Ukraine: de nombreuses délégations du Conseil de sécurité insistent sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays

28 août 2014
CS/11541

Ukraine: de nombreuses délégations du Conseil de sécurité insistent sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays

28/08/2014
Conseil de sécurité
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Conseil de sécurité

7253eséance – après-midi

UKRAINE: DE NOMBREUSES DÉLÉGATIONS DU CONSEIL DE SÉCURITÉ INSISTENT SUR LE RESPECT

DE LA SOUVERAINETÉ ET DE L’INTÉGRITÉ TERRITORIALE DU PAYS

Le représentant russe affirme que des « volontaires » russes sont aux côtés des séparatistes dans l’est du pays

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Jeffrey Feltman, a, cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, prôné la sécurisation urgente de la frontière entre l’Ukraine et la Fédération de Russie, avec la possibilité d’une vérification internationale telle qu’agréée à Minsk entre les Présidents des deux pays.

« Cela permettrait d’empêcher que des armes ne soient fournies aux séparatistes », a déclaré M. Feltman.  De leur côté, de nombreuses délégations du Conseil de sécurité, qui se réunissait en urgence sur la situation dans l’est de l’Ukraine, ont réaffirmé leur soutien au respect de la souveraineté du pays, ainsi que leur désapprobation face à la violation de son intégrité territoriale.

Le Secrétaire général adjoint a souligné que les Nations Unies n’avaient pas actuellement les moyens de vérifier des informations faisant état de l’entrée de troupes et de matériels russes dans l’est de l’Ukraine.  « Si cela était confirmé, a-t-il dit, cela représenterait une violation directe du droit international et la Charte des Nations Unies. »

Selon le représentant du Royaume-Uni, la présence des forces russes est attestée par de nombreuses preuves, notamment des images satellites, ainsi que la capture de parachutistes russes en Ukraine ou encore la possession de matériels de guerre russes par des séparatistes ukrainiens. 

Pour son homologue des États-Unis, « les masques tombent » désormais avec ces soldats russes qui ont été faits prisonniers en Ukraine.  Elle a également noté qu’un dirigeant militaire des séparatistes ukrainiens avait révélé la présence dans leurs rangs de 3 000 à 4 000 soldats russes.

Ces propos ont été rejetés par le représentant de la Fédération de Russie qui a parlé de « volontaires » russes se battant aux côtés des séparatistes.  Il s’est également interrogé sur la présence de conseillers militaires américains ainsi que de matériels militaires américains utilisés par l’armée ukrainienne.

Le représentant de l’Ukraine a estimé pour sa part que la situation avait changé sur le terrain depuis que deux convois militaires russes ont traversé la frontière, notamment en direction de la localité de Novoazovsk.  Il a par ailleurs rappelé que le Président ukrainien avait fait une proposition de plan de paix qui n’a pas été prise en compte par la partie russe. 

Il a rappelé aussi qu’à la rencontre entre les deux Présidents, il y a deux jours à Minsk, au Bélarus, le Président ukrainien avait souligné que le respect de la souveraineté ukrainienne et des aspirations européennes de sa population n’étaient pas négociables. 

Pour le représentant de la France, il est attendu de la Fédération de Russie des gestes permettant d’engager enfin un dialogue politique sérieux et bénéfique à tous.  Ces sanctions seront maintenues, voire augmentées, si l’escalade devait se poursuivre, a-t-il averti, en évoquant les sanctions économiques prises par l’Union européenne, les États-Unis et d’autres pays à l’encontre de la Fédération de Russie.

Face aux nombreuses invitations à s’engager vers des pourparlers directs, le délégué russe a estimé que le plan de paix proposé par le Président ukrainien était un pas de plus vers l’escalade.  Il a ainsi demandé où en étaient maintenant les promesses de réformes de Kiev en faveur des régions et des populations russophones minoritaires. 

Au sujet des militaires russes capturés, il a dit souhaiter qu’ils seraient traités convenablement, tout comme le sont les soldats ukrainiens présents en Fédération de Russie où ils sont nourris et soignés. 

Le représentant russe a également proposé aux membres du Conseil de sécurité d’adopter une déclaration à la presse dans laquelle ils exprimeraient leurs graves préoccupations quant à la détérioration de la situation dans le sud-est de l’Ukraine et appelleraient à un cessez-le-feu immédiat et sans condition.  Ces derniers ont souhaité l’examiner plus minutieusement avant toute décision.

