Face à l’épidémie d’Ebola dont « l’ampleur constitue une menace à la paix », le Conseil adopte une résolution historique et note la proposition d’une mission d’urgence de l’ONU

CS/11566
18 septembre 2014

Face à l’épidémie d’Ebola dont « l’ampleur constitue une menace à la paix », le Conseil adopte une résolution historique et note la proposition d’une mission d’urgence de l’ONU

C’est la première fois dans l’histoire du Conseil de sécurité qu’une épidémie est qualifiée « de menace à la paix et à la sécurité internationales », a fait observer aujourd’hui le représentant de la France devant la résolution S/RES/2177(2014), au record battu de 134 coauteurs, que le Conseil a adoptée, à l’unanimité, pour combattre l’épidémie d’Ebola qui sévit en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone.  « Devant l’épidémie la plus grave que le monde n’ait jamais connue », le Secrétaire général de l’ONU a proposé la création d’une mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola(UNMEER).

Depuis le déclenchement de l’épidémie en mars dernier en Guinée, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), représentée aujourd’hui par sa Directrice générale, compte 2 489 morts sur un total de 4 985  personnes infectées.  « Ce n’est pas seulement une épidémie.  Ce n’est pas seulement une crise de santé publique.  C’est une crise sociale, humanitaire, économique et une menace à la sécurité nationale qui va bien au-delà des zones touchées », a prévenu Mme Margaret Chan.

« Pour arriver à contrôler cette épidémie, le niveau de réaction doit être 20 fois plus important qu’il ne l’est actuellement », a prévenu, à son tour, le Coordonnateur principal du système des Nations Unies pour le virus Ebola.  Il faut compter 2 à 3 mois pour créer les systèmes de réaction, a précisé M. David Nabarro.

« Comme, il y aura bientôt plus de cas d’Ebola au Libéria qu’en 40 ans d’histoire de cette maladie et que la gravité et l’ampleur de la situation exigent désormais un niveau d’interventions internationales sans précédent pour une crise de santé publique », le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon a proposé la création d’une mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola (UNMEER) dont la première équipe devrait être déployée dès la fin de ce mois.

« Face à l’épidémie la plus grave que le monde n’ait jamais connue », selon les avertissements du Secrétaire général, la mission aura cinq priorités à savoir: arrêter la propagation du virus, soigner les malades, assurer les services essentiels, préserver la stabilité et prévenir d’autres irruptions de la maladie.  Elle devrait réunir un large éventail d’acteurs et d’expertise des Nations Unies pour appuyer les efforts nationaux, tout en travaillant en coordination avec les organisations régionales comme l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Les Nations Unies ont besoin d’un milliard de dollars pour les six prochains mois et le prix de l’inaction serait élevé, a souligné le Secrétaire général.

Confronté ainsi à une épidémie dont « l’ampleur extraordinaire constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales », le Conseil a adopté une résolution saluée par la représentante des États-Unis et Président du Conseil pour le mois de septembre comme « un record dans l’histoire du Conseil » avec ses 130 coauteurs, 4 autres s’étant ajoutés plus tard. 

La résolutioninvite les États Membres, y compris de la région, à lever les restrictions aux déplacements et aux frontières imposées en raison de l’épidémie d’Ebola et qui concourent à isoler davantage les pays touchés et à saper leurs efforts visant à y faire face.  Les Ministres des affaires étrangères du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone se sont félicités de cette disposition.  Le Ministère guinéen a, par exemple, souligné que la fermeture des frontières, les restrictions de vols, la stigmatisation des victimes, l’isolement des pays touchés et le refoulement de leurs ressortissants constituent « une arme plus dangereuse que le fléau à combattre ».

Dans la résolution, le Conseil de sécurité engage aussi les États à fournir une assistance et des ressources d’urgence.  Libérien et travaillant au Libéria, M. Jackson K.P Naimah de Médecins sans frontières (MSF) qui a perdu « une nièce, une cousine, de nombreux amis, des copains d’université et des collègues » a dit: « envoyez-nous vos hélicoptères, vos centres, vos lits et vos spécialistes et n’oubliez pas les fondamentaux parce que certains ménages n’ont ni savon, ni eau et ni seau, des choses simples qui peuvent inverser la courbe de l’épidémie ».

Les offres d’aide se sont multipliées aujourd’hui au Conseil.  Les États-Unis ont réitéré leur offre de déployer 3 000 militaires, la France a annoncé l’installation d’un hôpital militaire en « Guinée forestière », la Chine a offert 2 millions de dollars à l’OMS et à l’Union africaine, le Royaume-Uni a atteint les 60 millions de dollars en Sierra Leone, Cuba a annoncé le déploiement d’une « brigade de spécialistes des épidémies à grande échelle » et le Brésil a autorisé une donation exceptionnelle de milliers de tonnes de riz et de haricots, pour ne citer que ceux-là.

L’Union européenne s’est engagée pour un don de 150 millions d’euros tandis que la Fédération de Russie a affirmé que son pays a mené, avec succès, des essais sur un vaccin qui n’attend plus que l’accord de l’OMS pour sa mise en circulation.

L’épidémie peut être contenue, a assuré la Directrice générale de l’OMS, en prenant les cas du Nigéria et du Sénégal, où les Gouvernements, le Centre américain pour le contrôle des maladies (CDC) et Médecins sans frontières ont répondu immédiatement avec les mesures d’urgence qu’il fallait.  Avec le Coordonnateur principal du Système des Nations Unies pour le virus Ebola, elle a salué les États pour avoir pris la mesure de la catastrophe et manifesté une telle solidarité avec les pays concernés.

PAIX ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Texte du projet de résolution S/2014/673

Le Conseil de sécurité,

Rappelant la résolution 2176 (2014) qu’il a adoptée le 15 septembre 2014 au sujet de la situation au Libéria et sa déclaration à la presse en date du 9 juillet 2014,

Rappelant la responsabilité principale à lui assignée en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales,

Se déclarant gravement préoccupé par la survenue d’une épidémie d’infections à virus Ebola et son impact en Afrique de l’Ouest, en particulier au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone, ainsi qu’au Nigéria et au-delà,

Considérant que les acquis obtenus par les pays les plus touchés en matière de consolidation de la paix et de développement risquent d’être réduits à néant par l’épidémie d’Ebola et soulignant que cette épidémie compromet la stabilité des pays les plus touchés et que, si elle n’est pas jugulée, elle peut provoquer de nouveaux épisodes de troubles civils et de tensions sociales, une détérioration du climat politique et une aggravation de l’insécurité,

Jugeant que l’ampleur extraordinaire de l’épidémie d’Ebola en Afrique constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales,

S’inquiétant de l’incidence particulière que l’épidémie d’Ebola a sur les femmes,

Se félicitant de la convocation du Sommet extraordinaire de l’Union du fleuve Mano, qui s’est tenu en Guinée le 1er août 2014, et des engagements annoncés par les chefs d’État de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone pour lutter contre l’épidémie d’Ebola dans la région, notamment en renforçant les services et les mesures de traitement visant à endiguer la propagation de cette épidémie au-delà des frontières,

Prenant acte des mesures prises par les États Membres de la région, notamment le Libéria, la Guinée et la Sierra Leone, mais aussi par le Nigéria, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, en réaction à l’épidémie d’Ebola et sachant que les moyens que les gouvernements concernés pourront mobiliser pour y faire face seront peut-être insuffisants,

Prenant note de la lettre (S/2014/669) datée du 29 août, adressée au Secrétaire général par les Présidents du Libéria, de la Sierra Leone et de la Guinée, dans laquelle ils ont demandé une riposte globale à l’épidémie d’Ebola, comprenant une action internationale coordonnée pour mettre fin à l’épidémie et pour soutenir les sociétés et les économies touchées par les mesures de restriction décrétées au sujet du commerce et des transports au cours de cette épidémie,

Saluant les mesures prises par les États Membres de la région, en particulier la Côte d’Ivoire, Cabo Verde, le Ghana, le Mali et le Sénégal, en vue de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire vers les pays les plus touchés,

Soulignant que les États Membres ont un rôle central à jouer, notamment dans le cadre du Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale, s’il y a lieu, dans la prestation de services de santé publique permettant de détecter, de prévenir, de contrer et d’atténuer les épidémies de grandes maladies infectieuses par des mécanismes de santé publique viables, efficaces et réactifs,

Rappelant le Règlement sanitaire international de 2005, qui contribue à la sécurité mondiale dans le domaine de la santé publique en fournissant un cadre pour la coordination de la gestion d’événements susceptibles de constituer une urgence de santé publique de portée internationale, et qui vise à renforcer les moyens dont disposent tous les pays pour détecter, évaluer et notifier les menaces pesant sur la santé publique et y faire face, et soulignant qu’il importe que les États membres de l’OMS honorent les engagements pris,

Soulignant que, pour juguler les épidémies de grandes maladies infectieuses, il faut une action et une coopération aux niveaux national, régional et international et insistant à cet égard sur la nécessité vitale et immédiate d’une riposte internationale coordonnée face à l’épidémie d’Ebola,

Louant les États Membres, les partenaires bilatéraux et les organisations multilatérales pour l’assistance cruciale qu’ils ont fournie ou contribué à mobiliser, y compris sous la forme d’engagements financiers et de dons en nature, en faveur des personnes et des gouvernements touchés de la région afin d’appuyer l’intensification des interventions d’urgence visant à juguler l’épidémie en Afrique de l’Ouest et à interrompre la transmission du virus, notamment en allouant des fonds aux organismes des Nations Unies et aux organisations internationales compétents qui participent à ces interventions pour que ces institutions et les gouvernements puissent acheter des fournitures et renforcer les opérations d’urgence dans les pays touchés, ainsi qu’en collaborant avec les partenaires des secteurs public et privé pour accélérer la mise au point de thérapies, de vaccins et d’outils diagnostiques afin de soigner les patients et de prévenir de nouvelles infections ou la transmission de la maladie à virus Ebola ou d’en limiter le nombre,

