaires maritimes.  « Malgré nos vulnérabilités, les petits États insulaires peuvent devenir des modèles de l’aide que peut apporter la mondialisation », a-t-il remarqué.

M. CAMILLO GONSALVES, Ministre des affaires étrangères de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, a estimé que l’indifférence initiale, le paternalisme et la franche antipathie dont les PEID ont souffert continuent de briller en-dessous du mince vernis des formalités diplomatiques.  La vision erronée selon laquelle les PEID devraient être des observateurs et non des participants aux relations internationales est évidente aujourd’hui, quand on voit la sous-représentation de ces pays ou leur exclusion pure et simple du saint des saints des processus de prise de décisions sur la sécurité internationale, la coopération économique, la finance ou le développement durable.  Faut-il comprendre que les puissants préfèrent que nous nous contentions d’un statut d’État Membre de l’ONU doté d’une égalité souveraine relevant d’une fiction juridique, tout en restant observateurs de l’histoire géopolitique dans laquelle ils n’agissent pas dont ils ne contribuent pas à l’écriture? 

Aujourd’hui, nous refusons ces préjugés et ces préjudices, a prévenu le Ministre.  Nous refusons les engagements épisodiques, pris tous les 10 ans.  Nous voulons une restructuration durable et sincère des approches démodées à taille unique qui servent à nous enlever notre noblesse et qui retardent la réalisation de nos aspirations en matière de développement.  Aujourd’hui, a poursuivi le Ministre, avec le calcul du revenu par habitant, on veut nous faire croire que des pays comme le mien sont aussi riches que la Chine et l’Inde.  Cette incongruité évidente devrait disqualifier ces calculs qui prétendent évaluer la richesse et la résilience des PEID.  De même, la réalité du fardeau de la dette exige des mesures correctives d’urgence. 

Le refus de myope dont font preuve les institutions financières internationales et leurs argentiers ne peut que mener à des conséquences désastreuses.  La restructuration de la dette, et non les ajustements structurels, est une exigence urgente pour les économies des PEID, dans le contexte de la crise financière internationale, a dit M. Gonsalves.  Le temps de la restructuration a sonné, a tranché le Ministre. 

Abordant la question des changements climatiques, le Ministre s’est dit « franchement fatigué » de répéter aux principaux émetteurs de gaz à effet de serre que ce phénomène est un problème urgent à résoudre, une question existentielle posée aux populations des PEID, le « défi des défis » de notre temps et de l’époque que vit le monde.  Nous sommes fatigués parce que la réponse à nos inquiétudes n’est exprimée qu’à travers des promesses floues, des larmes de crocodile et une indifférence étudiée.  Jusqu’ici, la réponse des principaux émetteurs de gaz à effet de serre, a tranché le Ministre, s’apparente à un mépris insensé, voire criminel.  Leur refus de diminuer leurs niveaux d’émissions est « un acte d’agression et une guerre climatique menés contre les PEID ». 

Ces derniers appellent à la prise d’engagements véritables et substantiels pour le financement des efforts d’atténuation et d’adaptation aux effets du réchauffement de la planète.  Nous demandons, pour l’année prochaine, a prévenu le Ministre, des engagements fermes et juridiquement contraignants qui assureraient notre survie.  Nous n’avons ni le temps ni la patience de nous faire insulter et menacer par des excuses, des prétextes inventés, ou l’inaction. 

« Si », a-t-il poursuivi, « la Conférence de Samoa a pour thème « les partenariats », il faut garder à l’esprit que ce concept ne doit et ne peut remplacer les concepts de l’« engagement » et des « obligations ».  Le monde développé, qui n’a jamais hésité à répéter ses engagements en faveur de l’aide au développement ne peut se déroger à ses obligations en se livrant à des incantations talismaniques du mot « partenariat », a prévenu le Ministre.

M. ALIKI FAIPULE KURESA NASAU (Tokélaou), qui s’exprimait aussi au nom de la Nouvelle-Zélande, a présenté l’Île de Tokélaou, qui s’étend sur 12 km2 et dont le point le plus élevé culmine à 3 ou 5 mètres au-dessus du niveau de la mer.  Tokélaou est une des nations les plus isolées sur le plan géographique; située à 500 kilomètres de Samoa, elle compte 1 400 habitants.  Il a indiqué que les changements climatiques avaient déjà des conséquences négatives sur Tokélaou, à cause notamment de l’acidification des océans et de l’érosion des côtes.  Les PEID et toute la famille mondiale doivent prendre à bras le corps les changements climatiques, a-t-il recommandé.  Il a fait remarquer que, malgré sa petite taille, Tokélaou montrait l’exemple dans le Pacifique, en tournant le dos à l’électricité fournie grâce à l’usage du diesel pour n’utiliser que de l’énergie solaire renouvelable.  Grâce à un partenariat avec la Nouvelle-Zélande, l’énergie solaire représente déjà 90% de l’énergie utilisée à Tokélaou, a précisé M. Kuresa Nasau.  « Si Tokélaou a atteint ces bons résultats en matière d’énergie renouvelable, imaginez ce que peuvent faire les PEID quand ils agissent tous ensemble », a-t-il lancé.

M. WINSTON DOOKERAN, Ministre des affaires étrangères de Trinité-et-Tobago, a jugé important de mettre en place un « pacte mondial » pour appuyer le développement durable des PEID.  Il faut trouver des solutions novatrices et de nouvelles approches fondées sur « Samoa, La Voie à suivre ».  Une des meilleures manières dont un tel pacte pourrait commencer à démontrer son utilité serait de l’appliquer dans le traitement de la question des changements climatiques.  Ce pacte devrait tirer parti des initiatives existantes et du travail déjà fait par le système des Nations Unies.  Et comme le Pacte mondial de l’ONU, il devrait s’appuyer sur les qualités de l’ONU, comme son autorité morale reconnue et son pouvoir, et il devrait tirer avantage de la capacité du secteur privé à trouver des solutions et de l’expertise dont jouit un large éventail d’autres parties prenantes importantes.  Les partenariats que nous développons au cours de cette Conférence et au-delà doivent trouver leur place non seulement dans le programme du développement pour l’après-2015 mais aussi dans le pacte mondial, qui devrait être lancé ici, en appui à la mise en œuvre de « Samoa, La Voie à suivre », a conclu le Ministre.

M. ARVIN BOOLELL, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration régionale et du commerce international de Maurice, a attribué les progrès accomplis par son pays en termes de développement durable au fait que le peuple mauricien avait été placé au centre de la stratégie de développement de son pays.  Soulignant l’importance de la coopération régionale, M. Boolell a indiqué que Maurice accueille sur son territoire la Commission de l’Océan indien.  Abordant ensuite la question de la vulnérabilité des PEID, il a expliqué que ces pays ne pouvaient pas progresser, alors que leur survie est aujourd’hui incertaine, et que leurs ressources limitées sont utilisées dans le cadre de l’adaptation aux changements climatiques.  Le Ministre a lancé un appel pour qu’un accord soit trouvé à Paris en 2015 sur cette question.  Les pays doivent revoir à la hausse les mesures d’adaptation, a-t-il notamment demandé, exigeant aussi que l’augmentation de la température du globe terrestre soit limitée à 1,5 degré Celsius par rapport au niveau que connaissait la planète au cours de l’ère préindustrielle.  Il a aussi invité à reconnaitre les difficultés d’accès des PEID à des modes de financement efficaces pour investir dans des programmes d’adaptation aux effets des changements climatiques.