Face à cette crise qui menace l’intégrité territoriale de l’Ukraine, M. Feltman a dit espérer que les élections du 26 octobre en Ukraine puissent avoir lieu sur tout le territoire national, afin que toutes les populations puissent être représentées à Kiev, la capitale, ajoutant que la paix en Ukraine signifierait la paix dans toute la région.

LETTRE DATÉE DU 28 FEVRIER 2014, ADRESSÉE À LA PRÉSIDENTE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ PAR LE REPRÉSENTANT PERMANENT DE L’UKRAINE AUPRÈS DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES (S/2014/136)

Déclarations

M. JEFFREY FETMAN, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a dit regretter que les pourparlers entre les Présidents russe et ukrainien, MM. Vladimir Poutine et M. Petro Porochenko, engagés le 26 août dernier, à Minsk, au Bélarus, fussent aujourd’hui relégués au second plan du fait d’informations récentes sur des combats intenses qui auraient lieu dans le sud-est de l’Ukraine. 

Il a rappelé que, ce matin, le Président ukrainien avait lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle prêtât attention à la situation qui se détériore dans son pays.  M. Feltman a ensuite dressé un tableau difficile sur le terrain avec, notamment, des groupes armés illégaux qui auraient intensifié leurs activités dans la région de Donetsk ces deux derniers jours, propageant ainsi la violence sur la côte sud de l’Ukraine en direction du port stratégique de Marioupol. 

Il a également évoqué le cas de plusieurs petits villages et petites villes où ont lieu d’intenses combats, alors que la ville de Novoazovsk aurait été pour sa part prise par des groupes armés.  Il a souligné que la propagation des combats vers le sud, le long de la frontière avec la Fédération de Russie et de la mer d’Azov, marquait une escalade dangereuse du conflit.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a ensuite dit qu’il était impossible de ne pas faire état d’informations sur l’implication de la Fédération de Russie dans cette nouvelle escalade.  « Si cela était confirmé, a-t-il dit, cela représenterait une violation directe du droit international et la Charte des Nations Unies. »

Il a précisé que les Nations Unies n’avaient pas les moyens de vérifier ces allégations et que la Fédération de Russie avait fermement démenti cette information.  M. Feltman a par ailleurs dit espérer que la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui va se déployer bientôt sur le terrain permettrait d’en savoir plus sur ce qui s’y passe. 

Face à la situation tendue à la frontière entre l’Ukraine et la Fédération de Russie, il a prôné la sécurisation urgente de celle-ci, avec la possibilité d’une vérification internationale telle qu’agréée à Minsk.  Cela permettrait, a-t-il expliqué, d’empêcher que des armes ne soient fournies aux séparatistes. 

Il a en outre émis le vœu que les élections du 26 octobre en Ukraine puissent avoir lieu sur tout le territoire national, afin que toutes les populations puissent être représentées à Kiev, la capitale.  Il a enfin souligné que la paix en Ukraine signifierait la paix dans toute la région.  Il a dit la volonté de l’ONU de poursuivre ses efforts en vue de trouver une solution pacifique à la crise, comme en témoignent les voyages de certains hauts fonctionnaires de l’Organisation en Ukraine.

Mme RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) a fermement condamné l’invasion du territoire ukrainien par les Forces armées de la Fédération de Russie qu’elle a qualifiée de « violation ouverte et flagrante de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».  Elle y a également vu « un coup sérieux porté à la paix, à la sécurité et à la stabilité de toute la région et bien au-delà ».

Rappelant que le Conseil de sécurité avait déjà tenu près de 30 réunions sur l’Ukraine, Mme Murmokaitė a reproché à la Russie d’intensifier la situation au lieu de rechercher une solution.  Sans l’appui continu de la Russie, a-t-elle insisté, les séparatistes illégaux, « clairement une minorité dans la région qu’ils disent représenter », seraient depuis longtemps « à bout de souffle et à court d’armement ». 

Ce conflit a fait trop de morts, a poursuivi la représentante.  L’Ukraine n’a besoin ni de convois « humanitaires » russes, ni de tanks, ni de troupes.  Ce qu’il faut à l’Ukraine, c’est un retour urgent de la Russie aux normes internationalement acceptées, notamment en ce qui concerne le respect de la Charte des Nations Unies.  Le plan de paix du Président Petro Porochenko doit être appliqué d’urgence.  Comme tout Membre souverain de l’ONU, l’Ukraine a le droit de se défendre, conformément à l’Article 51 de la Charte des Nations Unies, a-t-elle conclu.  « Personne ne peut lui ôter ce droit. »

M. ALEXIS LAMEK (France) a dit que le soutien de la Russie aux séparatistes, en violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, était inadmissible.  La présence de soldats russes sur le territoire ukrainien et leur participation directe aux côtés des séparatistes, à la prise de la ville de Novoazovsk, ne sauraient être tolérées.  La Russie doit respecter la souveraineté de l’Ukraine, arrêter son soutien aux séparatistes et les amener à accepter un cessez-le-feu bilatéral. 