Exprimant sa profonde gratitude aux personnes intervenues en première ligne dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui s’abat sur l’Afrique de l’Ouest, y compris les secouristes sanitaires et humanitaires nationaux et internationaux détachés par les États Membres de diverses régions et par des organisations non gouvernementales telles que Médecins Sans Frontières (MSF) et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et exprimant également sa reconnaissance aux Services aériens d’aide humanitaire des Nations Unies pour avoir acheminé du personnel humanitaire et des fournitures et matériels médicaux, notamment vers des endroits reculés de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone, au cours de l’épidémie,

Saluant les efforts déployés par l’Union africaine, en collaboration avec des partenaires bilatéraux et des organisations multilatérales, pour trouver à l’épidémie une solution unifiée, globale et collective au niveau de l’Afrique, y compris en déployant du personnel sanitaire dans la région, ainsi que les efforts consentis par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest afin de soutenir les mesures prises pour enrayer la propagation du virus Ebola, notamment avec l’appui des forces de défense de ses États Membres,

Constatant avec inquiétude les conséquences qu’ont les restrictions générales imposées aux déplacements et au commerce dans la région, notamment sur la sécurité alimentaire, et prenant acte de l’appel lancé par l’Union africaine à ses États membres pour qu’ils lèvent les restrictions concernant les déplacements afin de permettre aux personnes et aux biens de circuler librement vers les pays touchés,

Soulignant que toutes les entités compétentes des Nations Unies, en particulier l’Assemblée générale, le Conseil économique et social et la Commission de consolidation de la paix, sont appelées à contribuer aux efforts déployés sur les plans national, régional et international pour faire face à la flambée du virus Ebola, et prenant acte, à cet égard, du rôle clef que joue l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a décrété que l’épidémie d’Ebola constituait une urgence de santé publique de portée internationale,

Soulignant combien il importe que toutes les entités des Nations Unies compétentes agissent de concert, dans le cadre de leurs mandats respectifs, pour lutter contre l’épidémie d’Ebola et contribuer, autant que possible, aux mesures prises sur les plans national, régional et international à cette fin,

Prenant note de la feuille de route présentée le 28 août 2014 par l’OMS pour lutter contre l’épidémie d’Ebola et élaborée pour enrayer la transmission du virus Ebola dans le monde et aider les pays à faire face aux conséquences d’une nouvelle propagation internationale, et prenant note égalementdes 12 mesures d’importance critique à prendre – dont le dépistage de l’infection, la mobilisation de la collectivité et le relèvement – pour enrayer l’épidémie,

Prenant note des protocoles adoptés par l’OMS pour prévenir la transmission du virus Ebola entre personnes, organisations et populations, soulignant que l’épidémie peut être endiguée, notamment par l’application de protocoles établis relatifs à la sécurité et à la santé et d’autres mesures préventives ayant fait leurs preuves, et saluant les efforts déployés par la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) pour faire connaître à la population libérienne, y compris via les ondes de la radio de la MINUL, l’existence de tels protocoles et mesures préventives,

Exprimant de nouveau sa gratitude au Secrétaire général pour la nomination de de David Nabarro, Coordonnateur principal du système des Nations Unies pour le virus Ebola, et d’Anthony Banbury, Coordonnateur adjoint pour le virus Ebola et Chef de la gestion de la crise, opérant à partir du Dispositif d’intervention des Nations Unies en cas de crise, mis en fonctionnement le 5 septembre 2014 pour chapeauter les opérations menées par les organismes des Nations Unies, les États Membres, les organisations non gouvernementales et d’autres partenaires pour aider les pays touchés à faire face à la flambée d’Ebola, ainsi que pour aider les organismes des Nations Unies à organiser, diriger et mener concrètement des actions efficaces destinées à prendre en compte les dimensions plus vastes de l’épidémie, dont la sécurité alimentaire et l’accès aux services sanitaires de base,

Saluant l’intention exprimée par le Secrétaire général de convoquer une réunion de haut niveau, en marge de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, afin d’exhorter les pays à prendre des mesures exceptionnelles et énergiques pour enrayer l’épidémie d’Ebola,

1.  Encourage les Gouvernements libérien, sierra-léonais et guinéen à accélérer la mise sur pied de mécanismes nationaux qui permettent de diagnostiquer rapidement l’infection et d’isoler les cas suspects, d’offrir un traitement, de fournir des services médicaux efficaces aux secouristes, de mettre sur pied des campagnes d’éducation publique crédibles et transparentes, et de renforcer les mesures de prévention et de préparation pour détecter les cas d’Ebola, les atténuer et y faire face, ainsi qu’à coordonner l’apport et l’utilisation rapides de l’aide internationale, y compris les services du personnel sanitaire et les secours humanitaires, et à se concerter pour prendre en compte la dimension transnationale de l’épidémie, notamment en administrant leurs frontières communes, avec l’appui de partenaires bilatéraux, d’organisations multilatérales et du secteur privé;

2.  Encourage les Gouvernements libérien, sierra-léonais et guinéen à poursuivre leurs efforts pour maîtriser ou atténuer les effets plus généraux de l’épidémie d’Ebola sur les plans politique, sécuritaire, socioéconomique et humanitaire, ainsi qu’à mettre sur pied des mécanismes de santé publique viables, efficaces et réactifs, souligne que les mesures prises pour faire face à l’épidémie devraient prendre en compte les besoins particuliers des femmes et insiste sur la nécessité de les associer pleinement et concrètement à l’élaboration de telles mesures;

3.  S’inquiète des effets préjudiciables que l’isolement a sur les pays touchés du fait des restrictions en matière de commerce et de déplacements qui leur ont été imposées;

4.  Invite les États Membres, y compris de la région, à lever les restrictions aux déplacements et aux frontières imposées en raison de l’épidémie d’Ebola et qui concourent à isoler davantage les pays touchés et à saper leurs efforts visant à y faire face et demande également aux compagnies aériennes et maritimes de maintenir les liens de commerce et de transport avec les pays touchés et la région dans son ensemble;

5.  Prie les États Membres, en particulier de la région, de faciliter l’acheminement d’une assistance, y compris d’un personnel qualifié, spécialisé et formé et de fournitures, pour permettre aux pays touchés d’enrayer l’épidémie, remercie vivement le Gouvernement ghanéen d’avoir autorisé la reprise des vols de la navette de la MINUL entre Monrovia et Accra, qui permettront de transporter des agents sanitaires internationaux et autres intervenants dans des zones frappées par l’épidémie d’Ebola au Libéria;

6.  Exhorte les États Membres, en particulier de la région, et tous les acteurs compétents qui fournissent l’aide demandée pour faire face à l’épidémie d’Ebola, de redoubler d’efforts en matière de sensibilisation du public et d’appliquer les protocoles de sécurité et de santé ainsi que les mesures préventives nécessaires pour contrer les informations erronées véhiculées au sujet du mode de transmission et de l’ampleur de l’épidémie et éviter d’alarmer inutilement les individus et les communautés et, à cet égard, prie le Secrétaire général d’élaborer un cadre de communication stratégique en faisant appel à toutes les ressources et installations du système des Nations Unies dans les pays touchés, selon les besoins de la situation et en fonction des disponibilités, et notamment d’aider les gouvernements et d’autres partenaires concernés;

7.  Engage les États Membres à fournir une assistance et des ressources d’urgence, y compris des moyens médicaux à même d’être déployés, tels que des hôpitaux de campagne dotés de services d’experts, de personnel qualifié et de matériel suffisant, de services de laboratoire, de dispositifs de soutien logistique, de transport et d’aide à la construction, pour les ponts aériens et autres formes d’appui aérien, de services aéromédicaux et de services cliniques attitrés dans les unités de traitement d’Ebola et d’isolement, pour aider les pays touchés à intensifier leurs activités préventives et curatives et à renforcer leurs capacités de lutte contre l’épidémie d’Ebola et à affecter des moyens suffisants pour éviter que des épidémies ne se déclarent ultérieurement;

8.  Encourage vivement les États Membres, ainsi que les partenaires bilatéraux et les organisations multilatérales, y compris l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne, à se mobiliser sans tarder et à fournir immédiatement aux pays touchés et à ceux qui leur prêtent assistance, des compétences techniques et des moyens médicaux supplémentaires, destinés, entre autres, à assurer un diagnostic rapide et la formation d’agents sanitaires aux niveaux national et international, à continuer de procéder à des échanges de connaissances, de données d’expérience et de pratiques optimales, ainsi qu’à maximiser les synergies pour faire face de manière efficace et immédiate à l’épidémie d’Ebola, à apporter aux pays touchés et aux partenaires d’exécution les ressources essentielles, les fournitures et l’assistance coordonnée nécessaires etenjoint à tous les acteurs compétents de coopérer étroitement avec le Secrétaire général dans le cadre des efforts d’assistance en matière de lutte contre l’épidémie;

9.  Invite les États Membres à appliquer les recommandations temporaires pertinentes formulées dans le cadre du Règlement sanitaire international de 2005 à l’épidémie d’Ebola qui s’est déclarée en 2014 en Afrique de l’Ouest et à superviser l’organisation, la coordination et la mise en œuvre des activités nationales de planification préalable et de lutte, notamment, le cas échéant, en collaboration avec des partenaires de développement international et de l’action humanitaire;

10.Salue la contribution que continue d’apporter et l’engagement dont continue de faire preuve le personnel international de santé et de secours humanitaires pour faire face d’urgence à l’épidémie d’Ebola et engage tous les acteurs compétents à mettre en place les mécanismes de rapatriement et les arrangements financiers nécessaires, y compris les moyens d’évacuation médicale et les modalités de traitement et de transport requises pour faciliter leur déploiement immédiat et sans entrave dans les pays touchés;

11.Prie le Secrétaire général de contribuer à faire en sorte que toutes les entités compétentes du système des Nations Unies, dont l’OMS et les Services aériens d’aide humanitaire des Nations Unies, compte tenu de leurs mandats respectifs, accélèrent leur intervention face à l’épidémie d’Ebola, notamment en aidant à élaborer et à mettre en œuvre des plans de préparation, d’opérations, de liaison et de collaboration avec des gouvernements de la région et ceux qui prêtent assistance;

12.Encourage l’OMS à continuer de renforcer son rôle d’encadrement technique et de soutien opérationnel aux gouvernements et partenaires, de suivre la transmission du virus Ebola, d’aider à déterminer les besoins actuels en matière d’intervention et les partenaires pour y pourvoir, de manière à favoriser la disponibilité de données essentielles et à mettre au point et à administrer rapidement des thérapies et des vaccins dans le respect des meilleures pratiques cliniques et éthiques et encourage également les États Membres à fournir tout le soutien nécessaire à cet égard, notamment par le biais d’un échange de données, conformément à la législation applicable;

13.Décide de rester saisi de la question.