Nous avons pourtant adopté des objectifs ambitieux en matière d’énergie renouvelable, a fait remarquer M. Boolell, indiquant que les PEID contribuent à moins de 20% des émissions de gaz à effet de serre.  Le Ministre a appelé à tirer profit des sources d’énergie renouvelable, notamment celles provenant de l’océan.  « Les océans sont la nouvelle frontière du développement », a-t-il dit en les présentant comme « la meilleure possibilité de diversifier l’économie des États insulaires ».  La communauté internationale devrait adopter « une vision globale des océans », notamment dans le contexte du programme de développement pour l’après-2015, a-t-il recommandé.  Alors que les océans ont un potentiel important pour subvenir aux besoins de l’humanité en alimentation et en énergie, M. Boolell a averti qu’ils étaient cependant menacés, notamment par la pollution, la surpêche et le déversement de déchets dangereux dans les milieux marins.  « L’heure est venue de mettre au point une stratégie mondiale sur les océans, ceci sur la base des termes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer », a-t-il dit.  Enfin, il a indiqué que son pays appuyait l’appel lancé pour qu’un siège de membre permanent du Conseil de sécurité soit attribué à un PEID. 

M. LISEL ALAMILLA, Ministre des forêts, de la pêche et du développement durable de Belize, a rappelé que les PEID ont identifié le secteur de l’énergie comme étant le secteur le plus porteur pour la croissance.  Les PEID ont en effet à cet égard à leur disposition un potentiel énorme pour développer les énergies renouvelables.  Mais, d’un autre côté, ils n’ont pas les millions de dollars nécessaires pour faire les investissements nécessaires au déblocage de ce potentiel, a regretté M. Alamilla.  En 2009, a rappelé le Ministre, les PEID ont créé un mécanisme par lequel ils peuvent rassembler leurs efforts pour accéder aux fonds internationaux et financer des projets énergétiques.  Le « SIDS DOCK » est ainsi né et hier, il a adopté le statut qui en fait une entité internationale, a annoncé le Ministre de Belize.  Plusieurs parties prenantes ont pris l’engagement d’appuyer les projets.  Les partenariats, qui sont la condition sine qua non du développement des PEID, ne doivent pas se limiter aux relations traditionnelles donateur-récipiendaire, a préconisé M. Alamilla.  Ils doivent, a voulu le Ministre, s’élargir à la société civile, aux universités et au secteur privé.  Ils doivent d’autre part s’aligner sur les priorités des PEID. 

Invoquant l’expérience de son pays, le Ministre a estimé que le développement durable doit faire du renforcement des ressources humaines une priorité, ceci, par la promotion de l’accès à l’éducation.  Il faut aussi adopter une approche intégrée et cohérente du développement fondée sur des relations multisectorielles fonctionnelles entre le secteur public, le secteur privé et la société civile.  Enfin, il faut disposer de financements ciblés pour combler les déficits existants dans l’agenda du développement durable.

Mme ELBA ROSA PÉREZ MONTOYA, Ministre de la science, de la technologie, et de l’environnement de Cuba, a estimé que les signaux de la dégradation de l’environnement et les conséquences de la crise financière mondiale invitent le monde à changer les modes de production et de consommation actuels.  En ce qui concerne les changements climatiques, elle a espéré la conclusion d’un accord à Paris en 2015.  Cet accord devra être inscrit dans le cadre de la Convention -cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, en respectant notamment le principe de responsabilité commune mais différenciée, a-t-elle préconisé.  Elle a aussi invité les pays développés à assumer leurs responsabilités en termes de réduction des quantités de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Cuba est vulnérable face aux évènements météorologiques extrêmes que l’on observe ces dernières années, a indiqué Mme Pérez Montoya, soulignant également un certain nombre de conséquences des changements climatiques sur son pays, comme l’élévation du niveau des mers.  Le Gouvernement de Cuba, a-t-elle indiqué, a encouragé le renforcement des capacités scientifiques du pays et le lancement d’enquêtes pour mieux connaitre les conséquences des changements climatiques.  Des stratégies sectorielles sont lancées, ainsi que des campagnes de sensibilisation, a-t-elle indiqué.  Elle a aussi parlé des politiques adoptées pour utiliser au mieux les énergies renouvelables disponibles à Cuba, afin de réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles.  La Ministre cubaine a ensuite parlé de la coopération de son pays avec d’autres PEID, signalant notamment la création d’un corridor écologique dans les Caraïbes grâce à l’appui du Gouvernement norvégien.  Enfin, elle a condamné la « guerre économique » menée par les États-Unis contre Cuba et a appelé la communauté internationale à adopter un système économique mondial qui permette de réduire les inégalités entre les pays.

Mme ANNICK GIRARDIN, Ministre du développement et de la Francophonie de la France, a estimé que cette Conférence doit permettre de progresser dans la constitution de deux partenariats globaux incontournables, l’un autour du climat, devrait voir le jour à Paris, en décembre 2015, et l’autre, pour un agenda post-2015 ambitieux, intégrant pleinement les trois dimensions de cette vision sociale, économique et environnementale.

Les partenariats qui résulteront de cette Conférence de Samoa doivent être opérationnels, afin de se traduire concrètement sur le terrain.  Il est temps de tisser des liens plus étroits entre les grands cadres élaborés lors des réunions internationales et l’action de tous sur le terrain, a dit Mme Girardin.  Pour agir, il est un préalable indispensable: il faut pouvoir évaluer les progrès dans le cadre du programme de la Barbade et de la Stratégie de Maurice.  Mais il faut surtout renforcer la coordination et la cohérence des actions. 

Face à la menace du dérèglement climatique, la Ministre a rappelé qu’il reste moins de 500 jours pour poser les bases d’un nouvel accord juridique qui devrait être conclu à Paris, où la France veut voir se tenir « une conférence sur les solutions ».  Des solutions qui mobilisent le secteur privé en responsabilisant les entreprises face aux défis du développement durable, qui encouragent les coopérations entre les collectivités territoriales qui, souvent, s’affranchissent des catégories pour se retrouver sur des problématiques communes.  C’est la condition de notre crédibilité, c’est la condition pour que les paroles se transforment en actes, a insisté la Ministre. 

Construire un agenda universel du développement nous offre une opportunité majeure: celle d’une mobilisation générale qui entraine les financements, encourage les innovations et offre des perspectives à la jeunesse, a indiqué Mme Girardin.  La Ministre a d’ailleurs rappelé que la France défend l’idée d’une couverture universelle dans le programme de développement pour l’après-2015.

Ne répétons pas les erreurs du passé, a-t-elle plaidé.  À Paris, la Ministre a dit attendre un accord qui ne se limite pas à des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre chez les grands émetteurs, mais qui apporte des réponses concrètes à l’adaptation, qui déploie aussi de nouveaux moyens de mise en œuvre.  C’est pour cela que la France souhaite notamment que le Fonds vert pour le climat soit opérationnel le plus rapidement possible.  Paris doit permettre d’apporter des solutions concrètes à des problèmes concrets, a conclu la Ministre.