C’est dans ce cadre que doit être recherché un règlement politique durable.  Mais encore faudrait-il que Moscou accepte de s’engager sur la voie de la désescalade.  Cela suppose, dans l’immédiat, l’arrêt des livraisons de matériel militaire aux séparatistes.  Cela suppose également le contrôle de la frontière russo-ukrainienne.  Sur ces points, a poursuivi le représentant, il est attendu de la Russie des gestes permettant d’engager enfin un dialogue politique sérieux et bénéfique à tous.

M. Lamek a souligné que la tenue le 26 août dernier à Minsk d’une rencontre en tête-à-tête entre les Présidents Porochenko et Poutine, même si elle n’a apporté que peu de résultats concrets, avait constitué un pas positif, dans la mesure où elle avait permis un contact direct entre les deux Présidents, après celle du 6 juin à Bénouville. 

« Notre objectif est de parvenir, enfin, à une solution politique, durable, à cette crise qui n’a que trop duré.  Mais tant que la Russie poursuivra sur la voie de l’escalade et ne saisira pas l’opportunité de reprendre le dialogue politique, nous maintiendrons la pression », a ajouté le représentant de la France.  C’est pour cette raison que l’Union européenne a adopté, le 29 juillet dernier, un « paquet » substantiel de sanctions économiques sectorielles à l’encontre de la Russie.  Ces sanctions seront maintenues, voire augmentées, si l’escalade devait se poursuivre, a averti le représentant.

Mme DINA KAWAR (Jordanie) a rappelé l’importance du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.  Elle a aussi relevé que la solution envisagée à la crise ukrainienne devait être trouvée en conformité avec la Charte des Nations Unies.  Elle a estimé que toute assistance humanitaire en Ukraine devait se faire avec l’accord des autorités nationales et ne devait pas être politisée. 

La représentante a ensuite dit l’espoir de voir les pourparlers engagés à Minsk par les Présidents russe et ukrainien aboutir à une solution à ce conflit.  Elle a précisé que l’instauration d’une paix réelle en Ukraine exigeait la volonté politique entre les deux parties.

M. OLIVIER MAES (Luxembourg), jugeant la présence de combattants russes parmi les séparatistes, y compris parmi leurs dirigeants, « tout à fait inacceptable », a dit qu’elle devait être condamnée dans les termes les plus fermes.  Il a demandé à la Fédération de Russie de mettre immédiatement fin à toute forme d’activité hostile aux frontières, en particulier à l’afflux d’armes, de conseillers militaires et de personnel armé dans la zone de conflit et de retirer ses forces de la frontière.

Le dialogue entre l’Ukraine et la Russie, initié à Genève et à Berlin, doit être poursuivi, afin de rétablir la souveraineté et l’intégrité de l’Ukraine, a ajouté M. Maes.  La solution à la crise ukrainienne ne peut être que politique.  Seule une telle solution permettra de mettre un terme à la crise humanitaire et aux violations des droits de l’homme dans les zones contrôlées par les troupes armés séparatistes.  « La Fédération de Russie doit être partie intégrante de ces efforts au lieu de continuer à attiser ce conflit datant d’une autre époque », a-t-il conclu.

M. CRISTIÁN BARROS MELET (Chili) a dit l’importance d’inverser l’escalade actuelle qui a cours dans l’est de l’Ukraine.  Il a jugé important que soient respectées la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.  Il a affirmé que les parties devaient s’abstenir de toute provocation et a déploré les violations des droits de l’homme dont il est fait état dans l’est de l’Ukraine. 

Le représentant a par ailleurs souhaité que toute assistance humanitaire dans l’est de l’Ukraine soit menée en accord avec les autorités nationales.  Il a ensuite souhaité que les pourparlers engagés à Minsk entre les Présidents russe et ukrainien puissent continuer, ajoutant que le moment était venu d’organiser un processus inclusif qui garantisse le respect des droits de l’homme, afin que le peuple ukrainien puisse décider de son propre avenir dans la paix.

