Le Représentant spécial conjoint et Médiateur en chef au Darfour engage le Conseil de sécurité à soutenir l’appel au dialogue national lancé par le Président du Soudan

7 août 2014
CS/11514

Le Représentant spécial conjoint et Médiateur en chef au Darfour engage le Conseil de sécurité à soutenir l’appel au dialogue national lancé par le Président du Soudan

07/08/2014
Conseil de sécurité
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Conseil de sécurité CS/11514

7238eséance – après-midi

LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL CONJOINT ET MÉDIATEUR EN CHEF AU DARFOUR ENGAGE LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

À SOUTENIR L’APPEL AU DIALOGUE NATIONAL LANCÉ PAR LE PRÉSIDENT DU SOUDAN

Le Représentant spécial conjoint de l’Union africaine et des Nations Unies au Darfour, M. Mohamed Ibn Chambas, a appelé, cet après-midi, le Conseil de sécurité à « jouer un rôle plus proactif » pour appuyer et soutenir la tenue d’un dialogue national au Soudan, tel que cela a été réclamé par le Président soudanais Omar Al-Bashir, en affirmant que serait là l’occasion de résoudre la crise au Darfour.

M. Chambas a déclaré que cet appel au dialogue national bénéficie de l’appui de toutes les parties au conflit et a précisé que de son côté, il continuera d’exhorter le Gouvernement du Soudan à interagir directement avec les groupes armés pour définir les dispositifs sécuritaires dont la mise en place serait nécessaire pour assurer leur participation.

« Le Conseil de sécurité doit exiger des groupes armés qu’ils prennent part immédiatement au dialogue, et ceci, sans préconditions, a estimé pour sa part le représentant du Soudan, M. Rahamtalla Mohamed Osman Elnor, qui participait également à cette réunion du Conseil.

Il a également fait observer que la situation au Darfour s’était considérablement améliorée, « grâce aux efforts déployés par le Gouvernement soudanais », et que le moment est dorénavant venu d’envisager une stratégie de sortie de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).

M. Chambas, qui est aussi Médiateur en chef au Darfour, et qui est venu présenter le dernier rapport* du Secrétaire général sur la Mission conjointe des Nations Unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD), a par ailleurs rapporté qu’il avait intensifié ses efforts de coordination avec le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine et l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Soudan et le Soudan du Sud, M. Hailé Menkerios, afin de synchroniser leurs efforts de médiation.

Les parties se sont notamment engagées à envisager d’organiser une réunion préparatoire dès que possible, rencontre à laquelle participeraient des représentants des mouvements armés et du Gouvernement du Soudan.  Cette réunion permettrait d’examiner par quels moyens il est possible de répondre à la situation humanitaire et sécuritaire au Darfour, de régler le conflit et de définir un cadre de médiation unifié, a précisé M. Chambas.

Dans son intervention, le Représentant spécial conjoint de l’ONU et de l’Union africaine a, par ailleurs, indiqué que pendant la période à l’examen couverte par le rapport, les combats entre les Forces du Gouvernement soudanais et celles des mouvements armés s’étaient fortement réduits, mais que les violences intercommunautaires se poursuivent entre tribus qui se disputent des ressources.  M. Chambas a également indiqué que l’insécurité, la criminalité et les restrictions de mouvements imposées aux personnes et aux populations par les forces du Gouvernement, les mouvements armés et les milices entravent la capacité de la MINUAD à honorer son mandat.

« La situation humanitaire demeure très précaire », a signalé le Représentant spécial conjoint.  Le nombre de personnes déplacées est passé à 385 000 en 2014, comparé à 250 000 pendant la précédente période à l’examen, et le Darfour compte plus de 2 millions de personnes déplacées pour le long terme, a-t-il relevé.  Le fait qu’un pourcentage de près de 30% de la population a été déplacé et vit à présent dans des camps éparpillés dans l’ensemble du Darfour souligne la nécessité de trouver une solution politique pour appuyer les efforts humanitaires, a-t-il souligné.

M. Chambas a également indiqué que des efforts notables ont été déployés pour renforcer la stratégie de protection des civils de la MINUAD, et que les capacités des troupes et des forces de police de la Mission avaient été améliorées.  Le Représentant spécial conjoint a aussi fait savoir que, comparé à ce qui s’est passé les années précédentes, le taux de décès parmi les membres du personnel de la MINUAD avait chuté de manière notable pendant la première moitié de l’année 2014.

Le Médiateur en chef a aussi parlé des efforts déployés par la MINUAD pour appuyer les initiatives de réconciliation au niveau local, se félicitant notamment du fait que cet appui avait permis de prévenir ou de minimiser le nombre de victimes provoquées par des conflits et des affrontements tribaux.  Les efforts de la MINUAD et de l’Équipe de pays ont notamment permis de stabiliser la situation à Saraf Umra et de faciliter le retour de 60 000 personnes, s’est-il notamment félicité.

M. Chambas a d’autre part indiqué aux membres du Conseil de sécurité que les restrictions de mouvement imposées à la MINUAD avaient diminué pendant la période à l’examen.  Il a par ailleurs souligné que l’apport de fonds supplémentaires est nécessaire pour permettre à la MINUAD et à la communauté internationale de faire face aux racines du conflit au Darfour, et il s’est félicité à cet égard de l’engagement qu’a pris le Qatar de verser 88 millions de dollars pour le financement de la Stratégie de développement du Darfour.

« Les mois prochains doivent être consacrés à la reconstruction et au retour des déplacés », a, à cet égard, estimé de son côté le représentant du Soudan.

Il a par ailleurs déploré le fait qu’aux yeux de sa délégation, le rapport du Secrétaire général « mentionne des incidents qui se sont produits lors de la précédente période à l’examen ».  Il a déclaré que toutes les violations répertoriées pendant la période à l’examen « sont le fait des activités menées par des groupes résiduels », et a déploré « le fait que le rapport n’identifie pas clairement les responsables ».  Il a aussi indiqué que sa délégation regrettait que le rapport cite des informations provenant de sources qui sont gardées anonymes et qui restent inconnues et que le document « fasse usage de statistiques inexactes ».  Les données qui figurent dans le rapport du Secrétaire général doivent être objectives, neutres et professionnelles, a estimé M. Osman Elnor en insistant également sur le fait que « la création du mandat d’Envoyé pour le dialogue national est une initiative du Gouvernement soudanais ».

*S/2014/515

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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