M. TZACHI HANEGBI, Ministre adjoint des affaires étrangères d’Israël, a rappelé que l’Agence israélienne de coopération au développement avait été fondée pour aider les autres pays en développement, par le biais du renforcement des capacités techniques et humaines.  Sur le plan multilatéral, M. Hanegbi a mentionné les deux résolutions adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’initiative prise par Israël pour promouvoir la technologie agricole en faveur du développement et l’entreprenariat pour le développement.  Nous travaillons au renforcement des capacités des PEID, a-t-il précisé, en suivant une approche pragmatique.  Il a également assuré que les partenaires définissent eux-mêmes leurs priorités.  Au cours des cinq prochaines années, des bourses vont être accordées par Israël à 25 étudiants des PEID pour leur permettre d’étudier la santé publique dans une université de renom en Israël, a annoncé M. Hanegbi.  Il a aussi expliqué ce que faisait son pays pour lutter contre le diabète dans les PEID.  Le Ministre a ensuite parlé du manque de données dans ces pays, un problème auquel Israël contribue à remédier. 

Mme NATALIA PEDRO DA COSTA UMBRELINA NETO, Ministre des affaires étrangères, de la coopération, et des communautés de Sao-Tomé-Et-Principe, a souligné que, confronté aux fléaux communs à tous les PEID, son pays doit aussi faire face au phénomène croissant de la piraterie dans le Golfe de Guinée, qui est devenu l’épicentre de ce type de banditisme.  Sao-Tomé-Et-Principe est désormais l’une des zones maritimes les plus dangereuses de la planète.  Cette piraterie étant un phénomène aux répercussions mondiales, la lutte à mener contre les pirates doit être une réponse collective, a dit Mme Umbrelina Neto.  Parlant des océans et des mers, la Ministre en a profité pour appeler à l’adoption d’une nouvelle approche pour protéger leurs écosystèmes marins et accélérer le transfert des technologies et des connaissances en vue de faciliter la recherche scientifique et assurer la viabilité de ces environnements.  Sao-Tomé-Et-Principe, qui est profondément lié aux activités et aux produits de la mer et jouit d’une position géostratégique extraordinaire, est le parfait candidat, a plaidé la Ministre, pour accueillir un centre de recherches océanographiques régional afin d’optimiser l’utilisation et l’exploitation des ressources marines.

M. LUÍS ALVARO CAMPOS FERREIRA (Portugal) a indiqué que son pays accorde une importance particulière aux questions des océans et des énergies durables.  Il a signalé que 4 des 6 partenaires du Portugal en matière de coopération au développement sont des PEID.  Il a assuré que le Portugal continuerait à appuyer ces pays à travers des programmes bilatéraux et multilatéraux.  Le Portugal partage des points communs avec les PEID, a-t-il fait remarquer, du fait de sa relation intime avec les mers et les océans.  Il a expliqué que son pays souffre des incidences négatives des changements climatiques dans ses zones côtières.

Le Portugal, a poursuivi M. Campos Ferreira, a été un leader dans les affaires des océans, du fait de son rôle dans le processus consultatif informel des Nations Unies sur le droit de la mer.  Il s’est félicité de l’inclusion d’un objectif distinct sur les océans dans le programme de développement pour l’après-2015, faisant valoir que des océans productifs et résilients sont essentiels à l’élimination de la pauvreté.  Expliquant que le Portugal avait adopté cette année une stratégie nationale de la mer, il a indiqué que son modèle de développement était axé sur la « croissance bleue ».  Le Portugal s’est aussi lancé dans des projets de coopération au développement avec des PEID lusophones, a dit le représentant.  Enfin, il a annoncé que son pays organiserait en juin 2015 un évènement international sur les océans et la mer, appelé la « Semaine bleue ». 

M. TAKAO MAKINO (Japon) a rappelé que l’année dernière, son pays a versé aux PEID environ 300 millions de dollars pour y soutenir les efforts liés à la lutte contre les changements climatiques.  En juillet dernier, Tokyo a accueilli un dialogue fructueux entre les négociateurs de 21 États insulaires, qui portait sur les changements climatiques, a indiqué M. Makino.  Le Japon est déterminé à continuer de promouvoir de telles initiatives.  S’agissant des catastrophes naturelles, le Japon a fourni des équipements aux PEID pour le contrôle de la météo et l’évaluation des marées.  Il a aussi organisé des exercices d’évaluation au sein des communautés.  Dans les prochaines années, le pays entend apporter une aide aux efforts d’atténuation des effets des changements climatiques et des risques de catastrophes, comme le recours à la radio, le déploiement d’experts régionaux et l’introduction de cartes pour prévenir les risques d’inondation. 

En 2015, a encore rappelé le représentant, le Japon accueillera la troisième Conférence des Nations Unies sur la gestion des risques de catastrophe dans la ville de Sendai, qui a été frappée par le « Grand tremblement de terre » suivi d’un tsunami.  S’agissant de la santé, le Japon est prêt à aider les PEID à mettre en place des fonds pour promouvoir la couverture de santé universelle.  Il appuiera aussi la mise en place des systèmes de dépistage des maladies non transmissibles.  Le représentant a conclu son intervention en annonçant la formation de 5 000 agents des PEID chargés de mettre en œuvre ces initiatives, formation qui prendra place au cours des trois prochaines années.  

M. MOHAMMED SHAHRIAR ALAM (Bangladesh) a fait remarquer que les changements climatiques représentent un grand défi tant pour les petits États insulaires en développement (PEID) que pour les États côtiers comme le sien, alors que certains de ces pays ne contribuent que de manière infime à ce phénomène.  Il a appelé tous les pays à s’engager à limiter à 2 degrés Celsius la hausse de la température du globe d’ici à 2050.  Il s’est félicité que le groupe de travail à composition non limitée sur les objectifs de développement durable ait recommandé l’intégration d’un objectif consacré aux changements climatiques.  Nous devons intégrer cette question dans le programme de développement pour l’après-2015, a-t-il demandé à cet égard.  M. Shahriar Alam a également souhaité que les défis auxquels sont confrontés les pays les moins avancés (PMA), qui représentent deux cinquièmes des États Membres des Nations Unies, soient sérieusement pris en compte dans le futur programme.  Il faudra, en outre, mettre l’accent sur les moyens de mise en œuvre, par le biais du financement, des technologies transférées et des programmes de renforcement des capacités.  Le représentant bangladais a enfin recommandé de veiller au développement durable des PEID en matière de commerce, afin de leur permettre de rendre rentables leurs exportations.

M. LAPO PISTELLI (Italie) a déclaré qu’entourée par la mer, l’Italie a une longue expérience dans la protection, la préservation et l’appui au développement de ses très nombreuses îles.  Au cours de cette dernière décennie, l’Italie a eu l’occasion de capitaliser sur cette expérience et de renforcer son appui aux efforts déployés par d’autres îles dont les PEID.  Après avoir donné quelques éléments de cet appui, le représentant a estimé qu’ici à Samoa, il faut accorder une attention particulière aux partenariats novateurs et réussis, en particulier ceux qui permettent aux PEID de conjuguer leurs forces avec ceux des autres îles, avec les « pays à îles » et même plus stratégiquement, les autres partenaires continentaux.  Cette Année internationale des PEID coïncide, a relevé le représentant, avec l’ouverture à Milan de la manifestation EXPO 2015, que l’Italie utilisera pour consolider ses relations particulières avec les îles en général et les PEID en particulier.