Déclarations liminaires

Jusqu’ici, le Conseil de sécurité n’avait discuté que deux fois de l’impact d’une question de santé publique sur la sécurité et les deux fois concernaient l’épidémie du VIH/sida, a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, M. BAN KI-MOON.  Aujourd’hui, a-t-il prévenu, la crise d’Ebola s’est muée en une situation d’urgence complexe, avec des dimensions politique, sociale, économique, humanitaire et sécuritaire.  Les souffrances et les conséquences de la crise dans la région et au-delà, exigent l’attention du monde entier.  Ebola nous importe à tous.

L’épidémie est la plus grave que le monde n’ait jamais connue.  Le nombre des cas double toutes les trois semaines et au Libéria, il y aura bientôt plus de cas dans ce pays qu’en 40 ans d’histoire de cette maladie.  En Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, la maladie détruit les systèmes de santé, le virus a un prix économique très élevé et le transport et les services sociaux sont interrompus.  La situation est d’autant plus tragique quand on pense aux efforts remarquables que le Libéria et la Sierra Leone ont faits pour tenter d’oublier les années de conflit. 

La gravité et l’ampleur de la situation exigent désormais un niveau d’interventions internationales sans précédent pour une crise de santé.  Pour la première fois, a confié le Secrétaire général, j’ai activé le Dispositif d’intervention des Nations Unies en cas de crise, le Centre de réaction à Ebolaétant désormais opérationnel.  Mais cette situation sans précédent exige des mesures sans précédent, a poursuivi le Secrétaire général pour expliquer sa décision de créer une mission sanitaire d’urgence des Nations Unies, combinant la perspective stratégique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des capacités logistiques et opérationnelles fortes. 

Cette mission internationale, qui sera connue sous le nom de Mission des Nations Unies pour la réponse d’urgence à Ebola (UNMEER) aura cinq priorités: arrêter la propagation du virus, soigner les malades, assurer les services essentiels, préserver la stabilité et prévenir d’autres irruptions de la maladie.

Sous le leadership d’un représentant spécial du Secrétaire général, la Mission devrait réunir un large éventail d’acteurs et d’expertise des Nations Unies pour appuyer les efforts nationaux.  Elle s’appuiera sur les capacités de plusieurs partenaires internationaux et travaillera en coordination étroite avec les organisations régionales comme l’Union africaine et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  La Mission fera tout pour que les efforts ne fassent pas doubles emplois, comblent les déficiences et s’inscrivent dans une stratégie globale.  Le but est de déployer une première équipe sur le terrain avant la fin du mois.

Le succès de la Mission, a prévenu le Secrétaire général, dépendra d’abord et avant tout de l’appui de la communauté internationale, les meilleures estimations chiffrant à 20% le taux auquel doit augmenter l’assistance.  Au début de la semaine, a-t-il rappelé, les Nations Unies ont présenté une note de 1 milliard de dollars pour les six prochains mois.  Le Secrétaire général a insisté sur les capacités dans le domaine de l’évacuation médicale, essentielles pour rassurer les agents de santé et humanitaires « héroïques » qui mettent et mettront leur vie en danger pour sauver les autres. 

Le Secrétaire général a salué la résolution que le Conseil de sécurité entend adopter et annoncé une autre de ses déclarations devant l’Assemblée générale demain.  Dans une semaine, a-t-il aussi rappelé, nous nous réunirons au plus haut niveau pour mobiliser la volonté politique nécessaire et relever « ce défi extraordinaire ».  Nous ne pouvons nous offrir des délais.  Le prix de l’inaction est élevé.  Nous devons faire la course, dépasser l’épidémie, nous retourner et lui faire face avec toute notre énergie et toute notre force.  Je compte sur l’appui du Conseil de sécurité et celui de l’Assemblée générale pour réussir cette épreuve, a conclu le Secrétaire général. 

M. DAVID NABARRO, Coordonnateur principal du système des Nations Unies pour le virus Ebola, a indiqué que depuis sa prise de fonctions il a un mois il s’était rendu à deux reprises dans chacun des pays les plus touchés.  Il a constaté que la maladie à virus Ebola progresse de manière exponentielle, ce qui signifie, a-t-il expliqué, qu’elle s’accélère de manière très rapide, doublant en ampleur environ toutes les trois semaines.  Cette maladie augmente en outre de manière linéaire, a-t-il aussi précisé, ce qui signifie que l’épidémie progresse bien plus vite que les efforts visant à la contrôler.  Le Coordonnateur principal a averti que plus cette situation persistera, plus il sera difficile de contrôler la maladie à virus Ebola et de permettre aux pays touchés de retrouver la prospérité pour laquelle ils avaient tant œuvré.  Selon les estimations, pour arriver à contrôler cette épidémie, le niveau de réaction doit être 20 fois plus important qu’il ne l’est actuellement, a dit M. Nabarro après le Secrétaire général, étant donné qu’il faut compter 2 à 3 mois pour créer les systèmes de réaction.

Cette maladie est compliquée, a enchainé le Coordonnateur principal.  Douze actions critiques différentes doivent être mises en place pour un contrôle véritablement efficace.  M. Nabarro a notamment évoqué la santé des femmes enceintes, l’alimentation des malades et le versement d’un revenu essentiel aux ménages.  Il a estimé que si la réponse est bien organisée, le renforcement massif des efforts de lutte contre la maladie à virus Ebola permettra de mettre rapidement un terme à l’épidémie.  Le Coordonnateur principal s’est félicité de l’engament de l’Union européenne, des États-Unis et du Royaume-Uni sans oublier les offres de Cuba et de la Chine, entre autres.  M. Nabarro a appelé le « monde entier » à se rassembler derrière les pays touchés pour pouvoir espérer obtenir des résultats rapides.

Mme MARGARET CHAN, Directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a d’emblée déclaré que « cette épidémie est différente » même, a-t-elle souligné, pour une organisation comme la sienne qui a géré avec succès de nombreuses épidémies ces dernières années.  Personne, a-t-elle dit, n’a jamais vu une urgence de cette ampleur, de telles souffrances et de telles conséquences en cascade.  « Ce n’est pas seulement une épidémie.  C’est n’est pas seulement une crise de santé publique.  C’est une crise sociale, humanitaire, économique et une menace à la sécurité nationale qui va bien au-delà des zones touchées. » 

Mme Chan s’est félicitée des annonces faites par les États-Unis et le Royaume-Uni et d’autres pays comme la Chine et Cuba.  Aujourd’hui, a-t-elle commenté, tout est sans précédent.  Tout se produit plus vite qu’avant.  Les besoins sont immenses et nous le savons.  Plus de 5 500 personnes ont été infectées dont plus 2 500 sont mortes et ces chiffres choquants sont bien en deçà de la réalité.  Cela prendra du temps mais l’épidémie peut être contenue, a-t-elle assuré, en prenant les cas du Nigéria et du Sénégal, où les Gouvernements, le Centre américain pour le contrôle des maladies (CDC) et Médecins sans frontières ont répondu immédiatement avec les mesures d’urgence qu’il fallait.  D’autres pays auront à faire de même et avec les différentes offres d’appui qui continuent à s’accumuler, « je suis sûre que nous triompherons », a conclu Mme Chan. 

Lui-même libérien et travaillant au Libéria, M. JACKSON K.P NAIMAH, Médecin sans frontières (MSF), a dit qu’une de ses nièces et une de ses cousines, toutes deux infirmières, sont mortes du virus Ebola, au mois de juillet dernier.  J’ai aussi perdu, a-t-il ajouté, de nombreux amis, des copains d’université et des collègues.  Je ne peux pas me mettre à l’écart et regarder mourir mon peuple.  Mais, avec mes collègues présents ici, je sais que je ne peux pas combattre Ebola tout seul.  Vous, communauté internationale, devez nous aider, a plaidé le représentant de MSF. 

Au moment où nous parlons, des gens attendent aux portes de nos centres, suppliant littéralement pour qu’on leur sauve la vie.  Nous avons besoin, a dit l’orateur, de « contact tracing » pour tracer toutes les personnes porteuses du virus ou qui ont été en contact avec une personne infectée.  Nous avons besoin d’améliorer la sensibilisation pour lutter contre le déni.  Nous avons besoin de plus de centres de soins où chaque malade peut trouver un lit et éviter de contaminer les membres de sa famille.  Nous avons besoin de former notre personnel et de remettre en route nos services de santé car nous avons vu trop d’agents de santé et de chauffeurs d’ambulance revenir au centre comme patients, confrontés à un destin fatal.