M. MICHAEL BLISS (Australie) a dit qu’un nombre important de soldats et de matériel russes se trouvaient en Ukraine.  Des soldats et du matériel ont été capturés et des funérailles ont eu lieu en Fédération de Russie pour des soldats russes tombés en Ukraine.  Cette intervention russe est une source de préoccupation majeure et constitue une violation de la souveraineté de l’Ukraine et de la Charte des Nations Unies. 

Pour la délégation australienne, le convoi humanitaire russe constituait en outre une violation du droit humanitaire car il n’a pas été autorisé par l’Ukraine.  La Fédération de Russie doit retirer ses troupes et ses matériels de l’Ukraine et contrôler ses frontières, a déclaré le représentant qui a plaidé pour que la résolution 2166 (2014) du Conseil de sécurité soit mise en œuvre.

M. GOMBO TCHOULI (Tchad) s’est dit préoccupé par la récente dégradation de la situation sécuritaire en Ukraine, alors que les Présidents russe et ukrainien s’étaient rencontrés le 26 août. 

La solution à cette crise est politique, fondée sur un dialogue direct et inclusif.  Elle passe aussi par le respect de la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine, le respect des résolutions du Conseil de sécurité et de la Charte des Nations Unies. 

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a affirmé que depuis le début de la crise en Ukraine, le Conseil de sécurité avait, au cours de chacune de ces sessions, dit à la Fédération de Russie de mettre fin à ses actes en Ukraine, mais que le pays n’avait pas obtempéré.  Elle a regretté que la Fédération de Russie n’écoute toujours pas le Conseil et « s’abstienne de dire la vérité ». 

Elle a ajouté que les actions entreprises par la Fédération de Russie en Ukraine au cours de ces deux derniers jours sont plus éloquentes que les propos tenus par les autorités nationales.  Elle a relevé qu’alors que les Présidents ukrainien et russe parlaient de paix il y a deux jours, les images satellites laissaient voir des mouvements de troupes russes dans le sud de Donetsk.  Elle a ensuite ironisé sur les soldats russes qui ont été faits prisonniers en Ukraine et qui ont prétendu s’être fourvoyés.  Elle a également noté qu’un dirigeant militaire des séparatistes ukrainiens a révélé qu’il y aurait entre 3 et 4 000 soldats russes qui se battraient à leur côté.

« Les masques tombent », a déclaré Mme Power, ajoutant que les séparatistes profitaient des cessez-le-feu négociés avec la partie ukrainienne pour se réarmer.  Elle a en outre déploré les violations constantes de la Charte des Nations Unies par la Fédération de Russie.  Les actes des dirigeants ont des répercussions sur les populations, a-t-elle par ailleurs souligné, tout en justifiant les sanctions prises contre l’économie russe par les États-Unis et l’Union européenne notamment, ajoutant que si la Fédération de Russie ne fait rien, « les conséquences de ces actes seront plus graves ». 

Elle a enfin demandé au Conseil quel message l’institution enverrait aux pays frontaliers de la Fédération de Russie et d’ailleurs si rien n’est fait pour réagir face à la violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.  « Face à ces menaces, le coût de l’inaction est inacceptable », a-t-elle conclu.

M. JOON OH (République de Corée) a dit espérer que les pourparlers de Minsk présageaient d’une volonté de faire baisser la tension en Ukraine, mais il a noté que la situation sur le terrain démontrait tout le contraire, notamment avec les séparatistes qui se dirigeraient vers la ville de Novoazovsk.  « Nous espérons que la Fédération de Russie n’a pas envoyé des troupes en Ukraine », a-t-il déclaré, ajoutant qu’autrement, « cela constituerait une violation de la souveraineté de l’Ukraine ».  Il a ensuite prôné un cessez-le-feu immédiat et a dit que la feuille de route proposée par le Président ukrainien, M. Petro Porochenko, pourrait servir de plan pour la paix.

Mme MARIA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a déclaré que toutes les parties devaient respecter le droit international qui oblige les États à régler leurs différends de manière pacifique.  La seule solution possible à ce conflit est d’ailleurs le dialogue, a-t-elle ajouté.  Elle a aussi insisté sur la nécessité de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des pays.  Elle a dit espérer que l’entretien entre les Présidents Poutine et Porochenko du 26 août aboutisse à une issue pacifique au conflit.  