Un des défis qui se pose aux PEID est celui de l’alimentation et de la nutrition dans le cadre des efforts d’adaptation aux changements climatiques, et il se trouve que c’est justement un thème central de Milan EXPO 2015, a fait observer M. Pistelli.  À cet égard, l’Italie a commencé à planifier une réunion de haut niveau des PEID pour le prochain Conseil de la FAO, prévu en décembre, ainsi qu’une manifestation de suivi, qui aura lieu à Milan, au cours de l’EXPO.  Pendant sa présidence de l’Union européenne, a promis le représentant, l’Italie compte bien faire en sorte que la Conférence de Samoa devienne la référence en matière de PEID et des changements climatiques.  Le partenariat entre l’Union européenne et les PEID est probablement l’un des plus anciens puisqu’il remonte au moment où, à travers le monde, de nombreuses îles étaient des colonies de pays qui sont aujourd’hui membres de l’Union européenne.  Les îles ont contribué à faire de l’Union européenne ce qu’elle est aujourd’hui, a affirmé M. Pistelli.

M. ABDERRAHIM KADMIRI (Maroc) a jugé impératif de prendre en compte les intérêts des petits États insulaires en développement (PEID) dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a insisté sur l’urgence des mesures à prendre, notamment pour augmenter la résilience de ces pays.  Notant que les économies des PEID dépendent de quelques secteurs, comme le tourisme ou les exportations de produits de base, il a expliqué qu’ils sont dès lors plus vulnérables aux chocs externes.  Il faut mobiliser davantage l’aide publique au développement pour ces pays et améliorer leur accès aux marchés internationaux, a prôné M. Kadmiri.  Il a aussi demandé à la communauté internationale d’établir de nouveaux partenariats au développement qui puissent profiter à ces pays.  Il a ensuite indiqué que son pays, le Maroc, avait toujours été attentif aux défis auxquels sont confrontés les PEID.  À Rabat, en décembre 2012, a eu lieu une conférence sur les États du Pacifique, a-t-il notamment indiqué.  Il a aussi plaidé en faveur de la coopération Sud-Sud que son pays met en œuvre en faveur des PEID.  L’annulation de la dette des PMA et l’accès de leurs produits aux marchés mondiaux sans droits de douane et sans contingentement sont d’autres questions essentielles au développement des PEID, a-t-il ajouté. 

Mme HELEN CLARK, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a souligné que le PNUD a le privilège de travailler dans les PEID.  Le PNUD a pu voir comment des catastrophes naturelles de plus en plus meurtrières et coûteuses peuvent mettre à l’épreuve la résilience remarquable des populations de ces pays insulaires, a dit Mme Clark.  Conscients des efforts déployés par les PEID eux-mêmes, le PNUD sait pourtant que ces pays ne peuvent pas porter seuls ce fardeau sans qu’une aide leur soit apportée.  Cette Conférence doit donc être le véhicule d’une action mondiale qui génèrerait les financements, les technologies et l’appui nécessaires aux PEID.  Pour renforcer la résilience de ces petits États insulaires, il faut comprendre que la réduction des risques de catastrophes et l’adaptation aux changements climatiques sont les deux côtés d’une même pièce, a souligné Mme Clark. 

L’Administratrice du PNUD s’est félicitée de ce que « Samoa, la Voie à suivre » demande un examen complet de l’appui qu’apporte le système des Nations Unies aux PEID.  Pour sa part, a-t-elle souligné, le PNUD continuera de se concentrer sur le renforcement des systèmes, institutions et capacités qui permettent aux PEID de défendre leurs priorités de développement durable chez eux et dans les fora internationaux.  Ces dernières années, l’assistance du PNUD aux PEID a dépassé les 230 millions de dollars par an, a annoncé Mme Clark.  Mais on peut toujours faire plus pour autant qu’on en ait les moyens financiers, a-t-elle dit. 

Le Vice-Premier Ministre de Samoa, M.FONOTOE NUAFESILI PIERRE LAUOFO, a résumé le dialogue sur les changements climatiques qui a eu lieu ce matin en rappelant que 60% de la population du monde vit dans des zones côtières.  Les PEID souffrent de crises de sécheresse, de l’acidification des océans, de l’augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles et de la prévalence accrue des maladies transmissibles, a indiqué l’intervenant.  Tout cela compromet la croissance des PEID, a-t-il noté.  Le dialogue de ce matin a reconnu l’existence de nombreux partenariats dans des domaines comme ceux de la veille météorologique; de la préparation aux évacuations; des plans à établir face aux risques d’inondation; de la promotion de l’usage de l’énergie renouvelable; de la pêche, et du tourisme, entre autres.

M. ANOTE TONG, Président de Kiribati, a souligné que la Conférence de Samoa a lieu alors que 20 ans après celle de la Barbade, les PEID cherchent encore à pleinement s’épanouir et à se développer.  Beaucoup de petits pays insulaires, comme Kiribati, ne pourront pas réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans les délais impartis, sans compter le fait que les efforts menés contre les changements climatiques sont toujours insuffisants, a regretté le Président Tong.  Il faut un changement de paradigme et développer une vision autre du développement, pleine de créativité, plus ciblée et plus concrète, a-t-il préconisé. 

Les PEID sont prêts à assumer leurs responsabilités, mais ils ne pourront parvenir au développement durable sans l’appui de toutes les parties prenantes.  « Samoa, la Voie à suivre » est en ce sens un document important et le succès escompté dépendra de l’engagement politique de la communauté internationale, s’agissant, en particulier, des modalités d’accès aux ressources.  Les PEID n’ayant pas tous le même niveau de développement, on ne saurait privilégier les approches à taille unique, a estimé M. Tong.

Les changements climatiques, a déclaré à son tour, le Président de Kiribati, sont le défi le plus important à relever.  La communauté internationale se doit d’« écouter nos histoires » et savoir qu’il n’y a pas de frontière lorsqu’on parle de ce phénomène qui finira tôt ou tard par menacer tous les pays du monde si l’on n’agit pas tout de suite, a souligné le Président.  Les changements climatiques sont déjà une réalité pour Kiribati, dont l’avenir en tant que pays et peuple souverain est devenu incertain, donnant un sens nouveau aux concepts de sécurité humaine et de droits de l’homme.  Il faut prendre ce problème à bras le corps, a dit le Président, en soulignant l’urgence de la question.  Il a précisé qu’il ne s’agit pas de blâmer les uns et les autres, mais bien de sauver des communautés menacées. 

Après avoir fait part des efforts déployés par son pays contre ce fléau, le Président a rappelé la création de la Coalition des atolls, qui regroupe Kiribati, Tuvalu, les Îles Marshall et les Îles Tokélaou.  Demain, la Coalition a prévu la tenue d’une manifestation conjointe pour présenter l’histoire de ses peuples et exprimer sa détermination à trouver des solutions novatrices aux changements climatiques avec l’aide des partenaires au développement.  Mais il reste encore beaucoup à faire, notamment sur la question de l’accès aux financements et sur la création de partenariats durables et authentiques, a dit M. Tong.

Le Président n’a pas manqué de souligner l’importance, pour les pays comme le sien, de la préservation des océans, comme le souligne la Déclaration « Océans, notre vie, notre avenir » adoptée par le Forum du Pacifique, le mois dernier.  Ici aussi, il faut établir des partenariats plus équitables et plus responsables dans des domaines comme celui des pêcheries, afin de contribuer au développement de l’industrie locale de transformation.  Le Président s’est félicité de ce que le Groupe de travail sur les objectifs de développement durable ait décidé de faire des océans un objectif spécifique.