Alors s’il vous plaît, a supplié le représentant de MSF, envoyez-nous vos hélicoptères, vos centres, vos lits et vos spécialistes et n’oubliez pas les fondamentaux parce que certains ménages n’ont ni savon, ni eau et ni seau, des choses simples qui peuvent inverser la courbe de l’épidémie.  Ebola a affecté tous les aspects de nos vies, a-t-il souligné.  Les écoles et les universités ont fermé, sans oublier les services publics.  L’avenir de mon pays est suspendu à un fil, a-t-il insisté, et s’adressant aux membres du Conseil de sécurité, il a dit: comme nous le sommes pour nos enfants, soyez un exemple pour vos pairs, en tant que nations dotées de ressources, de biens et de compétences, et arrêtez cette catastrophe.

Déclarations

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a rappelé que cette séance du Conseil de sécurité représente la première réunion d’urgence consacrée à une question sanitaire.  « Fermer les yeux ne va pas faire disparaître cette maladie », a-t-elle mis en garde, tout en ajoutant, que ces derniers mois, la communauté internationale avait misé sur des approches qui avaient fait leur preuve par le passé, mais qu’elle n’a malheureusement pas tenu compte de la nouveauté du phénomène dans la sous-région d’Afrique de l’Ouest.  La représentante a noté que l’isolement des pays touchés les prive des ressources économiques dont ils ont justement besoin pour faire face à l’épidémie d’Ebola.  « Au lieu de les isoler, il faudrait plutôt les inonder de ressources », a-t-elle plaidé.  Dans ce contexte, Mme Power a rappelé que les États-Unis, par la voix de leur Président, M. Barack Obama, avaient annoncé le déploiement de 3 000 militaires au Libéria, tout comme la mise en place prochaine d’un centre de soins et d’unités de traitement dans tous les pays touchés. 

Mme Power a reconnu que l’épidémie d’Ebola dépasse les capacités d’une nation et d’une région, racontant l’histoire dramatique de malades abandonnés par leur famille à la porte des hôpitaux.  « Nous ne voulons pas vivre dans un monde où un père est obligé d’abandonner sa fille malade », a-t-elle dit, avant d’affirmer que la résolution adoptée par le Conseil de sécurité à l’unanimité comptait 130 coauteurs, un record dans l’histoire du Conseil de sécurité.  Les 2 176 précédentes n’ont pas suscité un tel engouement, a-t-elle fait observer.  Elle a invité tous les États à agir d’une manière ou d’une autre, même symboliquement, en faisant don de savon ou de seau.  Elle a pris l’exemple du Nigéria où la mobilisation nationale a permis de maîtriser l’épidémie dès ses débuts grâce à l’identification et à la mise en quarantaine des individus qui avaient été en contact avec le premier cas signalé.  « Nous avons vu des formes d’épidémie terrifiantes dans les films d’Hollywood, mais il s’agit maintenant de la vie réelle ».  « La communauté internationale se doit d’agir », a conclu la représentante.

M. USMAN SARKI (Nigéria) s’est inquiété d’une propagation exponentielle et inédite de la maladie et de ses ramifications.  C’est une alerte mondiale contre « un ennemi invisible » que nous connaissons à peine, s’est-il alarmé, insistant sur la nécessité urgente d’appuyer les pays les plus touchés.  Il a indiqué que l’expérience du Nigéria avait démontré la possibilité de contenir et de vaincre la maladie.  Il a appuyé l’initiative du Secrétaire général de créer une mission spéciale et a fait savoir que le Nigéria a versé plus de 3 millions de dollars pour appuyer les efforts et qu’il forme de nombreux médecins et autres agents de santé.  Le représentant s’est opposé à la fermeture des frontières, aux restrictions imposées aux déplacements et à la stigmatisation de toute personne sur la base de sa nationalité. 

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a constaté que c’est la première fois dans l’histoire du Conseil de sécurité que celui-ci qualifie une épidémie de menace à la paix et à la sécurité.  Il s’est inquiété des ramifications sociales et économiques de la maladie qui, a-t-il averti, menace d’annuler les dividendes de la paix au Libéria et en Sierra Leone et de replonger ces pays dans le chaos.  Le représentant a indiqué que le Président de la France avait fait de la lutte contre Ebola une priorité. Depuis le début de l’épidémie, la France soutient l’action de l’OMS dans les pays touchés.  Des experts français ont identifié le virus et ont été les premiers sur le terrain en Guinée.  Il a ensuite précisé que la France avait versé plus de 70 millions d’euros à la lutte contre l’épidémie et contribuerait encore à hauteur de 35 millions d’euros, dont une partie importante à l’intention de la Guinée. 

À Conakry, la France finance un centre d’expertise de l’Institut Pasteur et dans les jours qui viennent, elle installera un hôpital militaire en « Guinée forestière ».  Le représentant a aussi parlé des 150 millions d’euros que l’Union européenne s’est engagée à verser aux pays touchés, notamment pour appuyer leurs système de santé, créer des laboratoires mobiles et veiller à la formation des agents de santé.  Ebola n’est pas un fléau divin mais peut être contenu si des règles sanitaires strictes sont respectées, a souligné le représentant qui a salué le dévouement des équipes de MSF.  « Nous devons être à la hauteur du courage de ces hommes et de ces femmes », a-t-il encouragé.

M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a rendu hommage aux personnels médicaux et non médicaux qui sont mobilisés sur le terrain.  Il a salué la décision du Secrétaire général des Nations Unies de créer une mission et s’est félicité de la résolution du Conseil.  Il a relevé que le succès de la mobilisation internationale dépend d’une bonne campagne de sensibilisation du public pour barrer la voie à la discrimination et la stigmatisation qui entourent cette maladie.   

M. DMITRY I. MAKSIMYCHEV (Fédération de Russie) a salué, à son tour, la résolution sur l’épidémie d’Ebola et la prompte mobilisation de Médecins sans frontières (MSF) et de Cuba.  Il a indiqué que la Fédération de Russie avait financé l’achat de modules de traitement disponibles en Guinée.  Il a également déclaré que son pays a déployé, toujours en Guinée, une brigade médicale spéciale dans un hôpital et y a installé un laboratoire mobile.  Le représentant a souligné qu’au vu des implications sociales de l’épidémie d’Ébola, la Fédération de Russie entendait apporter une aide d’un million de dollars au Programme alimentaire mondial (PAM). 

Il a en outre annoncé que la Fédération de Russie avait mené, avec succès, des essais sur un vaccin qui n’attend plus que l’accord de l’OMS pour sa mise en circulation.  La propagation de l’épidémie est due à des standards de santé « peu orthodoxes », a-t-il dénoncé, avant d’annoncer que son pays va faire une contribution spéciale de 2,5 millions de dollars à l’OMS pour améliorer cet aspect des systèmes de santé et octroyer une autre somme de 3 millions de dollars pour renforcer la capacité de réaction de l’OMS face aux épidémies.

M. JOON OH (République de Corée) a constaté que la crise Ebola détruit la structure même des sociétés efficaces et les acquis en matière de consolidation de la paix.  Il a appelé la communauté internationale à y réagir de manière urgente et coordonnée, avant que l’épidémie n’échappe à tout contrôle.  Il a voulu que l’ONU renforce les systèmes de réaction et gère les flux d’aide.  Il a exhorté les États Membres à s’abstenir de fermer leurs frontières, constatant que cela nuit aux efforts déployés pour endiguer la propagation de la maladie.  Le représentant a aussi estimé que la situation actuelle appelle les missions de maintien de la paix de l’ONU qui se trouvent dans la région à envisager comment appuyer les efforts déployés.

Mme RAIMONDA MURMOKAITÉ (Lituanie) a salué le leadership du Secrétaire général, la réponse rapide de l’ONU et la mise en place d’une mission pour coordonner la réponse de la communauté internationale.  Cette crise aura des implications socioéconomiques sur des pays qui venaient juste de sortir de conflits dévastateurs, s’est-elle désolée.  La peur se répand comme le feu, a-t-elle constaté, ajoutant que l’épidémie est un test pour la solidarité internationale et à l’état de préparation à répondre à ce type de menaces non conventionnelles qui pourraient s’avérer aussi dévastatrices que tout autre conflit, avec des conséquences incalculables.  Elle a salué les efforts de la MINUL sur le terrain, l’engagement politique des chefs d’État de l’Union du fleuve Mano et de l’Union africaine dont le Conseil de paix et de sécurité vient d’envoyer sa première mission humanitaire dans la région.  Mme Murmokaité a rappelé que l’Union européenne établit en ce moment une réponse globale à l’épidémie et qu’elle a déjà débloqué une somme de 149 millions d’euros pour les pays ouest-africains touchés.

M. WANG MIN (Chine) a appelé la communauté internationale à répondre à l’épidémie dans un sentiment d’urgence, avertissant que plus les efforts tarderont, plus ils seront coûteux.  Il a salué l’initiative du Secrétaire général de créer l’UNMEER et a insisté sur la nécessité de garder à l’esprit les besoins à long terme des pays touchés.  Il a rappelé que la Chine avait été frappée par le SARS en 2003 et qu’elle partage volontiers son expérience en matière de lutte épidémiologique.  La Chine a notamment fourni une aide financière et en nature aux pays touchés d’Afrique de l’Ouest.  Une équipe médicale de 59 personnes et un laboratoire ont notamment été dépêchés en Sierra Leone.  La Chine compte aussi verser 2 millions de dollars à l’OMS et à l’Union africaine pour appuyer leurs efforts contre la maladie à virus Ebola.