Mme Perceval a par ailleurs salué le travail de bons offices du Secrétaire général.  Elle a exigé le principe de la reddition de compte pour les auteurs des violations des droits de l’homme dans ce conflit et a regretté que le Conseil de sécurité n’ait pas su jouer son rôle pour trouver une solution à la crise. 

Mme JOY OGWU (Nigéria) a constaté que le conflit débordait désormais sur de nouveaux espaces et voyait l’intervention de nouveaux acteurs.  Les rapports faisant état de la présence de soldats russes en Ukraine sont préoccupants.  Elle a demandé à la Fédération de Russie et à l’Ukraine de régler de manière pacifique leur différend. 

Les Présidents Poutine et Porochenko devraient poursuivre le dialogue, a-t-elle estimé.  La solution militaire n’est pas viable, un cessez-le-feu doit être négocié rapidement, a encore suggéré Mme Ogwu.  Le Gouvernement ukrainien doit tenir compte des aspirations légitimes de toutes les composantes de sa population, a-t-elle poursuivi, mettant l’accent sur la nécessité pour lui d’être plus inclusif en vue de renforcer l’unité nationale et établir les fondements d’une nation unie et prospère. 

M. WANG MIN (Chine) a dit que la crise en Ukraine ne pourrait être réglée que par des moyens politiques.  Il a prôné une solution pacifique qui tienne compte des intérêts de toutes les parties et composantes de la société ukrainienne, y compris les minorités.  La Chine, a-t-il dit, appuie toutes les initiatives qui vont dans le sens d’une solution pacifique à la crise.

M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a déclaré que les pourparlers engagés à Minsk il y a deux jours avaient laissé croire à une détente, mais qu’avec la prise de la ville de Novoazovsk par les séparatistes, la situation semblait dégénérer.  Il a aussi dit son inquiétude face aux allégations de la présence de 3 à 4 000 soldats russes dans l’est de l’Ukraine. 

Le représentant a regretté le fait que malgré l’inscription de la crise ukrainienne dans le programme du Conseil de sécurité depuis déjà six mois, une solution ne soit pas toujours envisagée.  Face aux « dissensions au sein du Conseil sur cette question », il a estimé qu’il était peu probable qu’une solution soit trouvée à New York.  Il a de ce fait souhaité que le plan de paix proposé par le Président ukrainien soit considéré pour la résolution de la crise.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a dit que l’escalade actuelle en Ukraine était le résultat de la politique de Kiev contre son propre peuple.  Le plan de paix du Président ukrainien Petro Porochenko est un pas de plus vers l’escalade, a souligné le délégué russe.  Il a demandé où en étaient maintenant les promesses de réformes de Kiev en faveur des régions et des populations russophones minoritaires.  En réalité, on ne voit que la censure des médias qui pensent autrement, a-t-il répondu.  Le plan de paix en question n’était-il pas qu’une nouvelle diversion de plus, a demandé le représentant qui a toutefois espéré que Kiev tiendrait la parole donnée au cours de la rencontre du 26 août entre les Présidents Vladimir Poutine et Petro Porochenko à Minsk, au Bélarus.

Il a rappelé que ce conflit avait fait déjà plus de 2 000 victimes et des centaines de milliers de réfugiés ukrainiens en Fédération de Russie.  Des militaires ukrainiens sont capturés et se trouvent en Fédération de Russie où ils sont nourris et soignés.  Il a souhaité la réciproque pour les neuf parachutistes russes détenus en Ukraine. 

Dans le même temps, le représentant s’est posé des questions sur la présence de conseillers militaires américains ainsi que de matériels militaires américains en Ukraine.  Il a en outre demandé aux États-Unis d’arrêter de spéculer sur l’accident de l’avion de Malaysia Airlines en Ukraine.  S’agissant du convoi humanitaire russe, M. Churkin a précisé que son pays avait apporté de l’aide

humanitaire à Donetsk et à Lougansk pour une population dans le besoin.  Un deuxième convoi est en préparation et a déjà obtenu l’accord verbal du Ministre des affaires étrangères de l’Ukraine à la suite de sa conversation téléphonique avec son homologue russe, a-t-il expliqué. 

Le représentant a enfin proposé aux membres du Conseil de sécurité d’adopter une déclaration à la presse dans laquelle ils exprimeraient leurs graves préoccupations quant à la détérioration de la situation dans le sud-est de l’Ukraine et appelleraient à un cessez-le-feu immédiat et sans condition.  Les membres du Conseil de sécurité appelleraient à un dialogue politique inclusif en Ukraine sur la base de la Déclaration de Genève du 17 avril 2014 et de la Déclaration conjointe de Berlin du 2 juillet 2014.  Dans ce contexte, ils exhortent la reprise du processus du Groupe de contact sans attendre.  Les membres du Conseil appelleraient la communauté internationale à redoubler ses efforts d’aide humanitaire à la population de Donetsk et des régions de Lougansk de l’Ukraine. 