Mme CAROLYN RODRIGUES-BIRKETT, Ministre des affaires étrangères du Guyana, s’est interrogée sur les résultats atteints depuis « les jours d’optimisme que le monde a connus en 1994 à la Conférence de la Barbade ».  Les réponses que l’on entend sont différentes, et dépendent de ceux qui répondent aux questions, a-t-elle dit.  Elle a noté les appels nombreux lancés en faveur d’un soutien de la communauté internationale à l’égard des PEID.  Elle a cependant regretté que l’OMD 8 qui porte sur les partenariats en faveur du développement, soit le seul qui plaçait une responsabilité sur les épaules des pays développés, et curieusement soit aussi celui dont la réalisation a enregistré le moins de progrès.  Pour l’après-2015, elle a demandé d’adopter des approches nouvelles pour que les PEID aient une chance de participer à l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.

Elle a ensuite attiré l’attention de la Conférence sur les problèmes que rencontrent les PEID qui sont inscrits sur la liste de gradation et qui de ce fait sortent de la liste qui les mettait dans la catégorie des PMA.  Elle a jugé inadapté l’usage du critère de PNB par habitant, qui a jusqu’ici été appliqué pour définir ce qu’est un PMA et a proposé de retenir, en plus de ce critère, l’usage d’un indice de vulnérabilité.  La Ministre a donné l’exemple de son pays qui, n’étant plus un PMA, devra débourser davantage pour acheter les médicaments dont sa population a besoin, alors qu’il fait face à une augmentation des maladies non transmissibles.  Elle a donc demandé de revoir le statut et les critères prévalant à la gradation d’un pays de la liste des PMA.  Par ailleurs, la Ministre a plaidé en faveur de l’effacement de la dette des PEID, qui sont hautement endettés.  En ce qui concerne le financement du développement, elle a espéré que la réunion à venir sur ce thème entrainerait de véritables engagements dans un cadre de partenariats.

Venant au problème des changements climatiques, Mme Rodrigues-Birkett a rappelé que, selon les conclusions du cinquième rapport d’évaluation du GIEC, la menace posée par l’augmentation de 3,8 degrés Celsius de la température mondiale est réelle.  Elle a regretté que les pays en développement n’aient pas réussi à s’engager dans un dialogue qui leur aurait permis de défendre leur position, qui est de faire comprendre aux États industrialisés qu’ils doivent faire ce qui est nécessaire pour limiter l’augmentation moyenne de la température mondiale à 2 degrés, comme cela avait été décidé à Copenhague.  Elle a plaidé en faveur de l’apport d’un soutien financier et technologique aux PEID pour qu’ils s’adaptent à ces changements.  Les terres agricoles du Guyana sont en majorité situées en dessous du niveau de la mer, a-t-elle donné comme exemple de vulnérabilité.

M. VAINO REINART, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Estonie, a déclaré que, petit pays, l’Estonie sait que la mer est une ressource qui nécessite attention et protection.  Cette année, ces questions seront en première ligne, puisque l’Estonie préside le Conseil de la Mer baltique.  Il ne faut pas, a encouragé le Vice-Ministre, se concentrer sur les désavantages.  Parlons plutôt de nos efforts pour trouver les moyens d’exploiter au mieux notre petite taille.  Nous pouvons, comme l’a fait l’Estonie, utiliser notre souplesse pour inventer des technologies nouvelles et intelligentes favorables à la croissance.  Le respect du droit international et l’atténuation des changements climatiques sont les conditions préalables du développement, a poursuivi le Vice-Ministre qui a aussi voulu que le suivi de la mise en œuvre de « Samoa, la Voie à suivre » soit dûment consigné dans les objectifs du développement durable pour l’après-2015. 

Compte tenu de l’impact des changements climatiques, le Vice-Ministre estonien a appelé, à son tour, à la conclusion, à la Conférence de Paris, d’un instrument juridiquement contraignant.  Il a aussi espéré que les questions de l’économie bleue et du développement bleu seront traitées comme il se doit à l’avenir.  Parlant de l’importance de l’usage des technologies de l’information et de la communication pour connecter les gens, appuyer le commerce, faciliter les investissements, concourir sur les nouveaux marchés et améliorer l’accès à l’information, le Vice-Ministre a fait observer que l’Estonie et son « e-society » est le parfait exemple de la manière dont ces technologies peuvent simplifier la vie et accélérer le développement des petites nations.  Nous sommes prêts à partager notre expérience, a assuré le Vice-Ministre.

M. BRETT MASON, Secrétaire parlementaire aux affaires étrangères de l’Australie, a rappelé que son pays, « en tant que partenaire et ami de Samoa », apporte tout son soutien à la tenue de cette Conférence.  Il a plaidé en faveur d’une nouvelle approche récemment lancée par le Ministre australien des affaires étrangères, qui est celle de la « diplomatie économique », et qui consiste à rechercher la paix et la prospérité par le biais du commerce, de l’investissement, de la croissance économique et du secteur des affaires.  Cela exige des diplomates et des gouvernements qu’ils travaillent avec le secteur privé, le monde des affaires, et les organisations non gouvernementales, a dit M. Mason.  Il a ensuite parlé de la politique d’aide de l’Australie, qui comprend six domaines prioritaires comme l’agriculture, les pêches, l’eau, ou encore l’autonomisation des femmes.  Pour l’Australie, la prospérité des PEID dans la région Asie-Pacifique est essentielle à sa propre stabilité et prospérité. 

M. Mason a ensuite expliqué l’importance des infrastructures pour la croissance et celle de l’accès des entreprises aux services financiers.  Nous devons aussi insister sur l’autonomisation économique des femmes, a-t-il ajouté, après avoir plaidé en faveur de l’éduction et de la santé féminines.  En outre, il a demandé qu’un objectif soit consacré aux océans dans le futur programme de développement pour l’après-2015.  M. Mason a également souligné l’importance de la réduction des risques de catastrophes.

M. HANS BRATTSKAR (Norvège) a dit attendre de la Conférence de Paris, l’adoption d’un instrument juridiquement contraignant contre les changements climatiques, assortie d’une série de règles multilatérales effectives qui font qu’ensemble, l’on travaille à la réalisation de l’objectif de limiter l’augmentation de la température du globe à deux degrés Celsius.  La Norvège souhaite aussi d’ores et déjà que davantage de pays se fixent des objectifs de réduction des émissions pour 2020, a dit M. Brattskar.  La Norvège compte aussi continuer sa coopération avec les PEID dans le domaine de l’atténuation des effets du réchauffement de la planète.  Le représentant s’est félicité de ce que de nombreux pays, dont des PEID, aient rejoint l’initiative Nansen, qui discute d’un agenda sur la protection des personnes déplacées par les catastrophes naturelles comme la montée des mers ou les manifestations météorologiques extrêmes. 

La Norvège est aussi déterminée à appuyer les efforts des PEID en matière d’énergie.  Elle va donc appuyer le programme IRENA, lancé au début de la semaine ici même à Samoa, et elle appuie déjà les projets d’énergie renouvelable du Programme de remplacement du diesel, lancé par l’Initiative Clinton.  Le représentant a demandé à la communauté internationale de soutenir l’idée d’inclure un objectif spécifique sur l’énergie dans les objectifs de développement durable.  Cette nouvelle série d’objectifs devraient d’ailleurs se fonder sur ceux de l’« Énergie durable pour tous » du Secrétaire général de l’ONU.  Le représentant a conclu sur la nécessité de développer de meilleurs outils pour la gestion des océans et celle de leurs ressources naturelles.  Depuis 40 ans, la Norvège, en coopération avec la FAO, gère un projet sur l’écosystème et la pêcherie pour aider les pays en développement à préserver les ressources de la pêche.  Aussi après le lancement du navire de recherche « Dr Fridtjof Nanasen », la Norvège construit-elle un troisième navire qui pourra aider beaucoup d’autres pays, a annoncé le représentant.