M. GARY FRANCIS QUINLAN (Australie) a fait remarquer que les femmes étaient touchées de manière disproportionnée par la maladie.  Les infirmières, par exemple, constituent la majorité des cas de décès parmi le personnel médical.  M. Quinlan a jugé crucial de fournir une réponse coordonnée et s’est félicité du travail déjà mené en ce sens par le système des Nations Unies, en particulier l’OMS.  Comme l’a montré la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), les missions peuvent assurer une communication efficace auprès du public en ce qui concerne les mesures préventives.  Elles peuvent aussi appuyer le maintien de l’ordre.  Venant à la question des restrictions aux déplacements, il a demandé leur levée « mais avec prudence », avant d’annoncer que l’Australie fournirait immédiatement la somme de 7 millions de dollars pour contribuer à la réponse internationale.

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a prévenu que si la communauté internationale échouait face à Ebola, la catastrophe humanitaire qui s’ensuivrait sapera, sans aucun doute, les gains en matière de sécurité dans cette région qui a connu de nombreux conflits, ces dernières années.  Il a salué la résolution du Conseil et a rappelé que son pays soutient, à hauteur de 60 millions de dollars, un centre de santé installé à Freetown en Sierra Leone.  Le représentant a aussi indiqué que des personnels militaires britanniques sont également à pied d’œuvre sur le terrain et il a annoncé un don de 700 lits aux pays touchés, prévenant que chaque jour qui passe signifie plus de cas d’infections et plus de morts.  Il a appelé au renforcement de la protection des femmes qui sont plus vulnérables face au virus.  Il a sonné l’alerte d’une grande mobilisation internationale contre Ébola.

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a dit que pour stopper l’épidémie d’Ebola, nous devons utiliser tous les moyens publics et privés, civils et militaires à notre disposition.  Les Nations Unies ont un rôle clef à jouer pour coordonner cet effort mondial.  La représentante a indiqué que le Luxembourg soutenait le lancement de la nouvelle mission proposée par le Secrétaire général.  Cette mission devra, d’une part, soutenir les efforts des pays affectés et, d’autre part, aider les pays de la région qui ne sont pas encore affectés à prévenir l’apparition du virus.  Cette mission de « maintien de la santé » pourra aussi coordonner et orienter au mieux les contributions des uns et des autres, a estimé Mme Lucas qui a révélé que le Luxembourg a déjà contribué à quatre actions notamment le projet régional de réponse à la maladie à virus Ebola de l’OMS et le programme de protection et de traitement de MSF. 

La représentante a poursuivi en disant qu’agir vite pour arrêter le virus Ebola doit aller de pair avec un travail de longue haleine pour prévenir la répétition d’une telle crise à l’avenir.  Il faut prendre à bras-le-corps les défis structurels qui condamnent la majeure partie des citoyens de l’Afrique de l’Ouest à la misère et à la fragilité et qui accroissent leur vulnérabilité à des chocs comme l’épidémie d’Ebola.  La Commission de consolidation de la paix aura un rôle à jouer dans ce contexte, en appuyant le renforcement des institutions publiques pour les rendre plus responsables et plus efficaces, a-t-elle soutenu.  Elle a indiqué que la formation Guinée de la Commission était à l’écoute des autorités nationales pour réexaminer les priorités de consolidation de la paix à la lumière de la crise actuelle. 

M. BANTE MANGARAL (Tchad) a déploré les restrictions auxquelles sont soumis les pays touchés par Ebola.  Il a salué l’ouverture, par le Sénégal et le Ghana, de facilités logistiques et s’est dit convaincu que l’épidémie peut être maîtrisée si la communauté internationale y met le prix.  Le représentant a annoncé que son pays ne manquera pas de faire une contribution à cette lutte.  

Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a averti qu’à moins d’agir avec urgence, la conscience éthique et l’engagement institutionnel du Conseil de sécurité se verront remis en cause.  Elle a rappelé que l’épicentre de l’épidémie se trouve dans une région qui a connu de nombreux conflits dans le passé et menace à présent sa stabilité.  Elle a appelé les institutions de l’ONU à faire preuve d’une coopération appropriée pour s’attaquer aux causes et aux conséquences de l’épidémie.  L’Assemblée générale doit notamment assumer ses responsabilités en donnant suite à l’appel du Secrétaire général de créer l’UNMEER.  La représentante de l’Argentine a aussi fait observer que la lutte contre la maladie aurait été tout autre si les pays concernés avaient pu compter sur des systèmes de santé adéquats.  Ce que nous avons sous les yeux, c’est la manifestation des inégalités et d’une injuste répartition des richesses.  Elle a appelé les États Membre à réfléchir aux questions liées à la dette souveraine et à leurs conséquences.

Mme DINA KAWAR (Jordanie) s’est inquiétée du rythme de propagation sans précédent de l’épidémie.  Elle a déploré le fait que la maladie ait frappé le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée au moment même où ils recouvraient leur stabilité.  Elle a indiqué que la Jordanie avait déployé des policiers et observateurs au Libéria qu’elle s’efforce de protéger du risque d’infection.  Elle a appuyé la décision du Secrétaire général de déployer une mission dans la région.

M. CRISTIÁN BARROS MELET (Chili) a estimé que l’épidémie constitue une menace réelle à la stabilité, la sécurité et la paix dans une région en phase de consolidation de la paix.  Il a donc demandé que le Conseil de sécurité adopte les décisions nécessaires pour que les pays touchés puissent mettre en œuvre les mesures techniques et politiques utiles.  Il a souhaité que la communauté internationale agisse avec les moyens et les institutions disponibles, comme la Commission de consolidation de la paix.  Il faut aussi que les États touchés se coordonnent avec les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, ainsi qu’avec les États et agences donateurs, afin d’éviter les doubles emplois.

Le représentant a recommandé la recherche de mécanismes efficaces pour briser la chaîne de transmission du virus.  Il faut, a-t-il ajouté, mettre l’accent sur la sensibilisation de la population et du personnel de santé, afin de combattre les préjugés sur le virus et éviter la stigmatisation.  Il a enfin averti des incidences économiques qui pourraient être catastrophiques, avant de demander de ne pas interrompre le service aérien ou maritime vers les pays affectés. 

M. AUGUSTINE KPEHE NGAFUAN, Ministre des affaires étrangères du Libéria, a indiqué que depuis l’irruption de la maladie à virus Ebola, son gouvernement avait lancé de nombreuses mesures pour enrayer la maladie, en lançant notamment des campagnes de sensibilisation et de prévention et en s’attaquant aux pratiques traditionnelles qui créent « un terrain fertile pour la propagation de la maladie » et en allouant une part importante de ses maigres ressources à la lutte contre l’épidémie.  Il s’est inquiété du fait que la maladie avait à présent étendu son « étreinte mortelle » à 2 800 personnes au Libéria et que 1 500 d’entre elles avaient perdu la vie.  En outre, 170 agents de santé libériens ont été infectés et 80 d’entre eux ont péri.  Le Ministre a aussi fait savoir que les femmes représentent 70% des personnes infectées dans le pays.

M. Ngafuan a averti que l’impact de la maladie avait gravement entravé la capacité du système de santé à faire face aux « maladies routinières », notamment le paludisme, la fièvre typhoïde et la diarrhée, et que de plus en plus de femmes meurent à présent en couche.  Le Ministre a aussi signalé que la maladie à virus Ebola a mis un terme au progrès de la nation.  Selon les estimations, a-t-il notamment indiqué, le PIB devrait chuter de 3,4%, passant d’une estimation précédente de 5,9% à 2,5%.  Les secteurs des mines, de l’agriculture et des services seront les plus gravement touchés.  Le Libéria est de plus en plus préoccupé par l’impact socioéconomique à long terme de l’épidémie.

Le Ministre a poursuivi en saluant les efforts déployés par le Secrétaire général et par les États-Unis pour aider le Libéria.  Il s’est dit choqué par les restrictions aux déplacements et autres restrictions imposées par d’autres membres de la communauté internationale.  Ces mesures, a-t-il dénoncé, sont une stigmatisation de masse et entravent gravement les efforts humanitaires dans nos pays.  M. Ngafuan a appelé les États Membres concernés à modifier leur politique en prenant en considération l’expertise des agences internationales spécialisées.

Rappelant qu’il y a deux jours le Président des États-Unis a averti que si la tendance actuelle se maintient, des centaines de milliers de personnes pourraient être infectées, le Ministre a souligné que la communauté internationale ne peut demeurer passive et laisser ces « prédictions apocalyptiques » devenir une réalité.  Nous ne pouvons nous permettre d’être des observateurs passifs devant nos écrans de télévision.  La réalité est que nous ne sommes pas en train de regarder un film avec une fin prédéterminée.  Nous sommes tous les acteurs d’un scénario qui ne cesse d’évoluer et nous pouvons influer sur la fin par nos actions ou nos défaillances.

M. FRANÇOIS LOUCÉNY FALL, Ministre d’État chargé des affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger de la Guinée, a averti qu’au-delà de l’aspect sanitaire et de la « psychose généralisée » qui s’est emparée des populations, la maladie à virus Ebola ralentit les activités économiques des pays touchés.  Il a précisé que les secteurs des transports, du commerce, du tourisme et de l’agriculture étaient particulièrement touchés et que l’épidémie pourrait entrainer une chute du PIB de l’ordre de 2,5%, compromettant tous les efforts de développement entrepris par la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria.  Si des mesures idoines ne sont pas prises, a-t-il averti, une crise humanitaire pointe à l’horizon.  M. Fall a aussi souligné que ces trois pays sont tous inscrits à l’agenda de la Commission de consolidation de la paix.