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a affirmé que des unités des Forces armées de la Fédération de Russie participaient désormais aux combats en Ukraine, chiffrant le nombre de ces soldats à plus de mille.  C’est une violation du droit international et de la souveraineté de l’Ukraine, a assuré le représentant britannique.  La Fédération de Russie a transféré une importante quantité d’armes aux séparatistes en Ukraine depuis le début du conflit, a poursuivi M. Lyall Grant. 

Depuis trois semaines, cet appui s’est accru considérablement.  La présence des forces russes est attestée par de nombreuses preuves, a dit le représentant, faisant état notamment d’images satellites de l’OTAN, de la capture de parachutistes russes en Ukraine ainsi que de la possession de matériels de guerre russes par des séparatistes en Ukraine.  La Fédération de Russie ne peut pas dire qu’il n’y a pas de soldats russes en Ukraine alors que le nombre de ses soldats tombés dans ce pays augmente.  Cette situation n’est pas compatible avec le rang de la Fédération de Russie au Conseil de sécurité.  M. Lyall Grant a appelé la Fédération de Russie à mettre fin à cette crise.

M. OLEKSANDR PAVLICHENKO(Ukraine) a dit qu’il y a six mois que le Conseil avait commencé l’examen de la question ukrainienne sur l’invasion de la Fédération de Russie dans l’est de l’Ukraine.  Il a évoqué une succession de faits liés au conflit avec notamment l’épisode de l’avion abattu le 27 juillet dernier.  Il a ensuite cité, chiffre à l’appui, le détail des forces militaires russes massées à la frontière est de l’Ukraine.  La situation a changé, a-t-il affirmé, relevant que deux convois militaires russes avaient traversé la frontière et étaient entrés en Ukraine, notamment en direction de la localité de Novoazovsk. 

Après avoir bombardé les positions militaires ukrainiennes depuis leurs positions en Fédération de Russie, a-t-il poursuivi, les militaires russes ont pris la ville.  Le représentant a relevé que le matériel russe était dépourvu de toute plaque minéralogique et que les troupes n’avaient aucun signe distinctif.  Il a rappelé également la capture de soldats russes qui avaient prétendu s’être perdus.

Le représentant a ensuite tenu la Fédération de Russie pour responsable de la destruction des biens matériels et des morts au sein de la population civile au cours des opérations menées dans l’est de l’Ukraine.  Il a demandé à la Fédération de Russie d’assurer un contrôle efficace de sa frontière, avec la collaboration de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et afin d’empêcher l’approvisionnement des séparatistes ukrainiens en armes. 

Il a par ailleurs rappelé que le Président ukrainien avait fait une proposition d’un plan de paix qui n’a pas été pris en compte par la partie russe.  Il a rappelé qu’à la rencontre de Minsk entre les deux Présidents il y a deux jours, le Président ukrainien avait souligné que le respect de la souveraineté ukrainienne et des aspirations européennes de sa population n’étaient pas négociables.  Le représentant a enfin demandé l’assistance de la communauté internationale pour faire face à cette agression que vit le pays.

Reprenant la parole à l’issue du débat, la représentante de la Lituanie a demandé plus de temps pour mieux étudier le texte proposé par la Fédération de Russie.

Le représentant de la Fédération de Russie a également pris la parole pour demander à la représentante des États-Unis de ne plus revenir sur la question de l’avion abattu au-dessus de l’Ukraine, mais, plutôt, de se demander pourquoi les conversations entre les pilotes de l’avion et la tour de contrôle ne sont pas publiées.  Il a ensuite dit que le plan de paix proposé par le Président ukrainien prônait l’escalade car il demandait aux milices populaires de déposer les armes. 

Le représentant de l’Ukraine a réagi en disant que son pays prenait une part active à l’enquête internationale au sujet de l’accident d’avion de la Malaysia Airlines.  Il a dit que les résultats seraient bientôt publiés.  Au sujet du plan de paix ukrainien, il a indiqué que le Président Petro Porochenko avait dit la disponibilité de l’Ukraine à discuter de paix, mais qu’il n’y avait aucune concession à faire au sujet de la souveraineté du pays et de son intégrité territoriale.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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