M. DAVIDANDERSON, Secrétaire parlementaire du Canada, a indiqué que son pays avait toujours travaillé aux côtés d’autres partenaires pour aider les pays touchés par les ouragans et autres catastrophes naturelles dans les Caraïbes et dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien.  Le Canada a une longue histoire de partenariat avec les PEID, a-t-il dit.  Il a remarqué qu’il y avait eu beaucoup de changements depuis l’adoption du Programme d’action de La Barbade, en 1994, qui invitait les États à faire évoluer l’aide apportée à ces pays.  Il a expliqué que le développement durable n’était pas qu’une question dont la solution viendrait de financements accrus, mais qu’il s’agissait aussi de mener des efforts concentrés pour aider les personnes affectées à agir elles-mêmes et à se prendre ainsi en main.  Samoa est un bon exemple des résultats qui peuvent être atteints grâce aux efforts nationaux et aux partenariats, a dit M. Anderson, indiquant que ce pays allait bientôt sortir de la catégorie des PMA.

Depuis 1994, le Canada a appuyé plusieurs initiatives liées aux objectifs de la Barbade, en déboursant notamment 130,6 millions de dollars en 2011-2012 pour la région des Caraïbes.  En ce qui concerne les pays de la zone du Pacifique, il a parlé du Fonds canadien pour les initiatives locales qui a consacré 2 millions de dollars depuis 2009 aux projets de croissance économique durable et d’éducation.  M. Anderson a par ailleurs reconnu la nécessité de travailler avec tous les acteurs qui ont les ressources et les compétences nécessaires pour relever les défis.

M.VASSILY NEBENZIA, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, a souhaité que les mesures de réaction aux défis qui se posent aux PEID, prises ici à Samoa, soient dûment consignées dans les prochains objectifs de développement durable.  Il a salué l’accent mis dans « Samoa, la Voie à suivre » sur l’appui extérieur, dont le transfert des technologies et les investissements.  Dans ce contexte, le Vice-Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie a dit sa préférence pour la coopération Sud-Sud et la facilitation de l’accès aux marchés mondiaux.  La Fédération de Russie, a-t-il affirmé, est depuis longtemps un partenaire actif des PEID.  Ces quatre dernières années, l’appui russe à ces pays a représenté quelque 20 millions de dollars américains, sans compter l’introduction d’un régime commercial préférentiel.  La Fédération de Russie participe aussi aux efforts du Forum du Pacifique-Sud sur l’énergie durable, et elle compte apporter un appui financier à la prochaine édition du Forum qui se tiendra à Tonga en 2018.  Avec le PNUD, la Fédération de Russie mène un projet, étalé sur plusieurs années, pour préparer les PEID aux catastrophes naturelles.  

Mme RITA SCHWARZELÜHR-SUTTER, Secrétaire d’État parlementaire de l’Allemagne, a dit que son pays appuyait les PEID, 300 millions d’euros provenant de l’Allemagne ayant par exemple été consacrés ces dernières années aux projets d’énergie renouvelable.  Elle a souhaité que l’accord qui devrait être trouvé en 2015 à Paris donne une impulsion au lancement d’une action collective en matière de climat, avec des règles claires, uniformes et transparentes.  L’Allemagne contribuera à hauteur de 750 millions d’euros au financement du Fonds vert pour le climat, a-t-elle indiqué.  Elle a aussi plaidé en faveur d’objectifs ambitieux en matière d’énergie renouvelable pour le programme de développement pour l’après-2015, afin de parvenir à établir une économie verte et à faible carbone.  L’Allemagne a fixé ses propres objectifs en la matière, et elle s’est engagée, en matière d’usage énergétique, à passer de 28,5 à 80% d’électricité renouvelable d’ici à 2050.  En ce qui concerne les PEID, elle a appelé les PEID et les autres États à travailler ensemble pour faire en sorte que les générations futures aient une vie qui mérite d’être vécue sur ces belles îles. 

M. MEHMET CEYLAN, Vice-Ministre du développement de la Turquie, a déclaré que l’engagement politique de son pays en faveur des PEID a pris un nouvel élan cette année grâce aux deux réunions qui se sont tenues à Istanbul, avec ces pays et avec la Communauté des Caraïbes.  La Turquie n’a cessé d’accroître son aide publique au développement (APD), tout en l’élargissant géographiquement.  L’APD de la Turquie s’élève désormais à 3,3 milliards de dollars, s’est félicité le Vice-Ministre, en précisant que pour les PEID, elle a été de 11 millions de dollars entre 2010 et 2012.  La Turquie, a-t-il promis, compte bien traiter des défis et des préoccupations des PEID lorsqu’elle prendra la présidence du G-20 en 2015. 

La Turquie a d’ailleurs déjà créé un partenariat avec la Coalition des atolls sur les changements climatiques, sans compter ses efforts en matière de catastrophes naturelles, a souligné M. Ceylan.  La Turquie jouera aussi un rôle actif sur la question des migrations, qui est chère aux PEID, lorsqu’elle prendra la présidence du Forum mondial sur ce phénomène.  La Turquie, a affirmé le Vice-Ministre, peut apporter une réelle valeur ajoutée à la sécurité mondiale en ces temps de changements critiques et rapides.  C’est la raison pour laquelle elle s’est portée candidate à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2015-2016. 

M. XOAN NOYA (Venezuela) a appelé à respecter l’environnement et l’être humain, en soulignant la responsabilité qu’ont les pays en développement de promouvoir une utilisation harmonieuse de leurs ressources et de la nature.  Nos engagements en matière d’atténuation sont tributaires des engagements des pays développés, a-t-il aussi remarqué.  Il a indiqué que la première pré-COP aurait lieu à Caracas en novembre, ceci pour ouvrir le dialogue entre les acteurs face à la menace que représentent les changements climatiques.  La coopération internationale est un élément essentiel pour atteindre les objectifs de développement, a ensuite souligné M. Noya.  Il a dit à cet égard que son pays avait appuyé le développement de différents programmes pour répondre aux besoins des États insulaires.  Il a aussi parlé de l’initiative PETROCARIBE, qui regroupe 10 pays des Caraïbes, et permet notamment de développer des sources d’énergie renouvelables et des programmes sociaux.  En 2012, 3 milliards de dollars ont été investis dans de nombreux projets et initiatives, dont 88 projets sociaux. 

M. JUAN MONEGRO, Vice-Ministre du plan et du développement de la République dominicaine, a d’abord souligné que le développement durable est inscrit dans la Constitution dominicaine.  Pays à revenu intermédiaire, la République dominicaine reconnaît que la répartition des fruits de la croissance ne s’est pas faite à ce jour de manière équitable, compte tenu des défis complexes et importants à relever.  Les économies des PEID sont petites, les marchés eux aussi le sont, et l’accès des produits des PEID au marché mondial est précaire et coûteux, tandis que les défis qui se posent à eux sont exacerbés par les effets de plus en plus effrayants des changements climatiques.  Le développement, c’est comme une sortie au restaurant, et il s’agit, pour ceux qui en ont la chance, d’en profiter.  Mais nous le savons tous, cela peut aussi être très cher, surtout quand les plats servis ne sont pas tous les mêmes.  Ce qu’il faut faire dans ce cas, c’est de partager la facture, mais ce qui est plus juste encore, du point de vue moral et social, c’est que chacun paie ce qu’il a consommé, a dit M. Monegro. 