Le Ministre d’État a ensuite affirmé que la fermeture des frontières, les restrictions de vols, la stigmatisation des victimes, l’isolement des pays touchés et le refoulement de leurs ressortissants constituent « une arme plus dangereuse que le fléau à combattre ».  Il a appelé le Conseil de sécurité à faire respecter les recommandations de l’OMS et de l’Association internationale des transports aériens.

M. Fall a signalé que depuis le début de l’épidémie, 600 décès avaient été enregistrés en Guinée.  Une Déclaration d’urgence sanitaire nationale a été décrétée par le Gouvernement et, il y a quelques jours, le Comité national de gestion de l’épidémie a adopté un plan accéléré de riposte sur une période de 2 à 6 mois.  Il a aussi indiqué qu’un cordon sanitaire a été institué à tous les postes frontières, de même que la restriction du mouvement des personnes et leur soumission à des mesures de dépistage à tous les points de passage du pays, y compris à l’aéroport de Conakry.  Il a argué que ces mesures de sécurisation et de prévention justifient le maintien des fréquences des vols des compagnies aériennes Air FranceSN Brussels et Royal Air Maroc.

M. Fall a indiqué qu’aujourd’hui le Gouvernement privilégie la communication de proximité afin « d’impacter sur la perception que certaines communautés ont de la maladie », évoquant notamment la « réticence » des milieux ruraux à la présence des agents de santé.  Le Ministre d’État a aussi parlé des besoins de plus en plus accrus de la Guinée en ressources humaines, financières et matérielles.

M. SAMURA M. W. KAMARA, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la Sierra Leone, a relevé qu’après l’identification du premier cas d’infection au virus Ebola en Sierra Leone en mai dernier, le Gouvernement a mis en place un comité interministériel qui a établi un plan stratégique de six mois.  Il a également indiqué qu’un plan d’urgence de 60 à 90 jours avait été lancé en juillet dernier en collaboration avec l’OMS, tandis que l’état d’urgence a été déclaré dans le pays ainsi que la mise en quarantaine des zones les plus infectées.  Le dernier Sommet de l’Union du fleuve Mano qui a eu lieu le 1er  août dernier en Guinée a permis d’adopter des mesures telles que des contrôles stricts dans les aéroports et les frontières.  Il a salué les contributions financières, médicales et logistiques de la communauté internationale et a souligné que les pays touchés ont besoin davantage de soutien. 

M. Kamara a, à son tour, insisté sur le fait que les efforts faits par les gouvernements des pays touchés ont un impact sur leur économie.  L’épidémie a déjà infecté 1 571 Sierra-Léonais, faisant 483 morts, dont 34 personnels de santé parmi lesquels 4 médecins morts en sauvant la vie de leurs compatriotes.  Cette situation a créé une psychose dans le public, contribuant à saper la lutte engagée contre d’autres maladies.  Le Ministre a rappelé que le retrait, en mars dernier, du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (BINUCSIL), était un indicateur des progrès du pays après une guerre civile dévastatrice.  Or aujourd’hui, l’épidémie d’Ebola a conduit à l’inflation et le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que le PIB va chuter de 3,3%. 

Le Ministre a également déploré l’isolement imposé aux pays touchés par Ebola, précisant que ces mesures contribuent à saper les efforts des organisations qui sont à pied-d’œuvre contre l’épidémie.  Il a appelé la communauté internationale à soutenir la mise sur pied d’un centre de contrôle des épidémies dans la région, un vœu qui avait été exprimé il y a plus d’un demi-siècle par le Président ghanéen Kwame Nkrumah, a-t-il rappelé.

M. ABELARDO MORENO, Vice-Ministre des affaires étrangères de Cuba, a indiqué qu’une brigade médicale cubaine serait prochainement déployée en Sierra Leone, dont les membres cumulent 15 ans d’expérience dans des pays ayant fait face à des catastrophes naturelles ou épidémiologiques.  Il a indiqué que 4 048 Cubains travaillent actuellement en Afrique, dont 2 269 médecins.  Au fil de son histoire, Cuba a formé gratuitement 38 940 médecins venant de 121 pays.  Quelque 6 000 étudiants étrangers étudient actuellement à Cuba, gratuitement.  M. Moreno a aussi précisé que les brigades médicales qui seront dépêchées en Afrique pour lutter contre l’épidémie du virus Ebola font partie du Contingent international Henry Reeves, créé en 2005 et constitué de médecins spécialisés dans la lutte contre les épidémies à grande échelle.

M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a annoncé que le Brésil avait dépêché des kits sanitaires d’urgence pour appuyer les efforts au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone.  Il a précisé que chaque trousse contient des équipements de protection et des fournitures médicales en quantité suffisante pour aider environ 7 000 personnes pendant une durée de trois mois.  Le Gouvernement du Brésil s’est également engagé à verser 450 000 dollars pour appuyer les efforts de l’OMS et la Présidente Dilma Rousseff a autorisé une donation exceptionnelle de milliers de tonnes de riz et de haricots aux pays les plus touchés.  M. de Aguiar Patriota a rappelé qu’il avait convoqué, le 8 septembre dernier, en sa capacité de Président de la Commission de consolidation de la paix, une réunion informelle au cours de laquelle une Déclaration avait été adoptée qui appelle la communauté internationale à offrir un appui urgent à la région et l’exhorte à ne pas isoler les pays touchés.

Le représentant du Brésil a indiqué que l’épidémie de maladie à virus Ebola souligne la nécessité de renforcer les capacités locales de réaction aux crises sanitaires, affirmant notamment que si cette maladie avait frappé une région développée, les systèmes de santé existants auraient pu contenir et triompher de l’épidémie.  Il a estimé qu’une attention particulière doit être accordée à la sécurité des agents de santé locaux qui font face à un risque plus élevé de contagion.

M. OMAR HILALE (Maroc) a annoncé que le Maroc avait décidé de briser la « mise en quarantaine » des pays africains touchés par le virus Ebola en maintenant les dessertes aériennes de la compagnie Royal Air Maroc qui, a-t-il précisé, continue de desservir de manière régulière le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée-Conakry.  En même temps, a-t-il ajouté, la compagnie aérienne marocaine a pris un ensemble de mesures pour garantir la sécurité de son personnel et des passagers, notamment le renforcement des contrôles sanitaires et des mesures préventives, « tant au niveau des vols que des escales africaines et de l’aéroport Mohammed V de Casablanca ».  M. Hilale a aussi fait savoir que la Royal Air Maroc avait affrété, lundi, un vol spécial pour transporter 15 tonnes d’aide humanitaire internationale vers le Libéria, dont 8 tonnes de médicaments et de matériel de prévention et 7 tonnes de vivres.

Évoquant par ailleurs l’ampleur de cette épidémie « sans précédent » et les scènes « absolument déchirantes » dont les États Membres sont témoins en Afrique de l’Ouest, M. Hilale a appelé la communauté internationale à réfléchir sur les moyens de renforcer la sécurité sanitaire mondiale.  Nous avons besoin que cette salle vibre d’un engagement en faveur de l’Afrique l’Ouest, a-t-il lancé.

M. OLIVIER ZEHNDER (Suisse) a salué la feuille de route de l’OMS, en prévenant que si nous devons agir rapidement, nous devons néanmoins veiller à ce que nos actions sur le terrain soient calibrées et coordonnées sous l’égide de l’ONU.  Il a rappelé l’appel lancé à Genève il y a deux jours par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l’OMS et le Coordonnateur de l’ONU pour Ebola en vue d’obtenir 988 millions de dollars afin de couvrir les besoins les plus urgents en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, rien que pour les six prochains mois.  Il a précisé que la Suisse a déjà alloué 3,9 millions de dollars et qu’elle réfléchissait au moyen d’augmenter encore cette contribution.  Il a particulièrement salué la décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine du 19 août 2014 visant à autoriser le déploiement immédiat d’une mission humanitaire militaire et civile pour aider à maîtriser la crise dans les pays affectés.        

M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a dit que le meilleur moyen de rendre justice à tous ceux qui ont péri à cause de l’épidémie est d’agir et de prévenir d’autres victimes.  C’est ainsi que l’Union européenne continuera d’aider les pays les plus touchés, l’OMS, l’OCHA et les ONG à combattre cette maladie aussi efficacement que rapidement.  Il a salué la feuille de route de l’OMS ainsi que la coordination de l’ONU pour faire en sorte que toutes les parties concernées agissent et travaillent de façon cohérente. 

L’Union européenne a donné 150 millions d’euros pour les traitements des malades, la formation, les mesures pour endiguer l’épidémie, les laboratoires médicaux, le maintien des services de santé de base et l’appui budgétaire, a indiqué le délégué.  L’Union a aussi donné 5 millions de dollars à l’Union africaine pour appuyer son aide aux pays touchés.  De nombreux États membres de l’Union ont donné des aides d’urgence pour plus de 23 millions d’euros.  L’Union européenne et ses États membres cherchent aussi des options pour réduire l’isolement croissant des régions touchées.  L’Union traitera aussi de la nécessité de maintenir et de rétablir les réseaux de transport et d’évacuation médicale, a dit le représentant.  Pour les étapes à venir, il a déclaré que l’Union prépare un cadre global qui s’alignera sur la feuille de route de l’OMS et qui soulignera les principaux défis et les modalités d’acheminement de l’aide.  Il a enfin dit que les ministres européens de la santé se réuniront la semaine prochaine à Milan, en Italie, où la crise provoquée par l’épidémie du virus Ebola sera abordée.

M. HALIT ÇEVIK (Turquie) a estimé que le plan de lutte de l’Union africaine et de la CEDEAO démontre que les organisations régionales peuvent jouer un rôle de premier plan dans les crises humanitaires et sanitaires.  Il a salué le sacrifice des agents humanitaires qui mettent leur vie en danger pour venir en aide aux personnes infectées.  Il a noté que l’épidémie d’Ebola représente une urgence internationale qui ne peut être gérée par un seul pays, et il a appelé la communauté internationale à renforcer son assistance technique, logistique et financière.  Il a indiqué que la Turquie entend renforcer son appui dans le futur et a déploré l’isolement dont sont victimes les pays touchés, affirmant néanmoins que la compagnie aérienne turque était l’une des rares à continuer de desservir ces pays.

M. GUILLERMO E. RISHCHYNSKI (Canada) a dit que « nous nous attendons à ce que les Nations Unies présentent une approche cohérente qui permette à la communauté internationale d’intervenir rapidement et efficacement ».  Pour sa part, le Canada a joué un rôle de chef de file en fournissant des contingents d’experts, des vaccins, du matériel et du soutien financier.  Le pays a déployé un laboratoire mobile en Sierra Leone où se relaient des équipes de techniciens canadiens, ainsi que du matériel.  Il a facilité le déploiement de quatre délégués de la Croix-Rouge canadienne en Guinée et en Sierra Leone, y compris quatre spécialistes canadiens dans ce dernier pays, qui travaillent pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).  Le Canada a aussi engagé des fonds totalisant 2,5 millions de dollars en équipements de protection individuelle que doit distribuer l’OMS.  Enfin, le Canada a fait don à l’OMS de 800 à 1 000 doses de vaccin expérimental VSV-EBOV, a révélé le représentant.

M. MOTOHIDE YOSHIKAWA (Japon) a dit sa crainte de voir cette crise sanitaire devenir une crise de consolidation de la paix et a appelé la communauté internationale à y faire face.  Il a relevé que le Japon a déjà octroyé 5 millions de dollars à travers les organisations telles que l’OMS, l’UNICEF, le PAM et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (CICR).  Il a déclaré que le Japon a déjà envoyé quatre missions médicales au Libéria et en Sierra Leone et offert 20 000 vestes de protection au Libéria et à la Sierra Leone.  Il a en outre annoncé que le médicament T-705 ou « Favipiravir », fabriqué par deux compagnies japonaises était en cours d’expérimentation.

M. KAREL JAN GUSTAAF VAN OOSTEROM (Pays-Bas) a précisé que 75% des victimes d’Ebola sont des femmes notamment parce que ce sont elles qui dispensent les premiers soins.  Il a indiqué que le Ministère des affaires étrangères de son pays annoncerait demain une contribution significative.  Une fois que l’épidémie sera sous contrôle, la communauté internationale devra s’engager à rester impliquée aussi longtemps que nécessaire aux côtés des pays affectés de la région, a-t-il estimé.  Il a indiqué que cette épidémie avait aussi le potentiel de déstabiliser des pays et régions entiers et de compromettre la sécurité nationale, régionale et internationale.

M. MÅRTEN GRUNDITZ (Suède) a indiqué que son pays a donné depuis avril 4,4 millions de dollars aux trois pays les plus affectés et principalement aux partenaires comme le Comité international de secours, Médecins sans frontières, Action contre la faim et la société de la Croix-Rouge suédoise.  L’Agence suédoise de coopération internationale au développement finalise de son côté un train de mesures de 13 millions de dollars en réponse à l’appel d’OCHA.  Mais en raison de la situation actuelle au Parlement, il n’est pas certain que des contributions supplémentaires puissent être décidées ou annoncées dans les semaines à venir, a regretté le représentant qui a tenu à souligner la nécessité de renforcer les systèmes nationaux de santé parallèlement aux secours d’urgence actuels.  « Nous devons garder à l’esprit les implications potentielles sur la sécurité de cette crise dans les trois pays les plus touchés qui sont inscrits à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix », a-t-il averti. 

M. RON PROSOR (Israël) a déclaré que son pays était prêt à se joindre aux efforts internationaux pour combattre l’épidémie d’Ebola.  « Nous avons envoyé des fonds d’urgence en Sierra Leone et des équipements médicaux en Éthiopie, des experts de santé publique et de maladies infectieuses au Cameroun et formé une dizaine de médecins, d’infirmiers et d’autres personnels médicaux dans six différents hôpitaux sur la prévention de la maladie », a énuméré le représentant qui a aussi annoncé que des ONG israéliennes se préparent à envoyer des équipes en Sierra Leone.

M. GONZALO KONCKE (Uruguay) s’est inquiété de l’impact dévastateur de l’épidémie sur les femmes et de l’apparition d’un nouveau foyer de contagion en République démocratique du Congo où se trouve un contingent uruguayen composé de 1 200 hommes.  Au vu de cette situation, la population uruguayenne a été dûment informée de ce problème de fond et de la nécessité de mettre sur pied un système d’évacuation et de traitement d’une maladie qui n’a aucun antécédent en Uruguay.

M. TÉTE ANTÓNIO (Union africaine) a indiqué que les pays de la région sont dans une situation d’alerte permanente, vu l’impact dévastateur de la maladie sur la sécurité alimentaire et la situation socioéconomique.  Il a jugé nécessaire de lancer des mesures d’appui en faveur du secteur agricole, entre autres.  Il a fait observer que l’irruption de la maladie avait révélé la grande faiblesse des systèmes de santé.  On ne peut plus tergiverser, il faut agir, a poursuivi M. António.  Il a signalé que l’Union africaine avait élaboré une approche d’urgence et une approche à long terme qui devraient déboucher sur la création d’un centre de prévention des maladies qui favorisera les détections précoces.

Le représentant a rappelé que le 21 août, l’Union africaine a autorisé le déploiement d’une opération militaro-civile pour contenir la propagation de la maladie, laquelle repose sur des volontaires civils pour une période de six mois.  Des mesures de contrôle sanitaires des voyageurs dans les aéroports sont également prévues.  M. António a aussi jugé nécessaire de reconstituer le Fonds spécial d'assistance d’urgence pour la lutte contre la sécheresse et la famine et déploré que les médecins qui œuvrent sur place n’aient pas les ressources correspondant à l’ampleur de leur engagement à lutter contre l’épidémie.

M. JUAN MANUEL GONZÁLEZ DE LINARES PALOU (Espagne) s’est alarmé de la croissance exponentielle de la maladie à virus Ebola et salué l’initiative du Secrétaire général de créer l’UNMEER.  Il a insisté sur la nécessité de ne pas isoler les pays touchés.  Leur mise à l’écart est contreproductive et retarde les efforts de lutte contre la crise, a-t-il notamment averti.  Le représentant a indiqué que l’Espagne avait envoyé une unité de traitement sur le terrain et que 30 ressortissants espagnols aident actuellement les victimes de l’épidémie.  L’Espagne a aussi dû procéder à une des premières évacuations d’agents humanitaires et a élaboré un protocole d’action détaillé en la matière.  Le représentant a déploré le décès du père Miguel mais a promis que son pays compte bien renforcer son aide aux pays limitrophes, notamment le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et le Niger, afin de prévenir les risques de propagation par-delà les frontières.

M. INIGO LAMBERTINI (Italie) a annoncé que durant sa présidence de l’Union européenne, l’Italie saisira toutes les chances pour approfondir le débat, sensibiliser les États membres et mobiliser des ressources supplémentaires pour lutter contre le virus Ebola de façon efficace et concertée.  Les ministres européens de la santé se réuniront à Milan les 22 et 23 septembre pour coordonner la réponse à cette épidémie, a-t-il ajouté.  Le Gouvernement de l’Italie a appuyé l’OMS depuis le début de la crise avec une première contribution de 200 000 euros en avril.  Quelque 240 000 euros supplémentaires ont ensuite été décaissés. 

Une action bilatérale de prévention et de traitement du virus a été approuvée avec des ONG italiennes et très prochainement, des initiatives humanitaires d’un montant de 4 millions d’euros seront menées par l’Agence italienne de la coopération au développement en fonction de l’évolution de la situation.  Le représentant a aussi déclaré que l’expertise italienne en matière de biosécurité pourrait aider à combattre le virus Ebola.  « L’Italie est ouverte aux discussions, au cas par cas, sur les détails techniques et financiers des opérations possibles pour l’évacuation médicale du personnel international », a annoncé le représentant.      

M. ALBERT SHINGIRO (Burundi) a salué la feuille de route de l’OMS du 28 août et les prochaines consultations de haut niveau qui auront lieu le 25 septembre.  Il a cependant estimé que la mobilisation de la communauté internationale n’avait pas atteint le niveau escompté et souhaité une action plus structurée et plus coordonnée, faisant remarquer que l’ampleur de la flambée du virus exige une riposte encore plus énergique et nécessite davantage de ressources et de compétences médicales.  Il a appelé les communautés locales à prendre les choses en main.  Il a demandé à la communauté internationale de ne pas isoler les pays affectés, car, a-t-il expliqué, « cela risque de faire plus de mal que de bien ».  Isoler ces pays serait les priver de l’accès à l’aide humanitaire de base, a-t-il prévenu.  Il a lancé un appel aux pays voisins pour qu’ils acceptent généreusement d’ouvrir des couloirs humanitaires afin de faciliter le transport du personnel international et des fournitures vers les pays touchés. 

M. MARGUS KOLGA (Estonie) s’est inquiété de ce que 120 agents de santé aient été tués par la maladie à virus Ebola, ce qui avait eu un impact certain sur le fonctionnement des systèmes de santé des pays « ravagés » par la maladie.  Il a insisté sur la nécessité de renforcer le secteur de la santé et a salué la création, par le Secrétaire général, d’un système de coordination à l’échelle du système, de même que l’ouverture d’un centre de crise.  Le représentant a ensuite annoncé que l’Estonie s’était engagée à verser 40 000 euros à l’OMS, qui viennent s’ajouter aux 60 000 euros qu’elle avait déjà versés.  Un médecin estonien sera également prochainement envoyé dans un des pays touchés.