Les changements climatiques nous touchent et nous toucheront avec de plus en plus de force, a-t-il prévenu.  Nous ne voulons pas partir sans payer, mais nous aussi insistons simplement pour que chacun paie pour ce qu’il a commandé et ce qu’il a mangé.  Aussi, est-il juste que les modalités d’action convenues dans « Samoa, la Voie à suivre » constituent un engagement partagé, mais avec des responsabilités différenciées, dans la prise des décisions et des mesures nécessaires pour désactiver les causes de ce phénomène, a conclu le Vice-Ministre.

M. MANUEL AUGUSTO, Secrétaire d’État aux relations étrangères de l’Angola, a souhaité que la troisième Conférence internationale des Nations Unies sur les petits États insulaires en développement (PEID) permette de renouveler l’appui politique qui doit être apporté à ces pays à tous les niveaux.  Il a fait référence à la diversité et à la richesse de ces pays, qui sont les gardiens des océans.  Les défis qui se posent ne sont pas insurmontables, a-t-il estimé.  Alors que l’on célèbre l’Année internationale des PEID, il a encouragé la communauté internationale à œuvrer aux côtés de ces pays pour lancer des nouveaux partenariats concrets.  L’Angola est engagé à relever les défis des changements climatiques de manière globale, de la manière qui a été décidée à Copenhague, a dit M. Augusto.  Il faut disposer d’un régime robuste permettant de prendre des mesures d’adaptation pour tous les pays, a-t-il demandé.  Se référant aux conclusions du dernier rapport du GIEC, il a prévenu que les risques à la stabilité et la sécurité des pays insulaires étaient réels.  Le caractère immédiat de ces menaces exige que le système des Nations Unies s’attaque au problème des changements climatiques, a-t-il estimé.  Il a aussi souligné l’importance des mesures de suivi dans ce domaine.  Candidat pour un siège non permanant au Conseil de sécurité pour 2015-2016, l’Angola s’engage à ce titre à se faire l’avocat de ceux qui veulent garder les PEID à l’ordre du jour des Nations Unies, a dit M. Augusto.

M. HENRY ROBERT STERLIN, Secrétaire d’État aux affaires étrangères d’Haïti, a d’abord fait l’historique de l’origine et des conséquences des problèmes communs aux PEID et, en particulier de ceux d’Haïti, avant de saluer « avec émotion » la rencontre de Samoa, où on écoute avec grand intérêt les recommandations du Secrétaire général qui mène une campagne mondiale de sauvegarde de l’environnement.  M. Sterlin a conclu son intervention en rendant un vibrant hommage au peuple de « cette formidable réussite environnementale de régénération qu’est Samoa », non sans dire aussi que la Conférence de Samoa revêt tous les traits et toutes les caractéristiques d’une démarche intellectuelle équivalant « au cri de Samoa » pour l’avenir de nos communautés.

M. RONALD DOFING (Luxembourg) a présenté son pays comme étant « une sorte d’île au milieu de ses grands voisins ».  Il a indiqué partager les préoccupations des PEID, en particulier leur désir de promotion de mécanismes facilitant leur développement et leur résilience face aux changements climatiques.  Le Luxembourg a signé l’an dernier un accord bilatéral avec l’Union internationale de la préservation de la nature et des ressources naturelles, a-t-il indiqué.  Il a également signalé que son pays s’était engagé à consacrer 1% de son PIB à l’aide au développement.  Lorsque le Luxembourg sera président de l’Union européenne pendant le deuxième semestre de l’an prochain, il ne ménagera pas ses efforts en vue de faire aboutir les négociations de la COP21 à Paris, a dit M. Dofing.  En ce qui concerne le programme de développement pour l’après-2015, M. Dofing a estimé que c’était un effort des plus ambitieux qui était en train d’être mené pour proposer des solutions globales afin de faire face aux défis actuels en matière de développement.  Il a plaidé à cette occasion en faveur de la promotion des droits de l’homme et des droits sexuels, ainsi que pour la préservation des océans.  « Les défis globaux peuvent paraitre écrasants, et il n’y a plus une seconde à perdre », a-t-il prévenu en concluant son intervention. 

M. JOHN HOLDREN (États-Unis) a assuré que le Président des États-Unis est très conscient des défis liés au climat que doivent relever les PEID, et qu’il prend très au sérieux la nécessité d’une action urgente contre les changements climatiques.  Le Président Obama, a-t-il affirmé, a placé un accent sans précédent sur la réduction de la pollution au carbone qui contribue aux changements climatiques.  Les États-Unis sont tout à fait déterminés à parvenir à un accord ambitieux, viable et souple en 2015.  En matière de financement, ils ont donné la priorité à l’appui aux efforts d’atténuation menés dans les pays en développement les plus vulnérables, dont font partie les PEID.  Le représentant a pris pour exemple le programme ADAPT Asie-Pacifique, qui renforce la faculté des PEID du Pacifique à accéder et à gérer les financements des projets ayant trait au climat.  Les États-Unis appuient aussi les préparatifs du lancement de la « Global Alliance for Climate-Smart Agriculture » visant à améliorer la productivité, à renforcer la résilience et à réduire les émissions de gaz à effet de serre.  L’Alliance sera lancée à New York pendant le Sommet de l’ONU sur le climat, a indiqué M. Holdren. 

Le représentant a aussi rappelé la Conférence « Nos Océans », organisée par le Secrétaire d’État des États-Unis, qui a donné lieu à des engagements de plus de 1,8 milliard de dollars, d’autres participants ayant aussi annoncé des engagements sur la protection de plus 3 millions de kilomètres carrés d’océan.  Après avoir annoncé que les États-Unis s’efforcent aussi de mobiliser des financements internationaux pour les énergies renouvelables, le représentant a dit l’attachement de son pays à un programme de développement pour l’après-2015 qui soit clair, ambitieux et assorti d’objectifs quantifiables.  C’est un programme, a-t-il précisé, qui doit créer de nouvelles priorités pour les 15 prochaines années et qui a le potentiel d’encourager des décisions à long terme sur les financements, les investissements et les politiques.  Les États-Unis appuient l’idée d’un objectif spécifique sur l’énergie dans les objectifs de développement durable, a aussi indiqué le représentant. 

M. PITA WISE, Secrétaire permanent à la planification stratégique, au développement national et aux statistiques de Fidji, a appelé la communauté internationale à procéder à des changements dans sa façon d’agir, afin d’accélérer la mise en œuvre des Modalités d’action du Pacifique.  C’est un cadre qui permet aux pays de la région de coopérer pour atteindre des objectifs communs, a-t-il expliqué.  Il a estimé que ces modalités et « Samoa, la Voie à suivre » allaient se compléter utilement.  Fidji a largement contribué à la formation du Forum des îles du Pacifique pour le développement, qui englobe les organisations de la société civile pour qu’elles contribuent à élaborer des solutions ajustées aux besoins de ces pays, a dit M. Wise.

Fidji a aussi travaillé avec ses voisins sous les auspices du Groupe de fer de lance des pays mélanésiens, a-t-il ajouté.  M. Wise a indiqué que Fidji avait récemment approuvé son cadre de croissance verte, une première dans le Pacifique, grâce à la contribution de la Banque asiatique de développement.  Ce cadre se concentre sur le rétablissement de l’équilibre pour un développement durable.  La recherche de la prospérité économique doit être compensée par l’établissement de bases sociales et environnementales, a-t-il expliqué. 

M. Wise a aussi parlé de ce que fait son pays pour protéger ses ressources marines, l’objectif étant de protéger 30% de ces ressources d’ici à 2020.  Il a reconnu la nécessité de protéger les mers, mais a expliqué que cela mettait la pression sur les infrastructures urbaines.  En matière de santé, les maladies non transmissibles restent une question prioritaire à résoudre qui, à cet égard, exige la prise de mesures permettant d’atteindre des résultats concrets.  Il ne faut pas non plus perdre de vue le fléau du VIH /sida, a ajouté M. Wise.

M. JEAN-FRANCIS ZINSOU (Bénin), Président du Bureau de coordination mondiale des pays les moins avancés (PAM), a rappelé que le Programme d’action d’Istanbul en faveur des PMA, adopté en 2011, a retenu huit domaines prioritaires au premier rang desquels figure le renforcement des capacités productives des PMA.  Le but était d’amener la moitié au moins des PMA à remplir les critères pour leur reclassement dans une catégorie supérieure de revenu par habitant, à l’horizon 2020.  Comme cet objectif ne peut être atteint par des actions relevant de la simple routine, le Gouvernement béninois a inscrit à son plan stratégique d’exécution de son mandat la tenue d’une conférence ministérielle sur le renforcement des capacités productives dans les PMA, a dit M. Zinsou. 

La Conférence s’est tenue du 28 au 31 juillet 2014 à Cotonou, et elle s’est conclue par l’adoption et la publication d’une Déclaration.  Les mesures qui y ont été prises appellent la mise en place de nouveaux partenariats dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015.  Les conclusions de la conférence de Cotonou valent pour les États insulaires, dont un grand nombre sont des PMA, mais elles peuvent également inspirer la recherche de solutions pour les PEID en général qui sont confrontés à des problèmes similaires, a estimé le représentant.

M. NGOMA MWELWA CHIBESAKUNDA (Zambie), qui s’exprimait aussi au nom des pays en développement sans littoral, a expliqué que ces pays, comme les PEID, souffraient de vulnérabilités différentes qui entravent leur développement durable.  Il a espéré que la Conférence sur les PEID, qui se tient à Apia, Samoa, serait l’occasion de traiter des défis particuliers auxquels sont confrontés les PEID et offrirait aux délégations l’opportunité de demander la prise en compte de leurs intérêts dans le programme de développement pour l’après-2015.  Les pays sans littoral se situent en marge de l’économie mondiale, a-t-il ensuite fait remarquer.  Participer au commerce international est plus difficile pour eux, a-t-il précisé, à cause du coût des transports qui multiplient par deux celui de leurs exportations et de leurs importations, si on les compare à ceux de leurs pays voisins de transit.  M. Chibesakunda a annoncé la tenue, en novembre à Vienne, d’une réunion qui aura pour objectif d’évaluer les problèmes accomplis dans la résolution des problèmes qui se posent aux pays sans littoral.  Ce sera l’occasion d’élaborer une nouvelle feuille de route pour le développement de ces pays, a-t-il espéré.  Nous comptons sur l’engagement mondial et sur des partenariats efficaces pour répondre aux besoins de développement des pays en développement sans littoral. 

M. IB PETERSEN (Danemark) a estimé que la durabilité est un investissement dans la future croissance économique, dans de nouvelles opportunités commerciales et dans la création d’emplois.  C’est un paramètre social important pour sécuriser des sociétés stables et harmonieuses dans lesquelles la croissance économique ne cause ni la pollution ni la dégradation des eaux et des sols.  Composée de 406 petites îles et d’une péninsule, le Danemark et les PEID ont beaucoup de choses en commun, a dit M. Petersen.  Le Danemark, a dit son représentant, est un pays qui, depuis plusieurs années, travaille à la promotion d’une société verte, son ambition étant de se débarrasser des énergies fossiles d’ici à 2050 et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% en 2020.  Le pays s’emploie à concilier croissance économique et développement durable, en ayant fait de l’engagement du secteur privé une priorité.  Il espère donc que le cadre qu’il a mis en place pourra inspirer utilement les autres.

À ce stade, aucun signal ne saurait être plus clair et plus crédible qu’un accord mondial ambitieux sur les changements climatiques, a estimé le représentant.  Un accord ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pourrait contribuer à créer les conditions qu’il faut pour engager le secteur privé.  Une autre partie importante de l’accord attendu et espéré en 2015 serait l’adaptation aux effets des changements climatiques, Tandis qu’une action sur l’énergie est tout aussi importante pour concrétiser les engagements sur le climat. 

Le représentant a attiré l’attention sur l’initiative « Énergie durable pour tous » du Secrétaire général, dont le Danemark abrite le réseau.  Le Danemark soutient aussi des initiatives telles que le programme d’appui « SIDS DOCK », qui est un exemple extrêmement nécessaire et prometteur sur la manière dont le monde développé peut aider les nations en développement en danger.  Le Danemark accueillera d’ailleurs en octobre prochain le Forum mondial sur la croissance verte, a relevé le représentant.

Mme ARANCHA GONZALEZ, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a plaidé en faveur des partenariats qui permettent aux PEID de relever des défis qui sont trop lourds à relever par des petits États agissant de manière isolée.  Le commerce est une composante importante des solutions proposées aux PEID pour renforcer leur résilience, a-t-elle remarqué, invitant à faciliter les échanges commerciaux et à augmenter la capacité productive du secteur privé.  Les PEID se heurtent cependant à de nombreuses contraintes dans ce domaine, a-t-elle dit, avant de présenter un document préparé par l’OMC sur le commerce dans ces pays, document qui montre les besoins à combler si on veut réellement aider les PEID.  Il apparait qu’il faut renforcer les capacités internes des PEID pour qu’ils puissent commercialiser leurs produits naturels et autres marchandises.  Il faut aussi mettre l’accent sur l’investissement autant que sur l’aide, car c’est un catalyseur de développement important.  La représentante a recommandé de ne pas se limiter aux partenariats public-privé, mais aussi, de développer également des partenariats privé-privé.  Elle a aussi proposé de renforcer la compétitivité des petites et moyennes entreprises (PME) dans les petits pays insulaires, car elles constituent la principale source de création d’emplois.  Cela exige d’améliorer l’accès au financement, en particulier pour les femmes.  Il faut également établir un cadre qui permette aux PME d’intégrer les normes de qualité en vigueur, a-t-elle ajouté.  Elle a enfin mis l’accent sur l’importance de l’autonomisation des femmes, parce qu’elles réinvestissent 90% de leurs revenus dans leurs familles et communautés.

M. AGNI DEO SINGH, de la Confédération internationale des syndicats, a déclaré que la Confédération, qui représente 176 millions de travailleurs dans 161 pays, s’efforce sans relâche à contribuer à l’amélioration de la loi et des conditions de travail dans les États.  Nous devons tous, a-t-il dit, relever le défi de la création d’emplois décents dont le manque est un immense problème, en particulier dans la région du Pacifique et surtout pour les jeunes.  Les syndicats jugent fondamental de réorienter l’action publique à travers des programmes de création d’emplois proactifs pour augmenter les revenus locaux et relancer la demande nationale, a dit M. Deo Singh.  Ce serait aussi l’occasion de diminuer la dépendance des PEID à l’industrie touristique, qui s’affaiblit, à cause de la crise économique mondiale.  Le représentant a estimé que la conclusion en 2015 d’un accord à Paris sur les changements climatiques permettra aux économies des PEID de se développer.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.