Mme MAY-ELIN STENER (Norvège) a dit reconnaître la pression à laquelle sont soumis les personnels nationaux de santé et les agents humanitaires qui effectuent la plus grande partie du travail dans les centres de traitement et auprès des communautés.  Ils méritent notre appui, s’agissant en particulier de leur santé.  La Norvège appuie les priorités de la feuille de route de l’OMS, a ajouté la représentante qui a réitéré l’appel des Gouvernements du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone sur l’importance d’ouvrir les routes du commerce et des transports dans les régions affectées.  Elle a attiré l’attention sur le fait que les femmes sont particulièrement exposées aux risques, qu’elles soient mères au foyer ou infirmières.  Plus de deux tiers des victimes sont des femmes, a rappelé la représentante.  « Combattre Ebola, c’est protéger les femmes et les enfants », a-t-elle plaidé, avant d’annoncer que son pays a triplé sa contribution avec une somme additionnelle de 60 millions de couronnes.  La totalité de la contribution norvégienne s’élève désormais à plus de 13 millions de dollars américains, a rappelé Mme Stener.

M. NKOLOI NKOLOI (Botswana) a indiqué que face à la gravité de la crise, son gouvernement a décidé d’accorder une modeste aide financière à la Guinée, au Libéria et à la Sierra Leone.  Il a salué la décision de l’Union africaine de lancer l’initiative visant à lutter contre le développement de l’épidémie en Afrique de l’Ouest.  Il s’est félicité de la décision du Secrétaire général de développer des centres de crise « Ebola » dans un délai de 6 à 9 mois afin de juguler l’expansion de la maladie.    

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a déclaré que la réponse internationale pour stopper la transmission de l’épidémie d’Ebola doit être rapide, orientée vers l’action et jouir d’un soutien politique au plus haut niveau.  La Nouvelle-Zélande remercie les pays qui ont déjà contribué et ceux qui ont manifesté aujourd’hui leur engagement.  Mais la Nouvelle-Zélande se trouvant en pleine élection générale est constitutionnellement contrainte par ce qui est communément connu sous le nom de « Caretaker Conventions ».  Cependant, l’une des premières tâches du nouveau gouvernement sera d’examiner les différentes options de sa contribution à la réponse internationale.  Le mois dernier déjà, des infirmiers néo-zélandais ont été déployés dans les régions affectées et travaillent avec l’équipe de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.  La Nouvelle-Zélande a aussi financé les efforts de l’UNICEF et de l’OMS pour prévenir la propagation du virus Ebola dans d’autres régions. 

Mme SITI HAJJAR ADNIN (Malaisie) a souligné que la crise sanitaire d’Ebola constitue une menace mondiale qui exige une réaction à la même échelle.  Tout en se félicitant des promesses d’aide de nombreux pays, elle a estimé que cela n’était pas suffisant.  Elle a craint que l’épidémie ne renverse les acquis de la consolidation de la paix dans les trois pays affectés qui sont à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix.  Elle a recommandé une aide internationale coordonnée et soutenue, en appelant le système de l’ONU à rester mobilisé et souple.  Pour sa part, la Malaisie a envoyé 20,9 millions de gants d’examen médical destinés aux pays suivants: Libéria, Sierra Leone, Guinée, République démocratique du Congo et Nigéria.

M. HEIKO THOMS (Allemagne) a annoncé que l’épidémie Ebola en Afrique de l’Ouest sera au centre de la réunion des ministres des affaires étrangères du G7 la semaine prochaine à New York, qui sera présidée par son pays.  Il a aussi annoncé que l’armée de l’air allemande acheminera des équipements médicaux et humanitaires et du personnel médical dans la région.  Les Forces armées allemandes fourniront du matériel pour une unité de traitement au Libéria avec une capacité de 50 lits.  À ce jour, l’Allemagne s’est engagée pour une somme de 17 millions d’euros auprès de l’OMS et d’ONG dont MSF.  Le pays a aussi donné des fonds à l’« Institut de médecine tropicale Bernhard-Nocht » et à l’« Institut pour le contrôle et la prévention des maladies Robert-Koch » qui opèrent en Afrique de l’Ouest, et y a déployé 17 épidémiologistes.  Aujourd’hui-même, le Ministre des affaires étrangères a décidé d’allouer une somme additionnelle de 5 millions d’euros à l’aide humanitaire, alors que l’Allemagne assume déjà la part la plus importante des plus de 150 millions d’euros pour lesquels s’est engagée l’Union européenne. 

Par ailleurs, l’Allemagne finance le développement d’un vaccin et de nouvelles thérapies contre le virus Ebola et a donné plus de 6 millions d’euros d’équipements et autres matériels.  Enfin, avec des pays partenaires, le pays examine la disponibilité des capacités d’évacuation sanitaire, qui aideraient les agents de santé internationaux à accepter d’être déployés dans la région touchée.

M. MIGUEL CAMILO RUIZ (Colombie) a estimé que les restrictions imposées aux déplacements, la suspension des liaisons aériennes et l’isolement des pays touchés n’allaient pas résoudre la crise Ebola.  La solution se trouve dans l’éducation et la coopération, ainsi que dans une orientation stratégique qui permette d’apporter une réponse intégrale à l’épidémie.  La Colombie apportera une aide de 100 000 dollars pour contribuer aux initiatives internationales ainsi qu’une contribution en médicaments et matériel, a annoncé le représentant.  Il a plaidé en faveur d’une action coordonnée de la communauté internationale, dans le respect des besoins définis par les pays touchés.  Il faut, a-t-il ajouté, renforcer les capacités des institutions nationales de santé de ces pays, dans le cadre de leurs plans de développement. 

Mme MARÍA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a déclaré que la communauté internationale doit agir immédiatement pour éviter que la situation actuelle de l’épidémie de la maladie à virus Ebola ne devienne une catastrophe humanitaire mondiale.  Mais si le Nicaragua n’avait pas les ressources financières, il a néanmoins des ressources humaines prêtes à travailler avec les autres partenaires, a dit la représentante.

M. SÉKOU KASSÉ (Mali) a fait remarquer que la maladie à virus Ebola n’était pas nouvelle en Afrique.  Mais, a-t-il expliqué, « l’épidémie qui frappe aujourd’hui la région ouest du continent est sans précédent en termes de propagation, de nombre d’affectés et de victimes ».  Il a assuré que le Mali œuvrait aux plans bilatéral, sous-régional et régional à mettre en œuvre les mesures préconisées par les instances régionales africaines.  Il s’est félicité de l’initiative des plus hautes autorités américaines et de la mobilisation autour de cette initiative.  « Nous demandons de passer urgemment et de façon coordonnée aux actions appropriées, car le virus Ebola n’attend pas et n’a pas besoin de formalités pour passer d’un pays à un autre, d’une région à une autre, partout autour du monde », a-t-il dit.  Enfin, il a appuyé l’idée de la mission proposée par le Secrétaire général.

M. IBRAHIMA SORY SYLLA (Sénégal) a indiqué que dès l’apparition, le 21 mars, de l’épidémie dans la sous-région ouest africaine, le Sénégal avait immédiatement mis en place une stratégie de prévention et de surveillance des points d’entrée du territoire national, assortie d’un plan de communication et de sensibilisation.  Cette stratégie s’est révélée particulièrement efficace car, à ce jour, s’est-il félicité, il n’y a aucun cas de patient sénégalais sur le territoire national.  Le seul cas importé, a-t-il précisé, a été rapidement pris en charge et le patient est aujourd’hui totalement guéri.  Toutes les personnes qui étaient en contact avec ce cas importé ont été placées en observation pendant 21 jours et les tests définitifs se sont révélés « fort heureusement » négatifs.

M. GEORGE WILFRED TALBOT (Guyana) a constaté qu’outre ses retombées sanitaires, l’épidémie Ebola risque d’annihiler les acquis du développement dans les pays touchés.  Il a appelé la communauté internationale à s’adapter à ce défi « colossal ».  Des ressources conséquentes doivent être débloquées pour éviter que la maladie ne se propage davantage et le Guyana compte verser une contribution aux efforts de lutte.

M. ABDALLA OTHMAN KHAMIS (République-Unie de Tanzanie), qui s’est dit optimiste en entendant les engagements pris aujourd’hui, a déclaré qu’il faut maintenant les concrétiser pour stopper l’épidémie d’Ebola.  Il a dénoncé l’isolement des pays touchés qui est une décision malheureuse aggravant les souffrances et les difficultés.  Sur le long terme, « nous devons renforcer les capacités sanitaires pour faire face à ce genre de maladie », a indiqué le représentant qui a laissé entendre que son pays était disposé à « renforcer le niveau de préparation face à l’épidémie d’Ebola ».

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) s’est félicité de la manifestation de solidarité de la communauté internationale et a appelé cette dernière à passer à l’action.  Ce n’est pas uniquement à l’OMS et à l’UNICEF qu’il incombe de lutter contre le fléau, a-t-il estimé, évoquant notamment l’impact de l’épidémie sur l’alimentation.  Il a rappelé que lors de la remise, la semaine dernière, du prix UNESCO pour les scientifiques, le Président de la Guinée équatoriale avait insisté sur l’importance de la solidarité.  Il a annoncé que la compagnie aérienne de la Guinée équatoriale compte desservir de nouveau les pays touchés et que son gouvernement s’est engagé à verser 2 millions de dollars à l’OMS pour appuyer ses efforts de lutte contre la maladie à virus Ebola.

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